Accueil Tags Médecin

Tag: médecin

« Ne Pas Réanimer » tatoué sur le torse : le cas de conscience des médecins.

0
ne pas réanimer
Photo : The New England Journal of Medecine

L’histoire nous vient d’un article du New England Journal Medicine. Il est relaté par un médecin, du Jackson Mémorial Hospital à Miami qui explique le cas d’un homme de 70 ans hospitalisé durant l’année arrivé inconscient avec l’inscription Ne Pas Réanimer tatoué sur le torse.

Il est expliqué que cet homme est arrivé inconscient à l’hôpital. D’après les premières consultations il souffrait de graves problèmes respiratoires. Il faut ajouter également que l’homme présentait un taux d’alcoolémie élevé dans le sang. À la recherche de son identité, l’homme ne possédait pas de papier d’identité sur soi mais un signe très distinctif. En effet « Ne Pas Réanimer » était tatoué sur son torse – pas étant souligné.

Des questions éthiques

Normalement les informations de Ne Pas Réanimer sont inscrites dans le dossier médical d’une personne, seul le tatouage ne suffisait pas et les médecins ont donc choisi de ne pas le prendre en compte. Des soins ont été prodigués.

Néanmoins ce NPR en plein milieu du torse a suffisamment interpellé les médecins pour qu’ils consultent le service d’éthique. Ce dernier leur a conseillé d’appliquer à la lettre les demandes de ce patient. Des questions ont été soulevées pour prendre cette décision notamment si les tatouages représentaient « des souvenirs permanents ou des décisions malheureuses, prises quand la personne était sous l’influence de l’alcool ».

Face à un véritable cas de conscience, les médecins ont décidé d’arrêter les soins et il est mort quelque temps après.

Même si la décision était prise, des recherches ont été faites pour retrouver l’identité de ce patient. Et dans son dossier médical il était en effet mentionné l’ordre de non réanimation ce qui à permis à l’hôpital de ne pas être poursuivi. Un autre cas avait été relaté il y a quelques années, mais cette fois-ci il s’agissait seulement d’un tatouage « pari » et l’homme une fois réanimé avait déclaré faire le nécessaire pour ôter  son tatouage.

 

Le Nano pacemaker : autopsie d’un arrêté et encore des questions

0
Medtronic Micra

 

C’était la galère pour les familles, le casse-tête des pompes funèbres et la hantise des thanatopracteurs. Ce tout petit stimulateur qui est si important pendant la vie, cause bien des soucis une fois qu’il ne joue plus son rôle.

Vous vous souvenez tous de la malheureuse affaire de la famille à …. , qui, à cause d’un petit objet de la taille d’une pièce d’un euro a vu des obsèques retardées de …. mois. Il y avait des refus de toute part concernant l’extraction de ce nano pacemaker et son risque pour le crématorium.

Comme souvent nous faisons preuve d’innovation, mais nous nous rendons compte après coup que nous nous retrouvons en situation compliquée lorsque nous devons enlever, recycler, extraire. C’est un peu le cas également avec les batteries de téléphone.

Il y a peu un thanatopracteur courageux a décidé de contacter directement Medtronic, le fabricant du nano pacemaker pour connaître son fonctionnement mais aussi son retrait. Il a suivi tout le protocole, et à même assisté à son implantation au CHU de Clermont Ferrand. Il est le premier thanatopracteur en France a avoir extrait ce nano pacemaker. Son but était de montrer que la profession pouvait faire preuve d’évolution. Malheureusement son retour à la réalité de la vie des réseaux sociaux n’a pas été accueilli à sa juste valeur, c’est-à-dire dans un but pédagogique. Je tairais ici son nom afin de le laisser poursuivre son travail en paix.

Ça c’est pour la partie thanato, de l’autre côté, l’État a voulu pallier à ce problème, vous noterez par ailleurs l’urgence de cet arrêté qui, pour une fois, fait figure d’exception dans la rapidité de l’exécution. Cet arrêté le voici, nous vous l’avons communiqué dès la semaine dernière. Il précise que les personnes décédées qui portent un nano pacemaker de la société Medtronic – et seulement Medtronic, nous y revenons après – peuvent être inhumées ou crématisées sans avoir besoin que  ledit stimulateur soit retiré, ni par un médecin, ni par un thanatopracteur.

