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Je suis condamné. Enfin non, disons plutôt que je vais mourir.

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je vais mourir

Je suis condamné. Voilà c’est dit. Comme tout le monde vous allez me dire. Oui, sauf que moi, ça ira sans doute un peu plus vite que vous. « Condamné », ça fait très série B. Ça vous choque ? Vous ne devriez pas, je vais mourir dans quelques semaines, peut-être même que je ne passerai pas Noël. Mais je ne vais pas m’étendre là dessus, si ça se trouve demain je vais mourir en tombant dans les escaliers, dans un tragique accident de voiture. C’est pas la mort qui choque. La mort est notre seule certitude, pourquoi diable sommes-nous si étonnés lorsqu’on nous annonce que nous allons y passer ?

Notre vie ne nous appartient pas, ne la prenez pas.

« Se foutre en l’air », oui j’y ai pensé. Pire que ça : « se donner la mort » mais à qui la donne-t-on vraiment en réalité ? La mort ne se donne pas, elle s’inhale, s’imprègne, la mort ne se donne pas, elle se prête. 

Je repense à la fois où l’on m’a annoncé que j’allais mourir. Sur le coup je me suis dit « pourquoi il me le dit, pourquoi à moi ? » Je ne suis pas quelqu’un de très courageux, je suis même plutôt lâche alors lorsque l’on m’a annoncé ça, je ne savais vraiment plus quoi faire de moi.

J’ai du gérer toutes sortes d’émotions, celle de me regarder dans la glace et de voir mon reflet disparaître, arrêter de travailler, voir le chagrin dans les yeux de ma femme. La colère tout le temps. L’égocentrisme de me dire que le monde allait continuer de tourner sans moi.

Mais tout ça c’est fini, c’était avant, je n’ai pas baissé les bras, mais je me suis rendu compte que je faisais bien plus de mal à mes proches par ma fin de vie, que par mon décès. Les étapes du deuil on appelle ça. C’était de ma responsabilité de leur apprendre à se souvenir de moi et pas de moi malade. Combien sommes-nous à pouvoir dire au revoir, ou à dire aux gens qu’on les aime en sachant que là, ça compte, c’est important, ça n’est pas juste pour les retenir, juste pour soi, non, parce que c’est vrai.  Disons que je suis passé de : attendre la mort à : c’est la mort qui m’attend. 

Je ne dis plus « je suis condamné » je dis juste que je vais bientôt mourir.

Je profite de chaque journée comme une immense chance. Je suis toujours un peu en colère, mais pas pour moi, pour les gens que j’aime. La mort c’est pour les autres que c’est douloureux.

Je profite de ces lignes pour les remercier, pour leur soutien, pour leur dire pardon aussi de ce que je leur ai fait subir, à ma famille, mes amis. Pardon à mes médecins, psychologues à ceux qui ont cherché à me tendre la main pendant qu’elles étaient dans mes poches. Je les aime. Merci de me laisser l’opportunité de dire merci ici et merci de trouver les mots à ma place. Je ne sais pas si je serai encore là à Noël, mais quelques part, à travers ces mots, je le serai un peu quand même.


Merci à toi Romaric pour ce témoignage bouleversant, sans pathos, sans larme. Un message plein d’humanité. Beaucoup ne verront que la fin de vie ici. J’écris depuis toujours et s’il y a bien trois sujets sur lesquels il ait toujours difficile d’écrire c’est bien ceux là : la mort, la vie, soi.

Focus sur la fascination des adolescents pour la mort

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la fascination des adolescents pour la mode

La mort est partout, une évidence. Jeux vidéos, films, séries, on torture et on saigne à chaque image. Phénomène sociétal de l’adolescence (pas que) où l’hémoglobine devient le leitmotiv. Sans entrer dans une caricature de la catégorisation des âges, comment comprendre la fascination des adolescents pour la mort ? ( certains adolescents ) 

Sexe et mort, deux tabous qui ne le sont plus vraiment depuis longtemps, au-delà de la mort c’est surtout la violence qui prédomine. Tout comme le sexe a pris le pas sur l’amour.

La faute aux adultes ?

L’adolescence est le propre du terrain de la liberté nouvelle. Dépasser les limites permet de les redéfinir selon le monde qui est le leur, pour devenir des adultes en devenir. On dit toujours que l’adolescence est le lieu de l’interdit, or c’est tout l’inverse. Les jeunes se rendent compte que leurs parents, modèle par ailleurs, se trompent eux aussi. Dans le monde obscur des adultes, la mort est le tabou ultime. Quoi de plus normal que les adolescents le brisent ? Et comment y arriver ? Dans l’imaginaire, jeux vidéos, films, etc.  À 16 ans ils connaissent le nom de toutes les armes, d’explosifs, de méthodes de torture. Mais aucun n’a vu un mort.

Une fascination des adolescents pour la mort…depuis le jeune âge. Les paillettes et la magie, oui, mais les trucs sanglants, les momies, les fantômes, pullulent dans tous les contes d’enfants et dans les dessins d’animés. Et là encore, c’est normal, l’imaginaire autour de la mort fait partie des interrogations…de la vie.

La mort, l’amour, c’est pareil finalement non ?

Les questions existentielles ne sont pas l’apanage de l’adolescence, nous nous les posons toute la vie, mais elles trouvent racine ici pour la plupart, et surtout avec une intensité très forte : les questions se mêlent aux pulsions. Dans les films les codes sociaux sont rompus, cela donne un écho aux entraves adolescentes qui ne demandent qu’à être libérées. Aucune loi, aucune limite. Les images de violences permettent d’accomplir un désir enfoui.

