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Peine de mort : Dans les coulisses des bourreaux modernes

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Pendant que, ornée d’un magnifique T-Shirt troué je m’apprête à nettoyer ma maison de fond en comble en ce début de printemps, je vous invite à laisser tomber le barbecue pour vous plonger durant une petite heure dans les coulisses de la peine de mort aux États-Unis. Ah ben…on est sur Funéraire-Info quand même.

Que l’on soit en faveur ou non de la programmation de la grande faucheuse, le fait est que la peine de mort est encore bien présente dans un nombre certains de pays et notamment d’états aux États-Unis.

J’en ai vu des documentaires sur la peine de mort, j’ai lu des choses à ce sujet et suis toujours à l’affût lorsqu’un article parait sur un « raté » mais je crois que c’est le film Cœurs Perdus, un genre de Bonnie and Clyde moderne avec Jared Leto, Salma Hayek et John Travolta qui m’avait le plus marqué de ce côté là. Sans doute mon esprit trop romantique de fraise tagada.

Le fait est qu’aujourd’hui la peine de mort est soit plébiscité comme seule et grande justice, soit contrée comme crime contre l’Humanité. Il n’y a pas de vérité universelle, sinon tout le monde ferait pareil. Or…cela fait débat.

Il y a deux ans, le Nouvel Obs faisait état de la pénurie de poison et de la souffrance que provoquait alors l’injection létale. La peine de mort est un sujet éternel, qui vient des tréfonds de l’âme humaine.

Mais vous me connaissez ce qui m’intéresse ce n’est pas le fond du sujet c’est sa forme. Vous êtes professionnels du funéraire, professionnels de santé, vous côtoyez la mort. Vous avez à votre actif plus de morts que d’années de vie, certes…Mais entre voir un mort et voir la mort il y a un gouffre. Que se passe-t-il lorsque la vie sans va ? Que ressent-on ? Comment l’accueillir et comment vivre après elle ? Ce documentaire nous expose le quotidien de ceux et celles qui s’interrogent sans cesse sur ces questionnements.

 

Ouverture à Oslo du congrès mondial contre la peine de mort

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Le 6e Congrès mondial contre la peine de mort

Le Coalition mondial contre la peine de mort et l’ECPM (Ensemble contre la peine de mort) ont organisé le 6e Congrès mondial contre la peine de mort, afin de créer de nouvelles méthodes pour l’abolition universelle et d’unir les acteurs abolitionnistes.

Ce 6e Congrès est accueilli par la Norvège et a lieu du 21 au 30 juin 2016 à Oslo. La FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme) et 14 de ses organisations membres vont participer à ce congrès. La mère d’un jeune homme exécuté en Biélorussie, Lubov Kovaleva, compte également parmi la délégation de la FIDH.

L’Iran, l’Arabie Saoudite ainsi que Daech ont été critiqués lors de l’ouverture du congrès mondial hier à Oslo. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault a critiqué depuis Oslo hier, l’Arabie Saoudite et l’Iran sur leur application excessive de la peine de mort. Selon lui, les trois pays cités ont fait d’un argument de propagande, la peine de mort. Pourtant, depuis de nombreuses années, la France courtise les pétrodollars de Riyad et le royaume saoudien retient en otage 200 ouvriers français.

Pour Børge Brende , le ministre des Affaires étrangères, ce congrès est d’après lui une plateforme importante où les États abolitionnistes et les autres États peuvent se rencontrer, partager leur expérience dans un dialogue ouvert et travailler ensemble pour se diriger vers une abolition mondiale.

Pour les participants réunis à ce Congrès mondial à Oslo, un message vidéo a été adressé par le pape François, pour la cessation de la peine capitale et leur demander de méditer aux conditions de l’emprisonnement à perpétuité.

L’année 2015 a connu une explosion de la peine capitale, même le nombre de pays abolitionnistes ont augmenté, qui atteignent le nombre de 141. À part ceux de la Chine dont les chiffres restent secrets d’État, pas moins de 1 634 prisonniers ont été, dans 25 pays, exécutés et le nombre de condamnées à mort atteint les 1 998.

