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GiedRé, l’interview « la mort, c’est une question d’ego »

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GiedRé © Solenn Bos
GiedRé (photo © Solenn Bos)

GiedRé : si l’on peut dire que la chanteuse a fait son trou dans le monde de la musique, ce serait pour y placer un caveau. Sous des abords de douceur presque enfantine, elle parle en effet crûment de la mort, et de toutes les galères qui peuvent arriver avant, dans des chansons ou l’humour noir est omniprésent. Interview.

GiedRé pour les nuls

GiedRé, ses fans se reconnaissent assez facilement quand on connaît les codes. Essayez de chantonner une de ses chansons, si la personne en face de vous joint ses pouces et ses index pour former un cercle parfait figurant un anus, aucun doute, c’est un fan de GiedRé.

Bon, dit comme ça, évidemment, c’est bizarre. En vrai, GiedRé est une jolie blonde, dans de jolies robes, avec des yeux pétillants très clairs, un sourire espiègle et un air faussement naïf, qui chante d’une voix très douce des horreurs. La mort, le handicap, les pires instincts de l’homme sont disséqués dans des chansons à la fois très drôles dans la forme, et qui donnent souvent à réfléchir dans le fond.

GiedRé à la nuit de la Déprime. A partir de 2 minutes 52 dans la vidéo, la chanson la plus réaliste sur la mort jamais écrite.

Une consécration

« Je suis vraiment contente d’être dans Funéraire Info » GiedRé attaque fort « c’est une consécration, l’aboutissement de toute une carrière, un peu comme une Victoire de la Musique ».

Mais au fait, GiedRé, comment tu te définirais ? Actrice de formation, chanteuse, humoriste « Pffff » (s’ensuit un très long soupir hésitant) « En fait, je ne sais pas comment me définir. Une chose est sûre, je ne suis pas humoriste. Je laisse ça à Anne Roumanoff, qui le fait beaucoup mieux que moi. Mais c’est rigolo, dans les interviews, les journalistes qui me demandent de me définir. C’est me demander de faire le boulot à leur place ». Pan, dans les dents. Aïe.

GiedRé et la censure

Les textes de GiedRé, presque toujours rédigés sur un ton léger, abordent de manière crue des sujets sensibles. La chanteuse est fan de Pierre Desproges, qui disait « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Est-ce que tu as déjà ri accidentellement de tout avec n’importe qui, et est-ce que ça t’as valu des ennuis ?

« Oui, c’est arrivé. Mais pas tout le temps, les gens comprennent qu’il n’y a pas de mauvaises intentions derrière mes chansons. Après, il arrive que certains viennent me voir pour me dire que telle ou telle chanson les a offensés. Je discute avec eux, ça se passe bien. Evidemment, j’ai parfois les associations sur le dos, ce n’est pas très grave. Les principaux intéressés le prennent avec humour. »

« Ce qui m’énerve, c’est l’indignation sélective. Quelqu’un qui vient me voir pour me dire que telle chanson, sur le suicide par exemple, l’a offensé. Donc, la pédophilie, c’est ok, la nécrophilie, c’est ok, les femmes qui se font violer dans les parcs, c’est ok, mais cette chanson non, parce que son cousin s’est suicidé en 1992 ? »

« Mais je crois que le vrai problème, c’est l’autocensure. C’est paradoxal, parce qu’aujourd’hui, on a de plus en plus de moyens pour communiquer et dire des choses, et on n’ose pas. On voit des artistes qui se disent ‘je ne vais pas faire ceci ou cela parce que ça ne va pas plaire à mon public’. Ce n’est pas comme ça que je vois les choses. Il vaut mieux dire des choses importantes devant trois personnes que de s’en foutre devant trois millions ».

GiedRé-Pochette-Cd-album-lalala-300x272 GiedRé, l’interview « la mort, c’est une question d’ego »
L’album « Lalala » de GiedRé

GiedRé et la politique

GiedRé participera à la tournée des Colibris. Pourquoi cet engagement ?

« Ca fait un moment que je les suis, des années, en fait. Tu connais l’histoire du petit colibri ? »

Euh. Non.

