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Comment le funéraire peut exhumer le quinquennat du Président Macron

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macron president sauver funéraire

Ainsi, Emmanuel Macron sera le huitième président de la Cinquième République, au terme d’une campagne électorale hors-norme. Un président mal élu et dores et déjà mal aimé, qui devra donner des gages. Et si, pour sauver la France, le Président Macron devait d’abord sauver le funéraire pour se sauver lui-même ?

Jusqu’au bout

C’est l’anecdote de la matinée. Interviewé par Europe 1, Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche, expliquait que la passation de pouvoir se déroulerait dans la semaine. « Le Président Hollande a le droit de rester à son poste jusqu’à dimanche » signalait il. Lorsque le journaliste lui demande, alors, quel jour aurait sa préférence, Richard Ferrand, mi-ennuyé, mi-amusé, répond simplement « On dirait qu’on s’oriente vers ce jour là ».

C’est vrai, quoi : on lui a demandé de ne pas se représenter, on ne va pas non plus lui demander de partir en avance. Jusque là, Emmanuel Macron est le président élu, qui a recueilli les suffrages, mais n’a pas encore pris ses fonctions, et François Hollande président en exercice.

La TVA sur le funéraire

Il y a cinq ans, un peu plus, un peu moins, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était, je sortais un papier dont on me parle encore aujourd’hui. Un long plaidoyer pour l’abaissement de la TVA sur le funéraire.

Le ministre de l’économie de l’époque, à la question d’un député à l’assemblée nationale sur l’abaissement de la TVA sur le funéraire, avait balayé cette option d’un geste dédaigneux. « Il s’agit de moments particulièrement douloureux pour les familles, encore que je ne sois pas certain qu’un coût moindre puisse, de quelque façon que ce soit, en atténuer le chagrin. » avait répondu alors le Ministre.

Ce même ministre, un peu plus tard, subit quelques avanies. Son nom, Jérôme Cahuzac, reste attaché à un des plus gros scandales d’un quinquennat qui n’en a pourtant pas manqué.

Abaisser, de votre propre initiative, Monsieur le Président élu, ce taux de TVA sur le funéraire, serait donner un signal discret, mais fort. Opposer cette image à celle de Monsieur Cahuzac, ce qui n’est pas une mauvaise chance, et surtout, démontrer que vous vous souciez du bien être des français, jusqu’à des situations auxquelles on ne pense jamais si on n’y est pas confronté.

Un geste, donc, humain et bienveillant, pour casser voter image de banquier.

Les soins de conservation sur patients atteints du HIV

C’est une gabegie : autoriser ou non les soins de conservation sur les malades décédés du HIV. Une sorte de serpent de mer, qui rencontre autant d’adhésion que d’opposition.

D’un côté, les associations et les familles de malades, qui demandent la levée de l’interdiction. De l’autre, une frange des thanatopracteurs et des professionnels vent debout contre cette mesure qui met, selon eux, leur propre santé en danger.

La future ex-ministre de la santé a tranché : la levée de l’interdiction des soins sera faite !… Un jour, parce que les déclarations foudroyantes n’ont pas été suivies d’effets.

Sans préférence partisane : il faut décider, maintenant. Le pire, c’est l’incertitude. Incertitude des militants du pour, qui se voient donner un espoir, qui semble bloqué dans les arcanes politiques. Incertitude des opposants, qui attendent la décision des autorités pour prendre leur décision quand à la suite. Au final, ce sont deux partis qui sont frustrés en en colère.

Trancher ce débat, peu importe dans quel sens, montrerait la capacité du président à décider, ce que ses prédécesseurs n’ont pas su faire. Ce serait faire preuve de courage politique. Là, encore, sur un sujet discret, mais qui ferait parler, tant le sujet général, le SIDA, est préoccupant.

Le funéraire à la rescousse du président

Alors, le président peut il sauver la France ? Réponse dans cinq ans. En attendant, le funéraire, s’il ne peut pas sauver à lui seul le président le plus mal élu de la cinquième République, peut sauver le président.

