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Octobre 1915 : catastrophe meurtrière en plein Paris

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(capture site paristreizième.fr. journal Le petit parisien)

C’est au cimetière parisien du Père Lachaise, une stèle aujourd’hui peu lisible, une tombe municipale envahie de plantes sauvages. Celle renfermant les restes des victimes inconnues de l’explosion de la rue de Tolbiac. Ultime témoignage d’une incroyable catastrophe industrielle en plein Paris, il y a tout juste un siècle.

Tolbiac-225x300 Octobre 1915 : catastrophe meurtrière en plein ParisCette sépulture, creusée près de celles de victimes des bombardements de la Grande guerre, tombe dans l’oubli. Il ne reste rien non plus de l’usine de fabrication de grenades Billant qui tua 57 personnes au 174 de la rue, blessant une centaine d’autres, dévastant le quartier le 20 octobre 1915 peu après 14 heures.

Dans l’actuel XIIIe arrondissement de la capitale, l’ingénieur mécanicien Louis Billant, spécialiste d’instruments de précision, avait pu étendre sa petite usine au terrain vague adjacent. L’homme, un an après le déclenchement de la guerre, avait été sollicité par l’armée. But : fabriquer des grenades à la va-vite pour alimenter les soldats au front.

Ayant conçu une bien belle arme, il lança la production en grand. Certes, de précédentes et meurtrières explosions dans Paris avaient alerté. Aussi, des précautions avaient été prises rue de Tolbiac. La quantité d’explosifs stockée sur place était limitée, les magasins étaient séparés, les ateliers aussi. Douze baraquements. Et les grenades prêtes étaient enlevées régulièrement.

Mais la guerre réclamait encore, toujours plus de munitions. Et le 20 octobre 1915 se trouvaient entreposés dans l’usine au moins trois fois plus de grenades qu’autorisées. Les journaux de l’époque racontent que des ouvriers installaient des caisses d d’explosifs sur un camion. Soudain, l’une tombe, provoquant la déflagration et l’embrasement des autres. Les riverains ont entendu deux explosions, vu un épais nuage de fumée noire s’élever. Le souffle est ressenti à 500 mètres de là, arrachant portes, volets, toits des habitations alentours, abattant les murs. Dans les cris, on tente de se protéger en fuyant à l’aveugle. Des corps disloqués volent.

Très vite, une centaine de pompiers affluent. Douze lances aspergent le sinistre, rapporte la presse. Il faut empêcher que les flammes n’atteignent d’autres bâtiments à poudre. Les secouristes gagnent chaque mètre au milieu des grenades qui explosent, blessant, mutilant les hommes, qui doivent reculer. De ce champ de bataille, il faut retirer blessés et morts. Des femmes surtout, ouvrières, des militaires aussi, enfouis sous les décombres.

Dans l’après-midi, le président de la République Raymond Poincaré visite les lieux. Il se rend ensuite dans les hôpitaux. A la morgue, le lendemain, on cherche à identifier des corps carbonisés, méconnaissables, pas toujours entiers. Le préfet et l’assistance publique distribuent des aides d’urgence. Le quartier n’est plus qu’un vaste champ de ruines. Mais le front se rapproche de Paris, et déjà la production doit reprendre. L’ingénieur Billant poursuivra alors sa fabrication d’explosifs sur un nouveau site moins exposé, dans le Cher.

 

Pour Halloween, dormir une nuit dans les catacombes

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Frissons garantis pour les gagnants de ce concours. Publicité assurée pour le site Airbnb de partage de logements. Le gros lot, à l’occasion d’Halloween : dormir une nuit pour deux dans les catacombes parisiennes, mais pas seuls. Six millions de morts y reposent. Ambiance garantie à 20 mètres sous terre.

Pour ce concours, ouvert jusqu’au 20 octobre sur le site internet de l’opérateur, il faudra non seulement s’inscrire, mais argumenter et convaincre sur sa motivation. De quoi s’épancher sur sa soif d’aventure. Il faut dire qu’il y a tout sur place pour se fabriquer de beaux cauchemars.

D’autant que la mise en condition est prévue. La nuit (du 31 octobre au 1er novembre) s’agrémentera d’une visite guidée des lieux, entre crânes et tibias entrelacés à l’infini dans de sombres corridors humides, « d’histoires à glacer le sang », d’une « expérience culinaire hors du commun tout en écoutant, sous terre, un concert privé dans un endroit à l’acoustique des plus remarquables », promet Airbnb. Au bout de cette nuit-là, où le lauréat « sera le seul à se réveiller », le site agite la romantique promesse d’un lever de soleil frisquet mais bien tranquille. Sans qu’un voisin ne vienne le troubler.

Cette expérience inhabituelle est organisée avec l’établissement public « Paris Musées » (qui gère les 14 musées municipaux). Il assure notamment la sécurité de l’ossuaire, installé dans d’anciennes carrières à la fin du XVIIIe siècle pour des raisons d’hygiène. Le lieu se trouvait alors en dehors des murs de Paris. On y avait transporté les corps des cimetières anciens. S’y trouvent notamment, noyés dans la multitude, les ossements de Colbert, Rabelais, Racine, Pascal, Lully, des révolutionnaires Marat, Camille Desmoulins, Danton, Robespierre. Quelque 300.000 visiteurs y passent chaque année, au départ de la place Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement).