Catharsis

Voir des films violents, gore ou trash tout cela permet à l’adolescent d’extérioriser toutes ses pulsions destructrices. Les identifications parentales tombent et s’identifier à des assassins, monstres ou personnes en transformation est plus en corrélation avec leurs attentes.

Mort, je t’aime

En fait c’est tout simplement ça : « mourir pour exister ». C’est une manière de faire connaissance avec soi-même, sur la limite entre l’effrayant et la fascination. C’est d’ailleurs pour cela qu’une certaine idée du suicide montre à quel point ils aiment la vie (attention, je rappelle que le suicide est la première cause de décès des adolescents, un sujet d’une grande complexité dont je vous parle ici ). Même pour ceux qui tentent de passer à l’acte, il n’y a pas toujours l’intention de mourir, mais plus, de justement vivre et de tuer une partie d’eux-même, l’enfance.

Un rite d’initiation

Depuis toujours les rites d’initiation ont marqué le passage de l’enfance à l’âge adulte. Sauf que dans notre société, il est à la fois paradoxal de considérer l’âge comme une construction sociale et en même temps marquer ces âges de manière définie enfance/adolescence/adultes/personnes âgées. Braver les interdits en flirtant avec un jeu vidéo interdit aux moins de 16 ans est également un rite de passage.

Un équilibre à trouver

Pour les parents, enseignants, famille, la fascination des adolescents pour la mort peut être effrayante. Des excès de violence seraient-ils à craindre ? On dit souvent que s’il n’y avait pas de jeu vidéo et de films violents il y aurait moins de violence et de crimes. Or cette confusion entre la mise en scène et l’imaginaire, si elle existe pour certaines personnes, était déjà là bien avant le passage à l’acte. 

 

Expérience de Mort Imminente : quand on va en enfer…

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expérience de mort imminente enfer

Vous avez certainement déjà entendu parler des NDE et d’EMI, ou Near Death Expérience et Expérience de Mort Imminente. Ces phénomènes sont largement médiatisés, et présentés comme des expériences positives, mais un autre type d’EMI est passé sous silence, les expériences négatives. Une vision de l’enfer ?

EMI, NDE et mystère

Ce sont des visions et/ou des sensations vécues lors d’un coma profond ou d’une mort clinique. Une mort non définitive, puisque tout ceci repose sur des témoignages de personnes qui en sont revenu.

Les descriptions en sont connues : le grand tunnel de lumière, la sensation de bien-être, les êtres chers qui attendent parfois au bout pour rassurer et guider le défunt, le renvoyant, dans les cas qui nous intéressent, d’un « le moment n’est pas encore venu » bienveillant.

Certains y voient la preuve de la vie après la mort, d’autres une stimulation cérébrale intense au moment de la mort. La croyance contre la foi. Ceci a été tellement décortiqué, analysé, commenté, discuté qu’il semble ne plus rien avoir à y ajouter, si ce n’est « Nous verrons bien le moment venu ». Le plus tard possible, donc.

Le sujet qui fâche

Mais personne n’aborde jamais le sujet qui fâche : les EMI négatives. En effet, si certaines personnes ont l’impression d’arriver au Paradis, d’autres en revanche semblent avoir été dirigées tout droit en enfer.

Il existe en effet des EMI dites « Negatives ». On estime leur nombre, sur l’ensemble des EMI déclarées, compris entre cinq et quinze pour cent. Estimation, en effet, parce que si les personnes qui ont subi une EMI ont tendance à facilement en parler, celles qui ont vécu une EMI négative ont tendance à se taire sur le sujet.

Un silence qui peut s’expliquer de deux façons : le traumatisme et la honte. Traumatisme, parce qu’autant une EMI, tout le monde s’accorde là dessus, est une expérience agréable, autant l’EMI négative est violente et agressive. Et la honte est celle d’avoir été précipité vers ce qui ressemble à l’enfer, avec la certitude, quelque part, de l’avoir mérité.

Une vision de l’enfer ?

Mais à quoi ressemblent ces EMI négatives ? Il serait facile de dire : à la même chose, en inversé. Ici, le tunnel blanc est remplacé par un trou noir. Pour certains, le tunnel ne se pare de rien et reste inoccupé. Pour d’autres, le noir s’éclaircit un peu pour laisser entr’apercevoir des endroits lugubres et sales. Il y a ceux qui sentent un sentiment de solitude immense, et d’autres qui perçoivent des présences inquiétantes et menaçantes.

Petite lueur d’espoir, la plupart font état, à la fin, d’une présence bénéfique et salvatrice, qui vient les tirer de ce guêpier pour les renvoyer vers la vie.

Mystère insoluble

Tout ceci ne fait qu’épaissir le mystère. Si les EMI ne sont qu’une illusion provoquée par le système nerveux au moment de la mort, quelle signification alors donner aux expériences négatives, puisque l’explication voudrait que ces mirages soient un mécanisme d’auto-défense censé calmer le sujet au moment de son trépas ?

Et si… Si il existe un au-delà, alors, les EMI sont elles réellement une porte sur l’enfer ? Pourquoi, dans ce cas, certaines personnes qui n’ont été ni meilleures, ni pires que d’autre, y sont projetées tandis que la plupart des mourants accèdent au paradis ? Y a-t-il réellement autant de personnes méritantes sur terre ? Le doute, en la matière, est légitime.

