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Corrida : peut on se réjouir de la mort d’un matador ?

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La semaine dernière, un toréador est mort durant une corrida. Avec ce genre d’événements, deux voies s’expriment généralement : les tenants du «Ҫa n’aurait pas dû arriver, ce n’est pas normal » et ceux du « Il connaissait les risques ». Mais une troisième voix s’exprime : « C’est bien fait pour lui ! ». Cette dernière est-elle légitime ? Débat.

Les passions déchaînées, olé !

La corrida déchaîne les passions, c’est peu de le dire. En quelques occasions, on a même vu les anti, qui manifestent devant les sites, et les pro, qui se rendent au spectacle, en venir aux mains.

Aussi, est il facile et fréquent, de voir en la matière des jugements lapidaires. Pour les anti, la mort d’un toréador dans l’arène est bien faite, puisque, de leur point de vue, c’est un assassin, pur et simple, et que leurs adversaires sont, de toute façon, assoiffés de sang. Pour les pro, les anti sont des salauds de se réjouir de la mort d’un homme, et de toute façon, ce sont des imbéciles bas du front qui ne comprennent rien et attaquent un symbole du patrimoine.

Je n’exagère pas : c’est la moyenne des commentaires que j’ai relevé sur les réseaux sociaux. Autant dire que les débats sont tout, sauf sereins. Le point Godwin est même souvent atteint, la palme revenant à « les nazis adoraient la corrida », ce qui reste à démontrer, tout de même.

Pourtant, dans cette affaire, rien n’est simple, et considérer les faits d’un point de vue global permet de se faire une opinion plus argumentée, donc plus défendable.

Un homme est mort

Il y a, dans ce spectacle, une part de jeux du cirque : au bout du compte, il doit y avoir la mort. Du taureau ou du matador, peu importe. Ou un combat exceptionnel qui justifie la grâce du taureau, mais où sont présent la violence et une part importante de risque. Dès lors, à partir du moment où il acceptait cette philosophie, le matador acceptait la possibilité de mourir. Il n’y a donc théoriquement pas lieu de s’émouvoir.

Mais, il s’agit d’un homme. Avec une famille, des amis, des proches à qui il va manquer. Un matador, oui, mais quelle est la part de volonté et la part d’hérédité dans le choix de ce métier ? Ce matador a été élevé dans une région, et probablement dans une famille, où la corrida est une institution établie. De leur point de vue, les matador respectent le taureau, puisqu’il a, toujours selon leur point de vue, sa chance. La mise à mort finale doit se faire d’un coup sec et indolore. Sur les banderilles, en revanche, les réponses sont plus évasives.

Un homme, en définitive, comme les autres, pas plus mauvais qu’un autre : de son point de vue, forgé par son éducation, ce qu’il faisait n’avait rien de répréhensible ou de malsain.

Contre-productif ?

Si nous réfléchissons à tous ces éléments, une réflexion s’impose : c’est compliqué. Le matador, de son point de vue, ne fait pas le mal pour le mal, il est persuadé de livrer un combat noble face à un adversaire qu’il respecte et qui a ses chances. C’est un être humain, et sa mort est un déchirement pour ses proches et ceux qui l’appréciaient.

Mettons-nous d’accord : même s’il n’est pas humain, la mort du taureau, qui, lui n’avait pas demandé à se trouver là, aurait été une nouvelle tout aussi triste, différemment. Que l’on s’émeuve de la mort du taureau est dès lors contradictoire avec le fait que l’on se réjouisse de la mort du toréador.

S’opposer à la corrida en prenant comme postulat de base que la vie animale n’est pas moins respectable que la vie humaine est un argument qui s’entend tout à fait. Gare toutefois à ne pas tomber dans l’excès inverse, en expliquant que la vie humaine est inférieure à la vie animale : c’est ouvrir la voie à une forme d’extrémisme, qui est, comme tous les extrémismes, préjudiciables.

De surcroît, cette forme de radicalisme est contre-productive. La plupart des personnes ont un souhait : une existence paisible et protégée des ennuis. Ouvrir la porte à des extrémistes, ou perçus comme tels, est alors interprété comme une façon de s’attirer des ennuis. C’est, pour le militant anti, le meilleur moyen de se couper d’une partie de son audience, et de laisser le champ libre à l’autre camp.

Dernier point : le respect dû aux morts est la base de toute civilisation. Quel que soit sa cause, respecter son adversaire défunt est donc une condition indispensable pour ne pas verser dans la barbarie. Que son adversaire soit un homme ou un taureau.

La philosophie est une épreuve, la dissertation de Funéraire Info

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le penseur rodin philosophie

Hier avait lieu l’épreuve de philosophie du baccalauréat. A Funéraire Info, nous avons organisé notre propre épreuve avec un sujet de circonstance. Guillaume est le seul à ne pas avoir rendu copie blanche. Mais l’ancien étudiant de philo n’est il pas trop rouillé ? Nous vous laissons noter sa copie.

Si j’ai choisi ce sujet, c’est pour ne pas céder à la facilité. En effet, le commentaire argumenté de « Je ne suis pas mort, je suis juste passé dans la pièce d’à côté », qui tombe chaque année, est quelque peu surfait, et donc sous-noté. Et il paraît que le risque paie. C’est donc parti pour :

Sujet : Qui est apparu en premier, la vie ou la mort ? Vous avez deux heures.

Depuis la nuit des temps, depuis que l’homme est homme, à l’aube de l’humanité, dès l’apparition des premiers clichés littéraires, l’homme fut confronté aux grandes questions existentielles : « D’où-viens-je ? », « où vais-je ? » « Quand est-ce qu’on mange ? » et « On est vraiment obligés de mourir ? ».

Cette dernière préoccupation est rapidement devenue centrale. Ainsi, la préoccupation première fut la survie, de soi et par rapport à l’objet référent, l’autre, en une quête transcendantale, comme l’atteste cette citation du linguiste Jean-Pierre François « Je te survivrai au-delà de moi » (in « Jean-Pierre François, Œuvres philosophiques complètes », tome XIII, Presses Universitaires de France).

Une fois le trépas survenu, le mystère de l’achèvement de l’existence a conduit à la création du culte des morts, avec un apprêt tout particulier du défunt en tant que lui-même, à la fois contenant et symbole du contenu intangible, comme le souligne cette citation correspondant parfaitement à la description d’un convoi funéraire « Avance sur la piste, les yeux sont rivés sur toi / Les habits qui brillent tels Les Mille Et Une Nuits / Sapé comme jamais » (Maître Gims in « Oeuvres poétiques et philosophiques anthumes » La Peiade).

Mais cela ne répond pas à la question : qui est apparu en premier, la mort ou la vie ? Question difficile, tant l’interpénétration des sujets est ici patente.

