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AIDES envisage des testing dans les pompes funèbres, interview d’Enzo Poultreniez

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Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyer et Revendications de l’association AIDES
Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyers et Revendications de l’association AIDES

Une lettre ouverte a été adressée à Cedric Ivanes, président du SPTIS, par 20 associations et collectifs de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales, contestant point par point les arguments avancés. Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyers et Revendications de l’association AIDES, répond à nos questions.

Pour aller plus loin :
Notre interview de Jean-Luc Romero, à lire ici.
La lettre ouverte de AIDES, à lire ici.
La pétition est à voir ici.

Une lettre calme

Enzo Poultreniez s’avoue d’emblée surpris par la pétition qui circule en ligne « C’est Sidaction qui l’a repérée, et qui s’en est légitimement ému. Nous avons alors décidé de répondre, la rédaction provenant principalement de Sidaction et AIDES. Les 18 autres signataires ont ponctuellement amené des amendements, mais ont approuvé le ton et l’esprit de la lettre. »

C’est un document parfois comminatoire « Nous voulions un ton ferme pour rappeler quelques évidences et contrer des propos, dans cette pétition, qui nous ont fait bondir. » Enzo Poultreniez sourit au passage « Mais le ton de la lettre n’est pas provocateur, comme nous savons parfois le faire, ou insultant. Nous avons choisi d’exposer calmement des arguments légaux, scientifiques et rationnels».

Une pétition surprenante

Bon, la question qui fâche : le nombre de signatures sur la pétition a fortement augmenté depuis que la presse a repris votre lettre ouverte. Est-ce que votre initiative n’était pas contre-productive ? « C’est vrai qu’on s’est posé la question, et certains ont émis des doutes. Mais nous ne pouvions pas laisser passer cela. »

Enzo Poultreniez précise « Si la pétition avait été à l’initiative d’un particulier, nous n’aurions pas forcément réagi. Une certaine forme d’obscurantisme qu’elle dégage nous aurait certainement mis en colère, certes, mais on en a vu d’autres. En revanche, le fait qu’elle émane du président d’un syndicat professionnel, qui a assisté aux réunions, et qui émet autant de contre-vérités, nous ne pouvions pas faire comme si cela n’existe pas. »

Cédric Ivanes prétend qu’il n’y a pas eu de concertation « Pourtant, il y en a eu, il était présent, j’ai personnellement assisté à deux réunions avec lui ». Il précise « il y avait d’autres points abordés, comme les conditions d’exercice, les soins au domicile etc. Là dessus, nous ne sommes pas intervenus, parce que nous ne sommes pas compétents, mais sur les modes de transmission et la prévention du VIH et des hépatites, si. Et il nous semble étonnant de voir un président de syndicat s’opposer à la vaccination contre l’hépatite B alors que les thanatopracteurs peuvent y être exposés sans le savoir ».

Il poursuit « J’ignore quel est le nombre d’adhérent et le poids exact du SPTIS dans la profession. Il revendique 300 adhérents, mais je n’ai pas retrouvé d’archives d’élections professionnelles. Mais il est dangereux de laisser ces contre-vérités s’exprimer et se répandre dans la profession, et courir le risque, au premier janvier 2018, d’avoir une loi théorique, mais pas appliquée. »

Vigilance constante

Donc l’application de cette loi ne vous apparaît pas comme une évidence ? « Non, et nous seront vigilants, parce que ne pas respecter cela, c’est bien une discrimination. Nous savons qu’inscrire quelque chose dans la loi n’est jamais la fin du combat. Il faut ensuite la faire appliquer. Nous avons par exemple fait un testing il y a deux ans, auprès de 440 chirurgiens-dentistes dans 20 villes françaises, et 33,6 % des professionnels testés refusent les soins sur les patients atteints du HIV ou d’hépatite. Depuis, une commission des refus de soins a été installée par l’Ordre national des chirurgiens- dentistes, AIDES y siège. »

Donc des testings pourront être effectués sur les pompes funèbres, ce sera plus compliqué que de faire croire qu’on a une rage de dents « Nous pourrions nous faire passer pour des proches. Bien évidemment, nous ne pouvons pas nous faire passer pour des défunts, on nous prête beaucoup de pouvoir, mais nous n’avons pas celui-là » sourit Enzo Poultreniez.

Réponse point par point

L’objet de cette lettre était surtout « de répondre point par point aux arguments non fondés qui ont été avancés. Surtout celui sur la transmission : il y a 25 000 personnes porteuses du VIH en France, qui ne se savent pas contaminées, donc ne sont pas traitées, et sont par conséquent, sans le savoir, les plus contaminantes. Lorsqu’elles décèdent, des soins leurs sont faits, et aucun cas de transmission n’a pourtant jamais été documenté. Cette loi ne va rien changer dans les faits, juste nous faire sortir d’une hypocrisie et d’un faux sentiment de sécurité. La secrétaire générale du SPTIS a écrit aujourd’hui sur votre site : « Qui contrôle son statut sérologique ? Et celui du patient ? La plupart du temps, nous pratiquons la technique de l’autruche et nous nous en remettons… à notre bonne étoile ! » Le choix est là : la politique de l’autruche en discriminant sans fondement scientifique une partie de la population, ou le respect de conditions sanitaires universelles pour tous afin réduire réellement au maximum les risques de contamination. ».

Il n’y a pas de risque « si les précautions universelles sont appliquées comme elles le devraient. C’est d’ailleurs étonnant de voir des signataires de cette pétition, qui prétendent être inquiets pour leur sécurité, s’opposer en même temps à la vaccination contre l’hépatite B rendue obligatoire par le ministère ».

Enzo Poultreniez conclut « C’est surtout attristant de voir qu’en 2017, alors que des traitements existent, alors qu’on peut même apercevoir la fin de l’épidémie de VIH, même sans vaccin, des arguments dignes des années 80 sur le mode de transmission peuvent encore être tenus. C’est pour ça qu’on réagit : mauvaise pioche, surtout la semaine où sort 120 battements par minute (un film retraçant l’action d’Act-Up dans les années 90, NDLR) au cinéma. »

Thanatopracteurs et maladies infectieuses : j’ai fait un rêve

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thanatopracteurs maladies infectieuses go vegan

Les soins sur les porteurs de maladies infectieuses sont autorisés et la polémique a repris… D’un côté des thanatopracteurs inquiets qui trouvent cette mesure injuste, parce que même s’ils travaillent dans le milieu de la mort, ils tiennent (allez comprendre pourquoi) à leur vie (même s’ils sont bien les seuls) et de l’autre… Tout le monde, ah oui, zut. Dommage. Point de vue de thanatopracteurs.

