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Mauvaise journée : elle se réveille à la morgue avant de mourir à nouveau

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morgue mort

La famille de Rathnam, une femme de 51 ans, habitante de Kerala, en Inde, a reçu le choc de leur vie quand la défunte s’est avérée bel et bien vivante. C’est après avoir passé une heure à la morgue de l’hôpital que la famille l’infortunée a constaté l’erreur.

De vie à trépas…

Il faut dire à la décharge du corps médical que Rathnam était gravement malade et était traitée pour la jaunisse, une maladie du foie, et un dysfonctionnement rénal dans un hôpital universitaire de Madurai depuis deux, selon le journal « la Chronique de Deccan ».

Placée sous assistance respiratoire, les médecins l’avaient déclarée condamnée, à court terme, sans trop prendre de risques. Ses proches avaient alors décidé de l’hospitaliser à domicile, avec un suivi de soins palliatifs, afin qu’elle puisse mourir chez elle.

Mercredi dernier, le 6 septembre, sa famille constaté qu’elle ne respirait plus. Ils ont alors contacté l’hôpital, qui a envoyé une ambulance, pour la transférer à la morgue du secteur.

De trépas à la vie

Le temps de prévenir quelques proches, et la famille, une heure plus tard, la défunte s’est retrouvée à la morgue locale, pour une cérémonie d’hommage, comme le veut la coutume en Inde. Rapidement, un doute s’est fait jour : pour un défunt, la morte était très agitée et respirait bruyamment.

La famille a alors prévenu les autorités, et, quelques instants plus tard, une patrouille de police s’est rendue sur les lieux. Bien que n’ayant pas fait d’études de médecine, les policiers ont déclaré sans ambages que la morte était bien vivante. La ressuscitée a été transférée en urgence à l’Hôpital St John.

Les policiers, curieux de nature, sinon ils ne seraient pas de bons policiers, se sont alors mis à farfouiller un peu partout et à poser des questions, avec d’autant moins de gêne qu’ils n’importunaient plus une famille en deuil, désormais. Il s’est avéré que l’hôpital a ordonné le transfert du corps vers la morgue sans qu’aucun médecin ne soit venu, au préalable, constater le décès.

Un sursis de courte durée

Quand à l’infortunée, elle a malheureusement peu profité de ce répit inespéré : elle est décédée à nouveau dans la soirée. Oui décédée à nouveau, jamais je n’aurais cru écrire ça un jour. Définitivement, cette fois-ci, les médecins ont vérifié deux fois.

L’article original, en anglais, est à lire ici. Mais le nôtre est meilleur.

Cérémonie : lire en public, le regard droit devant

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lire en public

Si vous travaillez dans les pompes funèbres, c’est que vous savez lire, très vraisemblablement, nous considérerons ceci comme acquis. Mais savez-vous lire en public, à haute et intelligible voix ? « Évidemment », rétorquerez vous. Mais, à voir certains Maîtres de Cérémonies, j’en doute parfois.

Lire en public, un art oublié

Vous avez l’impression de lire ce texte à la perfection. Les yeux rivés sur la feuille, vous marquez l’intonation à chaque ponctuation, à chaque virgule, vous prononcez parfaitement chaque mot. Vous êtes bons.

La famille regarde le Maître de Cérémonie, tête baissée, les yeux rivés sur son texte. Ceux qui ont la chance d’être assez près ne comprennent de toute façon rien à ce marmonnement, et le sommet du crâne du Maître de Cérémonies, moins accrocheur que son regard, ne les incite pas à écouter. Ils sont déçus.

Le problème, c’est quand ces deux situations sont la même simplement considérée de deux points de vue différents.

Se préparer

La première chose avant de lire un texte en cérémonie, et de commencer une cérémonie tout court, c’est de prendre le temps de se préparer. Prenez quelques minutes seul, faites semblant de farfouiller des papiers sur le pupitre, prenez l’air occupé ou allez vous réfugier dans un endroit peu fréquenté, peu importe. Prenez le temps de vous concentrer.

Regardez sans voir

Votre regard est important, parce qu’il capte l’attention du public et vous fournit des informations sur les réactions de l’assistance. Mais si votre regard est puissant, ceux de l’assistance le sont aussi. Evitez ceux qui peuvent vous déstabiliser.

Essayez de balayer la salle du regard, ni trop vite, ni trop lentement. Vous ne capterez aucun regard assez longtemps parmi la multitude, mais toutes les personnes de la salle auront l’impression que vous les regardez droit dans les yeux tour à tour. Vous dégagerez une impression de sérénité et de franchise rassurante sans aucun effort.

