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Vols dans les cimetières : L’irrespect aux portes de la mémoire

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On entend souvent dire que les familles désertent les cimetières. Soit. Ce qui déserte surtout, c’est le respect. On ne compte plus le nombre d’articles ces dernières années sur les vols au cimetière. On est passé des inserts aux fleurs et même aux sculptures. Et même lorsqu’il n’y a pas de vol, il y a dégradation. Et si c’était surtout la mémoire que l’on volait ?

Depuis la loi de 1905 l’État et l’Église sont deux entités bien distinctes. Je ne vous refais pas ici l’histoire des cimetières mais à mesure des époques, nous savons que pour des raisons religieuses et d’hygiène les cimetières ont été construits en dehors des enceintes des villes – rattrapés aujourd’hui par l’agrandissement des villes mais c’est un autre sujet. En éloignant le lieu du repos éternel on a également éloigné l’image qu’on en avait. La religion s’est déliée des pratiques culturelles, des mariages, des naissances… et des décès.

Au fur et à mesure les rituels sont devenus des odes à la mémoire, des hommages et l’on a transformé la foi en souvenir. Mais le respect lui est toujours là. Le respect dû aux morts. La France particulièrement est très impliquée dans le devoir de mémoire qu’il soit historique ou particulier.

Et c’est précisément parce que la dimension sacrée est toujours présente qu’il est si facile de la piétiner. Certaines personnes sans scrupule n’hésitent pas à utiliser le cimetière comme lieu de tous les larcins. Loin d’être un simple vol c’est une intrusion intime dans une famille qui est pointée du doigt.

Ça passe par le vol des fleurs, des plaques, des sculptures, de cuivre ou de marbre. Le vol est facile, les plaintes peu déposées et le but est bien souvent la revente.

Outre le vol d’objet dans les cimetières. Certains profitent également des cérémonies pour ne pas hésiter à aller voler les familles des défunts à leur domicile. Un vol sur un abus de faiblesse. Les familles souvent fragilisées à ce moment là ont également du mal à porter plainte, sonnées par l’acte inqualifiable qui vient s’ajouter à leur peine. La colère se rajoute au deuil.

Vous vous souvenez tous également du phénomène Pokémon et de tous les joueurs qui ont piétiné la « mémoire de Verdun ». Pas pareil ! vous allez me dire. Mais peut-être que si. Peut-être que la mort et la mémoire sont liées. Et il est peut-être urgent de retracer la frontière invisible du sacré.

Alors qu’est-ce qu’on a loupé ? Qu’est ce qu’on a raté ? Doit-on éduquer la société à la mémoire et à la mort ? Un vol est toujours une douleur pour les victimes car cela correspond à une violation de la vie privée, on nous prend quelque chose qui nous appartenait. Et ici précisément on nous vole le lien invisible entre d’un côté le réel, le concret et de l’autre, l’indicible, le permanent.

Toussaint : revue de presse des portraits

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presse papier
Presse papier en France

Dans ce chapitre, retrouvez les pompes funèbres, stars incontestables du marché. Mais le funéraire, c’est avant tout un métier de professionnels. Chaque année nous livre son lot de beaux portraits, qui sont également à découvrir ici.

Sur France Inter François Michaud-Nerard

En ce jour de la Toussaint, veille de Fête des morts, le directeur des services funéraires de la Ville de Paris rappelle que « la mort est encore un sujet tabou dans la société ». Un article à écouter et à lire ici.

Sur France Info – Les métiers du funéraire évoluent

Porteurs, chauffeurs, conseillers, les métiers du funéraire sont pourvoyeurs d’emplois et certaines entreprises permettent de tout contrôler à distance. Un article à lire ici.

Dans Ouest France – Marcel et Nicolas, de Pontivy

En voilà que la Toussaint ne déprime pas. Marcel et Nicolas, conseillers aux pompes funèbres Rouillard, de Pontivy, côtoient la mort au quotidien. Un métier qu’ils ont choisi et qu’ils apprécient. Un article à lire ici.

