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L’importance du Maître de Cérémonies durant les obsèques religieuses

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Le cimetière s'étend autour de l'église

Lors d’obsèques religieuses, les pompes funèbres ont parfois tendance à mettre sur le convoi des Maîtres de Cérémonies peu expérimentés, et ces derniers ont eux-même tendance à considérer le convoi religieux comme une tâche subalterne. Ce qui n’est, évidemment, absolument pas le cas, bien au contraire.

Une cérémonie religieuse peut se décomposer en trois séquences : la mise en bière et/ou levée de corps, la cérémonie proprement dite, et l’inhumation au cimetière. Le cas des crématoriums sera abordé plus spécifiquement.

La mise en bière, la levée de corps

L’importance de la mise en bière et/ou de la levée de corps (si la mise en cercueil a été anticipée) est primordiale pour la perception du service rendu. La famille qui a demandé un hommage religieux y tient, soit par foi personnelle, soit par attachement aux volontés du défunt.

Pour solenniser la levée de corps et le début réel du cérémonial, autrement appelée la pompe funèbre, la récitation d’une prière pourrait par exemple être la bienvenue. À de rares exception près, ce n’est pas le cas, et la levée de corps reste une opération technique.

Ensuite, le Maître de Cérémonie devrait expliquer le déroulement des opérations. La famille sort d’un, deux ou trois jours de recueillements lors du dépôt de corps en salon, qui vont s’achever par un marathon frénétique : levée de corps, église, cimetière, puis soudain, plus rien, tout s’arrête. Si ces opérations sont pour nous, opérateurs funéraires, pure routine, gardons à l’esprit que pour la plupart des gens, c’est une nouveauté.

L’église

Dans l’église, le prêtre est le patron. S’il n’y a pas de prêtre, c’est l’équipe laïque, qui se voit confier son autorité par l’évêque. Autant dire que le Maître de Cérémonie n’aura pas son mot à dire lors du cérémonial proprement dit.

Mais pour tout le reste, oui : mise en place, regrouper la famille pour les faire entrer dans l’église derrière le cercueil, les placer sur les bancs, placer également l’assemblée, surtout pour les petits malins qui s’assoient au fond en laissant des bancs vides…

Tout cela nécessite une certaine habitude, pour ne pas dire une habitude certaine. Autant dire un Maître de Cérémonie expérimenté, qui n’hésitera pas à prendre l’initiative. Qui s’assurera au passage que l’équipe est bien en place durant la cérémonie : à la table à signatures, à la porte pour accueillir les destinataires, dans les allées lors de la bénédiction pour faire passer rang par rang et ainsi éviter la cohue…

Le cimetière

Trois solutions s’offrent au général au cimetière. Soit le prêtre vient, mais c’est rarissime, et dans ce cas là, il dirige le cérémonial. Soit c’est un ou une laïque, soit il n’y a personne.

Ce deux cas sont presque similaires : les laïcs, malgré toute leur bonne volonté, sont rarement formés à la prise de parole en public, et leur prière est souvent marmonnée à voix basse, la tête penchée sur un papier.

Il est très important à ce moment pour le Maître de Cérémonie de s’imposer en tant que patron. Si vraiment la prière marmonnée est inévitable, alors il faut se débrouiller pour qu’elle ait lieu au début et qu’ensuite, le Maître de Cérémonie prenne la main pour la suite du rituel, minute de silence autour du cercueil, dernier geste, inhumation.

Cérémonie : lire en public, le regard droit devant

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lire en public

Si vous travaillez dans les pompes funèbres, c’est que vous savez lire, très vraisemblablement, nous considérerons ceci comme acquis. Mais savez-vous lire en public, à haute et intelligible voix ? « Évidemment », rétorquerez vous. Mais, à voir certains Maîtres de Cérémonies, j’en doute parfois.

Lire en public, un art oublié

Vous avez l’impression de lire ce texte à la perfection. Les yeux rivés sur la feuille, vous marquez l’intonation à chaque ponctuation, à chaque virgule, vous prononcez parfaitement chaque mot. Vous êtes bons.

La famille regarde le Maître de Cérémonie, tête baissée, les yeux rivés sur son texte. Ceux qui ont la chance d’être assez près ne comprennent de toute façon rien à ce marmonnement, et le sommet du crâne du Maître de Cérémonies, moins accrocheur que son regard, ne les incite pas à écouter. Ils sont déçus.

Le problème, c’est quand ces deux situations sont la même simplement considérée de deux points de vue différents.

Se préparer

La première chose avant de lire un texte en cérémonie, et de commencer une cérémonie tout court, c’est de prendre le temps de se préparer. Prenez quelques minutes seul, faites semblant de farfouiller des papiers sur le pupitre, prenez l’air occupé ou allez vous réfugier dans un endroit peu fréquenté, peu importe. Prenez le temps de vous concentrer.

Regardez sans voir

Votre regard est important, parce qu’il capte l’attention du public et vous fournit des informations sur les réactions de l’assistance. Mais si votre regard est puissant, ceux de l’assistance le sont aussi. Evitez ceux qui peuvent vous déstabiliser.

Essayez de balayer la salle du regard, ni trop vite, ni trop lentement. Vous ne capterez aucun regard assez longtemps parmi la multitude, mais toutes les personnes de la salle auront l’impression que vous les regardez droit dans les yeux tour à tour. Vous dégagerez une impression de sérénité et de franchise rassurante sans aucun effort.