Posez votre voix

Il ne faut surtout pas crier, mais il faut parler fort. Adressez-vous constamment à une personne assise au dernier rang. Et surtout, utilisez le micro, en parlant bien en face.

N’hésitez pas à faire des tests avant la cérémonie. Et, une fois celle-ci commencée, faites un ultime teste de fonctionnement, avec un porteur situé au fond de la salle qui vous adressera un signe convenu s’il vous entend convenablement.

Pas « 1, 2, 1, 2, test », bien évidemment. Vous êtes à une cérémonie d’obsèques. Une astuce, demandez à l’assistance de vérifier que les téléphones portables sont bien éteints. S’il y a un cafouillage à ce moment là, personne ne vous en voudra.

Lisez les textes

Pour la lecture du texte proprement dit, commencez par vous débrouiller pour lire TOUS les textes avant la cérémonie. Y compris ceux que vous n’êtes pas censée lire. Croyez-moi sur parole : la première fois que vous devez prendre le relais d’un membre de la famille qui s’est effondré pendant sa lecture, et que vous découvrirez que vous êtes censé lire une feuille couverte de pattes de mouches illisible, ça vous fera drôle.

Évidemment, on n’est pas à l’abri d’une surprise, d’une lecture imprévue au dernier moment. Il faudra se débrouiller. Mais c’est ce qui fait la saveur inimitable de notre métier, non ?

Apprenez par coeur

Ce qu’il faut parvenir à faire, c’est réussir à lire rapidement et retenir les phrases pendant les intervalles. Techniquement, vous ne devez pas lire le texte, vous devez réciter par coeur au micro le bout de texte que vous avez lu et appris par coeur la seconde d’avant. Mettez à profit les silences, les points, les virgules, pour cela, en faisant en sorte que ce ne soit pas syncopé.

C’est une technique, ça demande de l’apprentissage, beaucoup de travail. Mais elle vous servira toute votre carrière, et vous l’affinerez sans cesse.

Gardez bien en tête une chose : vous lisez pour les gens, alors regardez les. Vous ne lisez pas pour la feuille : elle, elle est déjà au courant, et elle s’en fout royalement.

Devis de pompes funèbres : on a trouvé l’horreur de l’année

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devis pompes funèbres
Exemple de devis inacceptable

C’est un devis qui nous a été envoyés par un lecteur, et qui nous a fait tomber de nos chaises. Un devis tout compris, ou tout inclus, all inclusive, open bar, buffet à volonté. Précisons qu’il est émis par une pompe funèbre qui a pignon sur rue, un numéro d’habilitation, rédigé par un conseiller funéraire diplômé, etc. Je n’aurai jamais cru écrire ça un jour, mais : rappel du basique des basiques.

Un article difficile

C’est, curieusement, l’article le plus difficile que j’aie jamais eu à écrire, parce qu’il énonce des choses tellement évidentes, à des lecteurs professionnels du funéraire pour qui c’est la base, que je ne sais même pas par où commencer. Par le début ?

Une pompe funèbre, en matière tarifaire, vis à vis de la famille, doit fournir trois documents distincts : un devis, un bon de commande, une facture. Exceptionnellement, il peut être toléré que commande et facture se confondent, mais considérons ceci : une pompe funèbre qui réalise un convoi doit avoir en sa possession un devis et une commande signés de la main de la famille. Ces deux documents doivent être distincts et identiques.

Deux documents, devis et commande, distincts et identiques. Et détaillés : la famille doit connaître chaque prestation et, c’est important, son prix. Même dans le cas d’une offre globale, type « Convoi tout compris à 2500 euros », chaque poste doit être détaillé et le prix de chaque prestation doit être stipulé.

Ce qu’en dit la DGCCRF

Une simple consultation du site de la DGCCFR s’avère instructive. « Toute entreprise de pompes funèbres est dans l’obligation de vous remettre un devis gratuit écrit, détaillé et standardisé. »

Le lecteur attentif aura noté que le mot détaillé est écrit en gras.

Toujours sur le site de la DGCCRF, il est écrit : « Avant l’établissement de ce devis, n’hésitez pas à consulter la documentation générale de l’entreprise où doivent figurer les prix de chaque fourniture et prestation avec la mention de leur caractère obligatoire ou facultatif. La réglementation exige en effet que cette documentation soit constamment présentée à la vue de la clientèle et consultable par elle. ». Nul besoin de commentaires.

Il conviendra également de garder un œil attentif sur « l’Arrêté du 23 août 2010 portant définition du modèle de devis applicable aux prestations fournies par les opérateurs funéraires » qui impose un devis et des prestation basiques-type à chaque société, afin que la famille puisse comparer, à prestations équivalentes, les prix.

