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Avis de décès, gravures, éviter des erreurs sur les noms

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Avis de décès et nécrologie dans la presse

Le funéraire passe par l’écriture. Les noms, notamment, n’y échappent pas, et toute erreur peut avoir des conséquences désastreuses. Il est donc impératif de lire, relire, et faire relire. Évident ? Pas tant que cela, manifestement.

L’avis de décès

La procédure pour un avis de décès est simple : on le rédige avec la famille, on imprime la feuille, si l’on travaille sur ordinateur, la famille le relit, et on le lui fait signer. Ce document vaudra « Bon à tirer ». Il existe deux solutions : soit vous avez l’habitude d’envoyer vos avis de décès par fax, auquel cas, ce n’est pas compliqué, vous faxez le bon à tirer, soit vous l’envoyez par mail. Dans ce cas, refaites une sauvegarde sous un autre nom. Par exemple, si votre document s’appelle « AD Chombier » (pour Avis de Décès), enregistrez le sous le nom « AD Chombier BAT1 ». Vous aurez alors deux documents, « AD Chombier » et « AD Chombier BAT-1 ». Le premier sera celui qui servira aux modification ultérieures, s’il y en a. Le second, le BAT, ne devra plus être modifié.

De cette façon, vous devrez avoir trois avis BAT, celui sauvegardé sur votre ordinateur, celui sauvegardé dans la boîte d’envoi des mails en pièce jointe, et enfin, celui en papier signé, et ces trois devront être identiques.

Chaque document possède son journal interne, qui indique la date de dernière modification. Voilà pourquoi les dates devront correspondre, et celle du BAT ne devra pas être ultérieure à celle du mail.

Fastidieux ? Pas tant que cela, en fait. Et cela vous sauvera le jour ou une famille refusera de payer la facture sous le prétexte que vous avez fait une faute dans l’avis de décès. Ca arrive. Si vous pouvez prouver qu’ils ont relu et validé ce que vous avez envoyé au journal, alors la faute leur reviendra entièrement.

S’ils ne sont pas capable de savoir comment s’écrit le nom de leur être cher, ce n’est certainement pas votre problème.

Le monument

« Une faute d’orthographe sur un monument, c’est une boulette gravée dans le marbre » ais-je dit moi-même, un jour ou j’étais d’humeur sentencieuse.

Inutile de revenir sur la relecture par la famille : n’envoyez pas un graveur au cimetière sans un BAG (Bon à Graver) signé par la famille. Mais il peut être utile de vous déplacer en personne au cimetière pour jeter un œil sur cette gravure avant d’aviser la famille qu’elle est faite. Pourquoi ?

Il est arrivé à un collègue la mésaventure suivante : la famille passe commande d’une gravure sur un monument tout neuf. On y envoie un graveur, qui revient, tout fier, annoncer que c’est fait. Le collègue prévient la famille, laquelle se précipite au cimetière admirer l’œuvre, et rappelle, furieuse : le graveur a fait une faute dans le prénom. Plus plates excuses de la direction, qui promet de rectifier le tir, et qui renvoie le graveur en urgence poncer le monument, et refaire une gravure correcte.

Histoire terminée ? Non. Cette fois-ci, c’est dans le nom de famille que le graveur s’est trompé. Mon collègue, heureusement, n’avait pas, cette fois-ci, prévenu la famille, et rappelle l’atelier pour signaler cette nouvelle catastrophe. C’est le chef de la marbrerie lui-même qui ira poncer le monument une seconde fois pour re-graver le nom, correctement cette fois-ci. Ces effaçages successifs étant visible, la famille a accepté de conserver la pierre en échange d’un rabais de 50 % sur le prix du monument.

Vous n’y êtes, certes, pour rien, mais passez vérifier les gravures. Noms, et dates. Je connais un cimetière ou on rigole encore des dates sur la tombe d’un jeune homme « parti trop tôt » à l’âge de 237 ans…

Les documents

Enfin, dernière chose : les documents et pièces d’état-civil. Lorsqu’on remplit la déclaration de décès, les déclarations et demandes d’autorisation diverses, on a tendance à s’appuyer, pour l’orthographe d’un nom, sur les pièces d’état-civil. L’erreur classique du débutant, c’est de s’appuyer sur une seule de ces pièces, le livret de famille par exemple. L’état-civil aussi fait des erreurs.

Il convient, lorsque la famille fournit plusieurs pièces, de comparer toutes les orthographes, et de demander, à la moindre divergence, laquelle est la bonne.

Notez que l’orthographe sur l’acte de naissance est toujours celle considérée comme exacte par l’état-civil si un doute survient. Si vous avez ce dernier, c’est parfait. Mais ce cas de figure est rare…

Voilà pour ces conseils qui peuvent sembler évidents, mais restent indispensables. Et maintenant, je vais relire mon article, parce que, si il y a des fautes, j’aurais l’air malin.

Enterrement pluvieux, enterrement heureux ?

