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Mourir dans l’ambulance : un tabou sur le dos de l’écologie ?

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morts en ambulance

C’est un message qui nous est parvenu et qui nous a mis la puce à l’oreille : quel est le coût en vies humaines des comportements écologistes des mairies ? Plus précisément de la tendance à chasser les voitures du centre-ville qui se manifeste dans certaines grandes villes et qui fait perdre du temps aux ambulance, paradoxalement ? Un pavé dans la mare : témoignage d’un ambulancier et d’un urbaniste.

Mourir dans l’ambulance : ce qu’on tait

Notre interlocuteur est un ancien ambulancier devenu chauffeur-porteur en pompes funèbres. Il a exercé dans une grande ville, où des règles de circulations ont été établies pour piétonniser certaines rues autrefois très passantes.

« J’ai décidé d’arrêter le métier un jour ou j’ai perdu un patient. Il avait fait un infarctus, et il est décédé juste avant notre arrivée à l’hôpital. Ca arrive, mais ce jour là, ça aurait  pu être évité si on était arrivés un peu plus tôt à l’hôpital. »

Qu’est-ce qui s’est passé ?

« On a été pris dans la circulation, tout simplement. La mairie avait fermé une voie en centre-ville, et la circulation s’était déroutée ailleurs. On étaient sur un périphérique, et, entre l’entrée et la sortie, notre trajet moyen a augmenté en un an, de deux minutes point à point à cette heure. Je reste convaincu que ces deux minutes auraient pu sauver notre patient. »

Mais les autres usagers ne se sont pas écartés ?

« Si. Ce n’est pas le sens civique des gens que je met en cause. Les voitures se sont écartées pour nous laisser passer. Mais plus il y a de bouchons, plus ça met de temps, malgré toute la bonne volonté. »

Et en ville même ? Vous avez accès aux couloirs de bus, par exemple ?

« C’est à peine moins pire. Oui, on a accès aux couloirs de bus, mais aux heures de pointes, ils sont remplis de bus, justement, de taxis, aussi, de resquilleurs parfois. Et puis surtout, il faut faire attention aux vélos. »

Cela toujours été le cas, non ?

« C’est pire dans les villes ou la politique se revendique écologiste. Tout à coup, les cyclistes se prennent pour les rois du pétrole, ils se disent que les pouvoirs publics sont derrière eux. Ils partent du principe que c’est à l’environnement de s’adapter à eux, et pas l’inverse. Donc, ils ne font pas attention aux autres véhicules, même si c’est une ambulance qui transporte un patient en urgence absolue. »

Cela arrive souvent ?

« De plus en plus souvent, dans les grandes agglomérations. Je connais tout un tas de collègues qui ont une histoire à raconter sur un patient qu’ils auraient pu sauver à une ou deux minutes près. Mais on n’en parle pas. C’est tabou. »

L’avis de l’urbaniste

Julien travaille dans l’urbanisme. Il répond à nos questions.

« L’idée était de développer le covoiturage, les transports en commun, et de limiter la circulation en centre-ville. »

Et ça n’a pas fonctionné ?

« Non, parce qu’il y a une équation simple : plus la ville est grande et attractive, plus les loyers y sont chers, plus les gens habitent loin, moins ils ont accès aux transports en commun, plus ils sont éloignés les uns des autres. Donc, soit ils changent de boulot, soit ils prennent leur voiture, c’est aussi simple que ça. »

Et les ambulances là dedans ?

« Lorsqu’une grande ville ferme une partie du centre-ville à la circulation, celle-ci ne baisse pas en proportion, mais une part non négligeable se déplace sur d’autres axes, ce qui augmente la densité de voitures, et, par conséquents, la taille des bouchons. Et tout ambulancier vous le dira : dans les bouchons, ça passe, mais moins vite ».

L’ambulancier dont nous vous avons fait lire l’interview semble dire que les politiques des villes sans voitures tuent des gens. Est-ce un constat aussi dans les services d’urbanisme ?