Trop gentil

Le lecteur qui nous a envoyé ce devis, dont vous aurez compris, à la lecture de ce qui précède, qu’il est complètement hors-sujet, tient la vie de son concurrent entre ses mains.

En effet, un devis de ce genre suffit amplement à déclencher un contrôle des fraudes, une multiplicité de devis de ce type suffit amplement à justifier un rapport de ces dernières à la préfecture, et un rapport suffit amplement à faire révoquer l’habilitation.

Bref, gardez en tête (et franchement, je vous aime bien, parce que je me sent vraiment idiot d’écrire ça, tellement ça paraît évident) que les pompes funèbres sont un métier réglementé, qu’en terme de communication et d’offre commerciale, on n’y fait pas ce qu’on veut.

Un devis, c’est un devis, il doit être détaillé, et identique au bon de commande et à la facture. Point à la ligne.

Perles d’enterrement et humour noir : les anecdotes irracontables

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anecdotes irracontables

Il y a les anecdotes de pompes funèbres qu’on se raconte et qu’on raconte aux proches. Il y en a même qui en font des livres. Mais il y a aussi les autres, les anecdotes irracontables, les un peu honteuses, qu’on ne se raconte qu’entre soi, parce que l’humour, dans le funéraire, c’est comme le café, on le préfère noir et sans sucre.

« Une formation de secouriste pour les équipes de convoi ? Pour quoi faire ? Si le toubib a fait un mauvais diagnostic, c’est son problème, pas le nôtre ».

« Non, franchement, une formation de secouriste, dans les pompes funèbres, j’y suis opposé. C’est contre-productif. »

« Les progrès de la médecine ? Et ils y pensent, au petit commerce de proximité ? »

« T’as connu le père Chombier ? Il a habité toute sa vie en face du cimetière. Maintenant, il habite en face de chez lui ».

« Il ne faut pas mélanger travail et plaisir : ‘’On ne couche jamais avec un client’’, dans les pompes funèbres, crois-moi, ça prend tout son sens. »

(Le vieux formateur, entrant dans la salle ou attendent les futurs porteurs) « Bon, ici, pendant les formations, on écoute, on est attentifs, pas comme à l’école. Je dis ça, parce qu’il y en a beaucoup, qui n’ont pas compris pourquoi ils sont obligés de faire ce métier, maintenant. »

A la salle de pose, le matin « Houla, ils ont eu une dure nuit, les gars, on va avoir du convoi, cette semaine.
– A quoi tu vois ça ?
– Un mec que l’équipe de permanence a confondu son gobelet de café avec celui qui sert de cendrier. Deux fois. »

(Le petit-fils de la défunte, durant la réception de famille) « Vous savez, si vous nous racontez n’importe quoi, je le saurais, j’ai vu tous les épisodes de Six feet under ».
(Le conseiller funéraire, avec un regard noir) « Oui, et bien moi, j’ai vu tous les épisodes de Dexter ».
(Michael C Hall est le héros de ces deux séries, il joue un croque-morts dans Six Feet Under et un tueur en série dans Dexter).

Le veuf, à la thanatopractrice qui lui demande des vêtements pour habiller sa défunte épouse « Vous ne m’avez pas demandé de sous-vêtements. Vous n’avez peut être pas l’habitude d’en mettre ? »

« Je suis venu les mains vide. Après tout, on fait des cadeaux à la naissance, mais le bébé s’en fout, c’est la famille qui est contente. Pareil, on amène des fleurs aux enterrements, mais le défunt s’en fout, et sa famille, ben je les aime pas. »

Détournement de famille aux PF : où est la courtoisie professionnelle ?

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pf Dancoisne détournement de famille

C’est une mésaventure bien désagréable qui est arrivée à un professionnel du funéraire cette semaine : alors qu’il avait contacté un confrère pour une prise en charge de corps, loin de chez lui, il a purement et simplement assisté à un détournement de famille par l’indélicat. S’il relativise la gravité des choses, ce professionnel s’interroge sur les principes et la courtoisie professionnelle.

Détournement de clientèle

Tout a commencé, pourtant, comme une prise en charge ordinaire : une famille, un peu perdue, appelle une pompe funèbre. Il faut prendre en charge une défunte et organiser les obsèques à distance.

La famille contacte donc Alexandre Dancoisne, des pompes funèbres du même nom, à Templeuve-en-Pévèle dans le Nord.

Une partie du convoi doit se dérouler dans le Sud Ouest. Membre du réseau Le Choix Funéraire, l’entrepreneur s’aperçoit qu’il n’y a pas d’agence du réseau à moins de 80 kilomètres « Comme pour tous les réseaux, il y a quelques zones blanches sur la carte, et s’en était une ». Une autre pompe funèbre indépendante se trouve néanmoins à proximité, que Monsieur Dancoisne contacte. Les deux parviennent à un accord pour se partager l’organisation.