« Je te la raconte alors, tu vas comprendre. Il y a le feu dans une forêt, et tous les animaux s’enfuient. Sauf un petit colibri, un tout petit oiseau, qui va jusqu’à une mare d’eau, prend une goutte dans son bec, et va la verser sur les flammes. Les autres animaux lui disent ‘mais regarde, tout brûle, ça ne sert à rien, ce que tu fais’ et le colibri répond ‘peut être, mais j’aurai fait ma part’. C’est cette philosophie là qui me plaît, et quand ils m’ont demandé, c’était une évidence pour moi. Surtout que ce qu’ils organisent est vraiment sympa, ce sont des journées, avec des animations, des débats, des ateliers, et le soir des concerts ».

C’est un peu un engagement politique, pourtant, tu as dit que tu ne voulais pas faire de politique « Mais j’en fait. Faire de la politique, pour moi, c’est tous les jours, c’est ne pas filer de fric à tel ou tel groupe agroalimentaire, c’est vivre selon tes convictions. Je vois des gens qui regardent le débat de la primaire, et qui se disent ensuite ‘j’ai fait mon devoir de citoyen’, mais non, ils n’ont rien fait. Je ne crois pas que faire de la politique, ce soit élire quelqu’un pour que, pendant cinq ans, il s’occupe de tout. »

La mort dans les chansons

La mort semble être un sujet qui t’inspire, tu en parles beaucoup dans tes chansons. « Oui, la mort, j’y pense tous les jours, c’est finalement le seul mystère auquel on n’aura jamais de réponse. En fait, j’ai commencé à y penser très tôt dans ma vie, et depuis, le sujet me fascine. ».

Tu ne crois pas qu’il puisse y avoir quelque chose après ? « Non, je crois que quand tu es mort, tu t’arrête de respirer, et c’est tout. J’ai dit que la mort était un mystère, mais finalement c’est assez simple, tu es là, puis tu n’y es plus. C’est ce qui frustre beaucoup de gens : on sait tout faire, ou on sait qu’on va pouvoir tout faire, mais la mort reste hors d’atteinte. Ca frustre beaucoup de monde, et je crois que c’est pour ça qu’on imagine qu’il y a quelque chose après, qu’après la mort, il y a, je sais pas, un grand canapé ou tu as le temps de lire tous les livres. ».

« Mais la mort, selon les jours, c’est ce qui rend la vie supportable, qui la rend intéressante, qui nous pousse à faire des choses. Si il n’y avait pas la mort, avec l’éternité devant nous, on resterait sans doute assis sur le canapé à ne rien faire ».

« En fait, la mort, c’est une question d’ego. Eh, t’as, vu ? Je t’ai trouvé un titre pour l’article ! »

GiedRé, Grégoire et les duos

Il y a une vidéo de ton concert à l’Olympia où on te voit chanter ton tube « On fait tous caca », et là, le chanteur Grégoire, à qui tu taillais un costard deux minutes avant, monte sur scène et chante avec toi.

« Oui, c’est le genre de trucs qui me redonne foi en l’humanité. Tu vois, ce que je te disais sur l’autocensure ? Je participais à la nuit de la déprime, organisée par Raphael Mezrahi, et j’ai vu Grégoire dans sa loge. J’ai pris mon courage à deux mains, et je lui ai tout raconté, que j’avais écrit une chanson inspirée de son tube, et qu’avant de la chanter, je le chambrais un peu, et que mon rêve, c’était qu’il vienne avec moi sur scène. Je lui ai dit de réfléchir, de ne pas me répondre de suite. Et quelques jours plus tard, j’ai reçu un message de lui, qui disait ‘Salut Giedré, je veux bien venir faire caca avec toi à l’Olympia’. Grégoire, le mec qui chante des chansons d’amour, qui participe aux Enfoirés et tout et tout ! Si je m’étais autocensurée, je n’aurai jamais osé aller le voir, et je serais restée toute ma vie persuadée que de toute façon, il aurait dit non ».

C’est presque aussi improbable que Métallica qui fait un duo avec Lady Gaga… Tiens, et en dehors de Grégoire, si tu avais un duo improbable à faire ? « Je dirai Garou ou Hélène Ségara. Ce ne serait pas avec un groupe de métal. Il y a des métalleux parmi mes fans, des rappeurs aussi, et finalement, me retrouver sur scène avec, je ne sais pas, Napalm Death, ça ne serait pas aussi surprenant de leur part que de la part de Garou ou d’Héléne Ségara. »

Garou c’est peu être possible, mais pour Héléne Ségara, il faut négocier avec Orlando, c’est pas facile « Oui, mais il n’en a plus pour très longtemps ».

