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Décès d’un enfant : quand les professionnels du funéraire doivent faire face

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décès enfant

De la naissance au premier anniversaire, le risque de décéder est aujourd’hui très faible, de l’ordre de 40 pour 10 000, et les décès avant 1 an sont concentrés juste après la naissance. Le risque annuel est minimal pour les enfants : entre 5 et 10 ans, un enfant sur 10 000 décède chaque année. Le risque augmente fortement à l’adolescence, jusqu’à atteindre, à 18 ans, 3 pour 10 000 chez les filles et 8 pour 10 000 chez les garçons. Le décès d’un enfant est un véritable tsunami pour sa famille, mais il est aussi difficile à gérer pour les professionnels du funéraire.

« Je suis thanatopracteur depuis neuf ans. En neuf ans je n’ai pas dû avoir plus d’enfants à traiter que le nombre de mes années d’expérience. Le décès d’un enfant c’est souvent dû soit à un accident soit à une maladie. Dans le dernier cas surtout, les familles ne veulent plus qu’on touche à leur enfant, il y a donc moins de soin. » Julien, thanatopracteur

« C’est à chaque fois pareil et pourtant tout le temps différent, y a les bébés, qui nous font vraiment beaucoup de peine, et puis il y a ceux qui ont eu une histoire, la maltraitance ou cet enfant là, qui a le même âge que le mien », explique Romain, conseiller funéraire. « Un jour est arrivé une famille en pleur, la mère tenait à peine debout, le fils de 5 ans venait de décéder et bien sûr mon fils avait 5 ans à ce moment là. J’ai mis des semaines à m’en remettre alors que pourtant mon fils, lui était en vie, que je pouvais l’embrasser chaque soir en rentrant. C’est là que j’ai commencé à prendre conscience de la douleur des familles qui venaient à mon bureau, le sentiment là, ne s’en va jamais tout à fait. » Romain, conseiller funéraire

« La première fois que j’ai fait un soin sur un enfant, c’était un bébé… Son jumeau était mort à la naissance, lui avait survécu deux semaines. Tout était minusculement petit, j’ai dû demander des instruments précis à des collègues. Ça a été un exercice, même si le mot est maladroit très particulier et très intense, comme si tout se jouait là, en un seul soin. » Katharina, thanatopractrice.

« Ça n’est pas moi personnellement qui m’en suis occupé, je ne vendais « que » les fleurs. Mais cette histoire médiatique m’a beaucoup touché, je ne m’en remettais pas. Les pompes funèbres sont mes voisins et amis. J’ai déposé les fleurs sur le cercueil, fait des tonnes de compositions pour la ville et ses habitants qui s’étaient mobilisés. Le deuil collectif ils appellent ça. Toute la ville avait changé, on savait que plus rien ne serait jamais comme avant. » Sylvaine, fleuriste

« Un enfant qui naît, ça change une vie, un enfant qui meurt, ça change tout. »

« En tant que brancardier j’en ai descendu des corps à la morgue. Mais cette petite fille là…je m’en souviendrais toute ma vie. On venait d’arriver dans ce nouvel hôpital, tout n’était pas encore fonctionnel. Le labyrinthe avec la puce allongée là sur ma table, ça a eu l’air de durer des heures. Je n’avais qu’une envie : arriver en bas et partir. Pourtant quand je suis arrivé à la morgue, j’ai pas pu bouger, mon collègue l’agent d’amphi m’a dit que c’était bon, qu’il allait bien s’en occuper mais y avait rien à faire, j’avais les mains agrippées sur la table, je ne voulais pas l’abandonner. » Cyril, brancardier.

« Je m’y ferai jamais aux pièces anatomiques, c’est pas possible ça, ce sont des bébés quand même, les parents sont tellement tristes, et démunis, et moi je suis là à coller une étiquette sur un fût à DASRI, ça me dépasse à chaque fois. » Anton, agent d’amphi.

Toussaint 2015 : juste la vie qui va

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Un doux soleil d’automne a marqué cette Toussaint 2015. Un redoux (doublé d’un week-end) propres à inciter à venir fleurir les tombes de proches et à lire en terrasse le coup de projecteur annuel des journaux grand public sur le secteur funéraire.  Et là, rien de bien nouveau sous le soleil.

