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Anarchie : quand les scellés disparaissent avant la crémation

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Des soucis de toute sortes peuvent venir contrarier une crémation. Retards divers et variés, pannes, mais cette histoire est assez unique dans son genre. Même si quelques détails de décorum sont de mon cru, Angélique, qui me l’a racontée, s’est vraiment fait faucher ses scellés. Vous avez bien lu.

Ni Dieu, ni Maître

Angélique était encore dans le hall du crématorium quand la directrice l’interpella « Attends, il y a un problème, viens voir. ». La conseillère funéraire pâlit « Avec le convoi Chombier ? Encore ? ».

Deux jours avant, alors qu’elle préparait les obsèques de Monsieur Chombier avec la famille, cette dernière avait expliqué « Il était musicien, est-ce que c’est possible que ses amis jouent de la musique pendant de la cérémonie ? De la guitare, ce genre de choses ? ». C’était possible, bien entendu, ce que Angélique s’était empressée de confirmer aux proches.

Sauf que, dans la tête de la famille, « ce genre de choses » consistait en un piano et une batterie. Le personnel du crématorium avait fait une tête de six pieds de long en les voyant arriver, et c’est grâce au monte-charge qu’ils avaient pu être amenés dans la salle de cérémonie. Le petit morceau musical s’était changé en bœuf.

Devant l’air affolé de la directrice, Angélique se demanda ce qu’il pouvait bien y avoir de pire que de trimballer un piano droit et avoir une batterie complète à monter dix minutes avant la cérémonie… « Les scellés du cercueil ont disparu » oui, il y avait ça, évidemment.

« Disparus ? » répéta la conseillère funéraire d’un voix blanche.

« Disparus », en effet, à ne pas confondre avec « oubliés ». Angélique avait convoqué elle-même la police, assisté à leur pose, et la présence des cachets de cire, à la tête et aux pieds du cercueil avaient été contrôlés à l’arrivée au crématorium par un agent. Ils avaient été là, et ils n’y étaient plus.

Ce fut sur ces entrefaites qu’un agent du crématorium surgit, une corbeille à papier à la main « Madame la Directrice » cria-t-il presque, montrant le contenu de la corbeille.

A l’intérieur se trouvaient des débris de ce que tous identifièrent immédiatement comme des scellés. LES scellés, ceux qui s’étaient mystérieusement envolés. Et tous se posaient la même question « qu s’était-il passé ? »

Angélique et la directrice se rendirent dans la salle d’attente où la famille patientait pour le départ en crémation. D’emblée, la conseillère funéraire se lança « Il y aura du retard, on a un gros problème » avant de se lancer dans l’explication. Elle comme la directrice notèrent que la réaction de la famille était curieuse : au lieu de s’affoler ou de se mettre en colère, ils se lançaient des regards gênés.

« C’est obligatoire, ces scellés ? » demanda l’un.

« Oui, c’est obligatoire » intervint la directrice du crématorium « Sans eux, je ne peux pas faire partir le cercueil en crémation. Si je m’avisai de le faire, le crématorium serait fermé et je risquerai de finir en prison ». C’était un peu exagéré, pour tout dire, mais les deux professionnelles avaient deviné que la famille cachait quelque chose, et elles étaient bien déterminées à découvrir quoi, quitte à les bousculer un peu.

Angélique en rajouta une couche « Il va falloir demander à un policier de revenir, et il est en droit d’exiger l’ouverture du cercueil pour vérifier l’identité du défunt ».

La famille blêmit,avant qu’un homme, le pianiste et meilleur ami du défunt, n’explique « Ben… ce sont ses copains. Vous savez comme c’est, nous, les musicos, on est un peu anars… Et bon, les potes, quand ils ont vu écrit ‘’police’’ sur les cachets de cire, là, ils ont mal supportés qu’il parte avec les condés. Donc… »

« Donc, ils ont enlevés les scellés » finit la directrice.

« Ouaip, et ils les ont mis à la benne » acheva le pianiste.

La police fut rappelée d’urgence par la conseillère funéraire. Par chance, le brigadier était disponible, et, sympathique, n’exigea pas la réouverture du cercueil. Mais, comme il le signala à Angélique et à la directrice du crématorium, c’était un délit, et il serait obligé de faire une main courante.

Tout fut arrangé, et Monsieur Chombier fut finalement crématisé avec une demi-heure de retard. C’était la dernière crémation de la journée pour ce four, le dépassement était possible.

Les proches de Monsieur Chombier quittèrent le crématorium, et essayant de se composer un air contrit. Mais le pianiste sifflotait entre ses dents « Ni Dieu, ni Maître » de Ferré.

Ne mettez pas la pression aux pompes funèbres

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Vous êtes appelés pour un enlèvement de corps sur la voie publique, voire, comme ça arrive, sur la voie ferrée. Outre la difficulté qu’il peut y avoir, dans certaines circonstances, à enlever le corps, se rajoute à cela un élément perturbateur : les différents protagonistes vous mettent une pression parfois contradictoire. Une difficulté à gérer sans faire dans la dentelle.

