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Cinéma : « La planète des singes : suprématie »

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La planète des singes suprématie

Le dernier volet de la saga « La Planète des Singes », qui raconte les débuts de l’histoire à travers le personnage de César, est sorti il y a quelques semaines au cinéma. Inattendu, le film clôt bien cette saga, même si elle laisse sur une petite déception.

De quoi ça parle

Deux ans après avoir affronté les humains et Koba, César et les singes vivent reculés dans une forêt. Leur camp est alors attaqué par les hommes du colonel McCullough. Cet homme sanguinaire cherche à tout prix à retrouver César pour installer la domination des hommes sur les primates. Plus tard, César retrouve son fils aîné Yeux-Bleus et Rocket, qui ont apparemment enfin trouvé la terre promise des singes à des mois de marche. Le soir même la décision est prise de s’y rendre. Mais après l’échec de ses soldats, le colonel McCullough se déplace en personne dans le refuge de César pour le tuer. Le Colonel tue le fils de César ainsi que sa femme, épargnant sans le savoir un autre nouveau-né du singe, Cornélius. César tente de le tuer pour cet acte mais n’y parvient pas. Tandis que la colonie avance vers le désert promis, César se lance alors à la poursuite du colonel, assoiffé de vengeance. Il va bientôt être épaulé par l’orang-outan Maurice, le singe Rocket et le gorille Luca.

Ils trouvent ensuite sur leur route une petite fille et son père. Celui-ci, ancien combattant dans l’armée du colonel, tentera de tirer sur le groupe, mais César sera plus rapide que lui. L’orpheline s’avère être muette et Maurice insiste pour la prendre sous son aile. Ils vont ensuite rencontrer en chemin un étrange singe échappé d’un zoo et sachant parler, surnommé « Méchant Singe » (phrase qu’il répète souvent). Le groupe retrouve l’armée du colonel qui laisse derrière lui de nombreuses traces dont des cadavres humains de sa propre armée. César découvre que la colonie de singes qui s’enfuyait vers le désert a été capturée et est parquée dans la base du colonel. Les singes sont forcés à construire un mur, destiné à les protéger de troupes ennemies voulant défaire le colonel McCullough.

Duel final

Le duel final est donc représenté par l’affrontement du singe César et du Colonel. D’emblée, le film réserve une bonne surprise : au lieu de dévoiler tout le film, comme c’est parfois le cas, la bande-annonce induite le spectateur en erreur. Pour qui voulait voir un film de guerre à gros budget regorgeant de batailles et d’explosions, on se retrouve au contraire plongé au centre d’une opération commando, restant au plus près de ses personnages.

Enfin, au plus près de certains personnages. Si la psychologie de César et de certains simiens est bien traitée, les humains, en revanche, restent en recul. Particulièrement le colonel, qui aurait mérité plus d’ambiguïté. Plus précisément, ce qui est montré de son caractère semble parfois aller en contradiction avec son attitude.

Pour faire simple, il est présenté comme un fanatique jusqu’au-boutiste, alors qu’il semble parfois respecter, voire admirer, césar. Cette partie aurait méritée d’être approfondie. De même que e personnage de Koba : quoique mort, il revient hanter César, qui réalise petit à petit que c’est peut-être son adversaire qui avait raison.

Autre regret : l’apocalypse finale sombre dans la facilité. Plus précisément, si dans ce monde apocalyptique la loterie existait encore, les singes pourraient y gagner de quoi acheter toute la planète.

De mon humble avis, c’est le moins bon des trois volets de la saga. Et pourtant, il domine de la tête et des épaules bien des blockbusters. Non pas que le film soit mauvais : il est bon, voire très bon. Mais les deux premiers étaient à un tel niveau qu’on attendait mieux pour cette conclusion.

Prévoyez tout de même vos mouchoirs pour la fin : la dernière scène est particulièrement émouvante, et nous laisse sur la conclusion et le souvenir d’une saga véritablement réussie.

Dunkerque, Christopher Nolan revisite le film de guerre

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dunkerque couverture

Un film de guerre sur une histoire oubliée, mais cruciale, de la seconde guerre mondiale, réalisé par Christopher Nolan ? C’est presque trop beau pour être vrai. Longtemps attendu, presque fantasmé par certains, Dunkerque est enfin au cinéma. Alors ? Alors, c’est du Nolan pur jus. Et Christopher Nolan est un génie.