Le présent article est la synthèse d’opinions d’un collectif de professionnels, thanatopracteurs et maladies infectieuses : un sujet qui ne passe décidément pas !

L’argument qui tue

« Toujours les mêmes arguments imparables : « vous en faites de toute façon, sans le savoir. » Gnagnagna. Oui, nous en faisons sans le savoir, tout comme peut-être, il vous est déjà arrivé après une folle soirée en boîte, de rentrer chez vous avec un ou une inconnu(e) et de ne pas utiliser de préservatif… Est-ce que pour autant, il est inutile de continuer à faire de la prévention ? »

« Bien-sûr, certains d’entre vous ne s’adonnent pas à la débauche (au hasard… Vous?), alors je vais utiliser une image plus gentillette : Est-ce que sous prétexte que certains piétons traversent n’importe où, il faut supprimer les passages cloutés ? »

Des défunts entre les gouttes

« Oui, il y a des corps qui passent entre les gouttes, on ne sait pas tout. Et alors ? C’est une raison suffisante pour nous exposer davantage ? Oui, parce qu’il est inadmissible de discriminer les porteurs de ces virus. D’ailleurs, non, de CE virus, parce que les hépatites, clairement, personne n’en parle. Il est inadmissible de discriminer les porteurs du VIH. Tous homosexuels bien-sûr ! Non ? Ah bon, pardon, j’avais cru comprendre… Parce qu’apparemment avoir peur du VIH revient à être homophobe. »

« Mais c’est vrai, après tout, c’est super homophobe de refuser de faire les soins sur les séropositifs, il est urgent de réparer cette injustice ! Les soins pour tous ! Ah mais attendez, non, il reste encore les maladies contagieuses… Et alors, qu’est-ce qu’on fait ? Et les victimes d’Ebola, pourquoi n’auraient-elles pas droit à des soins de conservation elles aussi ? Un virus africain, comme par hasard… Mais c’est une loi raciste ! Il faut les autoriser de toute urgence. »

Des endroits spécifiques

« Et puis après tout, nous travaillons dans des « lieux spécifiquement dédiés ». Euh… On continue à faire des soins à domicile finalement, mais bon, pas de panique, nous allons bâcher toute la pièce avant de commencer (si si). Allez, les Thanatos, arrêtez de pleurnicher. Mettez des gants, vous serez protégés (et fermez-là). »

« Non mais c’est vrai, on n’entend que nous ! Jamais contents, toujours à se plaindre… Et on aimerait des conditions de travail décentes, blablabla, et on aimerait toucher nous-mêmes l’argent de notre travail, blablabla… Et quoi encore ? Ah oui, le rattachement de la thanatopraxie aux services de santé. La bonne blague ! »

« Non, mais de toute façon, c’est mort. C’est un peu comme si… Au hasard tiens : comme si les prostituées demandaient à être rattachées aux services de santé. Les proxénètes risqueraient de faire la gueule. Et ça marche bien comme ça, alors pourquoi changer ? »

Une idée à creuser ?

« Non mais alors moi j’ai eu une idée. Elle m’est arrivée comme une illumination hier matin. Je faisais un soin dans un « lieu spécifiquement dédié », lequel n’était équipé d’aucune ventilation mais dont les murs et le plafond étaient tapissés de toiles et d’araignées de tailles et de formes diverses et variées (les labos des funés, dès lors qu’on s’intéresse un peu aux insectes, c’est passionnant) et dont le sol était jonché de crottes de souris. J’ai pensé tout à coup « Et si nous demandions à être rattachés aux animaux ? » Mais oui, à force d’être traités comme des chiens, nous y avons bien gagné notre place, après tout ! »

« Le gros avantage pour nous serait de pouvoir en appeler aux nombreuses associations de défense des animaux pour obtenir des conditions de travail un peu plus dignes. Surfons sur la vague vegan pour tenter de faire évoluer notre belle et noble profession ! »

A étudier…

Le secteur funéraire recrute des gens bien élevés

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le doigt de Galilée

Encore une fois, un échange sur un réseau social entre une impétante venue demander conseil et des professionnels venus spontanément tenter de l’aider a dégénéré. Incompréhension ? Problème avec la jeunesse ? Il est temps de remettre quelques points sur quelques i : le funéraire est un métier qui exige des connaissances, de la patience, de la courtoisie et de la discipline.

Ca a commencé comme ça

Tout commençait plutôt bien : une aspirante thanatopractrice demandait des renseignements sur les formations qu’elle pouvait suivre pour embrasser sa carrière rêvée, dans un post sur un groupe de Facebook. Un homme arrive, répond, très poliment et courtoisement, et, sans doute dubitatif devant les réponses de la demoiselle, qui semble tout de même assez mal renseignée, entreprend de tester sa motivation et ses connaissances préalables. Toujours, c’est important de le préciser, très courtoisement.

La réponse de la demoiselle vient très rapidement, claire, nette, précise et lapidaire : « Je t’emmerde ». Bon, avec une faute d’orthographe que nous n’avons pas reproduite, mais le langage étant suffisamment compréhensible par lui-même, cela ne semblait pas nécessaire.

Évidemment, aussitôt, l’hallali a été donné sur la pauvre demoiselle. Déjà, parce qu’insulter gratuitement un professionnel venu aimablement aider, ça ne se fait pas. Ensuite, parce que le professionnel venu, de façon tout à fait désintéressée et aimable aider la demoiselle, comment dire ? Imaginons une comparaison, vous comprendrez : imaginons qu’elle ait voulu se faire baptiser, à la place. Arrive le Pape, qui lui demande « Je veux bien t’aider, mais as-tu la foi ? » et elle de lui répondre, on ne s’en lasse pas « Je t’emmerde ».

Voilà. Inutile de dire que cette jeune personne ne fera jamais carrière dans la thanatopraxie, ni dans les pompes funèbres, ni dans la marbrerie.

Allez, ouste !