Quant à la plateforme de partage de logements, habitués des coups de pub et des lieux insolites (cabanes dans les arbres, phares), elle proposait l’an dernier à ses utilisateur de gagner en août une nuit dans un magasin Ikea de Sydney (Australie), en octobre une nuit au château de Chenonceau (vallée de la Loire), en novembre dans un avion à l’aéroport d’Amsterdam, et en janvier dernier d’aller dormir à Courchevel dans une télécabine aménagée à 2.700 mètres d’altitude. Deux lits doubles avec vin chaud et repas savoyard. Mais avec interdiction de sortir étendre son linge sur le câble de la télécabine.

Père Lachaise : ballade accélérée en noir et blanc

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(capture Facebook)

Voilà une bien jolie mais courte promenade dans les allées tortueuses du cimetière du Père Lachaise, à Paris. Celle filmée en noir et blanc par Mathieu Stern, formateur numérique et réalisateur de web-séries et de web-documentaires notamment, et mise en ligne début septembre.

Sa spécificité : la durée (deux minutes) et des images accélérées puis freinées. Comme chaloupées entre des gros plans de statues expressives et une folle course sinueuse entre deux rangées de chapelles. L’atmosphère du Père Lachaise et son million d’hôtes, cimetière le plus visité de la capitale, labyrinthe accidenté, s’y prête très bien. Les nuages défilent derrière des monuments immobiles, qui soudain semblent s’animer par un effet d’empilement rapides de gros plans. La musique d’accompagnement choisie est signée du pianiste et compositeur italien Ludovico Einaudi, grand pourvoyeur pour la publicité et le cinéma.

Déjà auteur sur le Net d’une compilation de lieux méconnus de Paris, Mathieu Stern est un touche-à-tout de l’image. Dix web-séries à son actif, des publicités (Boulanger, Maif, Intel), de la formation « buzz et marketing », il a aussi travaillé pour M6, D8 et des sites comme Marmiton.

C’est souvent décalé, comme cette conférence à TEDx Paris où il décortique comment, en tant qu’influenceur digital,  il a fait prospérer sur le web une fausse information, reprise en boule de neige : des chats sont employés comme porteurs d’explosifs vivants dans une mine russe…

Cimetières : c’est aussi la crise du logement

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Le Mont des Oliviers, à Jérusalem

Même chez les morts, la crise du logement sévit. Faute de places dans les cimetières locaux, une société funéraire israélienne de Jérusalem lance un projet à 45 millions d’euros : la construction d’une vaste nécropole souterraine, financée par la vente de concession à des clients étrangers.

Laisser la terre aux vivants : c’est le credo de cette société, dans une capitale où l’emplacement coûte jusqu’à près de 18.000 euros. Jérusalem, par sa symbolique, attire des candidats au repos éternel au-delà des murs, au-delà même du pays. Mais voilà : deux cimetières publics saturent, un troisième (privé) y arrive.

Il s’agit donc dans un premier temps de creuser des tunnels pour y accueillir 22.000 caveaux sous le très sacré Mont-des-Oliviers et son immense cimetière juif –une terre en partie revendiquée par les Palestiniens par ailleurs. Selon la tradition, les morts inhumés ici devraient être parmi les premiers ressuscités.

Du côté de Tel-Aviv, où la question de la surpopulation se pose aussi (110.000 concessions dans le grand cimetière local), c’est la solution verticale qui est privilégiée, avec une place au sol réduite. Un architecte a été mandaté en fin d’année dernière pour y bâtir 250.000 tombes verticales réparties en trente édifices. Les autorités religieuses ont approuvé. Insolite certes, mais pas unique. Un gratte-ciel de 32 étages propose de recevoir 180.000 personnes à Santo, au Brésil. Un autre est en projet à Mumbai (Bombay), en Inde. Quant à la surpeuplée Mexico, la capitale devrait hériter d’une tour associant également des sous-sols de 200 mètres de profondeur. En 2011, deux designers participant à un concours ont proposé pareille idée pour Paris : une tour mortuaire, près de la tour Eiffel.

Il faut dire qu’il y a 230 ans, le Conseil d’Etat décidait de déplacer les ossements des cimetières parisiens (pleins et sans hygiène) vers les catacombes, des carrières d’extraction de pierre. Les premiers transferts débutaient vers ce qui est devenu depuis, alors que la ville a absorbé ses faubourgs de l’époque, le XIVe arrondissement. Les nouveaux cimetières devaient être créés dans la foulée (le Père-Lachaise, Montparnasse…).

Les cimetières sont pleins, et les municipalités doivent trouver des solutions, aidées par la croissance de la crémation. D’où de nombreuses reprises de sépultures abandonnées. A Paris, l’ossuaire de la Ville, au Père Lachaise, reçoit les restes de tous les cimetières locaux. Il est plein lui aussi. Un nouveau se construit cette année en banlieue sud, à Thiais.