L’histoire oubliée

De l’épisode, on n’aura retenu que la fin, le fameux discours de Winston Chrurchill « We will fight ». Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques, canadiens, français et belges se retrouvent encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L’opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique (CEB) vers l’Angleterre.

L’histoire s’intéresse aux destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais durant l’opération Dynamo. Alors que le CEB est évacué par le port et les plages de Dunkerque, trois soldats britanniques, avec un peu d’ingéniosité et de chance, arrivent à embarquer sous les bombardements. Un périple bien plus grand les attend : la traversée du détroit du Pas de Calais.

dunkerque Dunkerque, Christopher Nolan revisite le film de guerreDunkerque

Comme tous les films de Christopher Nolan, Dunkerque est un fantastique empilement de détails qui transforment le film en une expérience sensorielle unique, et ne ressemble à aucun autre film du genre connu.

Les dialogues, tout d’abord : il y en a très peu. Quasiment muet, chaque mot n’en revêt que plus d’importance et n’est pas là par hasard. Mais le film n’est pas silencieux pour autant : explosions, impacts de balles, et surtout le métronome oppressant et omniprésent de la musique font grimper la tension quasi immédiatement.

L’ennemi, enfin : les Allemands sont partout, et pourtant, vous n’en verrez pas un seul de tout le film. Les pilotes des avions de la Luftwaffe sont invisibles dans leur cockpit, les sous-marins ne se laissent deviner que par le sillage des torpilles, et les soldats n’apparaîtrons que sous forme de silhouettes floues et sans visage à la fin.

Curieux sur le papier, là encore le procédé est terriblement efficace : à force de n’être nulle part, l’ennemi semble partout, et la mort frappe n’importe où, n’importe quand, comme on le constate dès le début.

Mélange de scènes contemplatives, presque oniriques, et d’explosions de violence convulsive, Dunkerque n’a pas pour ambition de vous raconter une histoire, mais de vous la faire vivre.

Nolan, le génie face aux critiques

Certains reproches ont été adressés au film. La quasi absences des français, tout d’abord. Une critique à modérer sérieusement : plusieurs fois il est signalé que les troupes françaises se battent avec acharnement pour protéger les britanniques lors de leur embarquement. La bienpensance a également attaqué le film sur la non-présence d’acteurs de couleur pour incarner les troupes coloniales. Ceux-là se verront suggérer d’ouvrir un livre d’histoire.

D’autres enfin reprocheront à Nolan de répéter plusieurs fois une même scène. Trois pour être exact. Pourtant, tournée de trois points de vue différents, elle laisse à voir quelque chose de nouveau à chaque fois.

Christopher Nolan a fait avec les films de guerre comme il l’a fait avec sa trilogie The Dark Knight sur Batman : il a ringardisé tout ce qui s’était fait avant, et ridiculisé par avance tout ce qui se ferait après.

Magnifiquement dirigé, tourné, photographié, Dunkerque est un film qui ne souffre d’aucun défaut. Il mérite sa place parmi les classiques du film de guerre, à côté d’Apocalypse Now. Rien de moins.

« Dunkerque », de Christopher Nolan, actuellement au cinéma

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« The Jane Doe Identity », quand l’autopsie tourne mal, ça fait peur

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the jane doe identity

Ca ne vous dérange pas quand le cinéma vous rappelle (un peu) le boulot ? Vous avec l’estomac bien accroché ? Vous aimez avoir peur dans les salles obscures ? N’en jetez plus : on a le film qui vous faut : The Jane Doe Identity, un vrai bon film d’horreur où une autopsie tourne très, très mal.

Note : le titre original du film, « The autopsy of Jane Doe », a été transformé en France en « The Jane Doe Identity ». Ce qui est curieux, mais il s’agit bien du même film.

De quoi ça parle ?

Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité.

Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le funérarium…

Qui est Jane Doe ?

Deux personnages enfermés dans une maison funéraire sinistre un soir de tempête pour procéder à l’autopsie du corps d’une inconnue découverte sur le lieu d’un massacre, voilà le pitch. Et c’est parti pour le grand huit.

Le film ne déborde pas d’une imagination transcendante : ici, pas d’effet nouveau, d’invention terrifiante, mais tous les procédés classiques du film d’horreur utilisés à la perfection par le réalisateur André Øvredal. Retenez bien ce nom, tant ce norvégien est un type singulier.