« Je serais prudent. On entend des bruits sur le fait que le nombre de décès au cours des transports en ambulance augmenterait, mais il y a une véritable loi du silence là-dessus. Une chose est sûre : dans les grandes agglomérations qui ont fermé des axes de circulation, le temps moyen de transport en ambulance en urgence a augmenté de dix pour cent. En moyenne, ça représente une ou deux minutes en plus. Et quand le patient est en état d’urgence absolue, on est à deux minutes près. »

Aller plus loin :

Transport de corps

Rave party avant l’heure, la danse mortelle de Strasbourg

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danse la peste dansante, gravure de Hendrick Hondius

Certains, aujourd’hui, ricanent en voyant des « teufeurs » danser non stop, parfois plusieurs jours durant, dans les raves party, d’autres se posant la question des effets sur la santé de cette frénésie ; Et bien, ils sont largement battus par une flashmob, qui eut lieu à Strasbourg, et qui fit plusieurs dizaines de morts. Détail : c’était en 1518…

Ce 14 juillet 1518, à Strasbourg, alors que Frau Tofea se promène dans les rues de Strasbourg, elle commence à se trémousser. Doucement, d’abord, puis de plus en plus fort, jusqu’à se retrouver en train de danser de façon frénétique au beau milieu de la rue, sous les yeux interloqués de son mari et des passants.

Frau Tofea restait indifférente à tout. Elle ingurgitait nourriture et boissons que son mari, résigné, lui tendait, et, de temps à autre, s’effondrait au sol pour y faire une petite sieste. A peine réveillée, elle sautait sur ses pieds et reprenait sa danse. Le corps tordu, les pieds en sang, elle semblait possédée, ignorant jusqu’à sa propre souffrance.

Les curieux s’avisèrent d’un mouvement, non loin : un second danseur s’était joint à la danse, le visage fermé. Puis un autre, et encore un autre… En une semaine, trente quatre personnes s’étaient ainsi jointent au mouvement, et 400 au bout d’un mois.

Ce n’était pas une danse joyeuse : le visage tordu par la souffrance, certains semblaient un instant prendre le dessus sur leur frénésie, et appelaient à l’aide, avant qu’à nouveau leur visage ne se crispe et qu’ils reprennent leurs gesticulations, les yeux levés au ciel, comme en transe.

Au bout de quelques jours, la nouvelle parvint aux nobles locaux, qui vinrent constater par eux-même, puis appelèrent le clergé à la rescousse, qui vint constater par lui-même, et, derechef, tous de concert se retournèrent vers les médecins. Ces derniers restèrent un instant contempler le spectacle, pensifs, avant, après un court conciliabule, de décréter : « C’est une maladie naturelle, simplement provoquée par un sang trop chaud. »

Fallait-il faire une saignée, comme le prescrivait la médecine de l’époque ? « Pas du tout » professèrent les doctes toubibs, « le phénomène s’arrêtera de lui-même une fois que le corps des danseurs aura rétabli la température naturelle de son sang et évacué les humeurs ».

Personne en se pencha sur le cas de Frau Tofea, le « patient zéro ». Laquelle Frau finit par s’effondrer et ne pas se relever au bout de six jours. Transportée chez elle, elle finit par se remettre, mais resta diminuée, sans jamais parvenir à expliquer ce qui lui était arrivé.

Qu’à cela ne tienne, décidèrent alors les autorités. Ils veulent danser ? Qu’ils dansent donc ! Les officiels firent alors dégager la zone, aménagèrent une estrade, donnèrent l’autorisation pour qu’un marché s’installe autour, et convoquèrent même un orchestre pour accompagner les danseurs. Gardons en tête que, dans leur esprit, tout cela était censé aider les victimes.

On ignore combien de danseurs allèrent jusqu’à la mort. Certains disent vingt, d’autres jusqu’à deux cent. Ce qui est certain, c’est qu’au bout d’un mois, le phénomène décrut rapidement, alors que 400 danseurs s’agitaient frénétiquement, et qu’en quelques jours, toute mention du phénomène cessa dans les annales locale.

Pendant 500 ans, on a cherché une explication : frénésie religieuse, rituel hérétique, hallucinations causées par l’ergot de seigle, épidémie mystérieuse, à ce jour, tout a été envisagé, sans qu’aucune explication ne soit retenue comme étant probable.

