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Décès de personnalités, manuel de savoir-vivre quand la mort frappe

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Comment rendre hommage à un dictateur . Ne riez pas : l’exercice est plus compliqué qu’on ne le croit. Un exemple presque au hasard : Fidel Castro. Parce que l’homme était à la fois un dirigeant autocratique sourcilleux en même temps que le chef d’un état très convoité. Exercice de compassion envers les rédacteurs de communiqués officiels…

Fidel jusqu’au bout

D’un côté, nous avons Fidel, dictateur communiste à cigare et casquette kaki, ancien meilleur ami d’un des pires criminels de guerre d’Amérique du Sud, lui-même doté d’une nette tendance à faire fusiller tous les gens qui le contrarient, et pour qui une bonne journée est une journée où il a pu faire un bras d’honneur à la démocratie et aux droits de l’homme.

De l’autre, nous avons Castro, dirigeant d’un des derniers pays socialistes, résistant de toujours à l’hégémonie américaine, dont le programme éducatif a fait de son peuple le mieux lettré du monde, symbole de la révolution dont le portrait de l’ancien meilleur ami trône dans toutes les chambres d’adolescents rebelles.

Au centre, une cohorte de dirigeants mondiaux très, très embêtés. C’est dommage : si Fidel n’avait pas été si mort, ils auraient passé, certainement, une excellente journée.

Les lois élémentaires du communiqué funèbre

Il y a quelques règles à respecter dans l’élaboration d’un communiqué officiel lors de la mort d’une personnalité.

D’abord, le timing. Il faut précisément calculer l’intervalle de temps dans lequel le communiqué sera envoyé. Trop tôt, c’est que le communiqué était prêt, et c’est mal. Cela veut dire que, d’une, on s’attendait à la mort du défunt, elle était peut être même souhaitée, et, même si cela procède d’une démarche lucide, ce peut être considéré comme très impoli. Surtout si il s’avère qu’on a eu raison.

Trop tard, par contre, c’est pire. Cela peut avoir deux significations : qu’on avait à faire quelque chose de plus important, et ipso facto, que l’on met le défunt au second plan. Ou bien, si vous êtes, un exemple au hasard, un président français très très impopulaire et connu pour ses boulettes, que vous ne savez pas quoi dire.

Mais, me demanderez-vous alors, bien que j’ai horreur d’être interrompu lorsque je disserte, mais tant pis, les communiqués officiels ne sont pas préparés en avance ? Dans les rédactions des journaux, si. Mais il semblerait que, sous les ors de la République, non. Du moins, on espère que non. Parce que nombre d’entre eux ont côtoyé, ces dernières années, l’amateurisme.

Revenons-en à Fidel

Mais, revenons en à Fidel, nous on peut, et tant que ce n’est pas lui qui revient, tout va bien. Et imaginons la déconfiture des conseillers de l’Elysée à qui a été confiée la tâche de lui rendre hommage.

« Bon, les gars, je vous propose : Fidel Castro était un dirigeant…

– Ah, mais attend, il dirigeait plus, Fidel, C’était Raoul qui était aux commandes. Et puis, dirigeant, c’est comme dans dirigeant d’un pays démocratique, c’est pas vraiment ça…

– Oui, bon, tu as raison. Un truc comme : l’infâme dictateur communiste Fidel Castro ?

– Mais ça va pas la tête ? Imagines qu’on veuille refaire la Gauche Plurielle ? On peut pas se fâcher avec les cocos !

– La Gauche Plurielle ? T’es sérieux ? Tu rêves, mon gars.

– Rêver, un peu comme Fillon, tu veux dire ?

– Ouais, tu as raison : ça le fait pas, infâme dictateur communiste. Dirigeant socialiste ?

– Ben non… C’est nous aussi. Et même si ce n’est pas comparable, et que je ne suis pas sûr qu’on soit socialiste, c’est quand même assez dur de comparer un dictateur en jogging qui fume le cigare et un président en scooter qui aime les croissants…

– Bon, on fait quoi, alors ? On ne met même pas les drapeaux en berne.

– Non, il ne faut pas pousser. Quoique, pour faire plaisir à ses fans… Ca existe, en demi-berne ? En gros, le but, c’est de contextualiser Castro sans fâcher ni les communistes, ni les démocrates, faire plaisir à Raoul sans contrarier Barack, et ménager à la fois les Cubains de Cuba qui sont restés fidèles et Fidel et les cubains de Miami qui voudraient castrer Castro. Le tout, en douze minutes montre en main. Les antidépresseurs sont dans le tiroir du bas, si c’est ce que tu cherches. »

Ce qui nous donne…

Je n’ai pas pu m’empêcher de vous livrer le communiqué officiel de l’Elysée, avec quelques commentaires entre parenthèses.