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Vous connaissez le problème : la cérémonie s’est bien déroulée, vous sortez du lieu de culte, arrivez au cimetière, et là, la pluie. Le déluge, une apocalypse météorologique, une catastrophe cérémonielle et la galère du Maître de Cérémonie. Pour que tout se passe bien, il va falloir se mouiller.

Le déluge

Autant le dire de suite : il n’y a pas de solution pour faire cesser la pluie : ça se saurait. Néanmoins, si vous êtes rompu à votre environnement, vous devez théoriquement en connaître les différents types de pluie, de l’averse orageuse brève et intense au crachin persistant. C’est important : la première question que vous devez vous poser, c’est de savoir si demander aux familles de patienter quelques minutes dans la voiture avant de procéder à l’enterrement suffit, ou s’il faut opter pour le plan I, comme « Intempéries ».

La solution miracle tient en un mot : parapluie.

Le coup du parapluie

Un bon Maître de Cérémonies doit avoir plusieurs parapluies dans son coffre. Un pour lui, et quatre ou cinq grands pépins pour la famille. Noirs, bien entendu, avec un petit logo discret de l’entreprise dans un coin : on n’est pas là pour se livrer à une séance de publicité en technicolor.

On parle de quatre ou cinq parapluies, parce qu’avec une moyenne de trois personnes par pépin, vous pourrez abriter douze proches, soit l’immense majorité des cercles intimes du défunt venus au cimetière pour l’enterrement. Il y a cinquante personnes au cimetière ? Soit vous êtes tombé sur une famille très nombreuse, soit il y a beaucoup de convives du second cercle, cousins, neveux et nièces, par exemple, voire du troisième, amis et collègues, et du quatrième, voisins, connaissance de connaissance. La présence au cimetière du troisième et quatrième cercle est dispensable : ne vous sentez pas responsable de leur pneumonie s’ils veulent rester.

La mission

Mais c’est le moment de vous rappeler votre mission en tant que Maître de Cérémonies : vous devez vous assurer de la bonne tenue et de la sécurité du convoi, et vous focaliser sur le défunt et les proches. Si la famille est de huit personnes et que cinq mille tiers viennent à la cérémonie d’obsèques, vous n’êtes responsables que de huit personnes sur ces questions d’intempéries. Ce qui veut dire que vous devez avoir assez de parapluies pour huit, dans votre voiture, pas pour cinq mille.

Si la cérémonie prévue est assez longue, il existe des tentes qui peuvent s’installer dans les cimetières. Mais c’est une autre question. La plupart des enterrements, en ce qui concerne le cimetière, durent environ un quart d’heure.

Gardez-vous à l’abri

Une autre consigne : restez à l’abri, soit sous votre propre parapluie, soit sous le hayon. La cérémonie a besoin de solennité et de dignité, et vous devez les incarner. Trempé jusqu’aux os, vous perdez forcément de votre superbe et les mots que vous prononcez de leur portée.

Les porteurs sont de grands garçons : n’hésitez pas néanmoins à leur dire de se mettre à l’abri dans le véhicule jusqu’à l’inhumation.

Inhumation et bain de boue

Lors de la cérémonie, vérifies que les marbriers ont bâché la fosse. Il n’y a rien de pire que de déposer un cercueil dans vingt centimètres d’eau boueuse sous les yeux de la famille.

En arrivant au cimetière, vérifiez que la fosse est accessible, et la présence, si besoin, de tapis antidérapants. Si le terrain est glissant, il en va de la sécurité de votre équipe.

Si nécessaire, n’hésitez pas à reporter l’inhumation. Expliquez à la famille que vous allez devoir attendre, pour des questions de sécurité, que des tapis ou des planches soient disposées pour renforcer la sécurité. Les gens sont compréhensifs, surtout s’ils s’imaginent un porteur avec une fracture ouverte allongé sur le cercueil de leur défunt.

Dernière chose, personne ne vous reprochera jamais un enterrement pluvieux. Par contre, on vous reprochera de ne pas avoir fait le nécessaire.

Conflit en réception de famille : éviter que ça dégénère

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Vous connaissez la situation, sinon, vous allez la connaître : vous êtres tranquillement dans votre bureau, vous recevez une famille, et, tout à coup, le ton monte entre deux membres, l’ambiance se tend, des clans se créent, les protagonistes en viennent aux mains.

Réception tendue

Les réceptions de familles sont toujours un point de tension. Généralement, celui-ci est matérialisé par de la peine, ou une sorte d’hébétude, mais on ne répétera jamais assez que le deuil est un amplificateur des sentiments. Et cet effet bénéficie parfois aux rancœurs.

Des rancœurs qui peuvent être stupides, infondées, ou anciennes. Ou stupides, infondées Et anciennes : un ami m’a raconté que deux vieux messieurs s’étaient presque battus dans son bureau, le mari et le frère de la défunte, le second accusant le premier d’avoir voté Mitterrand en 1981 et prétendu le contraire pour se faire accepter dans cette famille Giscardienne.

Tout cela pour dire : n’essayez pas de raisonner ou d’essayer de prévoir par la logique les conflits. Tout cela est très irrationnel. Ceci n’est que la première chose à ne pas faire.