Giedré, sa vie, son œuvre

Il paraît que tu es accro aux séries télé ?

« Ah oui, à fond. C’est affreux. Je ne me rappelle plus à quoi ressemblait ma vie avant Netflix. »

Et sinon, j’ai acheté un de tes CD sur ton site, et j’ai reçu dans le colis un petit mot d’un type qui expliquait qu’il était retenu dans ta cave pour faire tes colis. Tu penses à lui donner à boire de temps en temps ?

« Oui, t’inquiète, on lui a installé un distributeur d’eau comme les hamsters, avec une bille. Et puis, pour le distraire, je lui ai aussi acheté un poisson rouge. Si il a vraiment soif, il peut boire l’eau de l’aquarium ».

Merci Giedré pour cette chouette interview « Merci à toi, ouah, je suis trop contente d’être dans Funéraire Info ! »

Le site officiel de GiedRé : www.giedre.fr

Et les dates de tournée de GiedRé : www.giedre.fr/dates-tournante

Bonus « on est tous copains », une chouette chanson de Giedré, avec un très bon bouquin sur le canapé au début :

Le père Noël n’est pas mort, Interview

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L’annonce du décès du Père Noël, il y a quelques jours, dans un journal norvégien, a semé le trouble avant d’être démentie. Le Père Noël en personne a tenu à confirmer sa bonne santé à Funéraire Info, en dépit d’un métier à risques…
Non, le père Noël n’est pas mort

L’annonce était tombée par l’intermédiaire de la rubrique nécrologique de l’Aftenposten, un très sérieux journal norvégien qui annonçait l’âge du Père Noël, 226 ans. « C’est gentil de leur part de me rajeunir » sourit papa Noël. Mais quel âge a-t-il ? « Ca, je ne vous le dirais pas, mais disons que je distribuais déjà des cadeaux aux petits enfants vikings… ».

Le Père Noël passera encore cette année, donc, et distribuera des cadeaux à tout le monde. Toute le monde ? « Oui, mais c’est un peu spécial, cette année, les jihadistes m’ont tous commandés des Kalachnikov, ils auront la surprise de trouver à la place un petit cochon en peluche. »

Mais ça ne vous fait pas de peine, d’avoir été déclaré mort par un journal ? « Oh, non, vous savez, c’est arrivé à Jean Dujardin, Johnny Hallyday, Stromae… Toutes les vedettes. Je commençai presque à m’impatienter. Euh… Il n’est pas mort, Johnny ? » non, non, Johnny Hallyday va très bien « Tant mieux… Parce que bon, il est sur ma liste, mais avec lui, j’ai toujours un doute ».

Une mise au point salutaire

Puisqu’on est dans les choses qui fâchent, Père Noël, on vous accuse d’exploiter la misère humaine en distribuant des jouets fabriqués dans des pays pauvres par des enfants « Le processus, chez moi, est simple : je reçois les commandes, toujours très précises, j’honore les commandes. Que ce soit un gadget électronique fabriqué au tiers-mode par un enfant, ou un jouet en bois fabriqué dans le Jura pas un artisan, ce n’est pas moi qui décide. Voyez ça avec les intéressés. Prévenez juste les petits malins qui veulent la peau de Noël que j’ai leur nom… »

Mais, et votre partenariat avec une célèbre boisson gazeuse américaine qui aurait débouché sur vos couleurs, rouge en blanc ? « Et non. Je m’habille comme ça depuis très longtemps, Thomas Nast, le père de la caricature américaine, a fait mon portrait en 1860, déjà. Ceci dit, si Coca-Cola insiste pour m’envoyer un chèque, je ne dirai pas non. »

Un métier difficile

Mais Père Noël, quel est votre secret pour vivre si vieux ? « 364 jours de vacances par an, je suppose. Enfin, 363 et demi, je commence la veille au soir. Je plaisante. En fait, j’en ai aucune idée. Surtout avec un métier à risque »