Que les choses soient claires, une fois pour toutes : le funéraire n’a pas besoin de petits jeunes mal élevés, impolis et intolérants à la frustration. L’enfant-roi, c’est un concept qui a peut-être sa place au foyer (c’est le problème des parents, après tout), mais pas dans les pompes funèbres, et j’inclus dans ce terme la marbrerie et la thanatopraxie.

Le funéraire a besoin de professionnels. Point, à la ligne. C’est quoi un professionnel du funéraire ? Partons de l’essentiel : une famille. Ce sont des gens qui sont dans la pire situation qu’ils puissent vivre, la perte d’un proche, qui sont affligés, en colère parfois, complètement perdus, et qui ont des exigences précises et toutes différentes, et c’est aussi un défunt, un corps, qui a ses spécificités. Un professionnel du funéraire, c’est quelqu’un en face d’eux, qui sait exactement quoi faire et comment se comporter pour que le deuil de ces personnes se passe bien. Et tout cela ne se décrète pas : ça s’apprend. Avec humilité.

Par exemple, au hasard, une famille qui viendrait trouver le thanatopracteur pour lui dire que sa grand’ tante Henriette ne ressemblait pas du tout à cela.

Le professionnel du funéraire répondra, flegmatique « Très bien, Madame, si cela ne vous ennuie pas, allons voir ensemble ce qui ne va pas afin que je le corrige. Auriez-vous une photo récente ? Cela pourrait m’aider ». C’est une réponse acceptable.

Le non-professionnel du funéraire répondra « Je t’emmerde ». Ce n’est pas une réponse acceptable.

Moi aussi, je t’emmerde

La jeune personne en question objectera peut être que, bien entendu, elle n’est pas stupide, et elle ne se serait pas comporté comme ça face à une famille, et, si elle est idiote, ce qui n’est pas à exclure, elle répondra aussi que de toute façon, elle veut être thanato, pas avoir affaire aux familles.

Là, bien entendu, j’arborerai mon petit sourire, celui avec les fossettes qui font mon charme, et qui veut dire en vrai « Eh ben toi, tu vas prendre cher ». Par ou commencer ?

Bien entendu, vous direz, chère demoiselle, que vous n’insulterez pas les familles. C’est votre droit. Et le nôtre,c’est de ne pas vous croire. Après tout, vous avez agressé, en public, sans qu’aucune provocation n’ait été faite, une sommité de la thanatopraxie qui se proposait de vous aider. On en déduira donc que l’agressivité est un réflexe naturel chez vous quand vous êtes mal à l’aise, et croyez-moi, des occasions de se sentir mal à l’aise, dans ce métier, il y en a dix par jour (les jours calmes), et on en déduira aussi que vous attaquez une personne sans même savoir qui c’est.

Quand à croire que ce type de comportement peut être toléré parce que les thanatos ne sont pas au contact des familles, c’est que vous êtes très, très mal renseignée sur ce métier qui censément vous passionne. C’est gênant.

Parce que, même si vous n’avez pas le niveau suffisant pour ouvrir un livre (au hasard, « Pratique de la thanatopraxie » de Michel Guénanten et Michel Durigon), vous pouvez au moins faire des recherches approfondies sur Google et arriver avec un minimum de connaissances. Bon, il y a évidemment l’option qui consiste à décréter ce que vous voulez et à le poser sur les réseaux sociaux pour qu’on vous prémâche le travail, mais, curieusement, les gens réellement motivés ne font jamais ça.

Bref, vous l’aurez compris : ça suffit. Le funéraire n’a pas besoin de gamins capricieux qui veulent faire un métier original pour pouvoir faire leurs intéressants. Il a besoin de professionnels, et un professionnel commence toujours sa carrière par « Je ne sais rien. Apprenez-moi » en respectant les gens qui, eux, baignent dans ce milieu depuis des années, et, eux, savent.

Bref, en un mot, le funéraire recrute des gens qui ont été élevés, pas juste nourris.

Photo des défunts, de l’argentique à snapchat

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capture photo post mortem snapchat

En plus du site que vous êtes en train de lire, Funéraire Info a une page Facebook, sur laquelle nous partageons nos articles et des nouvelles du monde funéraire. Et certaines font réagir. Comme celle de cette grand-mère morte dont la petite fille a partagé une photo post-mortem, parée d’un filtre couronne de fleurs.

La couronne de fleurs

L’histoire est simple : la petite-fille d’une défunte, alors que celle-ci est exposée, manifestement dans une maison funéraire, prend une photo de la vieille dame sur son lit de mort. Elle utilise un filtre de son téléphone portable, qui pare la défunte d’une couronne de fleurs. Puis, et c’est là que ça se complique, elle poste la photo sur Twitter.

Un lecteur nous a envoyé une capture d’écran du tweet, que nous avons publié en fin de matinée, pour recueillir vos réactions. Nous n’avons pas été déçus.

Non, non et non

L’immense majorité des réactions est, disons le tout de go, négative. Très négative, même, certains réagissant avec une certaine virulence, toute relative, le lecteur de Funéraire Info sait se tenir.

C’est Sophie qui résume le mieux la pensée générale : « Quoi dire ? manque de pudeur de jugement de valeur de cervelle… » et Aline de confirmer en jouant sur les mots « C est déjà limite de juste prendre la photo mais avec le filtre on atteint des sommets .. Non en fait c est le contraire on touche le fond! ». Audrey le prend avec une forme d’humour distancié « Je ris, mais plus parce que ça me désespère qu’autre chose je crois ! ».

Bref, dans 75 % des cas, c’est non, niet, no way, nada, pas question, et ça ne se discute pas.

Non, mais oui…

Quelques commentaires, néanmoins, amènent une nuance.

« le retour d’une coutume populaire du XIX° » explique ainsi Joaquim, et Vanessa développe « Sans doute, elle se soulage de ses douleurs comme elle le peut, nous ne devons pas juger…. Au 18ème siècle ils prenaient les défunts en photo, et franchement c’était très gore et pourtant c’était dans l’air du temps….. A chacun sa peine, à chacun sa façon de la surmonter »

Stephen refroidit tout le monde « À la seule différence qu’avant la photo restait dans la famille. Et balancer ça sur snapchat c’est une honte. » et Lilith s’interroge « C’est pas tant la photo qui me gêne (et oh, chacun voit midi à sa porte). C’est le partage qui me chagrine. Solitude, envie de faire partager sa douleur et on ne sait plus comment communiquer pour le faire ? Envie d’attirer l’attention ? Je suis perplexe et cette photo me dérange. ».