Dans Dici.fr – Les Pompes Funèbres Aubin de Gap

Découvrir une passion, comprendre un métier, vivre une profession, vous devez avoir le droit à la parole. Des coups de gueule, de l’émotion, des inquiétudes, chacun, dans les Alpes du Sud, doit s’exprimer. D!CI’MMERSION est là pour ça. Avec Valentin Doyen et Irénée Rostan. Dans cet épisode, plongée aux pompes funèbres, et c’est à voir ici.

Dans Nord Littoral – Ils exhument les corps

De Coquelles à Sangatte, en passant par Vieille-Église ou Ardres, le problème des places dans les cimetières touche de nombreuses communes. Dans ce cas, les mairies font souvent appel à des entreprises pour qu’elles procèdent à des exhumations de corps. Nord Littoral se penche sur ces travailleurs de la mort ici.

Sur France Bleu – Les pompes funèbres Duluard

Le PDG des pompes funèbres Duluard, Christophe Nail etait l’invité de France Bleu Maine ce mardi. Etat des lieux des inhumations des crémations en Sarthe. C’est à lire ici.

Dans Ouest France – Un nouveau concept à la maison funéraire de Flers

À Flers, il n’existe pas de lieu neutre où les familles des défunts peuvent se retrouver pour une cérémonie d’hommage. Sébastien Peschet souhaite répondre à cette demande. Un article à lire ici.

Dans Vosges Matin – Bernard Didier, croque-morts Vosgien

Depuis 30 ans, Bernard Didier tient le magasin de pompes funèbres de la cité. Un choix qui ne doit rien au hasard et qu’il assume parfaitement au service des familles endeuillées. Un article à lire ici.

Dans Le Courrier Picard – Confidences de pompes funèbres

Romain Warluzelle, 27 ans, est la troisième génération de l’entreprise des pompes funèbres éponyme, rue de la Troisième-D.I. (cimetière Saint-Acheul). Arnaud Carbonnier, 25 ans, est la cinquième génération à Friville-Escarbotin et travaille aussi à Amiens. Ils racontent, et c’est à lire ici.

Dans Nord Littoral – Pierre Rabin

«  C’est difficile de dire qu’on s’endurcit avec le temps. On ne peut pas être insensible  », reconnaît Pierre Rabin. Il y a 54 ans, il a commencé à travailler dans les pompes funèbres. «  Si je suis entré dans le métier, c’est pour le contact humain, raconte-t-il. Car en dehors du côté commercial, on est une aide de passage. On est là pour aider les familles à franchir un cap. » Un portrait à lire ici.

Dans Ouest France – Livreurs de fleurs

De génération en génération, l’entreprise familiale d’Anthony Mauger et Cédric Hay propose à ses clients de livrer des pots de fleurs directement sur les tombes lors de la Toussaint. Un article à lire ici.

Dans Vosges Matin – L’homme de l’Art

Bernard Didier n’a rien de sinistre, c’est plutôt un boute-en-train qui croque la vie ! Depuis 30 ans, il tient le magasin de pompes funèbres géromois avec un sens de l’empathie et de l’écoute envers les familles endeuillées. Ce fringant sexagénaire est Gérômois depuis plus de trois générations. « Je suis fils, frère et petit-fils de boulanger, en bas des Xettes, rue de Liézey » , explique-t-il fièrement. Son portrait est à lire ici.

Chronique sépultures : Et si vous me racontiez votre histoire ?

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Suite et fin de la chronique consacrée aux sépultures. Si lundi nous sommes retournés à l’histoire même de ces lieux de repos éternel, nous sommes ensuite partis à la découverte de la société Couleurs d’Ailleurs, qui nous parle de l’importance symbolique du fleurissement des tombes. Nous avons également fait le point sur l’entretien des sépultures grâce à Yann de la société En Sa Mémoire et nous avons émis nos espoirs dans la recherche du cimetière écologique de demain.

Pour terminer cette chronique c’est à vous que je donne la parole. Je vous ai demandé tout au long de la semaine ce que voulez dire pour vous le cimetière et surtout à cette période de l’année.

