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L’importance du Maître de Cérémonies durant les obsèques religieuses

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Le cimetière s'étend autour de l'église

Lors d’obsèques religieuses, les pompes funèbres ont parfois tendance à mettre sur le convoi des Maîtres de Cérémonies peu expérimentés, et ces derniers ont eux-même tendance à considérer le convoi religieux comme une tâche subalterne. Ce qui n’est, évidemment, absolument pas le cas, bien au contraire.

Une cérémonie religieuse peut se décomposer en trois séquences : la mise en bière et/ou levée de corps, la cérémonie proprement dite, et l’inhumation au cimetière. Le cas des crématoriums sera abordé plus spécifiquement.

La mise en bière, la levée de corps

L’importance de la mise en bière et/ou de la levée de corps (si la mise en cercueil a été anticipée) est primordiale pour la perception du service rendu. La famille qui a demandé un hommage religieux y tient, soit par foi personnelle, soit par attachement aux volontés du défunt.

Pour solenniser la levée de corps et le début réel du cérémonial, autrement appelée la pompe funèbre, la récitation d’une prière pourrait par exemple être la bienvenue. À de rares exception près, ce n’est pas le cas, et la levée de corps reste une opération technique.

Ensuite, le Maître de Cérémonie devrait expliquer le déroulement des opérations. La famille sort d’un, deux ou trois jours de recueillements lors du dépôt de corps en salon, qui vont s’achever par un marathon frénétique : levée de corps, église, cimetière, puis soudain, plus rien, tout s’arrête. Si ces opérations sont pour nous, opérateurs funéraires, pure routine, gardons à l’esprit que pour la plupart des gens, c’est une nouveauté.

L’église

Dans l’église, le prêtre est le patron. S’il n’y a pas de prêtre, c’est l’équipe laïque, qui se voit confier son autorité par l’évêque. Autant dire que le Maître de Cérémonie n’aura pas son mot à dire lors du cérémonial proprement dit.

Mais pour tout le reste, oui : mise en place, regrouper la famille pour les faire entrer dans l’église derrière le cercueil, les placer sur les bancs, placer également l’assemblée, surtout pour les petits malins qui s’assoient au fond en laissant des bancs vides…

Tout cela nécessite une certaine habitude, pour ne pas dire une habitude certaine. Autant dire un Maître de Cérémonie expérimenté, qui n’hésitera pas à prendre l’initiative. Qui s’assurera au passage que l’équipe est bien en place durant la cérémonie : à la table à signatures, à la porte pour accueillir les destinataires, dans les allées lors de la bénédiction pour faire passer rang par rang et ainsi éviter la cohue…

Le cimetière

Trois solutions s’offrent au général au cimetière. Soit le prêtre vient, mais c’est rarissime, et dans ce cas là, il dirige le cérémonial. Soit c’est un ou une laïque, soit il n’y a personne.

Ce deux cas sont presque similaires : les laïcs, malgré toute leur bonne volonté, sont rarement formés à la prise de parole en public, et leur prière est souvent marmonnée à voix basse, la tête penchée sur un papier.

Il est très important à ce moment pour le Maître de Cérémonie de s’imposer en tant que patron. Si vraiment la prière marmonnée est inévitable, alors il faut se débrouiller pour qu’elle ait lieu au début et qu’ensuite, le Maître de Cérémonie prenne la main pour la suite du rituel, minute de silence autour du cercueil, dernier geste, inhumation.

Organiser une cérémonie pour un adolescent

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adolescents pompes funèbres deuil

Organiser une cérémonie pour un adolescent est chose compliquée. Outre le contexte tendu, ces morts avant l’âge de vingt ans étant généralement soudaines et imprévisibles, il convient de considérer quelques spécificités. Au premier rang desquels, le fossé des générations.

Le décès

Le décès d’un adolescent, ou d’une adolescente, le masculin l’emporte toujours dans mon Bescherelle, est toujours un drame. On connaît l’adage « Un enfant ne devrait pas mourir avant ses parents ».

Les circonstances d’une mort aussi jeune sont, de plus, rarement considérées, quelles qu’elles soient, comme « acceptables ». Accident, suicide, voire en ces temps troublés, assassinat, sont mis sur le même plan qu’une funeste et implacable maladie, qui, à d’autres âges, permet d’entamer le travail de deuil en amont.

Tout cela pour dire : la famille que vous recevez dans votre bureau est dans un état d’hypersensibilité, de déni, de colère, ou en hébétude. Marchez sur des œufs.

Organiser la cérémonie pour un adolescent

Les parents veulent organiser une cérémonie civile. On ne dira jamais assez trop l’importance de scinder en deux rendez-vous l’organisation « technique » des obsèques (administratif, prise de commande, planification des différents intervenants) et l’organisation cérémonielle (le déroulement de la cérémonie d’hommage proprement dit, et son contenu).

Dans ce cas particulier, c’est d’autant plus important. Ce, pour une simple et bonne raison : le fossé des générations.

Attention aux générations

Parce que les parents viennent souvent avec d’autres adultes, membres de la famille, pour préserver les éventuels frères et sœurs du défunt de toute cette partie fastidieuse. Des personnes de même génération, partageant la même envie de bien faire et la même méconnaissance de l’univers de leurs adolescents.

En effet, cette tranche d’âge est réputée difficile, notamment sur le plan de la communication entre parents et enfants. Tant sur le plan émotionnel, culturel, voire même des codes sociaux, les parents partagent leur toit avec un inconnu qu’ils ont enfanté. Ceci est tout aussi vrai que leur déni : c’est leur enfant, ils le connaissent par cœur. « Je sais ce qu’aimait ma fille » m’a dit un jour un père incapable de faire la différence entre Béyoncé, que sa fille adulait, et Shakira, que l’adolescente détestait.