Ensuite « J’avais l’époux de la défunte régulièrement au téléphone. Le monsieur était un peu désemparé, il avait besoin d’être rassuré, je l’ai naturellement adressé à mon confrère. Il n’y a rien de mieux qu’une rencontre physique, en face à face, par téléphone, c’est moins facile ».

Et… « Je n’ai plus eu de nouvelle de la famille. Mon confrère avait pris tout le convoi pour lui, y compris le transport et l’inhumation », un détournement pur et simple de la famille.

Une question de courtoisie

« Ce n’est pas pour le convoi, ma part de travail s’élevait à 1000 euros, et honnêtement, je m’en moque. Je ne suis pas à cette somme près, mon entreprise marche bien, et je ne fais pas ce métier pour l’argent. C’est vraiment une question de principe ».

Alexandre Dancoisne n’en veut pas non plus à la famille « Le monsieur était perdu, il s’en remettait totalement à son interlocuteur, et voilà ».

On a posé la question à Alexandre Dancoisne sur le fait qu’il ait été trop confiant, qu’il aurait dû se verrouiller… « Oui, certainement. C’est ce que je fais toujours. Mais là, j’avais eu un bon contact avec mon confrère, et la famille était désemparée, je voulais leur apporter la meilleure aide dont ils avaient besoin. Ҫa m’apprendra. »

« Plus jamais je ne ferai confiance à un indépendant. Enfin, à un indépendant hors réseau, puisqu’au Choix Funéraire, nous sommes aussi des indépendants. Et c’est bien dommage. »

Non sans regret « C’est bien dommage, parce que je fais ce métier depuis 19 ans, que j’ai collaboré avec de nombreux confrères à travers tout le territoire, et que, outre une excellente collaboration qui a donné de très beaux convois, cela s’est souvent doublé de rencontres et d’échanges intéressants, professionnellement et humainement ».

Parce que c’est là, finalement, que réside la morale de l’histoire « Nous faisons un métier humain, et nous le faisons bien tant que nous avons cela à l’esprit. Ce n’est pas sur un convoi que j’ai perdu, je vous l’ai dit, je m’en fiche. C’est sur le fait que certains considèrent ce métier comme un business qu’ils font sans scrupule. C’est triste, et je n’aimerais pas que ça se généralise, parce que ce n’est pas la façon dont je le vois ».

Le site des Pompes Funèbres Dancoisne : www.pompes-funebres-templeuve.fr

Organiser une cérémonie pour un adolescent

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adolescents pompes funèbres deuil

Organiser une cérémonie pour un adolescent est chose compliquée. Outre le contexte tendu, ces morts avant l’âge de vingt ans étant généralement soudaines et imprévisibles, il convient de considérer quelques spécificités. Au premier rang desquels, le fossé des générations.

Le décès

Le décès d’un adolescent, ou d’une adolescente, le masculin l’emporte toujours dans mon Bescherelle, est toujours un drame. On connaît l’adage « Un enfant ne devrait pas mourir avant ses parents ».

Les circonstances d’une mort aussi jeune sont, de plus, rarement considérées, quelles qu’elles soient, comme « acceptables ». Accident, suicide, voire en ces temps troublés, assassinat, sont mis sur le même plan qu’une funeste et implacable maladie, qui, à d’autres âges, permet d’entamer le travail de deuil en amont.

Tout cela pour dire : la famille que vous recevez dans votre bureau est dans un état d’hypersensibilité, de déni, de colère, ou en hébétude. Marchez sur des œufs.

Organiser la cérémonie pour un adolescent

Les parents veulent organiser une cérémonie civile. On ne dira jamais assez trop l’importance de scinder en deux rendez-vous l’organisation « technique » des obsèques (administratif, prise de commande, planification des différents intervenants) et l’organisation cérémonielle (le déroulement de la cérémonie d’hommage proprement dit, et son contenu).

Dans ce cas particulier, c’est d’autant plus important. Ce, pour une simple et bonne raison : le fossé des générations.

Attention aux générations

Parce que les parents viennent souvent avec d’autres adultes, membres de la famille, pour préserver les éventuels frères et sœurs du défunt de toute cette partie fastidieuse. Des personnes de même génération, partageant la même envie de bien faire et la même méconnaissance de l’univers de leurs adolescents.