Ouf, soulagement, tout va bien dans le meilleur des mondes ? Mmmhhh pas sûr, les thanatopracteurs s’interrogent. Comment savoir si le ou la défunt(e) possède un stimulateur de la marque Medtronic ? Là on touche à un point sensible puisque cette info se trouve dans son dossier médical et est donc par définition strictement confidentielle. Il faudrait ainsi, pour que ça se passe sans heurt, que le médecin lors de la signature du certificat de décès précise de quel type de stimulateur il s’agit.

Mais… Mais encore faut-il que le médecin le stipule, encore faut-il que les mairies soient confiantes sur les autorisations et encore faut-il que les crémas ne soient plus frileux à cette idée d’autant que cet arrêté est en phase test de six mois, qui lance un silence perplexe sur sa raison.

Et surtout ! Le dilemme reste entier, que faire pour les nano stimulateurs d’autres marques ? Pourtant cette question n’est pas nouvelle, elle se posait déjà avant même l’implantation, comme l’on peut le lire sur le site de l’actu des CHU, CHU réseau en 2014.

nano-stimulateurs-CHU-réseau Le Nano pacemaker : autopsie d'un arrêté et encore des questionsLe nano stimulateur reste cependant une formidable évolution, 50 ans après la pose des premiers pacemakers, il est désormais possible grâce à ce tout petit objet de le poser sans opération chirurgicale, une avancée majeure pour la médecine, mais qui, encore une fois, n’a pas délivrée toutes ses réponses quant à son devenir.

 

Caen : dans le butin du cambriolage, une urne funéraire

0
L'urne dérobée. (capture site Normandie-actu)

« Rendez-moi ma mère » ! Relayé par le site Normandie-actu, un médecin de Caen (Calvados) a lancé un appel public émouvant pour qu’on lui rendre les cendres de sa mère. L’urne a été volée chez lui lors d’un cambriolage le 6 juillet. Il s’en est aperçu en rentrant du travail. Elle devait être inhumée en septembre.

Au-delà de la plainte déposée pour le vol de plusieurs objets par effraction à son domicile, ce médecin du Centre hospitalier universitaire local mise sur la générosité de ses cambrioleurs. Il espère que quelqu’un viendra déposer l’urne devant chez lui. Car cette dernière n’a aucune valeur autre que sentimentale. « Un grand trésor pour nous », précise-t-il.

La mère de Gérard Babatasi est décédée à Caen le 10 juin dernier, âgée de 85 ans. Le praticien se trouvait alors au Cambodge, bénévole pour l’association humanitaire La Chaîne de l’espoir. Une organisation qui soigne des enfants partout dans le monde. Il est rentré d’urgence pour prévenir ses proches et organiser les obsèques. D’origine vietnamienne, issue d’une famille nombreuse, elle-même s’était dévoué aux autres. Et voilà son urne volée. « Elle ne méritait pas ce triste sort», confie au site ce fils éploré. « Même les policiers n’avaient jamais vu ça. » Il se dit aujourd’hui « totalement désemparé ».

Le médecin, ennemi des pompes funèbres ?

2
exhumation

Les pompes funèbres et les médecins, une histoire compliquée. Les médecins sont ils les fournisseurs des pompes funèbres, ou les pompes funèbres sont elles le service-après vente des toubibs ? Agacés par ces rapprochements, les médecins cherchent ils à se venger ?

Quand notre cœur fait Boum !

Le 10 mars dernier, un des deux fours du crématorium de Saint Etienne a été endommagé par une explosion. « Ca y est » pensez-vous, professionnel du funéraire « encore un médecin qui a oublié d’enlever un pacemaker ». Préjugé ! Voilà un travers fort déplorable, celui de porter un jugement hâtif, puisque, dans ce cas précis, il s’agit… D ‘un médecin qui a oublié d’enlever un pacemaker, bon, d’accord.

La double mauvaise nouvelle, c’est que le four ainsi détruit est le grande taille, destiné à accueillir les défunts de plus de 100 kilos. Il faudra dire aux docteurs que lutter contre l’obésité, c’est bien, mais il y a un moment ou il faut savoir s’arrêter. Après la mort du patient, par exemple.