Parce qu’entre ceux qui n’ont pas été voter, ceux qui ont voté blanc ou nul, et ceux qui n’ont pas voté pour Macron, mais contre Le Pen, rien n’assure le Président Macron d’obtenir le vrai pouvoir, un parlement acquis à sa cause. Il a un mois pour aller chercher une majorité avec les dents, jusque dans les cercueils s’il le faut.

Président de la République, invoquer les morts à la prise de fonctions

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Elyséee président 2017 funéraire

Les présidents de la République rendent souvent hommage à des personnages disparus, toujours avec une arrière-pensée. Et, le jour de l’investiture, les personnalités choisies donnent la tonalité des premiers temps du mandat, pour qui sait la lire. Alors, le suspense est entier : qui sera élu, et quel défunt illustre choisira-t-il comme muse ?

Marie Curie, Jules Ferry, symbolique et herméneutique

Lorsque François Hollande est devenu septième président de la cinquième République, sa première journée fut découpée en trois phases. La première, évidemment, était la passation de pouvoir avec Nicolas Sarkozy. La dernière était de partir en Allemagne pour y rencontrer le partenaire majeur de la France, l’Allemagne. Entre les deux, François Hollande avait souhaité rendre hommage à deux prestigieux défunts, Marie Curie et Jules ferry. Pour donner le ton.

Le symbole de Marie Curie était évident et facilement déchiffrable : une femme, Polonaise, qui a réussi à se faire un nom aux côtés de son mari à une époque où la place de la femme était celle d’une assistante à l’arrière plan, pour ses recherches sur le radium.

Une France qui compte sur l’immigration et son intégration, la parité et l’égalité entre hommes et femmes, l’importance de la recherches scientifique, tous ces symboles en cachaient un, plus subtil : après la polémique lors de la campagne, François Hollande affirmait à travers le souvenir de Marie Curie, son absence d’hostilité à l’industrie nucléaire, quasiment de façon subliminale, sans se renier : Marie Curie est la découvreuse de la radioactivité, radioactivité qui l’a tuée.

Celui de Jules Ferry également, semblait évident, l’école laïque et gratuite pour tous, Monsieur Hollande faisait encore une fois coup double : il soulignait à la fois son attachement à l’école pour tous et à travers cela à l’Education Nationale, et à la laïcité.

Cinq ans plus tard, relire ces symboles peut être assez amusant : le mandat se finit par une polémique sur la vraie-fausse future hypothétique fermeture de Fessenheim, et, pour la première fois dans la cinquième République, le corps enseignant a voté contre le PS, électorat d’habitude majoritairement acquis à cette tendance politique.

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Mémoire vive des morts

Les Présidents de la République rendent hommage à des disparus pour se positionner en tant que leur héritier : François Mitterrand était allé au Panthéon s’incliner sur les tombes de Jean Jaurès, de Jean Moulin et de Victor Schœlcher. Au petit matin du 17 mai 1995, Jacques Chirac avait déposé une gerbe sur la tombe du général de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises, avant la passation de pouvoir. Le 16 mai 2007, Mr Sarkozy était allé fleurir les statues de Clemenceau et de Gaulle sur les Champs-Elysées, avant de rendre hommage aux 35 jeunes fusillés au bois de Boulogne le 16 août 1944 et de lire la lettre de Guy Môquet.

Les grands disparus sont une façon de marquer les esprits en faisant appel à l’inconscient collectif. Les Français sont le peuple du monde qui s’intéresse le plus à sa propre histoire, ce qui facilite d’autant plus les choses.

Qui sera le prochain ?

Alors, quel que soit, entre Emmanuel Macron ou Marine Le Pen, le ou la prochain(e) président(e) de la République, une chose est quasiment sûre : le président élu appellera les mânes d’un prestigieux disparu , et ce choix n’aura rien d’innocent.

Et une chose est tout aussi sûre : cinq ans plus tard, lors de son départ de l’Elysée, au moment du bilan, on essaiera de deviner si l’heureux élu s’est retourné, ou non dans sa tombe.