Débarqué en 2011 sur la scène du cinéma fantastique avec un premier film « The Troll Hunter » qui s’amusait avec le style « found footage » sur fond de légendes scandinaves, l’homme avait, avant cela, réalisé trois films toujours inédits en France.

Jane Doe est donc sa cinquième réalisation, un métrage, d’ailleurs, couvert d’éloges. S’il s’est fait chiper le premier prix du festival de Gerardmer par « Grave », il n’en est pas moins reparti avec le prix de la jeunesse.

The-Jane-Doe-Identity "The Jane Doe Identity", quand l'autopsie tourne mal, ça fait peurDes acteurs au top

Hormis quelques apparitions, le film tourne autour de cinq acteurs, trois principaux et deux plus anecdotiques. Enfin, anecdotique, le shériff dira quelque chose aux fans de Games of Thrones, puisque Michael McElhatton, qui l’incarne, joue Roose Bolton dans la série. Ophelia Lovibond interprète, elle, la petite amie (insupportable) du jeune assistant légiste.

Emile Hirsh et Brian Cox incarnent, eux, le duo de légistes, par ailleurs père et fils, chargés d’identifier Jane Doe. Et, dès le début, le duo fonctionne : on sent autant d’affection que de non-dits entre les deux personnages. La complicité autant qu’une certaine incompréhension est patente à l’écran.

Enfin, il faut saluer le travail d’actrice de Olwen Kelly. Pour son premier rôle, l’ancienne mannequin décroche le rôle titre. Difficile, néanmoins, de juger de son talent d’actrice, puisque le rôle consiste à rester allongée, nue, sur une table d’autopsie, pendant tout le film. L’actrice confiait d’ailleurs que la partie la plus difficile avait été les longues séances de pose de prothèses, pour les effets spéciaux du film.

C’est comment ?

Ne vous attendez pas à un grand film réaliste. Le film est trop ancré dans la culture américaine pour ne pas surprendre l’habitué des pratiques funéraires européennes, et, surtout, une autopsie ne ressemble pas à cela. Rien de plus normal, en même temps : l’histoire du film, finalement, c’est celle d’une autopsie qui ne se déroule pas du tout comme prévu.

Petit à petit, les éléments du puzzle se mettent en place pour dévoiler l’identité de Jane Doe. Une demi-surprise, un spectateur attentif l’aura deviné un peu avant durant le film, mais pas trop tôt.

Surtout, la force de André Øvredal, c’est de faire en sorte que le spectateur sursaute alors même qu’il se doutait qu’il allait se passer quelque chose. L’autre force, c’est d’installer tout au long du film une tension qui ne se relâche plus, grâce à des éléments souvent anodins, comme la clochette, sujet de plaisanterie au début du film, qui se métamorphose en l’élément le plus stressant du métrage.

Bref, l’on ne saurait trop vous inciter à aller au cinéma, pour, vous aussi, vous poser la question : mais qui est Jane Doe ?

« The Jane Doe Identity » actuellement au cinéma.

Alien : Covenant, dans l’espace, personne ne vous entendra ronfler

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Alien Covenant

Alien : Covenant est le nouveau, et très attendu, film de Ridley Scott. Presque 40 ans après le premier Alien, ce nouveau film devait faire le lien entre la saga Alien et Prometheus, dernier film en date dans cet univers, y apportant des réponses claires. Au final, c’est une énorme déception.

Alien covenant

Durant la préparation de la mission Prometheus, Peter Weyland ordonne à un androïde de prendre part à la mission. Weyland se présente comme le « créateur » de l’être synthétique et lui explique que cette mission a pour but de connaitre les créateurs des humains. Weyland demande ensuite à l’androïde de se choisir lui-même un nom. Il choisit alors « David ».

Des années plus tard, en 2104, l’USCSS Covenant est un vaisseau spatial de la société Weyland-Yutani. À son bord, un équipage d’une quinzaine de membres (dont un androïde bâti sur le même modèle que David, Walter) qui transporte plus de 2 000 colons en hibernation et 1140 embryons humains. Le vaisseau vole vers Origae-6, une planète située à l’autre bout de la galaxie, pour y implanter une colonie.

