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La thanatopraxie recule quand Touraine est En Marche !

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Marisol Touraine, thanatopraxie

Hier, jeudi 11 mai, Marisol Touraine a cessé d’être ministre de la santé au moment ou le premier ministre présentait la démission du gouvernement. En catimini, sans vraiment de pot d’adieu, mais rassurez vous : la ministre a laissé une ultime bombe, un cadeau d’adieu pour les thanatopracteurs et le funéraire.

Une drôle d’histoire

Vous en avez tous au moins croisé un, un jour. Le sale gosse mal élevé qui, sournoisement, s’approche de sa cible par derrière, lui flanque un coup de pied puis s’enfuit en courant. C’est pénible. Mais ça l’est encore plus quand la sale gosse sournoise est ministre de la santé.

Parce que Marisol Touraine, la ministre de la santé, a lâché une ultime bombe au goût de revanche. Petite bombe qui va compliquer non seulement la vie des thanatopracteurs, mais aussi pourrir la vie des défunts, ce que les thanatopracteurs cherchent précisément à éviter.

Il s’agit, bien entendu, de l’interdiction des soins au domicile. Ah, non, pardon : il s’agit du nouveau cadre pour les soins à domicile. Notez, on n’a pas vraiment vu la différence.

Petite colère

On se rappellera la petite phrase de François Mitterrand à propos d’Edith Cresson « Je lui avais dit que son travail était de se rendre impopulaire. Je ne pensai simplement pas qu’elle y arriverait si bien ».

Cette phrase s’applique parfaitement à Madame Touraine, à la différence près qu’il n’y aura pas, contrairement à Madame Cresson, de relecture positive, dans le futur, de son action.

Après avoir mis dans la rue les médecins libéraux et établissements de santé privés, essoré jusqu’à la dernière goutte l’hôpital public, condamné à mort des millions de français en encourageant la lutte contre la cigarette électronique et en niant son efficacité contre le sevrage tabagique, humilié les infirmières de nuit avec une augmentation de la prime insultante et assortie de conditions ridicules et excluantes, on aurait pu croire Marisol Touraine satisfaite. Au contraire, la ministre retranchée dans son ministère trépignait comme une gamine capricieuse à qui on aurait refusé un bonbon.

Songez, elle avait réussi à faire verdir, de rage, tout le monde, sauf un petit groupe d’irréductibles dont le métier, précisément, consistait à lutter contre le verdissement. L’interdiction des soins de thanatopraxie au domicile avait, après deux navettes parlementaires, échouée. Retoquée, abandonnée, en un mot : enterrée.

Et grosse revanche

Mais alors, comment faire ? La solution, finalement, était simple : un arrêté. Non pas qui interdise les soins de conservation, il aurait été retoqué, mais, au titre de la santé publique, qui impose des normes si draconiennes que ces derniers en deviendraient, tout simplement, impossible.

Parce que, si on écoute l’ex-ministre Touraine, les thanatopracteurs devraient pratiquer plusieurs métiers.

Déménageurs : arrivant chez leurs clients avec une table réfrigérée sous le bras. Frigoristes, pour mesurer les caractéristiques thermiques de chaque pièce où ils auraient à intervenir. Géomètres, pour calculer le volume précis de chaque pièce, doublé d’ingénieur en mécanique des fluides, pour prévoir le renouvellement d’air. Décorateur d’intérieur, parce que la tapisserie, le lambris ou le crépi, c’est tellement has been, place au carrelage blanc du sol au plafond. Nettoyeurs, parce que, quand même, vous n’allez pas me laisser ça dans cet état. Contorsionnistes à l’occasion, parce que faire rentrer le matériel pour les soins et une table réfrigérée dans une pièce généralement déjà encombrée, ça va être drôle. Secrétaire, parce qu’il faut ensuite rédiger un rapport complet.

Et, enfin, mendiant, parce que facturer 200 balles par soin pour tout ça, j’en connais pas beaucoup qui pourront en vivre.