Posez votre voix

Il ne faut surtout pas crier, mais il faut parler fort. Adressez-vous constamment à une personne assise au dernier rang. Et surtout, utilisez le micro, en parlant bien en face.

N’hésitez pas à faire des tests avant la cérémonie. Et, une fois celle-ci commencée, faites un ultime teste de fonctionnement, avec un porteur situé au fond de la salle qui vous adressera un signe convenu s’il vous entend convenablement.

Pas « 1, 2, 1, 2, test », bien évidemment. Vous êtes à une cérémonie d’obsèques. Une astuce, demandez à l’assistance de vérifier que les téléphones portables sont bien éteints. S’il y a un cafouillage à ce moment là, personne ne vous en voudra.

Lisez les textes

Pour la lecture du texte proprement dit, commencez par vous débrouiller pour lire TOUS les textes avant la cérémonie. Y compris ceux que vous n’êtes pas censée lire. Croyez-moi sur parole : la première fois que vous devez prendre le relais d’un membre de la famille qui s’est effondré pendant sa lecture, et que vous découvrirez que vous êtes censé lire une feuille couverte de pattes de mouches illisible, ça vous fera drôle.

Évidemment, on n’est pas à l’abri d’une surprise, d’une lecture imprévue au dernier moment. Il faudra se débrouiller. Mais c’est ce qui fait la saveur inimitable de notre métier, non ?

Apprenez par coeur

Ce qu’il faut parvenir à faire, c’est réussir à lire rapidement et retenir les phrases pendant les intervalles. Techniquement, vous ne devez pas lire le texte, vous devez réciter par coeur au micro le bout de texte que vous avez lu et appris par coeur la seconde d’avant. Mettez à profit les silences, les points, les virgules, pour cela, en faisant en sorte que ce ne soit pas syncopé.

C’est une technique, ça demande de l’apprentissage, beaucoup de travail. Mais elle vous servira toute votre carrière, et vous l’affinerez sans cesse.

Gardez bien en tête une chose : vous lisez pour les gens, alors regardez les. Vous ne lisez pas pour la feuille : elle, elle est déjà au courant, et elle s’en fout royalement.

EFFA, l’école de formation aux métiers funéraire qui prépare l’avenir

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EFFA ecole de formation funeraire

Pour faire carrière dans le funéraire, tout commence par une bonne formation. Le choix d’une bonne école est donc primordial. Du haut de ses 35 ans d’expérience, jouissant d’une réputation d’excellence sans faille dans les métiers du funéraire, EFFA Formation, pour ses élèves, est en tout cas le meilleur choix à faire. Raisons d’un succès.

Depuis 1981

EFFA Formation n’est pas un nouveau venu dans le secteur de la formation aux métiers du funéraire : l’école a en effet été fondée en 1981, et a toujours appliqué la même philosophie : dispenser la formation pour chaque corps de métiers selon les programmes imposés, mais avec quelque chose en plus.

Ce quelque chose en plus, c’est l’expérience de ses formateurs. Tous professionnels issus du terrain, ils apportent leur expérience et leur éclairage précieux à la théorie de l’enseignement. Un détail qui a toute son importance : à la stricte application du contenu réglementaire de la formation, les enseignants d’EFFA apportent un enrichissement, celui de pouvoir expliquer l’importance concrète de ces connaissances.

Les formations d’EFFA sont accessibles à tous les publics : salarié dans son parcours de développement de carrière, personne en reconversion, créateur d’entreprise, etc.

A la pointe du progrès

Quoique idéalement située à Paris, non loin de nombreux transports en commun, dans un quartier agréable, EFFA a bien pris note que, pour certains élèves, des déplacements trop nombreux pouvaient parfois s’avérer contraignants et onéreux. Voilà pourquoi l’école a mis en place une plate-forme de e-learning.

Les étudiants ont donc la possibilité d’étudier, soit directement dans le centre de formation parisien, soit de leur domicile, voire directement depuis leur lieu de travail. Une solution souple et économique, en temps comme en argent, évitant les déplacements et l’hébergement sur place.

Les premiers retours sont très concluants. Les étudiants n’ont aucun problème pour comprendre la plate-forme facile d’accès, ils se repèrent facilement et peuvent communiquer rapidement avec un cyber-professeur présent constamment pour répondre à leurs questions.

Pourquoi choisir EFFA

Nous n’en faisons pas mystère : les formations professionnelles funéraires sont devenus une jungle où n’importe qui peut ouvrir son centre de formation. Il est primordial, pour qui souhaite faire carrière dans le secteur funéraire, de bien choisir son école. Et EFFA appartient à la très petite liste des écoles reconnues par la profession pour son sérieux.

Dans une profession devenue « à la mode », en effet, parmi la pléthore des Curriculum Vitae reçus par les employeurs, l’école est un facteur important. Un employeur qui recrute préférera un diplômé d’une école reconnue.

Plus de 85 % des élèves d’EFFA trouvent un poste dans les semaines qui suivent leur remise de diplôme, un taux très supérieur à la moyenne des centres. Ceci, grâce à une sélection rigoureuse des élèves sur leur motivation, et une réputation d’excellence sans faille depuis 36 ans.