C’est cela que vous allez devoir expliquer à la famille. En douceur. Pas de phrases toutes faites, ici : utilisez vos propres mots et votre vécu, ce sera plus efficace que de réciter la leçon.

Objectif

L’objectif, ici, est, soit de faire venir la famille avec un adolescent de la même tranche d’âge que le défunt, soit de leur faire comprendre qu’ils doivent discuter avec les amis et camarades de leur défunt ado pour les impliquer dans la réalisation de la cérémonie.

Une cérémonie civile, même si elle est destinée aux survivantx, doit correspondre au défunt. Et c’est cela, également, que vous devrez faire comprendre à la famille. Le Lacrimosa du Requiem de Mozart saura tirer des larmes aux parents et grands-parents, mais poussera ses camarades à se demander le rapport avec l’intéressé.

N’ayez crainte : même si certains morceaux passés aux obsèques sembleront incongrus au moment de l’organisation, une fois dans la salle, dans l’ambiance de la cérémonie, ils évoqueront le souvenir du défunt plus par sa proximité que par leur forme. Peu importe que « Diamonds » de Rihanna (par exemple) soit, finalement, assez rythmée, et peu adaptée, de prime abord, à des obsèques. Ce qui compte, c’est que l’adolescent l’écoutait en boucle, et que ses proches sauront s’en souvenir.

L’objectif des obsèques, gardez le bien à l’esprit, n’est pas de poser une ambiance, mais d’évoquer la mémoire d’un défunt.

Pour résumer : tout est dans l’art et la manière de faire comprendre aux parents qu’ils ne connaissaient pas leur enfant. Encore une fois, si vous n’avez pas le tact nécessaire, changez de métier.

Nous aimerions pouvoir vous dire, en conclusion de cet article, que nous vous souhaitons de ne pas avoir à vous occuper de la mort d’un enfant ou d’un adolescent. Mais ce serait vous faire un faux espoir.

Réception de familles après les obsèques : un travail de deuil essentiel

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réunion de famille après obsèques

Dans le temps il y avait les veillées, dans le temps il y avait aussi de grandes réunions de famille après les obsèques. Puis ça a changé, les obsèques sont passées de religieuses à civiles, les familles se sont éclatées, les reconstructions s’affichent au grand jour et le deuil – surtout – est devenu discret. Pourtant il existe encore des réunions de familles après les obsèques, pourquoi et comment s’organisent-elles ?

La réception après les obsèques permet surtout à la famille du défunt de se réunir afin de rendre hommage et de partager les souvenirs que celle-ci a avec le défunt. Communément réalisée à la maison où s’est tenue la veillée, elle s’est peu à peu dirigée vers des lieux plus neutres, comme un restaurant, une salle des fêtes, etc.

N’oublions pas non plus que des obsèques font parties de ces grandes cérémonies de la vie, et tout comme le mariage, des proches peuvent parfois venir de très loin pour rendre un dernier hommage. C’est l’occasion de réaliser par ce biais une grande réunion de famille qui permet de garder ces personnes un peu plus longtemps.

Là encore tout comme un mariage la liste des invités se fait en fonction de la proximité avec le défunt, parfois c’est aussi l’occasion de réunir des familles recomposées. Les moins proches du défunt partent généralement plus tôt, après quelques embrassades, et la réception peut durer tard dans la soirée.

Une approche du deuil essentielle

Même si la majorité des personnes endeuillées sont encore dans une phase où la réalisation du décès n’est pas tout à fait effective, il est bon de se sentir soutenu. Cette réception permet surtout aux plus anciens, de voir leurs enfants et petits enfants se réunir autour d’eux dans cette célébration. C’est un moment où l’on a le droit de pleurer, où l’on a le droit aussi d’être en colère. Voilà pourquoi il est parfois préférable de sortir du contexte de la maison familiale où les conjoints et enfants survivants doivent tenir un rôle de présence parfois insupportable sans pouvoir faire éclater correctement leur chagrin.

C’est aussi, et plus souvent qu’il n’y paraît, un moment de joie. Alors que les obsèques peuvent être très fortes en émotion, l’après obsèques peut être un moment d’évacuer ce trop plein d’émotion par des rires, des souvenirs partagés. Les photos se passent de membres en membres afin de se rappeler mais aussi de se projeter. Car c’est le propre du souvenir, afin ne pas tomber dans une nostalgie pathologique qui serait dévastatrice. Le souvenir permet de mieux regarder, avec un nouveau angle, la vie d’une personne et ainsi de se dire que la vie est encore belle et encore devant soi.

Pour réaliser ces réceptions, les pompes funèbres n’hésitent pas à investir dans des lieux adaptés. C’est le cas des pompes funèbres Robert à Pont-à-Mousson qui, dans leurs nouveaux locaux ont installé une salle de réception pour les familles lorsque ces derniers par exemple, attendent la restitution d’une urne. Un traiteur peut être appelé, la salle est entièrement à la disposition de la famille qui le souhaite. De plus en plus de pompes funèbres agencent leurs locaux afin de créer un espace de réception nécessaire à la partie psychologique de ce travail qui leur ait nouvellement demandé. À ce titre, des maitres de cérémonie peuvent être appelés afin de réaliser la gestion de ces réceptions civiles et familiales.