Après une importante avarie qui tue plusieurs personnes, dont le capitaine Jacob Branson, l’équipage reçoit un message mystérieux provenant d’une planète inconnue. Cette planète, plus proche que la destination initiale du Covenant, présente aussi des conditions plus propices à l’installation d’une colonie. Contre l’avis du premier officier et veuve de Branson, Daniels, le capitaine en second, Oram, décide de changer le plan de route du Covenant et d’aller enquêter sur cette nouvelle planète.

Le retour de l’Alien

Il s’agit du sixième film de l’univers d’Alien et du troisième réalisé par Ridley Scott. Il s’agit d’une suite directe à Prometheus (2012), ainsi que d’une préquelle du film Alien (1979). Le film met en vedette Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride et Demián Bichir dans les rôles principaux. Le film prend place dix ans après les évènements de Prometheus.

Alien: Covenant marque le retour du xénomorphe au cinéma qui avait effectué sa dernière apparition en 2008 dans Aliens vs. Predator: Requiem et dans la saga Alien dans Alien, la résurrection en 1997. Le film raconte comment et par qui ou quoi les xénormorphes ont été créés et dans quel but, tout en introduisant une nouvelle espèce extraterrestre, le néomorphe.

Ridley Scott a annoncé que Alien: Covenant aura une suite et que si cette suite fonctionne, il fera peut-être trois autres films dans le but de relier au fur et à mesure des films l’histoire de Prometheus à la saga Alien.

Alors, c’est comment ?

Prometteur sur le papier, Ridely Scott de retour aux commandes et le lien fait entre Alien et Prometheus, le film s’avère, dans les faits, une franche déception.

Déception parce que, même si le film est toujours absolument magnifique, et parfaitement mis en scène, Ridley Scott oblige, il ne s’y passe pas, finalement, grand-chose d’intéressant. Tout repose, en fait, sur les délires mégalomaniaques de David, qui voit ses motivations, finalement assez simples à comprendre, développées jusqu’à l’écœurement.

Dans le même temps, la star du film, l’alien, y fait presque de la figuration. Les aliens du films, quoique menaçants, perdent leur aura terrifiante et leur élimination semble presque trop facile, comparé à leurs précédents exploits. On est loin, très loin, de l’étranger terrifiant du premier opus, semblant invincible et surgissant de nulle part.

Quand aux personnages… A part le démiurgique David, ils sont, du point de vue développement, inexistants.

Le film reste néanmoins visuellement splendide, et propose quelques scènes marquantes. Mais celles-ci sont noyées dans de grandes plages d’ennui profond, ce qui est bien dommage. Les xénomorphes ne méritaient pas ça.

« Alien : Covenant », de Ridley Scott, actuellement au cinéma.

Pourquoi il faut aller voir Split de M. Night Shyamalan 

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split M. Night Shyamalan

Manoj Nelliyattu Shyamalan, plus connu sous le nom de M. Night Shyamalan, est un type formidable. Parce qu’après avoir vu Sixième Sens, on s’était persuadé d’avoir trouvé le nouveau Hitchcock, qu’après avoir vu Le Dernier Maître de l’Air on s’était persuadé de l’avoir perdu, et qu’enfin, après The Visit, on sait qu’on l’a retrouvé.

Bonne raison 1 : ce gars a fait Sixième Sens

A ce stade, il me semble indispensable de vous signaler que la suite est pleine de spoils.

Sixième Sens, c’est quand même le film qui a démontré que Bruce Willis était un sacré bon acteur, ce que les derniers « Die Hard » avaient eu tendance à faire oublier. Et aussi, le film qui a démontré que le jeune M. Night Shyamalan était un scénariste doué, audacieux et inspiré.

Rappelons l’histoire de Sixième Sens : Bruce Willis est un psychiatre reconnu, qui se fait tirer dessus par un jeune patient qu’il n’est pas parvenu à soigner. Un an plus tard, il rencontre un petit garçon au comportement anormal, persuadé de voir les morts, plus précisément les fantômes des personnes décédées, mais qui restent dans notre monde parce qu’elles ne savent pas qu’elles sont mortes.

Et le coup de génie est là : on se rend compte au fur et à mesure que le petit garçon (Haley Joel Osment, impressionnant), dit la vérité, la preuve en étant le retournement final, à savoir que le personnage de Bruce Willis, lui aussi, est mort, tué par son patient, un an plus tôt, ce que lui, et le spectateur, ignoraient.