Le site internet d’EFFA : effa-formation.com

La remise d’urne au cimetière : un moment à fignoler

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sac de depôt d'urne funeraire
Le sac de dépôt d'urne Funemarket, permet d'inhumer l'urne au cimetière avec élégance.

La remise d’urne au cimetière : conclusion des obsèques, parfois réduite à un simple geste technique. Pourtant, au même titre qu’une inhumation, c’est un moment qui doit être préparé et soigné. De plus en plus, des aides apparaissent pour soigner ce moment.

Un moment crucial

L’importance de la remise d’urne au cimetière est l’achèvement d’une séquence d’avènements commencée avec la mise en bière. C’est le dernier contact de la famille avec les pompes funèbres dans leur aspect cérémoniel, et il est donc essentiel qu’il soit réussi, parce qu’il sera également la dernière impression que vous laisserez.

Bien entendu, des contacts seront vraisemblablement encore noués avec la famille, pour des aspects administratifs ou des ventes accessoires, mais, dans leur esprit, ils ne reflètent pas votre savoir-faire. Vous serez jugé sur la cérémonie, et une remise d’urne réussie envoie le message que vous soignez tout jusqu’au bout.

Il est donc important que ce moment soit confié à un professionnel rompu au cérémonial : un Maître de Cérémonies.

Pensez à préparer

Le Maître de Cérémonies doit repérer et préparer les lieux. Découverte du lieu d’enfouissement, préparation d’un plan et d’une gestuelle pour le dépôt d’urne, repérage d’un endroit ou elle sera exposée.

Il faut en effet  tenir compte du fait que l’urne est plus petite qu’un cercueil, normalement, et que, de là ou vous la placerez, tout de monde devra pouvoir la voir. Non seulement la voir, mais également passer devant pour un geste d’adieu. Ne prévoyez donc pas de procéder entre deux tombes, dans une minuscule allée bordée de monuments massifs.

Préparez, mais uniquement le plan : l’urne ne doit être sortie qu’en présence de la famille, et  ne pas donner l’impression d’avoir été abandonnée là.

En route avec la famille

L’idéal est de proposer à la famille un rendez-vous à la porte du cimetière, d’aller les chercher et de vous acheminer avec eux à pied. Cela permet d’échanger, puisque la nature humaine a horreur du silence, et par là même d’affiner votre cérémonial. Si vous savez, en arrivant sur la sépulture, qu’un membre de la famille, et lequel, placera l’urne dans sa dernière demeure, qu’il souhaite dire quelque chose, et à quel moment, en un mot, si vous avez le plan millimétré du déroulement de la cérémonie, c’est que vous avez bien travaillé.

Une fois arrivé sur les lieux, placez l’assistance, et annoncez l’arrivée de l’urne avant d’aller la chercher.

La cérémonie

Sur la cérémonie en elle-même, nous dirons peu de choses : un Maître de Cérémonies professionnel doit développer son propre style. Une introduction, une lecture, quelques transitions, la recette est bien connue, et si non, travaillez.

Sur la durée, il n’y a pas de règle. Disons simplement que, de l’arrivée de la famille à la fin, urne placée, moins de dix minutes, c’est trop court, plus de vingt, c’est trop long. La bonne durée se situe entre ces deux temps.

Le geste d’adieu pour l’urne peut être le même, exactement, que pour un cercueil. Passer devant, poser la main, voir même procéder à une aspersion d’eau bénite, autorisée depuis Vatican II, sera laissée au desiderata de la famille.

Enfin, laissez la possibilité, à la fin, à un membre de la famille, de déposer lui-même l’urne, si la configuration des lieux le permet. L’idéal, dans ce cas, est de proposer au début, en cheminant vers la tombe, puis de reproposer à la fin : ils auront eu le temps de décider et se concerter, et vous éviterez un flottement.

Certains accessoires, comme le sac de dépôt d’urne proposé par Funémarket, peuvent s’avérer utile dans bon nombre de situations.

Il ne vous restera plus qu’à attendre le retour, questionnaire qualité ou lettre de remerciement, de la famille, en toute sérénité. Jamais, au grand jamais, je n’ai entendu une famille se plaindre d’une remise d’urne réussie.

Le sac de dépôt d’urne : une idée géniale pour des cérémonies élégantes

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sac de depôt d'urne funeraire
Le sac de dépôt d'urne Funemarket, permet d'inhumer l'urne au cimetière avec élégance.

Un nouveau produit innovant arrive sur le marché : un sac pour inhumation d’urnes. Une façon originale et élégante de procéder au dépôt d’urne, qui plaira aux professionnels soucieux de soigner leurs cérémonies jusqu’au bout. C’est une exclusivité Funemarket.

Une idée simple et géniale

Le sac en lui-même ressemble à une pochette d’apothicaire en cuir, ou un sac à main/sacoche, neutre et unisexe. Le Maître de Cérémonie y dépose l’urne et utilise le sac pour son transport. Jusqu’ici, rien de particulier à signaler.

L’originalité vient de l’aménagement pratiqué sur le sac. Muni d’une longue courroie, il peut être descendu jusqu’au fond d’un caveau ou d’un cavurne, sans assistance d’un marbrier, par exemple. Un fil, discret, permet alors d’activer un mécanisme très simple qui ouvre le fond du sac. L’urne est, de cette façon, déposée à sa place en toute élégance. Le sac est réutilisable à l’infini.