L’existence de la mort induit et permet de démontrer l’existence de la vie. En effet, pour pouvoir être affirmé comme vivant, le sujet d’étude doit correspondre aux trois critères : conformiste, rationaliste et cohérent.

Conformiste, parce qu’avant que le signifiant devienne le signifié, l’unanimité doit se faire sur son sens admis et admissible. Sinon, le risque d’incompréhension est fort, comme le révèle cet exemple d’une célèbre logicienne : « Caramels, bonbons et chocolats, par moments, je ne te comprends pas, paroles, paroles paroles » (Dalida, in Op.Cit).

Rationaliste, parce que pour que la mort puisse être désignée, elle doit être tout d’abord avérée. Désigner un vivant pour définir un mort peut s’avérer contre-productif, voire causer un choc sémantique chez le locuteur. Prenons cet exemple édifiant :

« Mon père est mort ! Vous l’avez-tué !
– Non, Luke : je suis ton père.
– Nooooon »

(Georges Lucas, in « Critique de la Force pure », Garnier-Flammarion)

On constate le déni du locuteur, Luke, face à la contradiction révérencielle induite par la présence incarnée et vivante de son père censément défunt, Darth Vador. Si papa mort dit au fils je suis vivant, alors soit le papa n’est pas mort, soit les cachets du fils ne sont pas assez forts.

Enfin, dernier point, cohérent, parce que sinon, c’est le foutoir.

Mais si la mort permet d’affirmer l’existence de la vie, la vie permet-elle de déduire l’existence de la mort ? Si, dès l’apparition de la vie, la mort de l’organisme était inéluctable, alors la mort est elle apparue au moment de son décès effectif, ou bien latente dès sa naissance ?

La réponse à cette question est simple : de toute façon, le premier organisme a avoir vécu est mort tellement vite après sa naissance que cette temporalité ne peut être mesurée que par une montre au mécanisme micro-nucléaire très précise et très onéreuse. N’ayant pas les moyens de me l’offrir pour mesurer précisément ce laps de temps, je me contenterai de cette assertion du rhétoricien Jamel Debbouze « Tes yeux sont rapides comme les yeux d’un oiseau », qui doit faire à peu près autant sens que l’ensemble de ce qui précède.

Et puis, pour ouvrir sur une autre question : franchement, qui ça intéresse ?

la mort et l’onirisme : que nous révèlent nos rêves ?

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rêves mort

On ouvre une page onirisme aujourd’hui. Loin d’être une croyance reléguée au spiritisme, la science des rêves est étudiée depuis 1900 grâce aux théories de Sigmund Freud reprises par d’autres depuis. La mort fait tellement partie de notre quotidien, qu’elle s’invite aussi dans les songes. Alors mauvais présage ? simple cauchemar ou clé inconsciente ? Que dit la science des rêves ?

Je ne vais pas vous faire un cours sur l’inconscient, le moi, le ça, le subconscient etc, déjà parce que mes cours en la matière datent un peu et que j’aimerais que l’on se focalise uniquement sur l’angle de la mort dans nos rêves. Si pour la plupart des psys, la plupart de nos problèmes viennent de notre mère, pour Freud, ils viennent de notre sexualité, nos pulsions.

L’interprétation freudienne

Rêver de la mort, dans son sens général, c’est essayer d’échapper à ses propres pulsions qui seraient dues à une tension entre le surmoi – les obligations, les lois et les limites – et le ça qui correspond aux pulsions sexuelles. Lorsque la mort apparaît en rêve, elle met en évidence ce conflit entre ces deux parties. Lorsque la tension est trop forte, le rêve met en exergue la punition et le sentiment de culpabilité du rêveur de ne pas réussir à apaiser ce conflit. Comme la perte de dents, ou encore la chute dans le vide, la mort fait partie des rêves dit « typiques ».

L’interprétation jungienne

Jung, quant à lui, considérait que la mort revêtait un sens complétement différent de celui de Freud au sens où la mort apparaît comme un dépassement et non comme une limite. Pour Freud, il s’agit de rêves typiques et pour Jung, de rêves de l’inconscient collectif. L’idée du renouveau est clairement exprimée ici, renouveau d’une situation mais aussi et surtout de l’être en lui-même. La mort est le processus de continuation. Pour ceux qui sont un peu familiarisés avec le tarot, la mort correspond à l’arcane n°XIII, la mort, qui apparaît avec une faux, là encore lorsqu’elle apparaît dans le jeu, elle évoque un changement brusque et une nouvelle possibilité peut apparaître alors.

Rêver de la mort serait donc extrêmement positif, car c’est la preuve de la disparition de l’ancien moi au profit d’un développement plus harmonieux. Les désillusions tombent et amènent le rêveur à une grande lucidité. La mort est donc synonyme de changement.

D’un point de vue ésotérique, la mort est le message de la renaissance, c’est une transformation de l’être qui va passer d’un état à l’autre.

Rêver de défunt

C’est un rêve extrêmement fréquent qui peut apporter soit la sécurité, soit la peur suivant les rapports que l’on entretenait avec la personne de son vivant. Quoiqu’il en soit, voir un défunt en rêve, peut apparaître comme étape essentielle du processus de deuil. Dans certaines interprétations, c’est aussi une manière de tuer l’être symbolique pour devenir un être à part entière. Pour Freud, la perte d’un proche c’est un désir inconscient de cette mort déguisée, un désir qui, selon lui, remonterait à l’enfance où l’autre était alors perçu comme un rival. Dans la même lignée, ce rêve peut aussi signifier l’angoisse de l’abandon, rêve et interprétation que l’on fera plus facilement dans les rêves d’enfant.

reve-mort la mort et l'onirisme : que nous révèlent nos rêves ?Sa propre mort

On a tous déjà rêver de cela, que l’on est en danger, poursuivi ou au bord de l’agonie et pourtant on se voit peu réellement mort, car en vérité notre instinct de survie nous pousse inexorablement au réveil. En revanche nous ressentons violemment toutes les étapes qui la précèdent, cela traduit souvent une angoisse existentielle, la peur d’un changement. Tout ce que l’on peut considérer comme menace physique ou symbolique dans notre environnement lors de la vie diurne. Notre inconscient va donc assimiler cette agression extérieure comme une mort physique dans le rêve. Même si le changement nous fait peur, il est souvent salutaire. En rêve l’on peut aussi se voir « après » cette mort, comme si nous gardons néanmoins la conscience des choses et des êtres, alors que nous ne sommes plus là. Le rêve devient une allégorie de la mort. Là encore, c’est un message encourageant et positif, il nous appelle à un passage initiatique et à une transformation qui s’est réalisée avec la fin d’un attachement.