Il y a eu d’autres « épidémies », mais aucune de cette ampleur. Un autre phénomène du genre a été signalé en Afrique en 1860, mais, curieusement, la danse mortelle de Strasbourg en 1518 reste la mieux documentée : on en trouve trace dans les correspondances, et même des sermons de prêtres. Mais les questions laissées en suspens sont plus nombreuses que les réponses.

Les mots de la fin de Catherine Guennec : les dernières paroles surprenantes

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les mots de la fin catherine guennec

Dans « Les mots de la fin », Catherine Guennec propose de découvrir 200 dernières paroles de personnalités, célèbres ou un peu moins célèbres. Mais loin de se contenter d’une énumération amusante, l’auteure les replace chacunes dans leur contexte. Drôles, émouvantes ou cryptiques, Catherine Guennec les feuillette pour Funéraire Info.

De quoi ça parle ?

« Au commencement était le verbe… à la fin aussi !

Ce « dictionnaire des derniers mots » vous propose plus de 200 adieux remarquables. Les grands noms s’y bousculent : écrivains, scientifiques, hommes politiques, artistes… Catherine Guennec a enquêté, exhumé et récolté avec minutie leurs mots ultimes. 

Tendres, résignés, courageux, insolites, poétiques, énigmatiques, angoissés, théâtraux, parfois même silencieux… Derrière le « mot de la fin » peut se cacher le secret d’une vie. »

Encore une compilation de dernières paroles ? Oui, mais là ou certains s’arrêtent, Catherine Guennec ne fait que commencer. Pour l’auteure, les dernières paroles ne sont rien si elles ne sont pas contextualisées. Et le livre se révèle, en la matière, un travail de recherches colossal.

Fidèles et apocryphes

Le livre propose un choix très important de derniers mots et de personnalités, est-ce que tout y est ? Catherine Guennec sourit « Oh non, j’ai largement de quoi faire un deuxième tome ! Il y a eu des choix à faire, parmi ces 200 personnalités »

Sur quels critères avez-vous fait ces choix ? « Il y a une part d’incontournable, et d’autres moins connus mais qui présentent un intérêt certain, et que j’ai contextualisés pour expliquer qui ils étaient, à quelle époque ils vivaient, et comment ils sont morts. Les conditions dans lesquelles on prononce ses dernières paroles ont leur importance ».

Certaines formules sont très recherchées, pensez-vous que certains aient préparés leurs derniers mots ? « Peut être que certaines personnes ont préparé des dernières paroles, mais je crois que le moment de la mort est tellement surprenant, et tellement spontané, qu’on ne pense pas, dans ces moments là, à réciter une formule préparée de longue date. »

Un livre de spécialiste pour tous

D’autres sont elles apocryphes ? « C‘est aussi une éventualité, non pas que les dernières paroles aient été inventées, mais un peu modifiées, enrichies. Pas dans de mauvaises intentions, néanmoins, les souvenirs embellissent, et certains ont pu se tromper de bonne foi ».

Le contexte est important « Oui. Pour situer certains personnages dans leur temps, ou pour contextualiser les conditions dans lesquelles les derniers mots ont été prononcés et leur sens. Prenez un exemple connu, celui de Michael Jackson, dont les derniers mots ont été « Je veux encore du lait », la phrase prend tout son sens lorsqu’on sait que c’était le surnom du médicament qui l’a tué, du fait de sa couleur ».

La conversation a porté sur beaucoup de ces derniers mots, mais, après réflexion, l’auteur du présent article préfère vous laisser les découvrir vous-même : le livre est un pur bonheur.

Il faut dire que Catherine Guennec n’est pas la première venue : romancière, son premier roman, « Le modiste de la reine », un best seller, a été très remarqué, historienne, elle a sorti de nombreux livres sur l’origine des mots et expression, notamment « L’argot pour les nuls » aux Editions First. En un mot : une habituée des livres de référence, et « Les mots de la fin » ne fait pas exception à la règle.