Une idée propulsée par le marché

L’idée est venue à un entrepreneur de pompes funèbres qui, en cérémonie, se faisait la réflexion que voir un Maître de Cérémonies s’agenouiller pour déposer une urne dans un cavurne, voire un marbrier descendre dans un caveau pour l’y installer, ce n’était pas la conclusion idéale pour une cérémonie élégante et bien tenue.

L’idée du sac ayant germé dans son esprit, il en réalisa un exemplaire pour lui, avant de réaliser que son invention pouvait plaire à de nombreux confrère. Il n’avait, malheureusement, ni les moyens ni les connaissances pour le distribuer sur une large échelle. C’est alors qu’un confrère l’a orienté sur Funemarket, place de marché du funéraire, qui lui permet de commercialiser son invention auprès de professionnels de la France entière sans avoir à réaliser d’investissement colossal en communication et en distribution.

Force est de constater que l’idée est bonne : depuis sa mise en vente, le produit est déjà un succès. Seul effet secondaire constaté, une forte accoutumance : les Maîtres de Cérémonie qui l’ont essayé refusent désormais de s’en passer.

Le sac de dépôt d’urne est à retrouver ici : http://www.funemarket.com/categorie-innovation-funemarket/creations-originales/innovations/sac-inhumation-urne.html

Digne et solennel : Maitre de Cérémonie téléphone maison

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peluche ET extraterrestre convoi digne cercueil pompes funèbres

La dignité : c’est l’élément essentiel dans le funéraire. La dignité de l’hommage rendu au défunt, bien entendu, et elle passe par la dignité de ceux qui rendent cet hommage. La dignité implique aussi qu’on respecte les dernières volontés. Et puis, fatalement, parce que dans le royaume de la mort, tout est possible, il y a parfois contradiction entre les deux, et devinez sur qui ça tombe ?

J’étais jeune, alors. En ce temps là, j’avais une silhouette svelte, un regard plein d’optimisme sur le genre humain, et l’envie de bien faire. J’ai perdu deux des trois – lesquels, ça ne vous regarde pas, et attention aux commentaires.

Tellement jeune que je n’avais pas dix convois au compteur. Le Maître de Cérémonie, en ce temps-là, était encore à mes yeux un demi-dieu, et pas juste un type terrifié par la loi universelle de la boulette en convoi1, et qui essayait de se donner bonne contenance. Ou plutôt, dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, une demi-déesse.

La dame dont c’était les obsèques avait une cinquantaine d’années. Elle avait vécu une existence simple, à l’image de son esprit, et était morte d’une maladie impitoyable, qui faucha cette âme innocente sans une once de pitié.

Toute l’équipe attendait dans le couloir technique, derrière la porte du salon, attendant le signal de la Maîtresse de Cérémonie pour procéder à la mise en bière. Muriel, c’était son nom, dispatcha les rôles. Puis elle toqua à la porte, parla un instant à la famille, et, quand celle-ci fut sortie, nous fit un signe.

Nous prîmes les fleurs pour aller les disposer dans le corbillard, procédâmes à la mise en bière, et ce fut tout. Je remarquai un petit sac plastique, sur le sol du couloir, que la famille avait donné à Muriel.

Enfin, nous sortîmes, pour laisser à la famille le temps de se recueillir, en attendant la fermeture du cercueil.

Muriel donna à nouveau ses consigne. « Bon, je serais avec la famille, Bruno et Michel, vous entrerez dans la pièce et vous prendrez le couvercle, mais avant de fermer, Guillaume, tu prendras le contenu de ce sac, et tu le déposeras dans les bras de la dame, dans le cercueil. N’oublie pas : digne et solennel, toujours. ».

Avant que nous ayons pu tergiverser, Muriel dit « On y va », et nous y allâmes. Muriel entre dans le salon, Parla à la famille, puis, au signe convenu, Bruno et Michel entrèrent à leur tour, avec le couvercle du cercueil, et tout le monde m’attendit.

Pendant ce temps, d’un pas, je m’étais dirigé vers le sac, en avait sorti le contenu, et m’étais demandé pourquoi ça arrive toujours à moi, ce genre de trucs.

« Avec dignité et solennité », c’étaient mes consignes.

Sous le regard de la famille, de la Maîtresse de Cérémonie et de mes deux collègues, j’entrais donc dans le salon, raide comme la justice, portant dans mes bras le précieux fardeau, une peluche d’E.T l’extraterrestre, et le déposai dans le cercueil. Le petit extraterrestre sembla me lancer un regard de reproche lorsqu’il vit dans quel pétrin je l’avais fourré, avant de disparaître, recouvert par le couvercle.

Le reste du convoi se déroula sans anicroche. Sur le chemin du retour, quelqu’un lança « Pauvre E.T. Ça va être plus dur, maintenant, pour téléphone maison ». Le fou-rire nous dura tout le trajet.

1La loi de la boulette en convoi : Tout problème sur un convoi entraînera l’arrivée d’autres problèmes sur le convoi de façon exponentielle. À apprendre par cœur.