Jung était une de ces personnes qui s’est intéressée de très près aux rêves où la mort était présente et en particulier la mort du rêveur et celui de l’entourage proche. C’est aussi pour lui une manière de se familiariser avec l’idée même de la mort et donc…de mourir. On passe du mythe, à la possibilité réelle de la fin de notre existence. Si pour nous, de manière consciente la mort peut être effrayante, l’inconscient n’en a que faire de ces considérations et c’est pour cela qu’il est tout à fait possible de rêver de quelqu’un qui est déjà mort, ou même de nous, alors que nous sommes mort dans le rêve. On trouve d’ailleurs ce processus totalement normal. Tout va se dérouler exactement comme si l’individualité de chacun continuait son chemin. En ce sens, ce processus va être une préparation à la mort.

Bien sur cela reste terrifiant, le message onirique vient nous confronter à nos limites ou à nos croyances. Les rêves ne sont pas prémonitoires du décès d’un proche, ils ne sont en réalité, jamais négatifs, au pire, ils nous révèlent notre peur du changement et le poids du passé. C’est toujours le symbole d’une transformation d’un passage vers un autre.

 

Les expressions de la mort : la richesse de la langue française

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dictionnaire

La langue française est riche, de mots et d’expressions en tout genre. Retrouvez ici les expressions les plus communes en rapport avec la mort et les définitions qui y sont associées.

  • La petite mort Sens : Un orgasme. Origine : Cette expression érotique date du XVIe siècle. A l’époque d’Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, on étudiait beaucoup l’anatomie, on désigna alors l’orgasme comme une petite mort de par le court évanouissement ou les frissons qu’il peut provoquer.
  • à la vie, à la mort Sens : Pour une durée éternelle. Origine : L’expression fait référence à des liens très forts entre deux personnes, qu’elles soient amies ou en couple. Elles se font le serment que le lien qui les unit durera toute la vie, et même au-delà, dans la mort.
  • mort aux vaches Sens : Injure antimilitariste adressée à la police ou à toute autre personne représentant l’ordre. Origine : On donne à cette expression deux origines. La première remonte à l’époque d’Henry IV où celui-ci aurait assiégé Paris. Ses étendards arborant deux vaches, les Parisiens créèrent l’injure. La seconde remonte à 1870 lors de la guerre franco-allemande. Sur les postes allemands était inscrit « Wache » signifiant « sentinelle ». Les Français se seraient alors exclamés « Mort aux Waches ! » qui, par déformation orthographique serait devenu « Mort aux vaches ! ». Par extension, elle s’adresse maintenant aux forces de l’ordre.
  • c’est la mort du petit cheval Sens : C’est très grave, la fin de tout. Origine : Expression française familière désignant une situation jugée extrême dans sa gravité. Parfois employée ironiquement pour se moquer du manque de relativité dont font preuve certaines personnes confrontées à des événements particuliers.
  • mort de rire Sens : Grande hilarité Origine : Expression familière qui s’emploie pour exprimer le fait de rire beaucoup. Le mot mort est employé ici pour accentuer l’intensité même si selon certains, il existerait plusieurs anecdotes relatant des cas de mort ou d’accidents dus à une grande hilarité mais rien n’a cependant été prouvé.
  • Arrêt de mort Sens : Décision qui mène une personne à la peine de mort. Origine : Cette expression a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle et a toujours conservé son sens actuel. Prise d’une façon simpliste, on pourrait l’interpréter tout autrement puisqu’arrêt pourrait faire penser qu’on empêche la mort. Or, l’expression signifie bien que la peine capitale est prononcée.
  • Escadron de la mort Sens : Armée ou milice en charge d’exécutions. Origine : L’expression escadron de la mort correspond à l’origine aux groupes armés qui sévissaient dans les années 1970 en Amérique du Sud, puis s’est étendue à tout groupe, généralement aux missions secrètes, dont l’objectif était d’éliminer des personnes gênantes.
  • Espace mort Sens : Partie des voies respiratoires ne partipant pas aux échanges de dioxygène. Origine : Employée dans le langage de l’anatomie, cette expression tire son nom du fait qu’elle désigne une partie, c’est-à-dire un espace, des voies respiratoires, qui ne participe pas à la respiration et donc au processus de la vie.
  • Faire le mort Sens : Se faire discret. Origine : A l’origine, l’expression était utilisée dans les cercles de jeux de carte où celui qui avait abattu son jeu ne pouvait plus participer. Par extension, l’expression signifie qu’une personne se fait discrète et évite de se faire remarquer.
  • Le mort saisit le vif Sens : En langage juridique, l’héritage d’une personne morte va automatiquement à ses héritiers vivants, ainsi saisis par la loi. Origine : L’expression est juridique et désigne le fait qu’à son décès, les biens d’une personne passent automatiquement à ses héritiers (vivants) en fonction de la loi (article 724 du Code civil) : à l’ouverture de la succession, ces héritiers sont ainsi saisis par la loi (ils peuvent néanmoins renoncer à cette succession). L’expression (vieillie) trouve son origine dans l’expression Le roi est mort, vive le roi !, proclamée (pour la première fois dans sa forme impersonnelle aux funérailles de Charles VIII en 1498) à la mort du monarque et à l’avènement du nouveau monarque selon le principe héréditaire de la Couronne.
  • Horloge de la mort Sens : Espèce de coléoptère faisant partie des Anobiidae. Origine : Cette expression, attestée depuis au moins la première moitié du XIXe siècle, tire son origine des sons que cet insecte émet à la période de reproduction. En effet, pour attirer la femelle, le mâle se pose sur un tronc contre lequel il cogne sa tête de manière régulière, ce qui crée comme le son d’une cloche répétée. Et voilà que sonne le glas !
  • La mort dans l’âme Sens : A contrecoeur. Origine : Au XVIIe siècle, le terme « mort » était utilisé dans de nombreuses expressions pour partager un tourment et non forcément la fin de la vie. La mort dans l’âme est apparue au XIXe siècle pour représenter les grandes réticences d’une personne.
  • Être à l’article de la mort Sens : Etre proche de la mort. Origine : Traduction littérale de l’expression latine  » in articulo mortis « , le terme  » article  » n’est nullement une référence au journalisme, mais à une séparation qui se ferait entre le corps et l’esprit au moment de la mort. L’expression date du XVIe siècle.
  • Ne pas y aller de main morte Sens : Agir de façon violente. Origine : « Ne pas y aller de main morte » est une expression datant du XVIIe siècle, que l’on trouvait à l’époque sous la forme « ne toucher pas de main morte ». La « main morte » symbolise en fait une main inactive ou sans force. De cette façon, il est clair que l’emploi de cette expression démontre une action réalisée avec dynamisme, voire avec violence.
  • Langue morte Sens : Langage qui n’est plus utilisé, n’est plus parlé.
  • Peau morte. Sens : Épiderme mort.
  • rester lettre morte Sens : Se dit d’une chose inutile ou qui n’a pas été prise en compte. Origine : Expressions dérivées des « lettres closes » au XVIIe siècle. Celles-ci étaient des lettres royales dont le fond et la forme étaient souvent incompréhensibles. Au XIXe siècle, son sens évolue puisque les « lettres mortes » caractérisaient les textes juridiques perdant de leur valeur et devenant de ce fait inutiles.
  • Le royaume des morts Sens : Lieu d’errance des âmes damnées. Origine : Dans la mythologie grecque, l’expression désigne le lieu situé sous la surface de la Terre et qui se prolonge jusqu’aux frontières du monde. Différent de l’Enfer chrétien, le royaume des morts voit les âmes damnées errer sans penser ni ressentir, tels des zombies éternels.
  • Livre des morts Sens : Recueil de formules funéraires égyptiennes. Origine : Le Livre des morts, de son nom complet, Livre des morts des Anciens égyptiens, est un ensemble de rouleaux de papyrus que lesquels ont été rédigés les différents rites funéraires à respecter. Ce livre des morts était placé dans le tombeau aux côtés du corps momifié.
  • Descendre en feuille morte Sens : Pour un avion ou hélicoptère, tomber en tournoyant. Origine : Cette expression s’emploie dans l’aéronautique pour désigner le mouvement d’un appareil qui chute en tournant sur lui-même, comme le ferait une feuille morte en automne, après s’être décrochée d’une branche.
  • Souffrir mille morts Sens : Souffrir d’une douleur extrême. Origine : On utilise l’expression « souffrir de mille morts », datant du XVe siècle, pour dire que l’on ressent des douleurs horribles qui seraient similaires à la souffrance imaginée causée par le fait de mourir mille fois.
  • Défendre la veuve et l’orphelin : préserver les êtres les plus fragiles
  • La veuve au poignet : masturbation , Cette expression date du XIXe siècle. C’est une association entre le poignet qui s’agite et la veuve solitaire qui aurait pour réputation de pratiquer cela couramment. L’autre référence se trouve sur la guillotine où le poignet qui sert à décalotter la vie s’appelle la veuve.
  • Avoir un pied dans la tombe : Être presque mort,  L’image de la tombe est très claire : il s’agit d’une référence à la mort. Cependant, le fait de n’avoir qu' »un pied » dedans signifie que l’on n’est pas encore tout à fait mort. Cette expression s’applique donc à une personne très vieille ou encore à quelqu’un qui va bientôt mourir.
  • Être muet comme une tombe : Ne prononcer aucun mot, L’expression est un héritage de deux notions chrétiennes. La première est liée au rite de la confession, où le curé doit enterrer à tout jamais les propos entendus. La seconde provient du fait que les morts mis en tombe gardent un silence éternel.
  • Emporter un secret dans la tombe : Cette expression fait référence au fait de ne pas révéler un secret jusqu’à sa mort. Quelqu’un emmène son secret avec lui dans sa tombe où personne ne pourra plus lui arracher.