« Les mots de la fin » de Catherine Guennec,

éditions de l’Opportun, 12,90 euros (papier) ou 7,99 euros (e-book)

Trouvez-le ici

La nature assassine : La canicule de 2003

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Les volcans, les glaciers, le vent ou les océans lorsque la nature tremble ou se déchaine, non seulement elle entraine tout sur son passage mais elle est aussi très impressionnante. Parfois c’est plus sournois, discret, silencieux. Parfois la nature nous renvoie notre propre irresponsabilité comme un boomerang. Mais un boomerang mortel. C’est ce qui s’est passé en 2003, lorsque la canicule s’est abattue sur l’Europe.

La canicule exceptionnelle de 2003 est causée par une circulation atmosphérique d’altitude complètement bloquée. Un anticyclone se détache du flux, circulant normalement d’ouest en est par un puissant flux ininterrompu d’air très chaud et très sec remontant directement du Maghreb et d’Afrique du Nord sur l’Europe. Tout cela a eu pour conséquence des températures estivales exceptionnellement élevées sur la plupart de l’Europe de l’Ouest. Un système dépressionnaire prenait en tenaille cet anticyclone et à empêché par la même la formation de nuages. L’absence de vent et de nuit, qui sont des phénomènes familiers sont venus renforcer cet état. Ainsi le faible renouvellement de l’air est à l’origine d’un pic de pollution au dioxyde d’azote.

La canicule européenne de 2003 est un événement climatique exceptionnelle survenu de juin à août 2003.  De nombreux records de température sont enregistrés dans toute l’Europe et notamment en France. Les températures atteignent à certains endroits déjà 30 °C fin avril. Dans certains pays, comme la France les conséquences sur les écosystèmes et la population provoquent une crise politique. Dans la plupart des stations météorologiques, le mercure a atteint ou dépassé 40 °C.

Selon Météo-France, « cette période de canicule dépasse de très loin tout ce qui a été connu depuis 1873 par son intensité et sa longueur tant au niveau des températures minimales, maximales que moyennes ».

Différentes sources (Inserm, Insee, INED) comptabilisent environ 15 000 décès en sus durant les deux premières semaines d’août.

Ce sont majoritairement chez les personnes âgées qui sont touchées, représentant déjà la majeure partie des décès en période habituelle. Le groupe d’âge le plus atteint est celui des plus de 75 ans.

Polémique : le gouvernement a d’abord annoncé 3 000, puis 5 000 décès, et les projections par les entreprises de pompes funèbres ont fait état d’une surmortalité de 10 400 morts.

Selon une première estimation de l’Institut de veille sanitaire (InVS) la canicule a fait 11 435 morts du 1er au 15 août.

Le 25 septembre on en dénombre 14 802.

Les chambres mortuaires sont saturées. Un hangar réfrigéré du marché international de Rungis, est mis à disposition afin d’y entreposer temporairement les corps des défunts. À la date du 24 août, en région Parisienne, ce sont encore 300 corps non réclamés par les familles qui attendent une inhumation.

Les hôpitaux sont débordés et sonnent le signal d’alarme. Mais c’est trop tard pour l’État qui a sous estimé le problème et qui est vite pointé du doigt. Le 3 septembre 2003, 57 victimes parisiennes de la vague de chaleur n’ont pas été réclamées par des proches sont inhumés . Jacques Chirac qui nie la responsabilité de l’exécutif et Bertrand Delanoë assistent à la cérémonie.

En Europe la France arrive deuxième juste après l’Italie – 20 000 morts- dans le nombre de décès lié à la canicule.

C’est la première fois que l’espérance de vie recule.

Quatre ans après en mars 2007, le nombre de décès du fait de la canicule 2003 s’élève à 19 490 en France et à 20 089 en Italie ; pour l’ensemble de l’Europe, il est de l’ordre de 70 000.

Depuis des plans d’urgence ont été mis en place car les décès exceptionnellement élevés liés à la canicule sont le fait non seulement du climat mais aussi de la gestion socio-politique qui s’en est suivi. Personne n’oublie cette année là où les pompes funèbres ont du faire face à une urgence et un drame humain.