« Fidel Castro était une figure du XXe siècle. Il avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquées. Acteur de la guerre froide, il correspondait à une époque qui s’était achevée avec l’effondrement de l’Union Soviétique. Il avait su représenter pour les cubains la fierté du rejet de la domination extérieure.

La France qui dénonçait les atteintes aux droits de l’homme avait toujours contesté l’embargo imposé par les Etats-Unis à Cuba. Elle s’était félicitée de son ouverture et du dialogue qui s’était rétabli entre les deux pays.

Je l’avais rencontré le 11 mai 2015 au cours de la première visite d’un Chef d’Etat français à Cuba depuis la révolution.

J’adresse à Raoul Castro son frère, à sa famille et au peuple cubain mes condoléances.

François Hollande »

On notera que le communiqué est très, très intelligent. Prenez les désillusions : personne ne précise si les désillusions sont celles des cubains, ou celles des puissances qui ont encouragé la révolution, avant de se fâcher avec Castro, au premier rang desquelles les Etats-Unis. Ménager la chèvre et le chou, attaquer quand il faut attaquer mais sans jamais préciser qui, un communiqué, en un mot, exemplaire.

Comment il va, l’autre ?

Il est très facile, alors, d’imaginer les rédacteurs de communiqués, épuisés, des plaquettes vides d’antidépresseurs et des tasses de café vides près d’eux, psalmodiant une prière laïque pour qu’aucun politique controversé ne meure avant, disons, la fin du mandat.

Paradoxalement, le dirigeant mondial le plus malin, le jour de la mort de Fidel Castro, a été Donald Trump. Le président américain élu s’est contenté d’un simple tweet, dont je vous livre la traduction complète, de tête et sans en omettre un mot : « Fidel Castro est mort ». Factuel, sans énerver personne, sans se fatiguer, d’une sécheresse de ton qui dit tout sans rien dire, en un mot : parfait. Bon, Donald Trump reste Donald Trump, et il s’est rattrapé depuis, mais il n’empêche : l’espace de quelques heures, il est devenu le dirigeant le plus malin du monde, avant de redevenir Fidel à sa réputation.

Il n’empêche : ce sera beaucoup plus simple quand le dirigeant Nord Coréen va mourir. On pourra dire ce qu’on veut, à condition de ne pas froisser ses alliés chinois, ni les Russes qui sont les alliés de ses alliés, ni les défenseurs de droits de l’homme qui aiment froisser les Russes et les Chinois, ni… Bref, les crises ne sont pas finies. D’angoisse chez les uns, et de rire à la rédaction.

Michel Rocard : cérémonies, crémation, inhumation en Corse

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Après les réactions largement partagées d’hommage, voici le temps du départ. L’ancien Premier ministre Michel Rocard (85 ans) étant mort samedi à Paris, cette semaine sera marquée par plusieurs cérémonies, avant la crémation puis l’inhumation à la fin  de l’été, sans doute en septembre.

C’est son fils Francis qui l’a annoncé : cet « ami sincère de la Corse et de son peuple », selon le nationaliste Gilles Simeoni, reposera dans le nord de l’île, près de l’Ile-Rousse. Précisément au cimetière de Monticello, d’où la dernière épouse du défunt est originaire. Un village familier à Jacques Dutronc par ailleurs.

Selon la chaine TF1, sa pierre tombale sera réalisée par le peintre et sculpteur Pierre Soulages. Un ami proche. Michel Rocard assistait il y a encore un mois à sa remise de Légion d’honneur, « fatigué mais parfaitement conscient » selon François Hollande. Le président de la République qui était présent a raconté ce week-end que son aîné subissait alors un lourd traitement contre son cancer. Dimanche, il s’est rendu à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière pour s’incliner devant le corps.

Jeudi midi, un hommage national sera rendu à l’hôtel des Invalides, à Paris. Une étape classique honorant son rôle politique dans la vie publique. François Hollande et l’ancien patron du syndicat CFDT Edmond Maire prendront la parole. D’ici là, une cérémonie religieuse sera organisée dans un temple protestant de la capitale. Michel Rocard avait plusieurs fois témoigné de sa religion dans des documentaires télévisés.