 

 

 

L’étrange aventure du cerveau d’Albert Einstein

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Une petite biographie d’Albert Einstein vous apprendra que, loin d’être resté toute sa vie assis derrière un bureau à réfléchir, ce dernier a eu une vie animée. La plupart des biographe s’arrêtant au moment de sa mort, il est rarement ajouté que, loin d’un repos paisible, le trépas non plus n’a pas ménagé ce brillant cerveau.

Thomas Harvey était pétrifié. Devant lui gisait le corps d’un des plus grands génies de l’histoire de la science. Mort, à jamais silencieux. Pourtant, son corps avait tant de choses à nous apprendre, certainement, encore !

Harvey était pathologiste, et, ce 18 avril 1955, sept heures et demi après que le décès ait été constaté, avait pour mission de déterminer les causes de la mort, s’assurant, au passage, qu’aucune erreur médicale n’avait été commise par un médecin de l’Hôpital Princeton, dans le New Jersey.

L’homme désormais mort devant lui avait formulé une demande qui semblait tellement égoïste à Thomas Harvey : il avait tellement été effrayé et avait tant souffert, de son vivant, de l’adulation dont il était l’objet, qu’il avait souhaité être crématisé, et que ses cendres fussent dispersées dans un endroit tenu secret.

Crématisé, annihilé, à jamais perdu pour la science. Thomas Harvey avait pris sa décision : il ne pouvait pas laisser perdre une telle source de connaissances. Il saisit une scie et une paire de pinces, et, lentement, avec mille précautions, entrepris de récupérer le cerveau d’Albert Einstein.

Un conflit ne tarda pas à éclater. Thomas Harvey n’avait pas caché dans son rapport qu’il avait prélevé la matière grise du scientifique, et la famille en conçut un grand courroux. De son côté, Harvey prétendait que l’exécuteur testamentaire d’Einstein, Otto Nathan, était présent lors de l’autopsie et avait donné son accord.

La manœuvre n’était pas, non plus, inédite : fréquemment, en ce temps, des organes étaient prélevés durant les autopsies pour études scientifiques et analyses. Seule condition, que la famille donne son accord pour l’autopsie, ce que celle d’Einstein avait fait, sans se douter une seule seconde, néanmoins, que quiconque oserait prendre une initiative personnelle qui contreviendrait aux volontés du défunt.

Un accord finit néanmoins par être trouvé : Harvey pouvait conserver le cerveau, à seule condition que celui-ci soit utilisé exclusivement à des fins scientifiques, et non pas à un suage de vénération publique ou de publicité d’aucune sorte, ce qu’aujourd’hui on appellerait du « people ».

thomas-harvey-cerveau-einstein-300x225 L'étrange aventure du cerveau d'Albert Einstein
Thomas Harvey pose avec une photo du cerveau d’Einstein. Il utilisait ce procédé pour la presse « people », ne posant pas directement avec l’organe, il ne contrevenait pas à l’accord passé avec la famille d’un point de vue juridique..

Harvey s’y tint… à peu près. Mais il sombra dans une forme de paranoïa. Il découpa le cerveau en plusieurs centaines de tranches,240 segments et des lames de microscope, qu’il plongea dans une matière appelée celloïdine, destinée à conserver les cellules grises.

Le cerveau d’Albert Einstein en voyage

Puis, pour des raisons jamais vraiment élucidées, il fut renvoyé de son travail, et partit en voyage tout autour des Etats-Unis, transportant partout avec lui le cerveau d’Einstein, conservé dans… Un ancien tonnelet de cidre, lui-même enfermé dans un petit réfrigérateur de voyage, qu’il branchait dans les chambres d’hôtel ou il résidait.

La science finit par accéder au prestigieux organe seulement trente ans plus tard, en 1985, la neuroanatomiste Marian Diamond parvint, à force de patience, à convaincre Harvey de la laisser examiner le cerveau. Parce que l’ironie de l’histoire, c’est que Harvey n’était pas neurologue, ni n’avait même de connaissances en ce domaine. Pour faire simple : il savait comment prélever le cerveau, comment le préparer, comment le conserver, mais n’avait absolument aucune idée de quoi en faire ensuite.