La réception de famille un grand retour ? Peut-être qu’il n’a jamais réellement disparu, mais tout comme il y a des évolutions dans la manière de célébrer les obsèques, il y a une évolution dans la manière de se réunir, de célébrer le défunt, de lui rendre hommage, et surtout… de célébrer la vie.

Organiser un recueillement personnalisé, l’art de se faire oublier

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pupitre recueillement cérémonie civile hommage obseques

Après avoir vu, la semaine dernière, la définition et les raisons pour organiser un recueillement, cette semaine, penchons-nous sur la façon dont il doit être conçu et réalisé. L’objectif est simple : faire tenir beaucoup de choses en peu de temps, sans brusquer.

Le recueillement

Pour des raisons qui ne regardent qu’elle, la famille a souhaité organiser un recueillement. L’assistance sera de 20 personnes dans une petite salle, qui contiendra outre des chaises, un pupitre, un catafalque pour y déposer le cercueil et… c’est tout. Exception faite, bien entendu de la décoration de la salle.

Le Maître de Cérémonies, dès lors, doit vaincre un premier obstacle : ne pas être l’intrus dans cette sphère intime. Pour cela, pas de solution miracle : c’est un ensemble de comportements que l’on met au point et que l’on affine au fur et à mesure de sa carrière. La règle d’or est : ne pas chercher à adopter un comportement familier, mais savoir quand se faire oublier.

Maîtrise de l’espace et du temps

Dans un si petit espace, le micro est superfétatoire. L’objectif est de maîtriser sa voix : être audible par tout le monde, sans crier. En somme, parler normalement, en se tenant droit, tête légèrement levée pour dégager la gorge. On rappelle la règle de base de toute cérémonie : on ne lit pas. Exercez votre mémoire, ayez votre texte sous les yeux si cela vous rassure, mais connaissez le par cœur.

Bien entendu, la famille peut vous demander de lire des textes. Entraînement : apprenez à lire un texte sans le regarder, en mémorisant les phrases au fur et à mesure, en lisant rapidement les parties suivantes, en profitant de la ponctuation.

Créer une intimité

Le contenu d’un hommage est assez simple en soit : une musique d’entrée, une musique de sortie, éventuellement, un morceau de musique durant la cérémonie, et des textes.

Les transitions sont globalement les même que celles d’une cérémonie civile classique, en tenant compte de l’assemblée plus restreinte. Vous pouvez vous permettre de détailler, après vous être renseignés auprès de la famille, « Votre père, votre époux, votre frère, votre oncle » en regardant, si possible, les personnes concernées.

Essayez de créer le sentiment d’intimité. Cela tient à peu de choses. Par exemple, lors d’une cérémonie civile classique, avec une vaste assemblée, vous direz généralement « Nathalie, sa fille, va à présent lire un hommage à Jean-Luc ». Durant un hommage devant si peu de personnes, vous pouvez personnaliser, en vous tournant vers l’intéressée, avec une phrase comme « Nathalie, vous avez préparé un mot pour votre père », désignant le pupitre de la main.

Sobriété

Dans l’immense majorité des cas de figure, la famille qui demande un recueillement dans l’intimité est en quête de sobriété. Ce n’est ni le lieu ni le moment de faire une folle démonstration de charisme ou de déborder d’imagination.

La clef de voûte, c’est de repérer un coin, ou vous pourrez vous reculer discrètement lorsque votre présence n’est pas requise. Par exemple, si l’hommage est entrecoupé d’une musique centrale, pour éviter de vous retrouver debout comme un idiot à côté du cercueil. Ne soyez pas envahissant. De même pendant les lectures. Gardez en tête que la salle est petite : où que vous soyez, en quelques pas, vous arriverez au pupitre pour prendre la relève si besoin.

Enfin, certaines familles peuvent avoir en tête une idée très précise d’hommage. Auquel cas, laissez-les faire, soyez présent simplement en tant qu’assistant technique. Assurez-vous simplement que le coin où vous vous ferez oublier ne soit pas trop inconfortable.

Meilleures Pompes Funèbres : Infographie des décès de 2016

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les obsèques en ligne MPF
Les obsèques en ligne : Infographie Meilleures Pompes Funèbres

« Il est temps de faire le bilan 2016 des obsèques sur internet ». Meilleures Pompes Funèbres a décidé de partager ses chiffres afin d’avoir une infographie complète et mieux s’adapter aux tendances du marché.

L’étude se base sur 15 000 internautes. Qu’en résulte-t-il ?

Premier fait marquant, 55% des personnes interrogées ont opté pour la crémation, une évolution marquée et significative pour ce mode de funérailles.

On voit aussi que malgré le cafouillage suite à la loi sur le devenir des cendres dont je vous parlais hier ici, 66% des personnes interrogées choisissent de disperser les cendres et surtout là aussi fait notable, une progression de l’inhumation de l’urne, soit dans la concession familiale soit en cavurnes. La mise en columbarium ne représente plus que 14% des choix des familles.

Fait important, malgré le recul des pratiques religieuses, 62% des familles choisissent les obsèques religieuses. Choix du défunt ou familiale ? Il correspond surtout à une question de génération. Et il serait intéressant afin de prolonger cette étude de voir la corrélation entre l’âge moyen des décès l’an dernier et les cérémonies religieuses.

Malgré la personnalisation qui fait un net progrès, il y a encore 49% des personnes interrogées qui préfèrent se passer de cérémonie. Là encore les facteurs sont multiples, choix du défunt ou éclatement des familles, solitude des mourants, etc.