Sentant sa fin arriver, il a laissé des instructions qui célèbrent en même temps son engagement privé, son rôle public et sa vie militante. Le parti socialiste organisera en fin de semaine au siège de la rue de Solférino un hommage à son ancien Premier secrétaire. Une minute de silence est attendue ce soir à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines), à la mairie qu’il a détenu de 1977 à 1994. La crémation devrait intervenir en fin de semaine à Paris.

Hommage aux deux policiers, poing serré et corbillard carré

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L’hommage national aux deux policiers assassinés qui a eu lien vendredi a été, à maints égards, une cérémonie exemplaire. Ce qui rend d’autant plus dommages les quelques anicroches, ici et là, qui auront phagocyté le message principal et n’auront pas échappé à l’oeil des professionnels.

Un hommage

Le but de la cérémonie était pourtant simple : rendre hommage à deux fonctionnaires de police, assassinés à cause de ce qu’ils sont, à savoir des serviteurs de l’état et des dépositaires de la sécurité des honnêtes citoyens. Les familles des deux victimes, leurs collègues, le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur étaient présents.

Les familles parce que c’étaient deux personnes qu’ils avaient aimé qui avaient péri. Les policiers parce que c’était leur corporation qui étaient attaqués. Le gouvernement parce que, à travers eux, c’était la France et ceux qui étaient chargé de la protéger qui était visée. Chacun, à cette cérémonie, avait sa place, qui était légitime.

Pour en finir avec cette poignée de main

Après la cérémonie, on en a beaucoup parlé, un policier a refusé de serrer la main du Président de la République et du Premier Ministre. Beaucoup ont applaudi le geste. Pas nous.

Que ce policier rejette la politique de François Hollande et de Manuel Valls, soit. Il en est libre, la France est une démocratie, et c’est tout à fait son droit en tant que citoyen. Mais ce n’étaient, dans cette affaire, ni un citoyen, ni François Hollande, ni Manuel Valls. C’étaient un policier, le Président de la République et le Premier Ministre.

Un policier est un serviteur de l’Etat, garant de l’ordre public, assujetti à un devoir de réserve. Il y aurait des dissertations à écrire sur notre système, certainement imparfait, mais son fonctionnement est simple : la France est dirigée par un Président élu au suffrage universel direct pour cinq ans. Cette durée de cinq ans est celle durant laquelle il est dépositaire de la légitimité démocratique. Il représente la France. Si le système ne vous convient pas, la solution est simple : à l’élection suivante, votez pour un candidat qui propose un autre système. Il y en a toujours. Preuve que leurs propositions sont insatisfaisantes, ils ne sont jamais élus.

Le policier n’a pas refusé de serrer la main à François Hollande, il a refusé de serrer la main au Président de la République en exercice. Seul, c’est une faute, parce qu’il était là en tant que policier, et donc garant du respect des règles démocratiques. A partir d’un certain nombre, c’est un coup d’état.

Mais l’essentiel a été oublié, derrière ce geste éminemment politique : il a eu lieu lors d’une cérémonie d’obsèques. Même s’il s’agit d’obsèques d’Etat, les obsèques réelles ont eu lieu dans l’intimité ce lundi, ce n’en état pas moins une cérémonie d’hommage, qui devait être et rester centrée autour des deux disparus. La mémoire des deux défunts a été éclipsée par ce geste.

En un mot, ce n’était ni l’heure, ni l’endroit.

Surtout qu’il n’aura échappé à personne que ce policier avait des béquilles. Il lui aurait suffit de se faire porter pâle.

Et le reste ?

Nous avons pu voir ici et là sur Facebook des remarques de professionnels sur l’organisation de la cérémonie elle-même, et particulièrement sur l’utilisation de fourgons tout à fait standards.

C’est en effet dommage. Ces deux policiers auraient mérité à tout le moins une limousine, honneur qui est pourtant souvent accordé, aux militaires, aux panthéonisations… Un choix curieux et inélégant, en terme esthétiques.

Mais on oublie le plus important, l’essentiel, dans cette affaire : il y a quelque part en France un petit garçon de trois ans qui aurait aimé que cette cérémonie n’ait pas lieu d’être. Que son papa et sa maman soient près de lui. Le reste, la poignée de main, le fourgon carré, toutes les petites anicroches de ces cérémonies, tout cela, finalement, à ce point de vue, devient soudain très secondaire.