En effet, cette tranche d’âge est réputée difficile, notamment sur le plan de la communication entre parents et enfants. Tant sur le plan émotionnel, culturel, voire même des codes sociaux, les parents partagent leur toit avec un inconnu qu’ils ont enfanté. Ceci est tout aussi vrai que leur déni : c’est leur enfant, ils le connaissent par cœur. « Je sais ce qu’aimait ma fille » m’a dit un jour un père incapable de faire la différence entre Béyoncé, que sa fille adulait, et Shakira, que l’adolescente détestait.

C’est cela que vous allez devoir expliquer à la famille. En douceur. Pas de phrases toutes faites, ici : utilisez vos propres mots et votre vécu, ce sera plus efficace que de réciter la leçon.

Objectif

L’objectif, ici, est, soit de faire venir la famille avec un adolescent de la même tranche d’âge que le défunt, soit de leur faire comprendre qu’ils doivent discuter avec les amis et camarades de leur défunt ado pour les impliquer dans la réalisation de la cérémonie.

Une cérémonie civile, même si elle est destinée aux survivantx, doit correspondre au défunt. Et c’est cela, également, que vous devrez faire comprendre à la famille. Le Lacrimosa du Requiem de Mozart saura tirer des larmes aux parents et grands-parents, mais poussera ses camarades à se demander le rapport avec l’intéressé.

N’ayez crainte : même si certains morceaux passés aux obsèques sembleront incongrus au moment de l’organisation, une fois dans la salle, dans l’ambiance de la cérémonie, ils évoqueront le souvenir du défunt plus par sa proximité que par leur forme. Peu importe que « Diamonds » de Rihanna (par exemple) soit, finalement, assez rythmée, et peu adaptée, de prime abord, à des obsèques. Ce qui compte, c’est que l’adolescent l’écoutait en boucle, et que ses proches sauront s’en souvenir.

L’objectif des obsèques, gardez le bien à l’esprit, n’est pas de poser une ambiance, mais d’évoquer la mémoire d’un défunt.

Pour résumer : tout est dans l’art et la manière de faire comprendre aux parents qu’ils ne connaissaient pas leur enfant. Encore une fois, si vous n’avez pas le tact nécessaire, changez de métier.

Nous aimerions pouvoir vous dire, en conclusion de cet article, que nous vous souhaitons de ne pas avoir à vous occuper de la mort d’un enfant ou d’un adolescent. Mais ce serait vous faire un faux espoir.

« J’ai travaillé 25 ans dans les pompes funèbres, et j’ai claqué la porte »

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porte claquée témoignage

J’avais 20 ans quand je suis arrivé dans la pompe. Un peu par hasard, une amie à ma mère cherchait désespérément quelqu’un mais personne ne voulait travailler « au milieu des cercueils ». Comme beaucoup j’ai commencé comme porteur, puis j’ai fait de la cérémonie, et petit à petit l’entreprise à grandi et je me suis retrouvé assis derrière un bureau à recevoir les familles.

Il y a 20 ans, obtenir le diplôme de conseiller funéraire n’était pas nécessaire et quand je l’ai passé 20 ans après, « pour la forme » ça a été une belle déconvenue.

Au départ, c’était pour moi n’importe quel travail. Mes parents étaient dans le milieu médical tous les deux, parler de la mort, de la maladie, de la souffrance ça n’était pas rare au déjeuner. Voir des défunts ça ne m’a jamais rebuté. Quand je suis devenu maitre de cérémonie ça n’a pas été pareil, c’est là que je me suis vraiment impliqué et que j’ai compris toutes les subtilités du travail. Parler avec la famille, comprendre leurs besoins, leurs attentes et faire de chaque cérémonie un moment intime et privilégié avec eux, c’est ça qui m’intéressait.

Quand je me suis retrouvé au bureau, au départ c’était bien, la logistique, accueillir les familles, les aiguiller les aider. L’entreprise grandissait et on commençait sérieusement à avoir une bonne réputation. Indirectement, je me disais que c’était aussi en partie grâce à mon travail. Lorsqu’on dit que notre plus grande satisfaction c’est quand la famille nous remercie, c’est vrai. C’est là qu’on se dit qu’on a vraiment été utile à quelque chose.

Et puis il y a 5 ans tout s’est dégradé, et finalement ça n’est la faute ni des formateurs, ni de mes patrons. J’ai passé le diplôme de conseiller funéraire, et j’avais l’impression que tout était en décalage avec ce que je vivais. Il y avait des personnes autour de la table qui n’avait jamais vu de corps et qui ne voulait surtout jamais en voir. On passe une journée entière sur les contrats obsèques, la rentabilité, etc. Je vis certainement comme un bisounours au pays des licornes, mais pour moi c’est pas ça le milieu de la pompe funèbre. C’est pas vendre de la prestation à tout prix sous prétexte que ça va les décharger de leur responsabilité. Ça n’est pas vrai. Faut les accompagner, les soutenir, ça n’est pas toujours facile, mais c’est notre boulot après tout.