« Le deuil du Pouvoir », quand les Présidents s’en vont

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le deuil du pouvoir

Allez savoir pourquoi, lorsque j’ai lu ce livre il y a quelques semaines, je me suis dit qu’il serait parfait pour ce samedi très précisément. Le « Deuil du pouvoir » parle des derniers jours des présidents de la République à l’Elysée, et le moins que l’on  puisse dire, c’est qu’il y a toujours quelque chose d’un peu solennel et pathétique.

Le deuil du pouvoir

« La chute est le meilleur révélateur de la tragédie du pouvoir, car elle découvre la vérité de l’homme derrière le dirigeant et expose comme jamais les travers de la comédie humaine. »
Le constat vaut particulièrement pour les sept premiers présidents d’une Ve République qui conjugue imaginaire monarchique et sacralité populaire du suffrage universel. Afin d’ancrer le propos dans l’histoire, trois chapitres auguraux sont consacrés aux fins de règne des Républiques mourantes : celle dite des ducs enterrée avec Mac-Mahon, la IIIe naufragée avec Albert Lebrun, la IVe sacrifiée avec dignité par René Coty.

Fidèle aux précédents livres-chapitres portés par Perrin et Le Figaro, la rédaction associe historiens renommés et grands reporters, chacun racontant les cent derniers jours en fonction d’un président qu’il connaît à la perfection pour avoir écrit sur lui ou l’avoir suivi dans ses fonctions. Chaque contribution, écrite d’un style fluide, est riche en détails et aussi en révélations, par exemple sur la fin dramatique de Georges Pompidou ou l' » abdication  » de François Hollande. »

Alors, c’est comment ?

Le livre est écrit à plusieurs mains. La fin de règne de chacun des présidents est décrite par un spécialiste, journaliste et historien, qui ont, soit vécu de l’intérieur ce deuil du pouvoir, soit sont spécialistes de l’époque. Chaque auteur connaît par cœur non seulement le contexte de cette fin de pouvoir, mais aussi l’homme derrière le président.

Et ces hommes sont soumis à rude épreuve. Épreuves physiques, les fins de règne de Pompidou et Mitterrand étant, à ce propos, édifiantes, épreuves morales, comme de Gaulle confronté à l’ingratitude des français. De Gaulle, d’ailleurs, qui, à travers le portrait de lui fait dans ce livre, justifie encore une fois, s’il était besoin, qu’il est bien le plus grand français de tous les temps.

On comprend mieux aussi ce qu’ont endure Pompidou ou Mitterrand. Ce dernier, surtout, a subi un véritable martyre pour se maintenir à la fonction suprême. Qu’on aime ou pas le président, on ne peut qu’admirer l’homme.

La préface d’Alexis Brezet, à elle seule, justifierait l’achat du livre, tant sa concision et sa précision sur cette étape ultime du règne d’un président y est analysée avec pertinence et sagesse.

Les plus récents,surtout Giscard, Chirac et Sarkozy, sont traités avec une certaine sensibilité, qui sent le vécu. On devine, pour ces trois là, que l’auteur n’était pas loin.

Quelques défauts et de grande qualités

Le livre n’est pas exempt de reproches. Alors que Giscard, Chirac, Sarkozy, Mitterrand, Pompidou, de Gaulle, et même François Hollande, qui clôt symboliquement le livre, nous parlent, Mac Mahon est plus loin dans l’histoire. Non pas que ce chapitre ne fut pas intéressant, mais son chapitre semble décalé, on se demande ce qu’il fait là.

Le traitement infligé à René Coty est aussi un peu dur. Il y est présenté comme un personnage fat, sans odeur ni saveur, alors qu’il a eu cette lucidité et ce courage de reconnaître la mort de la quatrième République et d’appeler de Gaulle.

Mais cela ne doit pas faire oublier l’intérêt du livre : montrer, dans un style vivant, l’homme derrière le président, dresser un portrait par la fin de ceux qui ont apporté leur pierre à la France, et rappeler, au passage, les crises traversées par ces pouvoirs et la façon dont ils les ont vécues.

Une lecture agréable, instructive, et de circonstance. Que demande le peuple ?