Hommage national aux deux policiers assassinés à Magnanville

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(capture d'écran BFMTV)

« Deux héros du quotidien » : c’est ainsi que François Hollande a qualifié ce vendredi matin Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing. Ce couple de policiers a été assassiné lundi dernier chez lui par un terroriste se revendiquant de Daesh, ensuite abattu. Ce matin, un hommage national leur était rendu à Versailles, devant la préfecture des Yvelines.

Devant les familles, une partie du gouvernement, des collègues des victimes, d’autres forces de l’ordre, en présence des cercueils, le président de la République a cité les deux fonctionnaires à l’ordre de la Nation, les décorant de la Légion d’honneur. Drapeaux, sonnerie aux morts, Marseillaise, minute de silence : tout le rituel républicain y était, pour bien montrer le côté solennel de l’hommage.

Le chef de l’Etat a dit « son indignation et son horreur », confiant qu’il lui était « insupportable de penser que ces existences si prometteuses » aient été « brutalement anéanties, victimes d’un terroriste habité par la haine ».

Le commandant Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, et sa compagne secrétaire administrative Jessica Schneider, 36 ans, ont été surpris chez eux, dans un quarter calme de Magnanville (Yvelines) lundi dernier vers 20h30 par Larossi Abballa, 25 ans, vendeur de sandwichs qui cachait bien son jeu. Il les a tous deux poignardés, leur enfant de trois ans étant présent sur les lieux. Avant l’assaut des troupes d’élite, l’agresseur s’est revendiqué de l’Etat islamique.

Selon un faire-part paru ce vendredi dans le quotidien Midi-Libre, les deux victimes seront inhumées lundi à Montagnac (Hérault) après une cérémonie devant la mairie de Pézenas. Jean-Baptiste Salvaing était originaire de cette région.

Hier jeudi dans les Yvelines, une marche blanche a rassemblé quelque 2.500 personnes. Elle a pris son départ de l’hôtel de police de Mantes-la-Jolie (où les deux victimes ont travaillé) et s’en est allée jusqu’à Magnanville, où elles habitaient depuis cinq ans. Il y avait-là dans la foule des collègues, des gendarmes, des pompiers et des anonymes, tous défilant en silence et en civil pour les fonctionnaires. Beaucoup d’émotion devant le pavillon familial. Un long moment de recueillement avant une Marseillaise entonnée.

Mercredi dernier, une minute de silence a été suivie dans les commissariats et les brigades de gendarmerie du pays, ainsi qu’au ministère de l’Intérieur et à Marseille avant le match de football France-Albanie.

François Hollande sur la tombe de Charles de Gaulle

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A quelques jours du 18 juin, date anniversaire symbolique du fameux appel à la résistance lancé en 1940 par le général de Gaulle, François Hollande s’en est allé hier lundi se recueillir sur sa tombe. Un voyage à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne) qui est une première pour un président socialiste.

Pourquoi ce déplacement ? « C’est un lieu d’histoire, de mémoire et d’unité nationale », s’est justifié le lointain successeur du Général à l’Elysée. Invité par la famille, il a également visité le domaine-musée de la Boisserie, résidence du défunt. Quitte à remobiliser ses troupes, quitte aussi à honorer les grands anciens, on aurait tout autant pu voir François Hollande faire le chemin (plus court) de Jouy-en-Josas (Yvelines) pour s’incliner sur la tombe de Léon Blum, anniversaire du Front populaire oblige.

La visite d’hier en tous cas ne laisse pas les gaullistes indifférents. Elle susciterait même la moquerie, quand ils ne crient pas à la récupération politique. Dans cette querelle autour d’une sépulture, la Présidence rétorque que l’appel du 18-juin est commémoré chaque année par François Hollande, et qu’il est normal de saluer un homme qui a fait un morceau l’histoire du pays. L’ironie veut que les socialistes critiquaient ouvertement dans les années 60 le président de Gaulle pour son autoritarisme.

Rappelons que Charles de Gaulle a acheté sa propriété de Colombey en 1934. Il y est mort le 9 novembre 1970 d’une rupture d’anévrisme en jouant aux cartes. Il avait par avance demandé une cérémonie simple, sans discours, et stipulé vouloir reposer auprès de sa fille Anne (morte en 1948) et son épouse Yvonne (décédée en 1979).

Centenaire, interdiction de courir dans l’ossuaire de Douaumont

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La polémique du jour, puisque pas une semaine ne semble passer sans qu’il y en ait une, ce sont les commémorations de la bataille de Verdun à l’ossuaire de Douaumont, et ces enfants courant dans les allées du cimetière ou il est interdit de courir d’après le réglement intérieur. Certains aiment, d’autres non, mais une chose est sûre : cet hommage censé sceller l’union divise…

Verdun, les forces en présence…

Le temps fort, c’étaient ses enfants courant parmi les tombes des soldats tombés à la bataille de Verdun, vêtus de tenues bariolées, course rythmée par les Tambours du Bronx.