Peine de mort : un sursaut humanitaire et des arrières pensées

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Groupe pharmaceutique bien connu, Pfizer a annoncé qu’il ne fournirait plus l’administration américaine en produits destinés aux condamnés à mort. Sursaut humanitaire ? Tardive prise de conscience ? Non, supposent des observateurs. Juste une vengeance fiscale, comme le raconte la chaine de télévision TV5Monde sur son site.

L’injection létale est encore la méthode préférée dans 31 Etats aux Etats-Unis adeptes de la peine capitale. Dans un communiqué, la firme s’est dite, « choquée » par le « détournement de nos remèdes pour tuer des prisonniers ». « Pfizer fabrique des produits pour améliorer et sauver la vie des patients », rappelle l’entreprise. Une prise de position qui a enthousiasmé les opposants à la peine de mort.

Elle exige désormais de ses clients et distributeurs un engagement que ses produits ne serviront que dans un but médical. Elle rejoint également du même coup la vingtaine de concurrents de l’industrie pharmaceutique, tant européens qu’américains, qui ont adopté la même attitude. Avec pour conséquence directe une pénurie de produits pour l’administration pénitentiaire, qui a eu pour conséquence une diminution  des exécutions. Certains Etats tentent désormais de s’approvisionner sur des marchés clandestins, voire de rétablir la chaise électrique ou le peloton d’exécution.

Cette vertu nouvelle affichée de l’entreprise Pfizer est-elle si désintéressée qu’elle y paraît ? Aux Etats-Unis, la presse n’hésite pas à faire un curieux rapprochement. Car voici quelques semaines, les autorités américaines ont fait échouer une fusion entre Pfizer et la société Allergan (qui fabrique le Botox). Pour les protagonistes, cela devait créer le plus grand groupe mondial du secteur, et générer des économies d’échelle. Mais surtout, le siège d’Allergan se trouvant en Irlande, cela aurait permis de transférer le siège de Pfizer à Dublin, là où l’impôt sur les sociétés est trois fois moins important qu’aux Etats-Unis. Le président Obama n’avait alors pas hésité à dénoncer en substance cette tentative supposée d’évasion fiscale.

La mort en Noire : Hamida, le dernier de la Veuve

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Hamida est un homme brisé.

Pourtant lorsqu’il y a quelques années il a débarqué en France de sa Tunisie natale, c’était un jeune homme paré pour la réussite, pour la conquête. Un travail de manutentionnaire trouvé dans les premiers jours de son arrivée lui permit de s’intégrer rapidement. Il grimpe doucement les échelons, mais trois ans plus tard le sort va le frapper de plein fouet. Sa jambe se prend dans la chenille d’un tracteur, une seule solution possible : l’amputation.

Durant son hospitalisation il croise la route d’une jeune femme, Élisabeth Bousquet, une gamine de tout juste 18 ans qui tombe sous le charme d’Hamida. Elle devient sa compagne, mais la belle histoire d’amour ne dure guère longtemps.

Hamida va brutalement changer, touché dans son corps, meurtri dans sa virilité, il devient violent, voir cruel. S’il ne peut plus travailler à la pépinière à cause de son handicap, il va décider d’embrasser une autre carrière, celle de proxénète, le pain de fesses va devenir le moyen de gagner sa vie…

Une des premières à se retrouver à faire le trottoir, c’est la pauvre Élisabeth, dont le conte de fée n’aura pas duré. La voici obligé de faire des passes pour celui qu’elle aime.

Mais un soir de 1973, ce n’est pas un client qu’Hamida ramène à sa compagne, mais huit d’un coup, huit ensemble… Élisabeth refuse, se rebelle, ne veut pas de ce genre de « plan », mais sous les coups et la menace elle se voit dans l’obligation de céder, de se laisser faire, de devenir leur chose.

Seulement le lendemain elle va porter plainte pour proxénétisme, elle est écoutée, sa plainte est reçue, et surtout Hamida est condamné — pas grand-chose — juste quelques mois, le temps de lui mettre du plomb dans la cervelle et que sa compagne oublie, qu’elle essaie de refaire sa vie. Mais juste avant son incarcération, il jure à Élisabeth qu’il se vengera…

Il sort de taule à la naissance de l’été, et là, il ne laisse pas beaucoup de temps s’écouler avant de mettre la menace faite à exécution. Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1974 l’homme kidnappe son ancienne compagne sous la menace d’une arme. Élisabeth est morte de terreur, mais elle ne sait pas encore le calvaire qui l’attend. Quand Hamida arrive à son domicile il commence à la frapper à coups de bâton, elle tombe sans connaissance, il continue en la fouettant à l’aide de sa ceinture, il veut lui faire passer l’envie de « balancer ».