A malin, malin et demi

Et tout cela lancé comme une boule puante la veille de son départ, puisqu’il y a fort à parier que Monsieur Cazeneuve avait prévenu ses ministres un peu en amont de la date de démission du gouvernement. Le seul qualificatif qui s’applique au procédé est : sournois. On balance, on démissionne. Le coup de pied en traître. Le tout dans un texte de loi compliqué à l’envie, dans lequel on cherchera en vain la simplification promise par le candidat Hollande en 2012.

Et puis, l’égalité promise sera, au passage, également shuntée : clairement, vu l’augmentation des tarifs quelle que soit la solution choisie par la famille, les « sans-dents » seront exclus de la thanatopraxie.

Le temps que la profession s’en rende compte, Madame Touraine serait loin. Alors, contester, protester, auprès de qui ? Manifester, contre qui ?

Sauf que… Madame Touraine a juste oublié un minuscule détail, dont tout le monde s’était rendu compte, sauf, manifestement, elle : sa totale incompétence. Relisez le texte. Prenez de l’aspirine. Relisez-le encore. Vous voyez ? Nulle part, il n’est précisé qui a l’autorité pour contrôler, donc personne, ni quelles sanctions sont prévues, donc aucune.

Il y a fort à parier que, le premier janvier 2018, rien ne changera. Il semblerait que, de son côté, Madame Touraine soit en marche vers un nouvel avenir. Attention à elle, un croche-pieds est si vite arrivé…

Le décret est ici

Les pompes funèbres Bodiger inaugurent le centre funéraire de Plougastel

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Pompes funèbres Bodiger Plougastel maison funéraire 5

Ce dimanche 30 avril avait lieu l’inauguration du nouveau centre funéraire des Pompes Funèbres Bodiger, à Plougastel. Un équipement qui changera certainement la donne sur la presqu’île de la pointe du Finistère, en comblant fort joliment un manque d’alternative jusque là dans le secteur.

Pompes-funèbres-Bodiger-Plougastel-maison-funéraire-7-300x225 Les pompes funèbres Bodiger inaugurent le centre funéraire de PlougastelUn centre longtemps attendu

L’idée du centre funéraire de Plougastel « Ty Ar Menez » a germé il y a de cela huit ans dans l’esprit de Gilles Bodiger, directeur des Pompes Funèbres et Marbrerie Bodiger, et Dominique Cap, maire de Plougastel depuis 2001.

Gilles Bodiger décide néanmoins de prendre son temps : l’entrepreneur veut faire les choses bien. Il repère en 2015 un terrain dans la zone de Ty Ar Menez et l’acquiert, avant de commencer les travaux en 2016. Ce ne sont pas moins de 450 000 euros qui sont investis, sans aucune aide publique.

Les entreprises ont toutes été choisies dans le bassin d’emploi de Plougastel-Daoulas, et, souligneront les locaux, du même côté du pont, hormis le cabinet d’architecte brestois.

Le résultat est un centre clair et bien conçus qui changera, n’en doutons pas, la donne dans le secteur.

Pompes-funèbres-Bodiger-Plougastel-maison-funéraire-4-300x300 Les pompes funèbres Bodiger inaugurent le centre funéraire de PlougastelUn beau centre

La maison funéraire se situe donc dans la zone Ty Ar Menez, derrière le magasin Noz. « Un point de repère idéal, comme beaucoup de gens ici le connaissent, et qu’il est facile à trouver », souligne Romain Bodiger, qui travaille avec son père.

Effectivement, l’emplacement est judicieusement choisi, en bord de zone commerciale, il en bénéficie des avantages sans en pâtir des inconvénients. Un peu à l’écart, la voie qui mène au centre donne sur un axe principal, non loin des échangeurs de voie rapide en direction de Brest et de Daoulas. Une fois sur le parking, force est de constater que le calme est de mise. Exception faite du magasin Noz dont on aperçoit un côté, et de la route un peu plus loin, le site se niche dans un cadre de verdure apaisant.

Pompes-funèbres-Bodiger-Plougastel-maison-funéraire-6-300x225 Les pompes funèbres Bodiger inaugurent le centre funéraire de PlougastelVisite guidée

L’entrée du centre se fait par une vaste salle destinée, également, à la convivialité. Café, thé, et tout le nécessaire pour organiser une petite collation sont mis à disposition. Des toilettes, à l’écart, répondent aux normes les plus strictes d’accès pour personnes handicapées ou à mobilité réduite, comme le reste des locaux.