On revoit alors le film une seconde fois, avec cette information cruciale en tête, et on réalise alors que M. Night Shyamalan est un génie : il a passé tout le film à nous le dire, et on n’a rien vu.

M.-Night-Shyamalan Pourquoi il faut aller voir Split de M. Night Shyamalan Bonne raison 2 : ce gars sait rhabiller les mythes pour l’hiver

On se demandait quel serait le « twist », ce retournement de situation final, dans Incassable. Dans ce film, Bruce Willis, encore lui, est abordé par un homme, joué par Samuel L Jackson, atteint de la maladie des os de verre. Parce que Willis est le seul survivant d’un accident de train, il semble important de le signaler, dont il s’est tiré sans aucune égratignure.

Samuel Jackson lui explique que Bruce Willis est un authentique super héros, doté de supers pouvoirs, et que le collectionneur de comics malade le cherche depuis longtemps. Effectivement, au fur et à mesure, on réalise, en même temps que le personnage de Bruce Willis, que c’est vrai.

Le retournement final, tout à fait inattendu, est presque aussi stupéfiant que celui de Sixième Sens, mais moins génial, dans ce sens où le réalisateur triche un peu en ne donnant pas tous les éléments au spectateur. Mais le réalisateur confirme son talent inné pour les scénarii recherchés.

Bonne raison 3 : ce gars est de retour

Après quelques années à tourner des films au budget colossal inversement proportionnel à leur recherche scénaristique, M. Night Shyamalan revient, avec The Visit, d’abord, et Split ensuite, à ce qu’il sait faire le mieux : des intrigues extrêmement fouillées, un cinéma au plus près des personnages, un budget limité qui lui permet d’envoyer promener les studios et de garder la maîtrise de son film.

Une critique ? Pour quoi faire ? Il suffit de signaler ce dont tout le monde convient : le M. Night Shyamalan de Sixième Sens est de retour. Une phrase suffit, pas besoin de carte de visite.

« Split » de M. Night Shyamalan, actuellement au cinéma.

 

La mort, la Princesse Leia, ma biche et les lapins

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C’est passé quasiment inaperçu : Claude Gensac et Richard Adams sont morts hier. La nouvelle de leur disparition a été éclipsée par la disparition de Carrie Fisher. Certains sont de véritables poissards, non seulement de mourir, mais de mourir le même jour que des personnes plus célèbres qu’elles.

Michael Jackson, le king de la jungle

C’est la malchance : être connu et mourir le même jour que quelqu’un d’encore plus connu. Les exemples ne manquent pas. Ainsi, quelques jours après sa mort, beaucoup s’étaient avisés de la disparition de Farrah Fawcett, actrice devenue célèbre pour avoir été une drôle de dame, et qui a poursuivi ensuite une carrière riche en quantité, mais parfois décevante en qualité, de la notoriété tout du moins.

Mais Farrah Fawcett méritait à tout le moins un hommage appuyé, pas qu’on réalise plusieurs jours après sa mort qu’on avait complètement oublié de l’honorer. Il y avait une bonne raison à cela : le jour même de la mort de Farrah Fawcett, Michael Jackson était retrouvé mort.

L’exemple est extrême : Michael Jackson n’était pas célèbre, il était la définition de célébrité à lui tout seul. Je me rappelle d’un reportage sur une tribu d’indiens d’Amazonie qui étaient coupés du monde, même si le contact avait été établi, simplement, parce que la civilisation, ça ne les intéressait pas.

Un journaliste leur avait montré des vidéos sur un écran. Le premier pas de l’homme sur la lune ? Jamais entendu parler. Apple, l’iPhone, l’informatique ? Inconnus. Le 11 septembre ? C’est quoi ? Puis venait un clip, et le visage jusqu’à présent dubitatif des indigènes s’éclairait d’un grand sourire « Michael Jackson ! » s’exclamaient ils. Au journaliste interloqué qui leur demandait comment ils connaissaient Michael Jackson, les indiens répondaient naturellement « Mais tout le monde connaît Michael Jackson ».

Forcément, comment vouliez-vous lutter contre un type plus célèbre que l’iPhone et le premier pas de l’homme sur la lune ? Même une Drôle de Dame ne pouvait pas lutter.