La nature assassine : Quand l’Italie tremble

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Le feu, l’eau, la terre aujourd’hui. Suite de la chronique consacrée à la nature assassine. Chronologiquement c’est l’événement le plus proche de nous puisqu’il s’est produit cet été, au mois d’août, en Italie. Un séisme puissant et destructeur puisqu’il a causé la mort de 298 personnes.

Où cela a eu lieu ?

Le séisme a eu lieu à 150 km au nord-est de Rome, et son épicentre est situé au Sud-Est de l’Ombrie. Mais l’amplitude est telle que le phénomène est ressenti jusque dans les Marches, le Latium et même à Rome.

Que s’est-il passé ?

Le 24 août, à 01h36, une première secousse a lieu d’une magnitude de 6,2. L’épicentre se situe alors dans la province de Rieti dans la région du Latium. Cette secousse a duré 138 secondes soit plus de deux minutes. Dans la nuit d’autres secousses ont lieues dont certaines iront jusqu’à une magnitude de 4. Puis une autre de 5,3 enregistrée à Norcia dans la province de Pérouse. En une seule journée, on enregistre plus de 300 répliques dont plus de 55 supérieure à 3.

Pourquoi ?

D’après le sismologue Bernard Pascal, ce séisme a été provoqué par « l’étirement » de la chaîne de montagnes des Apennins : « Il s’agit d’un séisme typique de la région. En effet, cette chaîne de montagnes des Apennins parcoure l’Italie du nord au sud et elle est en train de s’étirer. En se fracturant elle provoque ce genre de séisme. C’est d’ailleurs les mêmes raisons qui avaient provoqué le séisme de l’Aquila en 2009 causant la mort de 308 morts.     

Les conséquences

Selon le bilan au 27 septembre 2016, le nombre de victimes s’élève à 298 morts. Le tremblement de terre est l’un des plus meurtriers de ces dernières années en Italie. Environ 1 500 personnes ont été évacuées, et on compte des centaines de blessés.

La zone la plus touchée est celle aux confins du Latium, de l’Ombrie et des Marches. Les dégâts les plus importants ont été constatés à Arquata del Tronto (50 morts), ainsi qu’à Amatrice (234 morts) et Accumoli (11 morts), dans le Latium.

 Amatrice, située à une quarantaine de kilomètres de l’épicentre, le maire de la commune, cité par Rai News, estime que « la moitié du village n’existe plus16 ».

215 personnes ont été extraites vivantes des décombres par les pompiers et 23 par les secours en montagne, 388 blessés ont été hospitalisés19.

La presse en a parlé :

Le Parisien, Le Monde,  L’Obs.

Attentat de Paris : Dis-moi, comment tu t’appelles ?

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Tic, tac. Un an…Certains détestent fêter leurs anniversaires, mais pour certains, c’est justifié. Tu es mort(e) à Paris, il y a un an dans un attentat. Aucune bougie ne s’éteindra, au contraire, elle s’allumera. Je m’assoie à mon bureau, Raconte-moi, dis-moi…Comment tu t’appelles ?

Nous sommes Marie et Mathias, nous avons 23 ans. Amoureux, Lorrains, Morts, ce sont les trois mots qui résument le mieux notre état depuis un an dans les journaux. Notre photo a fait le tour du monde. Ce week-end un concert est organisé à Metz, par notre famille, nos amis, des artistes.

Je m’appelle Lola, j’ai 28 ans et je suis éditrice. C’est mon père qui parle le mieux de moi. Il n’oublie pas, il ne m’oublie pas. Comment le pourrait-il ? Je fais du roller derby dans une équipe parisienne. Joyeuse de nature, j’adore la musique, je suis morte au Bataclan.

Je m’appelle Djamila, j’ai 41 ans, j’ai une petite fille de 9 ans maintenant. Nous avons une petite fille de 9 ans. Parce que oui, je suis morte dans les bras de mon mari, propriétaire du restaurant où j’ai été assassiné sur la terrasse.

Je m’appelle Jean-Jacques, j’ai 68 ans. Je suis complètement fan de rock. J’ai deux enfants et je suis même grand-père, passionné, je suis mort au Bataclan.