Dans le hall, un écran vidéo peut servir, par exemple, à diffuser des films souvenirs ou des photos du défunt.

Un autre écran est également mis à disposition dans chacun des trois salons.

Deux d’entre eux proposent une décoration dans les tons beige, apaisante et moderne. Un astucieux système de double porte permet d’agrandir la surface du salon, pour en faire un seul plus vaste, ou une salle de recueillement pour les hommages.

Le troisième salon offre les mêmes équipements, dans une décoration différente, dans les tons gris, tout aussi moderne. Les trois sont climatisés, et scindés en deux espaces, l’un ou repose le défunt, et l’autre sous forme de coin salon où la famille peut prendre le temps de discuter avec les visiteurs.

Pompes-funèbres-Bodiger-Plougastel-maison-funéraire-1-300x225 Les pompes funèbres Bodiger inaugurent le centre funéraire de PlougastelDu changement à Plougastel

Côté technique, le couloir professionnel débouche sur une salle de soins et équipée de trois cellules réfrigérées, qui peuvent êtres passées en température négative si besoin.

Enfin, à part de l’espace funéraire proprement dit, un bureau de réception pour les familles et une salle de présentation des cercueils. Une exposition de monuments pourra être faite ultérieurement.

C’est peu dire que le centre funéraire de Plougastel améliorera considérablement l’accueil des défunts dans la presqu’île. Jusqu’ici, les habitants bénéficiaient uniquement de la reposeraie de la maison de retraite pour les résidents, ou devaient se rabattre sur Landerneau, Loperhet, voire Guipavas ou Brest, toujours à une distance importante.

Intelligemment conçu, très bien réalisé, ce nouveau centre funéraire démontre que Gilles Bodiger a eu raison de prendre son temps pour proposer un équipement qui simplifiera la vie des familles et améliorera leur confort dans le respect du défunt.

Les premiers bénéficiaires sont espérés mi-mai, à l’arrivée du numéro d’habilitation. En attendant, vu l’affluence dimanche, on pourra dire qu’au delà de la curiosité, cette maison funéraire était très attendue.

Le site des pompes funèbres Bodiger : www.pompesfunebresbodiger.com

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Vêtements du défunt : du cérémonial aux portes du deuil

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costume

J’avoue que la mode ça n’est pas trop mon truc, et je pense que le jour de mon décès, mes proches n’auront pas trop de mal à trouver une tenue pour ma dernière demeure. Habiller un défunt ça fait partie de tout un cérémonial, c’est une étape importante pour les professionnels, qu’ils soient thanatopracteurs, agents d’amphithéâtre, ou pompes funèbres, mais c’est également une étape importante pour les familles, qui, en donnant les vêtements, participent d’une manière ou d’une autre au déroulé des obsèques qui est, on le sait, la porte du deuil.

Cela paraît anodin comme ça, habiller un défunt et pourtant ça ne l’est pas du tout. Ça répond à des gestes précis de la part des professionnels, et cela demande aux familles un geste symbolique fort. Et c’est à ce geste que je m’intéresse aujourd’hui.

La saisonnalité

Avez-vous déjà remarqué que les défunts sont habillés en mode hiver en hiver et en mode été en été ? Pourtant cela n’a aucune importance dans les faits, mais c’est « psychologique » l’on me dit. Moi qui cherche à comprendre, je vois dans ce comportement du positif et du négatif. Le positif c’est que le défunt fait partie intégrante d’un présent. Il est décédé, là, maintenant, à cette époque précise et on le revêt alors comme nous. Ça permet de marquer le départ, d’établir un temps de pause et d’inscrire le décès dans un moment précis.

Mais justement à l’inverse, le risque n’est-il pas de ne pas se détacher de ce moment, et de ne pas comprendre que le défunt est dans un temps différent du nôtre ? Est-ce vraiment aider le travail de deuil ? Des questions qui, à mon sens, n’ont de réponses que par les personnes concernées.