Thomas Harvey décéda en 2007, et la famille d’Einstein put enfin récupérer la précieuse matière grise. Sa famille lègue ce qui reste des prélèvements au National Museum of Health and Medicine américain, et celui-ci prend alors des photographies de toutes les portions pour pouvoir les envoyer aux scientifiques soucieux de faire des recherches.

Ce que nous apprend le cerveau d’Albert Einstein ? Peu importe, finalement : des études très pointues sont parues, des observations aussi précises que contestées ont été faites, mais personne ne semble d’accord. Seul constat certain : le cerveau d’Einstein pèse cent grammes de moins que le cerveau moyen d’un individu lambda. Quand on vous dit que ce n’est pas la taille qui compte…

Une fin morale, après tout : Einstein non plus n’était pas d’accord pour qu’on lui prenne son cerveau. Le physicien a-t-il une dernière fois mis sa matière grise en route pour faire de la résistance ?

Déclarée morte par le SAMU, ramenée à la vie par la police

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SAMU Paris ambulance secours décès

Une femme morte, ou considérée comme telle, se réveille. Non, nous ne sommes pas à la naissance d’une nouvelle religion, nous ne sommes pas non plus dans un passé lointain, ni même dans quelque contrée peu au fait des techniques médicales de pointe. Non, cette histoire est arrivée près de chez vous, cette semaine.

C’est une triste histoire…

… Qui commence par un appel au SAMU. En rentrant chez elle, une jeune fille trouve sa mère inanimée sur le sol de leur logement. Ce n’est pas la première fois : la femme souffre de nombreux problèmes de santé, et a été hospitalisée plusieurs fois à cause de son anorexie.

Le SAMU arrive avec diligence sur les lieux, et la médecin se précipite vers la victime. Un examen plus tard, elle se relève et annonce sinistrement qu’il n’y a plus rien à faire. L’infortunée est morte.

La doctoresse du SAMU remplit alors le certificat de décès, et, sans doute après un minuscule moment d’hésitation, coche la case « Obstacle médico-légal ». Ce qui implique beaucoup de choses, à commencer par un examen du corps et du lieu de décès par la police.

Et voilà donc un équipage de police qui arrive, une heure plus tard. Même si la médecin du SAMU a été prudente, il ne semble pas s’agir du lieu d’homicide évident ou spectaculaire, et les policiers font tranquillement leur travail, en suivant le schéma en escargot habituel : examen des lieux en cercles concentriques en se rapprochant au fur et à mesure du corps, pour finir par celui-ci.

C’est en vie ! C’est en vie !

C’est en l’examinant qu’un des policiers s’étonne d’un mouvement abdominal un tantinet incongru sur une personne censée être morte et prête à être enterrée. Il consulte son collègue, doutant légitimement de son impression, prennent le pouls à la jugulaire, en détectent un, mais les deux policiers doivent se rendre à l’évidence : la femme est bien vivante. Pas très en forme, néanmoins.

Ce sont les pompiers qui guident les policiers au téléphone pour la procédure de réanimation, un massage cardiaque. Ce qui donne à peu près ceci :

« – Appuie – Ok – Relâche – Ok – Appuie – Ok – Relâche – Ok »

Ad libitum pendant une demie-heure ( pour des raisons évidentes de place et d’intérêt, nous avons coupé une grande partie de cette scène au montage).

Les policiers font ensuite venir le médecin des pompiers, qui constate que la femme est bien vivante. Une procédure qui prendra sans doute tout son sens dans les prochains jours, lorsque l’infortunée devra souligner que, non, elle n’est pas postulante à un rôle dans The Walking Dead, mais victime d’une erreur médicale.

Alors, il s’est passé quoi ?

Depuis, les explications font florès. Un dérèglement du cœur, des battements anarchiques, ou trop faibles pour être détectés, les médecins sollicités par quelques journaux sont tous à peu près d’accord pour dire que le cœur ne s’est sans doute jamais totalement arrêté.

Pour le reste, ça en deviendrait presque gênant. Entre le médecin qui sous entend à l’Express que sa collègue du SAMU a eu un coup de malchance en tombant sur un cas rare, et son confrère qui explique à France TV Info que le diagnostic du décès est peut être un tantinet plus difficile à établir que ce qu’on pensait, le milieu médical hésite entre analyse d’une boulette et solidarité corporatiste.

N’hésitant pas, au passage, à risquer la psychose générale. Quoi ? On peut nous enterrer vivant ? Non, rassurons nous : la procédure de constat de décès en France est rigoureusement établie, a fait ses preuves, et le risque d’erreur, lorsqu’elle est scrupuleusement suivie, est infinitésimale. L’excuse, s’il y en a, est sans doute plus tristement pragmatique. Saturation, garde de 48 heures…

C’est juste que les médecins n’ont pas voulu enterrer prématurément leur collègue. Mieux vaut tard que jamais.

Syndrome de Cotard : Graham, le mort vivant déprimé

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zombie syndrome de cotard

L’esprit humain est une mécanique fascinante, tant du point de vue purement neurologique, avec le fonctionnement du cerveau, que plus métaphysique, avec la construction des schémas de pensée. Malheureusement, tout cela s’arrête à la mort. Sauf pour certains.

Qui a eu cette idée folle…

Tout commence en Angleterre, dans une baignoire. Décrivons la scène : la baignoire est remplie d’eau et de Graham, un britannique d’une petite trentaine d’années, qui s’avère être considérablement déprimé. Après avoir poussé un énorme soupir, considéré mornement la pièce qui l’entoure, il tend la main vers sa radio, et d’un geste déterminé, la plonge dans la baignoire.

Fin. Merci, à vendredi prochain pour une autre aventure extraordinaire de la mort.

Non, attendez une minute : Graham n’est pas mort. Ce qui nous arrange, parce que sinon, l’histoire aurait tout de même été extraordinairement courte, et vaguement inintéressante. Par un extraordinaire concours de circonstance, les plombs sautent au bon moment, et Graham en est quitte pour une belle châtaigne.

The lonely walking dead

Huit mois plus tard, Graham est devant son médecin, et le toubib est perplexe. Son patient va bien, sa tension est normale, ses analyses sanguines sont normales, tout est normal, sauf que le jeune homme l’accuse indirectement d’incompétence. En effet, Graham soutient mordicus que, ce jour là, il est mort dans sa baignoire.

Le docteur appelle donc du renfort, et Graham se retrouve au service psychiatrique de l’hôpital. Là, il réitère son histoire : il a lancé sa radio dans sa baignoire, le choc a grillé son cerveau, il est mort. Les praticiens hospitaliers essaient de le raisonner : son cerveau ne peut pas avoir grillé, puisque, Graham étant capable d’expliquer que son cerveau est mort, c’est la preuve qu’il peut tenir un raisonnement et un discours, chose que quelqu’un doté d’un cerveau mort ne peut pas faire.