L’art de mourir avec originalité, les morts idiotes de 2017

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morts idiotes danger

Mourir est un passage délicat de l’existence, qu’il convient de réussir, sans avoir eu, généralement, la possibilité de s’entraîner avant. Les risques sont nombreux si l’on rate sa mort, mais le plus sous-estimé reste vraisemblablement d’entrer dans la postérité d’une manière quelque peu ridicule. Florilège des morts idiotes de l’été 2017.

Assassiné avec une arme improbable

Il y a, bien entendu, des circonstances atténuantes au fait de périr d’une mort idiote. L’assassinat en est une : on n’a généralement pas émis le souhait de se faire trucider par une tierce personne, cette dernière agit de sa propre initiative, pour des motifs, l’immense majorité du temps, crapuleux.

Ainsi, dans le douzième arrondissement de Paris, une nonagénaire a été assassinée par sa petite nièce à coups de vases. Pardon, je viens de relire mes notes, et le « s » est superfétatoire : de vase, un seul vase, dont les coups répétés ont été fatals à la pauvre vieille dame.

Il convient ici d’observer que le vase est un objet bien étrange. Considéré comme l’un des biens les plus précieux de sa propriétaire, il sera placé en équilibre sur un guéridon boiteux, et se brisera en mille morceaux après avoir chuté au moindre frôlement de votre part, faisant faire à votre classement dans la liste des bénéficiaires de l’héritage une chute équivalente à celle du sommet du mont blanc. Si le chihuahua de la maison s’égratigne un coussinet sur un bris de verre, la chute sera équivalente à l’Himalaya.

En revanche, si d’aventure vous voulez transformer ledit vase en arme létale afin d’anticiper la perception dudit héritage, là, il reste bien costaud, et vous pouvez défoncer des crânes comme si vous aviez un marteau de guerre dans Games of Thrones. Il y a là dessous un mystère insondable qui éclipse de suite les grandes préoccupations de l’humanité, comme la chute de la tartine beurrée, par exemple.

A noter que, dans l’affaire qui nous intéresse, la petite nièce en question a été internée en psychiatrie et sera certainement déclarée irresponsable. Ce qui, selon le droit français, lui ouvre les portes de l’héritage. Ce n’est que justice : elle n’a pas cassé le vase.

Dans ma collection, j’ai rangé cette histoire, précieusement, à côté de celle de la femme assassinée à coups de pénis.

Trahi par un vieil ami

Il y a aussi la trahison inattendue, ce coup de poignard dans le dos asséné par celui qu’on attendait pas.

Ainsi, une femme est morte à la terrasse d’un bistro. Oui, même anodin, le lieu ou vous mourez comptera dans la postérité. Pour ses descendants, dans des dizaines d’années, qui se lanceront dans des études de généalogie, elle restera la mamie morte à la terrasse d’un bistro. Un silence se fera alors, et de regards entendus seront échangés.

La dame, par ailleurs certainement fort respectable, s’est aventurée dans la rue, et s’est attablée à la terrasse d’un estaminet. D’un œil, elle a vérifié qu’il n’y avait pas de terroristes de Daesh dans le coin, de l’autre, aucun psychopathe animé de pulsions homicidaires et armé d’un objet létal, couteau, fusil, pistolet, poison, vase. Elle a ensuit scruté les patrouille vigipirates, s’assurant qu’aucun militaire n’avait oublié d’enclencher la sécurité de son arme, un coup est si vite parti, avant de discrètement scruter l’arrière du bar, afin de s’assurer que les conditions d’hygiène étaient impeccablement respectés, puis, enfin détendue, elle a commandé une verveine.

C’est à ce moment là qu’une bourrasque de vent a fait chuter un parasol de plusieurs dizaines de kilos juste sur elle, la tuant sur le coup.

L’absence de commentaires étant déjà un commentaire, je vais donc me taire.

morts-idiotes-300x192 L'art de mourir avec originalité, les morts idiotes de 2017Le running gag

Il y a aussi le running gag de l’été. Oh, celui-ci n’a rien d’original, mais c’est un classique qui marche à tout les coups.

Mais, si, vous savez : « On va faire une photo de vous face à la mer, tenez, on va se mettre là, au bord de la falaise, attends, j’ai le soleil, bougez un peu, attention, recule, encore un peu, recule… Oh, zut, elle est tombée ! »

Je devais vous parler d’une dame à qui c’est arrivé, mais, après relecture de ce qui précède, avec deux victimes de sexe féminin et une psychopathe, je préfère m’abstenir, au risque de passer pour un misogyne. D’autant que c’est arrivé à d’autres personnes, ailleurs. Point commun entre tous ces lieux de décès, la présence de falaises. Malgré toute mes recherches, je n’ai pas trouvé de décès consécutif à une chute sur une plage de sable fin parfaitement plate.

La mort qui n’arrive jamais,
Sauf quand elle arrive

Se distinguant du ton ironique de ce qui précède, l’histoire qui va suivre est triste. Il est important de le stipuler, parce que, sinon, elle semblerait sortir du scénario d’un film gore de série B. Quoique, même dans la série de films « Destination finale », ils n’auraient pas osés.

Alors qu’une jeune femme venait d’accoucher, son bébé dans les bras, un brancardier a voulu la transférer d’un étage à un autre. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, une scène comme il s’en produit tous les jours dans tous les hôpitaux du monde. La femme étant espagnole, le bébé étant espagnol, le brancardier étant espagnol aussi, et même l’hôpital étant espagnol, on devine que la scène se passe en Espagne.

