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Revue de presse du jeudi 15 juin 2017

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Orthometals Revue de presse

Dans la presse et sur le web, la revue de presse du funéraire, des pompes funèbres, des crématoriums et des thanatopracteurs. Revivez l’actualité sur Funéraire-info.

Le Monde : Hervé Ghesquière

Le journaliste Hervé Ghesquière, grand reporter à France 3 et à France 2 qui avait notamment été retenu en otage dix-huit mois en Afghanistan, est mort mercredi 14 juin à l’âge de 54 ans, a annoncé le directeur de l’information de France Télévisions, Yannick Letranchant‏, dans un court message publié sur Twitter.

Le Huffington : Orage décès d’un agriculteur

Le corps d’un jeune agriculteur, emporté la veille par les eaux alors qu’il allait secourir une personne âgée, victime des violents orages sur le département, a été retrouvé ce mercredi 14 juin au Brignon en Haute-Loire.

Europe 1 : 32 ans après, l’affaire Grégory

L’affaire Grégory n’est pas terminée. Trois personnes ont été interpellées et une autre entendue mercredi dans le cadre de cette enquête vieille de 33 ans. Le 16 octobre 1984, Grégory Villemin, alors âgé de 4 ans, était retrouvé pieds et poings liés dans la rivière Vologne, dans les Vosges. Depuis, l’enquête judiciaire patine et l’affaire Grégory est devenue l’une des grandes affaires criminelles non résolues du 20ème siècle.

Le Figaro  : la muse des Rolling Stones

Elle était surnommée la «sixième Rolling Stones», tant son influence sur le légendaire groupe de rock fut grande. Mais Anita Pallenberg, décédée ce mardi à l’âge de 73 ans de cause inconnue, fut surtout une égérie magnifique des années soixante-dix, au rythme de ses amours tumultueuses avec Keith Richards et de ses films, emblématiques de la folie libertaire qui marquait la fin des sixties.

Sciences et Avenir : procès Aubier

Combien de décès sont-ils dus à la pollution de l’air? Un sur neuf dans le monde, répond l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors que le pneumologue Michel Aubier est jugé mercredi pour avoir menti sur ses liens avec le groupe pétrolier Total.

L’écho Républicain : deuil collectif

Mercredi 14 juin 2017, juste après l’accident, l’ambiance est électrique à l’hôpital de Dreux. Une foule de gens se précipite dans le sillage de l’ambulance qui conduit Cegua Sissoko aux urgences.

Funéraire Info : le CGCT

Le CGCT, élémentaires sur la partie funéraire

Funéraire Info : Inhumation ou crémation ? quand la famille ne sait pas

Inhumation ou crémation ? Quand la famille ne sait pas

La revue de presse vous est offerte par Orthometals

Nous recyclons les implants orthopédiques et tous les résidus métalliques selon les lois en vigueur. Nous les collectons périodiquement puis nous les transportons dans nos locaux pour les recycler. Nous fournissons gratuitement la logistique pour la collecte et le transport des résidus métalliques et des implants orthopédiques. Les métaux collectés par nos soins dans les crématoriums sont recyclés, et les bénéfices réutilisés pour soutenir des actions humanitaires choisies par nos partenaires.

Deuil collectif : la marche blanche comme élément commémoratif

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marche blanche
crédit photo : rts.ch

La première marche blanche n’a pas eu lieu en France mais en Belgique, elle date de 1996 et de l’affaire Dutroux. Depuis, les marches blanches se multiplient à chaque décès médiatique, notamment après le décès d’un enfant.

Une commémoration rituelle collective

C’est aussi une manière d’exprimer de manière pacifique, ce qui pourrait s’exprimer de manière beaucoup plus virulente car la marche blanche a lieu quelques jours ou quelques semaines après le décès d’un enfant suite à un crime ou une injustice criante et douloureuse. C’est pourquoi les personnes viennent habillées de blanc, symbole de l’enfance, du deuil d’un enfan. Mais c’est aussi et surtout une couleur totalement apolitique pour empêcher une réappropriation d’une affaire de cette manière alors même que paradoxalement, elle rélève d’un fait intime et individuel. Photos, fleurs, familles entières font parties de la panoplie du mouvement de cette marche.

Une notion de justice

C’est aussi une manière d’appuyer le mouvement judiciaire d’une affaire qui transcende les opinions individuelles. La marche est là comme symbole pour se rappeler que ça ne doit pas rester impuni. Le collectif fait également du bien à l’individuel, même si le deuil médiatique est difficile à gérer comme je vous l’expliquais dans mon précédent article sur le sujet, la famille des proches de la victime n’est souvent pas à l’initiative de cette marche. C’est toute une communauté qui s’arrête et qui vient épauler cette famille, car elle se sent aussi concernée, ça pourrait arriver à n’importe qui.

Une inscription temporelle et spatiale

La marche s’inscrit de manière locale, organisée par des proches, une association, voire des élus locaux, c’est un moyen de permettre d’exorciser la douleur commune. Car si la marche est locale, le décès l’est aussi, et l’événement permet de retourner à une vie « normale ».