« Le Deuil du Pouvoir » de Alexis Brézet (préface) ; Maxime Tandonnet (Mac-Mahon) ; Jean-Christophe Buisson (Lebrun) ; Georges Ayache (Coty) ; Arnaud Teyssier (De Gaulle) ; Marie-Amélie Lombard-Latune (Pompidou) ; Guillaume Tabard (Giscard) ; Solenn de Royer (Mitterrand, Hollande) ; Philippe Goulliaud (Chirac) ; Charles Jaigu (Sarkozy).

280 pages, 17,90 euros, Editions Perrin, pour l’acheter.

Modernisation et simplification du CGCT, c’est maintenant

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CGCT

Après l’échec de sa réforme constitutionnelle sur la déchéance de nationalité et les soubresauts de la loi travail, François Hollande s’attaque en urgence au chantier de la simplification. Bien placé dans la liste, le CGCT, confié à un spécialiste.

Une simplification nécessaire

Le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) souffrait jusqu’ici d’un mal très français : l’empilement de lois, de nouvelles complétant ou succédant aux précédentes sans que celles-ci soient abrogées. Avec pour double résultat un pavé indigeste pour les juristes, et un empilement de mesures théoriques totalement inapplicables sur le terrain.

Le président lassé de recevoir des courriers de François Baroin, président de l’Association des Maires de France au sujet de la difficulté pour les petits élus de terrain de comprendre en moins de 6 ans les arcanes de la législation funéraire a décidé de prendre le taureau par les cornes. Les arrières pensées politiques restent néanmoins présentes à l’approche de la présidentielle, n’arrivant pas à moderniser la vie des français, il souhaite moderniser leurs morts.

Concernant la réforme du CGCT, le Président de la République en a chargé le plus grand spécialiste français : le Sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur qui aurait déclaré en recevant le sms présidentiel, « Qui ça aurait pu être d’autre ? le CGCT c’est moi ».

Le Sénateur Sueur à la pointe du progrès

C’est donc l’estimable Sénateur du Loiret qui a été chargé de notre domaine. Celui-ci s’est spontanément mis à disposition du Premier Ministre, Manuel Valls « Mes nombreuses réformes du secteur m’ont permis d’y acquérir une vraie compétence » a déclaré le Sénateur Sueur à nos confrères de Resonance, « Le dépôt des devis en mairie, pour citer la dernière en date, a été unanimement saluée tant pas les autorités que parmi les professionnels du secteur. On a pu constater, suite à cela, une véritable amélioration des pratiques du secteur » (Resonance n°118, mars 2016).

Le Sénateur Sueur s’est adjoint, pour l’aider dans cette tâche colossale, le philosophe Damien Le Guay dans la lourde tâche de réformer notre profession.

Un projet d’ores et déjà clair

Nos sources auprès du cabinet du Premier Ministre nous ont indiqué que le projet était d’ores et déjà très clair. « Le Sénateur Sueur a une vision très claire de ce que doit être le funéraire de demain » nous a expliqué notre interlocuteur, qui souhaite garder l’anonymat afin de ne pas perdre son poste avant la sortie de son livre-choc en mai prochain. Et Damien Le Guay, non ? « Si. Certainement. Enfin, je crois. Je ne suis pas certain d’avoir tout compris dans ses propos».

La proposition choc consiste à libéraliser fortement le secteur, fin des habilitations, fin des niveaux 6 pour diriger une agence de pompes funèbres et la création d’un nouveau statut « Commerce local de service public » permettant aux collectivités de requérir l’assistance des employés du secteur pour animer les services d’Etats-civils de leurs collectivités.

La formation serait aussi largement simplifiée avec un partenariat avec le ministère de l’éducation nationale permettant aux jeunes sortants du système éducatif sans diplôme d’avoir une équivalence comme conseiller funéraire.