Hamida va ensuite la violer, elle est sa « pute ». Puis le sadisme va faire son apparition, d’une rouste il passe au actes de barbaries, il va commencer à l’aide de sa cigarette incandescente à lui brûler les mamelons, la vulve et le clitoris. On pratique comme cela, il sait, il a vu faire des caïds du milieu. L’agonie de la pauvre fille qui a repris connaissance n’en finit pas, son bourreau décide de l’immoler.

Hamida l’arrose d’essence, craque une allumette, le comburant s’enflamme créant de graves brûlures, mais Élisabeth ne veut pas mourir, le feu ne dure pas. Le monstre est déterminé à aller jusqu’au bout, il traine sa victime dans un cabanon, là, sous les yeux épouvantés de deux gamines encore mineures qu’il oblige à vendre leurs charmes, il va l’achever en l’étranglant1.

Les filles sont terrorisées, cela l’arrange, ça va leur servir de leçon : on ne dénonce pas Hamida Djandoubi sans risquer sa vie.

Mais lorsque le corps d’Élisabeth Bousquet sera découvert, l’une d’elle parlera… Hamidou est en cavale, mais au bout de quelques semaines il se fait serrer. Là il va tenter d’obtenir la clémence des juges, il ne niera rien, avouera tout, dans les moindres détails, mêmes ceux inconnus des enquêteurs. Il se prête même au jeu de la reconstitution sans aucun souci, mimant les actes plusieurs fois si nécessaire.

Une autre affaire lui tombe dessus, le viol d’une adolescente de 15 ans… Djandoubi est accusé de meurtre d’une jeune femme de 21 ans, après actes de tortures, et de viol accompagné de sévices sur une mineure de 15 ans.

La France se passionne pour le procès de Djandoubi. Il encourt la peine capitale, les associations se mobilisent, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer « l’abolition d’une peine barbare et inutile qui déshonore le pays ». Hamida est pourvu de deux avocats qui vont s’escrimer à lui éviter la sanction suprême. Ils fouillent sa vie, celles de ses victimes, cherchent des circonstances atténuantes, racontent l’histoire cet émigré « doux, docile, travailleur et honnête« . Un homme qui a basculé dans la folie suite à un accident qui l’a diminué.

Mais de son côté, le procureur général Chauvy lui plaide pour la guillotine et rétorque aux deux ténors que leur client est « Une âme démoniaque !« 

Pour les experts psychiatriques, Djandoubi n’était pas non plus en crise de délire, tout comme il n’est pas fou ou déficient mental, bien au contraire, pour eux, Hamida « constitue un colossal danger social« , et ce en dépit d’une « intelligence supérieure à la moyenne« . Cette expertise sera décisive. La condamnation à mort, prononcée à l’unanimité du jury, est accueillie par des applaudissements.

Son pourvoi en cassation est rejeté2 dans les semaines qui suivent.

Le 10 septembre 1977, Hamida Djandoubi est exécuté au petit matin à 04H40 en la prison des Baumettes de Marseille. Ce Tunisien de 31 ans, condamné à mort pour « assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation » est le dernier homme condamné à mort et exécuté en France avant l’abolition de la peine de mort quatre ans plus tard.

Après Christian Ranucci en juillet 1976 pour enlèvement et meurtre d’une fillette de 8 ans, et Jérôme Carrein le 23 juin 1977 pour enlèvement, viol et assassinat sur une autre gamine de 8 ans, Djandoubi fût le troisième condamné exécuté sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing.