Etude de cas

C’est un cas auquel beaucoup seront confrontés durant leur carrière : un suicide ferroviaire. Tout simplement, le candidat au trépas se met debout sur la voie ferrée et attend le train. Selon où il l’attend, le corps peut être plus ou moins disloqué.

Le conducteur appelle sa base, qui appelle les autorités, qui appellent les pompes funèbres, et voici tout ce monde réuni sur les lieux. Malheureusement, tout le monde n’a pas le même objectif en tête.

Le but des pompes funèbres et de la gendarmerie, ou de la police, est souvent similaire : faire en sorte que le maximum de parties du corps soient récupérées. Pour des raisons différentes : par respect du défunt, pour les pompes funèbres, et pour les besoins de l’enquête, pour les autorités. Par besoins de l’enquête, entendez que le médecin légiste risque de leur casser les pieds si il manque des éléments importants.

Mais le but des représentants de la SNCF est généralement différent : eux, ils veulent que le train reparte, et vite. Pas par manque d’humanité, là n’est pas la question, simplement, parce qu’il s’y trouve des centaines de personnes, qui seront retardées où elles sont attendues et des millions d’euros en jeu. Et parce qu’un train bloqué sur une voie entraîne des retards en cascade.

Le gendarme a toujours raison

Donc, l’objet ici n’est pas de jeter l’opprobre sur la SNCF : la critique est facile, mais l’art difficile.

Simplement, les pompes funèbres se retrouvent, dans ce cas de figure, prises entre deux feux : d’un côté, la gendarmerie qui veut s’assurer qu’il ne manque rien, et de l’autre, les représentants des chemins de fer qui veulent que tout soit fini le plus vite possible. L’un comme l’autre ne se privent pas, généralement, de le faire savoir aux pompes funèbres.

Alors, quelle est la solution ? Et bien, c’est simple : les ignorer royalement. Que vont ils faire ? Appeler une autre pompe funèbre ? Le temps qu’elle arrive sur place sera du temps de perdu.

L’attitude raisonnable est celle du gendarme, qui rejoint l’attitude que doivent observer les pompes funèbres, à savoir traiter au mieux le défunt. De surcroît, ce sont eux qui vous appellent, pas la SNCF.

Vous constaterez qu’en adoptant une attitude ferme mais polie, vous obtiendrez plus de résultats qu’en essayant de faire plaisir à tout le monde.

La pression

Parce que celui qui vous met la pression ne le fait pas pour son propre plaisir. Prenons l’exemple d’un cadre de la SNCF avec le suicide ferroviaire qui sert d’étude de cas au présent article. Il ne fait que retransmettre la pression qui lui est mise par des impératifs théoriques. En réalité, son problème professionnel est quasiment mineur par rapport au fait qu’il se trouve en présence d’un défunt, qui a eu une mort brutale, dans une situation inhabituelle pour lui, avec un collègue, le conducteur du train, probablement en état de choc, etc.

Ce dont il a besoin, comme ce dont on besoin toutes les personnes qui vous mettent la pression, ce n’est pas d’un « oui » minaudé par un petit bonhomme terrifié, c’est d’une réponse claire apportée par un professionnel qui sait ce qu’il fait. Il pourra ainsi faire remonter à sa hiérarchie qu’il a fait tout ce qu’il fallait, mais que ce n’était pas possible autrement.

Pour faire clair : refusez qu’on vous mette la pression. Si on vous a appelé, c’est pour faire un travail que le demandeur ne pouvait pas faire lui-même. Il n’a d’autre choix, dans ce cas, que de vous laisser le faire à la façon dont il doit être fait.

Enterré vivant, son téléphone avait du réseau dans sa tombe

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tombe cimetière moscou enterré vivant
La tombe de Kikhmet Salaev (capture d'écran télévision moscovite)

Avant toute chose, la direction de Funéraire Info tient à s’excuser auprès de ses lecteurs claustrophobes. C’est en effet une histoire d’enfermement qu’a vécu cet homme d’affaire Russe. Un aperçu de l’existence après la mort dont il se serait bien passé. Il en est revenu avec une information précieuse : dans la tombe, on a du réseau.

Kikhmet Salaev, un Russe de 41ans, a été enterré vivant, avec un téléphone portable. En cause ? Une dette d’environ 450 000 euros (trois millions de roubles).

Tout a commencé avec une négociation d’affaire avec ses associés. Rapidement, le ton est monté. Kikhmet a alors été saisi et emmené, avec une cagoule sur la tête. Malmené et littéralement traîné jusqu’à sa tombe, il a compris qu’on l’enterrait vivant, avec quelques simples consignes : se débrouiller pour payer sa dette.

Fort aimablement, ses ravisseurs lui ont laissé son téléphone portable, et, fort heureusement, il avait du réseau. Inhumé face contre terre, avec quelques planches jetées sur lui en guise de cercueil de fortune, Kikhmet a pu joindre son frère, lui donnant des consignes pour le règlement.

La rançon, 25 000 euros « d’acompte », s’est vue augmenter des intérêts, la BMW 535i de Kikhmet, un modèle qui se négociait neuf aux alentours des 60 000 euros (sans les options). Une fois l’argent livré, les ravisseurs ont indiqué au frère de Kikhmet où il se trouvait.

