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Canada : Johanne, écolo jusque dans la tombe

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(capture site Journal de Montréal)

Voici une histoire qui aurait illuminé les débats de la récente Cop 21. Celle de la Canadienne Johanne Despatie, une habitante de Gatineau (province de Québec), écologiste jusque dans la tombe. A force de persuasion, elle a même inauguré une tombe « verte » au cimetière local.

La dame avait pleinement conscience de l’empreinte que nous laissons sur la planète. De son vivant déjà, raconte hier dimanche le Journal de Montréal, elle veillait à nuire le moins possible à l’environnement. Sa sœur Suzanne rappelle qu’elle entretenait son compost, qu’elle recyclait ses déchets, qu’elle favorisait la récupération des objets. Quand elle devait imprimer une feuille, elle la conservait pour écrire plus tard sur l’autre face. Dès que possible, elle favorisait les documents et factures électroniques.

Aussi, dès qu’elle s’est sue atteinte d’un cancer en phase terminale à l’âge de 57 ans, elle s’est préoccupée de ses futures obsèques. L’occasion d’un ultime geste pour la planète. Avec sa force de conviction, elle a d’abord persuadé un responsable du cimetière Saint-Alexandre de créer une section écologique. Un petit coin entre les arbres où la pollution serait limitée, sans fondations, avec des pierres tombales naturelles, sans corps embaumés au formol. Pour elle, elle s’est choisi un cercueil en pin sans colle ni clou.

Un an après qu’elle ait rendu l’âme, le 21 janvier 2015, Johanne Despatie repose encore seule dans sa parcelle écolo. Une dizaines de places y sont prévues, pour commencer. Ses proches se disent prêts à la rejoindre à l’heure dite. Bien entendu, il a fallu employer une pelle mécanique pour creuser la tombe. Mais une pollution moindre, dit sa sœur, qu’un four à crémation.

Au Canada, où une certification « responsable » existe, cercueils ou urnes y prétendant ne doivent pas contenir de produits toxiques, de plastique, d’acrylique. Les matériaux ayant servi à la fabrication ne doivent pas avoir parcouru plus de 4.800 kilomètres. Cette fabrication doit suivre des règles écologiques et durables à partir de matériaux organiques certifiés ou recyclés. Pour l’embaumement, il y existe des produits certifiés « verts » composés d’huiles essentielles, non toxiques et biodégradables.

Écologie : comment mettre les pompes funèbres au vert ?

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Mais au fait, on parle de la COP 21, d’écologie, et chez vous, vous êtes exemplaires, mais au travail ? Petites astuces pour sauver le monde en s’amusant aux pompes funèbres.
Écologie et économie

Préserver l’environnement au travail est, curieusement, un réflexe difficile à acquérir. Une assistante funéraire croisée dans une agence, qui, chez elle, selon ses dires, faisait de l’écologie un mode de vie, gaspillait à son bureau moult papiers et fournitures. Lorsqu’on lui en demandait la raison, elle rétorquait : « A quoi bon, dans cette boîte, personne ne fait rien ». Il est vrai que si certaines sociétés commencent à sensibiliser leurs employés, d’autres négligent encore le sujet.

Pourtant, comme nous allons le voir, écologie peut rimer avec économie. Économie rime avec réduction des coûts, augmentation des bénéfices… et donc de l’intéressement de fin d’année pour ceux qui en ont. Pour ceux qui n’en ont pas, un abaissement des coûts favorise la négociation salariale.

Ensuite, si personne ne le fait, c’est sans doute… parce que personne ne le fait. L’exemplarité discrète est diaboliquement efficace. Vous voir vous échiner à préserver l’environnement sans rien dire vous posera en leader d’opinion, et vos collègues vous emboîteront le pas. Sauf si vous débarquez avec des argumentaires fracassants et des tracts : là, vous passerez pour un raseur.

Enfin, parce que la planète a besoin d’être préservée. Le jour ou elle sera inutilisable, ce sera très bon pour les affaires des pompes funèbres, mais vous ne pourrez pas en profiter, parce que vous aussi, vous serez mort. C’est ballot.