Ce qu’il ne faut pas faire

La première chose à éviter, c’est essayer de prévenir les conflits. Dans la salle de réception, si vous sentez que l’ambiance est tendue entre membres de la famille, n’essayez pas de désamorcer un conflit que n’a pas encore ouvertement commencé. Vous risqueriez de le déclencher… Contre vous. Prenons un exemple dans un grand classique du patrimoine français : le meilleur moyen de séparer deux habitants du village d’Astérix qui se battent, c’est une attaque romaine. Vous êtes le romain, et si vous intervenez, vous recevrez les baffes. C’est aussi simple que ça.

De la même façon, si les protagonistes commencent effectivement à se distribuer des mandales, ne sou interposez pas. Un méchant coup peut vous valoir un handicap, la mort, ou une plainte si c’est vous qui le donnez. Si vous êtes tenté de vous jeter dans la mêlée pour séparer les belligérants, rappelez vous juste combien vous êtes payé.

La solution, elle est en deux étapes. Le sommations et la mise à exécution. Les sommations, c’est « Cessez immédiatement, ou j’appelle la police ». La mise à exécution, si les sommations ne fonctionnent pas, c’est d’effectivement appeler la police.

Enfin, ne prenez pas parti. Jamais. Ne vous en mêlez pas. Vous ne savez pas si Giscard aurait fait un meilleur président que Mitterrand, vous ne savez pas si le défunt avait couché avec sa belle-soeur, et même si c’est vrai, ils avaient peut être de bonnes raisons… Tout ceci ne vous regarde pas, et, surtout, vous ne trouverez pas de solution raisonnable de cette manière.

Ce qui peut marcher

Vos noterez l’intertitre : ce qui peut marcher, et non ce qui va marcher. Les deuils servent parfois de prétexte à des membres de la famille qui attendaient depuis des années une occasion de se taper dessus. Dites vous que votre travail n’est pas de résoudre ce conflit, votre travail, c’est d’organiser les obsèques et de faire en sorte que le pugilat se déroule un peu plus loin.

Aussi, les trois conseils à appliquer dans ces cas là sont simples à retenir, vous allez voir.

1 – Restez calme. L’énervement est exponentiel, et vous énerver à votre tour vous fera percevoir comme prenant part au conflit.

2 – Restez calme. Une voix calme délivrant un discours raisonnable sera incongrue au milieu d’une dispute violente, surprend les protagonistes qui ne s’attendent pas à cela, et crée une tendance à écouter.

3 – Restez calme. Le conflit ouvert est une situation dont la famille n’a pas l’habitude, sinon, ils ne seraient pas venus ensemble. Ils sont dans la peine, ils sont énervés, et vous, en ne partageant pas leur hystérie, accédez à la place qui est la vôtre : celui du professionnel qui sait quoi faire, qui maîtrise son sujet, celui qu’on doit écouter si on veut que la situation s’améliore.

Les arguments à développer sont assez simple : expliquez à la famille qu’il y a un défunt, que pour pouvoir faire leur deuil, pour pouvoir l’honorer dignement, pour éviter de prendre en otage des membres de la famille et des proches qui n’y sont pour rien et qui veulent juste faire leur deuil, il serait bon de remettre le conflit à plus tard, en privé. Dites-le avec vos mots, calmement, sur le même ton que vous expliquez aux familles que des scellés sont obligatoires sur le cercueil en cs de crémation. Votre objectif n’est pas de parvenir à une résolution du conflit, mais à un statu quo momentané.

Enfin, dites vous que dans l’immense majorité des cas, tout se passe très bien. Le funéraire n’est pas un métier dangereux… La plupart du temps.

Faire le tri des informations pendant une préparation de cérémonie civile

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Loguivy de la mer

Préparer une cérémonie civile : moins d’une heure pour faire d’un défunt totalement inconnu une personne dont vous allez retracer l’existence. Et si vous parvenez à avoir plein d’informations, il faudra faire le tri, ou apprendre à en obtenir de plus pertinentes.

Nous avons vu la semaine dernière une méthode pour obtenir de la part de la famille un maximum d’informations sur le défunt en perspective de la préparation d’une cérémonie civile. Mais toutes ces informations ne sont pas toujours pertinentes.

Il existe trois grands types d’informations dont il faut apprendre à vous débarrasser, ou au moins savoir résumer : les inutiles, les fantasmées, les sensibles.

Les informations inutiles

Les informations inutiles sont les plus faciles à repérer. J’ai en tête cette dame très âgée qui m’a détaillé toutes les paires de lunettes qu’avait eu son mari : en plastique, en acier, en écailles, il avait à priori eu beaucoup de mal à s’arrêter sur un modèle précis. Dans ce genre de situation, il n’y a pas trente-six solutions : il faut laisser parler la dame, parce que c’est important pour elle et qu’il ne faut pas la bloquer, et passer outre parce que l’assistance ne comprendra l’intérêt de l’énumération. Une petite phrase sur le fait que le défunt a porté toute se vie des lunettes, sans jamais acheter deux fois des paires semblables, et voilà : la dame est contente, parce que finalement, j’ai résumé son message et mentionné un détail qui à priori a de l’importance pour elle, et les proches sont soulagés, parce qu’ils ont déjà subi la litanie des lunettes et n’avaient pas envie de remettre ça ce jour particulier.