C’est dans un endroit de circonstances qu’il a été retrouvé, puisque Kikhmet avait été enterré vivant au cimetière de Lyubertsy à Moscou. En tout et pour tout, l’homme sera resté quatre heures dans sa tombe.

Kikhmet a été hospitalisé, souffrant de nombreuses fractures des côtes et d’hématomes sur tout le corps, conséquence se son enterrement mouvementé.

Ses ravisseurs, membres de la mafia Russe, restent introuvables. Ils ont néanmoins signifié au frère de Kikhmet qu’ils sauraient où le retrouver, lui. Impossible pour eux, donc, d’enterrer le passé.

Attentats de Londres : la police anglaise, désarmée mais pas démunie

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Hier, encore une fois, le terrorisme a frappé au cœur de Londres. L’attaque a été stoppée par la police britannique, malgré le fait, particulier à l’Angleterre, que la police ne soit pas armée. Pourquoi les policiers anglais ne sont ils pas armés, et pour combien de temps encore ?

Note : Bobbie, ou Bobby en version originale, est le surnom donné aux policiers de patrouille de la Metropolitan Police de Londres, reconnaissable à leur chapeau.

Police du peuple

La police anglaise telle que nous la connaissons a été créée au 19ème siècle, et, immédiatement, il a été décidé que les Bobbie ne seraient pas armés. Ceci pour deux raisons, espacées dans le temps.

Lors de la définition du corps de police, les fondateurs ont souhaité des policiers non armés, pour les distinguer de l’armée. Avec un message : la police devait être une force qui appartenait au peuple, pas à l’état.

La contrepartie était drastique, mais acceptée bien volontiers par tous : la sanction contre un agresseur de policier serait exemplaire. Jusqu’en 1936, l’agresseur d’un policier écopait au minimum de la prison à perpétuité, et encourait la pendaison.

Diverses affaires au cours de l’histoire posèrent la question de l’armement ou non des policiers. Après l’assassinat de quatre agents en 1886, les policiers de patrouille furent autorisés à porter ou non une arme, à leur libre choix. Ceux qui optaient pour cette solution étaient majoritairement des agents de ronde dans les quartiers louches ou les patrouilles de nuit.

Le Bobbie désarmé

En 1936, l’ambiguïté fut le levée : les Bobbie seraient, officiellement, une force de police désarmée. Avec une idée qui peut sembler naïve, mais qui pourtant a fait ses preuves : si les policiers ne sont pas armés, alors les voyous, bandits, malfrats etc. ressentiraient moins le besoin d’acquérir un arsenal. Dans les faits, les Bobbie sont tout de même équipés d’une matraque et d’un taser.

Mais une seconde force de patrouille parallèle serait constituée, armée, avec des agents formés au maniement des armes, aux règles d’engagement, à la légitime défense et suivis psychologiquement.

C’est ce système qui perdure aujourd’hui. L’idée est simple : lorsqu’un besoin de la force se fait sentir, un Bobbie appelle une patrouille armée. Disposées partout dans la capitale, mobiles ou stationnées dans des postes de police, celles-ci sont positionnées de façon à pouvoir toujours être sur les lieux moins de dix minutes après l’appel, d’où qu’ils proviennent.

Ces policiers armés représentent aujourd’hui 5 % des effectifs de la police britannique.

Et en France ?

Certains posent la question de désarmer la police en France. La réponse est simple, claire et limpide : non, il est trop tard.

La différence vient du fait que, dès le début, les policiers britanniques étaient désarmés, ce qui a freiné la course à l’armement chez les malfrats anglais. Si les policiers sont désarmés, les bandits de sa Très Gracieuse Majesté sont, également, les moins armés au monde. Ce qui n’est pas le cas ailleurs.

Avec le nombre d’armes en circulation chez les voyous français, et les tensions qui règnent, désarmer la police reviendrait à transformer les gardiens de la paix en cibles mobiles.

A ce propos, alors que, dans les années 80, moins de 10 % des britanniques étaient favorables au réarmement de la police, ils sont aujourd’hui presque 50 %. Les policiers, eux, sont encore majoritairement désireux de ne pas porter une arme, mais plus pour ne pas accélérer la course aux armements avec la pègre.

Lorsqu’on lit les études, on se rend compte que la réponse des autorités n’est pas que les policiers britanniques ne seront jamais armés, mais qu’ils le seront le plus tard possible. Un constat pessimiste.

L’Angleterre, de ce point de vue, est une exception, la seule autre force de police désarmées au monde est la Nouvelle-Zélande. Mais, comme ces derniers parlent anglais, boivent le thé à 17 H, roulent à gauche et que leur chef d’état est al Reine d’Angleterre, on n’est pas bien sûr que ça compte.

Et cas d’attentats

La police britannique a mis en place une procédure précise en cas d’attentat. Si une attaque survient, les Bobbie doivent aider le plus de personnes possible à se mettre à l’abri après avoir averti les forces armées. Une fois ces dernières sur site, les rôles sont bien établis : les policiers armés doivent uniquement se concentrer sur la neutralisation de la menace. Chaque zone sécurisée est ensuite investie par les Bobbie, qui commencent alors le travail d’aide aux victimes et de sécurisation des lieux. Lors de l’attentat de samedi soir, les policiers armés ont mis neuf minutes à se rendre sur les lieux et à tuer les terroristes, un timing équivalent au temps d’intervention de leurs confrères.