Le papier double face

Invention assez extraordinaire, la feuille de papier a une propriété qui semble être un peu méconnue : on peut y écrire des deux côtés. D’accord, le truc est connu : récupérer des vieux papiers imprimés d’un côté pour en faire des brouillons. Mais pas seulement.

Prenez les accusés de réception des fax que vous avez envoyé, et que vous joignez, fidèle et scrupuleux lecteur de Funéraire Info, à votre dossier. Première question : pouvez-vous les imprimer des deux côtés ? Si oui, la question ne se pose pas, faites-le. Si non… Vous ne pouvez pas décemment en faire un brouillon, si ? En fait, rien ne vous empêche d’écrire au dos de ces feuilles le plan, par exemple, de la cérémonie civile que la famille vous a demandé.

Bon, plus efficace : achetez un modem de télécopie. Pour moins de vingt euros, vous recevrez vos faxs sur votre ordinateur, et choisirez d’imprimer (en double face) seulement ceux qui importent. Lorsque vous considérez les piles de fax publicitaires qui emplissent la corbeille chaque matin, vous réaliserez rapidement l’économie de papier réalisée en un an.

Un mug sinon rien

Quel est le point commun entre les animaux de la savane et les croque-morts dans une agence de pompes funèbres ? Régulièrement, ils convergent vers les points d’hydratation, qui sont soit un point d’eau, soit une machine à café.

Examinez la poubelle à côté de la machine à café : elle est pleine de gobelets en plastique. De même, sans doute, que la majorité des corbeilles à papier de l’agence. Ce qui signifie deux choses, pragmatiquement : que vous produisez beaucoup de déchets, d’une part, et que lorsqu’il n’y a plus de gobelets en plastique, vous êtes bien embêtés.

Pour les pauses-café, pourquoi ne pas opter pour les mugs ? Ces tasses fantaisie sont réutilisables, c’est bon pour la planète et personnalisables, c’est l’occasion d’apporter un peu de décontraction au bureau. Elles impliquent un peu de vaisselle, mais un petit nettoyage du soir prend une poignée de secondes.

Bien sûr, pour des questions pratiques et d’hygiène, les familles se verront proposer des gobelets jetables, mais j’attire votre attention que le carton se recycle plus facilement que le plastique, et qu’un comparatif des offres sur les sites des principaux fournisseurs de ce type d’accessoire montre une différence de prix de 0,03 centimes l’unité. Le carton est légèrement plus cher, mais la différence de coût devrait être, sinon annulée, du moins atténuée par la baisse de consommation due aux mugs.

Le bon sens

Mais, si cet article s’est consacré sur deux points de détails de la vie en agence, le travail dans le funéraire est bien plus varié et diversifié que ce qui est présenté ici, que ce soit en terme de matériel utilisé que d’endroits ou exercer sa profession. Aussi, pour commencer dès maintenant à sauver la planète, il vous faudra vous munir de quelques accessoires : débrouillardise, esprit d’analyse, sens pratique. En somme, devenir un vrai écologiste ne devrait poser aucune difficulté à un professionnel du funéraire chez qui ces qualités sont déjà sollicitées au quotidien.

Composter les défunts : un projet sort de terre

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Katrina Spade

Composter le corps humain à l’instar d’un vulgaire fruit, pour fertiliser les sols : certes, la place manque dans les cimetières. Mais notre élan écologiste ira-t-il jusqu’à ce point ? Plusieurs projets sortent de terre, allant dans ce sens.

« Funéraire Info » évoquait en mars l’idée de deux designers italiens : enfermer les corps dans des linceuls-cocons, et planter un arbre au dessus. Le cimetière devient une « forêt du souvenir ». Une sorte de réincarnation laïque allant dans le sens du cycle naturel.

La Suédoise Susanne Wiigh-Masak a sa variante. Cette biologiste a créé en 2001 une société, baptisée Promessa. Son crédo : enterrer (dans un petit cercueil biodégradable bien sûr) non plus un corps, mais une réduction. Le défunt est d’abord congelé dans de l’azote liquide. Devenu très cassant, il est brisé en fins morceaux, puis mis à sécher et filtré pour retenir les résidus de métaux par exemple. Le sol assimile ensuite rapidement ces restes humains. La Suédoise ne composte pas, à proprement parler.