Un mot quand même sur l’effet à double tranchant d’un tel événement, car le deuil médiatique peut être très compliqué à gérer. Douleurs affichées, impossibilité de retourner à l’intime pour se préserver sont des éléments complexes à prendre en considération, sans parler du fait que le sujet de la mort, non forcément tabou, n’est pas toujours un élément suffisamment fédérateur en soi. Une célébration royale, rassemble plus de personnes qu’une marche blanche.

Si ces marches sont récentes, elles s’inscrivent finalement dans un temps plus ancien où la collectivité et la communauté se resserrent sur elles-mêmes après un évènement aussi douloureux soit-il.

 

Le deuil collectif : première partie, les accidents et catastrophes

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deuil collectif

Le décès d’un être cher bouleverse, on le sait, notre manière d’appréhender le quotidien. Le deuil est personnel à chacun et relève, dans une certaine mesure de l’intime. Mais comment faire lors d’un attentat ou d’un assassinat d’enfants ? De la même manière lors d’un accident d’avion, les deuils sont aussi multiples que le nombre de décès. Comment gérer son deuil lorsqu’il est collectif ?

Le deuil collectif des accidents

Lors d’un décès qui survient des suites d’un accident, le choc prédomine. Des amis sont partis en vacances et leur avion n’atterrira jamais. Votre frère venait vous rendre visite mais il est mort en mer en compagnie de dizaines de personnes. Ce drame est horrible à vivre car il laisse la situation avec des points de suspension. Personne n’est préparé à vivre le décès de quelqu’un de proche et encore moins de cette manière. L’étape de l’acceptation arrive très tard, et celui du choc et du déni, se voient alors renforcés.

C’est ainsi qu’en plus de devoir faire le deuil de notre ami, de notre frère, de notre proche, voilà que l’on entre dans un complexe de double deuil. L’intime et celui collectif de la communauté spectatrice ou participative – les autres familles – de ce deuil. Plus il y a de morts, plus la douleur s’en voit renforcée, plus l’émotion est lourde. En plus de cela, il n’est pas rare de devoir faire le deuil de toute une famille en même temps, car ils étaient ensemble dans l’avion ou en vacances – le tsunami au Japon de 2011.

S’entame alors souvent ce qui s’apparente à un pèlerinage, c’est par exemple ce dont nous avons pu assister suite à la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile ayant eu lieu le 20 janvier 1992 tuant 87 passagers et membres d’équipage d’un Airbus A320 de la compagnie française Air France. En se rendant sur les lieux de l’accident, les personnes commencent tout doucement à réaliser l’impensable. Dans ces cas précis, l’absence de corps rend encore plus difficile l’acceptation. Cette démarche permet d’amorcer le travail de deuil en s’appropriant une partie du voyage de leur proche et de commencer ainsi à redéfinir complètement leur vie.

Au delà du déni, vient vite se confronter la colère. Problème technique ? Responsabilité du pilote ? Comment cela est-il possible ? Comment cela a pu arriver avec toute la technologie dont nous disposons ? Et le fait d’être plusieurs à se sentir incompris sur ces points, soulève souvent un vent de révolte pour obtenir des réponses.

Les larmes publiques

Au delà des étapes particulières auxquelles sont confrontées les proches d’un défunt victime d’un accident qui a entraîné la mort de dizaines de personnes, il y a aussi toute la question éthique et morale sur l’affichage collectif du chagrin.

Comment un père peut-il pleurer sa famille en dehors du champ médiatique ? Face à une telle exposition, les larmes sont parfois retenues, bloquant ainsi le processus de deuil et conduisant malgré eux à un deuil dit « pathologique » que je vous ai décris dans un article consacré. C’est un peu le même problème pour les personnalités qui, elles, sont publiques et célèbres et qui doivent faire face à l’exposition médiatique de leur peine. Parfois les défunts deviennent héros ou martyrs malgré eux et ont le droit à des obsèques grandioses alors même que la famille n’a pas pu encore pleurer son défunt dans l’intimité.

des-proches-des-victimes-du-crash-de-la-germanwings-au-vernet-le-24-juillet-2015 Le deuil collectif : première partie, les accidents et catastrophes
des proches des victimes du crash de la germanwings au vernet le 24 juillet-2015

L’interdiction d’oublier

Entre les anniversaires de décès et les commémorations, la peine est récurrente pour ces familles endeuillées qui peinent à repousser les frontières du chagrin. D’un hommage on arrive souvent à un souvenir trop lourd à porter pour ces individus dont on a oublié que leur oubli est un droit.

Il y a un équilibre délicat à trouver entre d’un côté le réconfort et le soutien que peut apporter le collectif dans ces moments exceptionnels et de l’autre l’intimité et l’ombre d’un deuil qui se veut personnel.

C’est pourquoi tous les rites aussi symboliques soient-ils vont permettrent de gérer au mieux le temps des obsèques. Je pense particulièrement aux veillées spontanées sur le lieu d’un accident, une cérémonie civile collective qui vient compléter une cérémonie intime et individuelle. Lorsque le particulier et l’ensemble s’allient pour le meilleur.