Emmanuel Macron voit dans la réforme du funéraire l’occasion de lever une nouvelle taxe, la TSPI (Taxe Spécifique des Professions Impopulaires), dont l’idée principale est de faire passer de nouveaux impôts par la facturation de professions mal-aimées. « Les Pompes Funèbres, Huissiers de justice, agents immobiliers, etc… lèveront une taxe similaire à la TVA, mais qui ne devra pas apparaître sur leur facturation. Les consommateurs les considèrent déjà comme des voleurs, ça passera inaperçu. » Le gouvernement est d’autant plus décomplexé que, comme le précisait, rassurant, le Sénateur Sueur « L’avantage des réformes des pompes funèbres, c’est qu’ils ne bloquent pas les trains ».

Les soins de conservation, quand à eux, devraient disparaître. « inutiles, ils sont, de surcroît, totalement incompatibles avec les résolutions de la COP21. » et Marisol Touraine ayant échoué dans sa tentative visant à « La thanatopraxie pour tous » ce sera « la thanatopraxie pour personne ».

Nul doute qu’avec un projet aussi rondement mené, la campagne présidentielle qui s’ouvrira au moment de sa remise sera passionnante à observer.

Le CGCT actuel est ici

Fin de vie : débats passionnés au Parlement en janvier

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Un débat dès janvier à l’Assemblée nationale sur la fin de vie : c’est ce qu’a annoncé ce vendredi le président François Hollande. Ce qui promet de vifs débats. Ce matin, les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) ont remis un rapport qui prévoit de donner de nouveaux droits aux malades par le biais d’une proposition de loi.

Mandatés en juin dernier par le Premier ministre, les deux députés avaient pour tâche de faire des propositions pour une « fin de vie apaisée », dans un contexte tendu entre pro et anti euthanasie. Après aussi des discussions agitées sur une autre sujet de société : le mariage homosexuel.

Les deux députés avancent deux idées principales. D’abord, instaurer pour les malades un « droit à une sédation profonde et continue » jusqu’au décès. Il ne s’agit ici ni d’euthanasie, ni de suicide assisté, comme ailleurs en Europe. Ensuite, rendre « contraignantes » aux médecins les directives anticipées laissées par les patients qui s’opposent par exemple à un acharnement thérapeutique.

Commentant le rapport, François Hollande a estimé qu’il s’agissait d’une proposition «centrée sur le malade à qui la souffrance doit être épargnée » et « fondée sur le respect de l’autonomie du patient ». Lors de la campagne pour les présidentielles, en 2012, le candidat socialiste avait promis de réviser en la précisant la loi Leonetti de 2005. Cette dernière interdit déjà en France l’acharnement thérapeutique, autorise l’arrêt de traitements jugés disproportionnés et l’administration d’antidouleurs pouvant abréger la vie.

Avant même la présentation du rapport Claeys-Leonetti, des associations anti-euthanasies ont rappelé mercredi dernier que tuer est un interdit, et cela représente « le fondement très clair de la confiance entre soignants et soignés ». Les pro-euthanasie doivent manifester ce vendredi près de l’Assemblée nationale, à Paris.

Edito : Cimetières paysagers, crématoriums agréables, et droit Français…

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Les spécificités du droit français, en matière de crématoriums, sont censées garantir la notion de service public dans le funéraire. Ce qui part d’une bonne intention n’est il pas, par rapport à d’autres, la raison d’un retard préjudiciable aux familles ?

Crématorium, trente ans fermes

Cimetière-Berlinois-224x300 Edito : Cimetières paysagers, crématoriums agréables, et droit Français...
Cimetière Berlinois

Les crématoriums trouvent leur origine à deux sources : soit des créations à l’initiative des collectivités territoriales, soit des initiatives privées. Dans ce dernier cas, la règle est simple : l’entrepreneur crée son pôle funéraire après agrément, et obtient une délégation de service public d’une durée maximale de trente ans. Au terme, l’ensemble revient dans l’escarcelle de la collectivité territoriale, qui est libre d’en réattribuer la gestion à un opérateur choisi. Entre temps, la collectivité pourra prélever une dîme sur chaque crémation.

Le système a été conçu pour que, malgré la libération des services funéraires, certaines prérogatives restent du domaine public : gestion, donc, de la crémation et gestion des lieux de recueillements. Certes, cela en garantit, en théorie, l’accès à tous. D’autres solutions seraient possibles, en la matière, si d’aventure ce système n’était pas satisfaisant. Dans les faits, il semble l’être. Tant qu’on ne regarde pas autour de soi.