Parce que distribuer des jouets, c’est un métier à risque ? « Oh, oui, bien sûr. Essayez un peu de descendre dans une cheminée, déjà, on en reparle. Surtout avec le feu dedans : chaleur, fumées toxiques, étroitesse du lieu… Je vous laisse imaginer. Mais pas seulement. Aujourd’hui, les appartements modernes sont équipés de ventilations mécaniques, et il faut de sacrés réflexes pour esquiver les pales, à la vitesse ou elles tournent. La circulation aérienne aussi est compliquée, avec tous ces avions. Beaucoup de chefs d’état qui se rendent à leur réveillon après avoir assisté à une réunion sur l’écologie, d’ailleurs. » les chefs d’état aussi ont des cadeaux ? « Oui. Mais les pas sages, je leur apporte des chômeurs » aille… mais c’est pas le boulot du Père Fouettard ? « C’est moi qui fait les deux. Depuis que je suis au RSI, je suis obligé de cumuler deux jobs pour pouvoir vivre… »

Dès le 26 décembre, donc, le père Noël se repose ? « En fait, les premiers mois, je cuve plus que je ne me repose. Vous n’imaginez pas la quantité incroyable de vin chaud, de whisky, de porto, d’alcools divers que j’ingurgite après la distribution. Comme je dis toujours, un verre ça va, trois millions, bonjours les dégâts. Le plus dur, c’est le retour, avec des rennes sans direction assistée… »

Père Noël superstar

Mais vous devez préparer Noël, avant la distribution, non ?  « Non, ça c’est le boulot des lutins. Vous imaginez Mick Jagger monter la scène avant de monter sur scène ? Ben moi, c’est pareil, j’arrive, je fais le show, le reste, c’est le boulot des hommes de l’ombre… enfin, des lutins de l’ombre. » Le Père Noël se prend pour une rock star, mais c’est un peu mérité. Dites, quel est votre secret pour pouvoir distribuer tous les cadeaux en 24 heures ? « Ca, je ne peu pas vous le dire. Vous imaginez, si ma recette est dévoilée ? Amazon va lancer un Noël Prémium moins cher, on va voir apparaître une application Uber papa Noël, Emmanuel Macron va faire une loi pour autoriser n’importe qui à faire Père Noël sans qualification… C’est déjà assez le foutoir comme ça, non ? »

Qu’allez vous faire en attendant Noël ? « Je ne sais pas trop, j’hésite entre aller voir James Bond ou Star Wars… Notez, j’ai le temps d’aller voir les deux. » Père Noël, merci pour le temps que vous nous avez consacré, qu’avez vous à dire aux lecteurs de Funéraire Info pour finir « OH ! OH ! OH ! »

Sondage Meminis-0pinionWay, une urne différente plébiscitée, interview

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Difficile d’innover dans le funéraire ? La question se pose de plus en plus, l’arrivée d’acteurs proposant des produits innovants ou des concepts évolués et qui rencontrent un succès certain faisant s’interroger sur le conservatisme qui régnait au sein de la profession. La société Meminis vient à son tour bousculer l’ordre établi, avec une vision claire de son projet et les moyens de ses ambitions. Entretien avec François Jeanne, son directeur.

Audere est facere

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François Jeanne

Meminis est une société créée par deux hommes venus de l’univers du luxe, François Jeanne et Matthieu Rochas. « Nous avons deux parcours différents, mais notre point commun, c’est l’univers du prémium, et de rencontre, c’est Chanel. Matthieu a ensuite créé son cabinet de design à Lyon, et moi, je suis parti chez MacLaren, ou j’ai occupé divers postes, jusqu’à celui de directeur pour l’Europe et l’Amérique du Nord ».

Mais du monde du luxe à celui du funéraire, il y a, justement, un monde ? « (rire) il n’y a rien de morbide là dedans, je vous rassure. Nous nous sommes rendus compte que l’objet funéraire était un monde passionnant : au niveau artistique, créatif, de celui du langage symbolique. Et pourtant, l’on revoyait toujours les même choses, il suffit de passer devant des pompes funèbres quand on se promène dans la rue. » De là est venue la société ? « L’idée a germé il y a deux ans, nous avons créé la société il y a quelques mois, et nous commençons la commercialisation maintenant. »

Deux dirigeants expérimentés, pointus dans leurs domaines respectifs, qui ne se ruent pas sur le marché pour faire aussitôt du chiffre mais prennent le temps de poser les bases ? Meminis se donne manifestement les moyens de ses ambitions. Au fait : Meminis est un mot latin qui signifie « en souvenir de » et Meminis n’est manifestement pas destinée à l’oubli.