La concurrence s’en est mêlée, puis les grands groupes, les nouveautés sur internet avec les devis en ligne etc., j’avais l’impression que la petite entreprise que j’avais connu n’existait plus. Je me suis senti mal à l’aise avec tout ça, j’ai délaissé mon bureau pour être plus souvent en cérémonie. C’est ma faute quelque part, je sais qu’on n’est pas dans le social et qu’il faut faire vivre l’entreprise. Mais ce sentiment de trahison ne partait pas. Au bout de 25 ans dans la même boite, j’ai claqué la porte.  C’est difficile de quitter ce milieu, aujourd’hui je me suis reconverti dans un tout autre secteur et je me suis mis aussi dans une association d’aide au deuil où je me sens impliqué.

Je ne dis pas que ce métier n’était pas fait pour moi, il l’était, il ne l’est plus.

Affaire non résolue, comment faire le deuil ?

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affaire non résolue deuil

Affaire Dupont de Ligonnès, Francis Heaulme, le petit Grégory. Ces titres dans les journaux depuis des années, toutes ces impasses, ces questionnements et derrière les tabloïdes des familles endeuillées incapables d’avancer. Entre deuil médiatique, deuil collectif, retardé et deuil impossible comment faire le deuil d’un proche lorsque son corps est au cœur d’une enquête et d’une affaire non résolue ?

Après un décès, on le sait, notre monde est bouleversé mais notre famille et notre entourage le sont aussi, d’autant plus si le décès se médiatise et lors d’une affaire non résolue. Certaines familles rompent sous le poids du chagrin.

Affaire non résolue : la justice comme seule horizon

J’ai coutume de dire que le deuil commence lors de la cérémonie, bien sûr dans ces cas précis, la cérémonie est toute aussi importante, mais la justice devient la représentante ultime de la porte qui se ferme. Plus le temps passe, plus le besoin de trouver les réponses et de punir les coupables deviennent obsessionnels pour calmer la souffrance. C’est comme une sorte de porte battante qui ne pourrait pas se refermer et qu’à chaque vent ou passage de quelqu’un, elle faisait ce bruit insupportable. Leur porte du deuil ressemble à ça, à une porte battante.

Avancer et faire le deuil sont deux choses différentes

Avancer est inévitable et même si l’on est là immobile, la vie se charge pour nous de nous pousser avec elle, c’est-à-dire de vieillir. En revanche faire le deuil est une démarche active contrairement à ce que l’on en dit souvent. « Il faut laisser faire le temps », certes, mais le temps est un outil et le deuil est une action, un mouvement, une mobilité. Dans le cas des affaires non résolues, les faits restent figés dans le temps. Un événement T a marqué l’histoire personnelle et le fait de ne pas trouver le coupable ou le fait que la justice ne soit pas rendue ou le corps non retrouvé, font de cet instant quelque chose d’immuable. Or c’est complètement antinomique avec l’élan nécessaire au chemin du deuil.

Le silence tue

Faire le deuil d’une affaire médiatique et non résolue est tout aussi délicat que faire le deuil de quelqu’un dont on n’a jamais retrouvé le corps. Il y a beaucoup de spéculation, et dans le brouhaha des opinions peu de faits sont concrets, réels ou utiles. Il suffit de voir les commentaires sur les réseaux sociaux. De la même manière au cœur des familles les conflits éclatent, les clans se forment, des gens divorcent, et lorsqu’il n’y a pas de procès, certaines personnes peuvent même en arriver au suicide. Au milieu de tout ce bruit, c’est finalement le silence qui ressort le plus, celui du secret, des choses non dévoilées, des choses que l’on apprendra jamais et ce sont ces choses là, ces non réponses qui marquent un obstacle dans les étapes de deuil, bloquées irrémédiablement sur la colère.

Comment en arriver jusqu’à l’acceptation ?

Pour faire le deuil de la personne décédée il faut comprendre qu’il n’y a pas un mais deux deuils à faire, et le premier étant celui qui va permettre d’amorcer le second, un peu comme deux rouages. Il s’agit de faire le deuil des réponses, accepter de ne pas savoir. Ça à l’air facile, là, comme ça mis bout à bout sur mon article et pourtant c’est l’une des choses les plus difficiles à faire.

Ça n’est pas qu’une question de justice, c’est parfois une question de survie, dire au revoir, dire je t’aime, avant que la vie s’achève sur un deuil inachevé.


Pour aller plus loin :

Les différentes catégories de deuil : apprendre à les repérer

Le deuil collectif : première partie, les accidents et catastrophes

Ne pas se rendre aux obsèques, doit-on culpabiliser ?