Clichy-Batignolles : un deuxième crématorium à Paris

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Une vue du prochain quartier Clichy-Batignolles

 

 

Feu vert : le deuxième crématorium de Paris devrait ouvrir en 2017, pour suppléer celui du Père-Lachaise. Le projet se veut parfaitement « propre » et « exemplaire ». Il sera intégré à la réorganisation urbaine du quartier Clichy-Batignolles (17e arr.).

Œuvre de l’architecte colombien Federico Diaz, le bâtiment mêlera bois, pierre, acier et un toit végétalisé, dans la veine des nouvelles constructions de l’avenue de Clichy. Il sera équipé de quatre fours à gaz, dont deux XXL pour fortes corpulences, avec une filtration aux normes 2018. Un four électrique de secours sera utilisé en période de pollution urbaine, alimenté par des panneaux solaires. On prévoit environ 4.000 crémations annuelles en ce lieu. Un « jardin de l’éternité », où disperser les cendres, sera créé dans le parc Martin Luther King adjacent revitalisé.

Dans le bâtiment, quatre salles de cérémonies (dont une de plus de 800 places) côtoieront dix salons funéraires de présentation et deux salles de convivialité où les familles se retrouveront après une cérémonie. Bois, couleurs pastel, clichés du vieux Paris par de grands photographes accrochés aux murs : les promoteurs entendent installer un climat apaisé, à la manière du Père-Lachaise, son pendant à l’ouest de Paris. Une morgue de 120 places et deux laboratoires de thanatopraxie seront à disposition des professionnels. Un scanner à cercueil viendra enfin éviter les accidents de crémation, en détectant les objets métalliques.

Chauffage urbain

Labellisé « Haute performance environnementale », ce centre funéraire tiendra lui-aussi les promesses du projet Clichy-Batignolles  en matière d’énergies renouvelables. Ainsi, un système de récupération de chaleur alimentera logements, piscines et administrations du XVIIe arrondissement.

L’alimentation du chauffage urbain par ce moyen, sujet polémique encore il y a quelques années, progresse en Europe. Ainsi, le plus grand crématorium danois chauffe déjà deux écoles. La Suède a également instauré ce mode d’énergie dans plusieurs villes, dont Stockholm. La Belgique et l’Angleterre s’en inspirent. Près de Birmingham, une piscine réalise ainsi près de 17.000 euros d’économies par an grâce au crématorium voisin.

La construction du futur bâtiment des Batignolles ne faisait pas partie du projet initial de réhabilitation du quartier dans le cadre du projet Grand Paris, comme ont pu l’être le futur Palais de justice ou le prochain siège de la police judiciaire. Il concrétise toutefois un dossier déjà ancien, le Père Lachaise peinant à absorber toutes les crémations parisiennes. On compte dans la capitale près de 15.000 décès, qui sont suivis dans 48% des cas d’une mise à la flamme. Une pratique fortement en hausse.

L’ouverture de ce nouvel établissement funéraire s’inscrit dans une réflexion d’ensemble de la municipalité. Des pratiques qui changent. Des cimetières en manque de places. Ici comme dans les grandes agglomérations, les pouvoirs publics doivent imposer de nouvelles règles. La concession perpétuelle, notamment, n’est plus envisageable.

Immeuble funéraire

Viendra t-on à Paris, comme au Brésil, en Israël, en Inde ou au Mexique à ériger des immeuble-cimetières ? Celui de Santos, bâti sur 32 étages, permet par exemple d’inhumer jusqu’à 180.000 personnes. En 2011, les designers Romaric Fillette et Chandrasegar Velmourougane sont parvenus en finale du concours d’architecture Skyscraper Competition. Leur projet ? Un cimetière vertical dans un immeuble près de la tour Eiffel. Au cœur de ce gratte-ciel, un puits de lumière. Tout autour, une rampe montante proposant une promenade le long des tombes, avec vue sur Paris. Etudié un temps pour le quartier de Clichy-Batignolles, un projet semblable a finalement été abandonné. On craignait que le bâtiment soit trop d’avant-garde, et n’indispose les riverains.

Cinéma : revivez le procès Guy Georges (Jour 1)

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Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998 lorsqu’il est arrêté, le criminel a opéré dans l’est de Paris, violant, poignardant. Sur les écrans ce mercredi, le film « L’affaire SK1 », signé du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » va publier pendant deux semaines ses comptes-rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans pour ses sept victimes

Mardi 20 mars 2001. Première audience.

« Guy Georges nie déjà

Passé le mur blanc des flashes qui assomment, à l’entrée de la Cour d’assises de Paris, le ton est donné comme une partition dont on sent qu’elle ne variera plus. Le président Yves Jacob, d’un ton urbain : « Bonjour monsieur. Vous êtes Guy Georges ? » Réponse d’une voix atone : « Ce n’est pas mon vrai nom ».

« Vous êtes né le 15 octobre 1962 à Angers de parents inconnus ? » Le présumé tueur de l’Est parisien conteste la version officielle, puisqu’il a localisé père et mère. Puis, face aux familles des victimes qui s’entassent sur quatre rangées, il lâche : « Je n’ai rien à voir avec les faits qui me sont reprochés.»