Pour les professionnels en revanche c’est une autre histoire « on voit ça tout le temps » rapportent les thanatopracteurs. « L’avantage c’est qu’en été ça va plus vite, l’inconvénient ce sont les marques ou cicatrices qui sont plus difficiles à camoufler avec une robe ou un t-shirt ». En hiver, c’est l’inverse, « habiller un défunt en hiver prend plus de temps, t-shirt, chemise, veste, parfois écharpe, mais ça fait partie du travail et c’est important pour la famille ».

L’absence de tenue

Il y a diverses raisons à cela, mais parfois il n’y a pas de vêtement, la famille n’en donne pas ou la famille… ne viendra pas. Dilemme. Certains sont parés à cette éventualité « J’ai toujours une blouse d’hôpital ou une robe de chambre au cas où, je ne veux pas laisser le défunt comme ça, je trouve ça trop triste » me confie un thanatopracteur. « Parfois aussi, j’ai des affaires de rechange, les familles nous amènent plusieurs habits, ils nous demandent de choisir, et ne veulent pas les récupérer, donc j’utilise ces rechanges pour d’autres défunts. »

Les accessoires

Alors là attention aux bijoux, en formation on vous expliquera qu’il faut ôter les bijoux, surtout les alliances, les mettre dans une petite pochette, signer une décharge, de préférence en présence d’un témoin et la donner à la pompe funèbre. Ne prenez surtout aucun risque. Par contre la famille peut vous demander d’ajouter des accessoires, une montre, un chapelet – cela se fait encore régulièrement– poser du vernis, maquiller avec le maquillage de la défunte, mettre des chaussettes et des chaussures, même si ça vous paraît anodin, un chapeau, etc. Là encore, la famille a besoin de ces petits objets particuliers qui font du défunt une représentation de ce qu’elle était et elle a besoin que celui-ci « parte, comme il a toujours été ».

La mise en scène

Aïe, je sais c’est compliqué, lorsque vous voyez dans le sac sur la table dépasser le tulle de la robe de mariée que vous allez devoir enfiler à cette défunte, mariée il y à près de trente ans. Les familles viennent parfois avec des photos et des vêtements exceptionnels, parce que pour eux, c’est un jour exceptionnel et elles veulent que leurs défunts soient inhumés ou crématisé dans leurs plus beaux vêtements. Là encore ça n’est pas toujours la panacée pour les professionnels, c’est même parfois impossible. Il faut user de pédagogie auprès de la famille en expliquant qu’un corset après un prélèvement multi organes c’est parfois compliqué avec les cicatrices ou qu’il faudra découper les vêtements même si ça en fait bondir certains.

La mise en scène des vêtements peut également être vue au travers des rites religieux, les tenues représentent alors un symbolisme fort qui va au delà de l’aspect esthétique des défunts mais qui s’inscrit dans un véritable cérémonial du rite de passage.

Tout comme de notre vivant, au fil des époques, les vêtements revêtent une véritable histoire de notre culture, de notre représentation du monde et de nos relations sociales. C’est exactement la même chose une fois décédé et cela s’inscrit en plus dans une démarche ou professionnels du funéraire et familles, main dans la main ouvrent ensemble les portes du deuil.

Le tendre hommage au crématorium de METZ

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Hommage au crematorium de Metz

Publiée par Funéraire Info, le journal du funéraire sur Mardi 1 novembre 2016

Mardi 1er Novembre je me suis rendue au crématorium de Metz afin d’y vivre la cérémonie du souvenir organisé par son directeur Gilles Bongiovanni , comme chaque année. Car oui, il s’agit bien de « vivre » la cérémonie. Un temps d’hommage et de recueillement empli de douceur.

Un brin chauvine, j’aime à me rendre à ce crématorium de France de Metz – groupe Funécap – et qui est un très beau crématorium. Un intérieur tout en bois, une ambiance douce, zen et qui invite au recueillement mais pas à un recueillement triste plutôt à une méditation.