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ne pas se rendre aux obsèques

Dans la vie, nous faisons tous un tas de choses que nous n’aimons pas. Ça commence dès le biberon avec la soupe infâme aux légumes que l’on vous a amoureusement, préparée. Puis en grandissant on se retrouve à aller dormir alors qu’il ne fait même pas nuit. Puis les maths, passer à l’oral devant tout le monde, porter ce vêtement vraiment pas terrible et sans faire attention, nous voilà à dire bonjour avec un sourire qui sent bon l’hypocrisie à nos collègues de bureau ou dîner avec ce rencard complètement à côté de la plaque. Ne pas se rendre aux obsèques d’un proche, fait il de nous une mauvaise personne ?

Tout ça, se sont des considérations individuelles, cette nuance fine philosophique entre l’obligation (de soi) et la contrainte (sociétale, morale et étatique). En revanche, ne pas vouloir se rendre à un enterrement, c’est autre chose, les gens disent, les gens chuchotent, les gens racontent, les gens… bref, les autres.

Petit rappel de déculpabilisation à l’usage de la bienséance :

« En résumé ma mère va bientôt décéder en laissant seule ma grand-mère de 91 ans.
Je me rendrai aux obsèques pour soutenir ma grand-mère qui m’a élevée mais je refuse de faire semblant d’être triste. Je ne souhaite pas lire quoique ce soit à la cérémonie etc…
Trouvez vous cela choquant? Avez-vous déjà vécu cette situation? Je suppose que c’est mal perçu…. »

Vous avez été tous été très gentil à l’égard de ces questionnements. Pourtant, ailleurs, j’ai pu lire des choses d’un tout autre registre. « Tu y vas », « tu t’en occupes », « ça s’appelle le respect ». Oui… mais non. Le respect, tient au devoir, et le devoir c’est de pourvoir aux funérailles, voilà pourquoi la loi va chercher tous les héritiers d’un défunt. Après, se rendre aux obsèques, c’est autre chose.

La cérémonie : le rituel des vivants

Il y a deux trois trucs que je vous martèle sans arrêt, que les deuils sont tous différents, que j’adore la barbe à papa et que la cérémonie est pour les vivants. Donc si l’on suit le syllogisme, si la cérémonie est pour les vivants, nous ne sommes pas obligés d’y aller. C’est exactement comme un mariage finalement, si l’on a pas de proximité envers la personne au cœur de la cérémonie, n’est-ce-pas un profond irrespect de s’y rendre ? Pourquoi ? Pour qui ?

Pour faire plaisir à quelqu’un d’autre

Dans le cas précis  cette personne se rendra aux obsèques, pour sa grand mère, la cérémonie tient alors lieu d’hommage à quelqu’un d’autre. Le cœur du rituel bat et se déplace du défunt à un proche, un substitut. Votre présence devient alors un moyen d’accompagnement, un soutien, et non plus une vision personnelle et identitaire à l’égard du défunt.

C’est une question à laquelle j’ai déjà été confrontée. « Je sais que tu ne l’aimais pas, mais pour moi est-ce-que tu viendras ? » J’ai répondu non, et pourtant je n’y suis pas encore confrontée, peut-être changerais-je d’avis d’ici là, l’empathie prenant le pas sur tout le reste. Pas croyante pour un sous, je pense paradoxalement, que me rendre aux obsèques de quelqu’un pour lequel, non seulement je n’avais pas d’affection, mais au contraire beaucoup de colère est une sorte de blasphème. Je place l’hypocrisie en tête des défauts du monde, à quoi ressemblerais-je si j’y vais, si ce n’est à cette personne que je déteste.

Pour soi

S’il y a bien une chose qui est difficile à vivre dans la vie, ce sont les regrets, ils nous hantent si bien que beaucoup on fait du carpe diem un vrai leitmotiv pour ne pas avoir à subir leur propre conscience. Dans tous les cas, que vous vous décidiez à vous rendre aux obsèques ou non, sachez que cette question très intime vous appartient, nulle personne autour de vous, nul regard moralisateur ne doit interférer dans votre choix. La mort cachée, la mort tabou, crainte, exposée, et ici la mort devant laquelle on se met à genoux pour une question qui relève plus du fantasme religieux et historique qu’autre chose. Il y a à peine quelques années, il y avait des veillées partout et aujourd’hui lorsqu’on ose se demander si l’on se rend aux obsèques ou non, fatalement le décalage et l’irrespect moralisateur ne sont jamais loin.

Une mauvaise personne ?

