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La Toussaint 2017 est-elle un bon cru ?

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Admirez un peu mon côté optimiste. La Toussaint est terminée pour cette année. Vous voyez c’était simple, le calendrier Grégorien est votre ami. Bon alors pendant que je vous ratissais l’ensemble de la presse ici, ici, ici et encore ici, un bon verre de vin à la main, j’ai fait le bilan de votre Toussaint. Alors cette année, la Toussaint 2017 est-elle un bon cru ?

Des cépages divers et variés

Petite analyse de fond et de forme. Si le cimetière est incontestablement la star de la Toussaint et ce peu importe les années, en revanche pas un mot sur l’inhumation. Par contre la crémation était dans tous les articles ou presque, la mode scandinave s’invite dans le funéraire. Une « étude » de Familles Rurales, qui n’est autre que la même que l’an passé a fait frémir vos feuilles. Mais heureusement pas de documentaire accablant sur la profession. Quelques portraits de thanatopracteurs dans la presse, dont un seul homme mais pas un mot sur les grandes réformes de l’année qui pourtant ébranlent la profession. Alors finalement un cépage de mauvaise qualité ? Pas si sûr, je vous explique.

On mise tout sur le vin bio

En réalité je crois sincèrement que le marronnier de la Toussaint est devenu pour les journalistes une jolie petite châtaigne. Rendez-vous compte, hormis quelques « croque mort » ci et là, la majorité des médias ont compris que le secteur funéraire était une niche d’innovations, de services, d’accompagnement et qu’il y avait des choses à dire, il n’y avait qu’à cueillir.

Bémol : une grappe un peu trop mûre

L’an dernier, la star de la Toussaint c’était la personnalisation, il y a deux ans, c’était le prix des obsèques et ça a fait beaucoup de mal au secteur, ça sentait le bouchon, mais ne rouvrons pas les plaies. Cette année sans aucune hésitation je peux vous dire que c’était l’écologie. En fait ça n’est pas compliqué, si vous regardez bien, les médias calquent la mode in du moment dans tous les secteurs et l’appliquent au funéraire aussi. Humusation par ci, devenir un arbre par là. Sauf que l’humusation n’existe pas en France et qu’hormis les urnes biodégradables on est encore loin de l’enterrement de Nate à la Six Feet Under au pied d’un arbre en pleine nature.  L’éthique oui, la mise en pratique non. Du coup, ça a fait un peu un sujet vide mais bon, c’est l’intention qui compte.

Toussaint 2017 : un goût de déjà vu

Cette année sera numérique… ! Oui enfin ça c’était vrai en l’an 2000 et depuis ? Pas grand chose, la presse a beaucoup mêlé le numérique et le funéraire cette année en pensant que c’était l’innovation du siècle sauf que… ça ne l’est pas. Du vu, du déjà vu. En revanche, je remets ma cape d’optimiste, ceux dont on a parlé, pérennisent leur entreprise et vont de l’avant. D’ailleurs ceux qui réussissent le mieux ne sont pas ceux qui se sont positionnés comme étant du funéraire, mais comme étant du numérique, je pense particulièrement à En Sa Mémoire en vous écrivant cela.

Le rosé le grand oublié ?

D’accord ça nest plus l’été mais tout de même, où est passé le granit rose ? Chaque année, la marbrerie est la grande absente des médias et pourtant c’est un des domaines le plus en danger dans le milieu funéraire et, est paradoxalement pourtant la plus regardée dans les cimetières. Une ineptie.

Idem pour le deuil, une association a parlé dans la presse, il s’agit d’un sourire après les larmes. On nous a ressorti le fait que 70 % des français pensent à la mort, oui enfin…70 % des français pensent aussi à manger et se laver (et plus j’espère) ça ne va pas faire avancer l’histoire tout ça. Pourtant derrière la Toussaint et la fête des morts il y a quand même une histoire de tradition et d’hommage, donc de souvenir, et donc de deuil.