La crémation est un point particulier à Metz, et ce d’ailleurs pour toute l’Alsace-Lorraine. En effet, alors que le taux de crémation en France est de 35 % en Lorraine il est ici de près de 55 %. Le recul de la religion catholique est-il en cause ? Il y a en effet beaucoup de protestants en Lorraine – qui ont accepté la crémation dès 1887 -. Pourtant près de la moitié de ces crémations sont religieuses. Une raison écologique ? Économique ?. En tout cas le constat est là. L’Alsace-Lorraine est aussi équipée de 15 crématoriums ce qui est bien supérieur aux autres régions de France.

Musique, c’est ce qui nous attendait pour cette cérémonie du souvenir afin de se recueillir pour les défunts crématisés ici, mais aussi pour l’ensemble des défunts.

cérémonie-souvenir-2 Le tendre hommage au crématorium de METZLa cérémonie débute sur l’histoire des quatre bougies la Paix – la Foi – l’Amour – l’Espoir :

Quatre bougies brûlaient lentement. Il régnait un tel silence que l’on pouvait entendre leur conversation. La première dit « Je suis la Paix ! Cependant, personne n’arrive à me maintenir allumée… je crois bien que je vais m’éteindre… »

Sa flamme diminua peu à peu, et disparut.

La seconde dit « Je suis la Foi ! Mais dorénavant, le monde pense que je ne suis plus indispensable… Ca n’a pas de sens que je reste allumée plus longtemps ! »

Et sitôt qu’elle eut fini de parler, une brise légère souffla sur elle et l’éteignit. 

La troisième bougie se manifesta à son tour « Je suis l’Amour ! Mais je n’ai plus de force pour rester allumée. Les gens me laissent de côté et ne comprennent pas mon importance. Ils oublient même d’aimer ceux qui sont proches d’eux… »

Et sans un bruit, elle s’effaça à son tour.

Alors entra un enfant, qui vit les trois bougies éteintes.

« Mais pourquoi avez-vous cessé de brûler ? Vous deviez rester allumées jusqu’à la fin ! »

Et une larme glissa le long de sa joue…

Alors la quatrième bougie murmura « N’aies pas peur. Tant que j’ai ma flamme, nous pourrons rallumer les autres bougies. Je suis l’Espérance ! »

Alors, les yeux brillants, l’enfant prit la bougie de l’Espérance et ralluma les trois autres.

cérémonie-souvenir- Le tendre hommage au crématorium de METZLa cérémonie est douce, sans faute note. La maitre de cérémonie fait bien attention de ne pas faire de bruit à chaque prise de parole et elle alterne ses discours avec le directeur lui-même. Tour à tour ils parleront aux familles, mais aussi au nom des défunts. À mi-chemin entre une cérémonie religieuse et une cérémonie civile, tous s’y sont reconnus. Chaque discours étaient ensuite entrecoupés d’interludes musicaux au violon afin de permettre d’apprécier les paroles prononcées précédemment et de se recueillir.

J’y suis allée pour raison professionnelle, je connaissais ce crématorium et je souhaitais vous faire partager avec moi la douceur de cet hommage. Mais bien vite ce n’était plus la rédactrice qui était là sur ces bancs, mais celle qui venait aussi être submergée par le souvenir. Je n’avais jamais pris le temps de me recueillir pour un décès dont je peine encore à parler aujourd’hui. Les mots justes et posés de ce jour m’ont permis d’ouvrir la première porte du chagrin et de ce deuil rétroactif. Une cérémonie sans prise de position dans laquelle je me suis reconnue.

 

Chronique Toussaint du monde : L’exotisme au coeur du souvenir

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À des milliers de kilomètres de la métropole, en Guadeloupe, aux Antilles et en Polynésie, on fête également les défunts, mais c’est davantage le 2 novembre qui est mis à l’honneur. Repas, couleurs gaies et locales viennent égayer les souvenirs.