Et comme toujours, il y a deux camps : les Pour selon qui les Contre sont « d’infâmes réactionnaires proche de l’extrême droite » et les Contre qui expliquent que les Pour sont des « dégénérés irrespectueux ». Les amateurs de nuances sont partis se faire un café.

Un observateur non averti pourrait être tenté de voir un troisième camp, celui des Neutres, qui expliquent que « les français sont des râleurs, de toute façon, ils ne sont jamais contents », mais la plupart du temps, ils se joignent aux Pour.

Alors, qui a tort, qui a raison ? Nous avons demandé à notre expert normand, qui a été formel « Ben, ça dépend ». En tout cas, une chose est sûre : cette cérémonie, destinée à célébrer la concorde et l’union, a été placée dès le début sous de mauvais auspices, après l’affaire Black M.

Nous avons décidé de laisser la parole aux pour, aux contres, puis de livrer notre vis appuyé sur le pragmatisme.

Les pour

Charlotte a été sensible au symbole : « Moi j’y vois un symbole. Ses soldats sont morts pour la liberté. Ils ont courus sur ses mêmes terres, pour que les générations futures soient libre. Je pense, sans parler en leurs noms, qu’ils auraient aimé, voir ses jeunes Français et ses jeunes Allemands, courir en toute liberté… » posée et pragmatique, c’est une des rares à garder son calme.

Nehra s’agace de ceux qui s’offusquent du fait que les enfants piétinent les tombes « J’en pense qu’ils sorts morts, et que pour certains, y’a rien dans les tombes. Les gens qui râlent n’ont évidemment pas compris le sens de cette commémoration : la vie continue. Moi, ça me gène pas. »

Line précise « Ce sont des Allées !!! Arrêtez de dire sur les tombes ce sont des allées » et Jules ajoute « Vous savez qu’il y a des gens qui entretiennent l’herbe qui pousse ?! Ben ils passent la tondeuse dessus et du désherbant, vous savez aussi que le mémorial à était agrandit ? Ils ont utilisé des tractopelle et ont remué la terre et trouver des restes humain là où il y avait un parking et ils en ont refait un par dessus… »

Les contre

Les contres sont beaucoup plus nombreux, du moins, à laisser des commentaires.

« Manque total de respect » « Indignée » « On ne court pas dans un cimetière » sont les réactions les plus fréquentes, dans un langage parfois très fleuri.

Tito vise les coureurs de Verdun : « je pense que heureusement qu’il n’y a plus de guerre parceque c’est pas avec eux qu’on l’aurait gagné » François trouve cela « Absurde et déplacé on ne respecte plus rien … » et Morticia ironise : « Estimons nous heureux, on a échappé à Black M … »

Mais le plus radical, c’est Corvus « Perso, on devrait arrêter les commémorations. C’est bon on va pas encore chialer et s’excuser les uns les autres pendants des siècles! C de l’histoire ancienne à un moment donner faut pas oublié certes, mais c’est bon quoi. Ceux de cette génération sont tous morts ou bientôt, et les derniers survivants ont peut-être envie aussi de penser à autre chose. Mais c’est bien humain ça de vivre dans le passé et de ce la jouer dramaturge et compagnie, avec mise en scène et…. Bah moi je trouve que dans le fond ça manque totalement de respect et ça se tourne en ridicule! »

Mais, finalement, on en pense quoi ?

A Funéraire Info, nous avons tout simplement décidé de lire le règlement intérieur du site de l’Ossuaire de Douaumont. Il y est entre autre précisé que « Une tenue correcte est exigée, pour les messieurs tête nue » et surtout « On ne crie pas, on ne court pas. »

On ne crie pas, sans doute non plus ne pilonne-t-on pas des tambours. Et on n’y court pas.

Nous nous posons une seule question. Si des enfants ont pu courir au milieu des tombes sous l’œil bienveillant du Président de la République lui-même, comment les gardiens du site, voire même les parents, vont ils ensuite pouvoir expliquer aux petits visiteurs qui joueront à loup ou à chat perché autour et sur les tombes, que c’est un lieu de recueillement ?