Pompes funèbres de l’extrême, inhumation par grand froid

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Il paraît que le froid est là. Malgré, ou à cause de cela, la routine du funéraire continue : convois, inhumation, marbrerie, même exhumations doivent se poursuivre, parce que la mort s’est vêtue chaudement et continue sans discontinuer son œuvre funeste. Conseils donc pour travailler par grand froid.

Ou l’auteur raconte sa vie (passage facultatif)

Je m’en rappelle comme si c’était hier : tandis que je faisait mes classes, au service militaire, en plein mois d’août, alors que le soleil cognait dur, nous pratiquions ce que le sergent chef appelait une « marche d’infiltration ». Bon, en gros, en treillis, rangers, casque lourd, barda sur le dos, grenades en bretelles et FA-MAS en bandoulière, nous courions au petit trop, en plongeant à intervalle régulier dans le fossé pour se dissimuler de l’ennemi, à savoir quelques paisibles bovins qui faisaient office d’hostiles. La vache est sournoise, surtout quand elle travaille pour l’ennemi.

Et le chef, parce qu’un sergent-chef, on lui dit chef, de nous dire « pas de pot, les gars, de faire votre service l’été. C’est plus facile en hiver, on arrive mieux à se réchauffer quand on a froid qu’à se refroidir quand on a chaud ».

Plus tard, arrivé aux pompes funèbres, on m’a expliqué que c’était comme l’armée « Tu dois toujours faire attention à ta tenue, être bien rasé, marcher au pas, écouter le chef, etc. » La première fois qu’on m’a posé un cercueil sur l’épaule, j’ai failli partir au petit trot et sauter dans le fossé. D’autant plus que le corbillard du groupe de combat, pardon, de l’équipe de convoi à laquelle on m’avait assigné ressemblait à un char d’assaut. Bref. Je crois que j’ai digressé.

Vous avez de la chance

Tout cela pour dire : vous avez de la chance de faire des convois en hiver. Simplement, il convient de prendre quelques précautions élémentaires si vous voulez survivre.

Oui, survivre. Tenez, prenez un exemple : le patron de votre pompe funèbre vous fournit un manteau. Un beau matin, vous partez en convoi, arrivé au cimetière, le Maître de Cérémonies vous dit « Enfilez vos manteaux, les gars, ça caille, je viens de voir une colonie de manchots frissonner », et vous vous rendez compte que vous avez oublié le vôtre chez vous. Partant du principe que tous les porteurs doivent être habillés de façon identique, et que vous êtes dans l’impossibilité de revêtir le même vêtement chaud que vos collègues, alors, ceux-ci se verront logiquement ordonner de l’enlever. Croyez-moi : ils auront envie de vous tuer, et si l’un d’eux est suffisamment de mauvaise humeur, votre vie est réellement en danger.

Conseil numéro un : vérifiez que vous avez bien toutes vos affaires avant de partir.

Glace en tenue de camouflage

Autre danger, le camouflage de la glace. Parce que, le granit, dans les cimetières, ce n’est pas ça qui manque. Les semelles lisses de vos chaussures non adaptées n’y adhère pas du tout, c’est pour cela qu’on vous oblige à porter des chaussures de sécurité. Mais, par un mystère que je ne m’explique pas, la glace, elle, y colle très bien.

Le granit humide est glissant, n’importe quel porteur avec une broche en titane dans le bras ou la jambe vous le confirmera. Y a-t-il un physicien dans la salle ? Parce que le problème à mettre en équation est le suivant : plus la glace colle au granit, moins le porteur y adhère.

Bien entendu, on ne marche pas sur les monuments eux-même, mais il arrive souvent que, dans une allée étroite, on pose le pied sur une semelle. Il convient donc de savoir ou se trouvent les pièges.

Conseil numéro deux : avant de vous aventurer avec le cercueil, faites un repérage très précis de l’itinéraire.

Les joies de l’exhumation au petit matin

S’il est question dans l’intertitre ci-dessus d’exhumation, c’est bien de creusement en général dont il s’agit. Le problème, en réalité, est très, très simple : le froid durcit la terre. La terre durcie est plus dure à pelleter, il faut généralement la piocher avant.

Et lorsque le froid atteint des sommets, ce qui est souvent le cas dans des régions comme l’Antarctique, l’Alaska, la Sibérie et la Moselle, creuser le sol revient à s’attaquer avec une pelle et une pioche au monolithe de 2001, l’Odyssée de l’Espace.

Malheureusement, il n’y a pas de solution.

Conseil numéro trois : si vous avez une fosse à creuser, faites vous porter pâle.

ENAMEF : formation aux métiers des pompes funèbres, les clefs du succès

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ENAMEF, conseiller funéraire et maitre de cérémonie

Au cœur de toutes les attentions, ces derniers jours, la formation funéraire est un passage obligé pour tous les professionnels. Florence Fresse, directrice de l’ ENAMEF et Déléguée Générale de la Fédération Française des Pompes Funèbres (FFPF), nous explique ce qu’on attend d’un élève aujourd’hui.

Un recrutement efficace

Il existe deux types d’élèves dans les formations de l’ ENAMEF : des candidats venus « de l’extérieur » et d’autres déjà en poste dans une pompe funèbres et envoyés là pour prendre des responsabilités.