J’habite à Hyères, comme beaucoup j’ai migré dans le Sud pour le travail et j’y ai trouvé un compagnon. Ma vie est ici mais je suis originaire de Denain dans l’Ouest. Allez au cimetière à la Toussaint c’est normal pour moi puisque nous retournons en Bretagne avec nos enfants aux vacances de la Toussaint. La plupart des membres de ma famille sont enterrés là. Quelque part ça m’arrange de ne venir qu’à la Toussaint, je ne vois que des tombes fleuries et je garde ce souvenir quand je repars, même si je sais bien que toute l’année, ça n’est pas comme ça.  Laure, 43 ans. 

J’en ai vu passer des Toussaint ! Ça fait 30 ans que je suis là. Et j’en ai vu des familles, des pompes funèbres, des petits gars de la ville, des policiers. Quelque part ça me rassure, j’ai passé ma vie ici, et je sais que je la finirai là aussi. Y a pas de mauvaise surprise.            Luc, 58 ans, gardien de cimetière.

Faut y aller c’est comme ça, c’est un devoir. J’y passe beaucoup de temps, car    vous savez à mon âge je connais plus de monde sous terre qu’au dessus. J’y emmène parfois mes petits enfants en leurs disant, « tu vois toi aussi tu viendras me voir ». Ils ne veulent pas en entendre parler, pourtant c’est important, c’est le cycle de la vie.        Elise, 81 ans.

Je déteste la Toussaint ! je me dis que tous ces morts là en dessous, ils doivent nous trouver bien bêtes de venir piétiner leur endroit tranquille d’un seul coup. Un peu comme à la Saint Valentin. Moi quand je serai morte, j’espère au moins qu’on me laissera tranquille.          Justine, 32 ans.

Je viens manger là tous les midis. J’ai perdu ma sœur jumelle dans un accident de voiture il y a 3 ans. Inconsciemment j’ai tout fait pour rester près d’elle, je travaille jusqu’à côté et j’habite juste en face. Le midi je viens lui raconter mes histoires, je sais qu’elle n’est plus là, mais je me dis que sa tombe c’est notre endroit à nous, juste à nous. Edouard, 24 ans.

J’habite juste en face, pour moi le cimetière ça ressemble à l’Ouest américain toute l’année avec les feuilles qui volent, mais là à cette période, les fleuristes passent, les entreprises privées, les familles, tout est multicolore c’est magnifique. Il suffit qu’il y ait un enterrement à la même période et là c’est le pompon !    Gérard, 60 ans.

  • Je lui dis toutes les semaines ! je veux aller là.
  • N’importe quoi.
  • Voyez ? pas moyen de parler pourtant il le faut ! si je meure tu ne sauras même pas quoi faire de moi.
  • Je ne sais déjà pas quoi faire de toi quand t’es en vie !
  • Ahaha, non mais sérieusement, tu sais où tu veux aller toi ?
  • Ben oui dans tes bras, si tu meurs, c’est dans tes bras que je veux aller.

Lucien et Marie, 81 et 84 ans.

Ça me rend triste la Toussaint, je pense que c’est un peu le temps qui veut ça aussi. Si la Toussaint était en été ça changerait tout. Mais moi ce qui me déprime c’est ça, LA tombe que personne ne vient jamais visiter. Celle qui va rester vide toute la période. J’attends que tout le monde soit parti, je vais dire deux trois mots, et je mets une petite fleur. Même si c’était quelqu’un de détestable dans la vie, on n’a pas le droit d’ignorer ses morts. 

Marguerite, 58 ans.

Pour nous c’est jour de balade, on flâne ici tous les dimanches, on visite des appartements comme dirait l’autre. On prend un pique nique et soit on refait l’histoire, on invente des trucs sur les histoires des uns ou des autres.

Sylvie et Éric, 71 ans.

Parez-vous de vos plus beaux vêtements, l’autre monde vous attend. N’attendez pas le 1 et 2 novembre si vous pouvez y aller avant. Et si vous ne pouvez pas vous y rendre, n’oubliez pas que le cimetière n’est qu’un endroit de souvenirs parmi tant d’autres et que le vrai hommage, vient du coeur.

