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Une seule mort, mais de plus en plus de causes

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Foi de démographe, quoi de plus passionnant que l’étude des certificats de décès. Une étude de l’Institut national Ined, publiée dans la revue Population & Sociétés de juin, a épluché ceux de 2011 pour scruter les causes de ces morts. Et les Français décèdent de 2,4 causes en moyenne.

Car on disparaît rarement d’une seule maladie. Et c’est d’autant plus vrai que l’âge avance. Ainsi, un quart des 65-79 ans décédés cette année-là ont vu figurer quatre mentions sur leur certificat. Un enchainement de pathologies menant à la fin. Des complications successives qu’ont trouve plus rarement chez les « jeunes morts ». De manière plus anecdotique, la revue cite le cas d’un certificat mentionnant 20 motifs de mortalité dans un seul cas.

C’est ainsi que des hémorragies peuvent naître d’une première maladie, par exemple. Ou qu’un facteur endocrinien ou nutritionnel peut se combiner à autre chose. Ou qu’un diabète peut se compliquer. Un cocktail plus sophistiqué qu’il n’y paraît, que les démographes doivent prendre en compte au-delà de la seule cause de décès initiale, dans les études sur la mortalité et l’espérance de vie.

Ce type d’observations a son intérêt. On sait ainsi que l’espérance de vie a avancé en France notamment grâce au recul des cancers et des maladies cardiovasculaires. C’est aussi parce type d’études que le système de santé peut améliorer toujours mieux la prise en charge des soins avant la mort.

2060 : presque 12 millions de Français à plus de 75 ans

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La France vieillit, on le sait, et a compté en 2015 quelques 600.000 décès, la pire mortalité depuis la Libération. Mais à quoi ressemblerait la population en 2060 ? En 2010, l’Insee (Institut national de la statistique) publiait ses plans sur la comète, qui commencent à se vérifier. C’est ce qui ressort des « Tableaux de l’économie française  » édition 2016.

Les prévisionnistes, s’appuyant sur les tendances lourdes, prenaient leur envol en 2007. Ils calculaient une population générale de Français en métropole à 73,6 millions d’habitants au 1er janvier 2060, soit 11,8 millions de plus. En 2015, nous étions sur cette courbe.

Un Français sur trois aurait plus de 60 ans, correspondant au passage des générations du baby boom tant vantées dans les entreprises de pompes funèbres. Avec un ralentissement toutefois sur la période 2035-2060. Par rapport à la situation en 2007, c’est 10 millions de personnes sexagénaires voire plus supplémentaires. Les plus de 75 ans verraient leur nombre doubler, à 11.9 millions. Celui des plus de 85 ans s’établirait à 5.4 millions d’individus.

Conséquence : il vivait en Métropole 15.000 centenaires en 2009 (neuf sur dix sont des femmes), soit treize fois plus qu’en 1970. Ils pourraient être au moins 200.000 en 2060.

Autant dire, à écouter l’Insee : le nombre de décès augmentera fortement. Toutefois, plusieurs scénarios d’espérance de vie se dessinent, qui font varier le résultat de plus ou moins cinq années, et nécessitent un petit ajustement du nombre des plus de 60 ans. La fécondité par femme et les migrations sont elles aussi des variables qui peuvent légèrement faire varier les courbes, plus ou moins optimistes.

 

Démographie : 600.000 morts en France l’an dernier

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La canicule de juillet

C’est historique. L’an dernier, la France a connu sa pire mortalité depuis la Seconde guerre mondiale. 600.000 morts en 2015, soit une hausse de 7,3% des décès en un an. Voilà ce que précise l’Insee dans son dernier bilan démographique, présenté hier mardi.

Le pays vieillit, et ses 66,6 millions d’habitants avec. Le solde naturel s’est rétréci sous l’effet conjugué de nouveau-nés moins nombreux et de morts plus abondants. Selon l’Institut de la statistique, ces derniers sont le reflet d’une population qui voit le volume de ses plus de 65 ans augmenter, tout comme le taux de mortalités après 65 ans. Cette tranche d’âge représentait 18.8% des Français au 1er janvier 2016.

Funéraire Info a relaté tout au long de l’année dernière les épisodes sanitaires successifs qui ont aussi joué, amplifiant le phénomène. Trois principalement. Il y a d’abord eu la grippe du premier trimestre. Puis la canicule de juillet. Et enfin une vague de froid en octobre. Sale temps.

Du coup, l’espérance de vie à la naissance recule nettement. Un enfant né en 2015 en France vivra en moyenne 85 ans (une femme) ou 78,9 ans (un homme) avant de croiser la route d’un entrepreneur de pompes funèbres, et d’avoir à faire ces difficiles choix : cercueil en bois ou en carton ? Inhumation ou crémation ? Un indépendant, PFG ou Pascal Leclerc ?

Toutefois, prévient l’Insee, il faut relativiser. Ce coup d’arrêt dans l’espérance de vie n’est qu’un épisode (comme en 2003 et 2012), pas très significatif. En effet, la tendance est à la hausse constante depuis vingt ans.

Démographie : moins de morts en 2014

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Globalement, le nombre de décès en France augmente depuis 2006. L’effet du vieillissement de la population. L’Insee a relevé toutefois pour 2014 un recul de la mortalité. Epiphénomène ou retournement de tendance ? 559.293 personnes ont cassé leur pipe l’an dernier.

Ce recul se chiffre à 11.000 morts en moins, par rapport à 2013. 2012 et 2013 : deux années de fortes hausses, deux bons crus pour la profession. En moyenne sur l’année 2014, 1.530 personnes ont trépassé chaque jour. La France (qui enregistre un solde positif de sa population pour cause de fortes naissances) craint toujours les ravages de l’hiver, saison funèbre à en croire la statistique. C’est là, entre neige et verglas, que tout s’est joué par rapport aux deux années précédentes, bien plus terribles (150 morts quotidiens supplémentaires) qu’en 2014.

Progrès des soins et de la médecine obligent, notamment en matière de maladies cardiovasculaires, les décès ont lieu désormais à un âge plus avancé aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. En 1950, les décès des hommes étaient les plus nombreux à 74 ans (8.100 décès) et à 78 ans pour les femmes (8.900 décès). L’an passé, ce maximum a été atteint à 87 ans pour les hommes (9.800 décès) et à 92 ans pour les femmes (14.200 décès). Globalement, on décède moins avant 60 ans qu’auparavant. Même tendance pour la mortalité infantile, qui continue de baisser. 2014 a vu mourir 2.500 nourrissons dans leur première année de vie. Treize fois moins qu’en 1950.

Enfin, le sort s’acharne sur les hommes, du moins jusqu’à leurs 80 ans. Une fatalité masculine qui voit ces dames bien mieux portantes jusqu’à cet âge. Mais au fil des ans, l’écart de survie entre les deux sexes se réduit, jusqu’à une quasi-égalité des décès entre femmes et hommes de 80 à 85 ans. Les courbes s’inversent par la suite. Les messieurs survivent davantage que ces dames au grand âge. A 90 ans, il meurt un homme pour deux femmes.  A 100 ans, le rapport est d’un mort pour cinq mortes.