Guy Georges, 38 ans, cheveux courts, tee-shirt vert, blouson gris jette des regards à droite, à gauche, scrute ces parents orphelins des sept jeunes femmes violées et assassinées entre 1991 et 1997. Il s’arrête un instant sur la rousse Elisabeth O., seule des quatre rescapées à être présente, attentive depuis son fauteuil roulant à l’homme en face, que l’on présente en prédateur urbain.

Après des aveux précis, l’accusé nie désormais. Il le clame plus tard au témoin Jeanne Morin, sa mère adoptive : « Maman, on a dit des choses dans les journaux. Comment peuvent-ils l’écrire ? Moi, je t’aime. » Après avoir confié son désarroi, la petite septuagénaire avoue : « Moi aussi je t’aime, mais mon cœur se vide. »

Ce procès qui s’est ouvert hier devrait mener la cour et les jurés (cinq hommes, quatre femmes) au-delà des deux semaines d’audience. Avant de sonder, le 2 avril, la psychologie incroyablement complexe de Guy Georges, chaque journée verra d’ici-là dérouler le film sanglant des sept crimes et des quatre tentatives.

« Pourquoi n’avez-vous agressé que des femmes », interroge le président. L’accusé, qui vient d’entamer le récit de son enfance, bloque net. Pas de réponse. Il est en revanche plus disert pour évoquer sa mère naturelle Hélène Rampillon, dont il a « enfin » appris l’existence. La sexagénaire, remariée aux Etats-Unis, s’est fait hier porter pâle.

Guy Georges Rampillon a perdu son nom à quatre ans en devenant pupille de la Nation. Il est confié à sept mois à la nombreuse famille Morin, bonne adresse de la Ddass près d’Angers. « Un enfant formidable, jamais de problème. Il ne se disputait jamais avec ses frères et sœurs », souligne maman Jeanne. Poussée un peu, elle se remémore soudain que Guy au fil des ans a agressé ses sœurs. Christiane à la barre de fer, et Roselyne en l’étranglant. Elle se souvient de « ses yeux rouges », des « livres sanguinaires » trouvés, du jour où Guy finalement a dû être confié en foyer.

Christiane, 40 ans, sœur de lait terrorisée et en larmes, jette un froid. Car la « bagarre » comme le présente Guy était en fait une tentative d’étranglement dans le grenier. Tentative ratée de peu. Et d’évoquer une lettre, reçue en 1985, où Georges la menace de la renvoyer « jusqu’à la fin de ses jours collée dans un fauteuil roulant » pour avoir témoigné de sa dangerosité lors d’un précédent procès, dans les années 80.

L’accusé, avec aplomb, conteste l’avoir écrite. Mais Christiane exhibe la lettre. Elle a dit vrai. Malaise. »

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Les soeurs de Sainte Catherine, l’invention de la morgue

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Les religieuses de l’hôpital Sainte Catherine, au Châtelet, furent très populaires parmi les parisiens du XIIème au XVIIIème siècle, et gagnèrent leur place dans le funéraire en inventant un mot bien connu…

sainte_catherine_d_Alexandrie-225x300 Les soeurs de Sainte Catherine, l'invention de la morgue
Sainte Catherine

L’an mil

A l’approche de l’an 1000, l’église développa un réseau d’œuvres pieuses pour pallier à l’appréhension d’une fin du monde annoncée comme imminente. Parmi ces œuvres, l’hôpital Sainte Opportune, au Châtelet, alors gros faubourg de Paris à l’origine géré par des frères de la congrégation de Saint Augustin. Petit à petit, l’intérêt pour Sainte Opportune décrut, tarissant le flot de pèlerins, en même temps que des sœurs remplaçaient les moines, qui finirent pas laisser la gestion de l’hospitalité aux nonnes.

La mission de l’établissement changea alors, l’hôpital se consacrant à deux tâches, l’accueil et les soins dispensés à des jeunes filles arrivées de la campagne dans ce quartier plutôt mal fréquenté, et l’ensevelissement en terre consacrée des défunts morts en prison, noyés dans la rivière proche ou abandonnés dans les rues.

La construction d’une chapelle en 1221 consacra son changement de nom : désormais, ce serait l’hôpital Sainte Catherine.

Les sœurs de choc

En échange de leur mission d’ensevelissement des défunts, les sœurs se virent donner une partie du cimetière des Innocents au Châtelet.

Plus particulièrement, les sœurs avaient la charge de l’inhumation des défunts provenant du Grand Châtelet, à la fois prison du tribunal et maison d’arrêt, et s’occupaient de l’inhumation respectueuse, en terre consacrée, des prisonniers morts en détention.

Étaient également conduits là les corps de noyés, ou les corps envoyés par la justice, déposés à fin d’enquête ou d’identification.

Les sœurs vivaient grâce à un droit de préemption de ce qu’elles retrouvaient sur les morts, y compris les vêtements, qui étaient vendus. Problème : la police de l’époque avait tendance à se servir d’abord, livrant les corps nus aux sœurs spoliées de la seule source de revenus que leur procurait cette activité…

Déjà tendu pour cette raison entre la police et les sœurs, la situation explosa en 1494. Les nonnes refusaient une chose : inhumer les corps des suicidés en terre consacrée. Elles refusèrent à un commissaire de police l’inhumation d’un pendu. Le gradé, vexé, fit une descente avec ses hommes, enfoncèrent les portes, molestèrent les sœurs et les obligèrent à pratiquer l’inhumation.