Funéraire Info et humour noir

Quelques remarques désignent des bouc émissaires et méritent une réponse.

« ils sont sérieux ? Aucun respect sa deviens du grand n’importe quoi, humour noir de m**de… » s’exclame ainsi Mélissa.

Sans remettre en cause votre opinion, Mélissa, il nous semble important de vous signaler que ce post n’est pas de l’humour noir, ni même de l’humour tout court. L’humour noir (à ne pas confondre avec l’humour macabre) est un genre noble, pratiqué par de grands noms comme Pierre Desproges, Ambrose Bierce, Woody Allen de temps à autre, et n’est en aucun cas comparable à ceci. « L’humour noir est une forme d’humour qui souligne avec cruauté, amertume et parfois désespoir l’absurdité du monde, face à laquelle il constitue quelquefois une forme de défense. » C’est un peu hors de propos, mais, en tant qu’amateur d’humour noir, il nous paraissait important de le dire.

Anthony, lui, désigne d’autres responsables « Je trouve ça aussi irrespectueux que Funéraire Info qui partage la photo d’un défunt… » et Joaquim « Funéraire Info, le journal du funéraire sur fb , c’est du mm acabit ».

Bon, une fois pour toute : Funéraire Info est un journal à destination des professionnels du funéraire. Que des non-professionnels viennent nous lire, par curiosité ou pour s’instruire, tant mieux, nous sommes toujours ravis d’apporter éclairage et conseil. Mais nous avons simplement reproduit un post public pour appuyer notre propos et permettre à nos lecteurs de se faire une idée par eux-même. Lecteurs qui sont censés être familiarisés avec la mort. Nous n’allons donc pas nous excuser d’être ce que nous sommes, ni de faire notre métier.

Sur ce, je crois que Sarah a des choses à vous dire, je te laisse donc la place.

 

Bon bon bon, ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu de polémique…au moins 24 heures. J’avoue ça nous manquait. À l’origine du drame cosmique une dame décédée dont on ne peut vous confirmer ou infirmer l’authenticité de la photo, parée d’un filtre snapchat d’une couronne de fleurs sur la tête.

Ahhhh horrible affreux cachez moi ça. Bon je vous avoue ne pas être fan des filtres snap, déjà chez les vivants alors sur un défunt… Donc oui, je comprends la pudeur, je comprends l’affect, je comprends tout un tas de choses sur le fait de ne pas exposer un corps mort, un corps mort pris en photo, un corps mort pris en photo et publié sur les réseaux sociaux.

Mais j’ai envie de vous demander ; Pourquoi ? Pourquoi les coutumes n’évolueraient pas ? Nous les premiers à trouver que le monde du funéraire n’évolue pas toujours assez, nous qui constatons au quotidien que les us et coutumes changent au fur et à mesure des époques et des besoins. Un QRcode sur une tombe ne vous choque pas, une retransmission vidéo de cérémonie non plus, des cercueils présentés sur grands écrans, des pubs pour les contrats obsèques, des devis en ligne, alors là, qu’est ce qui change ?

Qui cela choque t il ? Vous. Mais visiblement pas la famille puisque c’est elle qui a publié la photo.

Dans un monde ultra numérique, ultra connecté, l’on se plaint trop souvent de voir la jeunesse déconnectée de ses parents et grands parents, hors là peut on y voir ne serait ce qu’une seconde un hommage ? Un simple hommage. J’ai écrit à de nombreuses reprises sur le deuil, et les réactions virulentes à l’égard de cette photo peuvent tout simplement conduire la personne à un deuil non autorisé. Et c’est justement le sujet de mon article du jour.

Je suis assez étonnée, et je rejoins Guillaume sur la propension de femmes à commenter virulemment cette photo. Les premières à utiliser ces filtres, les premières à utiliser l’image comme vecteur de quelques choses et peu importe ce que c’est, personne n’est en droit de juger. Les photos sont un moyen comme un autre de faire le deuil d’une personne et surtout de lui rendre hommage.

J’ai tendance à dire que le deuil commence lorsque la peine est reconnue, mais ça n’est vraiment pas avec des commentaires comme cela, que ça arrivera.

Review du 5 au 11 déc : Ça s’est passé cette semaine sur Funéraire-Info

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Review de la semaine du 5 au 11 décembre

Entre deux emballages cadeaux prenez deux minutes pour aller jeter un œil à la review de la semaine. Voici ce qu’il ne fallait pas manquer cette semaine sur Funéraire Info.

Funérailles Républicaines

Suite de la proposition des funérailles républicaines proposée par le député Hervé Féron, les avis divergent depuis deux semaines surtout après que le député ait déclaré les maitres de cérémonie comme étant incompétents. Guillaume a de son côté, interviewé Florence Fresse, directrice du centre de formation ENAMEF et Déléguée Générale de la Fédération Française des Pompes Funèbres –FFPF- qui place les maitres de cérémonie au cœur du débat et répond au député Féron. Quant à moi je suis allée retrouver François Michaud-Nérard, directeur des Services Funéraires de la Ville de Paris qui vient à contre courant des protestations de la profession. Point de vue et regards croisés.

Conseils

C’était aussi la semaine conseils, si Guillaume nous explique comment faire face à une famille qui fait de la provocation, de son côté Mélanie nous explique les bienfaits de la construction d’un moment funéraire…à l’avance.

Éclairage

De même si Guillaume est venu nous parler d’Eco-cerc, le cercueil en carton, Mélanie est revenu pour nous sur l’emblématique série Six Feet Under.

Économie

Le point éco de la semaine à ne pas manquer c’est cette étude Xerfi-precepta dont Éric retrace pour nous les grandes lignes. Les services funéraires à l’horizon 2020 ? Des éléments de réponses et de nouvelles problématiques viennent s’ajouter dans cette étude.

Hommages

Cette semaine c’était aussi l’anniversaire de la mort de Nelson Mandela.

Nous avons aussi joint notre peine à celle de centaines de personnes attristées par le décès de Jean Paul Rocle, nous lui avons consacré un hommage.

Bon ça y est, chez moi il ne gèle plus, je viens de dépasser la barre des 0°C donc je sors. Mais je vous retrouve dès demain pour une nouvelle semaine d’informations et d’actualités, on vous accompagne pendant les fêtes. Merci de m’avoir laissé rentrer chez vous.