Le 8 juillet 1981, Pierre Mauroy, premier ministre de l’époque annonce l’abolition de la peine de mort, promesse électorale du candidat Mittérand. L’Assemblée, réunie en session extraordinaire, la vote le 18 septembre

Le ministre de la Justice Robert Badinter, tiendra un discours devenu célèbre : « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées3.« 

©Stanislas Petrosky

L’Atelier Mosésu

1 Le Nouvel Observateur,‎ 10 septembre 2007

2 https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000007060057

3 http://www.peinedemort.org/document.php?choix=4738

Emploi : l’Arabie Saoudite recrute des bourreaux

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L’Arabie Saoudite au secours des chômeurs français ? Le Royaume propose en tout cas d’embaucher huit bourreaux sans expérience particulière en la matière, chargés de décapiter à tout-va. Le tout pour un petit salaire de fonctionnaire. Et la mutuelle et les RTT?

L’annonce est parue hier mardi sur le site internet du ministère du Service public. D’après l’annonce, couper des têtes ne sera pas une occupation à plein temps pour ces fonctionnaires religieux rémunérés en bas de la grille des salaires : il sera aussi possible d’amputer des membres, pour des crimes moins graves, comme le vol. La question essentielle de la formation professionnelle n’apparaît pas.

Il faut dire que le pays ne sait plus où donner de la tête. Avec 85 personnes déjà condamnées à mort cette année, la charge de travail a augmenté, et l’Arabie Saoudite se voit contrainte d’embaucher. Y a-t-il eu une réunion du personnel pour quantifier les besoins ? On l’ignore. On sait simplement que 87 à 90 personnes (selon les associations humanitaires) ont reçu pareille condamnation pour l’ensemble de l’année dernière. Généralement décapitées au sabre, et en public. Au point qu’Amnesty International, notamment, s’est vivement inquiété en avril dernier de la tournure prise.

Dans cette monarchie absolue où ceux qui énoncent une opinion divergente risquent leur vie (avec le viol, le meurtre, le braquage et le trafic de drogue), la moitié des condamnés sont des Saoudiens, l’autre des ressortissants de pays d’Afrique et d’Asie. Difficile d’interpréter cette recrudescence des exécutions. Certains penchent pour un effet mécanique du à l’augmentation du nombre des magistrats. D’autre estiment qu’il pourrait s’agir d’un durcissement du régime. Un nouveau roi, frère du précédent, règne depuis janvier dernier.

Peine de mort, des sondages à en perdre la tête

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Peine de mort
Peine de mort, sondage en hausse

10 mai 2015, anniversaire de l’élection de François Mitterrand, le quatrième président de la Ve République française et le premier président socialiste de la cinquième république. Dans son programme les 110 propositions. La 53ème, l’abolition de la peine de mort, voté et promulgué en 1981.

Le contexte : Hamida Djandoubi, guillotiné le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes de Marseille, est la dernière personne à avoir subi la peine de mort en France pour meurtre après tortures. Le 16 mars 1981, en pleine campagne électorale pour les élections présidentielles, François Mitterrand déclare clairement qu’il est contre la peine de mort.
Le 26 août 1981, le Conseil des ministres approuve le projet de loi abolissant la peine de mort. Le 17 septembre 1981, Robert Badinter présente le projet de loi à l’Assemblée nationale, elle est voté le 18 septembre 1981 par 363 voix pour, 117 contre (491 votants, 480 suffrages exprimés).
Puis adopté par le Sénat Le 30 septembre 1981, la loi est officiellement adoptée par les sénateurs par 161 voix pour, 126 contre, elle sera promulguée le 9 octobre 1981.

Retournement de situation
Fin février, un article du Figaro faisait référence à un sondage du CEVIPOF, le Centre d’études de la vie politique française, révélant que 50% de Français sont favorables au rétablissement de la peine de mort. Enseignement supplémentaire, entre octobre 2011 et décembre 2013, on est passé de 35% de personnes favorables au rétablissement de la peine de mort à 50%!
Le 6 mai 2015, Ipsos / Sopra Steria présentait la troisième vague de « Fractures Françaises » pour Le Monde, La Fondation Jean Jaurès et Sciences Po. On remarque une progression significative de l’opinion favorable au retour de la peine de mort. 52 % des Français, toutes sensibilités politiques confondues, s’y disent favorables : c’est 7 points de plus que l’année précédente et 15 points en plus chez les sympathisants socialistes.