Les nonnes de choc firent tant de raffut auprès de la justice, que celle-ci, sur ordre direct du roi, interdirent sous peine de sanctions graves de prélever quoi que ce fut sur les défunts, les possessions devant revenir aux sœurs, et renvoyèrent le commissaire à la vie civile après l’avoir obligé à s’excuser et faire une offrande substantielle à la communauté pour implorer son pardon.

Un nouveau mot

La basse-geole, une cellule en sous-sol à la congrégation Sainte Catherine, servait donc à déposer les corps, en attendant qu’un médecin désigné par le tribunal vienne l’examiner, ou que quelqu’un vienne le reconnaître.

Petit à petit, un mot fit son apparition dans le langage courant, puis dans les documents administratifs, pour désigner spécifiquement cette pièce de l’hôpital Sainte Catherine : la morgue.

Dérivé d’un mot signifiant regarder avec dédain, le verbe morguer désigna d’abord l’exposition des nouveaux arrivants dans une prison afin que les gardiens puissent mémoriser leurs traits. Le séances d’identification des corps ressemblant à ces « morguages », la sémantique trouva sa voie.

Le mot morgue remporta un certain succès pour désigner ensuite les dépositoires à défunt. De surnom propre, il devint nom commun, y compris à l’étranger. Le Coroner en chef de la Morgue de New York, affectueusement surnommée Necropolis, doit ignorer que le nom officiel de son lieu de travail vient de nonnes parisiennes du XIIème siècle…

L’hôpital dura jusqu’en 1790, ou les ordres religieux furent dissous par la révolution française. Les bâtiments changèrent d’affectation, furent vendus, et la dernière trace disparut lorsque la rue Saint Denis fut élargie et le boulevard Sébastopol créé en 1851.

Outre le mot morgue, les sœurs de Sainte Catherine inventèrent l’hôpital de jour, l’asile de nuit aux femmes sans-abri, le premier centre de réinsertion et de placement des anciennes prostituées, des œuvres sociales qui se perpétuent encore aujourd’hui sans que l’on se souvienne de leur origine.

Hôpital public et pompes funèbres, le scandale

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Nous vous l’avions annoncé il y a quelques semaines, l’information a fait son petit bonhomme de chemin dans Le Télégramme, Ouest France et le Dauphiné Libéré : le Sublimatorium Florian Leclerc part en guerre contre les vestiges du monopole. Preuves à l’appui

Problématique

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Formulaire de l'hôpital de Brest

Brest, Chambéry, Grenoble, Montpellier, Saint-Brieuc, Saintes, Lorient, Tours et Paris : la liste des hôpitaux attaqués par Florian Leclerc s’allonge de plus en plus, presque jour par jour. Le problème ? Une demande d’autorisation de transport de corps avant mise en bière que le personnel de l’hôpital fait signer à la famille.

Or, cela pose plusieurs problèmes : le premier, c’est que la signature de ce formulaire est une opération funéraire qui doit être faite par un assistant funéraire dûment diplômé, pour le compte d’un opérateur funéraire disposant d’une habilitation préfectorale. « Ni le personnel de l’hôpital, ni les établissements eux même ne répondent à ces critères. Ensuite, cette demande porte sur le transport du corps vers une chambre funéraire privée, opération onéreuse, alors que les hôpitaux visés disposent de chambres funéraires, prévues par la loi, gratuites pendant trois jours. Enfin, orienter les familles vers un opérateur privilégié revient à la livre pieds et poings liés à cet opérateur : si l’hôpital lui fait confiance, alors les familles, perdues au moment d’un décès et qui font confiance à l’hôpital, suivent aveuglément » explique Florian Leclerc.

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Formulaire de l'hôpital de Chambéry

Peut on voir une forme de corruption au sein de ce processus ? Des défunts et leurs familles vendus contre rémunération ? Si l’idée traverse l’esprit, Florian Leclerc reste prudent, et ne porte jamais une accusation sans preuve. « Il y a un intérêt », concède-t-il, « mais nous ne savons pas encore à qui cela profite in fine et surtout quel est ce profit ».

Une chose est certaine : cette orientation des familles est une atteinte à la liberté funéraire passible, pour ses organisateurs, de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Personne ne prendrait un tel risque gratuitement.

Pelote de laine barbelée

Force est de constater que cette opération ne profite qu’à un seul intervenant de façon évidente, la SEM bénéficiaire. « Dans les villes citées, en moyenne, la SEM capte 70 % des décès. Certaines pompes funèbres se trouvent mises en difficulté par le fait qu’ils ne reçoivent aucune famille dont le proche est décédé de l’hôpital » difficile dans ce cas, en effet, d’arguer que cette opération est faite en faveur des familles « En moyenne, un transfert vers la chambre funéraire et le séjour entraîne un surcoût de 600 euros » chiffre Florian Leclerc, « et ces sociétés, qui effectuent le transport, captent les familles, et leur proposent, pour ne pas dire vendent, des produits et services, sans mise en concurrence, sans comparaison, sans contrôle sur les prix ».