Fériés de mai et services essentiels, pas de pont pour les indispensables

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Ca y est, le grand tunnel des ponts du mois de mai est officiellement lancé. Ce cauchemar de chargé de planning peut être aussi celui de celles et ceux chargés d’assurer la continuité des servies indispensables, parmi lesquels la santé et les pompes funèbres.

Le travail, un premier mai, n’est prévu que pour ceux dont la fonction est essentielle : transports publics, hôpitaux, police et gendarmerie, armée, et le service après-vente, les pompes funèbres. Sans oublier les journalistes : si il n’y a pas de journaux le premier mai, les rédactions sont déjà au travail pour fabriquer celui du deux, leur jour de congé se situant alors le trente avril, en décalé.

Tout travail mérite salaire

« L’indemnité spéciale du 1er mai. Lorsque le 1er mai n’a pu être chômé, du fait de la nature de l’activité de l’entreprise, le salarié a droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire« . Code du Travail, article L. 3133-6..

C’est ça, la bonne nouvelle : travailler le premier mai, ça paie double. Petite compensation pour celles et ceux qui n’ont pas le choix, et bonus pour les volontaires.

Il faut reconnaître que la tâche, pour les pompes funèbres, est singulièrement plus compliquée que pour les autres services. Les hôpitaux, par exemple, sont autonomes, et ont leur propre stock de matériel et fournitures, tous les services y sont ouverts, évitant les incidents type « On ne peut pas le transporter d’urgence au service des grands brûlés, c’est fermé, on est le premier mai ».

Les voyous, malandrins, bandits, braqueurs, combinateurs, casseurs, délinquantes et automobiles mal garées fourniront du travail en abondance aux policiers, l’ennemi ne prendra pas un jour de repos face à nos militaires en opération, et des millions de concitoyens qui n’ont rien d’autre à faire que de se promener fourniront en abondance des usagers aux transports en commun dont le service sera pourtant fort allégé.

Les pompes funèbres ne manqueront pas non plus de leur cohorte habituelle de défunts, là n’est pas la question.

… Mais c’est compliqué

Ce dont manqueront les pompes funèbres, c’est d’interlocuteurs. Services publics fermés, lieux de culte injoignables, le service des pompes funèbres ne sera toutefois pas minimal : une équipe de transport de corps, un conseiller funéraire et un thanatopracteur de permanence devront assurer le transfert du défunt vers une maison funéraire, la toilette où les soins de conservation, la présentation, l’accueil des familles à la maison funéraire et au bureau, afin de leur présenter les indispensables devis et bons de commande, et de leur faire signer les autorisations, déclarations et demandes pour tout cela.

Mais les questions que se posent la majorité des familles, « Est-ce que l’église sera disponible vendredi après-midi » « est-ce qu’il reste de la place dans le caveau de famille » ? seront hélas insolubles.

Comme un dimanche, en fait. Un dimanche en milieu de semaine, premier d’une série de fériés qui rendent le mois de mai particulièrement décontracté.

Demain, amis non travailleurs du premier mai, lorsque vous arriverez au boulot, que vous trouverez des dossiers impeccables, des familles bien reçues, des convois bien ordonnés ou il n’y a plus qu’un ou deux petits coups de fil à passer pour finaliser, penser que pendant que vous étiez occupés à folâtrer dans les vertes prairies de l’insouciance, vos collègues suaient sang et eau pour faire aussi bien que d’habitude avec moins, c’est à dire sans vous. Peut être que cette soudaine révélation du fait que vous n’êtes pas si indispensable que cela, vous aidera à être sympathique avec les équipes de permanence, leur offrir un petit café, un brin de muguet…

A celles et ceux qui nous lisent depuis leur lieu de travail, ou près de leur téléphone de permanence, bon courage !

Déclarée morte par le SAMU, ramenée à la vie par la police

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SAMU Paris ambulance secours décès

Une femme morte, ou considérée comme telle, se réveille. Non, nous ne sommes pas à la naissance d’une nouvelle religion, nous ne sommes pas non plus dans un passé lointain, ni même dans quelque contrée peu au fait des techniques médicales de pointe. Non, cette histoire est arrivée près de chez vous, cette semaine.

C’est une triste histoire…

… Qui commence par un appel au SAMU. En rentrant chez elle, une jeune fille trouve sa mère inanimée sur le sol de leur logement. Ce n’est pas la première fois : la femme souffre de nombreux problèmes de santé, et a été hospitalisée plusieurs fois à cause de son anorexie.

Le SAMU arrive avec diligence sur les lieux, et la médecin se précipite vers la victime. Un examen plus tard, elle se relève et annonce sinistrement qu’il n’y a plus rien à faire. L’infortunée est morte.