Léon-Jean me raconte : « Si tu entres dans un cimetière guadeloupéen le 2 novembre, je suis sûre que tu pourrais te croire au Mexique ! Il y a beaucoup de similarités à commencer par la fête. Tout ce qu’on ne retrouve pas en métropole. Toutes les familles participent et se retrouvent autour des tombes à la tombée de la nuit pour une grande nuit de festivité. » L-J pour Funéraire Info

Aux Antilles la fête se prépare une semaine avant, toute la semaine précédent le jour J étant consacrée au nettoyage des tombes. C’est une manière de montrer tout le respect porté aux défunts. C’est au Rhum que se déroule la fête des morts toute la nuit.

Les religions s’entremêlent, à la religion chrétienne s’ajoute l’hindouisme pour les guadeloupéens. Ainsi ils fêtent ce qu’il s’appelle le Sanblani, qui est une fête originaire du Sud de l’Inde. Elle représente l’anniversaire de chaque défunt d’une famille.  C’est l’occasion de se réunir tous ensemble et de préparer le repas préféré de ceux qui ne sont plus là. La tradition veut qu’une fois le repas préparé, les vivants sortent de la maison en fermant la porte afin que les morts puissent venir goûter au repas préparé en leur honneur.

En Polynésie, c’est l’immaculé qui prédomine. La coutume veut que les tombes soient recouvertes du magnifique sable blanc des plages. Par dessus mille et une couleurs viennent compléter ce tableau de mémoire par des bouquets de fleurs et toutes sortes de compositions florales exotiques.

Tout comme au Japon, c’est le mot « fête » qui prédomine sur celui de morts. Des couleurs, de la joie et de la gaité comme hommage, qui viennent pas à pas effacer les larmes. Demain je vous amène en Sicile, où les enfants sont mis à l’honneur dans cette fête qui prend les allures de fête générationnelle.

Nécropole de Rookwood : un train funéraire pour le transfert

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La gare de la nécropole de Rookwood

Chaque jour, des dizaines de corps, depuis le centre-ville de la métropole australienne, ont été transportés par son train funéraire de 1860 à 1950, vers la nécropole au sud de Sydney, de Rookwood, qui est un cimetière très éloigné de la ville et la plus vaste de l’hémisphère sud.

Dans ce pays surprenant, qui est l’Australie, la nécropole de Rookwood, qui est également dans le monde, le plus grand cimetière victorien actif s’étend sur des centaines d’hectares. Depuis son ouverture dans les années 1860, plus d’un million de personnes y sont enterrées. Vu son immensité, il a fallu différentes organisations pour la diriger, parmi lesquels les religieux qui y sont implantés.

À l’époque, le seul moyen qui est capable d’acheminer en un temps décent les défunts et leurs proches pour célébrer des funérailles, est son train funéraire. Tout comme celle à l’arrivée dans l’enceinte de Rookwood qui est de 700 hectares, c’est en forme d’église, si spéciale, que la gare de départ de ce train corbillard fut bâtie. Mais faute de corps à transporter, depuis le début des années 1950, le train pompes funèbres a cessé de fonctionner.

La gare de départ existe toujours, mais a été transformée actuellement en mémorial afin de rendre hommage aux personnes décédées qui ont été transportées par ce lieu si spécifique. Quant à la gare d’arrivée, elle a été délocalisée dans la capitale du pays, à Canberra, après avoir été démontée et ensuite érigée également comme mémorial.

Chose étrange, le train funéraire, les deux gares, et ainsi que le cimetière qui sont connus à travers tout le pays et même au-delà, ont également fait parler d’eux pour leur activité paranormale. Nombreux visiteurs des sites ont témoigné avoir vu entre les tombes de Rookwood, l’apparition d’ombres, des phénomènes étranges.

À noter que vers la fin de septembre, chaque année, la nécropole de Rookwood a une grande journée porte ouverte pour ceux qui sont intéressés. Des visites guidées de crématoriums, de visites historiques, de la discussion, embaumement, des corbillards, entre autres sont aux programmes, et ils valent bien un coup d’œil.

L’exposition « Open end » pour les 150 ans des services funèbres

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L’exposition « Open end » à Genève

À l’occasion des 150 ans du service des pompes funèbres, crématorium et cimetières de la Ville de Genève, le cimetière des Rois accueille une exposition appelée « OPEN END », qui évoque le rapport à la mort et au souvenir.