Comment expliquer la solennité que se doit d’avoir un lieu de mémoire ? Ce qui pose problème, ici, c’est que le Président de la République, qui est censé montrer l’exemple, approuve au prétexte d’une cérémonie officielle ce qui est interdit tout au long de l’année par le règlement. Les commémorations sont elles au dessus des règlements ? La volonté des politiques peut elle s’affranchir des obligations du commun ?

Pour théorique qu’elle soit, que direz-vous à un gamin mal élevé qui courra parmi les tombes, dérangeant les familles venues se recueillir, et qui vous répondra « C’est le président qui a dit qu’on pouvait » ?

Le site internet de l’Ossuaire de Douaumont : www.verdun-douaumont.com

Grève et blocage, vers une interdiction de mourir en France

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La grève en cours pose déjà problème, et celles à venir inquiètent. Jusqu’où ce conflit pourrait-il aller ? Aucun des protagonistes n’a d’intérêt céder. A Funéraire Info, nous avons poussé la théorie à son paroxysme, et nous sommes posés une : et si mourir devenait interdit en France ? Scénario Catastrophe.

Théorème

Le théorème posé par les analystes politiques est simple : personne ne peut céder.

La CGT a misé sur sa radicalisation pour endiguer la baisse constante de ses adhérents. Si elle emporte une victoire dans ce conflit, elle pourra, non pas revenir à son statut précédent, mais ne pas en tout cas être perçu comme un syndicat minoritaire, suite à sa cuisante défaite aux élections professionnelles.

Les autres syndicats voient aussi l’occasion de gagner quelques acquis et de marquer des points. La stratégie est limpide : paralyser le pays juste avant l’Euro de Football, misant sur le fait que le gouvernement ne laissera pas s’imposer l’image désastreuse de la France dans le monde que donnerait un Euro manqué. Les autres formations syndicales rejoignent la CGT, et, une fois un accord trouvé, la laisseront tomber. Ils se créeront ainsi à peu de frais une image sage, comparé aux jusqu’au-boutistes cégétistes. D’une pierre, deux coups.

François Hollande et Manuel Valls ne peuvent pas lâcher. S’ils cèdent, c’est la fin : ils sont sûrs de ne pas être réélus, et si l’un ou l’autre persiste à se présenter en 2017, de donner au parti socialiste une défaite dont il aurait du mal à se relever. S’ils ne cèdent pas, c’est la même chose, à une nuance près : tant que le président est aux commandes, il a de l’autorité. S’il cède face à la rue, l’année qui reste avant la fin de son mandat ne lui appartiendra plus.

Phase un, semaines 1 et 2

Le blocage des dépôts de carburant se poursuit depuis plusieurs jours. Quasiment dès le début, les groupes pétroliers ont annoncé, dans certaines régions, déjà puiser dans les réserves stratégiques. Total, dans un communiqué, que le lien de confiance entre ses salariés et le groupe est rompu, et que la société va sérieusement revoir ses projets d’investissements futurs en France.

Déjà en grève ponctuelle, la SNCF annonce le durcissement du mouvement. Un préavis est déposé par les contrôleurs aériens.

Paniqués, les français font le plein d’essence, créant ainsi eux-même la pénurie qu’ils redoutent.

Les véhicules de pompes funèbres sont prioritaires pour l’approvisionnement en carburant.

Phase deux, semaine 3

Les dépôts de carburants sont bloqués. La SNCF et les contrôleurs aériens ont mis leur menace à exécution, et la France est paralysée. Les centrales nucléaires se mettent à l’arrêt les unes après les autres : l’alimentation électrique est très perturbée.

Total, lassée, annonce le transfert de ses activités de raffinage et la fermeture de ses raffineries en France. La situation se durcit encore.

Face à la pénurie, les corbillards ne sont plus prioritaires. Seuls les véhicules de transport de corps avant mise en bière sont autorisés. Les convois sont suspendus, les chambres froides réquisitionnées pour y déposer les défunts. Les rapatriements à l’étranger sont interrompus.

Phase trois, semaine 4

La France est totalement bloquée. Les réserves de carburant restantes sont réquisitionnées pour les secours d’urgence, l’armée et la police, occupées à maintenir l’ordre sur les piquets de grève de plus en plus nombreux.

La presse quotidienne régionale et national a arrêté de paraître, faute d’approvisionnement en papier, encre, et énergie pour faire tourner les rotatives. Faute d’électricité, internet est accessible sporadiquement.