Les portes de l’ascenseur se ferment deux fois, avec eux dedans, sans pour autant partir, l’homme décide d’en changer, parce qu’il est brancardier, pas réparateur d’ascenseurs.

C’est là que l’appareil a changé brusquement d’étage, alors que la tête de la jeune femme se trouvait à l’intérieur. La jeune maman a été littéralement coupée en deux. Les pompiers ont mis deux heures à atteindre la partie de son corps qui se trouvait à l’intérieur de l’ascenseur.

La seule chose drôle, là dedans, c’est la conclusion de l’article du Journal de Saône et Loire « Les médecins n’ont rien pu faire ». Une découverte majeure : le bouche-à-bouche est inefficace lorsque la tête et les poumons ne se trouvent pas dans la même pièce.

Enfin, avec tout ça, les morgues cet été ont fini par ressembler à la salle de pause des employés de métro New-Yorkais.

Les avis de décès du 15 août 2017, ils nous ont quittés

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avis de décès
Avis de décès en France

Avis de décès de Simon Carpentier du duo français de Soul Her. Stephen Wooldridge, cycliste australien champion olympique de poursuite en 2004 à Athènes, est décédé à l’âge de 39 ans. Et de nombreux anonymes sont décédés.

Le carnet du jour, nécrologie et les avis de décès du 15 août 2017, ils nous ont quittés… Sincères condoléances à leurs proches, parents, amis et alliés.

Nous tenions à vous présenter nos condoléances les plus sincères ainsi que celles de nos lecteurs à vous-même ainsi qu’à votre famille, et nous souhaitions vous assurer que toutes nos pensées vous accompagneront en ce triste jour.

Les avis de décès de :

Madame Catherine COUSSERAND née BRESCIANI à Beaumont (63110). Monsieur Christian BEUGIN à Saint-Floris (62350). Madame Roberte CREUSOT née GEHIN à Ventron (88310). Monsieur Robert BINTZ à Saulxures-sur-Moselotte (88290). Monsieur Albert HURAUX à Puybrun (46130). Madame Brigitte BAYSANG née GASSER à Mœœrnach (68480). Monsieur Michel BARBIER à Battrans (70100). Monsieur Pierre ARBEZ-CARME à Pont-de-Poitte (39130). Madame Régine CUENOT née BONJOUR à Labergement-du-Navois (25270). Monsieur Maurice DESROCHES à Le Creusot (71200). Monsieur Johan MONFRONT à Couvron-et-Aumencourt (02270). Madame Elise TROUILLET née FIERAIN à Wargnies-le-Petit (59144). Monsieur Julien QUATRESOUS à Monétay-sur-Allier (03500). Monsieur Jean-Michel PRUNIER à Riceys (10340). Monsieur Bernard COCHET à Saint-Mihiel (55300). Monsieur Etienne DÉODAT à Moissac (82200).

 

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«Avis-de-deces.net est le site internet permettant aux familles d’annoncer le décès d’un proche d’une manière rapide au plus grand nombre. Les parents, proches et amis peuvent transmettre facilement et gratuitement l’envoi de condoléances ou de témoignages en ligne leur soutien aux familles dans la douleur et la peine.

Pour publier un avis de décès sur « Avis-de-deces.net », prenez contact avec l’entreprise de pompes funèbres qui assure la prise en charge de la personne disparue.»

Vous pouvez déposer vos témoignages de sympathie dans les commentaires.

fleurs-deuil-300x225 Les avis de décès du 15 août 2017, ils nous ont quittés



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La fin alternative de Six Feet Under, un carrefour existentiel

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Je suis venue vous parler à de nombreuses reprises de Six Feet Under et de son final déchirant et émouvant. Mais peu connaissent la fin alternative de Six Feet Under plus courte, de la série, qui requiert toute mon attention. Dans la même veine que la première version, accompagnée de la même musique, ces quelques minutes qui vont clore les cinq saisons de la famille Fisher nous ouvrent de nouvelles perspectives que l’on va tenter de décrypter ensemble.

Six Feet under ou le révélateur d’une société multiple et complexe

La série Six Feet Under est véritablement pionnière sur tout un tas de sujets que cela soit dans la forme ou dans le fond.

Six-Feet- La fin alternative de Six Feet Under, un carrefour existentielSi Soprano, Breaking Bad ou encore Game of Thrones aujourd’hui font fureur, Six Feet Under a clairement posé les bases des séries hors normes. La série nous emmène dans divers sujets réflexifs. Aucune série à mon sens ne traite aussi bien de l’homosexualité par exemple, sans tomber dans des schémas caricaturaux. Par la mort nous abordons aussi l’homophobie, la peine capitale, le suicide, le palliatif, le handicap.

Mais si ces thèmes sont abordés autour du prisme de la mort, ils le sont aussi par le prisme de la vie. C’est le cas pour l’adultère ou encore la difficulté d’élever les enfants de son conjoint.

La mort rassurante

Finalement, même si la mort reste toujours LA question à laquelle l’on ne peut apporter de réponse, puisqu’elle est en réponse en soi, elle est abordée, d’une manière assez Six-feet-under-fin-alternative-réflexions- La fin alternative de Six Feet Under, un carrefour existentielréconfortante. Lorsque vous vous lovez devant votre épisode, vous savez que quelqu’un va mourir, la série débute comme cela. Il y a quelque chose de mécanique, qui nous renvoie à notre propre finalité. Lorsque Nate explique à Maggie qu’il va mourir à cause de son problème au cerveau. Elle lui répond qu’elle aussi va mourir. Nate attend sa réponse avec un nom de maladie, comme quelque chose de presque salvateur, or elle lui répondre le plus naturellement du monde « parce que j’ai un corps ».