Le choix du cercueil reste un choix économique, pour 54% des personnes, tandis qu’un cercueil de gamme prestige ne représente que 10% des décès. Un lien peut être fait avec l’âge moyen des personnes interrogées qui est de 60 ans.

Les personnes de cette tranche d’âge ne sont que 20% à choisir les soins de conservations, mais plus de 84% d’entre elles, choisissent de laisser le défunt quelques jours en chambre funéraire, ne « faisant pas toujours le lien entre exposition en chambre funéraire et soin de conversation ».

Si les comparateurs en ligne représentent une nouvelle manière d’organiser les obsèques, cette étude a le mérite de mettre en exergue la manière de procéder des internautes. Les études mériteraient d’être poussées. En effet existe-t-il un lien entre cérémonie religieuse et âge moyen des internautes ? À quoi correspond l’absence de cérémonie ? Pourquoi le taux de soins de conservation est-il plus faible de près de 20 % que la moyenne nationale ? Nous sommes qu’aux prémices de ces nouvelles manière d’organiser les funérailles.

Pour le député Féron, les maitres de cérémonies sont incompétents

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Le vote d’une loi cruciale est toujours l’occasion de déclarations fracassantes. Le mariage pour tous n’en a pas manqué, pas plus que la loi travail ou la déchéance de nationalité. Dernière en date, les obsèques républicaines. Les obsèques républicaines ? Oui, manifestement, le député Féron s’y croit. Quitte à raconter n’importe quoi et à insulter ses électeurs.

Les mensonges du député Féron

Persuadé que sa réformette inutile et mal fagotée est le nouveau mariage pour tous, le député Féron s’est donc enfermé dans une attitude qui se voulait droite et ferme. Il est juste parvenu à se donner une image virulente et sectaire.

Nous ne reviendrons pas sur les mensonges du député Féron. Sauf un, le plus grave : Cette histoire selon laquelle « les familles sont souvent contraintes d’accepter des obsèques religieuses » Ah bon, monsieur le député Féron ? Pouvez-vous nous préciser par qui, et pourquoi ? Ce sont des accusations graves à l’encontre de sociétés, publiques ou privées, qui toutes rendent un service public essentiel, condition sine qua non à leur droit d’exercer. Vous devriez le savoir, ne me dites pas que vous votez des lois sans connaître celles qui existent déjà ?

Les insultes du député Féron

Mais le député Féron ne s’est pas arrêté là, dans son étalage d’ignorance et de dogmatisme. Voilà, face à ces objections, qu’il déclare, dans Le Figaro, « Les pompes funèbres ne vont pas nous faire pleurer, ils vont continuer à travailler. La formation pour être maître de cérémonie est très courte. Vous croyez que c’est en une semaine qu’on apprend la psychologie ? ».

Mais quelle Suffisance ! Mais quel Mépris ! Mais quelle Ignorance de la législation de la part d’un député de la République qui est censé la voter, et donc la connaître !

Monsieur le député Féron, sachez, pour votre gouverne, que la formation de Maître de Cérémonie n’est pas d’une semaine. Elle est d’un mois, comptant deux semaines, ou 70 heures, de formation théorique, et deux semaines, ou 70 heures, de formation pratique, à travers un stage en entreprise.

Ces Maîtres de Cérémonies ne sont pas des petits jeunes inexpérimentés sortis de l’école. Ils sont soit des conseillers funéraires, qui ont une formation plus poussée, soit des porteurs montés en grade, et promus parce que leur entreprise avait distingué en eux des capacités. Un Maître de Cérémonie est couvé comme le lait sur le feu par ses responsables, tant ce poste est crucial pour la pompe funèbre. Il est, en effet, porteur des valeurs de l’entreprise qui l’emploie et au travers de sa prestation c’est l’image de son entreprise de pompes funèbres qui est, jour après jour, convoi après convoi, constamment remise en jeu. L’erreur, dans notre métier, ne pardonne pas.

Enfin, l’impétrant Maître de Cérémonie apprend la psychologie théorique, effectivement, en formation, mais il est choisi sur son empathie, sa connaissance du comportement humain, son sens du relationnel, bref, cette compréhension des personnes humaines qui fait toute la différence. Vous, par exemple, monsieur le député Féron, ne seriez pas admis.

Ce que le député Féron ignore

Monsieur le député Féron, vous balayez de cette phrase méprisante le travail accompli depuis des dizaines d’années par ces Maîtres de Cérémonie à qui il revient la tâche de créer de toutes pièces des obsèques civiles, non pas parce qu’un obscur député d’une majorité qui appartient déjà au passé les en a sommés, mais parce que les familles éplorées le leur ont demandé.

Vous balayez de cette phrase la satisfaction des familles et des proches de défunts de ces cent dernières années, qui ont pu avoir, pour leurs proches athées, des obsèques dignes, respectueuses et tout autant chargées de symboles que n’importe quelles autres.

Vous semblez même ignorant des immenses progrès qu’a fait la personnalisation des obsèques, puisque, dégagés des rituels religieux, les familles ont voulu un hommage spécifique plutôt qu’une cérémonie standard.

Vous insultez par cette phrase méprisante 25 000 professionnels qui font chaque jour, restant disponibles sept jours sur sept, vingt quatre heures sur vingt quatre, toute l’année, un métier difficile, physiquement et moralement, un métier de passion, ou les salaires sont largement moins élevés que le vôtre, monsieur le député-maire, et dont la plus grande gratification vient de la reconnaissance des familles. Des professionnels compétents et à l’écoute, dont aucun ne méritait qu’un député de la République leur crachat ainsi au visage.