Les familles mentionneront parfois des détails sur lesquels leur esprit, en faisant défiler les souvenirs, s’arrête de façon irrationnelle. Ne cherchez pas quelle importance peut avoir le fait qu’un samedi après midi en octobre 1983, la personne en question a été avec le défunt acheter un pull bleu : il n’y en a aucune.

Lorsque vous allez ouvrir les vannes des souvenirs, de nombreux détails inutiles, qui n’auront de sens que pour l’inconscient de celui qui vous les raconte, feront surface. Inutile de les mentionner s’ils n’apportent rien au portrait du défunt.

Les informations fantasmées

Qu’est-ce qu’une information fantasmée ? C’est une information qui reflète les désirs de celui qui la donne plutôt que la réalité.

Exemple typique, la musique. Vous demandez à un homme quelle musique mettre pour les obsèques de son père. Il vous répond « Sang pour sang » de Johnny Hallyday. Pourquoi pas ? Justement, creusez. Est-ce que son père écoutait Johnny ? Non, pas spécialement, mais le fils lui avait fait écouter la chanson. Le père était plutôt chant de marins et adorait François Budet.

C’est la différence entre l’information réelle et l’information fantasmée. L’information fantasmée, c’est la chanson que le fils voudrait passer aux obsèques du père pour adresser un message. L’information réelle, c’est la chanson qui est citée lorsqu’on demande aux proche « Quelle chanson vous fait irrésistiblement penser à lui ? »

Ceci est un cas particulier : vous pouvez passer l’une ou l’autre de ces chansons, ou les deux. Ce qui change, c’est la façon des les introduire. « Nous écouterons Sang pour Sang de Johnny Hallyday, que Monsieur XXX voulait adresser comme message à son père, puis Logivy de la Mer de François Budet que Monsieur XXX aimait chantonner en cueillant ses salades » marchera, l’inverse provoquera une incompréhension dans l’assistance.

Faites bien la distinction entre ce qui constitue un souvenir évoquant directement le défunt, et la représentation individuelle que chaque membre peut avoir de se relation avec le défunt.

Les informations sensibles

Une information sensible, c’est un secret de famille. Ce peut être un enfant que le défunt a eu hors mariage, ou un enfant handicapé placé dans une institution, ou l’évocation d’un premier mariage…

Que faire dans ces cas là ? La meilleure solution est le consensus : faites un tour de table avec la famille, laissant chacun exposer ses arguments, et laisser décider le preneur d’ordre. N’oubliez pas la règle d’or, c’est celui qui paie la facture qui a raison. Assurez vous ensuite que tout le monde accepte la décision, le tout, le plus raidement possible, pour que les aigreurs n’aient pas le temps de s’exacerber.

La gestion de conflits en réception de familles mérite un article à elle seule, ce qui sera le cas très prochainement.

Obsèques : une facture de fleurs à la banque ?

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Une question posée sur le Facebook de Funéraire Info a déclenché une avalanche de réponses : peut on amener une facture de fleurs pour les obsèques à la banque ?
Ce qui dit la loi

La loi prévoit que les frais d’obsèques peuvent être payées par la banque du défunt, si le compte de celui-ci le permet, jusqu’à hauteur de 5000 euros. Il convient de souligner que la notion de frais d’obsèques est relativement floue. Néanmoins, les établissements bancaires prennent sans difficultés autres les factures jusqu’à ce montant.

Il convient toutefois de noter que les banques prennent en compte sans contestation une seule facture d’obsèques, la principale. Nous avons contacté des agences de trois banques, LCL, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, et les conseillers nous ont systématiquement confirmé que les factures de « frais ajoutés » passent uniquement si elles concernent des produits directement liés aux obsèques, soins de conservation émis par une autre société par exemple.

Et les fleurs ?

Les factures de fleurs ne sont pas réglées en tant que telles : si la commande de fleurs est intégrée dans la facture principale, la somme globale est réglée, mais si une facture de fleuriste indépendante est transmise, elle est refusée dans la plupart des cas.

Motif ? Selon les établissements bancaires, c’est pour éviter que des membres dispersés d’une famille envoient tous leurs factures à la banque, que certaines soient refusées et d’autres acceptées, ceci déclenchant des avalanches de contestations… Surtout que les fleurs n’étant pas essentielles aux obsèques, la banque fait clairement une faveur au demandeur.

Le meilleur moyen de faire régler des fleurs par une banque est donc de l’intégrer dans une facture d’obsèques globale, ce qui implique d’en informer votre famille dès la première rencontre.

Donc, fleurs, plaques funéraire, et même monument, peuvent se retrouver dans une facture d’obsèques si celle-ci englobe les prestations d’inhumation ou de crémation standard, et qu’elle ne dépasse pas 5000 euros.