Menace terroriste, tuerie chez Charlie Hebdo le 11 janvier, enlèvement, viol et meurtre de la petite Chloé, le 15 avril à Calais, montée du FN, perception du ras-le-bol de l’opinion public concernant Madame Christiane Taubira et l’impunité et le laxisme judiciaire?

Les réactions des internautes
Elles sont nombreuses, pour et contre…

Pour : Complètement pour!! Au cas par cas bien entendu, mais pour les pédophiles et violeurs d’enfants je serais sans pitié.
Contre : Il n’y a pas au monde une seule démocratie digne de ce nom qui n’ait aboli la peine de mort.
Pour : (pédophiles , violeur , terroristes) je suis pour !!!
Contre : La peine de mort c’est une vengeance qui n’a rien à faire avec la justice. Pourriez-vous tuer quelqu’un de sang-froid ou laisseriez-vous lâchement un bourreau anonyme faire son office en vous cachant derrière la loi?
Pour : Marre de faire vivre bien au chaud des pédophiles, des assassins et autres tarés qui recommenceront dès leur sortie ! Zic…on en parle plus !
Contre : Qui sommes-nous pour décider de la mort des gens, je ne pense pas que la peine de mort soit une solution, c’est un retour en arrière.
Pour : Terroristes, bourreaux d’enfants, ou violence aggravée sur les personnes de la force publique…..
Contre : Il y a eu trop d’innocent mort pour que je sois pour.
Et vous Pour ou Contre ?

guillotine-petiot-300x219 Peine de mort, des sondages à en perdre la tête
Les assistants de Jules-Henri Desfourneaux montent la guillotine pour l’exécution de Petiot

Etats-Unis : encore un condamné à mort innocenté

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Quelques jours après Debra Milke, une Américaine condamnée à mort finalement innocentée 23 ans après, c’est Anthony Ray Hinton, qui sort ce vendredi libre du couloir de la mort après avoir attendu son exécution pendant 30 ans. 152e erreur réparée depuis 1973.

L’homme, un Afro-Américain âgé de 59 ans, était  emprisonné en Alabama, attendant d’être exécuté. Hier, les charges qui pesaient sur lui ont officiellement été abandonnées. Non, il n’était pas ce braqueur supposé, pourtant reconnu par le patron d’un restaurant près de Birmingham, braqué le 25 juillet 1985 et légèrement blessé par balles. Peu avant, deux gérants de fast-foods de la région avaient déjà été tués par balles lors de hold-up.

Mais voilà : au moment des faits, Anthony Ray Hinton travaillait dans un entrepôt, à 25 kilomètres de là. Des collègues en avaient attesté. Le détecteur de mensonges n’avait rien détecté. Et l’interpellé criait son innocence. Rien n’y faisait.

Alors, dans ces conditions, comment se retrouve-t-on condamné à mort ? Selon une association qui lutte contre les erreurs judiciaires, le procureur qui avait mené l’enquête était « connu pour ses préjugés raciaux ». La défense n’avait pu embaucher d’expert compétent, faute de moyens. Et les enquêteurs avaient trouvé chez la mère de l’accusé une arme, décrétant qu’elle avait servi au braquage.

Aidé depuis 1999 par cette association, Anthony Ray Hinton a pu établir en 2002 que l’arme en question ne pouvait pas avoir tiré les balles retrouvées sur les lieux des meurtres. Selon son avocat dans la presse américaine, « la race, la pauvreté, une défense inadéquate et le mépris de l’innocence montré par l’accusation font de cette affaire un cas d’école ».

Couloir de la mort : 23 ans pour rien

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(Capture chaine ABC15 Arizona)

Debra Milke, une américaine de 51 ans, a passé 23 abominables années dans le couloir de la mort, à attendre une exécution. Et puis, lundi, les charges sont tombées. Non, elle n’a pas tué son fils de quatre ans en 1990. Qu’y a-t-elle gagné, sinon un enfant perdu et une vie brisée.