Les vendanges se font  en famille

Là encore je trouve que c’est une belle année pour cela, loin de vouloir expliquer le funéraire, les médias ont dressé des portraits de familles cette année, rendant le secteur touchant et entreprenant. On les retrouve ici notamment ou encore ici.

Verdict, Toussaint 2017 une médaille d’or ou non ?

Une médaille d’argent pour notre Toussaint 2017 parce qu’au final je suis assez ravie de la diversité des articles et j’ai pu entrapercevoir  de timides rapprochements entre le secteur funéraire et ( non pas la presse ) mais l’ensemble de la population. Hormis quelques ‘’je ne pourrais jamais faire ce boulot’’ d’un côté et ‘’les médias ne disent que du mal de nous’’ de l’autre, j’ai relevé de jolies choses que je tenais à vous faire partager :

« Il me permet de me rendre compte de la fragilité de la vie, qui peut s’éteindre à, tout moment. Mais aussi de la beauté de la vie, dont il faut profiter à chaque instant. »

« Des métiers qui demandent un bon sens de l’organisation, de l’empathie et une capacité à gérer ses émotions. »

« Le dialogue et l’écoute font aussi partie du job. Certains se confient à moi et, à mon tour, je me laisse aller à la confidence. Il m’est arrivé de recroiser des personnes dont j’avais organisé l’enterrement d’un proche. Et toutes m’ont reconnu, malgré les années. Le contact humain, voilà ce qui m’attache à ce métier. »

« Contrairement aux idées reçues, les conseillers funéraires accomplissent un travail remarquable dans l’accompagnement des familles. L’empathie dont ils font preuve contribue à les soulager dans le deuil. »

Bon et maintenant je vous dis à bientôt, on se voit au Salon du funéraire, dans les allées, sur vos stands. Un marathon s’engage parce que je sais oh combien un salon est sportif. Courage, nous ne sommes jamais très loin. De quoi faire de cette année entre vous et moi, un millésime.

 

Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?

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L’écologie est au cœur des préoccupations générales, et funéraires depuis quelques temps. Comment mettre en œuvre cette démarche en marbrerie ?

L’écologie et la fabrication de monuments funéraires

La fabrication de monuments funéraires implique une démarche industrielle, de l’extraction de la matière première au façonnage, en passant par le transport.

L’élément essentiel à la fabrication d’un monument funéraire est certainement l’eau. En effet le débitage du granit se fait à l’aide d’outils diamantés (scies, disques) dont le mouvement répétitif doit être refroidi par de l’eau. C’est le cas dans les carrières où le granit est extrait en blocs avec ces outils quand il ne l’est pas à l’aide d’explosifs.

Ces blocs sont ensuite transportés, généralement par voie terrestre lorsque le granitier est à proximité, ou par voie fluviale lorsque le granit est importé. Sachant que les granitiers sont souvent implantés près des carrières d’extraction, le transport est relativement peu polluant. Le bateau, en cas d’import du granit, est lui aussi peu polluant. C’est des ports jusque chez les granitiers que le transport peut être considéré comme étant plus polluant car les distances sont plus longues.

La transformation des blocs nécessite encore de l’eau, et bien sûr de l’électricité. Une fois cette transformation effectuée, le monument devra à nouveau être transporté chez le marbrier. Bien sûr, le transport est optimisé et il est rare que les camions ne soient chargés que d’un seul monument. A son tour, le marbrier le transportera vers le cimetière, généralement sur une distance plus courte.

Crémation

La plus écologique des démarches écologiques serait, après une crémation, de disperser les cendres en peine nature :  pas de monument donc. Mais pour ceux qui préfèrent pouvoir se recueillir à un endroit matérialisé, quelles sont les solutions les plus écologiques ?

Le jardin du souvenir. Souvent agrémenté de plantes, le jardin du souvenir nécessite seulement une installation qui affichera les noms des défunts. Il est entretenu par la Mairie. Le jardin du souvenir a cet avantage qu’il est fabriqué pour beaucoup de familles, bien plus que le columbarium.