Je m’appelle Kheireddine, j’ai 29 ans et je suis violoniste mais tout le monde m’appelle Didine. J’habite un quartier de Paris où j’ai survécu au terrorisme depuis près de 10 ans. « Didine » est mort comme ça en pleine rue, après une soirée.

Je m’appelle Thierry, j’ai 36 ans et je suis policier, sous-brigadier. J’ai deux enfants. Je ne suis pas mort en service même si pendant tout le cours de mon exercice j’ai dû faire attention. Ce soir là je fêtais l’anniversaire de ma compagne au restaurant de Gregory le mari de Djamila.

Je m’appelle Caroline, j’ai 24 ans, je venais juste de m’installer à Paris. Je suis morte au Bataclan en souriant à mon amie, je suis une des premières à être tombée et à ne m’être jamais relevée.

Je m’appelle…Je m’appelle la haine il paraît, mais en réalité, je m’appelle la joie, la culture, la musique, la fête, la passion et l’amour. C’est comme ça que j’ai passé mes dernières heures, mes dernières minutes, des sourires plein le cœur, en écoutant de la musique, avec mes amis, ou dans les bras de ceux que j’aime.

Je m’appelle Sarah, j’ai 29 ans, deux enfants. Je vais bien, en tout cas bien mieux que Gregory le mari de Djamila, bien mieux que le père de Lola, bien mieux que la compagne de Thierry. Je suis au chaud, à mon bureau, je vous écris, j’imagine, je spécule, j’extrapole. Peut-être qu’un jour c’est moi qui mourrais dans un attentat, peut-être que ça sera toi. Peut-être qu’un jour on m’enlèvera mes enfants à une soirée, à un concert, dans une école, en pleine rue, en voyage. Peut-être qu’un jour c’est ma famille qui pleurera ou c’est la tienne qui hurlera. « Peut-être qu’un jour, nous mourrons dans un attentat » est aussi vivace dans notre esprit qu’« Un jour nous ferons le tour du monde ».

Aucun dieu ne m’aidera, aucun média n’apaisera mes proches, aucune couronne de fleurs ne me rappellera, aucun hommage ne suffira.

Mais pour l’instant, je m’appelle Sarah, j’ai 29 ans, deux enfants, je vous écris du côté de la vie, du côté de l’amour, du côté de l’espoir, du côté de demain.

 

Le mystère des disparus de Facebook résolu dans l’horreur

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Todd Kohlhepp, suspect dans l'enlèvement de Kala Brown

Quand la réalité est pire que la fiction. Il y a quelques semaines, je vous racontai l’histoire de ce couple d’américains mystérieusement disparus, mais qui continuait à communiquer via Facebook. La jeune femme a été retrouvée, retenue par un prédateur sexuel qui pourrait être un tueur en série…

Nous vous avions parlé de Charlie Carver et Kala Brown, un couple d’américains disparus. Signe particulier : alors que plus personne ne les avait revus depuis deux mois, leur compte Facebook restait actif, postant des messages, assurant qu’ils allaient bien, discutant même en privé avec certains, entre réponses évasives et messages mystérieux et inquiétants.

L’affaire a connu un développement tout à fait incroyable, impliquant un tueur en série potentiel. On vous dit tout.

Descente de police

Tout commence par une descente de police chez un délinquant sexuel. Plus précisément, la police du comté de Spartanburg était descendue chez Todd Kohlhepp dans le cadre d’un mandat de perquisition. En effet, si les policiers américains étaient restés curieusement silencieux sur cette affaire, c’était pour mener leur enquête sans inquiéter les kidnappeurs éventuels.

A l’origine, des informations avaient simplement laissé penser la police que Kohlhepp pouvait être impliqué dans l’enlèvement.

Une fois sur place, les policiers étaient en train de fouiller la propriété lorsque des sons en provenance d’un container en acier ont attiré leur attention. Aussitôt, le container a été ouvert. A l’intérieur, Kala Brown, « enchaînée comme un chien » a déclaré le shériff du comté.