Rien à faire : Graham explique qu’il est dans les limbes, coincé entre le monde des vivants auquel il n’appartient plus et celui des morts. Sa pathologie a un nom, le syndrome de Cotard.

Cas curieux

Les psychiatres se rendent bien vite à l’évidence : contre toute attente, son cas ne dépend pas d’eux, mais des neurologues. Deux sommités sont rapidement convoquées au chevet du patient, qui passe, à cette époque, le plus clair de son temps à errer dans les cimetières, seul endroit où il se sente chez lui.

Adam Zeman, de l’université d’Exeter, au Royaume-Uni, et Steven Laureys, de l’université de Liège, en Belgique, les deux professeurs, décident de passer un PET scan, tomographie qui permet d’avoir un aperçu de l’activité cérébrale du patient. Et les deux spécialistes en restent comme deux ronds de flan.

Les tests sont formels : l’activité du lobe frontal et du lobe pariétal de Graham sont quasiment les même que ceux d’une personne en état végétatif. Les médecins relativisent : ce genre de test n’ayant pas, jusqu’ici, été réalisés sur des malades touchés par le syndrome de Cotard, rien ne dit qu’ils ont mis le doigt sur quelque chose. D’autre part, la quantité phénoménale d’antidépresseurs divers administrés à Graham pourrait avoir déclenché ces effets.

Cette historie s’arrête là. A force de traitements, les médecins ont pu redonner à Graham une certaine autonomie. Le jeune homme admet aujourd’hui qu’il est en vie, même s’il a besoin, chaque matin, de faire des exercices intellectuels pour s’en convaincre. Une part de son esprit essaie en permanence de le persuader qu’il est mort.

Le syndrome de Cotard est, aujourd’hui, une affection rare, et toujours aussi mystérieuse.

GiedRé, l’interview « la mort, c’est une question d’ego »

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GiedRé © Solenn Bos
GiedRé (photo © Solenn Bos)

GiedRé : si l’on peut dire que la chanteuse a fait son trou dans le monde de la musique, ce serait pour y placer un caveau. Sous des abords de douceur presque enfantine, elle parle en effet crûment de la mort, et de toutes les galères qui peuvent arriver avant, dans des chansons ou l’humour noir est omniprésent. Interview.

GiedRé pour les nuls

GiedRé, ses fans se reconnaissent assez facilement quand on connaît les codes. Essayez de chantonner une de ses chansons, si la personne en face de vous joint ses pouces et ses index pour former un cercle parfait figurant un anus, aucun doute, c’est un fan de GiedRé.

Bon, dit comme ça, évidemment, c’est bizarre. En vrai, GiedRé est une jolie blonde, dans de jolies robes, avec des yeux pétillants très clairs, un sourire espiègle et un air faussement naïf, qui chante d’une voix très douce des horreurs. La mort, le handicap, les pires instincts de l’homme sont disséqués dans des chansons à la fois très drôles dans la forme, et qui donnent souvent à réfléchir dans le fond.

GiedRé à la nuit de la Déprime. A partir de 2 minutes 52 dans la vidéo, la chanson la plus réaliste sur la mort jamais écrite.

Une consécration

« Je suis vraiment contente d’être dans Funéraire Info » GiedRé attaque fort « c’est une consécration, l’aboutissement de toute une carrière, un peu comme une Victoire de la Musique ».

Mais au fait, GiedRé, comment tu te définirais ? Actrice de formation, chanteuse, humoriste « Pffff » (s’ensuit un très long soupir hésitant) « En fait, je ne sais pas comment me définir. Une chose est sûre, je ne suis pas humoriste. Je laisse ça à Anne Roumanoff, qui le fait beaucoup mieux que moi. Mais c’est rigolo, dans les interviews, les journalistes qui me demandent de me définir. C’est me demander de faire le boulot à leur place ». Pan, dans les dents. Aïe.

GiedRé et la censure

Les textes de GiedRé, presque toujours rédigés sur un ton léger, abordent de manière crue des sujets sensibles. La chanteuse est fan de Pierre Desproges, qui disait « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Est-ce que tu as déjà ri accidentellement de tout avec n’importe qui, et est-ce que ça t’as valu des ennuis ?

« Oui, c’est arrivé. Mais pas tout le temps, les gens comprennent qu’il n’y a pas de mauvaises intentions derrière mes chansons. Après, il arrive que certains viennent me voir pour me dire que telle ou telle chanson les a offensés. Je discute avec eux, ça se passe bien. Evidemment, j’ai parfois les associations sur le dos, ce n’est pas très grave. Les principaux intéressés le prennent avec humour. »

« Ce qui m’énerve, c’est l’indignation sélective. Quelqu’un qui vient me voir pour me dire que telle chanson, sur le suicide par exemple, l’a offensé. Donc, la pédophilie, c’est ok, la nécrophilie, c’est ok, les femmes qui se font violer dans les parcs, c’est ok, mais cette chanson non, parce que son cousin s’est suicidé en 1992 ? »

« Mais je crois que le vrai problème, c’est l’autocensure. C’est paradoxal, parce qu’aujourd’hui, on a de plus en plus de moyens pour communiquer et dire des choses, et on n’ose pas. On voit des artistes qui se disent ‘je ne vais pas faire ceci ou cela parce que ça ne va pas plaire à mon public’. Ce n’est pas comme ça que je vois les choses. Il vaut mieux dire des choses importantes devant trois personnes que de s’en foutre devant trois millions ».

GiedRé-Pochette-Cd-album-lalala-300x272 GiedRé, l’interview « la mort, c’est une question d’ego »
L’album « Lalala » de GiedRé

GiedRé et la politique

GiedRé participera à la tournée des Colibris. Pourquoi cet engagement ?

« Ca fait un moment que je les suis, des années, en fait. Tu connais l’histoire du petit colibri ? »

Euh. Non.

« Je te la raconte alors, tu vas comprendre. Il y a le feu dans une forêt, et tous les animaux s’enfuient. Sauf un petit colibri, un tout petit oiseau, qui va jusqu’à une mare d’eau, prend une goutte dans son bec, et va la verser sur les flammes. Les autres animaux lui disent ‘mais regarde, tout brûle, ça ne sert à rien, ce que tu fais’ et le colibri répond ‘peut être, mais j’aurai fait ma part’. C’est cette philosophie là qui me plaît, et quand ils m’ont demandé, c’était une évidence pour moi. Surtout que ce qu’ils organisent est vraiment sympa, ce sont des journées, avec des animations, des débats, des ateliers, et le soir des concerts ».