Enfin, vous insultez les écoles, et les formateurs, issus du terrain, qui s’appliquent à transmettre aux futurs Maîtres de Cérémonie l’expérience et l’éclairage qui convient à leur fonction. Ecoles de formation dont le programme a été établi par l’État, ministres et députés. Si cette formation était si mauvaise, n’était-ce pas elle qu’il fallait corriger et améliorer ? Personne n’en a éprouvé le besoin. Quel message cela envoie ? Aux laïcs, l’élite de la France, ses élus, aux autres les incompétents ?

Le mépris

Votre phrase, chargée de mépris et de préjugés, en rappelle une autre, tristement célèbre « Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées ». Cette phrase était celle d’un jeune ministre, aujourd’hui candidat à la présidence de la République. Pour l’avoir dite, il s’est excusé, platement.

Pardon de vous ennuyer avec ces considération biographiques, député Féron, mais il se trouve qu’avant d’entrer en pompe funèbre comme on entre en religion, j’ai un peu travaillé chez Gad. Je ne sais pas si mes collègues de travail, homme et femmes, avaient fait leurs humanités, mais j’ai acquis, au fil du temps, une certitude : il y avait chez ces gens très éloignés des ors de la République, plus d’humanité qu’à l’Assemblée Nationale.

Vous m’accuserez peut être, si votre auguste regard daigne se baisser sur cet article, de « faire le jeu des extrêmes ». C’est l’excuse facile des politiques à bout de souffle. Qui fait le jeu des extrêmes ? Celui qui fait la bêtise, ou celui qui le lui fait remarquer. Je ne crois pas que je fisse le jeu de qui que ce soit, en l’occurrence, Monsieur le député Féron. Les électeurs sont intelligents, et libres de leur vote.

Mais quelle mouche vous a piqué, monsieur le député Féron, de commettre cette loi et de la défendre avec autant de bassesse ? Serait-ce cette ambiance de fin de règne, l’approche inexorable des funérailles de votre majorité politique ? Je ne sais pas si vous retrouverez votre siège, monsieur le député, mais une chose est certaine : cette loi ne vous fera gagner aucune voix, mais votre attitude vous en aura fait perdre beaucoup.

Obsèques laïques, vin d’honneur, loto et belote en salle municipale

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assemblée nationale loi obsèques laiques

Au secours, elles reviennent ! Elles, ce sont les obsèques laïques voulues par un député socialiste, et qui obligeront les communes à mettre à disposition une salle municipale et un élu en guise de Maître de Cérémonies. Le problème, c’est que ça existe déjà. Vous avez dit « concurrence déloyale » ?

Le rapporteur du texte, le député Hervé Féron, expliquait à nos confrères de LCI « La loi du 15 novembre 1887 garantit le principe de laïcité et donne la liberté de choisir le caractère civil ou religieux des funérailles. Mais depuis, on ne s’est pas donné les moyens pour rendre cette loi opérationnelle ». On se demande à qui il s’est adressé : le législateur a effectivement donné aux familles le libre choix des funérailles, et les pompes funèbres se sont adaptés, proposant un panel couvrant tous les champs.

« Quand on pratique la crémation, il y a la possibilité d’avoir des salles dans les crématoriums. Mais quand c’est une inhumation, il n’existe pas d’endroit où l’on peut organiser les funérailles. Ce n’est parce que l’on n’est pas croyant que l’on n’a pas de rite funéraire » ajoute Hervé Féron.

Là, on nage en pleine hallucination. De nombreuses maisons funéraires sont pourvues de salles de cérémonies civiles. De surcroît, les salles de cérémonies de la plupart des crématoriums peuvent être louées indépendamment de la crémation. Plus prosaïquement, maisons funéraires actuellement construites sont de plus en plus pourvues de salles de cérémonies. N’oublions pas, enfin… Que ça se fait déjà. N’importe quelle pompe funèbre peut demander, si les circonstances l’exigent, à sa mairie de lui prêter ou louer une salle municipale pour y procéder à une cérémonie d’obsèques. J’invite Monsieur Féron à réfléchir au sens du terme « superfétatoire ».

Le conseiller municipal chargé de la cérémonie était un point qui posait problème. Après que l’association des maires de France se soit inquiétée, la proposition de loi a été amendée, pour laisser cela à l’appréciation du maire. Nous aurons donc, au choix, pour célébrer ces obsèques, des Maîtres de Cérémonies obligés de travailler dans une salle qui sera sans doute inadaptée, ou des officiers d’état-civil persuadés, à tort, de pouvoir faire mieux que des professionnels, ou des conseillers municipaux qui confondront discours d’hommage et discours politique, voir même des conseillers d’opposition envoyés au casse-pipe par un maire taquin.

Mais c’est surtout l’application de la loi qu’on a du mal à imaginer. Projetons nous après la promulgation, à Triffouillis-les-Oies, riante bourgade. La seule salle municipale est donc mise à disposition pour les obsèques de Madame Chombier, défunte de la commune. Le cercueil est donc disposé sous les décorations de Noël, entre le sapin et la crèche. Monsieur Durand, conseiller municipal, après avoir lu la cérémonie type « inscrivez ici le nom du défunt » téléchargée sur internet, et y avoir ajouté une trouvaille qui l’a rendu heureux, un texte méconnu qui commence par « Je ne suis pas mort, je suis juste passé dans la pièce d’à côté »… annonce après consultation de sa montre que le geste d’adieu se fera au cimetière, puisque la salle a été réservée pour le cochon grillé annuel du club « Des chiffres et des lettres ».