Une palette d’ineffables émotions et sentiments

C’est comme si vous tiriez un grand fil, la mort, et qu’autour venait s’enrouler tout un tas de choses, l’amour, la tristesse, la mélancolie, les regrets, etc. C’est d’ailleurs l’image qu’offre Brenda, athée, considérant que la vie n’est autre que ce passage sur lequel l’on essaie de combler des choses en les faisant et en les déconstruisant jusqu’à mourir. Si sa vision paraît sombre, elle est pourtant la plus réelle, limpide et finalement saine de la série.

Une fin alternative existentielle

On y retrouve tous les protagonistes de la série, y compris Nate, mort deux épisodes plus tôt. Ils sont sur la route, à des carrefours. On y voit là une quête de sens, la première partie est sombre, les personnages ont le visage fermé, chacun dans ses pensées comme l’on pourrait l’être à regarder l’horizon en se demandant quelles réponses vont nous êtres apportées ? Puis chacun s’arrête, la lumière évoque celle dont certains parlent au bout du tunnel, une allégorie encore entre la vie et la mort. Tous repartent, et reprennent leur chemin, souriant, confiant, pas forcément sûrs d’eux, à l’image dont on les connaît, mais plus serein sur le chemin à prendre. On y voit là ce qu’ils sont, ce qu’ils auraient pu être et ce qu’ils peuvent devenir. Cette fin alternative de Six Feet Under est une quête du sens à leur existence.

Pourquoi est-ce-que ça nous touche tant ?

Cette question est également valable pour tout ceux qui ne sont pas issus du secteur funéraire. En réalité, c’est une manière de voir les liens entres les individus, d’une famille, d’un couple, de soi, d’une société.

Des liens qui nous tiennent, qui nous étranglent et qui nous retiennent.

Tous sont différents; athée, débridé, père de famille, religieux, artiste libre, veuve ou cérébral et pourtant tous se retrouvent dans un questionnement ininterrompu de leur existence. Ils sont en croissance et en devenir perpétuel. L’on retrouve au tout début de la série un Nate, confiant, libre, rock’n’roll et léger, et à la fin des saisons, il n’aura dans sa quête de la vie et de l’amour finalement, que peu trouvé la quiétude. En revanche, son frère David, impliqué dans la vie religieuse, qui n’assume pas son homosexualité, qui se sent le malaimé de son père, finira par dire à sa sœur Claire dans le tout dernier épisode qu’il est « heureux ». Les trois thèmes récurrents de la série outre la mort (qui reste le fil conducteur), sont la psychologie, l’art et la religion.

D’ordinaire, dans une série, le processus d’identification est assez simple, les personnages évoluent mais restent marqués par leurs traits de caractères qui les rends toujours prévisibles, (froid, enfant gâté, etc). Ici, on prend de chacun. Si d’habitude on veut savoir ce que les personnages font, ce qu’ils veulent et avec qui ils vont être, ici on veut savoir qui ils sont et c’est la toute la nuance de cette série, à mon sens, parfaitement exceptionnelle.

PS : Il se peut que la fin alternative de Six Feet Under ne soit visible que sur MAC ou PC , mais pas sur vos smartphones…


Pour aller plus loin :

Six Feet Under : Les photos de la famille Fisher, au cœur de l’objectif de Claire

https://www.funeraire-info.fr/six-feet-under-la-serie-de-croque-mort-par-excellence-71798/

 

 

Mort d’Olga Pronina, alias Monika9422, la motarde sexy

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Olga Pronina Monika9422

C’est une bien triste nouvelle qui frappe le milieu de la motorotisme, ou de l’érocyclisme : la mort de Olga Pronina, alias Monika9422, star d’internet, qui avait deux passions dans la vie, porter de la lingerie sexy en adoptant des poses lascives, et chevaucher de grosses cylindrées. Jamais, avant elle, personne n’avait su combiner de façon si harmonieuse ces deux passions.

Tragique accident

C’est dans un tragique accident que la star d’Instagram a perdu la vie. Un accident de moto, bien entendu, ce qui n’a rien de surprenant quand on connaissait la passion de Olga Pronina : chevaucher, cheveux au vent, de grosses cylindrées à toute allure.

Pardon : surtout pas les cheveux au vent. Sur toutes les photographies de la star du web, on pouvait voir un casque, qu’elle portait souvent. Un casque, et, il faut le reconnaître, pas grand-chose d’autre.

Parce que, sous le pseudonyme Monika9422, Olga était devenue, sur le réseau Instagram, une star, avec une recette simple : une dose de vêtements inversement proportionnelle à la cylindrée de la moto, et des pose suggestives qui ne poursuivaient qu’un but, mettre en valeur sa carrosserie pour concurrencer celle de la motocyclette.

Ici, une pause est nécessaire : je sens déjà que certains s’offusquent que j’utilise ici un champ lexical légèrement machiste pour qualifier les courbes de Olga Pronina. Mais, une simple consultation de son profil Instagram vous rassurera certainement sur ce point : c’est pas moi qui ait commencé.