Funéraire Info, pour vous, par vous.

RTL / Familles Rurales : Les raisons de la colère

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Aïe, c’est l’article sur lequel on bute cette année, celui que nous souhaitions éviter, celui qui ne nous plait pas du tout, et … à vous non plus. RTL revient sur la question des devis et des prix pratiqués par les pompes funèbres. Vous avez été nombreux à commenter cet article sur les réseaux sociaux. On revient dessus.

L’article le voici. Déjà, je vous le dis : il sera dans la rubrique polémique de la review de la semaine dimanche. Il est relayé par RTL mais à l’origine il provient de Familles Rurales. C’est une association de confédération nationale d’associations familiales et d’association de consommateurs. Vous suivez ? Mouvement créé en 1943, qui se base sur l’entraide entre les familles. C’est depuis 1975 qu’elle est agréée comme organisation nationale de consommateurs et assure une mission de prévention, d’information et de défense des intérêts des familles. Noble cause dirons-nous sauf lorsque Nadia Ziane, responsable du pôle représentation et défense des intérêts des familles – dit au consommateur de faire attention aux pompes funèbres.

Oui, oui et oui des abus il y en a, il y en a aussi – et surtout- dans notre hypermarché sur le prix des pâtes ou d’une paire de collant. Des abus il y en a aussi chez le gynéco, l’ophtalmo, ou le dermato et leurs dépassements d’honoraires exorbitants. Il y en a dans l’assurance voiture, dans toutes les professions et qui concernent toutes les classes sociales. Il y en a aussi pour les naissances, lorsqu’on voit le prix des chambres en maternité inscrit en tout petit derrière la porte que personne ne regarde parce que la carte vitale efface tout, on a de quoi s’interroger. Alors oui, oui et oui il y en a aussi en pompes funèbres on ne va pas se mentir.

Pourtant nous savons à quel point le venin d’une critique paralyse et empoisonne toute la profession.

Les origines du mal

Vous vous demandiez où est la porte de l’enfer ? Ne cherchez plus elle se trouve visiblement dans le Doubs, des clients mystères, passablement très à la mode, ont effectué des devis pour une crémation ou une inhumation. « On passait de 1 600 euros pour le devis le moins cher à plus de 3 000 euros pour le plus cher ». Pour l’instant pas de quoi tomber de sa chaise, et au vu de « l’étonnement » de Nadia Ziane, heureusement que ces devis mystères n’ont pas été effectués à Paris.

Pour elle le nœud du problème est pourtant siiiiiiii simple :

  • Un véhicule agrée pour le transport de corps
  • Un cercueil
  • L’inhumation ou la crémation

Amis pompes funèbres comprenez : toutes les autres lignes sur votre devis sont inutiles. Non seulement pour la représentante de Familles Rurales c’est surfait mais pire, c’est de l’abus, du simple profit de personnes endeuillées. Et là en revanche cela me fait moins rire.

Voilà des années que l’on martèle aux pompes funèbres de ne pas faire que de la vente mais de faire aussi du conseil et surtout de l’accompagnement au deuil. Maintenant que le secteur commence à bouger et que les professionnels s’investissent plus qu’avant dans ce processus complexe on leur dit qu’ils en profitent.

Évidemment les commentaires que la profession craignait ne tardent pas à arriver car elles sont le reflet d’un manque de connaissance absolu et pullulent sous l’article :

« Le prix des concessions dans un cimetière est souvent exorbitant » :

  • Ce n’est pas du ressort de la pompe funèbre.

« Lors du décès de mon mari, à notre domicile, en mars 2016, j’ai dû payer 146€ au médecin du SAMU venu constater le décès à la demande des pompiers que j’avais appelés. (…) » :

  • Encore une fois, ce n’est pas du ressort de la pompe funèbre.

« C’est la dernière ligne droite où l’on peut encore vous racketter » :

  • Non « mmemime » vous avez encore les impôts pour ça.

« Les compagnies d’assurance l’ont bien compris aussi et on à paie à « vie » et à crédit sa mort » :

  • Là encore une fois, ce n’est pas du ressort de la pompe funèbre.

Finalement aux pompes funèbres qu’a-t-on à leur reprocher ? Mystère-mystère.

Vous aussi vous avez réagi. La petite tête rouge ‘grrrr’ nouvellement apparue sur Facebook il y a peu a chauffé ce week-end. 26 pour être précise, 3 larmichettes, 1 étonnement et 1 fou rire, nerveux je pense. Mais globalement vous êtes tous d’accord, les prestations optionnelles sont parfois plus qu’indispensables.

Capture-d’écran-2016-11-02-à-11.04.47 RTL / Familles Rurales : Les raisons de la colèreCapture-d’écran-2016-11-02-à-11.05.16 RTL / Familles Rurales : Les raisons de la colèreCapture-d’écran-2016-11-02-à-11.05.29 RTL / Familles Rurales : Les raisons de la colère

Alors voilà, venez pleurer familles endeuillées, asseyez vous à notre bureau, dégustez un bon café. Venez parler de votre vie et de celle de votre défunt, nous ne vous écouterons pas, venez l’honorer en lui proposant quatre planches toutes simples. Allez faire vos démarches innombrables qui ne font que commencer, seules. Ne sachez surtout pas comment financer vos obsèques, si nous, nous vous le disons pas, personne ne le fera. Un caveau familial ? quelle idée saugrenue ! un petit trou par ici fera grandement l’affaire. Pourquoi voulez-vous que notre personnel qualifié porte le cercueil ? Quelques bras de votre famille en pleurs suffiront amplement. Et si vous avez du chagrin, si la sépulture glaciale est vide, et si vous gardez une mauvaise image de votre défunt, si vous n’avez pas pu lui dire au revoir, surtout surtout, ne nous remerciez pas.

Bien sur nous n’avons pas les devis dans les mains, bien sur il y a peut-être des abus et encore une fois je le répète c’est possible. Bien sur nous ne devons pas imposer à la famille des options. Mais dans ce cas là, Madame, Monsieur, ne jugez pas non plus trop vite, ni trop sévèrement les pompes funèbres.

Ça s’est passé cette semaine sur Funéraire-Info

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une semaine de news

Vous n’avez pas eu le temps de lire les articles ? Vous avez manqué des infos ? Parce qu’à Funéraire-Info nous savons que vous êtes des professionnels investis dans votre travail, je vous fais ici ma sélection d’articles de la semaine.