La question posée est celle de la gratuité ou non de la mise à disposition des salles. Une charge supplémentaire pour la commune sans contrepartie… et surtout un très mauvais signal envoyé aux pompes funèbres. Comment voulez-vous convaincre un entrepreneur de construire, à ses frais, une salle de cérémonies, qui sera payante, pour des raisons aussi pragmatique que le remboursement du prêt à la banque, alors que la mairie de son village pourra mettre à disposition de qui le souhaite une salle gratuite ?

Et comment expliquer aux jeunes aujourd’hui qu’il faut 70 heures de formation et 70 heures de stage en entreprise pour pouvoir se dire maître de cérémonies, alors que n’importe quel élu municipal peut être envoyé au charbon, à contrecœur, sans formation, et massacrer une cérémonies d’obsèques ?

Simple : c’est un marqueur de gauche, un peu comme le pardon des communards de 1870 récemment votée par l’Assemblée Nationale. Et, à l’approche des élections, ce genre de propositions vont se multiplier. Tant pis pour les pompes funèbres, les maires et surtout les familles qui vont payer les pots cassés, tant pis pour le temps de législature gaspillé pour cela dans un pays écrasé sous le chômage et la dette, l’important, c’est de signaler à son électorat qu’on se rappelle de son existence.

On attend donc les prochaines mesures avec angoisse.

Vous pouvez trouver ici l’article que nous avions publié au moment de la première proposition.

Ecrire une cérémonie civile

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Dans l’article précédent, vous avez vu comment proposer une cérémonie civile et recueillir les informations nécessaires à son élaboration. Aujourd’hui passons à la pratique pour écrire une cérémonie civile.

Cet article se base sur plusieurs méthodes éprouvées et déjà publiées dans Funéraire Info ou d’autres magazines du funéraire. J’en ai fait un condensé et appliqué ma propre façon de faire, notamment pour le travail d’écriture. Il n’y a sûrement pas de bons ou de mauvais conseils, mais des conseils en général, que le conseiller funéraire s’appropriera  et changera pour se sentir à l’aise.

Préparation de la cérémonie

Une fois la famille partie et les autres démarches pour les obsèques accomplies, vous pouvez vous consacrez à l’écriture du texte de la cérémonie. Bien que le texte puisse contenir quelques phrases toutes faites et pour lesquelles on ne saurait employer autre chose (« nous sommes réunis en ce triste jour… »), écrire un discours n’est pas chose facile et nécessite de savoir bien s’exprimer (à l’oral comme à l’écrit), de maîtriser la ponctuation, et évidemment d’avoir une certaine sensibilité. Nous avons tous un outil formidable sous la main : internet. Il ne faut pas hésiter à s’en servir pour trouver des poèmes, des textes, des citations et des musiques. Attention, pas dans le but de les copier !

Ces quelques recherches pourront vous inspirer en cas de panne, mais seule votre sensibilité et une touche de poésie feront un texte unique. Il ne suffit pas de dire « il était jardinier et aimait travailler son potager », il faut mettre des formes plus émouvantes, et donner une image spirituelle a ses phrases : « jardinier de métier, il retourne à la terre qu’il a tant aimée ».

Evidemment le défunt, et sa famille étaient peut-être des punks anarchistes, à vous d’adapter le langage (soutenu, courant, vulgaire…), et de savoir si oui ou non vous pouvez citer Verlaine ou si personne n’y comprendra rien.

A force d’exercice, écrire une cérémonie vous paraîtra être un jeu d’enfant, mais attention à personnaliser et à ne pas se contenter d’utiliser toujours les mêmes classiques : une famille est unique.

Une cérémonie d’1/2 heure paraît être un minimum. Il conviendra de l’allonger en fonction de l’individu et de son « importance » dans la société (maire, personne connue par exemple), ou de son âge, des circonstances du décès, du nombre d’intervenants, du lieu (position debout par exemple)… Il ne faut pas oublier que l’aval de la famille reste important pour la participation des personnes extérieures.

Symboles

Un fil conducteur pourra vous aider à écrire votre texte : l’amitié, le partage, une comparaison avec un élément symbolique (le chêne, le temps, le feu…).

Les symboles permettront de lier des sujets à  la personnalité du défunt. Pour le jardinier, parler du soin apporté à un jardin viendra à parler du soin porté à la famille que l’on voit grandir, comme le rosier dont le jardinier prend soin. De la rose que l’on cueille pour offrir, comme on confie ses enfants à leur futur époux(se). Du cycle de la vie rapporté aux 4 saisons …

Pour le geste symbolique du jardinier, on pourra proposer d’écrire un mot sur une feuille (feuille d’arbre ou feuille papier en forme de feuille d’arbre) et de le déposer sur le cercueil.

En bref, votre imagination sera votre meilleure alliée !

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Ecrire une cérémonie civile, 4 étapes

Une cérémonie ne peut pas se dérouler n’importe comment, elle doit avoir un schéma particulier qu’il est important de respecter. Ce schéma reprend en quelque sorte le processus du deuil.

  • L’émotion

Il convient tout d’abord de faire un rappel des événements récents: le décès, la fin de vie. A cet instant, l’émoi est très intense pour les proches. Il est impératif de ne pas rester uniquement sur cette partie de la cérémonie sans quoi les proches n’y trouveraient aucun sentiment de soulagement en s’en allant (et ne pas y revenir plus tard non plus !). Dans cette première partie, ce sont les parents les plus proches qui interviendront (enfants, époux, parents), s’ils ont souhaité participer.

