Accueil Tags Debra Milke

Tag: Debra Milke

Etats-Unis : encore un condamné à mort innocenté

0

Quelques jours après Debra Milke, une Américaine condamnée à mort finalement innocentée 23 ans après, c’est Anthony Ray Hinton, qui sort ce vendredi libre du couloir de la mort après avoir attendu son exécution pendant 30 ans. 152e erreur réparée depuis 1973.

L’homme, un Afro-Américain âgé de 59 ans, était  emprisonné en Alabama, attendant d’être exécuté. Hier, les charges qui pesaient sur lui ont officiellement été abandonnées. Non, il n’était pas ce braqueur supposé, pourtant reconnu par le patron d’un restaurant près de Birmingham, braqué le 25 juillet 1985 et légèrement blessé par balles. Peu avant, deux gérants de fast-foods de la région avaient déjà été tués par balles lors de hold-up.

Mais voilà : au moment des faits, Anthony Ray Hinton travaillait dans un entrepôt, à 25 kilomètres de là. Des collègues en avaient attesté. Le détecteur de mensonges n’avait rien détecté. Et l’interpellé criait son innocence. Rien n’y faisait.

Alors, dans ces conditions, comment se retrouve-t-on condamné à mort ? Selon une association qui lutte contre les erreurs judiciaires, le procureur qui avait mené l’enquête était « connu pour ses préjugés raciaux ». La défense n’avait pu embaucher d’expert compétent, faute de moyens. Et les enquêteurs avaient trouvé chez la mère de l’accusé une arme, décrétant qu’elle avait servi au braquage.

Aidé depuis 1999 par cette association, Anthony Ray Hinton a pu établir en 2002 que l’arme en question ne pouvait pas avoir tiré les balles retrouvées sur les lieux des meurtres. Selon son avocat dans la presse américaine, « la race, la pauvreté, une défense inadéquate et le mépris de l’innocence montré par l’accusation font de cette affaire un cas d’école ».

Couloir de la mort : 23 ans pour rien

0
(Capture chaine ABC15 Arizona)

Debra Milke, une américaine de 51 ans, a passé 23 abominables années dans le couloir de la mort, à attendre une exécution. Et puis, lundi, les charges sont tombées. Non, elle n’a pas tué son fils de quatre ans en 1990. Qu’y a-t-elle gagné, sinon un enfant perdu et une vie brisée.

Cette mère a toujours clamé son innocence, après le meurtre de son fils Christopher en Arizona. C’est le seul témoignage de l’enquêteur, homme expérimenté, qui avait affirmé avoir recueilli ses aveux, qui est à la base de la condamnation à mort. Selon lui, cette femme divorcée avait engagé deux tueurs pour assassiner l’enfant et pouvoir toucher une prime d’assurance. Dans ce dossier, il n’y a pas de témoin, pas d’enregistrement, et l’intéressé a vivement nié.

Lundi dernier, une juge a constaté la réalité : d’autres enquêteurs ont établi la culpabilité de deux hommes, qui ont plaidé coupable et à leur tour été condamné à la peine capitale. Il a été établi que la mère, alors secrétaire dans une compagnie d’assurance,  avait accepté de confier en décembre 1989 son bambin à son colocataire et petit ami, qui devait l’emmener voir le père Noël dans un centre commercial de Phoenix. L’homme (qui souffrait d’un syndrome post-traumatique après le Vietnam) avait rejoint un ami, et ensemble ils avaient conduit Christopher à l’écart de la ville, pour aller lui tirer trois balles dans la tête dans un ravin isolé.

La juge a dénoncé, outre les fausses accusations de l’enquêteur, le laxisme de l’accusation et des procureurs de l’Arizona, qui auront tenté un recours jusqu’à la Cour suprême de l’Etat pour préserver leur dossier.

Debra Milke devient la deuxième femme innocentée et tirée du couloir de la mort aux Etats-Unis, et la 151e personne à l’être depuis 1973. Il y a quinze ans, on lui avait même communiqué une date d’exécution, annulée en dernière minute après un recours dans la procédure.