In hoc signo vinces

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Matthieu Rochas

Ces urnes, combien y en a-t-il ? « Nous en proposons trois modèles, chacune décliné en deux couleurs, donc six en tout, mais la gamme sera certainement amenée à s’étoffer ». Ces urnes sont elles amenées à être inhumées, ou scellées ? « Elles peuvent être inhumées dans un caveau, ou dans un columbarium, mais elles ne sont pas conçues pour être scellées sur un monument. » Dans ce cas, qu’est-ce qui les distingue, maintenant que la loi interdit de conserver les cendres au domicile ? « Il y a la clef, un médaillon argent qui permet de fermer l’urne en un geste symbolique. Cette clé, qui peut être gravée au nom du disparu en un ou plusieurs exemplaires,est remise à la famille, et symbolise le lien éternel avec le défunt et l’objet funéraire. »

Meminis a réfléchi à sa symbolique, et nul doute que les Maîtres de Cérémonies imaginent déjà les possibilités de cérémonial offertes par cette idée.

Vox populi

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L'urne Crystal

Mais l’arrivée fracassante de Meminis dans le milieu du funéraire tient aussi à ce sondage que la société a commandé à OpinionWay sur les Français et la crémation. Nous nous sommes ouvert de notre étonnement sur le coût d’une telle opération « En réalité, le poids financier n’était pas si important que cela ». Mais sur la conception de ce sondage ? « Nous avons élaboré les questions en fonction de deux angles : les rapports des Français avec la crémation, et leur perception de l’objet funéraire ».

Certaines réponses surprennent : bien que la crémation soit un procédé résolument moderne, les plus de cinquante ans la plébiscitent plus que les jeunes, de 18 à 24 ans entre autres. « Oui, cela nous a surpris, aussi, mais finalement, cette réponse est à croiser avec une autre : il y a 34 % d’indécis chez les 18-24 ans, contre 14 % chez les plus de cinquante. Tout simplement, peut être, parce qu’ils sont à un âge ou l’on ne pense pas à la mort ».

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L'urne Gloria

Mais ce n’est pas cela qui a frappé le plus : « Parmi ceux qui optent pour la crémation, l’urne funéraire est moderne pour seulement 19 %, esthétique pour seulement 7 %, étant d’une réelle portée symbolique pour 9 % seulement, et peu propice au recueillement pour 14 %… » C’est édifiant. « Concrètement, cela veut dire que les familles achètent des urnes à une période délicate, ou ils sont affectés, mais sans être convaincus par les objets qu’on leur propose. C’est un achat par défaut, parce qu’on ne leur propose rien d’autre. ».

Pour conclure

Lorsqu’on lui laisse le dernier mot, François Jeanne ne cache pas son enthousiasme : « Je suis agréablement surpris par les retours positifs sur notre projet et l’intérêt qu’il suscite. C’est vraiment passionnant : l’objet funéraire est un terrain propice à l’expression de la créativité, à la recherche de l’esthétique et de la symbolique. J’ai vécu un temps près du Père Lachaise, et j’aimais bien m’y promener. C’est un endroit lui aussi artistique, symbolique, empreint de poésie. » Et l’on comprend le sens de la démarche de Meminis à travers cette expression passionnée : celui de la recherche, à travers la beauté, du meilleur hommage possible à rendre aux disparus.

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La clef Meminis

Le site internet de Meminis se trouve ici (lien)

Note aux professionnels : Vous pouvez les contacter directement pour envisager avec eux le moyen qui vous semblera le plus adapté pour proposer leurs produits.

Et comme promis, une petite leçon de latin :

Audere est facere : oser, c’est faire

In hoc signo vinces : par ce symbole tu vaincras

Vox populi : « voix du peuple », comprendre opinion publique

COMITAM, devis en ligne : interview

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Dans les services funéraires en ligne, la demande de devis est parmi les plus utilisés par les familles. Jeune acteur du Secteur, la société COMITAM, par le biais de son directeur Camille STROZECKI, a répondu à nos questions.

COMITAM ? Qui c’est ?

logo COMITAM, devis en ligne : interviewFondée depuis un an, la jeune société COMITAM est constituée de ses deux associés fondateurs. Matthieu Courson, développeur Web, s’occupe de la partie technique, de la création, de l’amélioration et de la maintenance du site. Camille Strozecki, ancien consultant pour des entreprises du funéraire, prend en charge la partie relations publiques et commercial.