Cette mère a toujours clamé son innocence, après le meurtre de son fils Christopher en Arizona. C’est le seul témoignage de l’enquêteur, homme expérimenté, qui avait affirmé avoir recueilli ses aveux, qui est à la base de la condamnation à mort. Selon lui, cette femme divorcée avait engagé deux tueurs pour assassiner l’enfant et pouvoir toucher une prime d’assurance. Dans ce dossier, il n’y a pas de témoin, pas d’enregistrement, et l’intéressé a vivement nié.

Lundi dernier, une juge a constaté la réalité : d’autres enquêteurs ont établi la culpabilité de deux hommes, qui ont plaidé coupable et à leur tour été condamné à la peine capitale. Il a été établi que la mère, alors secrétaire dans une compagnie d’assurance,  avait accepté de confier en décembre 1989 son bambin à son colocataire et petit ami, qui devait l’emmener voir le père Noël dans un centre commercial de Phoenix. L’homme (qui souffrait d’un syndrome post-traumatique après le Vietnam) avait rejoint un ami, et ensemble ils avaient conduit Christopher à l’écart de la ville, pour aller lui tirer trois balles dans la tête dans un ravin isolé.

La juge a dénoncé, outre les fausses accusations de l’enquêteur, le laxisme de l’accusation et des procureurs de l’Arizona, qui auront tenté un recours jusqu’à la Cour suprême de l’Etat pour préserver leur dossier.

Debra Milke devient la deuxième femme innocentée et tirée du couloir de la mort aux Etats-Unis, et la 151e personne à l’être depuis 1973. Il y a quinze ans, on lui avait même communiqué une date d’exécution, annulée en dernière minute après un recours dans la procédure.

Peine de mort : bientôt 100 pays abolitionnistes

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"Tres de Mayo" (1814), par Francisco de Goya

C’est la question qui tue : qui sera le centième Etat à abolir la peine de mort ? Après les Fidji en février, ce devrait être soit le Suriname, soit Madagascar, soit la Côte d’Ivoire. Les Parlements ayant récemment adopté une loi en ce sens, on y attend la promulgation présidentielle.

Ces dispositions ont été saluées par les Nations-Unies. Selon Amnesty International, peu à peu, « le monde relègue la peine capitale dans les livres d’histoire ». L’ONG, qui milite pour la disparition totale de ce châtiment, relève qu’on en est à l’exacte moitié des pays du globe, en attendant de franchir la symbolique barre de 100 pays. La dernière exécution aux Fidji remonte à 1964, à 1958 à Madagascar, à 1982 au Suriname.

L’an dernier, le gouvernement africain du Tchad a engagé le processus parlementaire allant dans le sens de l’abolition. La Sierra Leone a annoncé vouloir aller dans ce même sens. A l’inverse, le Pakistan vient de lever son moratoire sur la peine de mort, autorisant les exécutions pour toutes les personnes dont les demandes de grâce ont été rejetées. Selon Amnesty International, on dénombrerait 8.000 condamnés à mort dans les prisons pakistanaises. Quelque 500 recours sont en cours d’examen. Même tendance en Indonésie, qui a repris les exécutions en 2013, après une suspension de quatre années. Depuis le début de l’année, six personnes y ont été tuées, et une dizaine d’autres attendent de passer devant le peloton.

Peine de mort : l’Utah réhabilite le peloton d’exécution

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"Tres de Mayo" (1814), par Francisco de Goya

L’injection létale ? Trop inhumaine, ont décidé hier mardi les sénateurs de l’Utah, aux Etats-Unis, qui en plus ont des difficultés à s’approvisionner en produits. Du coup, on pourrait revenir aux bonnes vieilles méthodes : le peloton d’exécution pour les condamnés à mort.

Si le gouverneur de l’Etat ratifiait ce projet de loi, l’Utah serait bien seul dans le pays à avoir adopté cette solution, abandonnée en 2010. Une « alternative humaine et rapide », selon le sénateur Ray, promoteur de la loi. Il est vrai que l’injection de substances expérimentales, entrainant des agonies douloureuses, ont vivement ému les Américains.

Au point que d’autres états parmi les vingt qui donnent encore la mort cherchent eux aussi des solutions : revenir à la chaise électrique ou la chambre à gaz par exemple. Treize états ont légalisé ce dernier moyen entre 1924 et 1999, date de sa dernière utilisation. C’était en Arizona.