Pour les Maîtres de Cérémonie, les statistiques sont claires « Sur six stagiaires Maîtres de Cérémonie à l’ ENAMEF, en moyenne » détaille Florence Fresse, « cinq sont en poste dans une entreprise, qui nous les envoie. Généralement, il s’agit de valoriser un salarié qui est en poste depuis longtemps, un porteur plus, en lui donnant une qualification supplémentaire ».

Et pour les personnes qui arrivent de l’extérieur « Je les mets en garde » explique Florence Fresse « Tout simplement parce qu’en étant Maître de Cérémonies pur, il est très difficile d’avoir suffisamment d’heures pour vivre, si on n’a pas un autre emploi à côté. Généralement, c’est un emploi de porteur. Je conseille aux personnes qui voudraient entrer dans la profession de postuler directement à la formation d’assistant funéraire. Le programme de la formation de Maître de Cérémonies est inclue dans celle d’assistant funéraire, métier qui offre plus d’opportunités et de polyvalence. »

L’ENAMEF, une méthode qui marche

Quelles qualités sont exigées pour être admis à l’ENAMEF ? « Un seul critère est vraiment excluant, c’est de ne pas maîtriser l’expression française. Il est arrivé, dans certaines circonstances, d’accueillir en formation des stagiaires non francophones, mais le minimum exigé est d’être capable de lire un texte en français de façon compréhensible ».

Et en tant que formateur ? « Nous avons fait le choix de na pas prendre de formateurs uniquement formateurs, mais des professionnels en exercice. Ce sont des gens qui sont en contact tous les jours avec la réalité du terrain, qui interviennent sur une ou plusieurs journées de formation, qui étaient dans leurs agences la veille, et qui y seront le lendemain. Une façon pour nous de dispenser un enseignement qui n’est pas que purement théorique. »

Florence Fresse a mais en place une politique, à l’ ENAMEF, sur l’examen « L’inscription à l’examen n’est pas inclue automatiquement dans la formation, et doit faire l’objet d’une démarche indépendante. Ce n’est pas par hasard : seuls les candidats motivés font la démarche de s’inscrire ».

Parce qu’il y a des candidats pas motivés ? « Il y a des personnes qui viennent nous voir parce qu’elles sont envoyées par Pôle Emploi ou parce qu’elles se font des illusions sur le métier. Nous avons un certain nombre de stagiaires qui arrêtent la formation en cours, parce qu’ils se rendent comptent que cela ne leur correspond pas. »

Mais ce ne serait pas plus simple de ne pas les admettre ? « Il y a pléthore d’écoles de formation. Il y en a de très sérieuses, mais d’autres qui font ça pour l’argent et prennent tout le monde. Il vaut mieux, je crois, montrer aux stagiaires ce qu’est le métier et qu’il n’est pas pour eux, le cas échéant, plutôt que de lâcher dans la nature des jeunes diplômés qui ne trouveront pas de travail ».

Les qualités pour réussir

Quelle réussite pour l’ENAMEF aujourd’hui ? « Nous avons 80 % de réussite à l’examen, ce qui est un excellent score, mais ce dont je suis la plus heureuse, c’est que 100 % de nos diplômés trouvent du travail ensuite. » Un chiffre impressionnant « Le travail et la réputation d’ENAMEF y tiennent une bonne part, les employeurs savent que ceux qui sortent de notre école sont motivés, puisqu’ils ont été jusqu’au bout de la démarche, et qu’ils ont eu une formation proche du terrain. »

Quelles qualités faut il pour réussir ? « Il en faut trois : une oreille affûtée, de la bienveillance, et du respect, la famille le ressent. Il faut trouver le juste milieu entre l’écoute et l’aide que l’on peut fournir aux familles et la démarche commerciale qu’il y a au bout. »

La question qui fâche, le député Féron a récemment attaqué la formation de Maître de Cérémonies « Je trouve cela un peu étonnant, vous savez, certains journalistes retiennent une phrase sortie du contexte. Mais si c’est le cas, le programme est celui fixé par le décret de 2012, il semble curieux que personne ne s’en soit aperçu, s’il est si lacunaire » Florence Fresse conclut avec humour « Je me demande ce que les élus municipaux ont reçu comme formation en psychologie du deuil. En tout cas, si ils veulent approfondir leurs connaissances, ils sont les bienvenus à l’ENAMEF. »

Le site internet de l’Ecole NAtionale des MEtiers du Funéraire

Pour le député Féron, les maitres de cérémonies sont incompétents

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Le vote d’une loi cruciale est toujours l’occasion de déclarations fracassantes. Le mariage pour tous n’en a pas manqué, pas plus que la loi travail ou la déchéance de nationalité. Dernière en date, les obsèques républicaines. Les obsèques républicaines ? Oui, manifestement, le député Féron s’y croit. Quitte à raconter n’importe quoi et à insulter ses électeurs.

Les mensonges du député Féron

Persuadé que sa réformette inutile et mal fagotée est le nouveau mariage pour tous, le député Féron s’est donc enfermé dans une attitude qui se voulait droite et ferme. Il est juste parvenu à se donner une image virulente et sectaire.