Polémiques

Je commence par vous parler des polémiques de la semaine. La première concerne le dessin de Charlie Hebdo les célèbres caricaturistes ont agité l’Italie et une bonne partie des autres pays avec un dessin revenant sur le séisme meurtrier. 

Un an après la mort d’Alan Kurdi, le monde s’indigne face à ces morts d’enfants migrants toujours de plus en plus nombreuses.

Thanatopraxie : Un article de Vice sème des réactions contrastées. Funéraire-Info donne la parole à Alexandre le thanatopracteur de l’article et à Clément Pouré le journaliste qui a écrit cet article. A lire demain sur Funéraire-Info.

 

Les décès 

Décès de Gene Wilder 

Annonce du décès du porte parole de l’Etat Islamique 

Décès du photographe Marc Riboud 

Décès de la gymnaste résistante Caslavaska 

Hommage à Sonia Rykiel.

Le président d’Ouzbékitan est mort.

Figure de la résistance dans le Nord, E. Hallendre est mort.

Point Funexpo

Le rendez-vous à noter dans votre agenda, France Funéraire à Funexpopour ceux qui en ont encore, personnellement je suis retournée au Bullet Journal, la version papier restant la meilleure

A découvrir au salon, le CE pour tous.

PierrePolie à Funexpo, votre autre rendez-vous au salon.

Côté pro

Nouvelle dans le Loir-et-cher de la marbrerie Moderne.

Les partenariats qui re-dessinent le paysage funéraire. POMPES FUNÈBRES DE FRANCE, Fape Obsèques et le Voeu

Moins d’un an avant les présidentielles, quelle place les politiques vont-ils accordés au funéraire ?

Les Assises du Funéraire en France, un évènement incontournable. N’oubliez pas de vous inscrire.

Guillaume vous conseille de faire attention à vos salariés vampires avec cette tranche de vie.

L’éternel débat sur les crématoriums. 

Ca s’est passé en France

Parfois on ne peut rien faire contre les impasses administratives. Lorsque le souhait du défunt n’est pas respecté.

Les contrôles de la répression des fraudes révèlent les abus.

Un élu FN retrouvé mort menotté.

Les erreurs médicamenteuses sont la cause d’un grand nombre de décès.

Mort de faim et seul, les drames oubliés.

Enfants

Près de deux ans après la mort de Corentin, deux médecins sont mis en examen 

Dans un mois aura lieu la journée internationale du Deuil périnatal, La Petite Gomme accompagne les familles dans leur travail de deuil.

Une erreur douloureuse en Australie

Décès d’une petite fille de 7 mois dans une crèche à Lens

Des photos pour aider au deuil périnatal. 

Ca s’est passé ailleurs

Erreur d’identification au Canada http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201608/21/01-5012793-erreur-didentification-de-corps-une-morgue-trop-accessible.php

Italie, la mort en direct d’un jeune homme en plein sport extrême.

Séisme en Italie, c’est le temps du recueillement.

La guerre en Syrie ramène l’espérance de vie des années en arrière

En Iran, pleurer la mort de quelqu’un peut s’avérer fatal, surtout s’il on est une femme.

C’est de l’inconscience professionelle que nous relate ici France-Bleu

Un russe se porte volontaire pour une greffe de tête.

 

Erreurs 

La voix du Nord nous révèle ici une erreur d’urne au colombarium et la difficulté d’expliquer l’incident à la famille.

Encore une erreur révélée par la Voix du Nord, la mairie du Portel responsable.

Détente

Reprise du travail pour Mélanie

On se détend avec les meilleurs posts de Twitter de la semaine

Les vacances de Claire

A la (re)-découverte du monde fabuleux de Benjamin Lacombe.

Animaux 

Triste spectacle de ces rennes morts foudroyés en Norvège.

Décès de Cerise, la vache star du salon de l’agriculture.

Théorie sur le suicide animalier 

Mort du chat qui apportait tant de réconfort aux endeuillés.

 

Centenaire, interdiction de courir dans l’ossuaire de Douaumont

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La polémique du jour, puisque pas une semaine ne semble passer sans qu’il y en ait une, ce sont les commémorations de la bataille de Verdun à l’ossuaire de Douaumont, et ces enfants courant dans les allées du cimetière ou il est interdit de courir d’après le réglement intérieur. Certains aiment, d’autres non, mais une chose est sûre : cet hommage censé sceller l’union divise…

Verdun, les forces en présence…

Le temps fort, c’étaient ses enfants courant parmi les tombes des soldats tombés à la bataille de Verdun, vêtus de tenues bariolées, course rythmée par les Tambours du Bronx.

Et comme toujours, il y a deux camps : les Pour selon qui les Contre sont « d’infâmes réactionnaires proche de l’extrême droite » et les Contre qui expliquent que les Pour sont des « dégénérés irrespectueux ». Les amateurs de nuances sont partis se faire un café.

Un observateur non averti pourrait être tenté de voir un troisième camp, celui des Neutres, qui expliquent que « les français sont des râleurs, de toute façon, ils ne sont jamais contents », mais la plupart du temps, ils se joignent aux Pour.

Alors, qui a tort, qui a raison ? Nous avons demandé à notre expert normand, qui a été formel « Ben, ça dépend ». En tout cas, une chose est sûre : cette cérémonie, destinée à célébrer la concorde et l’union, a été placée dès le début sous de mauvais auspices, après l’affaire Black M.

Nous avons décidé de laisser la parole aux pour, aux contres, puis de livrer notre vis appuyé sur le pragmatisme.

Les pour

Charlotte a été sensible au symbole : « Moi j’y vois un symbole. Ses soldats sont morts pour la liberté. Ils ont courus sur ses mêmes terres, pour que les générations futures soient libre. Je pense, sans parler en leurs noms, qu’ils auraient aimé, voir ses jeunes Français et ses jeunes Allemands, courir en toute liberté… » posée et pragmatique, c’est une des rares à garder son calme.