En vedette, le chrysanthème et son pot. Il s’en vend 22 millions environ. Une veille star encore digne, mais qui sent pourtant arriver la concurrence d’autres plantes. Samedi, un parterre de pots ornait l’entrée de nombre de supermarchés. Bien en évidence, commerce oblige, histoire de raviver les mauvaises consciences de familles qui se rendent un peu moins sur les sépultures familiales.  Un marché en légère baisse. Le fleuriste du quartier a pourtant tout tenté, lettres clignotantes à l’appui : « gros arrivage de chrysanthèmes le 20 octobre », pouvait-on lire.  Samedi midi pourtant, le stock n’avait guère fondu.

Année après année, cette photographie instantanée du funéraire donnée dans la presse à l’occasion de la Toussaint sert en quelque sorte de baromètre. Comme l’occasion de se retourner sur l’année écoulée. Le marché est « bousculé par de nouveaux acteurs », peut-on lire. Le tire, emphatique, suggère un tsunami. Mais en vérité la mer est plus plate, et la marée montante plus régulière.

Dans ces coups de projecteurs, on sent le poids nouveau de l’internet, qui bouscule les vieux usages mais reste fragile. Le vent des concentrations, qui pèse sur un milieu éparpillé et vieillissant. L’arrivée inéluctable des financiers, force obscure qui grignote. L’émergence de nouveaux modèles, comme le financement participatif. L’émergence continue de la personnalisation des obsèques. Et la montée de la crémation, représentant désormais 35% des obsèques en France, mais demeurant en deçà de bien des pratiques européennes.

C’est aussi l’occasion de pointer ici et là le doigt sur quelques destins. Le quotidien musclé d’un marbrier. Celui un peu glauque mais combien humain d’un thanatopracteur. Les espoirs d’un ambitieux étudiant conseiller funéraire ayant pris de cours sa famille. L’ambigüité d’un homme d’Eglise prônant l’inhumation et les cérémonies religieuses mais regrettant que les prêtres se raréfient. Une Eglise condamnée aussi à suivre ses fidèles dans des crématoriums laïcs, faute de les perdre. Pas de thèmes véritablement émergeants cette année dans ces articles de journaux. Juste la vie qui va, et qui nous raconte, nous face à la mort.

Fleuriste : le champion du monde évoque la Toussaint

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Concours Mondial des Fleuristes de Tours 2015
Palmarès du Concours Mondial des Fleuristes de Tours 2015

Tout juste élu « champion du monde 2015 » des fleuristes le 13 septembre à Tours, Mickaël Rault, 32 ans, est rentré dans sa boutique bretonne de Pontivy, Art & Végétal. Il rêve déjà du titre de « meilleur ouvrier de France », dont la finale est prévue en 2019. Dans l’immédiat, il lui faut préparer un incontournable du métier : la Toussaint.

Funéraire Info : Champion de France et Oscar des jeunes fleuristes en 2010, champion du monde cette année, après quoi courrez-vous ?

Mickaël Rault : C’est pour le dépassement de soi. Un challenge que je me donne. C’est aussi pour se confronter aux autres, et voir ce que je vaux. Après, c’est aussi une reconnaissance dans la profession. Et commercialement, vis-à-vis des clients, c’est flatteur d’afficher ce label. Les gens y sont réceptifs.

Vous êtes à votre compte depuis bientôt 11 ans. Dans votre pratique, le funéraire tient quelle part de votre activité ?

Ce n’est pas la première motivation d’achat, mais c’est quand même une part importante. Toute l’année, il y a des occasions : naissances, anniversaires, deuils, fête des mères, Noël. On est dans un métier où les opportunités se présentent toute l’année.

La Toussaint approche. Cela fait encore partie de ces moments forts dans l’année ?

Oui, encore. Mais on voit que chaque année cela se réduit. Les nouvelles générations fleurissent moins les défunts. Les traditions sont moins présentes. C’est un jour férié où on a une pensée pour la famille mais où on ne se déplace plus forcément.

Le chrysanthème est-elle toujours la plante star de la Toussaint ?

Nous vendons de la plante mais aussi de la fleur coupée. Depuis ces dernières années, le chrysanthème se vend moins. A la Toussaint, les gens veulent changer d’une année sur l’autre du trop traditionnel. Ils veulent aussi d’autres plantes, d’autres formats. On fait beaucoup des coupes de plantes, des jardins de plantes. Du coup, d’ailleurs, il devient difficile pour nous de prévoir et de quantifier.

Peut-on aller jusqu’à dire qu’il y a des modes ?

Des modes non. Mais une évolution oui. Avant, les compositions pour du deuil, c’était vraiment spécifique. Maintenant, les clients veulent des choses qui fassent moins funéraire. On joue sur les couleurs, sur ce qui fait champêtre, nature. On travaille aussi de plus en plus sur de la fleur coupée, à la Toussaint. Certaines de nos compositions destinées au deuil pourraient tout à fait être achetées pour d’autres occasions.