Jalousies de voisinage

Nos voisins Allemands, Hollandais, Espagnols… Ont eux, libéralisé le système, autorisant la pleine propriété des crématoriums, et même les cimetières privés. Imaginez : une ancienne ferme rénovée. La salle de cérémonies se trouve dans le corps central. Décoration feutrée, parque de chêne massif, pierres et poutres apparentes. L’acoustique y est soignée. Un peu plus loin, dans la partie la plus récente du bâtiment, construit pour respecter le caractère du lieu, la salle de départ, la partie crémation, et une autre salle, destinée à recevoir les familles après les obsèques. Ici, elles peuvent organiser une collation pour l’assemblée, faire venir un traiteur.

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Cimetière Crooswijk, Rotterdam, Pays-Bas

Dans le hall d’accueil, à côté du petit salon ou les familles rencontrent les Maîtres de Cérémonies, une machine à café. L’employé lève un sourcil curieux lorsqu’on lui fait remarquer que le café est gratuit. Lorsqu’on lui explique qu’en France, il faut le payer, l’agent nous regarde comme s’il on était fou.

Le cimetière à côté est un parc. Une partie du lieu de recueillement fait d’ailleurs partie d’une réserve ornithologique. Plusieurs essences d’arbres et de plantes cohabitent, sous l’œil avisé des jardiniers. Ce sont des arboriculteurs spécialistes : ils savent où planter les arbres et comment s’en occuper.

L’on se fait la réflexion que le retour au pays sera dur, avec ses cimetières gris et gravillonnés, ou l’on croise de temps en temps un peuplier famélique, qui sera abattu à terme parce qu’il ralentit la tonte de la bande de gazon verdâtre de l’allée centrale.

Libéralisme forcené ?

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Cimetière de Leipzig

Le modèle économique chez nos voisins, particulièrement nordiques, repose sur le postulat que, confiés des intérêts privés, et donc à une concurrence acharnée, les espaces funéraires vont hisser la qualité vers le haut. Et ça fonctionne : encadrés par des lois qui garantissent que chacun a droit a des obsèques dignes, poussés à la qualité par des associations d’usagers sourcilleux, les crématoriums et cimetières privés privilégient l’investissement sur le long terme, haussant la qualité à des sommets.

Sans se poser de questions économiques : ici, on n’hésite pas à investir de smillions d’euros pour un crématorium qui fait 300 départs par an. Nul besoin de se soucier d’un quelconque couperet d’un retour au service public, l’objectif est juste de faire un meilleur accueil que chez le voisin.

Ces espaces, crématoriums et cimetières, sont, à l’inverse, considérés comme une charge en France. Le but des collectivités ? En rationaliser la gestion, en amoindrir le coût, sans se soucier d’y attirer des gens : de toute façon, ils n’ont pas le choix. Certaines communes font des efforts, mais toujours dans le cadre d’initiatives isolées, quand le dossier est confié, chose trop rare, à des élus sensibilisés au sujet.

Le candidat constructeur de crématorium sera également tenté de ne pas trop en faire. Si un crématorium trop dépouillé sera un repoussoir, en revanche, la garantie d’exclusivité sur un territoire donné sera source de revenus garantis, alors pourquoi investir six millions quand deux peuvent suffire ? Surtout qu’à terme, l’équipement ne lui appartiendra plus, sans garantie de l’avoir rentabilisé.

Il n’est pas souhaitable de faire une révolution : l’histoire nous apprend que chacune d’entre elles a été suivie par une période de Terreur. Mais commencer dès à présent à remettre en cause notre système, en ne gardant en tête qu’une seule chose, l’intérêt des familles, est peut être un moyen, à terme, pour rattraper cet immense retard que nous avons pris. Il n’y aura pas de changement de mentalité à espérer, pour cette révolution-là : les familles aspirent déjà à mieux qu’une allée de gravier poussiéreux agrémentée d’un peuplier famélique.