Ainsi, une famille dont le défunt aurait souscrit un contrat obsèques pour son inhumation, et qui enverrait une facture de 5000 euros à la banque, incluant par exemple un monument, une gravure et des fleurs se verrait opposer, tout à fait légalement, un refus.

L’enterrement de la tante vire à la baston

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Jessi (capture Twitter News Tweets 24)

Il y aurait de quoi s’en retourner dans son cercueil. Mais dieu merci, la défunte tante n’en a rien su. Accourue aux obsèques de la dame au Pays de Galles, sa famille britannique en est venue aux mains dans la foulée. Une histoire d’alcool et de désamour, a joliment résumé un juge.

A l’heure de tenter d’y voir plus clair devant un tribunal de Cardiff, face à un magistrat accablé de honte pour eux, les protagonistes ont rassemblé leur souvenirs. La cérémonie a rassemblé deux clans de la même famille. Une soixantaine de personnes d’un côté. Trois d’un autre, qui ne connaissent pas les premiers. Il y a là Jessi, jeune maman de 22 ans, son frère Leon (31 ans) et leur père Leonard, employé du métro londonien. « Quand nous sommes arrivés, raconte Jessi à la barre, ils s’en sont pris à nous. »

Après que la famille ait enterré la tante, certains se retrouvent dans un club de la ville de Beddau, raconte le journal Daily Mail. On ignore pourquoi l’incident a commencé, ni même si le premier groupe était de mèche. Seule certitude : une femme moque les extensions capillaires de Jessi, et va jusqu’à lui tirer les cheveux. Fatale erreur. Car la tigresse gronde aussitôt, déclenchant les hostilités, à en croire les caméras de surveillance.

Elle déclenche une droite. Mais dans l’élan, Jessi glisse et chute. Un protagoniste de l’autre camp (mais de la même famille) en profite insidieusement pour lui marcher sur le visage à coup de talon haut. Pas très sport, dira-t-on. Voyant sa fille en difficulté, Leonard (53 ans) intervient, bondissant dans la mêlée, bientôt stoppé vigoureusement par le videur de la boîte. Et Leon le frère ? Il est là, présent. Il bout sur place et frappe violemment le videur. Bilan pour ce dernier : un nez amoché, des coupures à la joue, des yeux gonflés. Un maquillage à refaire et une opération à la clé.

Observateur, le procureur a soupiré, très digne, résumant la scène : « L’atmosphère n’était pas au beau fixe. » C’est sûr, si Jessi n’avait pas perdu ses nerfs et ravalé ses angoisses capillaires, ce désamour familial aurait été surmonté. Au nom du respect à apporter à la défunte tante. Pour la baston déclenchée, Jessi, Leon et Leonard devront accomplir 100 heures de travaux généraux. Ils ont écopé de quatre mois de prison avec sursis. Espérons au moins qu’ils appréciaient la tante.

Pétition: N’incinérons plus, crématisons !

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Funéraire Info a lancé une pétition, aujourd’hui, sur le site Mes Opinions. Son objet : faire reconnaître officiellement, dans le dictionnaire et les textes de loi, le verbe crématiser.

Pourquoi crématiser ?

Il existe aujourd’hui deux mots pour désigner la sublimation du corps d’un défunt : crémer, trop savant et peu usité, dont le mot « cramer » est une déformation argotique, les consonances en étant restées très proches, et incinérer. Le cas de ce dernier mot est intéressant. En effet, il peut s’appliquer aussi bien à un défunt, une personne qui a vécu, pensé, agi, et été aimée, qu’à une poubelle pleine de déchets ménagers.

Et dans de nombreux cas, les familles, sans toujours savoir précisément l’exprimer, sont mal à l’aise avec ce vocable. Nombre d’entre elles visualisent l’usine d’incinération de leur ville, où ils vont déposer leurs détritus.

Pourtant, un mot existe : crématiser.

Pourquoi une pétition ?

Crématiser n’a pas d’existence. Les quelques livres et sites qui le mentionnent précisent qu’il s’agit d’un néologisme, un mot usuel non reconnu. Nulle part vous n’en trouverez trace dans un dictionnaire « officiel », et, pire encore, faute de terme législatif, on voit la plupart des communes délivrer des « autorisations d’incinérer ».

Le mot est pourtant très défendable, voire idéal. Crématiser se décompose en deux partie : créma, qui évoque donc la crémation humaine, et -tiser, qui désigne l’action d’introduire un combustible dans un four. Étymologiquement, le mot est donc bien construit.

Ensuite, il est spécifique. Les familles pourront utiliser un terme entièrement dévolu au rituel funéraire et au travail de deuil de leur défunt.

Pourquoi nous ?

A la rédaction de Funéraire Info, nous sommes à la fois des journalistes et des professionnels du funéraire. Nous savons qu’un mot peut changer la perception qu’un lecteur a d’un article, et nous savons qu’un mot peut aussi faire basculer un entretien avec une famille. Une maladresse, un mot mal choisi, et une famille perd la confiance et la sérénité que vous aviez mis du temps à établir.