L’idée de cette exposition originale pour les 150 ans d’existence du Service des pompes funèbres a été inspirée au curateur Simon Lamunière et à l’association DART.

16 artistes contemporains, sur l’impulsion du sculpteur, Vincent Du Bois exposent dans le cimetière des Rois à Genève, qui est un lieu mythique accueillant la tombe de Borgès, de Calvin et celle de Grisélidis Real entre autres, une sculpture. Cela est une manière de redonner à ces endroits que plus personne ne visite, de la vie et également de remettre de l’art où il n’y en a plus.

Il s’agit plutôt d’une mémoire des questions autour de la mort, qui ne veut pas être dissociée de la vie, en prenant, à force, des airs de virtuels.

Le changement ne serait pas aperçu tout de suite par les habitués du cimetière, d’étranges sculptures comme une croix en acier, une boule de marbre géante ou un banc en forme de point d’interrogation, éparpillé sur la pelouse, seront remarqués. Ceux qui ont l’œil plus aiguisé repéreront même des yeux sur le tronc d’un arbre ou des pierres tombales qui comportent de curieuses inscriptions comme « Je vous avais dit que je n’allais pas très bien ».

C’est dans l’esprit de Vincent Du Bois, le sculpteur qui a pour objectif de remettre dans les cimetières l’art, que cette idée originale est née. D’après lui, les cimetières s’uniformisent suite à la pression économique, à la mécanisation et aux désintéressements des familles pour les tombes de leurs défunts. Ce sont des lieux à la fois intouchables et délaissés, a-t-il continué

C’est donc une occasion en or d’offrir dans ce terrain de jeu si original, une balade poétique et intelligente.

Japon : une application pour capter les messages des morts

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Spot message pour les morts

Une application dans le style de Pokémon Go, permettant d’attraper des messages préenregistrés par des proches morts dans les cimetières, vient d’être lancée par une entreprise de pompes funèbres japonaise.

Une application gratuite, baptisée « Spot message » qui permet de capter les messages des morts dans les cimetière a été créée selon le Japan Times, par une entreprise de pompes funèbres dans la préfecture de Chiba. Bientôt, les cimetières seraient hantés par la réalité virtuelle. Elle permet donc d’entendre ou de voir les défunts qui livrent les messages écrits de leur vie.

La nouvelle application qui utilise le même principe que le Pokémon Go a été lancée lundi 15 août. Seulement, en pointant la caméra de votre Smartphone sur l’endroit qui était cher pour le défunt ou sur la tombe de cette personne dans lequel il a laissé un message, au lieu d’attraper des petits monstres, vous pourriez voir apparaître sur votre Smartphone, vos proches qui vous délivrent un message personnalisé qu’ils ont enregistré avant leurs morts.

Le président de l’entreprise-développeur de l’application, Yoshiyuki Katori se dit avoir réalisé son rêve de longue date. L’idée lui est venue après la mort soudaine de son oncle préféré, il y a huit ans. La vie de sa famille a été bouleversée par le décès de son oncle peintre qui est tombé de très haut en travaillant disait-il. En se rendant souvent sur la tombe de son oncle lorsqu’il a des problèmes, il s’est dit que si son oncle pouvait lui parler depuis sa tombe, cela serait réconfortant. Et grâce à l’application, il vient de concrétiser son souhait.

Pour la version gratuite, l’utilisateur de l’application peut stocker à destination de ses proches, après son décès, jusqu’à 10 messages vidéos ou photos. Quant aux abonnés payants, ils peuvent partager avec plus de 200 personnes et enregistrer jusqu’à 30 messages. Comme dans Pokémon Go, les destinataires verront un mélange de l’image réelle captée par l’appareil photo de leur Smartphone et d’images virtuelles calquées.

Bamiléké : Exhumation de crânes pour être proche des morts

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exhumation
Illustration de l' exhumation d'un crâne

C’est par l’ exhumation des crânes de leurs défunts, qu’ils exhortent parfois dans la prière, que les Bamiléké tentent avec les esprits de leurs morts, de développer des relations particulières.