Une Américaine le fait pour elle. Katrina Spade, architecte de Seattle, mène depuis l’an dernier le projet «Urban Death », qui se veut une alternative urbaine à l’enterrement et l’incinération.  Au cœur de son idée : la construction d’un bâtiment à compost. Le corps est placé dans un mélange de copeaux de bois, de paille et d’autres éléments organiques. Au bout du processus, il n’est plus que du terreau qui ira nourrir les plantations. Aux Etats-Unis, on composte déjà des animaux morts trouvés au bord des routes.

Le projet n’est encore qu’au stade du test, fait sur le corps d’une vieille femme. Selon le journal « New York Times », la technique de décomposition doit encore être améliorée. Katrina Spade insiste sur les bienfaits environnementaux : rien qu’aux Etats-Unis, 600.000 km de planches de bois, 1,6 million de tonnes de béton et 3,7 millions de litres de produits d’embaumements sont enterrés dans les cimetières, explique t-elle dans la presse. Elle espère voir les rites funéraires changer, et son projet opérationnel dans deux ans.

Un nouveau fluide de thanatopraxie bio ?

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Un nouveau liquide destiné aux soins de conservation s’apprête à faire une entrée fracassante sur le marché. Sa particularité ? C’est le premier fluide bio.
Une invention révolutionnaire

Cela fait longtemps qu’un liquide de conservation sans formaldéhydes, entièrement végétal, bio et sans OGM est en cours de recherches dans les labos des principaux producteurs. C’est un laboratoire franco-anglais, UBCS, spécialisé dans la sous-traitance chimique et désireux d’investir des marchés d’avenir, qui a le premier décroché le Graal.

Nous avons pu interroger Ozwell E. Spencer, directeur de la filiale technologie nouvelles d’UBCS. Le quadragénaire ne cache pas sa satisfaction « C’est un liquide entièrement biologique, exploitant les qualités naturelles de végétaux très connus. » peut-on en savoir un peu plus ?

Un bouillon de culture

« l’idée », explique Ozwell Spencer « a été d’étudier les effets des végétaux sur des corps morts. Jusqu’à présent, vous serez certainement d’accord avec moi, les recherches portent sur les interactions du vivant et du végétal, mais rien n’a été fait, à notre connaissance, sur ce qui se passe après le décès. Et nous avons obtenu des résultats, avec deux végétaux surprenants, la betterave rouge et le navet ».

Betterave et navet ? « Absolument. La betterave contient des composés phénoliques, dont les flavonoïdes, connus pour leur effet antioxydant sur le vivant. Ce dont nous nous doutions, et que nous avons vérifié en laboratoire, est que les antioxydants peuvent devenir des conservateurs très efficace. La betterave est l’un des rares végétaux qui contiennent des bétalaïnes. Les bétalaïnes demeurent stables après extraction et injection, sans perte significative de leurs propriétés antioxydantes et leur biodisponibilité serait élevée »  et, dernier avantage, « la pigmentation de la betterave peut, habilement utilisée, servir de colorant naturel pour atténuer la pâleur des défunts ».

Du jus de navet dans les veines ?

Plus surprenant encore est la présence de navet. « le navet ne sert pas qu’à faire de bonnes soupes » plaisante Ozwell Spencer « Une récente étude a noté que les feuilles de navet renfermaient une quantité élevée de flavonoïdes, une grande famille d’antioxydants : cette quantité serait même de trois à dix fois plus élevée que dans la plupart des autres crucifères. Parmi ces flavonoïdes, les chercheurs ont principalement retrouvé des dérivés de l’isorhamnetine, qu’on ne retrouve pas dans plusieurs autres crucifères. Des études sur l’isorhamnetine issue d’autres végétaux (feuilles de moutarde, ginkgo biloba) ont démontré in vitro et chez l’animal certains bienfaits, la réduction de l’activité d’enzymes liés à la décomposition. »