C’est pour cela que cette action nous semblait importante. Parce que nombre d’entre nous, professionnels du funéraire, déploraient l’utilisation du mot « incinérer », sans pour autant savoir quoi faire. Parce que le moment de la Toussaint, ou notre profession est mise sous les feux de l’actualité, est idéal pour communiquer autour de cela.

N’y a-t-il pas de sujets plus importants ? Sûrement que si, mais nous continuons de les traiter. Nous ne nous occupons pas de cette pétition à la place d’autre chose, mais en plus des autres sujets d’actualité.

Est-ce le bon moment ? Oui, sans conteste. Parce que ce moment en vaut un autre, que la Toussaint nous apporte un éclairage, et que si nous attendons le « bon moment », alors nous ne le ferons jamais, puisqu’il y aura toujours quelque chose d’autre qui semblera moins futile aux esprits chagrins.

Est-ce que ça va réussir ? Nous y croyons, en tout cas. Et si vous aussi voulez y croire, alors participez, appropriez-vous cette initiative. Partagez sur les réseaux sociaux, transmettez-le à vos proches, parlez en à vos élus, aux journalistes que vous pouvez connaître.

Pour nous, ce n’est finalement qu’un mot. Mais pour les familles, c’est un petit rouage du mécanisme du deuil qui a son importance.

Vous pouvez signer la pétition ici : www.mesopinions.com/petition/social/reconnaissance-crematiser-dictionnaire-documents-officiels/16467
ATTENTION ! N’oubliez surtout pas de valider votre signature en cliquant sur le lien qui vous sera envoyé par mail.

Droit des familles : le capital décès de la sécurité sociale pour les actifs

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capital décès de la sécurité sociale

logo-ameli-300x129 Droit des familles : le capital décès de la sécurité sociale pour les actifsAmeli : derrière cet acronyme féminin se cache un droit dont peu bénéficient, ignorants tout simplement son existence. Important à connaître pour les familles, bien entendu, mais aussi pour les professionnels, qui ont un devoir de conseil, capital décès de la sécurité sociale.

Dans l’actualité

Les Belges vont perdre leur capital décès : jusque très récemment, nos voisins bénéficiaient d’une somme qui leur était versée lors d’un décès, et qui était prélevée sur les salaires. Trop coûteuse, cette mesure a été supprimée, du moins, le versement du capital – la cotisation, elle, sera toujours prélevée sur les salaires…

« Quel dommage que nous n’ayons pas eu de tel système en France » s’exclameront certains. Eh bien, ce système, nous l’avons, par le biais de cette polyvalente géante qu’est la Sécurité Sociale, et son système Améli. Système défini par des limites strictes, réservé aux actifs, mais qui a le mérite d’exister.

Malheureusement, si nul n’est tenu d’ignorer la loi, vous ne serez averti que vous violez cet adage que si vous manquez à vos devoirs. L’on considérera que si vous ignorez vos droits, c’est tant pis pour vous… A destination des particuliers, mais surtout des professionnels qui ont autant un devoir de conseil qu’un désir légitime de satisfaire leurs clients, petit mode d’emploi pour Améli.

Les décès concernés

Le capital décès de la sécurité sociale est réservé aux actifs, salariés, ou bien demandeurs d’emploi percevant une indemnité, ou aux personnes percevant une pension d’invalidité, ou d’accident du travail, ou de maladie professionnelle, correspondant à une incapacité permanente d’au moins 66, 66 %. Les chômeurs en fin de droits sont concernés s’ils ont fait une demande de maintien de droits durant les 12 mois qui suivent la fin de leur indemnisation.

Capital décès de la sécurité sociale, pour qui ?

Améli définit deux types de bénéficiaires : prioritaires ou non prioritaires.

Les proches prioritaires sont ceux qui étaient directement à la charge de l’assuré social, charge intégrale et permanente. Dans l’ordre, les bénéficiaires prioritaires sont : le ou la conjoint(e) marié ou pacsé, puis les enfants du défunt, puis les ascendants, parents d’abord, puis grands-parents. Attention : les bénéficiaires prioritaires ont un mois à compter de la date du décès pour faire valoir leur situation prioritaire. Passé ce délai, ils peuvent toujours faire la demande, mais celles-ci seront traitées par ordre d’ascendants.

Les bénéficiaires non prioritaires sont les bénéficiaires qui n’ont pas fait valoir leur droit à la priorité dans le délais imparti, et restent les même : conjoint ou personne liée par un PACS, à condition qu’il n’y ait pas séparation de fait, à défaut, les descendants, à défaut, les ascendants. Ainsi, si les enfants font la demande et perçoivent l’aide, le conjoint ne pourra pas faire valoir qu’il avait la priorité à postériori, une fois le capital versé. Si plusieurs bénéficiaires sont au même rang, le capital est partagé à part égales entre tous.

code-secu Droit des familles : le capital décès de la sécurité sociale pour les actifsQuand et comment ?