Alors, comment ça marche ?

L’idée est celle d’une demande de relations en ligne entre une famille demandeuse et une entreprise de pompes funèbres. « Nous avons une offre concrète, des devis obsèques, au moment du décès, bien sûr, mais aussi pré obsèques. Nous pouvons également répondre sur la prévoyance, la marbrerie, l’entretien de sépulture. » L’ensemble des besoins est ainsi couvert.

Du côté des familles, la démarche est simple : le demandeur remplit un questionnaire sur ses souhaits. « Puis nous les rappelons. L’objectif est triple : vérifier qu’il s’agit d’une demande sérieuse, bien entendu. Puis préciser l’objet exact : nous essayons d’obtenir un maximum d’informations sur les souhaits de la famille, afin qu’ils puissent avoir le devis le plus exact possible. C’est également le moment ou nous faisons de la pédagogie. Nous répondons aux interrogations, bien entendu, à toutes les questions que les personnes peuvent se poser. Et nous leur expliquons également que le devis ne se résume pas au prix en bas de la page. Certes, il est important, mais il faut aussi tenir compte des prestations, qui ne sont pas toutes identiques, et surtout de la qualité du contact avec le conseiller, que le prix ne fait pas à lui tout seul leur satisfaction. L’objectif n’est pas de les pousser à acheter le plus cher, pas du tout, mais à rappeler que les obsèques sont un moment humain, et que la qualité du contact fait beaucoup. »

Et pour les pros ?

« Une fois le dossier validé et complété, nous l’envoyons chez nos partenaires du département concerné, en fonction de leur secteur d’activité (pompes funèbres, marbrerie…). Ceux qui souhaitent répondre peuvent alors se manifester, et nous leur faisons parvenir les coordonnées pour qu’ils puissent établir un devis. Les autres sont libres de ne pas le faire, et ne nous doivent rien. » Il faut donc qu’il y ait plusieurs devis. « L’objectif est qu’une famille en ait au moins deux. Nous précisons à ceux qui se manifestent depuis combien de temps la demande a été faite, et combien ont déjà répondu. » Si on est le soir, que la demande de devis a été faite le matin, et que huit collègues ont déjà fait une proposition, ce n’est en effet pas trop la peine. « Dans certaines régions, nous n’avons pas assez de partenaires. C’est le moment ou nous décrochons leur téléphone pour inciter les entreprises locales à répondre. »

Développement et bel esprit

Il a dû être difficile de se lancer ? « J’ai eu la chance d’avoir été consultant pour OGF. Lorsque je leur ai présenté mon projet, ils m’ont suivi tout de suite et ont référencé toutes leurs agences. Ensuite, nous avons développé notre réseau d’entrepreneurs indépendants ».

Ça fait un an que vous existez, donc, un premier bilan ? « Oui, du plus et du moins. Le plus, c’est que les entrepreneurs que nous contactons trouvent l’idée excellente. Le moins, c’est que tout génial qu’ils trouvent le concept, ils mettent en moyenne trois mois à se décider à nous rejoindre, et je ne compte pas les coups de téléphone enter temps. »

Au niveau de la satisfaction « Le point positif, c’est que 99 % des entreprises avec qui nous travaillons poursuivent la collaboration. En ce qui concerne les familles, nous avons moins de retour, nous mettons d’ailleurs en place un questionnaire qualité. Mais ils assimilent COMITAM à l’entreprise de pompes funèbres choisie, donc l’opinion qu’ils ont sur nous se fond avec l’opinion qu’ils ont sur leur interlocuteur. ». Les taux de transformation sont très bons, et au niveau des contacts ? « Nous avons environ 500 demandes de devis par mois ».

Au niveau des projets, pour le futur de COMITAM ? « Nous en nous projetons dans rien pour le moment : nous ne voulons pas nous lancer dans de nouveaux projets tant que le système de devis de COMITAM n’est pas parfait. » valider les acquis, consolider les bases, voilà un raisonnement sain. « Ensuite, je pense qu’il faudra discuter entre nous, tous les intervenants du funéraire sur le Web, pour voir où aller, plutôt que de faire chacun son truc dans son coin. C’est ainsi que ce sera viable. »

COMITAM, qui repose sur ses dirigeants pragmatiques et lucides, comptera certainement, dans les années à venir, parmi les intervenants du secteur qui vont compter.