C’est un peu un engagement politique, pourtant, tu as dit que tu ne voulais pas faire de politique « Mais j’en fait. Faire de la politique, pour moi, c’est tous les jours, c’est ne pas filer de fric à tel ou tel groupe agroalimentaire, c’est vivre selon tes convictions. Je vois des gens qui regardent le débat de la primaire, et qui se disent ensuite ‘j’ai fait mon devoir de citoyen’, mais non, ils n’ont rien fait. Je ne crois pas que faire de la politique, ce soit élire quelqu’un pour que, pendant cinq ans, il s’occupe de tout. »

La mort dans les chansons

La mort semble être un sujet qui t’inspire, tu en parles beaucoup dans tes chansons. « Oui, la mort, j’y pense tous les jours, c’est finalement le seul mystère auquel on n’aura jamais de réponse. En fait, j’ai commencé à y penser très tôt dans ma vie, et depuis, le sujet me fascine. ».

Tu ne crois pas qu’il puisse y avoir quelque chose après ? « Non, je crois que quand tu es mort, tu t’arrête de respirer, et c’est tout. J’ai dit que la mort était un mystère, mais finalement c’est assez simple, tu es là, puis tu n’y es plus. C’est ce qui frustre beaucoup de gens : on sait tout faire, ou on sait qu’on va pouvoir tout faire, mais la mort reste hors d’atteinte. Ca frustre beaucoup de monde, et je crois que c’est pour ça qu’on imagine qu’il y a quelque chose après, qu’après la mort, il y a, je sais pas, un grand canapé ou tu as le temps de lire tous les livres. ».

« Mais la mort, selon les jours, c’est ce qui rend la vie supportable, qui la rend intéressante, qui nous pousse à faire des choses. Si il n’y avait pas la mort, avec l’éternité devant nous, on resterait sans doute assis sur le canapé à ne rien faire ».

« En fait, la mort, c’est une question d’ego. Eh, t’as, vu ? Je t’ai trouvé un titre pour l’article ! »

GiedRé, Grégoire et les duos

Il y a une vidéo de ton concert à l’Olympia où on te voit chanter ton tube « On fait tous caca », et là, le chanteur Grégoire, à qui tu taillais un costard deux minutes avant, monte sur scène et chante avec toi.

« Oui, c’est le genre de trucs qui me redonne foi en l’humanité. Tu vois, ce que je te disais sur l’autocensure ? Je participais à la nuit de la déprime, organisée par Raphael Mezrahi, et j’ai vu Grégoire dans sa loge. J’ai pris mon courage à deux mains, et je lui ai tout raconté, que j’avais écrit une chanson inspirée de son tube, et qu’avant de la chanter, je le chambrais un peu, et que mon rêve, c’était qu’il vienne avec moi sur scène. Je lui ai dit de réfléchir, de ne pas me répondre de suite. Et quelques jours plus tard, j’ai reçu un message de lui, qui disait ‘Salut Giedré, je veux bien venir faire caca avec toi à l’Olympia’. Grégoire, le mec qui chante des chansons d’amour, qui participe aux Enfoirés et tout et tout ! Si je m’étais autocensurée, je n’aurai jamais osé aller le voir, et je serais restée toute ma vie persuadée que de toute façon, il aurait dit non ».

C’est presque aussi improbable que Métallica qui fait un duo avec Lady Gaga… Tiens, et en dehors de Grégoire, si tu avais un duo improbable à faire ? « Je dirai Garou ou Hélène Ségara. Ce ne serait pas avec un groupe de métal. Il y a des métalleux parmi mes fans, des rappeurs aussi, et finalement, me retrouver sur scène avec, je ne sais pas, Napalm Death, ça ne serait pas aussi surprenant de leur part que de la part de Garou ou d’Héléne Ségara. »

Garou c’est peu être possible, mais pour Héléne Ségara, il faut négocier avec Orlando, c’est pas facile « Oui, mais il n’en a plus pour très longtemps ».

Giedré, sa vie, son œuvre

Il paraît que tu es accro aux séries télé ?

« Ah oui, à fond. C’est affreux. Je ne me rappelle plus à quoi ressemblait ma vie avant Netflix. »

Et sinon, j’ai acheté un de tes CD sur ton site, et j’ai reçu dans le colis un petit mot d’un type qui expliquait qu’il était retenu dans ta cave pour faire tes colis. Tu penses à lui donner à boire de temps en temps ?

« Oui, t’inquiète, on lui a installé un distributeur d’eau comme les hamsters, avec une bille. Et puis, pour le distraire, je lui ai aussi acheté un poisson rouge. Si il a vraiment soif, il peut boire l’eau de l’aquarium ».

Merci Giedré pour cette chouette interview « Merci à toi, ouah, je suis trop contente d’être dans Funéraire Info ! »

Le site officiel de GiedRé : www.giedre.fr

Et les dates de tournée de GiedRé : www.giedre.fr/dates-tournante

Bonus « on est tous copains », une chouette chanson de Giedré, avec un très bon bouquin sur le canapé au début :

Funeral Concept s’attaque au tabou des tombes d’enfant

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ImpresFuneral concept stèle tombe enfant Nounours

Parler de la tombe d’un enfant : sujet délicat, auquel se sont retrouvées confrontées les équipes de Funeral Concept. Avec, à la clef, un constat : il existe une vraie incompréhension entre les aspirations des familles et la réalité des pompes funèbres. Interview.

Bandeau-Funéraire-info-enfants-1024x305 Funeral Concept s'attaque au tabou des tombes d'enfantUne gamme neuve

Emilien Rondard, directeur commercial de Funeral Concept, dresse le constat : « Nous avons sorti une nouvelle gamme de stèles pour enfant, qui en comptait, au début, trois, et qui en proposera sept en tout très prochainement. Un vrai succès commercial, donc. Mais, curieusement, on a beaucoup de mal à les proposer à certaines pompes funèbres. »

Pour quelle raison ? Freddy Pinault, directeur de Funeral Concept, a son idée sur la question « J’ai l’impression que certains professionnels du funéraire projettent une image qu’ils croient que les gens ont d’eux. Ils sont persuadés que les familles pensent qu’ils profitent de la mort des autres pour gagner leur vie. Parfois, je me demande s’il n’y a pas, presque, un côté superstitieux. ».

Et ce n’est pas le cas ? Freddy répond « Non. Peut être encore dans une petite frange irréductible de la population, mais l’immense majorité des familles que l’on rencontre sont au contraire reconnaissantes et soulagées d’avoir des professionnels pour s’occuper d’eux dans ces moments difficiles. »

Le dernier tabou ?

Emilien analyse « Il y a quelques années, la mort d’un enfant était un tabou. Mais la société a évolué, l’enfant est pris en compte différemment, c’est l’enfant-roi, d’une certaine manière. Les décès d’enfants sont inéluctables, mais ils sont aujourd’hui mieux accompagnés, sauf par le funéraire, ou les produits proposés n’ont pas évolué au même rythme que le reste ».