Le délai pour faire valoir son rang prioritaire est de un mois. La date limite pour faire la demande de capital est de deux ans à compter de la date du décès.

Monter un dossier Améli est simple : il faut compléter le formulaire S3180 dont nous vous donnons le lien ci-dessous, à la fin de cet article. Il suffit ensuite de l’envoyer à la Caisse d’Assurance Maladie dont dépendait l’assuré décédé, Accompagné des trois derniers bulletins de salaires du défunt, ou une notification de paiement de rente d’invalidités ou d’indemnité ASSEDIC (dans le cadre d’une rente pour incapacité, le formulaire initial d’attribution de la rente est également recevable) et un document attestant du lien avec le défunt : état-civil de mariage, contrat de PACS, extrait d’acte de naissance etc…

La rente est calculée en fonction des ressources du défunt, et plafonnée. Son montant maximum est de 9 258,00 euros et minimum de 370,32 euros. Même si cette somme peut paraître dérisoire au regard du coût global d’un décès, elle existe, et les familles y ont droit.

Il est important, pour l’assistant funéraire qui reçoit la famille d’un actif décédé, de les informer de l’existence d’Améli et du capital décès de la sécurité sociale. Par déontologie, d’abord, parce qu’il ne faut pas oublier notre devoir de conseil, par désir de satisfaire un client ensuite, une aide est toujours la bienvenue, pour éviter de se voir reprocher, enfin, à long terme, de ne pas l’avoir fait. Et parce que si nous ne le faisons pas, personne ne le fera.

Téléchargez ici le formulaire de demande

De l’utilité d’une fiche d’effets personnels

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Une affaire récente de vol, dans l’actualité, met en lumière le doute qui peut parfois s’installer entre les pompes funèbres et les familles. Si tout ne peut pas être contrôlé, il est néanmoins important de mettre en place des procédures pour limiter les ambiguïtés.

Une triste affaire

Montre-Breguet-tourbillon-messidor-300x271 De l'utilité d'une fiche d'effets personnelsLa récente interpellation d’employés d’un cimetière dans le cadre d’un vol de dents en or (voir à ce propos notre revue de presse) nous rappelle que les pompes funèbres aussi ont accès à des objets de valeur, portés parfois par les défunts, et que la présence ou non de ces objets entre les différentes étapes doit être constatée, ou constatable en cas de doute.

Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’intégrité des professionnels, certainement pas, mais de rappeler qu’une réputation impeccable ne vaut plus rien dès lors qu’elle est entachée du doute. Un professionnel, même blanchi faute de preuves ou au bénéfice du doute, verra sa réputation ternie s’il na pas pu apporter de preuve irréfutable. Et nous savons tous qu’une mauvaise réputation est parfois équivalent à un arrêt de mort dans un domaine aussi sensible que le nôtre.

Incident

Pardon de narrer une anecdote personnelle lors d’un article, mais elle est édifiante de ce qui arrive parfois. L’on avait amené un défunt, au funérarium de la société dans laquelle je travaillais. L’homme était décédé dans des circonstances qui font que ni le médecin qui avait constaté le décès, ni le procureur, n’avait jugé utile de demander un examen médico-légal.

Une équipe l’avait donc ramené, et la famille nous avait passé un coup de fil dans la matinée. Le défunt avait une jolie montre de gousset, que son neveu souhaitait récupérer en souvenir. La tocante était dans la famille depuis des générations. Je descendis donc au funérarium, en quête de la babillarde. Dans le couloir se trouvaient un policier, venu poser des scellés, le thanatopracteur, qui venait de finir un soin, et deux collègues, des porteurs qui attendaient l’heure de fermer le cercueil.

Je sorti donc le défunt de sa case réfrigérée, en me demandant pourquoi personne n’avait eu l’idée de le fouiller et de remplir une fiche avec ses effets personnels. Je compris très vite : le pauvre homme était décédé depuis environ cinq semaines.

Maugréant, j’enfilai deux paires de gants l’une au dessus de l’autre et entamai la fouille. Je trouvai un objet souple dans la poche, l’en sortit, et appelai immédiatement mes collègues, dans le couloir. Ceux-ci, entrant dans le labo, me virent l’air contrarié, les mains en l’air bien en évidence, tenant une liasse de billets d’une valeur de 8000 euros dans la main.

La semaine suivante, une note de service rappela que la fiche d’effets personnels qui avait été instituée dans l’entreprise n’était pas facultative. Au passage, la montre fut retrouvée sur la table de chevet du défunt.

« Fiche bijoux »

liasse-billets-300x225 De l'utilité d'une fiche d'effets personnelsInstaurer une fiche d’inventaire lorsqu’on prend en charge le corps d’un défunt est la meilleure solution. Outre l’inventaire des objets précieux, celle-ce devrait comporter également l’inventaire des vêtements portés par le défunt et ceux remis par la famille pour la présentation. Certains vêtements peuvent en effet présenter une certaine valeur. Le distinguo entre vêtement confié et porté est important : il est en effet préconisé, si les vêtements qu’un défunt portait au moment de sa mort sont changés, pour une présentation par exemple, de les détruire.