Nous ne reviendrons pas sur les mensonges du député Féron. Sauf un, le plus grave : Cette histoire selon laquelle « les familles sont souvent contraintes d’accepter des obsèques religieuses » Ah bon, monsieur le député Féron ? Pouvez-vous nous préciser par qui, et pourquoi ? Ce sont des accusations graves à l’encontre de sociétés, publiques ou privées, qui toutes rendent un service public essentiel, condition sine qua non à leur droit d’exercer. Vous devriez le savoir, ne me dites pas que vous votez des lois sans connaître celles qui existent déjà ?

Les insultes du député Féron

Mais le député Féron ne s’est pas arrêté là, dans son étalage d’ignorance et de dogmatisme. Voilà, face à ces objections, qu’il déclare, dans Le Figaro, « Les pompes funèbres ne vont pas nous faire pleurer, ils vont continuer à travailler. La formation pour être maître de cérémonie est très courte. Vous croyez que c’est en une semaine qu’on apprend la psychologie ? ».

Mais quelle Suffisance ! Mais quel Mépris ! Mais quelle Ignorance de la législation de la part d’un député de la République qui est censé la voter, et donc la connaître !

Monsieur le député Féron, sachez, pour votre gouverne, que la formation de Maître de Cérémonie n’est pas d’une semaine. Elle est d’un mois, comptant deux semaines, ou 70 heures, de formation théorique, et deux semaines, ou 70 heures, de formation pratique, à travers un stage en entreprise.

Ces Maîtres de Cérémonies ne sont pas des petits jeunes inexpérimentés sortis de l’école. Ils sont soit des conseillers funéraires, qui ont une formation plus poussée, soit des porteurs montés en grade, et promus parce que leur entreprise avait distingué en eux des capacités. Un Maître de Cérémonie est couvé comme le lait sur le feu par ses responsables, tant ce poste est crucial pour la pompe funèbre. Il est, en effet, porteur des valeurs de l’entreprise qui l’emploie et au travers de sa prestation c’est l’image de son entreprise de pompes funèbres qui est, jour après jour, convoi après convoi, constamment remise en jeu. L’erreur, dans notre métier, ne pardonne pas.

Enfin, l’impétrant Maître de Cérémonie apprend la psychologie théorique, effectivement, en formation, mais il est choisi sur son empathie, sa connaissance du comportement humain, son sens du relationnel, bref, cette compréhension des personnes humaines qui fait toute la différence. Vous, par exemple, monsieur le député Féron, ne seriez pas admis.

Ce que le député Féron ignore

Monsieur le député Féron, vous balayez de cette phrase méprisante le travail accompli depuis des dizaines d’années par ces Maîtres de Cérémonie à qui il revient la tâche de créer de toutes pièces des obsèques civiles, non pas parce qu’un obscur député d’une majorité qui appartient déjà au passé les en a sommés, mais parce que les familles éplorées le leur ont demandé.

Vous balayez de cette phrase la satisfaction des familles et des proches de défunts de ces cent dernières années, qui ont pu avoir, pour leurs proches athées, des obsèques dignes, respectueuses et tout autant chargées de symboles que n’importe quelles autres.

Vous semblez même ignorant des immenses progrès qu’a fait la personnalisation des obsèques, puisque, dégagés des rituels religieux, les familles ont voulu un hommage spécifique plutôt qu’une cérémonie standard.

Vous insultez par cette phrase méprisante 25 000 professionnels qui font chaque jour, restant disponibles sept jours sur sept, vingt quatre heures sur vingt quatre, toute l’année, un métier difficile, physiquement et moralement, un métier de passion, ou les salaires sont largement moins élevés que le vôtre, monsieur le député-maire, et dont la plus grande gratification vient de la reconnaissance des familles. Des professionnels compétents et à l’écoute, dont aucun ne méritait qu’un député de la République leur crachat ainsi au visage.

Enfin, vous insultez les écoles, et les formateurs, issus du terrain, qui s’appliquent à transmettre aux futurs Maîtres de Cérémonie l’expérience et l’éclairage qui convient à leur fonction. Ecoles de formation dont le programme a été établi par l’État, ministres et députés. Si cette formation était si mauvaise, n’était-ce pas elle qu’il fallait corriger et améliorer ? Personne n’en a éprouvé le besoin. Quel message cela envoie ? Aux laïcs, l’élite de la France, ses élus, aux autres les incompétents ?

Le mépris

Votre phrase, chargée de mépris et de préjugés, en rappelle une autre, tristement célèbre « Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées ». Cette phrase était celle d’un jeune ministre, aujourd’hui candidat à la présidence de la République. Pour l’avoir dite, il s’est excusé, platement.

Pardon de vous ennuyer avec ces considération biographiques, député Féron, mais il se trouve qu’avant d’entrer en pompe funèbre comme on entre en religion, j’ai un peu travaillé chez Gad. Je ne sais pas si mes collègues de travail, homme et femmes, avaient fait leurs humanités, mais j’ai acquis, au fil du temps, une certitude : il y avait chez ces gens très éloignés des ors de la République, plus d’humanité qu’à l’Assemblée Nationale.

Vous m’accuserez peut être, si votre auguste regard daigne se baisser sur cet article, de « faire le jeu des extrêmes ». C’est l’excuse facile des politiques à bout de souffle. Qui fait le jeu des extrêmes ? Celui qui fait la bêtise, ou celui qui le lui fait remarquer. Je ne crois pas que je fisse le jeu de qui que ce soit, en l’occurrence, Monsieur le député Féron. Les électeurs sont intelligents, et libres de leur vote.