Ce qui est gênant, c’est que, dans le cas des porteurs de pacemakers, de plus en plus, les pompes funèbres dépendent entièrement de la bonne volonté et de la conscience des médecins. Miniaturisés, placés dans des endroits certes plus confortables pour le porteur mais qui les rendent indiscernables à la palpation, les pacemakers sont en train de passer au delà de la portée du savoir-faire des thanatopracteurs.

A l’avenir, ces pacemakers indétectables et inatteignables, dépendront entièrement de la bonne volonté et de la consciences professionnelle du corps médical qui voudra bien se renseigner pour savoir si le défunt en portait un et daignera l’ôter. Le plus gênant dans cette histoire, c’est que les crématoriums, en cas de négligence ou d’oubli, en supporteront les conséquences.

La solution ? Elle est simple, expliquent certains : responsabiliser le médecin en lui faisant supporter la charge de la réparation du four, du manque à gagner de l’exploitant et du préjudice moral des familles. Le montant de sa prime d’assurance, gravé au fer rouge dans son esprit, devrait le faire réfléchir.

Arrivé à ce stade, généralement, les premiers mots qui franchissent mes lèvres sont « Ben voyons… »

Y a-t-il un médecin dans la salle ?

Parce que, bien entendu, la solution de frapper les médecins au portefeuille implique qu’il y ait un médecin. Et un portefeuille, mais l’un ne va pas sans l’autre.

Parce que l’autre souci que posent actuellement les médecins aux professionnels du funéraire, c’est qu’il n’y en a plus, dans certaines régions, pour compléter les certificats de décès. C’est le moment ou vous vous dites « Ils radotent, à Funéraire Info, j’ai déjà lu quelque chose à ce propos » et vous aurez tout à fait raison, du moins sur le fait que nous avons déjà publié quelque chose à ce sujet. Pour le radotage, ça me rappelle ma jeunesse, quand on n’avait qu’une orange à Noël… Bref.

La répétition du propos vient de son expansion. Le problème est de plus en plus ancien et dans de plus en plus d’endroits différents. Entre les déserts médicaux, et puisque les druides, sorciers, rebouteux, marabouts et magnétiseurs n’ont pas le droit de prononcer un décès, et les endroits ou les médecins, très sollicités par une patientèle vivante, n’ont juste pas le temps, et pas trop l’envie non, plus, la pénurie devient aiguë.

Baby-boom, croissance de la population sans commune mesure avec les légères évolutions du numerus clausus à la faculté de médecine, et voilà les médecins dans la position ou beaucoup de salariés aimeraient être : celle du plein emploi. A savoir qu’il y a moins d’offre que de demande. Si la sécurité sociale peut encore faire pression sur les médecins pour maîtriser leurs honoraires, en revanche, nul moyen n’existe pour aller les forcer à remplir un certificat de décès. Surtout pas la menace de la « non assistance à personne en danger ».

Amer lundi

Le constat est simple : les pompes funèbres vont de plus en plus dépendre de médecins de moins en moins disponibles et de moins en moins motivés pour les aider. On ne parlera même pas de psychologie, et des soignants qui perçoivent l’arrivée des pompes funèbres comme un constat d’échec.

Alors, les médecins sont ils disposés à travailler avec ou déterminés à travailler contre les pompes funèbres ? En tout cas, ils sont en position de force. Et tout cela peut se résumer à une question d’ego…

Québec : le pêcheur est mort d’avoir bu trop d’eau

1
Verre d'eau

Dix jours après, l’origine de ce décès fait toujours causer. Peut-on mourir de boire trop d’eau ? C’est en tous cas ce qui serait arrivé fin février à un habitant de Drummondville, ville québécoise au nord de Montréal.

Nous ne sommes pas dans un épisode de X-Files. Mais voici. L’homme, âgé de 47 ans, passionné de pêche et de nature, regardait la télévision en compagnie d’amis. Soudain, c’est l’arrêt cardio-respiratoire. Sylvain est mort dans les heures qui ont suivi d’une embolie pulmonaire. Les ambulanciers n’ont pas réussi à le ranimer. Il semble que son corps contenait trop d’eau pour sa capacité.