Phase de commercialisation

Les tests ont été effectués et validés dans le plus grand secret dans le laboratoire de l’UBCS situé à Brazel, au Nouveau-Mexique. Le produit devrait entrer dans une phase de commercialisation début 2016. « Nous seront les premiers à disposer d’un double agrément du ministère de la Santé et du ministère de l’écologie. Madame Cécile Duflot nous a fait l’honneur d’assister à un test réalisé sur un porc, dont le patrimoine génétique est, vous le savez, très proche de l’homme, et est repartie un peu malade mais franchement convaincue. ».

Le fluide sera commercialisé sous quel nom ? « Le marketing y travaille. Son nom de code est Navbet 42, peut être allons nous le garder. »

Appel à testeurs

Des tests ont été réalisés sur des corps humains. C’est sur l’injection que le laboratoire se penche maintenant. « Nous allons lancer une phase de bêta-test in situ, avec l’autorisation des ministères concernés. N’ayant pas de contacts privilégiés dans le milieu du funéraire en France, nous vous avons contacté, Funéraire Info, pour recruter des volontaires, et nous vous en remercions. »

En effet, Funéraire info se fait l’intermédiaire de cette initiative. Si vous êtes thanatopracteur, avec minimum cinq ans d’expérience, vous pouvez faire partie des testeurs. Contactez Funéraire info, qui transmettra.

Guillaume Bailly

Vous pouvez postuler pour le bêta-test en nous contactant ici : funeraire.info@gmail.com

Ils transforment les cimetières en forêts

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Vieux routiers du funéraire écologique, les designers italiens Anna Citelli et Raoul  Bretzel refont surface ces jours-ci au détour d’un emballement médiatique avec leur projet de « bois sacré » : enterrer les défunts dans des poches au dessous d’arbres plantés.

L’idée, qu’ils tentent de promouvoir depuis une dizaine d’année, est séduisante et quasi-mystique. La poussière redevient poussière. L’homme, parcelle de la nature, retourne à la nature. Le corps d’un défunt est enfermé en position fœtale dans une capsule en forme d’œuf, en amidon biodégradable. Au dessus de lui, un arbre est planté, dont l’essence a été choisie de son vivant. Le corps va servir à nourrir cet arbre, à le faire vivre. Il va se fondre avec le végétal, en une sorte de renaissance, quasiment de réincarnation.

Raoul-Bretzel-243x300 Ils transforment les cimetières en forêts
(photo capture site Capsula Mundi)

Ce projet baptisé  « Capsula Mundi » fait l’économie du cercueil, et du bois utilisé à le façonner. Il supprime aussi la question très aigue de l’espace insuffisant des cimetières surpeuplés. A la place pourraient se constituer des parcs commémoratifs, des « bois sacrés » comme le disent les deux designers. Les proches visiteraient alors un arbre et non plus une pierre tombale.

Pour l’heure, la législation italienne ne permet pas cette pratique funéraire.

Anna Citelli, qui vit à Milan, conçoit des campagnes de publicités, des stands pour salons, et expose dans des rendez-vous internationaux consacrés au design. Le Romain Raoul Bretzel, lui, bientôt quinquagénaire, architecte et conservateur du patrimoine, s’intéresse aux relations entre l’art et le design, notamment industriel. Il organise des expositions, publie dans des revues spécialisées et s’intéresse depuis longtemps à l’intégration des objets dans la nature.

 

PAYS-BAS • Tout se recycle, même les prothèses de mémé | Courrier international

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Une entreprise néerlandaise, Orthometals,  récupère et trie les restes de métal des défunts (prothèses, dents, plaques, …) après la crémation des corps. Aussi étonnante soit-elle, cette activité, en sus de son caractère écologique, a aussi le mérite de briser le tabou de la mort dans les sociétés occidentales.

2704-FALCO-wm PAYS-BAS • Tout se recycle, même les prothèses de mémé | Courrier international

via PAYS-BAS • Tout se recycle, même les prothèses de mémé | Courrier international.