La doctoresse du SAMU remplit alors le certificat de décès, et, sans doute après un minuscule moment d’hésitation, coche la case « Obstacle médico-légal ». Ce qui implique beaucoup de choses, à commencer par un examen du corps et du lieu de décès par la police.

Et voilà donc un équipage de police qui arrive, une heure plus tard. Même si la médecin du SAMU a été prudente, il ne semble pas s’agir du lieu d’homicide évident ou spectaculaire, et les policiers font tranquillement leur travail, en suivant le schéma en escargot habituel : examen des lieux en cercles concentriques en se rapprochant au fur et à mesure du corps, pour finir par celui-ci.

C’est en vie ! C’est en vie !

C’est en l’examinant qu’un des policiers s’étonne d’un mouvement abdominal un tantinet incongru sur une personne censée être morte et prête à être enterrée. Il consulte son collègue, doutant légitimement de son impression, prennent le pouls à la jugulaire, en détectent un, mais les deux policiers doivent se rendre à l’évidence : la femme est bien vivante. Pas très en forme, néanmoins.

Ce sont les pompiers qui guident les policiers au téléphone pour la procédure de réanimation, un massage cardiaque. Ce qui donne à peu près ceci :

« – Appuie – Ok – Relâche – Ok – Appuie – Ok – Relâche – Ok »

Ad libitum pendant une demie-heure ( pour des raisons évidentes de place et d’intérêt, nous avons coupé une grande partie de cette scène au montage).

Les policiers font ensuite venir le médecin des pompiers, qui constate que la femme est bien vivante. Une procédure qui prendra sans doute tout son sens dans les prochains jours, lorsque l’infortunée devra souligner que, non, elle n’est pas postulante à un rôle dans The Walking Dead, mais victime d’une erreur médicale.

Alors, il s’est passé quoi ?

Depuis, les explications font florès. Un dérèglement du cœur, des battements anarchiques, ou trop faibles pour être détectés, les médecins sollicités par quelques journaux sont tous à peu près d’accord pour dire que le cœur ne s’est sans doute jamais totalement arrêté.

Pour le reste, ça en deviendrait presque gênant. Entre le médecin qui sous entend à l’Express que sa collègue du SAMU a eu un coup de malchance en tombant sur un cas rare, et son confrère qui explique à France TV Info que le diagnostic du décès est peut être un tantinet plus difficile à établir que ce qu’on pensait, le milieu médical hésite entre analyse d’une boulette et solidarité corporatiste.

N’hésitant pas, au passage, à risquer la psychose générale. Quoi ? On peut nous enterrer vivant ? Non, rassurons nous : la procédure de constat de décès en France est rigoureusement établie, a fait ses preuves, et le risque d’erreur, lorsqu’elle est scrupuleusement suivie, est infinitésimale. L’excuse, s’il y en a, est sans doute plus tristement pragmatique. Saturation, garde de 48 heures…

C’est juste que les médecins n’ont pas voulu enterrer prématurément leur collègue. Mieux vaut tard que jamais.

Décès brutal au domicile, intervenir en présence de la famille

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C’est un cas de figure qui peut se présenter : vous êtes appelés pour l’enlèvement d’un défunt, souvent sur réquisition, dans un contexte délicat, mort violente ou corps abîmé, et la famille est présente. C’est une situation inconfortable, qu’il va falloir savoir gérer. Quelques pistes à explorer.

Cas pratique

C’est un cas qui se présente : alertés par la famille, la police fait une découverte de corps au domicile, une dame âgée qui est tombée violemment suite à un malaise. Le corps est là depuis quelques jours, il a fait chaud, il y a d’importantes quantités de sang, autant dire que la scène n’est pas belle.

L’officier de police, après que le médecin ait confirmé que la mort ne présentait pas de contre-indication médico-légale, appelle les pompes funèbres, puis prévient la famille. Qui arrive aussitôt et se trouve là quand vous parvenez sur place.

Généralement, la police n’a pas permis à la famille d’accéder à la pièce où se retrouve le défunt, et sont très heureux de vous refiler la patate chaude.

Prendre ses précautions

Si il y a bien une chose à faire dans ces cas-là, c’est de ne RIEN dire tant que vous n’avez pas une vision globale de la situation. Parce que la famille, dans l’immense majorité des cas, va vous poser une question « Est-ce qu’on peut la voir ? ».

Commencez par expliquer que vous devez d’abord vous rendre compte de la situation. Pas de façon aussi formelle : on ne le dira jamais assez, utilisez vos mots. Sur place, près du corps, examinez attentivement la situation : est-ce que vous pouvez nettoyer suffisamment le visage et les mains pour faire une présentation rapide ? Est-ce que vous pouvez masquer les autres traces dans la pièce ?

Dans 99 % des cas, la réponse à cette question sera « non ».

Manque de neutralité

L’élément important à retenir ici, c’est que vous n’êtes pas dans un endroit neutre. Vous êtes au domicile du défunt. C’est à dire un endroit où ses proches se rendaient, où ils ont des souvenirs, qu’ils connaissent dans des circonstances souvent heureuses.

Au lieu de les rassurer, cette intimité ne fait qu’augmenter le stress. Au choc du décès qu’ils viennent d’apprendre, vous ajoutez un lieu intime et chargé de sensations positives transformé en piège mortifère. Le tout consécutivement à un décès soudain et inattendu.