Kala mais pas Charlie

La jeune femme aurait, d’après les premières constatations de la police, été retenue enchaînée dans ce container depuis deux mois, soit immédiatement après son enlèvement. La voiture du couple a également été découverte sur le terrain appartenant au suspect. Nulle trace en revanche de Charlie.

Kala Brown a réussi à indiquer à la police qu’elle avait vu Kohlhepp transporter quatre corps humains. La police fouille toujours la propriété à leur recherche actuellement mais n’a pas donné plus de détails.

Le shériff du comté d’Anderson, en Caroline du Sud, a néanmoins indiqué que Kala et Charlie avaient été victimes d’un tueur en série.

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Les chiens chercheurs de cadavre sont en pleine action sur la propriété de Todd Kohlhepp (photo : capture d’écran You Tube)

Un profil inquiétant

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Todd Kohlhepp présente un profil inquiétant. Condamné à l’âge de 14 ans pour viol, il purge une peine de 15 ans de prison, dont il ressort en 2001.

Les rapports de psychiatres démontrent que, dès 9 ans, l’enfant avait été suivi. En cause, des comportements violents envers les autres enfants, une obsessions sexuelle précoce, et des faits avérés de sadisme sur les animaux. Durant sa détention, il avait fait une demande de liberté conditionnelle qui lui avait été refusée suite à un avis psychiatrique extrêmement défavorable.

Le rapport de sortie de sa détention précisait que Kohlhepp était obsédé, égoïste, sans aucune empathie. Le profil d’un tueur en série idéal, se dit on avec le recul.

Kala Brown est hospitalisée pour se remettre de ses deux mois de détention dans des conditions inhumaines. Charlie Carver est toujours porté disparu, sans qu’aucune trace de lui n’ait pour l’instant été retrouvée. Todd Kohlhepp s’est muré dans le silence.

Il y aurait, à l’heure ou j’écris cet article, entre 50 et 100 tueurs en série en activité rien qu’aux Etats-Unis.

Superbactéries résistante aux antibiotiques : 700 000 morts par an

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Analyse des superbactéries

Pour la première fois, les dirigeants du monde lors de l’assemblée générale de l’ONU qui se tient à New York vont se pencher sur le problème des superbactéries résistantes aux antimicrobiens qui causent 700 000 morts par an selon l’OMS.

Une réunion en marge de cette manifestation se tiendra en présence des dirigeants du monde entier et sous l’égide de l’OMS, afin d’évoquer les questions de santé et surtout sur le phénomène des superbactéries résistantes aux antibiotiques, causant jusqu’ici de nombreuses morts.

Les maladies comme les maladies sexuellement transmissibles ou encore la tuberculose sont devenue extrêmement difficile à soigner à cause de ces superbactéries. La maladie persiste et le risque de décès augmente, car les médicaments habituels ne peuvent plus traités efficacement les infections causées par des micro-organismes résistants.

Cette réunion vise non seulement à encourager les autres traitements, mais aussi à proposer un texte qui permet de renforcer l’encadrement des antibiotiques. Cette résistance ne touche que les maladies causées par une bactérie et donc les antibiotiques, mais également les infections causées par un parasite ou un virus. Raison pour laquelle cette résistance est, pour les patients atteints de tuberculose et de MST, particulièrement dangereuse.

L’Organisation mondiale de la santé, en évoquant un risque sanitaire réel, a tiré la sonnette d’alarme sur ce sujet qui est déjà au cœur de nombreuses communications. Comme Keiji Fukuda, le Représentant spécial du Directeur général de l’OMS pour la résistance aux antimicrobiens, a rappelé en 2015 que la résistance aux antimicrobiens est devenue pour la santé mondiale, l’une des plus graves menaces des temps modernes.

D’après une récente étude britannique, le développement croissant de ces superbactéries résistantes d’ici 2050, pourrait tuer 10 millions de personnes.

Afin de comprendre ce phénomène, le directeur de l’unité d’écologie et l’évolution de la résistance aux antibiotiques à l’Institut Pasteur, Philippe Glaser qui, après avoir été interrogé a évoqué qu’au sein d’une population de bactéries, ces capacités de résistance peuvent être accentuées à cause de l’usage excessif d’antibiotiques.