Les dépôts mortuaires sont saturés. Des coupures de courants de plus en plus fréquentes dans les cellules réfrigérées ont de plus créé une situation sanitaire catastrophique. De plus en plus de difficultés d’approvisionnement en carburant poussent les préfets à réquisitionner l’armée pour transporter les défunts dans des véhicules inadaptés.

Le premier cas de choléra est signalé en plein XIXéme arrondissement de Paris.

Phase quatre, semaine 5

Face à la situation, alerté par le Ministre de l’Intérieur et la Ministre de la Santé, le Président de la République demande aux personnels médicaux de maintenir les patients en phase finale en vie le plus longtemps possible.

Faute de médias, la nouvelle est propagée par le bouche à oreille, et déformée. La rumeur colporte que le gouvernement est devenu fou et a interdit de mourir en France. Quelques agitateurs en profitent pour amplifier le mouvement et comparer la France à la Corée du Nord. Épuisés et lassés, les français manifestent leur grogne de façon de plus en plus violente.

L’euro de football est annulé. Un supporter de football qui s’était joint à une manifestation tente de franchir un barrage près le l’Elysée pour aller donner un ballon de football à François Hollande. Croyant à un attentat, il est abattu par la police.

Phase finale

300 députés de tous bords appellent à une session extraordinaire. Une motion de censure est soumise et votée à l’unanimité. Le Président de la République reçoit la démission du premier ministre et annonce la dissolution de l’Assemblée Nationale. La grève s’achève. La situation met plusieurs semaines à revenir à la normale.

Quelques mois plus tard, le président nouvellement élu réalise que l’ordre de maintien en vie des patients en phase finale court toujours, mais n’est plus appliquée. Il décide d’abroger discrètement le texte.

Nombreux hommages après le décès de Jean-Pierre Coffe

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(capture Youtube)

Les hommages ont afflué toute la matinée ce mercredi après l’annonce de la mort de Jean-Pierre Coffe. Le critique gastronomique et animateur de radio-télé, connu pour ses coups de gueule, a succombé chez lui en Eure-et-Loir dans la nuit de lundi à mardi, âgé de 78 ans.

C’est d’abord Laurent Ruquier qui a twitté mardi soir la confirmation du décès, qu’il connaissait déjà hier à l’heure d’enregistrer son émission de RTL Les grosses têtes. « J’aimerais tant qu’il m’engueule encore », regrette l’animateur, proche de Jean-Pierre Coffe, connu à l’antenne de France Inter dans les années 90. Sur RTL, Ruquier a confié : « Il souhaitait partir en toute discrétion, c’est raté. Mais discrétion et Jean-Pierre Coffe, ce sont deux choses qui ne vont pas forcément ensemble. »

Sur la même antenne ce matin, Michel Denisot s’est souvenu. C’est lui qui a sorti Coffe de son restaurant en 1984 pour le faire entrer sur Canal +. Il était « singulier ». « il faisait un métier qui s’appelait Jean-Pierre Coffe. Il était méticuleux, il ne fallait pas le bousculer, il était assez taquin… Il ne faisait pas les Grosses Têtes par hasard ! ». Pour Michel Denisot, Jean-Pierre Coffe a renouvelé la façon de parler de cuisine dans les médias. Il met aussi en avant son « l’immense talent de comédien ». Sa vraie vocation, à l’entendre.

Ceux qui l’ont côtoyé disent leur tristesse, notamment sur Twitter. « Épicurien à l’humour tranchant. Dent dure et cœur tendre », selon l’humoriste Anne Roumanoff. « Je vais boire un coup à sa mémoire. C’était pas de la merde ! », pour l’animateur Laurent Baffie. « Cruel coup du sort, un homme généreux », pour Stéphane Berne. Nagui, lui, retient les moments de rigolade. « Drôle et humain », renchérit Julien Courbet. « Brillzant, intelligent », pour Christophe Beaugrand.

Signe d’une grande popularité du défunt : « Jean-Pierre Coffe était un bon vivant et avait le goût de partager avec ses amis et les Français le plaisir des rencontres et des saveurs », a communiqué le président de la République François Hollande en personne.