Justement, vous rencontrez des familles, quelles sont leurs réactions face aux stèles enfants colorées ? « Du soulagement » soulignent Freddy et Emilien. Ce dernier précise « Tous les jours, quasiment, via le site ou la page Facebook, on reçoit des messages de familles, qui expriment la même chose : quel dommage qu’on ne vous ait pas connu avant. Avec, souvent, des demandes de reprises de leur granit pour acheter une stèle. »

Oser l’offre

« Il y a une demande des familles » soulignent ensemble Emilien et Freddy « On le constate. C’est souvent qu’on voit des familles arriver chez nous l’air soulagé, en nous disant « ça existe’’. »

Emilien souligne « La mort d’un enfant est quelque chose de terrible. Mais les professionnels du funéraire savent que, malheureusement, ça arrive. Et les familles veulent rendre un hommage à son image à l’enfant disparu. C’est dommage de les en priver simplement parce qu’on n’ose pas leur proposer. Lorsque je visite des agences de pompes funèbres, je commence à voir apparaître des coins enfants, avec des produits plus adaptés. Et c’est une bonne chose, parce que, sinon, il n’y a rien à proposer aux familles qui tienne compte de la spécificité d’un enfant. »

Freddy conclut « Les familles qui ont perdu un enfant sont en quête de personnalisation qui lui rende hommage, de motifs issus de l’enfance, de couleurs. Tenez, regardez, votre maison, aujourd’hui, vous ne pouvez plus faire ce que vous voulez, il y a des règlements de la mairie qui interdisent de la peindre en vert, en bleu, que sais-je. Les cimetières sont, finalement, les derniers espaces de liberté. Alors, oui, on n’a pas l’habitude de voir des couleurs, en pompes funèbres. Pourtant, les familles le veulent, et vous avez la possibilité de leur proposer. Pourquoi vous en priver ? »

Le site de Funeral Concept : www.funeral-concept.fr

Disparition de la famille Troadec : pourquoi les faits divers fascinent

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police affaire criminielle famille Troadec

Alors que, hier soir, France 2 diffusait un numéro de « Faites entrer l’accusé » consacré à l’affaire de Bruay en Artois, un homme avouait être l’assassin de la famille Troadec, anciennement Disparus d’Orvault. Mais qu’est-ce qui fascine ainsi dans ces faits-divers ? Et, au final, qu’en reste-t-il ?

Des précédents célèbres

L’affaire, à présent résolue, de la disparition de la famille Troadec, n’était pas sans évoquer des précédents célèbres.

On songera, évidemment, à l’affaire Dupont de Ligonnès. Là aussi, il était question de la disparition d’une famille entière, et les coïncidences troublantes ne manquaient pas. Même ville, maisons éloignées de six kilomètres à peine, jusqu’aux deux fils, Troadec et Dupont de Ligonnès, qui faisaient leurs études dans la même école.

On se rappellera aussi, dans un genre différent, mais tout aussi mystérieux, la disparition de la famille du docteur Godard. Le médecin avait disparu en mer avec ses deux jeunes enfants, son épouse mystérieusement introuvable, alors que des signes inquiétants tendant à laisser penser à sa mort avaient été découverts dans la maison.

Ces deux histoires, parmi tant d’autres, nous aurions pu citer l’affaire du Grand Bornant, ont été résolues, incomplètement : si on sait ce qui est arrivé à la famille Dupont de Ligonnès, le père, Xavier, suspect numéro un, s’est évanoui sans laisser de traces et est introuvable à ce jour. On sait à présent que le Docteur Godard est mort, ainsi que ses enfants, mais sans savoir comment, pourquoi, où est le corps de sa femme, ni qui a semé au fil des années, des indices semblant indiquer le contraire.

Épilogue tragique

Alors que la France entière était captivée par cette affaire criminelle depuis dix jours, l’épilogue est tombé, donc, ce week-end, avec l’arrestation d’un suspect crédible ce dimanche, et ses aveux annoncés ce lundi matin. Point de mystère, ici : cette énigme quasi-mystique dissimulait à grand-peine une histoire de gros sous. Plus précisément, de lingots d’or.

Motif crapuleux, donc, pour une affaire finalement tristement banale de ressentiment familial, qui a tout de même coûté la vie à quatre membres d’une même famille. La vie, et un peu plus encore.

En effet, le fils, dont il s’avère que c’était une victime, a été présenté, pendant plusieurs jours, comme le suspect principal. Motif ? Des restes de crise d’adolescence sur les réseaux sociaux, messages persistants alors que ce jeune homme était passé à autre chose, auxquels venaient s’ajouter des facteurs aggravants, selon certains, qu’il aime les jeux vidéos et qu’il préfère son humour noir et sans sucre. Que disaient ils ? « Eviter les préjugés et les amalgames » ? Pas pour tout le monde, manifestement.

Ce matin, Eric Brunet, journaliste sur RMC, dans une vidéo, demandait pardon aux proches du jeune Sébastien Troadec pour l’avoir présenté comme le probable assassin. Un exemple à suivre.

Fascination morbide ?

Tout cela est-il le symptôme d’une fascination morbide pour les faits divers ?

En réalité, ces affaires ont tous les ingrédients du succès. L’identification, les victimes sont des gens comme nous, nos amis, nos voisins, avec une part d’ombre, parce qu’ils ne sont pas tout à fait comme nous, ils ont des choses à cacher, des caractères particuliers… Et l’énigme.

C’est le point commun de toutes les affaires qui continuent à exister dans l’esprit du public parfois bien après que l’action judiciaire se doit éteinte. Ou est Xavier Dupont de Ligonnès ? Que s’est il passé dans l’affaire Godard ? On parlait de Bruay en Artois, du notaire et du petit juge, mais qui, au final, puisque le notaire était innocent, a tué la jeune fille.

Dans deux ou trois ans, quand on parlera du procès du meurtre de la famille Troadec, vous verrez que le présentateur du journal télévisé donnera de nombreux éléments, qui seront destinés à éveiller des souvenirs. Parce que l’affaire est résolue, et elle sera oubliée. D’autres noms n’ont pas besoin de tous ces détails : Dupont de Ligonnès, la tuerie de Chevaline, le petit Grégory…

C’est plutôt, finalement, une bonne nouvelle : non, les gens ne sont pas forcément fascinés par le morbide et le crapoteux. La principale motivation de l’intérêt porté aux faits divers, c’est une peur bien manifeste de la proximité avec soi, ce sentiment, tout à fait humain et compréhensible, que la foudre n’est pas tombée loin.

Ce qui dure dans le temps, c’est le mystère. La peur de l’inconnu. Tant mieux : les proches de la famille Troadec, maintenant qu’ils sont fixés sur le destin funeste de ses membres, pourront au moins faire leur deuil en paix.

 

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