Auriez-vous une suggestion un peu différente pour la Toussaint ?

Par exemple un petit jardin de plantes un peu arrangé, avec de la décoration, du bois. Quelque chose de moins traditionnel, de plus travaillé. Cela nous permet aussi, à cette occasion, d’apporter un petit supplément d’âme, de nous différencier des ventes plus classiques effectuées en jardineries ou en grandes surfaces.

Mickaël RAULT gagne le Concours Mondial des Fleuristes de Tours 2015

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Concours Mondial des Fleuristes de Tours 2015
Palmarès du Concours Mondial des Fleuristes de Tours 2015

Mickaël Rault, de France a remporté dimanche 13 septembre, après plus de 15 h d’épreuves, la première édition du Concours Mondial des Fleuristes de Tours, présidée par Mikaël Besnardeau, Meilleur Ouvrier de France et Champion de France des Fleuristes 2001.

Il a été sacré, Meilleur Fleuriste du Monde, par un jury international de professionnels après 9 épreuves et face à 7 autres candidats venus de Belgique, France, Indonésie, Kazakhstan, Russie et Singapour. La 2e place est revenue à Cédric Tranchant représentant la France également, devant Sören Van Laer de Belgique.

Outre Jacques Castagné, juge et conseiller expert du Concours, le jury était composé de 6 personnalités :

  • Murielle Bailet – France, Meilleur Ouvrier de France
  • Emilia Oliverio – France, Meilleur Ouvrier de France
  • Tomas de Bruyne – Belgique, Champion de Belgique 2001
  • Frédéric Dupré – France, Meilleur Ouvrier de France
  • Gary Loen – Pays-Bas, Gagnant du Prestige Diamant à Paris
  • Gilles Pothier – France, Meilleur Ouvrier de France

Les épreuves animées par une troupe d’artistes ont débuté vendredi après-midi et se sont déroulées tout le week-end dans une ambiance conviviale pour le plus grand plaisir du public venu nombreux au Centre de Congrès Vinci de Tours et qui peut admirer toutes les œuvres réalisées jusqu’à lundi soir.

Ce Concours sur le thème, “Fleurs et Jardins, d’Ici & d’Ailleurs“, s’est déroulé dans des conditions particulières puisque, contrairement à la plupart des compétitions internationales, les candidats ne connaissaient pas les sujets à l’avance, devaient travailler seul sans assistance et, challenge supplémentaire, devaient s’adapter à créer leurs œuvres dans des conditions différentes à chaque épreuve, puisqu’elles se déroulaient dans des espaces différents du Centre Vinci aussi bien en extérieur qu’à l’intérieur.

Afin que tous les candidats soient à égalité devant les épreuves, tout le matériel et l’outillage étaient fournis à l’identique par l’organisation.

Saint-Valentin : un bouquet venu d’outre-tombe

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Shelly Golay ne s’en est pas remise. Et depuis une semaine, cette habitante du Wyoming raconte son incroyable histoire dans les médias américains. Car samedi dernier, jour de la Saint-Valentin, elle a eu la surprise de recevoir un bouquet de fleurs de son mari. Un mari pourtant mort depuis l’été dernier.

Jim, son mari, a été emporté par un cancer en juin dernier. La tumeur au cerveau inopérable avait été détectée en février 2014. Alors, quand elle a vu qu’une carte accompagnait le bouquet, la veuve s’est dit que ses enfants tentaient par-là de lui apporter leur soutien. C’était la première fête d’amoureux qu’elle passait seule depuis 28 ans. « Joyeuse Saint-Valentin mon amour. Reste forte ! A toi pour toujours, je t’aime, Jim », disait la carte.

Intriguée, ses enfants n’ayant rien envoyé, elle s’est rendue chez la fleuriste. Et là, deuxième surprise. Avant son décès, Jim s’était arrangé pour qu’elle reçoive un bouquet de rose de Saint-Valentin chaque année, et ce jusqu’à la fin de sa vie.

A la chaine de télévision KCWY13, elle raconte émue : « C’est un homme stupéfiant et il peut aimer au-delà des frontières. Il n’y a pas de frontière avec lui, même la mort. Il est juste incroyable. Le conte de fées romantique, le chevalier dans son armure étincelante, cela ne se trouve pas comme ça. Et, même si nous n’avons pas eu la fin classique des contes de fées, c’était exceptionnel ». La fleuriste, elle, a joué le jeu, ravie de voir que cela  « n’arrive pas que dans les films ».