Ses proches témoignent qu’ils l’ont toujours vu boire beaucoup d’eau depuis une quinzaine d’année, à l’époque où il a suivi un traitement contre la schizophrénie. Il aurait ressenti une envie compulsive de s’hydrater, au point de dépasser une consommation quotidienne de dix litres par jour. Six fois plus que la normale, qui peut varier selon la température et l’effort. A ce point, les reins ne sont bientôt plus en capacité de filtrer cet apport de masse. Une intoxication peut s’installer.

Il faudra bien entendu attendre la livraison du rapport toxicologique pour écarter d’autres hypothèses. Mais le coroner en charge de l’enquête a déjà repéré trois autres cas de victimes au Québec depuis dix ans.

Dans la presse locale, certains médecins interrogés pensent toutefois qu’une telle cause de la mort est étonnante. Témoin ce psychiatre qui, en 25 ans de pratique et bon connaisseur de cette addiction à l’eau, n’a jamais vu personne en mourir. Pour lui, le défunt devait sans doute avoir une autre « maladie contributive », une insuffisance cardiaque par exemple.

Miniaturisation des pacemakers, augmentation du prix de la thanato

0
Pacemaker

Le premier modèle de mini pacemaker a été implanté à Grenoble en début d’année. Mais si l’exploit technologique et l’amélioration de la qualité de vie des patients ne fait aucun doute, des questions restent sans réponse…

Le mini pacemaker

de la taille d’une pièce de un euro, sans sonde, doté d’une batterie intégrée d’une durée de neuf à treize ans, implantable sans chirurgie, le mini pacemaker a tout pour plaire. Du moins au patient et à son médecin. C’est lors du décès que les choses se gâtent.

En effet, nos tentatives sont restées vaines pour joindre les équipes du CHU de Grenoble pour poser une simple question : quid du retrait post mortem avant la mise en bière, effectué habituellement par un thanatopracteur ? Est-ce que cela nécessite un appareillage spécial ? Un savoir-faire particulier ?

On ne peut d’autre part négliger le risque de l’omission. Il arrive de temps à autres que les médecins oublient de signaler qu’un pacemaker est présent. Fort heureusement, les modèles courants étaient détectables aisément par palpation, ce qui ne sera plus le cas de ce modèle-ci.

L’éclairage du thanato

Claire Sarazin, thanatopractrice à la Belfortaine de Thanatopraxie, s’inquiète à ce propos « Lors des réunions, à la CPFM notamment, nous avons fait part de ce sujet qui devient préoccupant. Les avis sont remontés au Ministère de la Santé, mais pour l’instant, nous n’avons pas eu de retour ». Que préconisent les thanatopracteurs ? « Clairement, nous ne pouvons pas retirer ces pacemakers, du moins sans risque pour la préservation du corps, parce que nous n’avons pas la formation et l’équipement pour. Nous demandons donc à être dégagés de cette responsabilité en l’absence de solution autre. »

Ce problème est d’ailleurs un ajout à une longue liste de difficultés « De plus en plus souvent, retirer des pacemakers devient difficile, parce que les chirurgiens les implantent dans l’abdomen, dans le dos… Tout cela dans l’objectif d’améliorer le confort du patient. Ce qui est une très bonne chose, bien entendu ! Simplement, il aussi adapter ce qu’on demande aux thanatopracteurs. »

Une histoire de coût

Les thanatopracteurs ont donc de plus en plus de mal à engager leur responsabilité. « Pour l’instant », explique Claire « La plupart des pacemakers peuvent être retirés à l’hôpital. Mais pour les patients décédés à l’extérieur, si l’intervention d’un médecin est nécessaire, cela impliquera soit un déplacement du médecin vers le défunt, soit un passage du corps à l’hôpital… Dans tous les cas de figure, cela implique des frais importants pour les familles. » De quel ordre ? « Pour l’enlèvement d’un pacemaker, c e n’est pas le même tarif que pour un certificat de décès. D’après les informations que j’ai pu obtenir, le déplacement d’un médecin au domicile pour enlever un pacemaker, il faudra compter entre 200 et 300 euros. »

Claire n’a eu le cas qu’une fois pour le moment « Les premiers Pacemakers miniatures sont posés actuellement, nous ne pouvons que souhaiter pour les patients que nous ne seront confrontés au problème que dans quelques années. Mais lorsque le moment sera venu, nous n’auront pas d’autres solutions que de refuser de signer l’attestation et signaler que nous avons été dans l’impossibilité de retirer le pacemaker. La balle est maintenant dans le camp du Ministère de la Santé… »

Pour conclure

La seule chose à faire pour le moment est donc d’attendre. Nous préconisons néanmoins aux pompes funèbres prenant en charge un corps dans le milieu hospitalier de vérifier que le pacemaker est bien signalé et a été retiré par un médecin, ce qui simplifiera la vie de tout le monde.