  • Le souvenir

Dans cette seconde étape, on se souviendra du défunt, de son vécu, de ses croyances et de ses valeurs. C’est à cet instant que l’on peu inclure des témoignages de proches tels que les amis.

  • Le partage

Il permet un moment fédérateur entre les membres de l’assistance, et surtout un témoignage physique à portée symbolique. On peut inclure une musique et demander à l’assemblée de diriger ses pensées vers le défunt, on fera passer la famille près du cercueil, lui faire faire un geste…

  • Le gage d’avenir

C’est ici qu’il faut diriger la cérémonie vers une note beaucoup plus positive, vers le réconfort, le soulagement. Le discours se doit d’être apaisant.shéma-cérémonie-civile Ecrire une cérémonie civile

N’oubliez pas de marquer clairement la fin d’une cérémonie avec la phrase qui conviendra, par exemple :  « la cérémonie est maintenant terminée, la famille recevra les condoléances… ».

Lorsqu’il a été convenu d’inclure des musiques dans la cérémonie (sachant qu’une cérémonie sans musique, c’est triste et cela peut sembler très long) on les diffusera en entrée, avant le tout début de la cérémonie; pendant le geste d’adieu, et en sortie. Si la famille en a choisi plus de 3, elles pourront entrecouper les différentes parties citées précédemment.

Le jour J : oral

Il y a une première à toute chose, et votre première cérémonie civile ne sera peut-être pas parfaite. Il n’est pas évident de s’adresser à un public, mais plus vous le ferez, mieux ça se passera. Si vous n’avez certainement pas le temps d’apprendre votre discours par cœur, relisez le plusieurs fois à voix haute afin de le connaître suffisamment. Cela vous permettra de savoir quand varier votre intonation de voix. Le discours ne doit pas être monocorde sous peine d’entendre Pépé ronfler ou de ne pas être réellement écouté par l’assistance.

Avant de commencer, respirez, détendez-vous. Regardez l’assistance afin de capter son attention. Puis parlez d’une voix claire. Vous devez davantage regarder l’assistance que votre feuille.

Dans le prochain article quelques pistes vous seront données pour l’organisation matérielle de la cérémonie : lieux, matériel nécessaire, ainsi que quelques idées à développer pour vos futures interventions.

Si le cœur vous en dit, proposez vos idées pour la cérémonie d’un punk anarchiste, on ne sait jamais ça peut aider !

A mort les banalités en cérémonie civile !

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cérémonie civile

Les français se détachent de la religion et cela se ressent à travers les obsèques. Une famille sans conviction religieuse ne doit pas pour autant être privée de cérémonie digne de ce nom. Aux oubliettes les textes tout faits où l’on rempli le nom du défunt dans les blancs : mode d’emploi pour élaborer une cérémonie civile véritablement personnalisée.

Entretien avec la famille

Lorsque la famille exprime le fait qu’elle n’est pas croyante, elle n’aura pas pour autant le « réflexe » de demander une cérémonie civile, et c’est à vous de la proposer. Il faut rassurer la famille inquiète : la cérémonie civile est encore peu ancrée dans les mœurs même si elle est en fort développement, et beaucoup ignorent encore comment cela se déroule. Expliquez de quoi il s’agit : un hommage lu par le maître de cérémonie, accompagné de musiques, qui peut prévoir l’intervention de proches et qui se déroule au cimetière /crématorium /salle de cérémonie et d’une durée de 30 minutes à 1 heure.

Idéalement, le conseiller funéraire est également le maître de cérémonie de la famille car il a établi un premier contact avec eux, et la suivra tout au long des obsèques. La famille ne sera que plus rassurée d’avoir toujours le même interlocuteur.

Si la famille accepte, il faut lui dire que vous allez leur demander des informations nécessaires à l’organisation de cette cérémonie, sur le défunt et son entourage.

Recueil d’information

Une cérémonie civile ne peut pas se contenter, vu l’organisation qu’elle nécessite, d’être une cérémonie « type » avec poèmes connus entrecoupés de musiques toutes aussi connues. Pas de cérémonie civile sans PERSONNALISATION. Il faut que vous en sachiez plus sur le défunt que son simple état civil. Avec tact, commencez par demander « pouvez-vous me parler de votre père/mère… ». Les familles répondront souvent avec peu d’informations clés, c’est à vous de poser ensuite des questions plus ciblées sur le défunt:

Passions /relations avec les autres/ métier/ anecdotes de vie/ nombres d’années de mariage/ qualités/ défauts…

Ces questions plus ciblées vous amèneront à connaître un peu mieux le défunt et vous permettront de lui écrire un hommage tout à fait personnalisé.

Attention : il y a peu être des choses à ne pas dire ! Conflits familiaux, passé douloureux…, n’hésitez pas à demander à la famille s’il y a un sujet à éviter à tout prix. Une information mal placée ou à laquelle il ne valait mieux pas faire référence restera le seul souvenir, négatif de surcroît, qui restera de votre cérémonie.

micro-198x300 A mort les banalités en cérémonie civile !Impliquer la famille

N’oubliez pas que nous travaillons pour les vivants. La cérémonie appartient à la famille tout en lui étant destinée.

Même si souvent, la prise de parole pour un proche est difficile lors d’obsèques, il faut tout de même proposer aux membres de la famille ou autres personnes un peu plus éloignées de prendre la parole. S’impliquer dans une cérémonie peut permettre aux personnes de dire ce qu’elles ont sur le cœur et de les soulager.

Ne pas hésiter à proposer des textes, des poèmes ou votre aide pour l’écriture d’un témoignage.