 Ce rite funéraire du village à Bangou, qui se trouve à 300 kilomètres de Yaoundé, dans les Hauts-Plateaux, consiste à l’ exhumation des crânes des défunts et à des danses initiatiques.

Les funérailles groupées de personnes mortes depuis plusieurs années chez une ethnie du Cameroun, les Bamiléké, qui pratique le culte des divinités et des ancêtres et accorde une place de choix aux morts, ont été assisté par BBC Afrique.

Le contact avec le crâne d’un défunt est considéré par ce peuple d’Afrique centrale venant du Cameroun, comme une manière d’entrer en contact spirituellement avec les morts. Il est essentiel d’entretenir les crânes humains des morts selon les Bamiléké, afin d’éviter l’infertilité, la maladie, la colère des esprits et même la mort.

Même si l’Église catholique accorde son respect aux coutumes des Bamilékés, elle condamne tout de même les prières sur les crânes des défunts. Les prédicateurs des Saintes Écritures tentent dans leurs pédagogies religieuses d’établir la juste frontière entre les croyances judéo-chrétiennes et les coutumes ancestrales en pays Bamiléké. La Bible est servie comme référence par certains membres de la communauté Bamiléké pour justifier ces pratiques funéraires durant lesquels l’ exhumation des crânes des morts est exécutée.

L’héritier d’une grande famille de la lignée des serviteurs du roi dans les Hauts-Plateaux, des Baham, Tchidjo Joseph a expliqué que Joseph, exilé en Égypte a recommandé dans la Bible que ses restes soient restitués à son pays d’origine, à Canaan, après sa mort.

Ernest, le notable à la cour royale de Bangou, alias Dzue a souligné que la famille pourrait creuser si le défunt n’avait pas été un grand magicien. Par contre, s’il était une figure importante, les premiers coups de pioche doivent être donnés par un initié.

Les erreurs médicales causent 250 000 morts par an aux États-Unis

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Illustration erreur médicale

Aux États-Unis, des deux chercheurs ont recensé pas moins de 250 000 morts causés par des erreurs médicales, qui seraient également la troisième cause du décès après les maladies cardiovasculaires et le cancer.

La revue BMJ (British Medical Journal) qui a publié ces résultats qui font froid au dos, assure que derrière les maladies cardiovasculaires et le cancer, la 3e cause du décès aux États-Unis serait les erreurs médicales. Chaque année, pas moins de 200.000 personnes sont mortes des suites d’une erreur médicale selon toujours l’estimation des deux experts.

Les raisons sont nombreuses, si on ne cite que les problèmes de communications, les soins fragmentés, les surdoses de médicaments, les complications évitables ou encore les erreurs de diagnostic, qui seraient plus mortels que le paludisme et le sida réunis en Afrique. Même si ces chiffres ne sont pas encore officiels, le nombre de morts liés aux erreurs médicales touche aux États-Unis dans les environs de 200 000 à 400 000 personnes hospitalisées. Ils jugent que les 250 000 cas recensés sont en dessous de la réalité, car ne concernent que ceux qui sont morts à l’hôpital, un résultat qui exclut pourtant 2014  à ce jour, car basé sur les études de l’ensemble des hospitalisations répertoriées de 1999 à 2013.

Les deux chercheurs de la Johns Hopkins University School of Medecine de Baltimore, Michael Daniel et Martin Makary  sont sortis suite à cette étude, un taux moyen imputable aux erreurs médicales, de 251 454 morts par an.

Cette étude qui mérite d’être reconnue non seulement aux États-Unis, mais également en France doit considérer les problèmes de santé méconnue. L’association de défense de patients victimes d’erreurs ou accidents médicaux a rapporté l’année dernière qu’en France, environ 25 000 personnes meurent des suites d’un accident médicamenteux

Pour réduire les conséquences et la fréquence des erreurs médicales, le moment est donc venu, selon les deux auteurs de cette recherche, de mettre en place certaines mesures. Ils proposent par exemple de faire figurer les motifs réels du décès dans le certificat de décès, si ceux-ci sont imputables aux soins pratiqués et donc à des erreurs médicales, sur les défunts avant leurs morts.