Et même si nous ne pouvons que nous réjouir des progrès de la médecine, il nous faut néanmoins regretter que les frais augmentent pour les familles sans qu’une compensation, comme une TVA réduite sur le funéraire, ne soit envisagée par les gouvernements successifs.

Loi sur la fin de vie : le Parlement vote ce mercredi soir

0
assemblée nationale loi obsèques laiques

Fin de parcours ce mercredi soir pour la loi sur la fin de vie. Plus de dix ans avant la première loi sur le sujet, l’Assemblée nationale et le Sénat vont accorder de nouveaux droits aux malades, tant la majorité des votants paraît largement favorable au texte présenté par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR).

Promesse de campagne du candidat François Hollande en 2012, ce texte propose notamment deux axes forts. D’abord un droit à la sédation profonde et continue. Autrement dit, dès lors que la souffrance d’une maladie incurable devient insupportable, l’endormissement vers la mort sans douleur. Une disposition largement plébiscitée dans les sondages d’opinion.

Deuxième volet : la possibilité pour tous de laisser par avance des instructions pour, quand l’heure sera venue, éviter l’acharnement thérapeutique. Directives qui s’imposeront aux médecins, sauf si celui-ci les juge « manifestement inappropriées ». Un renversement de situation culturel pour nombre de soignants, formés à sauver coûte que coûte.

En marge de ces travaux parlementaires, le gouvernement a annoncé un plan national d’aide (2015-2018) au développement dans les régions des soins palliatifs, avec la création de nouveaux lits, de nouvelles structures, l’accompagnement des malades à domicile et un enseignement universitaire mieux adapté. L’objectif est d’atteindre en 2018 au moins un lit de spins palliatifs pour 100.000 habitants. Ce dispositif mobilise 190 millions d’euros.

Sur le sujet, les clivages restent criants dans la société, entre ceux qui ne voient dans le texte d’aujourd’hui qu’une étape vers la légalisation de l’euthanasie et les opposants à cette idée qui craignent des dérives éthiques.

Déclaré mort de froid, Justin ressuscite à l’hôpital

0
(capture Facebook)

Un an après les faits, Justin Smith (26 ans) a bien récupéré. Lors d’une conférence de presse, rapporte le Washington Post, l’étudiant en psychologie vient de remercier l’hôpital américain qui lui a sauvé la vie. Parce qu’après une nuit passé inconscient dans la neige, déclaré mort, ces médecins se sont battus pour le réanimer.

Quand des urgentistes le découvrent mort de froid sur le bord d’une route de Pennsylvanie, en février 2015, la campagne alentour affiche -20 degrés. Justin Smith est inconscient dans la neige, sans pouls, lèvres bleues, doigts et orteil gelés. Il vient d’y passer douze heures. C’est son père inquiet qui l’a découvert et qui a donné l’alerte. La raison de sa chute est obscure. On sait juste qu’il rentrait d’une soirée chez un ami.

Tout porte à croire qu’il est décédé. Un policier se déplace même pour en avertir sa mère. Les ambulanciers dépêchés le ramènent à l’hôpital pour qu’il y soit officiellement déclaré mort.

Là, le miracle s’accomplit. Car le médecin urgentiste de garde (Gerald Coleman) est consciencieux. Tous les critères théoriques d’un décès n’y sont pas. Même si les chances sont maigres, il tente le coup. Une quinzaine de médecins s’affairent quand il ordonne une réanimation. Elle va durer deux heures. On transfuse le patient. Et chose incroyable : la respiration repart. Justin Smith va toutefois demeurer quinze jours dans le coma. Quand il s’éveille, les médecins du Lehigh Valley Hospital sont formels : il ne garde pas de séquelles cérébrales. Certains de ses doigts et orteils ont toutefois du être amputé.