Claude VS Carrie

Soyons juste : la mort de Claude Gensac a été traitée par la presse. Mais la part belle a été donnée à Carrie Fisher. Ce qui n’est pas foncièrement injuste en soit, l’objet ici n’est pas de dénoncer des injustices.

Mais le problème, c’est que le temps d’antenne consacré à Madame Gensac a été réduit, obligeant es journalistes à condenser les information pour la resituer rapidement. Claude Gensac était connue de tous pour avoir incarné l’épouse de Lois de Funès dans nombre de ses films. « Ma biche », c’était elle.

Sauf que, pas de chance, Claude Gensac était surtout une immense actrice, très talentueuse, tant à la scène qu’à l’écran, et qui avait conçu une certaine acrimonie, parce qu’on ne parlait d’elle que pour avoir été « Ma Biche ». Exactement, parallèle ironique, comme Carrie Fisher, connue pour être la Princesse Leia, malgré une carrière très riche.

Richard, le classique oublié

Mais, décédé le même jour que Carrie Fisher et Claude Gensac, quelles chances avait Richard Adams ? Non seulement mourir ce jour là, mais en plus, tard dans la nuit, et, tare suprême pour qui prétend à l’hommage, Richard Adams était écrivain.

Mais pas n’importe quel écrivain : Richard Adams était l’auteur de « Watership Down », publié en France à de nombreuses reprises, parfois sous le titre « Les garennes de Watership Down », réédité, justement, une quatrième fois récemment.

Jamais entendu parler de « Watership Down » ? Le livre appartient au genre de la fantasy animalière, et, après tout, il ne s’est vendu qu’à 50 millions d’exemplaires. Grosso modo on peut dire qu’il y a trois best-sellers en fantasy : Harry Potter, 420 millions d’exemplaires pour 12 livres (incluant les tomes originaux et leurs suites), Bilbo le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux, 150 millions en tout pour quatre livres (dont 100 millions rien que pour Bilbo…) et Watership Down, 50 millions à lui tout seul… Soit quinze de plus qu’un tome de Harry potter.

Curieusement, la France est le seul pays occidental ou le livre n’ait jamais pris. Watership Down apparaît régulièrement dans le classement des livres préférés des lecteurs aux USA, en Angleterre, en Allemagne,… et quasiment personne n’en a entendu parler en France. Ce qui est bien dommage. Tenez, les amateurs de série télévisée, lisez « Watership Down », vous vous rendrez compte que les auteurs de « Games of Thrones » et « The Walking Dead » le connaissent par coeur…

Un bon jour pour mourir

Mais, me demanderez-vous, l’inquiétude marquant votre front d’un pli disgracieux, quelle est la solution ? Il n’y en a pas. Le temps d’antenne et l’attention des lecteurs ou spectateurs n’est pas extensible à l’infini, et la notoriété internationale de « La Guerre des Etoiles » est sans comparaison avec celles du « Gendarme de Saint Tropez ».

Mais on ne pourra que se lamenter sur ces occasions manquées. Manquée, l’occasion de démontrer que Claude Gensac était bien une immense actrice. Manquée, l’occasion d’enfin faire découvrir au public français « Watership Down ». Dommage, mille fois dommage. Reste à revoir Star Wars.

Reste à éviter de mourir le même jour que quelqu’un de plus célèbre que soi. Plus facile pour certains que pour d’autres.

Devant un film de fantômes, il meurt puis disparaît

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Voici une histoire empreinte de tristesse, de peur et d’étrange. Celle d’un homme de Tiruvannamalai, au sud de l’Inde, qui succombe en regardant un film de fantômes, puis dont le corps disparaît. Evanoui. Parti.

Conjuring 2 : le cas Enfield, film d’horreur américain, vient de sortir dans les salles du pays, suite d’un premier opus qui a rencontré un bon succès en 2013. Notre homme, âgé de 65 ans, a donc acheté sa place en compagnon d’un ami. Mais durant le film, il s’est plaint de douleurs à la poitrine. Quand est arrivée une scène particulièrement terrifiante, il s’est évanoui tout de go.

On peut mourir de peur devant un film de chasseurs de fantômes, crise cardiaque à l’appui. Transporté d’urgence à l’hôpital, il a été impossible de ranimer ce spectateur. Rien à faire. Le décès a été constaté.