Chronique sépultures, les fleurs du deuil : Couleurs d’Ailleurs

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De tout temps les fleurs ont revêtu une signification particulière au moment des obsèques. Dès l’Égypte antique étaient déposées des fleurs sur la momie transportée dans une barque. Les fleurs représentant l’âme du défunt. Dans beaucoup de religion – juive, et musulmane notamment- il n’est pas coutume d’apporter des fleurs aux enterrements. En revanche c’est très ancré dans nos traditions chrétiennes, et encore aujourd’hui à quelques jours de la Toussaint, les fleuristes se parent de leurs plus belles couleurs, pour égayer l’autre monde.

Les fleurs de deuil de Couleurs d’Ailleurs

Les fleurs apparaissent durant tout le processus de deuil, de la mémoire au défunt, à la compassion envers la famille. Les fleurs permettent d’exprimer les émotions. Symbole de tristesse, d’espoir ou d’innocence elles permettent de créer un lien avec la personne décédée.

En ce sens il y a beaucoup de personnalisation et c’est ce que recherche certaines familles afin de rendre ce geste symbolique unique « Une donnée très importante aujourd’hui est la touche personnelle à chaque composition, le petit détail qui fait le plus tel que : un décor de fil métallique de couleur, un fil bois, un papillon, une coccinelle, un champignon etc…. » explique Philippe BOISSEAU de la société Couleurs d’Ailleurs, entreprise Bretonne située dans le Morbihan.

Fleurs fraîches ou artificielles ?

Certains préfèrent la spontanéité et la richesse éphémère d’une fleur fraîche, certains préfèrent la stabilité et la longévité de la fleur artificielle. Quelque soit sa durée de vie, la fleur reste un élément dument choisi afin d’orner une tombe.

Les fleurs artificielles répondent davantage à une demande précise : Nous réalisons beaucoup de compositions de fleurs artificielles sur mesure pour des clients qui ont une idée bien précise du fleurissement de leur sépulture par le choix des fleurs leurs couleurs et la forme de la composition. Nous proposons à nos clients des gammes spécifiques à chacun pour se démarquer. Bien sur nous avons une gamme de compositions florales généraliste tout en gardant une qualité de fleurs et de montage de haute qualité, ce qui est très recherché par de nombreux clients. Nous avons une forte demande pour les compositions de fleurs artificielles pour la décoration intérieur tel que les salons et chambres funéraires, les halls d’entrée etc… Le primordiale est de pourvoir satisfaire un client ayant une idée précise de sa composition, de sa qualité, de son bon maintien sur la sépulture grâce un lourd lestage, et de pouvoir adapter là compositions florale a un contenant deja existant ce que nous faisons.

 

Plaques funéraires : Les discounters de la Toussaint

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La Toussaint arrive, et avec elle fleurissent, non seulement les chrysanthèmes, mais aussi les publicités pour des plaques et accessoires funéraires au rabais. Tout à coup, votre marchand de saucisson discount se découvre une vocation de marbrier. Edito en immersion chez les croque-morts des jardineries.

C’était pourtant une journée qui commençait bien : je feuilletai distraitement les publicités qui avaient échouées dans ma boîte aux lettres. On ne sait jamais, une bonne affaire pouvait échapper à ma vigilance.

Donc, au détour d’un catalogue plein d’idées de génie, je tombai sur des plaques funéraires pour la Toussaint, entre une bassine en plastique thermoformée verte translucide et un pouf gonflable. Puis je tombai de ma chaise. La plaque était vendu cinq euros. Diantre, fichtre, par la malepeste, mais comment cela se pouvait-il ? Il me fallait vérifier.

Chez les discounters

Le rayon était bien fourni dans la bimbeloterie entre les magnifiques compositions florales en plastique non biodégradables, dont la durabilité dans le temps n’était pas à démontrer, malgré sa nette tendance à pâlir aux ultra-violets, et les fameuses plaques. Le tout sur un rayon, présentant des « produits de saison », quelques vestiges de rentrée scolaire et quelques guirlandes de Noël.

Je demandai donc au vendeur qui mettait en rayon des boîtes aux lettres (aux normes) « Tiens, vous avez un rayon Toussaint ? »

Oui, m’expliqua-t-il, le magasin proposait divers articles pour la Toussaint, qui était un événement de saison. Un peu comme ils vendaient des piscines en plastique gonflable pour l’été, ou des jouets en plastique pour Noël.