Le monument aux morts de Froeningen, un chef-d’œuvre de l’art naïf

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Le monument aux morts de Froeningen

Froeningen, qui se trouve sur la 2e ligne allemande lors de la 1ere Guerre mondiale, est un petit village du Sundgau possédant un monument aux morts qui est décoré de tessons de vaisselle.

Ce chef-d’œuvre de l’art naïf, ce monument aux morts que le curé de la paroisse St Barbe, durant 1919 à 1927, l’abbé Auguste Ebenrecht a créé dans les années 1920, vient d’être restauré en recouvrant son aspect originel, coloré et joyeux.

C’est suivant le plan et à l’initiative du curé de la paroisse que le monument aux morts fut bâtit. Il l’a construit comme étant le profond attachement à la mère patrie et l’expression de la piété populaire. C’est avec des matériaux de récupération déblayés des maisons après la rentrée de l’exil et surtout des miroirs, des débris de vaisselle, de verres entre autres que le monument a été construit. Ce qui a valu à ce mémorial extraordinaire, qui est le témoin de l’histoire sombre de l’Alsace, le sobriquet de « Kaffeeschessaladankmal ».

Tout le village s’était mobilisé, sous l’ardeur de l’abbé Auguste Ebenrecht, pour apporter les matériaux de récupération comme de verre, de miroirs ou des débris de vaisselle retrouvés dans les maisons détruites durant la 1ere Guerre mondiale, destinée à composer la mosaïque.

Ce monument aux morts, inauguré en 1921, dont le centre est constitué du thème traditionnel de la crucifixion du Christ, porte les stèles commémorant les 34 civils qui sont morts, principalement de la grippe espagnole, pendant leur exil forcé et également les 24 soldats, enfants du village qui sont tombés au front.

C’est grâce au mécénat populaire, après un partenariat relié avec la Fondation du Patrimoine que ce monument qui est la propriété de l’AMF (association du monument aux morts de Froeningen) a été restauré à plusieurs reprises et sauvé au début des années 1990, de la destruction.

Ouverture du congrès annuel des thanatologues au grand public à Québec

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Congrès annuel de la Corporation des thanatologues du Québec

Dans le cadre de son congrès annuel, la CTQ (Corporation des thanatologues du Québec) n’a lésiné sur les moyens afin de démystifier le monde des morts.

Des chambres mortuaires d’époque lointaine ou un corbillard de Ghostbusters entre autres, sont parmi les moyens que la Corporation des thanatologues du Québec a déployé. Investissement qui a bien fonctionné, car pour la première journée du dimanche, pas moins de 700 personnes ont franchi les tourniquets du Centre des congrès de Lévis.

Selon la présidente du congrès, Valérie Garneau, en 2016, le domaine funéraire est encore rempli de préjugés. La Corporation des thanatologues du Québec a donc choisi pour son 60e anniversaire d’y aller avec cette exposition engagée. Elle a souligné que le travail avec la mort est un sujet dont les gens n’ont pas envie de parler. En tant qu’entreprise, a-t-elle expliqué, en souhaitant ainsi démystifier cette réalité, ils ont leur côté avide, et que finalement, ils se retrouvent avec deux aspects que personne n’a pas vraiment envie d’aborder.

Néanmoins, Valérie Garneau croit que les mentalités envers les thanatologues changent de plus en plus et que pour mieux faire connaître la profession, ces genres d’exposition sont importants. D’après elle, il y a un côté mercantile dans leur travail, mais les thanatologues sont là pour voir à des solutions face au deuil et aider les gens, car ça ne sert à rien de s’endetter pour les funérailles qui sont un moment à passer.

Depuis de nombreuses années, la profession a beaucoup changé, concède Garneau, qui depuis qu’elle est toute jeune, a travaillé dans le domaine. C’est de la popularisation de la crémation, d’après elle, que viennent les plus grands changements.

Elle a souligné que le coût des funérailles a beaucoup baissé avec la crémation, car en ajoutant le prix du cercueil, le coût s’approche de 8 000 $ alors que le coût moyen des funérailles est aux alentours de 5 000 $.