Moto : un guidon et deux roues

J’ai toujours eu tendance à casser l’humanité en deux catégories : ceux qui aiment les motos, et ceux qui se lèvent le matin pour aller ramasser les morceaux de motards morts au bord des routes. A la découverte de l’œuvre d’Anna Pronina, dont j’ai appris l’existence à l’occasion de son décès, et dont j’ai dû, par la force des choses, aller consulter les photographies pour m’aider à la rédaction de cette nécrologie, ce qui m’inspire, d’ailleurs, la double réflexion que ce visionnage a quelque chose de malsain, et que cette phrase est sans doute trop longue, donc, j’ai dû ajouter une troisième catégorie : l’érotomane motocycliste.

Olga Pronina n’était, si l’on en croit les hommages, pas qu’une potiche posant sur sa BMW S1000RR. Elle était également une pilote chevronnée, postant des vidéos d’elle réalisant des figures acrobatiques, et coiffeuse dans le civil. Mais c’est surtout pour la partie sexy de son œuvre qu’elle s’est fait connaître. En bikini ou en minuscule robe, guidon bien en main et deux roues entre ses jambes interminables, elle aimait imposer un rythme rapide à son engin tout en se pâmant d’extase.

accident-Olga-Pronina Mort d'Olga Pronina, alias Monika9422, la motarde sexyLa fin de la motarde sexy

Derrière cette histoire qui aurait pu passer pour amusante, se cache un plus sinistre réalité : les photos de l’accident révélant la mot pulvérisée ne laissent aucun doute quand à la violence du choc. Et la femme, âgée d’à peine 40 ans, laisse derrière elle un mari et une fille de 16 ans. L’accident a eu lieu à Vladivostok, ou la motarde sexy vivait. Elle a été tuée sur le coup.

Starlette du web ? Flatterie des plus vils instincts machistes en combinant le sexe et la mécanique pour obtenir rapidement une gloriole superficielle ? Peu importe, au final : Monika9422 était une adulte consentante qui manquera à ses fans amateurs de motos et de jolies filles, et Olga Pronina une femme qui manquera à ses proches.

Replika, l’application qui vous remplace à votre mort

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Replika

Deux entrepreneurs Russes établis en Californie viennent de créer Replika, un moteur d’intelligence artificielle mimétique. Le principe en est très simple : prendre votre place quand vous serez mort, à peu de choses près. Bien entendu, à Funéraire Info, l’idée nous intrigue, mais une choses est sûre : ce n’est pas la première tentative du genre. On a exhumé son lointain ancêtre pour vous…

Replika, sa vie, son œuvre

L’idée de Replika est simple : c’est une application à base d’intelligence artificielle qui vous fait la conversation. Un ChatBot, comme on dit, ou, en langage moins geek et plus français : un robot de conversation, programmé pour être votre ami, et, c’est très important, pour apprendre à votre contact.

L’idée est simple : plus vous conversez avec le robot, plus il apprend à vous connaître, et donc, plus il saura orienter la conversation vers un sens qui vous plaît. Pour enfoncer le clou, l’application demande l’accès à tous vos comptes de réseaux sociaux et analyse vos posts en profondeur. D’accord, vous exclamerez-vous, c’est bluffant, impressionnant, mais en quoi est-ce que ce robot a sa place dans Funéraire Info ?

Et bien, tout simplement, lorsque vous serez mort, ce robot mettra en œuvre tout ce qu’il aura appris de vous, avec une mission simple et claire : prendre votre place auprès de vos amis. Ceux-ci n’auront qu’à télécharger l’application sur leur téléphone ou leur tablette, appeler votre profil, et ils auront l’impression d’échanger des messages chat avec vous.

L’application est conçue pour être une véritable éponge. Vos sujets de prédilection, mais aussi d’agacement, seront assimilés, tout comme vos tics de langage. Techniquement, si vous chargez mon profil, vous pourrez mettre en rogne mon double virtuel rien qu’en utilisant la conjonction de coordination « car », car vous aurez peut-être remarqué que je ne l’utilise jamais, car je trouve ça vraiment moche.

Elle a tout, en tout cas, pour enterrer les cimetières virtuels

Génération startup

Les deux jeunes Russes ont rapidement trouvé des investisseurs intéressés par le potentiel de l’application. Potentiel à double tranchant, vous vous en doutez bien : une si intime connaissance de votre personne ressemble fort à une vraie corne d’abondance pour tous les commerciaux désireux de vous vendre quelque chose.

Ce sont aujourd’hui 20 développeurs qui travaillent sur le logiciel à temps plein. Celui-ci est d’ailleurs téléchargeable, sur Apple IOS ou sur Android, et, comme nous vous l’avons expliqué, est très, très intrusif.

L’interface ressemble à un échange de SMS, pour le côté pratique. Au tout début, vous devrez lui donner un nom, le vôtre, ou un pseudonyme. Ensuite, vous subirez, les premiers temps, un feu roulant de questions pour apprendre à vous connaître. Lampe braquée sur le visage, radiateur, menottes et annuaire des Yvelines en option, sans doute.

Mais à quoi je sers ?

Vous serez, dès lors, en droit de vous demander « Mais à quoi je sers ? » et ce cri de désespoir existentiel ne sera pas si immotivé que cela. En effet, votre vous virtuel mort sera beaucoup, beaucoup plus facile à vivre que le vous réel, vous, quoi, suivez un peu.

Déjà, quand votre vous virtuel sortira avec des amis, ça fera un verre de moins à payer sur la tournée générale. Il est en effet très déconseillé de plonger un smartphone dans un verre, ou de le nourrir avec une purée-saucisses.