Les plaques n’étaient pas, elles, en plastique, mais dans un fort joli granit. Enfin, un granit très photogénique, sur le catalogue, tout du moins. Terne, en réalité, il s’effritait sous les doigts lorsqu’on le frottait sans forcer.

« De la poudre de granit reconstitué » m’expliqua un vendeur, ajoutant « enfin, un truc dans le genre, je crois ».

Il existe également la version gravée. Une fort jolie gravure, réalisée, très certainement, dans un pays du tiers-monde par un enfant handicapé en échange d’un bol de riz. Nulle trace d’inter, en revanche. Je posai la question, réponse du vendeur « C’est quoi, un inter ? ».

Dans la jardinerie

Autre rayon Toussaint, dans une jardinerie. Le rayon funéraire existe bien, caché derrière les pots pour plantes d’extérieures et arbrisseaux. Deux étagères, de quarante centimètres de large, présentant un entassement de plaques, et une petit présentoir ou étaient suspendus les inters classiques, « à mon papa », « à ma maman » etc.

Le vendeur m’expliqua, un peu blasé, que oui, il y avait un rayon articles funéraires, qu’il était là toute l’année, que les ventes étaient minimes, mais que quelques clients venaient le demander lorsqu’ils s’avisaient de le supprimer. Des plaques en granit chinois très bas de gamme, un tarif moyen de trente euros, un pied sous-dimensionné, on devine qu’au premier coup de vent, ça casse. Les plaques de la jardinerie, ils ne les vendent pas, ce sont les gens qui les achètent.

Bref, on sent que le sujet l’ennuie, mais il s’éclaire soudain quand on parle végétaux. Je ressort de sa jardinerie sans plaque, mais avec un cerisier du Japon.

Concurrence ?

Peut on dire que les bimbeloteries et jardineries font de la concurrence aux pompes funèbres en matière d’articles funéraires ? La réponse est claire et nette : non, vraiment pas.

D’un point de vue qualitatif et du point de vue de la durabilité, on n’est pas sur les même produits. On n’est pas non plus sur le même positionnement marketing, ni sur la même clientèle. Les personnes qui achètent des plaques funéraires à quinze ou trente euros pour la Toussaint, qu’elles n’aient pas envie d’investir plus ou qu’elles ne puissent pas le faire, ne viendraient, de toute façon, pas dans une pompe funèbres, persuadées, à tort ou à raison, que les articles y sont plus haut de gamme, et onéreux.

Ouvrir un rayon plaques bon marché aux pompes funèbres ? Peut être. Mais ce serait peut être titiller la fibre sensible de familles à petit budget complexées de ne pouvoir s’offrir une création élaborée à cent ou deux cent euros.

Pas de quoi paniquer, donc : les plaques vendues au supermarché, en bimbeloteries, ou en jardineries, sont des plaques que les pompes funèbres n’auraient, de toute façon, pas vendues. Elles sont, en quelque sorte, la « Toussaint pour tous ».

A lire : Sifurep, les enjeux numériques du funéraire

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De gauche à droite : Loïc Damiani (Fontenay-sous-Bois), Danielle da Palma (avocate), Sandrine Abecassis (OGF), Catherine Dumas (SIFUREP), Tanguy Châtel (sociologue), François Michaud-Nérard (services funéraires Paris)et Eric Fauveau (Afterweb-Venture).

La révolution numérique a déjà impacté le petit monde des pompes funèbres, et cela ne fait que commencer. Tenter de mesurer ces bouleversements : c’était en octobre dernier l’ambition du huitième colloque annuel du Sifurep.

Le Syndicat intercommunal funéraire de la région parisienne (Sifurep donc) en publie aujourd’hui un compte-rendu en ligne. Professionnels, usagers, services publics… Garant de la qualité du service public, il s’est donc plongé dans les usages d’internet et les nouvelles offres de services générées dans ce secteur. Avis de décès et de condoléances en ligne, comparateurs de devis d’obsèques, retransmission de cérémonies, création de mémoriaux virtuels : même les sociétés de pompes funèbres classiques ne peuvent plus aujourd’hui faire l’économie d’un site web, plus ou moins complet, accessible d’un clic. Au minimum la vitrine de son activité. Au mieux un éventail de l’offre, jusqu’à la personnalisation de plaques ou la livraison de fleurs.