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Second formullaire de l'hôpital de Chambéry

Florian Leclerc est très clair : il ne veut pas que le système se tourne vers un autre opérateur, à son bénéfice, il veut qu’il cesse, immédiatement, afin que les familles puissent faire ce qui est prévu dans l’esprit de la loi, contacter les opérateurs qu’elles veulent, établir des devis, comparer et choisir en toute connaissance de cause et sans influence extérieure. Une concurrence honnête et loyale, au bénéfice des familles.

Or, à force de dérouler la pelote, Florian Leclerc se rend compte que les SEM ne sont pas seules concernées « dans certaines villes, c’est un opérateur privé, qui était auparavant en charge du monopole municipal. On se rend compte qu’en fait, c’est plus qu’une simple fraude, c’est un véritable contournement de la loi sur le monopole. Mon père a participé à son abolition il y a vingt ans, mais ces communes continuent à faire comme si de rien n’était ! » et l’extrémité des fils de la pelote mène, à l’autre bout, aux dirigeants politiques locaux. « Qui est à la fois président de la SEM, et généralement présent au directoire de l’hôpital ? Le maire, qui dirige aussi les services de l’État Civil. Certains sont députés-maires, et ne respectent pas les lois qu’ils ont votées à l’Assemblée Nationale » si la procédure va jusqu’au bout, le scandale deviendrait donc politique ? Florian Leclerc rit « Ca tombe bien, la moralisation de la vie politique est dans l’air du temps ».

En tout cas, c’en est fini de l’impunité, Florian Leclerc est bien décidé à aller jusqu’au bout « Il y a deux procédures en cours, un référé pour faire cesser immédiatement cette pratique, et une procédure au pénal, pour que des sanctions soient prises ». Une enquête est en cours, confiée à la direction des fraudes. Le président du Sublimatorium a également demandé aux préfets une suspension de l’habilitation des SEM concernées « Si ils refusent, il faudra nous expliquer pourquoi ».

Florian Leclerc reçoit des messages de soutien et de remerciements de pompes funèbres des régions concernées « Pourquoi n’ont ils rien fait, dans ce cas ? Ou étaient les syndicats ? » dans une volonté d’apaisement, il précise que ce combat n’est pas sa croisade, mais que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Son père, Michel Leclerc, tombeur du monopole, qui garde un œil expérimenté et bienveillant sur l’affaire, doit être fier de lui.

Vous connaissez les mêmes difficultés ou la même problématique sur votre secteur ? N’hésitez pas à vous mettre en relation avec notre rédaction.

Pourquoi est-ce si grave ?

L’hôpital est un établissement de soins, qui n’a aucune raison de demander une habilitation funéraire, à l’exception du transport de défunt de « pôle à pôle », c’est à dire du site ou a eu lieu le décès jusqu’à la chambre funéraire, à condition que les deux appartiennent au même centre hospitalier, et que la préfecture en ait donné l’autorisation.
Le document de transport de corps avant mise en bière doit comporter le nom et le numéro d’habilitation de l’opérateur, ainsi que l’immatriculation du véhicule qui servira au transport. De deux choses l’une : soit le document produit par l’hôpital les mentionne, et l’établissement peut alors être légitimement soupçonné de favoritisme envers l’opérateur désigné, soit il n’en fait pas mention, et délivre un formulaire qui n’est pas conforme à la loi. L’établissement du formulaire faisant lui aussi partie intégrante de la procédure de TSC (Transport Sans Cercueil), la personne qui le complète et le fait signer à la famille doit, de toute manière, lui-même opérateur funéraire habilité selon la loi, ce qui exclut les hôpitaux. Quel que soit l’angle sous lequel on considère ces formulaires, ils sont donc non seulement illégaux, mais punissables.

Lettre-DGCCRF Hôpital public et pompes funèbres, le scandale
Lettre adressée à la DGCCRF de Brest

Vous pouvez contacter ici le Sublimatorium

Le rectificatif du Centre hospitalier de Chambéry

Le corbillard

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Le corbillard est le véhicule indispensable, aujourd’hui, aux pompes funèbres. Mais d’où vient l’usage, et le nom, de cette funeste voiture ?

La peste, encore

corbillard-300x214 Le corbillard
Bienvenue dans le catafalque

Le nom corbillard ne désignait pas, à l’origine, une charrette, mais un bateau. Et c’est durant cette fameuse épidémie de peste ou furent baptisés les croque-morts et la bière, celle d e »mise en bière », bien entendu, que le véhicule des pompes funèbres trouva son nom, ou plutôt son surnom.

Durant les épidémies de peste du XIéme siècle, les corps amoncelés à Paris posaient problème. Des fosses communes avaient été creusées, entre Paris et l’actuelle ville de Corbeil. Le plus simple, à ce moment là, pour évacuer les corps, était d’utiliser un bateau qui faisait la liaison entre Paris et Corbeil, et qui était appelé le corbeillard.