Nehra s’agace de ceux qui s’offusquent du fait que les enfants piétinent les tombes « J’en pense qu’ils sorts morts, et que pour certains, y’a rien dans les tombes. Les gens qui râlent n’ont évidemment pas compris le sens de cette commémoration : la vie continue. Moi, ça me gène pas. »

Line précise « Ce sont des Allées !!! Arrêtez de dire sur les tombes ce sont des allées » et Jules ajoute « Vous savez qu’il y a des gens qui entretiennent l’herbe qui pousse ?! Ben ils passent la tondeuse dessus et du désherbant, vous savez aussi que le mémorial à était agrandit ? Ils ont utilisé des tractopelle et ont remué la terre et trouver des restes humain là où il y avait un parking et ils en ont refait un par dessus… »

Les contre

Les contres sont beaucoup plus nombreux, du moins, à laisser des commentaires.

« Manque total de respect » « Indignée » « On ne court pas dans un cimetière » sont les réactions les plus fréquentes, dans un langage parfois très fleuri.

Tito vise les coureurs de Verdun : « je pense que heureusement qu’il n’y a plus de guerre parceque c’est pas avec eux qu’on l’aurait gagné » François trouve cela « Absurde et déplacé on ne respecte plus rien … » et Morticia ironise : « Estimons nous heureux, on a échappé à Black M … »

Mais le plus radical, c’est Corvus « Perso, on devrait arrêter les commémorations. C’est bon on va pas encore chialer et s’excuser les uns les autres pendants des siècles! C de l’histoire ancienne à un moment donner faut pas oublié certes, mais c’est bon quoi. Ceux de cette génération sont tous morts ou bientôt, et les derniers survivants ont peut-être envie aussi de penser à autre chose. Mais c’est bien humain ça de vivre dans le passé et de ce la jouer dramaturge et compagnie, avec mise en scène et…. Bah moi je trouve que dans le fond ça manque totalement de respect et ça se tourne en ridicule! »

Mais, finalement, on en pense quoi ?

A Funéraire Info, nous avons tout simplement décidé de lire le règlement intérieur du site de l’Ossuaire de Douaumont. Il y est entre autre précisé que « Une tenue correcte est exigée, pour les messieurs tête nue » et surtout « On ne crie pas, on ne court pas. »

On ne crie pas, sans doute non plus ne pilonne-t-on pas des tambours. Et on n’y court pas.

Nous nous posons une seule question. Si des enfants ont pu courir au milieu des tombes sous l’œil bienveillant du Président de la République lui-même, comment les gardiens du site, voire même les parents, vont ils ensuite pouvoir expliquer aux petits visiteurs qui joueront à loup ou à chat perché autour et sur les tombes, que c’est un lieu de recueillement ?

Comment expliquer la solennité que se doit d’avoir un lieu de mémoire ? Ce qui pose problème, ici, c’est que le Président de la République, qui est censé montrer l’exemple, approuve au prétexte d’une cérémonie officielle ce qui est interdit tout au long de l’année par le règlement. Les commémorations sont elles au dessus des règlements ? La volonté des politiques peut elle s’affranchir des obligations du commun ?

Pour théorique qu’elle soit, que direz-vous à un gamin mal élevé qui courra parmi les tombes, dérangeant les familles venues se recueillir, et qui vous répondra « C’est le président qui a dit qu’on pouvait » ?

Le site internet de l’Ossuaire de Douaumont : www.verdun-douaumont.com

Game of Thrones, vraie fausse polémique sur l’épisode 6 ?

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"Games of Thrones n'est pas une série violente. Compris ?"
Une polémique agite le petit monde des fans du Trône de Fer, sur la fin de l’épisode 6 de la saison 5. Tout cela semble un peu exagéré. Attention, spoilers.
Saison 5, épisode 6, drame conjugal

La scène qui provoque l’émoi ? A la fin de l’épisode, Sansa Starck, qui vient d’épouser Ramsay Bolton, subit une lune de miel en forme de viol conjugal sous les yeux horrifiés de Théon Greyjoy, forcé d’assister à la scène.

Aussitôt, les fans s’émeuvent : la scène est inutilement brutale, et n’existe même pas dans les livres. Ce qui est source du premier malentendu : dans les livres, Ramsay épouse une autre femme qui a usurpé l’identité d’Arya, la sœur de Sansa, et la torture, avec l’aide de Théon, qui prend un statut actif dans les tourments de la jeune femme. Celle-ci sera sauvée par Mance Rayder… qui est mort, dans la série.

En un mot, on n’a pas compris : est-ce que ce qui choque les fans, c’est l’éloignement d’avec le livre, ou la brutalité de la scène ?

La brutalité ? Fausse excuse

Ne prêtez pas à mes propos une interprétation autre que fictionnelle, mais, comparée à d’autres, cette scène est franchement soft. Presque entièrement suggérée, elle était, de surcroît, prévisible : l’innocente Sansa épousant par intérêt un sociopathe sadique, on a du mal à trouver une fin heureuse. Et puis…

… Et puis, c’est Game of Thrones. Le père, Eddard Starck, héros putatif de la série, se fait couper la tête à la fin de la saison 1 après être tombé dans un piège politique, le frère et la mère de Sansa, avec une grande partie de leurs alliés, sont massacrés à l’arbalète, achevés à coups d’épées, égorgés, la reine mère se fait violer par son frère à côté du cadavre de son fils empoisonné, et ne parlons pas de la « métamorphose » de Théon en Schlingue. J’en passe, parmi lesquels l’amour pour John Snow et sa vision littérale de la flèche de Cupidon en plein cœur.

Il ne fait pas bon d’être un personnage de Game Of Thrones, et il ne fait pas bon, pour le public, s’attacher à un personnage. Les spectateurs avaient eu quatre saison et demi pour le comprendre.

Les contradictions face au livre ? Fausse excuse

Game Of thrones est inspirée, pas adaptée, des livres de Georges RR Martin, comme le souligne l’auteur lui-même. Même si la saga littéraire et la série devraient se finir de la même façon, (que l’on ignore encore aujourd’hui), les chemins pour arriver à cette conclusion seront très différents. C’est là que réside l’intérêt : ne pas assister à une transcription mais à une création à partir d’une autre création.

Et ce n’est pas la première fois : les différences entre les livres et la série sont bien présentes, assez pour revendiquer ce statut.

Alors ?

Que penser au final de tout cela ? On se rend compte que la polémique est parie de groupes féministes américains qui luttent contre les viols conjugaux. Ce qui est très bien, c’est une noble cause, pas de soucis, mais la stratégie choisie est… Etrange. L’idée, ce serait de ne plus montrer ce genre de choses dans les œuvres de fiction ?