Mais quelle mouche vous a piqué, monsieur le député Féron, de commettre cette loi et de la défendre avec autant de bassesse ? Serait-ce cette ambiance de fin de règne, l’approche inexorable des funérailles de votre majorité politique ? Je ne sais pas si vous retrouverez votre siège, monsieur le député, mais une chose est certaine : cette loi ne vous fera gagner aucune voix, mais votre attitude vous en aura fait perdre beaucoup.

Obsèques laïques, vin d’honneur, loto et belote en salle municipale

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Au secours, elles reviennent ! Elles, ce sont les obsèques laïques voulues par un député socialiste, et qui obligeront les communes à mettre à disposition une salle municipale et un élu en guise de Maître de Cérémonies. Le problème, c’est que ça existe déjà. Vous avez dit « concurrence déloyale » ?

Le rapporteur du texte, le député Hervé Féron, expliquait à nos confrères de LCI « La loi du 15 novembre 1887 garantit le principe de laïcité et donne la liberté de choisir le caractère civil ou religieux des funérailles. Mais depuis, on ne s’est pas donné les moyens pour rendre cette loi opérationnelle ». On se demande à qui il s’est adressé : le législateur a effectivement donné aux familles le libre choix des funérailles, et les pompes funèbres se sont adaptés, proposant un panel couvrant tous les champs.

« Quand on pratique la crémation, il y a la possibilité d’avoir des salles dans les crématoriums. Mais quand c’est une inhumation, il n’existe pas d’endroit où l’on peut organiser les funérailles. Ce n’est parce que l’on n’est pas croyant que l’on n’a pas de rite funéraire » ajoute Hervé Féron.

Là, on nage en pleine hallucination. De nombreuses maisons funéraires sont pourvues de salles de cérémonies civiles. De surcroît, les salles de cérémonies de la plupart des crématoriums peuvent être louées indépendamment de la crémation. Plus prosaïquement, maisons funéraires actuellement construites sont de plus en plus pourvues de salles de cérémonies. N’oublions pas, enfin… Que ça se fait déjà. N’importe quelle pompe funèbre peut demander, si les circonstances l’exigent, à sa mairie de lui prêter ou louer une salle municipale pour y procéder à une cérémonie d’obsèques. J’invite Monsieur Féron à réfléchir au sens du terme « superfétatoire ».

Le conseiller municipal chargé de la cérémonie était un point qui posait problème. Après que l’association des maires de France se soit inquiétée, la proposition de loi a été amendée, pour laisser cela à l’appréciation du maire. Nous aurons donc, au choix, pour célébrer ces obsèques, des Maîtres de Cérémonies obligés de travailler dans une salle qui sera sans doute inadaptée, ou des officiers d’état-civil persuadés, à tort, de pouvoir faire mieux que des professionnels, ou des conseillers municipaux qui confondront discours d’hommage et discours politique, voir même des conseillers d’opposition envoyés au casse-pipe par un maire taquin.

Mais c’est surtout l’application de la loi qu’on a du mal à imaginer. Projetons nous après la promulgation, à Triffouillis-les-Oies, riante bourgade. La seule salle municipale est donc mise à disposition pour les obsèques de Madame Chombier, défunte de la commune. Le cercueil est donc disposé sous les décorations de Noël, entre le sapin et la crèche. Monsieur Durand, conseiller municipal, après avoir lu la cérémonie type « inscrivez ici le nom du défunt » téléchargée sur internet, et y avoir ajouté une trouvaille qui l’a rendu heureux, un texte méconnu qui commence par « Je ne suis pas mort, je suis juste passé dans la pièce d’à côté »… annonce après consultation de sa montre que le geste d’adieu se fera au cimetière, puisque la salle a été réservée pour le cochon grillé annuel du club « Des chiffres et des lettres ».

La question posée est celle de la gratuité ou non de la mise à disposition des salles. Une charge supplémentaire pour la commune sans contrepartie… et surtout un très mauvais signal envoyé aux pompes funèbres. Comment voulez-vous convaincre un entrepreneur de construire, à ses frais, une salle de cérémonies, qui sera payante, pour des raisons aussi pragmatique que le remboursement du prêt à la banque, alors que la mairie de son village pourra mettre à disposition de qui le souhaite une salle gratuite ?

Et comment expliquer aux jeunes aujourd’hui qu’il faut 70 heures de formation et 70 heures de stage en entreprise pour pouvoir se dire maître de cérémonies, alors que n’importe quel élu municipal peut être envoyé au charbon, à contrecœur, sans formation, et massacrer une cérémonies d’obsèques ?

Simple : c’est un marqueur de gauche, un peu comme le pardon des communards de 1870 récemment votée par l’Assemblée Nationale. Et, à l’approche des élections, ce genre de propositions vont se multiplier. Tant pis pour les pompes funèbres, les maires et surtout les familles qui vont payer les pots cassés, tant pis pour le temps de législature gaspillé pour cela dans un pays écrasé sous le chômage et la dette, l’important, c’est de signaler à son électorat qu’on se rappelle de son existence.

On attend donc les prochaines mesures avec angoisse.

Vous pouvez trouver ici l’article que nous avions publié au moment de la première proposition.