Ensuite, et c’est là que c’est le plus grave, votre vieil ami/ennemi, celui d’avec lequel vous êtes inséparables, mais avec qui vous n’êtes jamais d’accord sur rien, aura toujours le dernier mot lors de vos débats enflammés, puisqu’il suffira d’un geste dédaigneux de l’index sur son écran pour vous fermer le clapet. Déloyal, mais efficace.

Et, plus sérieusement : comment voulez-vous faire correctement le deuil de quelqu’un quand il vous suffira de sortir le téléphone de votre poche pour avoir l’impression de parler avec lui ? Surtout qu’à l’origine de l’idée de Replika, il y a un deuil : le meilleur ami de sa créatrice est mort percuté par une voiture à Moscou. Incapable de se passer de lui, elle a commencé à développer un algorithme en s’appuyant sur les milliers de textos qu’ils avaient échangés, leurs conversations sur Facebook, etc. Jusqu’à parvenir à une simulation « plausible » de cet ami décédé, une impression de sa présence immortelle à ses côtés.

Juste une impression, d’ailleurs. Et l’on peut s’interroger sur la part « réelle » de la personnalité du défunt qui subsistera dans ce paquet de bits. Vous avez quatre heures.

Je vous présente Racter

Replika n’est pas le premier logiciel capable de faire la conversation, en réalité. Le premier programme « conversationnel » s’appelait Racter. Les origines de ce programme sont à chercher du côté d’un programmeur, William Chamberlain, qui avait créé un logiciel capable d’écrire un livre. L’ouvrage, premier du genre, s’appelait « The policeman’s beard is half constructed », approximativement « La barbe du policier est à moitié construite », et avait fait grand bruit.

Un éditeur de logiciel, Mindscape, avait saisi tout le potentiel du programme, et en avait édité une version plus « aboutie », capable de converser avec son utilisateur, baptisée « Racter », une abréviation de « character », personnage en anglais.

Le tout… en 1986, sur un Amiga 500. Le logiciel était capable d’apprendre des mots, de poser des questions, et de restituer le tout sous la forme d’une conversation, disons, souvent surréaliste. Le logiciel n’allait pas pomper vos informations sur les réseaux sociaux, à l’époque, pour la simple et bonne raison que tous es créateurs desdits réseaux sociaux étaient occupés à autre chose, comme apprendre à marcher ou à manger proprement.

La prochaine étape est peut-être de vous remplacer par une version virtuelle et améliorée de vous-même. Sans vouloir vous effrayer, quelqu’un, quelque part, est certainement déjà en train d’y travailler.

Isadora Duncan, une mort sur les chapeaux de roues

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Une femme talentueuse, belle, riche, célèbre et élégante, septembre à Nice, sur la promenade des Anglais : Isadora Duncan. Une belle automobile, une promenade luxueuse dans une tenue élégante. Le bonheur, l’insouciance et la certitude d’un avenir heureux. S’il n’y a pas là tous les ingrédients d’une histoire qui se finit mal, selon la loi de Murphy, j’arrête définitivement les tranches de vie !

En voiture, Isadora !

Isadora_Duncan_3-274x300 Isadora Duncan, une mort sur les chapeaux de rouesIl faisait beau, ce 14 septembre, à Nice, et la chaleur de l’été n’était pas encore retombée. Dans la cour d’une maison, une femme admirait une voiture. Ce n’était pas n’importe quelle femme, et ce n’était pas n’importe quelle voiture.

Isadora Duncan, le femme, était danseuse. Plus précisément, une des danseuses les plus célèbres au monde. On considérait qu’elle avait révolutionné la pratique, en intégrant dans son art des figures du classicisme Grec, mettant l’accent sur la beauté et le culte du corps.

Fondatrice de plusieurs écoles de danse, amie de tout ceux que l’art comptait d’important, révolutionnaire, féministe, libre, Isadora Duncan était l’une des grandes femmes de son temps, et la danse contemporaine lui doit, encore aujourd’hui, beaucoup. Isadora Duncan était également amatrice de jolies choses, et riche, ce qui amena la voiture dans sa cour.

Plus précisément, c’est ce qui décida son garagiste, Benoît Falchetto, à se rendre chez elle pour lui montrer cette Amilcar, une petite voiture de sport décapotable. La danseuse était une bonne cliente de Falchetto, à qui elle confiait l’entretien de ses voitures et chez qui elle achetait ses véhicules.

Une belle automobile, toutes options…

Le garagiste savait que la voiture plairait à Mme Duncan, et comptait bien la lui vendre. C’est donc tout naturellement qu’après avoir été ben accueilli, et avoir saisi la lueur dans l’œil de la danseuse à la vue des superbes courbes de l’automobile, qu’il lui proposa de faire un essai.

Isadora Duncan était aussi intrépide qu’enthousiaste, et accepta aussitôt. Alors qu’elle faisait mine de s’installer dans la voiture, le garagiste observa qu’elle était vêtue d’une simple robe légère et d’une grande écharpe blanche. Il lui suggéra donc d’aller s’habiller avec des vêtements qui la protégeraient mieux des courants d’air.

La danseuse refusa gracieusement : le temps était superbe, et elle n’était pas frileuse. Et quel plaisir d’avoir une décapotable, si l’on ne pouvait sentir le vent sur sa peau ?

Le garagiste insista, proposant à Isadora Duncan de lui prêter le blouson en cuir qu’il portait. Après tout, que valait un petit rhume si il lui rapportait une si belle vente ? Mais, encore une fois, Isadora Duncan refusa, et s’installa dans la voiture.