Accompagner, expliquer, ne pas promettre

La première chose à faire est expliquer en détail ce que vous allez faire. La procédure est classique, enlever le corps, le déposer dans le TSC. Ensuite, anticipez : le but est de faire en sorte que la famille passe le moins de temps possible dans la pièce, voire sur les lieux, dans un premier temps.

Expliquez-leur ensuite qu’en allant se rendre compte, par eux-même, du lieu du décès, ils ne feront qu’aggraver leur choc et ne pourront pas, de toute manière, réfléchir avec les idées claires. Ne leur dites pas que c’est une mauvaise idée d’y aller, soulignez que c’est surtout le moment qui est mal choisi.

Par exemple : le défunt est décédé dans sa chambre. Après avoir enlevé le corps, essayez de dissimuler avec ce que vous avez sous la main les tâches de fluides (l’emballage de la housse de corps, par exemple, s’il n’est pas transparent, et accompagnez un membre de la famille pour choisir des vêtements pour l’habillage. Essayez toujours de focaliser son attention sur sa mission, et tenez vous le plus possible entre la personne que vous accompagnez et l’endroit du décès.

Ensuite, assurez-vous qu’ils emportent avec eux les éventuels papiers dont ils auront besoin, et qu’ils n’aient pas besoin de retourner au domicile du défunt. Parce que, si vous les avez convaincu de ne pas aller dans la pièce sur le moment, le lendemain, la tentation sera supérieure à la conviction.

tache-de-sang-domicile Décès brutal au domicile, intervenir en présence de la familleLe syndrome de la coquille vide

La question que vous vous poserez est peut être « qu’est-ce que ça change qu’ils aillent dans la pièce où a eu lieu le décès sur le moment ou plus tard, après les obsèques ? » et la réponse est simple : tout.

L’étape du deuil dans laquelle se retrouve la famille est importante, particulièrement à ce stade. Dans l’exemple de la dame âgée dont nous parlions en ouverture de cet article, ses enfants sont en état de choc. Ils n’ont pas encore assimilé le décès.

Lorsqu’ils reviennent au domicile, quelques jours plus tard, pour entamer le tri, le rangement, toutes ces corvées afférentes à un décès, ils ont intégré l’idée que leur proche n’était plus là. L’habitation n’est alors plus, dans leur esprit, un espace de vie, mais une coquille vidée, dénuée d’âme. Les souvenirs qui y ont été fabriqués ne se trouvent plus, à ce moment précis, que dans leur tête.

Un petit mot sur la rubrique

J’ai, l’autre jour, reçu un message d’un collègue des pompes funèbres au sujet d’un autre article formation : il m’expliquait qu’il faisait différemment, que sa technique marchait très bien, mais qu’il n’avait pas osé la mettre en commentaire, ni sur Facebook, ni sur l’article, parce qu’il ne voulait pas me contredire publiquement.

Au contraire, c’est fait pour. Déjà, parce que l’ancien étudiant en philosophie que je suis sait que la vérité n’existe pas, je vous laisse réfléchir là dessus et relèverai vos copies dans quatre heures. Ensuite, parce que n’ayant ni tout vu, ni tout fait, l’expérience que je partage ici n’est qu’un retour situations vécues pour aider ceux qui en ont besoin, et non pas un cours magistral sur « c’est comme ça, et pas autrement ».

Donc, vous faites autrement, et ça marche, venez nous le dire, bien au contraire, et partageons notre expérience. Par contre… Vous avez suivi mes conseils et vous vous êtes lamentablement gaufré, mettez-y les formes, il y a un petit cœur qui bat sous la cravate…

Police, gendarmerie, pompes funèbres, jamais loin les uns des autres

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Hier soir, un policier est mort. Loin de vouloir polémiquer, nous voulions rendre hommage à toutes celles et tous ceux, policiers et gendarmes, qui risquent chaque jour leur vie pour nous protéger, nous citoyens. Et qui, souvent, nous sont indispensables, nous, professionnels du funéraire.

Flic et croque-morts : une équipe qui marche, malheureusement. Parfois, c’est la police ou la gendarmerie qui nous appelle pour lever un corps, suite à une découverte, ou un décès sur voie publique. D’autres fois, souvent, même, c’est nous qui les appelons, en général pour poser un scellé.

Qui n’a jamais râlé contre les flics au travail ? Parce qu’ils nous appellent trop tôt, avant que le médecin soit passé dans une découverte de corps, et nous obligent à poireauter pendant un temps qui semble long, long… Ou parce qu’un équipage vient poser les scellés, en combinaison de travail, avec le flingue et la matraque à la ceinture.

Qui ne s’est jamais fait rabrouer par la police, parce que l’enlèvement du corps prend trop longtemps et qu’ils sont obligés d’attendre sur place qu’on ait fini ?

Mais il y a tous ces petits moments, parfois, ou on trouve quelques minutes pour échanger. En attendant le médecin, ou un OPJ qui se déplace pour faire du zèle, quelques minutes ou, plutôt que de se regarder en chiens de faïence, on se parle. Et on découvre que, dans l’uniforme, il y a un gars, ou une fille, parfaitement normal.