Ce secteur émergeant bouscule le rapport à la mort, au deuil, malmène aussi les réglementations, pose nombre de questions éthiques et redéfinit en quelque sorte un nouvel équilibre de la profession.

Acteurs historiques du funéraire et nouvelles sociétés de service ont livré lors de ce colloque quelques clés pour appréhender les bouleversements en cours. Outre Eric Fauveau (président d’Afterweb-venture, éditant Funéraire Info) et les organisateurs du Sifurep, étaient présents à la tribune François Michaud Nérard (directeur général services funéraires de Paris), Sandrine Abécassis (directrice digitale à OGF), Tanguy Châtel (sociologue), Danielle da Palma (avocate) et Loïc Damiani-Aboulkheir (maire-adjoint de Fontenay-sous-Bois, 94).

Obsèques : une facture de fleurs à la banque ?

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Une question posée sur le Facebook de Funéraire Info a déclenché une avalanche de réponses : peut on amener une facture de fleurs pour les obsèques à la banque ?
Ce qui dit la loi

La loi prévoit que les frais d’obsèques peuvent être payées par la banque du défunt, si le compte de celui-ci le permet, jusqu’à hauteur de 5000 euros. Il convient de souligner que la notion de frais d’obsèques est relativement floue. Néanmoins, les établissements bancaires prennent sans difficultés autres les factures jusqu’à ce montant.

Il convient toutefois de noter que les banques prennent en compte sans contestation une seule facture d’obsèques, la principale. Nous avons contacté des agences de trois banques, LCL, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, et les conseillers nous ont systématiquement confirmé que les factures de « frais ajoutés » passent uniquement si elles concernent des produits directement liés aux obsèques, soins de conservation émis par une autre société par exemple.

Et les fleurs ?

Les factures de fleurs ne sont pas réglées en tant que telles : si la commande de fleurs est intégrée dans la facture principale, la somme globale est réglée, mais si une facture de fleuriste indépendante est transmise, elle est refusée dans la plupart des cas.

Motif ? Selon les établissements bancaires, c’est pour éviter que des membres dispersés d’une famille envoient tous leurs factures à la banque, que certaines soient refusées et d’autres acceptées, ceci déclenchant des avalanches de contestations… Surtout que les fleurs n’étant pas essentielles aux obsèques, la banque fait clairement une faveur au demandeur.

Le meilleur moyen de faire régler des fleurs par une banque est donc de l’intégrer dans une facture d’obsèques globale, ce qui implique d’en informer votre famille dès la première rencontre.

Donc, fleurs, plaques funéraire, et même monument, peuvent se retrouver dans une facture d’obsèques si celle-ci englobe les prestations d’inhumation ou de crémation standard, et qu’elle ne dépasse pas 5000 euros.

Ainsi, une famille dont le défunt aurait souscrit un contrat obsèques pour son inhumation, et qui enverrait une facture de 5000 euros à la banque, incluant par exemple un monument, une gravure et des fleurs se verrait opposer, tout à fait légalement, un refus.

« Dans nos cœurs » revendique la plus forte notoriété

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A en croire un sondage OpinionWay d’octobre, « dansnoscoeurs.fr » est « le site d’avis nécrologiques et de condoléances le plus connu ». Interrogés, 3% des Français le mentionnent spontanément quand on leur demande le nom d’un pareil service internet. C’est ce qu’indique la société éditrice dans un communiqué.

Créée en 2010, elle fédère six groupes de presse : Ouest-France, Le Figaro, Centre-France, La Nouvelle République du Centre Ouest, La Dépêche du Midi et le Journal de Haute-Marne. Cela représente quelque soixante titres de presse et 60% des défunts français.

Un bon matelas qui voit donc « dansnoscoeurs.fr » relayer 450.000 avis nécrologiques par an. Son audience va de pair, le site affichant une fréquentation mensuelle de deux millions de visites, et dix millions de pages vues.