La fiche devra mentionner les objets, vêtements et bijoux, donc, portés par le défunt et remis par la famille, et l’idéal est de la faire signer par un membre de la famille, en présence de qui l’inventaire a été fait, ou à défaut par un représentant. Un agent hospitalier, par exemple.

L’idéal étant la présence de la police sur le lieu du décès : rien de tel qu’un agent assermenté pour valider l’exactitude d’une fiche de possessions.

L’établissement de cette fiche peut être contraignante, mais vitale en cas de contestation. Soyons clair : il n’est pas là question de remettre en doute l’intégrité des agents des pompes funèbres présents sur les lieux. Il s’agit de se prémunir contre toute contestation faite par des familles qui, sans être de mauvaise foi, sont parfois perdues lors de ces instants douloureux.

L’information funéraire en prélude au décès

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C’est un grand classique des sociétés de pompes funèbres : la famille qui entre dans l’agence, perdue et intimidée, pour préparer un décès qui n’a pas encore eu lieu. Pour ceux qui osent, combien attendent le dernier moment, et que faire ?

La mort, promesse de problèmes à venir

conseillers-funeraire-demarches-administratives-300x200 L'information funéraire en prélude au décèsC’est une constante, la majorité des décès se passe en milieu hospitalier, et l’immense majorité sont fortement médicalisés. Cette présence médicale informe la famille lorsque son rôle devient celui de l’accompagnement à la fin de vie, de l’imminence de l’issue fatale. C’est là que le bât blesse : alors que la famille devrait passer ces dernières heures ou jours auprès de l’être cher, pour l’accompagner dans ses derniers instants, ces instants sont obscurcis par l’inquiétude face à la mort à venir, à l’organisation des obsèques, véritable terra incognita pour la plupart des familles.

Or, le corps médical ne peut, en l’occurrence, être d’aucune aide : le libre choix des pompes funèbres, et le devoir dé réserve du corps médical, le simple fait d’orienter la famille constitue une faute. Cette réserve du milieu médical, qui a la confiance et l’influence auprès des familles, est une bonne chose qu’il ne faut surtout pas remettre en question : de nombreux abus en sont la preuve.

Mais comment faire pour soulager les familles ?

L’information, denrée vitale

Tout professionnel du funéraire le sait : un décès est toujours compliqué, heureusement des solutions existent, et les éléments en faveur des familles le sont également, à commencer par la compétence du professionnel.

Tant sur la déclaration de décès, sur les modalités en cas de transport, sur le dépositoire du corps, les démarches sont assurées par le professionnel ou dans certains cas et pour certaines formalités, par le bureau des entrées de l’établissement hospitalier. De même, des financements existent, ne serait-ce que le prélèvement direct sur le compte du défunt ou le règlement des factures par notaire.

Mais les familles ne le savent pas. Elles sont soulagés lorsqu’elles l’apprennent, et souvent, regrettent de ne pas l’avoir su plus tôt.

Mentalités : encore un petit effort

C’est légitime, d’une certaine façon : les familles ont l’impression que rencontrer les pompes funèbres avant que le décès survienne, c’est un peu comme enterrer vivant leur défunt. Or, cette rencontre n’a que des aspects positifs.

La première chose à expliquer, c’est que la rencontre avec un professionnel du funéraire fait partie intégrante du processus de deuil, mais ledit processus ne commence pas au moment du décès, il commence en réalité dès que l’annonce du décès à venir est faite. On ne va plus rendre une simple visite à un proche, chacun des instants partagés avec lui est parmi les derniers. On est dores et déjà dans un processus funèbre.

Or, comme nous l’avons vu, la rencontre avec le professionnel des pompes funèbres apporte un certain nombre de réponses à des interrogations qui peuvent empoisonner ces moments. Le travail de deuil auprès du vivant serait plus efficace s’il se faisait l’esprit dégagé de tout souci.

Anticiper

Et l’anticipation franche du décès a elle aussi son importance : combien de familles sous le choc le jour du décès, alors qu’ils n’ont qu’une envie, se recueillir auprès de leur défunt et évoquer entre eux son souvenir, se retrouvent à chercher un livret de famille ou un titre de concession.

Certes, peu importe le moment, cela prend du temps. Mais le moment du décès provoque un stress intense, qui ne peut que s’amplifier lorsqu’on cherche les pièces. Se retrouver la veille des obsèques en mairie pour renouveler une concession est le pire moment.

Toute la question est : comment faire ? Comment procéder pour que les professionnels du funéraire puissent agir en amont, et faire leur travail d’information et de conseil, sans fausser le libre choix de l’entreprise funéraire par les familles ? Comment sensibiliser le personnel médical à l’importance de ces démarches sans l’influencer ?

Ces questions mériteraient d’être au premier plan dans l’évolution de notre profession. Et mieux vaut que la réponse soit apportée par les professionnels au plus près du terrain, que par un législateur qui, quelle que soit sa bonne volonté, a forcément moins de compétences. Au travail, donc.