Quelqu’un comme nous. Qui lui aussi voit parfois des choses qu’il n’aimerait pas voir, qui lui aussi, parfois, aimerait être ailleurs et faire autre chose, mais qui reste là et assure sa mission.

Aujourd’hui, la France pleure un policier ; il y a un an et demi, la France applaudissait les policiers dans une manifestations de soutien hors norme suite aux attentats qu’elle a subi ; il y a quelques mois seulement elle les raillait suite à une affaire qui est allée plus vite que l’enquête qu’elle a menée.

La seule différence entre vous, nous, moi, et un flic, c’est que, parfois, le flic ne rentre pas chez lui. Il s’est fait descendre pour que vous puissiez dormir tranquille et être en pleine forme pour manifester contre eux le lendemain. Pensez-y la prochaine fois.

police1-300x194 Police, gendarmerie, pompes funèbres, jamais loin les uns des autresQuelques tranches de vie avec des policiers dedans.

Parfois, la police appelle les pompes funèbres, et les pompes funèbres laissent libre cours à leur tendance à l’exagération. Bon sang, quand on dit « catastrophe aérienne », c’est pourtant clair, non ? Et c’est à lire ici.

Il ne faut pas oublier qu’avant que les pompes funèbres n’interviennent sur une découverte de corps, tout commence toujours pareil : un équipage de police rentre dans les lieux et découvre ce qu’il s’y passe. Accompagnez-le ici.

Quand on vous disait que les policiers étaient, au fond, de grands émotifs. La preuve ici.

Les policiers sont aussi, chargés d’annoncer les mauvaises nouvelles. Vous trouverez ici l’histoire que j’ai préféré écrire, et que j’ai eu le plus de tristesse à vivre. Il suffit de suivre ce lien.

Il arrive que les croque-morts fassent peur aux policiers. La preuve ici.

Et même, parfois, ils vont trop loin. La carrière de ce policier a pris fin suite à cette histoire

Ces histoires, ils ont tout le temps de nous les raconter en attendant le médecin légiste, comme on peut le voir ici.

Mais d’une manière générale, on peut toujours compter sur les policiers et les gendarmes pour avoir une bonne histoire à raconter. Celle-ci, par exemple.

Mais il ne faut pas oublier ce qui caractérise le policier, ce mélange d’instinct et d’obstination, et, parfois, un peu, de chance. Pour trouver les criminels, et parfois les cadavres cachés. La preuve ici.

Gendarmes et policiers, ne l’oublions jamais, risquent leur vie au quotidien. Ils sont courageux. Et le vrai courage, c’est de savoir vaincre sa peur. Comme l’a démontré ce policier de la BAC.

Interview : Daniel Cerdan, Assauts, le GIGN face à la mort

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daniel cerdan assaut editions ring

Daniel Cerdan a un CV impressionnant : trente-six ans dans la gendarmerie, membre du GIGN ou il a fini chef de groupe, il rejoint ensuite la Garde Républicaine dont il sera un des responsables, chargé de la protection des édifices et des personnalités de la république. Son livre ASSAUTS (octobre 2016), est la première immersion en temps réel au cœur des derniers assauts anti terroristes des forces du RAID et du GIGN. Interview sans langue de bois.

Daniel Cerdan vient de sortir un livre aux éditions Ring : Assauts. Le sujet est annoncé dans le titre : les assauts menés par les unités d’intervention des forces de l’ordre, analysés par cet ancien du GIGN. Pour Funéraire Info, il nous en dit plus, et nous parle du rapport de ces hommes d’élite vis à vis de la mort.

Les amis de la police

Daniel Cerdan est tout l’inverse de l’idée que l’on s’en fait : où l’on imagine un militaire austère et taiseux, on se retrouve avec un homme convivial, avenant, qui parle de son sujet avec passion. Alors, commençons l’interview avec un poil d’impertinence : dites, Daniel Cerdan, votre livre est très bien, mais on a l’impression que vous n’aimez pas trop la police, non ?

« Ce n’est pas une question d’aimer ou de ne pas aimer. Je respecte les policiers qui font, pour certains un travail difficile, je pense aux fonctionnaires de la BAC dans les quartiers difficile, par exemple. Mais je déplore que la police, surtout les syndicats, dans les ministères ou les médias, se permette régulièrement de critiquer la gendarmerie. »

Il détaille « Les policiers ont 600 syndicalistes à temps plein, par exemple, la gendarmerie n’en a aucun. Ces derniers ont négocié beaucoup d’avantages dont mon arme n’a même pas idée. Ensuite, comparons un policier avec un gendarme. La police est organisée en spécialités, il y a celui qui rédige les PV, celui qui relève les empreintes digitales… Le gendarme, on lui demande de savoir tout faire. La gendarmerie couvre 95 % du territoire et 55 % de la population. Je pense dès lors que les critiques sont quelque peu déplacées. »

Les cow boys en action

Mais on ne peut pas s’empêcher de se faire la réflexion, en lisant Assauts, que vous n’estimez vraiment pas les groupes d’intervention de la police. Arguments solides à l’appui, comme dans l’affaire Merah.