Le site internet de COMITAM est ici

Interview Michel leclerc, 4 et fin

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Voici le dernier volet de l’interview-fleuve que nous avait accordé Michel Leclerc. Après un retour en arrière sur sa carrière plus que bien remplie, et une vision assez critique du monde funéraire aujourd’hui, l’homme nous montre qu’il a encore de la ressource et des projets.

 

Combat_Michel-LECLERC-247x300 Interview Michel leclerc, 4 et finSublimatorium Florian Leclerc

C’est son fils qui va reprendre le flambeau, avec les Sublimatoriums Florian Leclerc, une nouvelle marque en franchise « Il finit ses études, il va prendre la direction effective en mai ». Mais en quoi consistent ces Sublimatoriums « C’est remettre les familles au cœur de tout. Des prestations à un tarif beaucoup plus bas que ceux du marché, mais certainement pas au rabais ! » mais comment faire pour obtenir ces prix bas ? « Nous ne sommes pas gourmands, nous n’avons pas de siège immense à entretenir, ni d’actionnaires obsédés par les profits. Et nous ne demandons pas des fortunes aux franchisés pour obtenir l’enseigne. » Un circuit court, c’est le secret ? « Et le volume. L’idée, c’est qu’au lieu de faire dix convois avec un maximum de profits, comme font beaucoup, on fasse des convois beaucoup moins cher, mais en plus grands nombres. Et ça nous permet d’être jusqu’à vingt pour cent moins cher que les autres. »

En tout cas, nous suivrons de très près cette nouvelle approche. Et ceux qui seraient intéressés par le concept peuvent nous envoyer un message, que nous nous ferons un plaisir de transmettre.

Une nouvelle façon de crêmatiser ?

Autre projet de Michel Leclerc, le remplacement de la crémation.

Pardon, remplacer la crémation ? « Oui. Une crémation, aujourd’hui, oblige une famille à attendre une heure et demi, deux heures pour une urne. C’est long. Et puis, on brûle beaucoup de gaz, ce n’est pas très écologique, ni économique. C’est cher, une crémation. » D’accord, mais que faire à la place ? « J’ai un brevet, une crémation qui dure un quart d’heure » Comment est-ce possible ? « Avec de l’hydrogène. Ainsi, la famille attends un quart d’heure, et elle peut repartir avec son urne, ce qui n’oblige pas à faire de longue coupure durant la cérémonie. C’est également plus écologique et moins cher que la crémation classique » Quand est-ce qu’on verra cela ? « Le brevet est déposé, le temps de le mettre en place. Il y a plein d’obstacles, administratifs entre autres. Le plus tôt possible »

Encore une chose à propos de laquelle nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

L’avenir des cimetières

« Les cimetières, aujourd’hui, sont tous pareils » Explique Michel Leclerc « ce sont des lieux ou l’on n’a pas envie de lire. Regardez les arbres, ils sont plantés autour, comme pour enfermer les morts. Je veux des cimetières différents de cela. Le cimetière ne doit pas être un lieu de mort, mais un lieu de vie, ou l’on vient en famille pour être proche d’un défunt. » Un peu comme en Allemagne, ou les cimetières paysagers sont vraiment conçus comme des parcs ? « Voilà. Avec des lumières, des promenades, des espaces pour les enfants. Le cimetière ne doit plus être un endroit à l’écart ou l’on met les morts, mais un endroit de partage et de souvenir ou ils sont parmi nous. » Ca va être compliqué à mettre en place « ce n’est pas dans les habitudes… » et il faudra changer les mentalités « Il y a de moins en moins de gens dans les cimetières. Je crois qu’ils aimeraient un endroit comme cela ».

 

Et c’est la fin de l’entretien. On a quand même envie de lui demander à nouveau : Mais, vous n’avez pas envie de profiter ? « Profiter de quoi ? C’est comme ça que je profite de ma vie. J’en fais des choses. ».

En tout cas, la pointe de tristesse que l’on ressent en quittant ce bonhomme vraiment passionnant, est oubliée en se disant que dans les semaines et les mois qui viennent, c’est lui qui va faire l’actualité. Et ce sera sur Funéraire Info.