Le nom resta aux charrettes qui, ensuite, servirent aux obsèques, et, déformations après déformations, devint corbillard. Tout simplement, quitte à faire de la peine aux habitants de Corbeil.

Une révolte ? Non, une révolution

Le corbillard Continua son chemin dans l’histoire. Elitiste, il fut d’abord réservé aux riches, d’abord sous la forme d’une charrette à bras, puis, à partir de la renaissance, sous la forme d’un carrosse hippomobile. Le peuple, lui, continua de se contenter de la charrette ou de la force des bras.

Ce fut la révolution Française, encore, qui démocratisa la voiture hippomobile pour tout le monde. Au terme d’une longue période d’incertitudes, le monopole des pompes funèbres revint à l’église, qui avait pour mission de fournir le véhicule. La différence de classe sociale était alors marquée par le nombre de chevaux qui composait l’équipage, de un à six.

Puis, au début du XXéme siècle, le corbillard se motorisa. Les chevaux et le moteur à explosion cohabitèrent, à certains endroit, jusqu’aux années 1970, ou le cortèges hippomobile disparut au profit exclusif du corbillard motorisé. A certains endroits, l’usage des chevaux est interdit, à d’autres, il est toléré, mais reste surtout l’apanage de cortèges de prestige.

Aujourd’hui

Le corbillard, aujourd’hui, a été scindé en deux véhicules, ou en un seul polyvalent : transport de corps avant et après mise en bière, selon qu’il est équipé ou non d’un compartiment réfrigéré. Son homologation fait l’objet d’un passage aux mines et d’un numéro d’agrément après qu’il ait été équipé d’un catafalque.

On regrettera peut être qu’aujourd’hui, le corbillard soit devenu un véhicule comme un autre : il était un temps ou les automobilistes laissaient passer les convois funéraires. Aujourd’hui, il est fréquent de voir un corbillard arrêté à un cédez-le-passage tandis que le flot de la circulation s’écoule, indifférent.

Finissons ce petit article avec une chanson de Armand Gouffé (1775 – 1845) et une proposition : pourquoi ne nous posteriez-vous pas une photo de votre corbillard, en commentaire de cet article ?

« Le Corbillard » Armand Gouffé

Que j'aime à voir un corbillard !
Ce début vous étonne?
Mais , il faut partir, tôt ou tard ,
Le sort ainsi l'ordonne ;
Et, loin de craindre l'avenir,
Moi , dans cette aventure,
Je n'aperçois que le plaisir
De partir en voiture.
En voiture , nos bons aïeux
Se plaisaient; mais du reste ,
Chez eux , quand on fermait le» yeux ,
On était plus modeste.
Nous n'avons pas , vous le voyez ,
Leur ton , ni leur allure ;
Nous mettons les vivants à pieds ,
Et les morts en voilure.
Le riche , en mourant , perd son bien ;
Moi , je vois tout en rose :
Je n'ai rien , je ne perdrai rien ,
C'est toujours quelque chose;
Je me dirai : D'un parvenu
Je n'ai pas la tournure ;
Pourtant , à pied je suis venu ,
Et je pars en voiture.
De ces riches', qu'on trouve heureux,
Quel est donc l'avantage?
Ils font, par des valets nombreux,
Suivre leur équipage.
Ce luxe ne m'est point permis ,
Ma richesse est plus sûre ;
Un jour , ou verra mes amis
Derrière ma voiture.
A mon départ , en vérité,
Je songe , sans murmure ,
Pourvu que, long-temps , la gaîté
Piemise ma voiture.
O gaîté, ! lorsque tu fuiras ,
Invoquant la nature,
Je dirai ; Fais , quand tu voudras ,
Avancer ma voiture!

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Les Services Funéraires de la Ville de Paris ont frappé un grand coup, hier, dans le milieu très fermé des pompes funèbres, avec une offre low cost qui offre un tarif imbattable sur les convois. Entretien avec Cendrine CHAPEL, directrice générale.

Un nouveau service né d’un besoin

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Le site en action

Depuis hier, jeudi 21 juin, un nouveau site est apparu sur la toile, qui fait beaucoup parler de lui : http://www.revolution-obseques.fr. L’idée proposée par les service Funéraires de la Ville de Paris, proposer des obsèques à un prix low cost unique, 789 euros. Mais qu’est-ce qui a présidé à cette création ?

« Deux raisons principales » explique Cendrine Chapel « la première, c’est que nous sommes une Société d’Economie Mixte, et notre actionnaire à 74 % est la Ville de Paris, qui nous confie donc des missions de service public. Parmi ces missions, chercher à faire baisser les coûts des obsèques à Paris. La seconde raison est la crise, nous avons constaté une augmentation conséquente des demandes de prix bas. Des familles, notamment, qui choisissaient le cercueil le moins cher justement parce qu’il était le moins cher, et pas celui qu’elle voulaient. » D’où la volonté de proposer une réponse « Nous nous sommes alors tourné vers le low cost dans d’autres domaines, pour comprendre comment cela fonctionnait, avec l’idée de proposer un prix sans sacrifier à la qualité. »

« L’idée » reprend-elle, « est d’industrialiser au maximum en proposant un produit standard. Un seul cercueil, pour l’inhumation ou la crémation » de 22 millimètres d’épaisseur, donc « et des prestations que la famille peut réaliser elle-même ».