Dans 16% des deuils relayés sur la plateforme, des condoléances ont été déposées à l’intention des familles concernées. Soit un total de 50.000 messages de sympathie annuels. Le concept d’albums souvenirs se développe également. Quelque 2.500 ont été créés l’an dernier.

Comme nombre de sites du web de la catégorie, « dansnoscoeurs.fr » propose d’ajouter des services à son cœur de métier, notamment dans l’envoi de fleurs fraîches (4.500 commandes annuelles) et l’entretien de sépultures (via la société En sa Mémoire).

Suicide aux pompes funèbres

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Suicide de Judas
Les tranches de vie sont de retour ! Pour fêter le printemps, quelques mésaventures arrivées à des professionnels, collectées sur le vif et strictement authentiques.

L’après-midi était déjà bien avancée lorsque la dame poussa la porte de l’agence. Un mot aurait suffit à la caractériser : triste. La cinquantaine éprouvée, les vêtements ternes, le regard éteint, tout cela se retrouvai dans ce seul vocable.

Elle fit le tour du magasin, détaillant chaque article exposé. La croque-morts la laissa faire, puis, lorsque la dame semble s’être arrêtée devant un rayon précis, lui proposa son aide. La jeune femme avait déjà une solide expérience, puisque elle et son époux dirigeaient cette société familiale. Ils s’étaient répartis les tâches en fonction de leurs affinités : à elle, les pompes funèbres, à lui, la marbrerie.

La dame désigna un plaque « Je voudrais ça, s’il vous plaît ».

C’était un ornement funéraire qui avait été très à la mode dans les années 70 et devait être resté là depuis. Ravie de s’en débarrasser, la croque-morts décida de faire un geste.

« Celle-là, c’est une fin de séries. Je vous fait 50 % sur le prix ».

La cliente la fixa un instant du regard, interloquée, puis eu une réaction qui décontenança la conseillère : elle éclata en sanglots.

« Vous êtes tellement gentille ! C’est pas comme ma fille, toujours une remarque, toujours une méchanceté à me dire, jamais contente, et parfois, elle me tape ! ». Puis, reniflant, elle se reprit « oui, je vais prendre cette plaque, elle me plaît beaucoup ».

Gênée, la croque-morts préféra garder le silence, et déposa la plaque sur le comptoir de l’accueil, attendant la dame. Qui ne vint pas, et refis le tour de la boutique. Elle finit par désigner une composition de fleurs en plastique « Ca aussi, je prends »

Plus le temps passait, et plus la conseillère se disait que la cliente n’était pas forcément un modèle d’équilibre. Elle lui glissa doucement « Sur celle-ci, malheureusement, je ne peux rien faire… » se disant que la somme montait et qu’elle ne souhaitait pas profiter de la faiblesse de la dame.

« Ne vous en faîtes pas, j’ai largement de quoi payer ! » réussit à sourire la cliente avant de se diriger vers le présentoir à croix.

Il y en avait de toutes sortes, à fixer sur les tombes, les plaques, les stèles de granit, et la dame les examina toutes soigneusement avant de diriger son choix ers l’une d’elles.

« Je prends-celle-ci ». Elle y ajouta encore un petit pot de fleurs en tissu, puis se dirigea vers le comptoir pour régler ses achats.

La conseillère funéraire encaissa le montant des achats, constatant, au passage, qu’effectivement la dame avait une carte de crédit qu’on ne confie qu’à une catégorie de personnes dotées de moyens financiers conséquents, puis, s’efforçant à sourire malgré un malaise persistant, s’enquit innocemment

« Dans quel cimetière souhaitez-vous que je vous les livre, Madame ? »

La cliente la fixa, interloquée

« Mais, mais… Je les emmène chez moi. C’est pour moi ».

La croque-morts resta interloquée.

« C’est pour moi, » poursuivit la cliente « parce que ce soir, je vais mourir ! Je vais me suicider ! Je vais quitter cette vallée de larmes ! »

La conseillère stupéfaite tenta « Mais… Vous n’allez pas faire ça ! » puis, sentant que cela ne suffirait pas, passa l’heure suivante à expliquer à la femme que, oui, la vie pouvait être belle, que non, la mort était vraiment moche, et qu’il y avait encore sûrement une raison d’espérer. A un moment, elle se fit la réflexion qu’elle manquait vraiment de pratique sur ce genre de discours. Mais cela sembla fonctionner.