Pour l’urgentiste qui l’a soigné, le jeune homme est le malade en hypothermie le plus froid qu’il n’a jamais sauvé. Et ce cas intéresse vivement son équipe. Car ce grand froid a paradoxalement préservé la vie. En effet, chaque degré en moins ralentit le métabolisme et les besoins en oxygène. Le cœur freine, la respiration s’arrête, la perte de connaissance intervient sous les 28 degrés. Dangereux mais pas mortel, selon le Washington Post, qui cite un autre médecin. Un sorte de mort entre-deux, visible mais pas réelle.

Mise en bière immédiate et précautions de contact

1
règles d'hygiène en pompes funèbres

La mise en bière immédiate a fait débat, il y a quelques jours, sur la page Facebook de Funéraire Info. Foin de la coutume ou des habitudes, voici quelques rappels basés sur la loi, rien que la loi.

La mise en bière immédiate

La théorie veut que la mise en bière immédiate (MEBI) se fasse dès la levée de corps du lieu de décès. Néanmoins, pour des raisons pratiques, ce n’est pas toujours possible. Il est toléré, surtout dans les cas ou la MEBI est ordonnée pour un cas de décomposition avancé, qu’elle se fasse après un transport sans cercueil, au sein d’un établissement hospitalier par exemple.

Techniquement, lorsque la mise en bière immédiate est ordonnée, nul contact ne doit plus se produire entre le corps et une personne tierce, services médicaux ou funéraires exceptés.

Les causes de la mise en bière immédiate

La MEBI est ordonnée systématiquement en cas de présence avérée d’une maladie contagieuse répertoriée comme présentant un risque de santé publique. Tout élève assistant funéraire doit en connaître la liste par cœur : orthopoxviroses, choléra, peste, fièvres hémorragiques virales et charbon. Rappelons que les cercueils doivent être hermétiques et munis d’un épurateur de gaz, exception faite pour le charbon, où l’épurateur est proscrit.

Le médecin l’ordonne également en cas d’état sceptique grave, ce qui signifie généralement que le corps est dans un état de décomposition avancé, ou rapide.

Que faire sans ?

Si l’on constate que le corps n’est pas en état d’être présenté à la famille, mais que le médecin n’a pas ordonné la MEBI, il est absolument hors de question pour la pompe funèbre d’interdire de son propre chef aux proches l’accès au corps. La justice donnera systématiquement raison à toute famille que l’on aurait empêché de voir le corps de l’être cher sans contre-indication médicale.

Insensé ? Oui. Mais heureusement, il vous reste trois possibilités.

La première, c’est la conviction. Ne sous-estimez jamais les familles, la plupart du temps, si vous expliquez clairement les choses, en toute transparence (sans toutefois rentrer dans les détails sordides), elles suivront votre conseil. N’oubliez jamais de leur préciser ce qui est la stricte vérité : l’image de leur proche défunt abîmé par la mort sera celle qui s’imposera à eux à chaque fois qu’ils évoqueront son souvenir, si ils insistent pour le voir.

La seconde, c’est la loi. Si le médecin qui a constaté le décès n’a pas ordonné la MEBI, vous pouvez demander au maire une MEBI pour cause d’urgence sanitaire. Le maire demande alors l’avis d’un médecin et peut prononcer la mise en bière immédiate avec fermeture définitive du cercueil.

La troisième, conseil qui déplaît généralement à celui à qui il est donné, si deux médecins ont estimé que la MEBI n’est pas nécessaire, alors l’assistant funéraire devrait peut être envisager de soigner son caractère anxieux.

certificat-de-décès-autorisant-la-mise-en-bière-300x225 Mise en bière immédiate et précautions de contact
certificat de décès autorisant la mise en bière

Le préfet

Le seul cas ou le préfet est censé intervenir, c’est si deux médecins l’ont saisi d’une situation sanitaire préoccupante. Une possibilité, notamment, est le diagnostic d’un virus ou d’une bactérie inconnue jusqu’alors. Le préfet peut alors ordonner tout prélèvement ou opération scientifique nécessaire. Mais nous nous éloignons du sujet.

Dans tous les cas de figure

Qu’une mise en bière immédiate ait été ordonnée, ou non, qu’elle soit justifiée, ou non, quoiqu’il arrive, jamais, au grand jamais, un professionnel du funéraire ne manipule un corps sans gants.