Les fleurs et le funéraire, un amour éternel ?

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Intimement liés, les fleurs et le deuil font bon ménage. Alternative à la bonne plaque de granit quasi indestructible, l’on constate de plus une diminution du budget, crise oblige…

Éphémère classique éternel

06-300x225 Les fleurs et le funéraire, un amour éternel ? Les fleurs. Si l’on donnait le montant cumulé, à chaque croque-mort, lors de son départ à la retraite, de la valeur des compositions qu’il a porté, ses vieux jours seraient vécus dans une opulence rare. Raquettes, coussins, paniers, coupes, « bombes à eau » ou plante en pot, les budgets investis dans l’art floral sont souvent conséquents.

La fleur est l’alternative éphémère aux plaques de granit, pérennes mais encombrantes, l’accumulation au fil des années se faisant, et aux fleurs artificielles, qui, bien que de nombreux progrès en la matière aient été faits, conservent tout de même un caractère… peu naturel. Mais le roi floral est néanmoins menacé : le végétal se trouve aujourd’hui soumis à un régime imposé par la crise, et se voit concurrencé par les associations humanitaires.

L’économie

07-300x225 Les fleurs et le funéraire, un amour éternel ? Même si la crise économique ne frappe pas de plein fouet toutes les familles, elle a tout de même un impact sur le moral. De plus en plus de gens rechignent à investir plusieurs centaines d’euros dans une composition florale, soit parce que cet argent pourrait faire la différence dans leur budget à court terme, soit parce qu’il pourrait être utilisé de manière plus utile.

L’on peu interpréter cette diminution de deux façons : l’une, plutôt négative, est de voir là dedans une forme de sacrifice. L’autre, positive, un recentrage des valeurs. Dans ce dernier cas, la qualité de l’hommage ne serait plus liée à l’argent qu’on y a mis, mais dans sa personnalisation. Tout à coup, dirai-t-on, des familles se rendent compte qu’ils accompagnent le défunt avec des fleurs achetées, alors que les rosiers que le défunt entretenait depuis des années dans son jardin dépérissent faute de soins.

Le social

281207_155411_PEEL_FJwk8e Les fleurs et le funéraire, un amour éternel ? Une tendance se développe de plus en plus : préférer, aux fleurs, les dons à des associations. Encore, peut être, un effet de la crise. La multiplication de ces demandes tient plus, certainement, à une sensibilisation aux manques. La recherche a besoin d’argent, et peut être par philanthropie (le défunt souhaite que ce qui lui arrive n’arrive plus à d’autres) ou par amertume (« si la recherche avait eu cet argent, ils auraient peut être pu me guérir ») lui, ou sa famille si elle pense que cela lui correspondrait plus, opte pour le don.

Les fleurs sont ici interprétées comme un gaspillage inutile, si l’on pousse l’interprétation à l’extrême.

Et la crémation

Le cas d’une crémation est pose aussi parfois une nouvelle problématique : que faire des fleurs en cas de dispersion, ou si l’inhumation de l’urne dans une éventuelle sépulture de famille est planifiée beaucoup plus tard ? Ou si l’urne est laissée en dépôt au crématorium pour une durée indéterminée ?

Le nombre et l’importance des compositions florales, c’est un fait généralement constaté partout, est substantiellement inférieur à celui des inhumations. Ceci explique peut être cela : l’aspect pratique des fleurs, et qu’en faire, prime sur l’importance de cet offrande symbolique.

L’avenir ?

arton17-300x251 Les fleurs et le funéraire, un amour éternel ? Alors, quel est l’avenir des compositions florales ? Nulle réponse ici. Du côté des fleuristes, deux écoles se font face : ceux qui se plaignent ou cèdent au fatalisme, ou ceux qui cherchent à s’adapter, avec des compositions plus resserrées en terme de budget, mais aussi plus créatives. L’on notera par exemple l’apparition de coussins spécifiques en osier tressé, sans mousse pour l’eau, destiné aux crémations, et qui peut recouvrir le cercueil au moment de la mise à la flamme.

Les fleurs resteront certainement encore pour des années des composantes du rituel funéraire, mais, à l’instar des plaques funéraires, leur déclin semble inéluctable. Ce marché ne peut plus se contenter, dans tous les cas, de vivre sur ses acquis, et devra se lancer dans une course à la créativité. Pour preuve, la traditionnelle couronne est devenue rare, voire anecdotique.