… Y compris les jantes alliage

Amilcar_cgss_sport_06011702-300x225 Isadora Duncan, une mort sur les chapeaux de rouesLe garagiste l’emmena sur la Promenade des Anglais. Il savait que la danseuse était sensible à la beauté du lieu, et qu’il la mettrait dans de bonnes dispositions pour faire un chèque. Sur place, ils croisèrent des amis de la star. Souriante, elle leur lança « Je m’envole vers la gloire ! » et, d’un ample geste, lança derrière elle son long foulard blanc.

Celui-ci voleta un instant derrière elle, avant qu’un souffle de vent, soudain, le rabatte sur le côté de la voiture. En une seconde, l’étoffe se prit dans les rayons de la roue, étranglant violemment la danseuse, écrasant sa gorge, puis, aussi brutalement, l’arrachant à son siège, la projeta violemment sur la chaussée.

Des cris d’effroi résonnèrent sur la Promenade des Anglais, les badauds accoururent, on convoqua un médecin, mais trop tard : Isadora Duncan avait été tuée sur le coup.

Si la roue du destin avait souvent été favorable à Isadora Duncan, la roue de l’automobile lui fut fatale.

Organiser une cérémonie pour un adolescent

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adolescents pompes funèbres deuil

Organiser une cérémonie pour un adolescent est chose compliquée. Outre le contexte tendu, ces morts avant l’âge de vingt ans étant généralement soudaines et imprévisibles, il convient de considérer quelques spécificités. Au premier rang desquels, le fossé des générations.

Le décès

Le décès d’un adolescent, ou d’une adolescente, le masculin l’emporte toujours dans mon Bescherelle, est toujours un drame. On connaît l’adage « Un enfant ne devrait pas mourir avant ses parents ».

Les circonstances d’une mort aussi jeune sont, de plus, rarement considérées, quelles qu’elles soient, comme « acceptables ». Accident, suicide, voire en ces temps troublés, assassinat, sont mis sur le même plan qu’une funeste et implacable maladie, qui, à d’autres âges, permet d’entamer le travail de deuil en amont.

Tout cela pour dire : la famille que vous recevez dans votre bureau est dans un état d’hypersensibilité, de déni, de colère, ou en hébétude. Marchez sur des œufs.

Organiser la cérémonie pour un adolescent

Les parents veulent organiser une cérémonie civile. On ne dira jamais assez trop l’importance de scinder en deux rendez-vous l’organisation « technique » des obsèques (administratif, prise de commande, planification des différents intervenants) et l’organisation cérémonielle (le déroulement de la cérémonie d’hommage proprement dit, et son contenu).

Dans ce cas particulier, c’est d’autant plus important. Ce, pour une simple et bonne raison : le fossé des générations.

Attention aux générations

Parce que les parents viennent souvent avec d’autres adultes, membres de la famille, pour préserver les éventuels frères et sœurs du défunt de toute cette partie fastidieuse. Des personnes de même génération, partageant la même envie de bien faire et la même méconnaissance de l’univers de leurs adolescents.

En effet, cette tranche d’âge est réputée difficile, notamment sur le plan de la communication entre parents et enfants. Tant sur le plan émotionnel, culturel, voire même des codes sociaux, les parents partagent leur toit avec un inconnu qu’ils ont enfanté. Ceci est tout aussi vrai que leur déni : c’est leur enfant, ils le connaissent par cœur. « Je sais ce qu’aimait ma fille » m’a dit un jour un père incapable de faire la différence entre Béyoncé, que sa fille adulait, et Shakira, que l’adolescente détestait.

C’est cela que vous allez devoir expliquer à la famille. En douceur. Pas de phrases toutes faites, ici : utilisez vos propres mots et votre vécu, ce sera plus efficace que de réciter la leçon.

Objectif

L’objectif, ici, est, soit de faire venir la famille avec un adolescent de la même tranche d’âge que le défunt, soit de leur faire comprendre qu’ils doivent discuter avec les amis et camarades de leur défunt ado pour les impliquer dans la réalisation de la cérémonie.

Une cérémonie civile, même si elle est destinée aux survivantx, doit correspondre au défunt. Et c’est cela, également, que vous devrez faire comprendre à la famille. Le Lacrimosa du Requiem de Mozart saura tirer des larmes aux parents et grands-parents, mais poussera ses camarades à se demander le rapport avec l’intéressé.

N’ayez crainte : même si certains morceaux passés aux obsèques sembleront incongrus au moment de l’organisation, une fois dans la salle, dans l’ambiance de la cérémonie, ils évoqueront le souvenir du défunt plus par sa proximité que par leur forme. Peu importe que « Diamonds » de Rihanna (par exemple) soit, finalement, assez rythmée, et peu adaptée, de prime abord, à des obsèques. Ce qui compte, c’est que l’adolescent l’écoutait en boucle, et que ses proches sauront s’en souvenir.

L’objectif des obsèques, gardez le bien à l’esprit, n’est pas de poser une ambiance, mais d’évoquer la mémoire d’un défunt.

Pour résumer : tout est dans l’art et la manière de faire comprendre aux parents qu’ils ne connaissaient pas leur enfant. Encore une fois, si vous n’avez pas le tact nécessaire, changez de métier.

Nous aimerions pouvoir vous dire, en conclusion de cet article, que nous vous souhaitons de ne pas avoir à vous occuper de la mort d’un enfant ou d’un adolescent. Mais ce serait vous faire un faux espoir.

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