C’est curieux, parce que, parcourant les forums consacrés à la série, les réactions sont unanimes : les spectateurs ont été dérangés par la scène. J’aurais plutôt été enclin à penser que, de cette façon, l’objectif était atteint, et le message, si du moins il y en avait un, passé. Ces groupes ont appelé au boycott de la série : on fera un bilan à la fin de la saison.

Mais, j’ai eu beau faire des recherches, lorsque Ed Starck s’est fait couper la tête à la fin de la saison 1, pas un groupe de lutte contre la peine de mort n’a bougé. Peut être qu’ils ont compris que tout cela était de la fiction ?

Les dents de l’amer, la (mauvaise) humeur de Guillaume

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La scène est bien connue : un baigneur profite innocemment de la tiédeur des eaux estivales. Un grand requin blanc arrive et l’avale. Mais est-ce véritablement un scandale ? En tout cas, c’est une rime.

grand-requin-blanc-carcharodon-carcharias-02-300x240 Les dents de l'amer, la (mauvaise) humeur de Guillaume
Grand requin blanc

Les attaques de requins se multiplient, vous en avez peut être entendu parler dans l’actualité. En France, de surcroît. Bon, pas en France Métropolitaine : même si la Bretagne peut s’enorgueillir de la présence placide de squales, le requin-marteau totalement inoffensif, cela fait longtemps qu’on n’a pas aperçu un grand blanc dans le port de Marseille. Non, dans les DOM, à la Réunion.

Il se trouve qu’un requin a fait son casse-croûte d’un surfeur. Du moins est-ce qu’on peut lire dans la presse, vous noterez l’imprécision. Quel genre de squale ? Un requin pèlerin ? Un requin blanc ? Un dormeur ? Un lézard ? Un griset ? Un requin à pointe noire ? Un mako ?

3-requin-blanc-romain-catros-300x300 Les dents de l'amer, la (mauvaise) humeur de Guillaume
Grand requin blanc

Et voilà qu’on sonne l’hallali. D’un côté, au titre du principe de précautions, l’on va fermer les centre de loisirs nautiques. Cris et hurlements des professionnels du tourisme. De l’autre, l’on prend des dispositions pour éradiquer la menace. L’on parle de plus en plus de capture et d’extermination systématique. Cris et hurlements des écologistes, scientifiques, et des amoureux de requins.

Parmi les amoureux de squales braillards, vous voyez le troisième en partant de la droite ? C’est moi. Précision dictée par un pur souci d’éthique : il est bon que vous sachiez que cet article n’est pas objectif.

Ceci dit, comparons.

Le requin, sous sa forme moderne, est apparu au crétacé, il y a cent millions d’années. Il est le fruit d’une évolution de trois cent millions d’années : leurs ancêtres sont nés au dévonien. Il est donc 99 millions d’années 800 000 ans plus vieux que l’homme. Il en existe des dizaines d’espèces, qui vont de dix-sept centimètres à vingt mètres. Beaucoup sont végétariens, mais les prédateurs appartiennent souvent à l’espèce des super prédateurs : ce sont de parfaites machines à tuer, au sommet de l’échelle alimentaire. Leur odorat est extrêmement développé. Ils peuvent s’adapter, grâce à leur régulation thermique, à différentes températures d’eau, en fonction de la profondeur. Leur mâchoire est unique au monde. Quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, il est non seulement parfait, mais de surcroît esthétiquement sublime. Sa population n’a cessé de diminuer, et 70 % des espèces de requin aujourd’hui sont en voie de disparition. Quand un pêcheur tue un requin, il ne fait pas d’histoires.

Touriste-Gitem Les dents de l'amer, la (mauvaise) humeur de Guillaume
Touriste fin prêt pour un duel au corps à corps avec un grand requin blanc

Le touriste, sous sa forme moderne, est apparue vers 1970. Il est le fruit des trente glorieuses. Ses ancêtres sont nés en 1936, lors de l’apparition des congés payés. Il en existe des dizaines d’espèces, qui vont du cadre supérieur à l’ouvrier. Il se déplace dans des boîtes en fer qui empoisonnement l’air, jette dans l’eau toutes sortes de déchets qui forment de super-îles au milieu des océans et, en se décomposant, modifient l’acidité des pôles, boit des Martinis à la terrasse d’un restaurant en rêvant d’une plus grosse voiture. Il est incapable de s’adapter à son environnement, il lui faut une veste polaire quand il fait froid et un climatiseur quand il fait chaud. Quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, on ne peut s’empêcher d’avoir un petit peu honte. Sa population n’a cessé d’augmenter, sauf durant les brèves périodes baptisées « guerres » ou il massacre avec enthousiasme ses semblables, croissance qui va poser de sérieuses difficultés, très bientôt. Quand un requin tue un touriste, le touriste hurle et exige l’extermination de tous les requins, parce que zut, si on ne peut plus surfer sans se faire bouffer, ou va-t-on ?

C’est donc pour le plaisir d’une bande de gommeux désœuvrés qui veulent faire mumuse avec une planche en carbone au sommet des vagues parce qu’ils sont trop fainéants pour relire « Madame Bovary » que l’on réfléchis à la possibilité de porter un coup quasiment fatale à une des espèces les plus anciennes et les plus fascinantes du règne animal.

Que le requin ait croqué un surfeur, c’est dans l’ordre naturel des choses. De son point de vue, un surfeur, ça se mange. C’est le surfeur qui était en dehors de son habitat naturel.

411777219-300x196 Les dents de l'amer, la (mauvaise) humeur de Guillaume
Oeuvre d'art ? Non, grand requin blanc

Un jour, l’homme acceptera d’être mis en face de ses responsabilités, il conviendra que, s’il s’aventure en mer, c’est à ses risques et périls, il cessera enfin cette attitude puérile baptisée « principe de précautions » et assumera sa propre mortalité. Alors, il se fera bouffer sereinement, et moi, je n’aurai plus l’impression de radoter.

Ceci dit, quoiqu’il ait fait beaucoup de torts aux squales, et qu’il raconte à peu près n’importe quoi, « les Dents de la Mer » est sans doute l’un des meilleurs films de l’histoire de l’humanité. Il ressort en Blu-Ray le 17 août prochain. Si vous ne l’avez pas vu, c’est le moment. Si vous l’avez vu, vous serez certainement impatients de le revoir.