Mais alors que le personnel de l’hôpital s’apprêtait à examiner le corps à la morgue, impossible de trouver le cadavre. Un individu aurait été aperçu emmenant le cadavre. C’est du moins la piste la plus rationnelle sur laquelle travaille désormais la police locale.

Réalisé par James Wan (déjà maître d’œuvre de Saw, Insidious et du premier Conjuring), le film en est la suite, se situe à Londres, et raconte l’histoire vraie d’un couple des années 70 chasseurs d’esprits. Ce long métrage sortira en France le 29 juin.

« Roger Waters The Wall », les cadeaux de Noël au pied du mur

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Cela fait 36 ans que l’album mythique de Pink Floyd, The Wall, est joué dans le monde entier sous la houlette de Roger Waters. Récemment projeté dans les cinémas, il ressort en DVD et Blu Ray. Et il est indispensable.
Au cinéma

the-wall-blu-ray-228x300 "Roger Waters The Wall", les cadeaux de Noël au pied du murLe 29 septembre dernier, un enregistrement de The Wall est projeté lors d’une séance unique dans 140 cinémas. Plus qu’un concert, c’est, à la façon de Roger Waters, un concept. Le concert, gigantesque et magnifiquement filmé, est entrecoupé d’un documentaire lors duquel Roger Waters traverse l’Angleterre, la France et l’Italie, pour se rendre sur les lieux ou son père et son grand père ont été tués, respectivement durant la seconde et la première guerre mondiale.

Documentaire intimiste et concert se répondent, se complètent, et finissent d’expliquer à ceux qui n’avaient pas compris ce dont parle The Wall, pourquoi Roger Waters l’a écrit, et pourquoi, finalement, tout cela ne pouvait que mener au départ du leader de Pink Floyd quelques années plus tard.

Le Blu-Ray finit de fixer l’évènement, avec une transcription impeccable du film projeté. Il y a un côté testament dans cette version ultime de The Wall, une façon Pour Roger Waters, après 36 ans de perfectionnements, de laisser une version de référence de son œuvre.

Le cadeau parfait à s’offrir pour Noël, ou à offrir à un fan de Pink Floyd : avec ça, vous êtes certain d’écraser les autres cadeaux.

Roger Waters, « The Wall », DVD et Blu-Ray, Universal Pictures, 132 minutes, environ 20 euros

Pour le plaisir, le « tube » de The Wall (à une minute) :

The wall

On peut employer des termes aussi divers que variés pour essayer de définir The Wall : il peut être considéré comme un opéra-rock, un album-concept, une comédie musicale ou même un oratorio. Aucun de ces mots n’est complètement approprié, mais il y a une part de vérité dans chacun d’eux. Dans le lexique standard de la musique rock, il peut aussi être défini comme un « album-concept ».

L’histoire de l’album raconte la vie d’un anti-héros nommé Pink, qui est oppressé dès les premiers instants de sa vie : il perd son père, tué à Anzio durant la Seconde Guerre mondiale — comme le propre père du bassiste Roger Waters, Eric Fletcher Waters — (In the Flesh?, Another Brick in the Wall, Part I), est ensuite surprotégé par sa mère (Mother), tyrannisé par des professeurs désireux de le modeler comme les autres élèves dans le « moule » que réclame la société, d’où l’image récurrente du hachoir à viande (Another Brick in the Wall, Part II). Pink se retire alors dans un univers imaginaire en bâtissant un mur imaginaire, une allégorie représentant sa distanciation émotionnelle, pour le protéger du reste du monde : chaque traumatisme qu’il subit est une brique de plus à son mur. Parallèlement à ce processus, il devient une « rock star » (Young Lust).

Pink hallucine et se prend pour un dictateur fasciste : ses concerts deviennent des prestations néo-nazies durant lesquelles il envoie ses hommes contre les fans qu’il considère indignes (In the Flesh, Run Like Hell, Waiting for the Worms), mais sa conscience finit par se révolter et le soumet à un procès dans lequel il est à la fois accusé et plaignant (The Trial). À l’issue de ce procès, le juge ordonne que le mur soit détruit et que Pink s’ouvre au monde (Outside the Wall).