Ne pas y aller, fait-il de nous une mauvaise personne ? le « toi tu n’es même pas venu », « toi tu n’as pas pleuré » -parce qu’il s’agit de ça finalement d’une marque de chagrin publique – qui nous rend vulnérables. Le pire dans tout cela c’est qu’on assiste à une mise en abîme du problème, non seulement nous ne souhaitons pas nous y rendre parce que nous n’aimons pas la personne, mais alors même qu’elle est morte, qu’elle n’est plus là pour nous dire quoique ce soit, son silence et sa seule présence dans la salle, vous font passer pour une mauvaise personne lorsque vous brillez par votre absence. N’est-ce-pas le comble ? Non vous n’êtes pas une mauvaise personne si vous ne faites pas semblant de pleurer devant le cercueil de quelqu’un qui vous a fait du mal à vous, ou à vos proches, ou même de quelqu’un qui vous indiffère.

Ne culpabilisez pas d’avoir plus de peine pour votre voisine que pour votre propre mère. Ne culpabilisez pas d’aimer un inconnu plus fort qu’un de vos proches. La famille n’a pas le même sens pour tous, « les liens du sang sont plus forts que tout ? » Non, l’amour est plus fort que tout. N’allez que dans des endroits où règne l’amour. Ça fait très Roi Lion, mais personne n’est là pour vous juger, alors soyez indulgents avec votre cœur, il le mérite.

 

Les convois en pleine chaleur, comment gérer au mieux vos décès ?

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convois en pleine chaleur

Ce sont les tongs aux pieds et un bol de fraises à la main que je vous écris aujourd’hui. Tout ça pour vous dire que ça fait un petit moment que le soleil brûle d’amour pour nous et d’après les prévisions météo, ça n’est pas prêt de s’arrêter. Canicule cette année ? En tout cas c’est possible. À ceux qui l’ont déjà connu ou à ceux qui s’apprêtent à le vivre, petits conseils glacés pour gérer au mieux vos convois en pleine chaleur, cet été.

Gérer les décès

Qui dit fortes chaleurs, peut éventuellement dire pic de décès, le même à peu de choses près que vous avez à gérer en hiver au moment de la grippe, du froid, et des nez qui coulent. Il faut avoir la même considération avec chaque famille, même si trois en même temps arrivent dans votre agence. Pas facile. La chaleur doit vous pousser à une chose : un sens aigu de l’organisation. Rien ne doit être laissé au hasard, vos employés doivent être briefés et n’hésitez pas à faire appel à de la main d’œuvre supplémentaire en cette période, quitte à demander de l’aide à la concurrence sur les convois. En tant de crise, faites appel à votre bon sens. Les obsèques doivent être gérées au mieux, et tout doit être calibré, soins de conservation, église, cérémonie, comme d’habitude en fait, mais avec encore plus de vigilance.

La chaleur et vous

Endossé dans votre costume, gardez la tenue, ne faites pas comme moi en allant en tongs au bureau, je suis chez moi personne ne me voit, vous oui. Si une personne est en chemise à manches longues, tout le monde doit l’être, idem avec les chemisettes, il n’y a rien de pire que du dépareillé. Privilégiez les chemises en coton, ça va de soi. En revanche, même si cela paraît évident, éviter les repas copieux le midi avec vos collègues, exit l’alcool aussi, privilégiez le frais et buvez beaucoup d’eau.

Équipez votre agence : si vous n’avez pas les moyens de mettre la clim, pensez au moins à un brumisateur pour vos équipes et à un petit ventilo. Pour la cérémonie, essayez au maximum de bénéficier de la fraîcheur des églises au lieu de rester dehors au soleil chewing-gum à la bouche, et lunettes de soleil vissées sur le nez – et ce en toutes saisons.

Pensez à vos thanatos et au défunt, faites vérifier vos équipements, la climatisation dans les salons et la fraîcheur du labo. Les soins sont en hausses à cette période de l’année, ça n’est pas pour rien, usez de pédagogie avec la famille. Idem dans le corbillard, si vous n’avez pas fait réviser la clim, allez-y tout de suite. N’en abusez pas en revanche, une cérémonie avec la voix enrouée, ça n’est pas terrible.

La chaleur et la famille

Parlez à la famille, elle comprendra, elle vit sur la même planète que vous, et elle aussi… elle a chaud. Vous avez des parapluies quand il pleut au cimetière ? Prévoyez la même chose, une tonnelle, des brumisateurs à distribuer ou des bouteilles d’eau, il n’y a rien de pire qu’une cérémonie au cimetière sous le soleil.

En agence, proposez-lui de l’eau, éventuellement du café et du thé, la chaleur permettant de réguler la température corporelle, bien mieux qu’un verre d’eau glacé.

Au petit soin avec la famille mais aussi avec vos employés, c’est important.