C’est aussi ce que racontait ce mercredi matin sur RTL un ami proche, le dessinateur de BD Philippe Geluck : « Jean-Pierre Coffe, c’est la vie incarnée, c’est la fidélité, c’est la générosité, et c’est un puits de science. C’était un homme d’une culture infinie, et qui avait tellement envie de partager. Il avait cette qualité rare quand vous l’appeliez de tomber toujours bien, de ne jamais le déranger… Il vous faisait croire que vous étiez le type le plus important du monde… À chacun de nous, à chacun de ses amis, et c’est une de ses grandes forces. » Et de poursuivre : « On dit que le français est râleur. Lui c’était la quintessence de la râlerie. Il en avait fait un signe de reconnaissance, comme ses lunettes. Au-delà de ça, pourquoi les gens l’aiment tellement ? C’est parce qu’il aimait les gens. »

Affaire Jacqueline Sauvage : Hollande en juge de paix

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(capture Youtube)

Que décidera François Hollande face à la mobilisation croissante réclamant une grâce présidentielle pour Jacqueline Sauvage ? Le président de la République reçoit ce vendredi après-midi à l’Elysée les filles et les avocates de la sexagénaire.

Début décembre dernier, la cour d’assises du Loir-et-Cher a confirmé en appel la condamnation de Jacqueline Sauvage (66 ans) à dix ans de réclusion. Motif : en 2012, après 47 ans d’enfer familial, elle a tué son mari Norbert de trois coups de fusil dans le dos. Selon son comité de soutien (400.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne), elle a été « victime ainsi que ses enfants de viols répétés et d’extrêmes violences conjugales ». Pour eux, la société n’a pas su protéger ces femmes et ses enfants. Les victimes, ce sont eux.

Et c’est cette défaillance qui rend inadaptée la condamnation. Samedi dernier, une manifestation de soutien a été organisée à Paris. Des Femen ont manifesté devant sa prison, dans le Loiret. Une partie de la classe politique s’en mêle aussi, désormais, tant à gauche qu’à droite. La maire de Paris Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Daniel Cohn-Bendit, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Jean-Christophe Lagarde…

Jusque même l’ancienne ministre de François Hollande Marie-Arlette Carlotti. Dans une lettre ouverte, parlant d’un « geste désespéré », cette dernière écrit : « Une femme qui lutte contre la violence subite jours après jours, dans le silence de son foyer, pourrait être considérée en légitime défense. En 2015, 600000 femmes sont battues quotidiennement, 134 d’entre elles sont mortes sous les coups de leur conjoint. Rouée de coups, Jacqueline Sauvage aurait pu mourir 100 fois. » Quant à la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, sans se prononcer, elle se déclare « bouleversée ».

Par principe, le chef de l’Etat n’est pas trop favorable au principe de la grâce présidentielle. Celle-ci ne signifierait en tous cas pas amnistie. Les « circonstances exceptionnelles » de ce dossier, dont il a lui-même convenu, pourraient peut-être changer les choses.

20 ans : Mitterrand, un anniversaire très politique

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(capture BFMTV)

François Mitterrand est mort voici vingt ans à Paris. Son successeur socialiste à l’Elysée François Hollande est venu ce vendredi se recueillir sur sa tombe à Jarnac (Charente), manière de lui rendre hommage et d’établir une sorte de filiation.

Finalement terrassé par un vieux cancer de la prostate, l’ancien Président avait quitté le pouvoir en mai 1995. Depuis, il écrivait, voyageait, difficilement. Six ans après sa mort, deux journalistes ont écrit qu’un produit lui avait été administré pour abréger ses souffrances. Le 11 janvier 1996, le corps a rejoint son village natal de Jarnac pour une cérémonie familiale. Autour du cercueil recouvert du drapeau national, devant la petite église, des proches, des sympathisants et ses deux familles, ses trois enfants. A la même heure, une messe est donnée à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

 Deux de ces enfants, Gilbert Mitterrand et Mazarine Pingeot, ont accompagné ce matin le président Hollande dans les allées du cimetière. Le trio s’est arrêté devant le caveau de famille et y a déposé des fleurs, avant de s’incliner et d’observer un temps de silence.

D’anciens collaborateurs de François Mitterrand ont aussi fait le déplacement, dont jack Lang, Harlem Désir, Pierre Bergé, Hubert Védrine, Elisabeth Guigou. Son neveu et ancien ministre Frédéric Mitterrand était également présent. François Hollande a ensuite visité à titre privé la maison natale de son prédécesseur, qu’il avait modestement conseillé à l’Elysée en son temps.

Avant d’accéder à la fonction suprême en 1981 sous la bannière de l’union de la gauche, Mitterrand avait été onze fois ministre sous la IVe République, et parlementaire pendant 35 ans. Dans un récent sondage, il a été « un bon président » pour trois Français sur cinq. Son épouse Danielle ne repose pas avec lui, mais en Bourgogne auprès de ses parents.