Du concret

devis-210x300 www. revolution-obseques.fr, le low cost, comment ca marche ?Tout le monde n’est pas éligible au service. « Nous intervenons dans des établissements hospitaliers pourvus d’un espace funéraire et dans des cimetières où les familles peuvent faire les démarches, dans le 75, 92, 93 et 94. Pour l’instant, nous sommes donc aptes à intervenir dans une cinquantaine d’hôpitaux et une centaine de cimetières. Mais tout est évolutif, et l’on espère pouvoir développer à l’avenir ».

Alors, concrètement, comment ça se passe ? « Les familles font les démarches elle-même. Le logiciel est apte à identifier ce qu’il faut comme documents et les fournit, avec un mode d’emploi, pour le remplir et aller le déposer ou il faut. Nous avons un suivi, pour nous assurer que tout sera bien réalisé dans les temps, et les familles peuvent nous confier leur réalisation, si ils le souhaitent, contre un surcoût. De même, elle portent le cercueil, et pareillement, nous leur proposons des porteurs en option. Mais avec un chariot , ça se passe bien. » mais, et la mise en bière ? « Ce sont les établissements hospitaliers qui la font. C’est pour cela qu’on ne peut pas aller partout. » On ne voit pas de mention de la cérémonie ? « C’est inclus. Dans le trajet lieu de mise en bière/lieu d’inhumation (ou crémation) il peut y avoir une cérémonie, à l’église, par exemple. »

Tout cela pour 789 euros, donc ? « Auxquels viennent s’ajouter les taxes municipales, vacations, ouverture/fermeture de sépultures, crémation… Tout ce qui vient s’ajouter est précisé sur le devis. La famille est prévenu qu’elle aura ces frais à acquitter, tout est transparent. »

Mais c’est uniquement sur internet ? « Oui. Nous ne pouvons pas proposer ces tarifs en agence »

Parlons d’avenir

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l’etat civil

Sur le nombre de décès qui seront captés, on est dans le flou « On a eu un premier site, dont on n’était pas content, mais sur lequel on avait trois contacts par jour en moyenne. Disons qu’on estime avoir environ 400 décès par an, mais finalement, c’est impossible à dire. C’est nouveau, on n’a pas de recul pour comparer. » On suivra l’affaire de près, en tout cas.

Madame Chapel conclut « Je suis très internet. J’ai l’habitude de prendre l’exemple des agences matrimoniales. Il y a trente ans, on disait que c’était un métier particulier, qu’il fallait recevoir les gens, avec des personnes formées à la psychologie. Trouvez une agence matrimoniale, aujourd’hui ! Les gens vont sur internet, sur Meetic ou Attractive World, ou que sais-je encore. Peut être que dans trente ans, les pompes funèbres auront disparu, à part une agence ici ou la ? »

Succès ou pas, Cendrine Chapel sait que le site a fait avancer les choses, il n’y a qu’à voir le succès médiatique. Reste à voir comment réagiront les familles, et surtout, la réponse de la concurrence.

Comment ça marche ?

Le site, pour l’instant, se limite à sa page d’accueil. Quelques problèmes technique restent à résoudre, et l’ensemble sera opérationnel le 2 juillet. Nous avons eu accès à une présentation de travail, et nous vous livrons nos premières impressions.

Le choix a clairement été à la clarté : le site est sobre, peu encombré, moderne. Parfaitement lisible, il réserve une navigation intuitive : pas d’arcanes complexes, ici, on est guidé étape par étape. Le contrôle des saisies et des confirmations est impeccable, il est quasiment impossible de valider accidentellement un champ avec une erreur.

La documentation est claire et abondante : les formalités sont bien expliquées, on trouve quantité d’informations sur l’aspect légal et le travail des pompes funèbres. Le devis final est lisible, tous les tarifs y sont indiqués : pas de mauvaise surprise à attendre de ce côté-là. Les conditions générales de vente sont claires.

Alors, du tout bon ? Bien, il faut bien pinailler un peu, alors pinaillons : put être est-ce notre côté « vieille France », mais nous avons unanimement regretté l’absence du Mademoiselle, dans l’état-civil.

Certaines propositions ne sont pas faites, comme de créer un avis de décès numérique à transmettre à la famille, aux amis, aux proches, alors que toutes les informations nécessaire sont présentes. D’autres absence, comme la proposition de retransmission vidéo de la cérémonie pour la famille éloignée géographiquement, pourtant en place au Père Lachaise.

Et un petit bug : impossible de revenir à la page d’accueil lorsqu’on clique sur le logo. Nul doute que messieurs les informaticiens l’auront déjà résolu.

Un site clair, limpide même, auquel, peut être, il manque le petit « plus » pour figurer les pompes funèbres numériques de l’avenir, mais qui saura remplir parfaitement sa mission. Peut être même apparaître-t-il bientôt en « marque blanche » auprès d’autres opérateurs publics ?

Affaire à suivre, donc ? Oui, certainement.