Un des objets de la discussion sur la page Facebook de Funéraire Info portait sur la présence d’un staphylocoque doré. Ce n’est, à ce jour, pas une raison contraignante à une MEBI. En revanche, un médecin peut préconiser des « précautions de contact ». Il ne faudrait pas interpréter l’absence de ces « précautions de contact » comme une autorisation à se passer de gants. En revanche, leur présence indique qu’il faut redoubler de précautions, en doublant, par exemple, sa paire de gants, en utilisant une blouse ou une combinaison jetable pour les manipulations du corps et en se munissant, le cas échéant, d’un masque.

Gardez à l’esprit que ce n’est pas parce qu’un staphylocoque, ou tout autre danger du même acabit, n’a pas été signalé que cela veut dire qu’il n’y en a pas sur le défunt. Cela veut juste dire qu’il ne faut pas que vous l’appreniez… à vos dépens.

Le pain de la mort de Pont Saint Esprit

0
Convoi funèbre d'une victime
Tous les mercredi d'été, retrouvez les affaires mystérieuses du XXéme siècle.

Durant l’été 1951, un empoisonnement alimentaire marque une petite ville des bords du Rhône. Il fera cinq morts, cinquante personnes internées dans des hôpitaux psychiatriques et deux cent cinquante personnes atteintes de symptômes plus ou moins graves ou durables.

Pont Saint Esprit, son charme…

Le 17 août 1951, les cabinets médicaux de la ville de Pont Saint Esprit sont débordés par une affluence exceptionnelle. Ils constatent d’abord des troubles digestifs, relativement courants : nausées et douleurs abdominales notamment.

Mais d’autres le sont beaucoup moins : le cœur de ces Spiripontains bat à moins de 50 pulsations par minute, leur tension artérielle est basse, leurs extrémités froides. Après quelques jours, ces patients sont pris d’insomnies rebelles et leurs troubles digestifs s’aggravent. Ils souffrent de vertiges, de tremblements, de sudation excessive et malodorante. Certains sont même hospitalisés pour des complications cardio-vasculaires.

… Son esprit de folie…

Mais c’est l’apparition de crises de folie qui sème la panique. Terrifiés par des hallucinations visuelles, des apparitions incongrues d’animaux ou de flammes, certains deviennent très agressifs, se terrent ou tentent de se suicider. Deux personnes se défenestrent et une trentaine de malades, impossibles à calmer, sont internés.

Face à ces cas qui se multiplient souvent au sein d’une même famille, les médecins évoquent une intoxication alimentaire. Très vite, un coupable idéal est point du doigt : le pain de Roch Briand, boulanger à Pont-Saint-Esprit. C’est d’autant plus évident, pour les experts, que des animaux qui ont consommé celui de la fournée suspecte sont eux aussi touchés. Un chat « fait des bonds qui atteignent le plafond de la pièce et meurt », un chien « décède brusquement après une sorte de frénétique danse macabre », relate Steven L. Kaplan, historien qui a travaillé sur le sujet.

… Et son pain frais.

Contamination accidentelle d’un lot de farine, ou malveillance ? A cette époque, on ne parlait pas de terrorisme, ou d’espionnage…

Au fil de l’enquête, les rumeurs vont bon train, notamment sur le boulanger, qui, aux yeux de certains, aurait été innocenté trop hâtivement. Avec les premiers résultats d’analyse des échantillons de pain, révélés fin août, les médecins pensent tenir le responsable : l’ergot de seigle, un champignon microscopique qui peut contaminer nombre de céréales.

L’historien Steven Kaplan évoque des hypothèses peu explorées à l’époque : une pollution de l’eau ou un procédé de blanchiment du pain. Dans son livre A Terrible Mistake, publié en 2010, un journaliste américain, Hank Albarelli, soutient une autre théorie : les habitants de Pont-Saint-Esprit auraient été volontairement intoxiqués avec du LSD (chimiquement proche de l’ergot) par la CIA, dans le cadre de ses opérations secrètes pour tester des méthodes de manipulation mentale.

Bien que les journalistes abondent dans le sens de la conspiration téléguidée par la CIA, les spécialistes des empoisonnements soutiennent, encore aujourd’hui, que les symptômes correspondent en tout point à un empoisonnement par l’ergot et n’ont que peu de caractéristiques des intoxications au LSD…

pont-st-esprit1 Le pain de la mort de Pont Saint Esprit