Film: LE DOMAINE où la mort n’est pas tabou

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Le domaine - où la mort n'est pas tabou
Le domaine - où la mort n'est pas tabou

Le film, LE DOMAINE,  où la mort n’est pas tabou, sera projeté en avant-première le vendredi 30 octobre 2015 à 19h00 au Théâtre de la parcheminerie – 23, rue de la Parcheminerie à Rennes, métro ‘République’

C’est un documentaire de 52 minutes réalisé par Greg Nieuviarts et une production, Les Films de l’Autre Côté

« Le Domaine » est une immersion dans un univers clos encore peu exploré, celui du funéraire. En posant sa caméra au sein de deux entreprises de pompes funèbres, le réalisateur, Greg Nieuviarts, choisit d’être au plus près de celles et ceux qui côtoient la mort au quotidien.

À travers le regard de deux entrepreneurs, Pascal Malherbe et Jean-Pierre Comtet, le film révèle les pratiques d’un métier méconnu, où les valeurs qui s’y développent sont le reflet de notre société, de notre humanité.

En scrutant notre rapport à la mort, je scrute notre rapport à la vie, c’est ainsi que la mort devient le miroir de la vie. Greg Nieuviarts

Il aura fallu près de 5 années au réalisateur pour dévoiler avec délicatesse cet espace de l’entre-deux, là où la mort n’est pas tabou.

Une véritable invitation pour mieux saisir notre société au regard de la place que nous accordons à nos morts.


  Et un site internet pour tout savoir!

Un été au cinéma, avec la clim et les Minions, Ant man et Amy

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A l’exception de quelques régions épargnées, la canicule règne sur la France. Certains cherchent refuge dans les salles de cinéma climatisées. Autant en profiter pour voir un bon film… Les trois succès de l’été.
Envie de rire ? Les Minions

Des milliers d’années avant de servir le grand méchant Gru, les Minions, petites créatures jaunes malicieuses mais souvent incompétentes, cherchaient déjà à assister les méchants les plus méprisables de l’histoire. Après avoir épuisé quelques grandes figures malveillantes à travers les âges, ils décident de s’isoler mais plongent bientôt en dépression en l’absence d’un patron à servir. Au milieu des années 1960, les Minions Kevin, Bob et Stuart se mettent alors en quête d’un nouveau et vil maître à suivre. Dans leur périple, ils assistent à Orlando à une manifestation réunissant plusieurs méchants. C’est ici que le trio rencontre l’élégante et machiavélique Scarlet Overkill, la femme la plus méchante du monde, qui convoite la Couronne d’Angleterre…

« Préquelle » de Moi Moche et Méchant, les Minions restent fidèles à eux-même : dans leur souci de bien faire, à cause de leur immense maladresse, ils provoquent des catastrophes en chaîne. Hilarant.

Envie de super-héros ? Ant Man

A peine sorti de prison, Scott Lang, petit escroc, comprend qu’il ne pourra pas voir sa fille, qui vit chez sa mère, tant qu’il n’aura pas trouvé un travail sérieux. Mais son passé de détenu joue contre lui et, pour se refaire, Scott accepte de cambrioler une maison, sur les conseils de son complice Luis. Mais cette maison est celle d’Hank Pym, un scientifique qui a mis au point un mystérieux costume permettant de rétrécir, au point d’atteindre la taille d’un insecte. Les deux hommes vont bientôt travailler ensemble…

Les films de super-héros sont à la mode, et Ant Man suit la tendance, tout en arrivant à s’en détacher par un traitement original et talentueux. La bonne surprise de l’été.

Envie de musique ? Amy

Le 23 juillet 2011 disparaissait, à 27 ans, la grande Amy Winehouse, victime de ses addictions à la drogue et l’alcool. Alors que son album « Back to Black » a été couronné par six Grammy Awards, la chanteuse de jazz, artiste exigeante, était programmée pour faire une grande carrière. Originaire du nord de Londres, elle a commencé très jeune dans un orchestre avant de signer un premier album intitulé « Frank ». Et puis la célébrité lui est tombée dessus, alors qu’elle n’était pas du tout armée pour l’affronter. Mariée à un junkie, elle s’est laissée aller et rares ont été ceux qui ont cherché à la sortir de ce cercle infernal. Elle venait de faire un duo avec Tony Bennett quand est survenue l’issue fatale…

Portrait tout en nuances d’une étoile filante. A voir pour les passionnés de musique.