La dame insista pour emporter ses articles que la vendeuse avait offert de lui rembourser, pour la tombe de sa famille. La croque-morts la raccompagna jusque sa voiture, tenta encore une fois de la réconforter, et ne laissa finalement la dame partir qu’en échange de la promesse solennelle de ne pas commettre l’irréparable.

« Et alors, au final, elle a mis sa menace à exécution ? » lui demandais-je lorsqu’elle me raconta l’histoire.

« Aucune idée » me répondit-t-elle. « Dans ce cas, elle n’est pas venue chez moi ».

Guillaume Bailly

Avec fleurs et couronne

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L’on en voit régulièrement, elle est même le symbole des obsèques et de la mort : mais au fait, d’où vient la couronne mortuaire ?

Des fleurs dans la nuit des temps

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La couronne funéraire et la couronne de la mariée sont soeurs !

Les fleurs sont la plus primitive offrande de deuil : on en a trouvé jusque dans les premières sépultures néolithiques, preuve peut être d’une sensibilité esthétique au végétal jamais démentie depuis.

Au fur et à mesure du temps, en Europe, les fleurs ont agrémenté les événements solennels et festifs. Pour enjoliver les vêtements relativement ternes, les convives se paraient de couronnes de fleurs. Les dames lancèrent la mode, suivie des hommes.

Ainsi, les fleurs passèrent de décoration « de plein air », à peine remarquées, en ornements de mode.

Petit à petit, une coutume s’installa : puisque, en cette époque très catholique, l’on pensait que l’âme du défunt perdurait, des couronnes de fleurs furent déposées sur son cercueil. C’était un signe que la mort ne changeait rien à sa place parmi le groupe, ni ne modifiait son statut.

Les couronnes de fleurs tressées disparurent peu à peu des parures vestimentaires, au fur et à mesure que les teintures pour vêtements s’amélioraient, que des étoffes précieuses étaient importées, et que l’on se rendait compte que le pollen tâchait…

Mais les couronnes restèrent sur les cercueils, alors que leur signification première se perdait. Il s’agissait de rendre hommage, et cette forme bien implantée dans l’inconscient collectif perdurait. Les couronnes se mirent petit à petit à prendre du volume, le nombre de plus en plus important de fleurs représentant l’estime en laquelle on tenait le défunt.

Aux origines des fleuristes

la-couronne-ftd-souvenir-damour-300x300 Avec fleurs et couronneCe sont autant les considérations de la mode que pragmatiques qui ont collaboré à l’essor du métier de vendeur de fleurs, qui n’était pas encore fleuriste. Les marchands de fleurs étaient parmi les rares professions à ne pas avoir besoin d’autorisation pour exercer. N’importe qui disposant d’un lopin de terre et désireux de faire pousser des fleurs pouvaient les vendre.

Ainsi ancestrale, la profession de fleuriste eut tout le temps de chercher des variantes à la couronne. Outre les plantes en pot, destinées à durer sur les monuments plus que les fleurs coupées, d’autres formes apparurent.

Les premières furent les crucifix. Certains modèles étaient faits d’une base de bois, sur laquelle étaient tressées des fleurs, d’autres en fer forgé, destinés à rester après sur le monument.

La révolution arriva avec le plastique et la mousse. Toutes les formes étaient permises, croix, coussins, et bien entendu la couronne, désormais devenue trop grande pour reposer sur le cercueil, et que l’on prit l’habitude de disposer sur un chevalet.

La fin d’un monde ?

Crise oblige, la taille tend à diminuer à nouveau. Déjà les chevalets se font de plus en plus rare, les couronnes aussi. La variété de nouvelles structures, la recherche de bouquets plus modestes mais plus « efficaces » ont renvoyé les grands anciens dans le passé.

La couronne risque de devenir, à terme, une simple expression. Un terme générique pour désigner une variété de compositions florales aux essences, couleurs, formes et assemblages différents.