Ensuite, choisir les musiques avec la famille, les leurs, ou les vôtres. Il est important d’avoir un répertoire musical à disposition, et éventuellement de pouvoir faire écouter les musiques à la famille. Vous pourrez proposer au moins 3 chansons, plus si nécessaire.

Si vous en avez la possibilité avant la cérémonie, refaites un point avec la famille en lui donnant votre discours pour qu’ils y apportent les corrections nécessaires s’il y a lieu. Il est également important que la famille sache comment le cérémonial va se dérouler physiquement : arrivée du cercueil, gestes d’adieu procurés etc… pour qu’ils ne se trouvent pas perdus le moment venu.

Il faut également  éviter tout changement de programme. Dans le cas ou c’est inévitable (un cousin qui se réveille et qui veut « dire un mot » en vous prévenant au dernier moment), prévenez la famille et jouez de votre habileté en conséquence.

Dans l’article suivant nous verrons comment préparer l’écriture de la cérémonie civile et surtout comment respecter ses codes.

Faire le tri des informations pendant une préparation de cérémonie civile

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Loguivy de la mer

Préparer une cérémonie civile : moins d’une heure pour faire d’un défunt totalement inconnu une personne dont vous allez retracer l’existence. Et si vous parvenez à avoir plein d’informations, il faudra faire le tri, ou apprendre à en obtenir de plus pertinentes.

Nous avons vu la semaine dernière une méthode pour obtenir de la part de la famille un maximum d’informations sur le défunt en perspective de la préparation d’une cérémonie civile. Mais toutes ces informations ne sont pas toujours pertinentes.

Il existe trois grands types d’informations dont il faut apprendre à vous débarrasser, ou au moins savoir résumer : les inutiles, les fantasmées, les sensibles.

Les informations inutiles

Les informations inutiles sont les plus faciles à repérer. J’ai en tête cette dame très âgée qui m’a détaillé toutes les paires de lunettes qu’avait eu son mari : en plastique, en acier, en écailles, il avait à priori eu beaucoup de mal à s’arrêter sur un modèle précis. Dans ce genre de situation, il n’y a pas trente-six solutions : il faut laisser parler la dame, parce que c’est important pour elle et qu’il ne faut pas la bloquer, et passer outre parce que l’assistance ne comprendra l’intérêt de l’énumération. Une petite phrase sur le fait que le défunt a porté toute se vie des lunettes, sans jamais acheter deux fois des paires semblables, et voilà : la dame est contente, parce que finalement, j’ai résumé son message et mentionné un détail qui à priori a de l’importance pour elle, et les proches sont soulagés, parce qu’ils ont déjà subi la litanie des lunettes et n’avaient pas envie de remettre ça ce jour particulier.

Les familles mentionneront parfois des détails sur lesquels leur esprit, en faisant défiler les souvenirs, s’arrête de façon irrationnelle. Ne cherchez pas quelle importance peut avoir le fait qu’un samedi après midi en octobre 1983, la personne en question a été avec le défunt acheter un pull bleu : il n’y en a aucune.

Lorsque vous allez ouvrir les vannes des souvenirs, de nombreux détails inutiles, qui n’auront de sens que pour l’inconscient de celui qui vous les raconte, feront surface. Inutile de les mentionner s’ils n’apportent rien au portrait du défunt.

Les informations fantasmées

Qu’est-ce qu’une information fantasmée ? C’est une information qui reflète les désirs de celui qui la donne plutôt que la réalité.

Exemple typique, la musique. Vous demandez à un homme quelle musique mettre pour les obsèques de son père. Il vous répond « Sang pour sang » de Johnny Hallyday. Pourquoi pas ? Justement, creusez. Est-ce que son père écoutait Johnny ? Non, pas spécialement, mais le fils lui avait fait écouter la chanson. Le père était plutôt chant de marins et adorait François Budet.

C’est la différence entre l’information réelle et l’information fantasmée. L’information fantasmée, c’est la chanson que le fils voudrait passer aux obsèques du père pour adresser un message. L’information réelle, c’est la chanson qui est citée lorsqu’on demande aux proche « Quelle chanson vous fait irrésistiblement penser à lui ? »

Ceci est un cas particulier : vous pouvez passer l’une ou l’autre de ces chansons, ou les deux. Ce qui change, c’est la façon des les introduire. « Nous écouterons Sang pour Sang de Johnny Hallyday, que Monsieur XXX voulait adresser comme message à son père, puis Logivy de la Mer de François Budet que Monsieur XXX aimait chantonner en cueillant ses salades » marchera, l’inverse provoquera une incompréhension dans l’assistance.

Faites bien la distinction entre ce qui constitue un souvenir évoquant directement le défunt, et la représentation individuelle que chaque membre peut avoir de se relation avec le défunt.

Les informations sensibles

Une information sensible, c’est un secret de famille. Ce peut être un enfant que le défunt a eu hors mariage, ou un enfant handicapé placé dans une institution, ou l’évocation d’un premier mariage…

Que faire dans ces cas là ? La meilleure solution est le consensus : faites un tour de table avec la famille, laissant chacun exposer ses arguments, et laisser décider le preneur d’ordre. N’oubliez pas la règle d’or, c’est celui qui paie la facture qui a raison. Assurez vous ensuite que tout le monde accepte la décision, le tout, le plus raidement possible, pour que les aigreurs n’aient pas le temps de s’exacerber.

La gestion de conflits en réception de familles mérite un article à elle seule, ce qui sera le cas très prochainement.