Le columbarium. Les columbariums sont des monuments collectifs installés et entretenus par la Mairie également. Cela implique qu’ils ne soient fabriqués qu’une seule fois pour profiter à plusieurs familles. Les communes les plus engagées s’assureront lors de leur appel d’offre pour la construction du columbarium qu’il s’inscrive dans une démarche écologique : granit français, de préférence extrait au plus près. L’entretien, effectué par la commune profite également à plusieurs familles, ce qui est toujours plus écologique : un employé communal utilisant de l’eau pour un monument, plutôt que 6 familles utilisant aussi de l’eau pour 6 monuments.pierre-tombale-écologique-300x200 Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?

La concession cinéraire. Plus petite que les concessions traditionnelles, elles pourront être aménagées comme la famille le souhaite. Rappelons que la pose d’un cavurne en béton n’a rien d’obligatoire, et s’inscrit logiquement dans une démarche écologique. En effet, la production du béton est particulièrement polluante (gaz à effet de serre notamment). Pour agrémenter la concession, rien de tel pour un écologiste convaincu que le retour à la nature avec diverses plantes et fleurs, ou éléments minéraux dénichés çà et là.

Mais la crémation est-elle vraiment le plus écologique des modes de sépulture en France ? Bien que les crématoriums doivent désormais être équipés de filtres, la crémation nécessite d’utiliser du gaz. Le transport quant à lui est plus important : du lieu de décès au crématorium, puis, après la crémation, du crématorium au lieu de dispersion ou d’inhumation.

Inhumation

Une solution écologique consisterait à faire soi-même le monument, en privilégiant des matériaux naturels. La famille pourra opter pour une sépulture où la place sera privilégiée aux plantes et agréments minéraux tout en intégrant une stèle permettant l’inscription des noms. Le granit, bien que matériau historique, comme la pierre, n’est pas la seule alternative, le bois pourra aussi bien faire office d’entourage.

Certaines entreprises proposent des sépultures dites « paysagères » ou « végétalisées » alliant plantes et pierres brutes. Le paradoxe qui se pose pour ce type de sépulture est l’absence de fosse bétonnée, obligeant à creuser à chaque nouvelle inhumation et donc à refaire l’installation ; ou à trouver une solution permettant un système d’ouverture et de fermeture sans avoir à en passer par là, ce qui implique la présence d’une fosse bétonnée ou d’une dalle de fermeture.

Granit-Gris-du-Tarn-150x150 Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?Pour les familles attachées au monument funéraire traditionnel, il sera privilégié du granit français, et fabriqué en France. Certains granitiers proposent des gammes de monuments écologiques allant dans ce sens. Côté marbriers, une démarche consisterai à prendre des pièces de granit en stock et qui resteraient sur les bras (erreurs de côtes, changement d’avis du client …) afin de créer un monument complet proposé à la vente.

Rappelons que la France dispose de bassins granitiers et de pierres calcaires permettant un choix riche en coloris.

Conclusion

Le transport par voie terrestre des monuments funéraires, avec des véhicules parmi les plus polluants (poids-lourds) est inévitable, mais on l’aura compris, l’industrie marbrière ne tient certainement pas le haut du classement des entreprises les plus polluantes de la planète.

rose-clarté-150x150 Ecologie et marbrerie, est-ce possible ?

La démarche écologique poussée à son paroxysme consisterait en l’absence totale de monument funéraire. Des alternatives existent, comme les sépultures paysagères ou les monuments éco-responsables.  Mais il y a lieu de ne pas oublier que les matériaux les plus utilisés dans la fabrication des monuments funéraires restent naturels pour le granit en tout cas, ou la pierre. Exception faite du béton, mais à l’échelle pour laquelle il est le plus largement utilisé – à savoir le bâtiment – nos fosses bétonnées sont bien loin de participer activement à la pollution de la planète.