« C’est un exemple, le RAID a lancé un assaut, puis face à la résistance d’un homme seul, ils ont fait demi-tour et entamé un siège de 130 heures. Je m’interroge : il a été préparé, cet assaut ? Il y a une règle de base, c’est qu’une fois le top intervention donné, on n’interrompt pas l’assaut avant sa conclusion. Puis, enfin, l’histoire se termine de la façon que vous connaissez, Merah saute par son balcon alors qu’il est sous le feu et est abattu à ce moment-là. Précisément au moment ou il était vulnérable, exposé, et plus facile à interpeller. La police a eu 12 Légion d’honneur ! Le GIGN pour Marignane, près de 200 otages libérés ! UNE légion d’honneur ! »

Pour vous, Merah aurait pu être interpellé ? « Si le GIGN avait été à la manœuvre, il aurait probablement été pris vivant, oui. » malgré les risques ? « Oui. Quelqu’un comme Merah n’a pas pu organiser seul, il avait un réseau, des complices. Il aurait été plus utile de l’avoir vivant et de l’interroger que de le tuer. Le GIGN aurait employé les chiens ou le lacrymogène. »

Le GIGN à la manœuvre

La Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale est une troupe d’élite à laquelle Daniel Cerdan a appartenu pendant près de quinze ans. Si il devait résumer le GIGN en un mot, c’est la maîtrise. « Le groupe passe son temps à l’entraînement, dans des conditions difficiles, sur tous les cas de figure. A tel point que tout ce qu’on fait durant un assaut doit être quasiment un réflexe. Et, le secret, c’est la cohésion du groupe ».

Un exemple frappant dans le livre, les tireurs d’élite, entraînés à tirer tous en même temps, à tel point qu’un témoin n’entendrait qu’un seul coup de feu. « La maîtrise de tir est un élément essentiel, on ne fait pas feu à tort et à travers. L’usage du feu, c’est à un moment déterminé sur une cible déterminée. Encore une fois, prenez l’exemple de l’assaut de la police à Saint Denis. Des centaines de cartouches ont été tirées sans rien toucher, ou est la maîtrise du tir ? Il n’y avait aucune discipline de tir, comme pour l’assaut de l’hyper casher. »

L’entraînement est extrêmement poussé « Ce qui nous donne une efficacité sur le terrain. Il y a eu au GIGN plus de morts à l’entraînement qu’en intervention. »

Les gendarmes face à la mort

Mais, même bien maîtrisé, l’assaut n’est jamais sans risques. On y pense, à la mort ? « Non. J’ai l’habitude de prendre un exemple qui vous paraîtra curieux : le boulanger, quand il se lève, le matin, il pense qu’il peut rater sa baguette ? C’est notre métier, nous y sommes bien préparés, et l’échec n’a pas sa place dans le dispositif. Nous avons une mission à accomplir, et le camarade devant nous sait que, si il tombe, on lui marchera dessus pour continuer. ».

La préparation, le drill, encore… « C’est l’essentiel. Quand on est appelé, par exemple, à cause d’un forcené retranché dans un appartement, on se procure les plans, le cadastre, on va visiter un appartement identique dans l’immeuble… Lorsqu’on entre dans les lieux la première fois, on en connaît les moindres recoins. Un assaut se joue en cinq secondes, on n’a pas le temps de tergiverser ou de réfléchir, tout est de l’ordre des automatismes. » Souvent, le suspect est interpellé avant qu’il ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrive.

Mais quand on ne maîtrise pas le timing, comme le cas des frères Kouachi, qui sont sortis avant que les gendarmes donnent l’assaut ? «  encore, la réponse est dans la maîtrise, repérer le terrain, toutes les issues, et ne pas laisser un espace, dans l’éventualité d’une sortie, ou les suspects pourraient agir sans que nous n’ayons de possibilité de les neutraliser. »

Le bras armé de l’état

Mais lorsque vous montez à l’assaut, pour utiliser le terme, vous savez que peut être vous serez forcé de tuer le forcené ? « Nous ne le faisons que lorsque nous y sommes obligés, et sans états d’âme, parce que, avant, tout aura été fait pour l’éviter. Nous sommes le bras armé de l’état, tout simplement. Nous le savons, lorsque, par exemple, le forcené refuse de parler. C’est une attitude qui indique qu’il cherche la confrontation, et souvent, ça se termine mal. »

« Mais abattre un forcené, ce n’est pas un objectif ou un motif de satisfaction. Autre exemple, qui arrive, nous donnons l’assaut et découvrons que le suspect s’est suicidé. Nous quittons les lieux aussitôt, parce que nous n’avons rien à y faire, et par respect pour le défunt, sa mort n’est pas un spectacle. »

« Je me rappelle de l’intervention d’un groupe, un forcené qui voulait mourir et qui avait tout fait pour aller à la confrontation. Durant l’action, des grenades lacrymogènes avaient explosées. Le forcené était étendu, mort, par terre, il n’avait plus rien, il avait brûlé sont argent et ses papiers, il était couvert de cette pellicule blanche, en costume cravate, impeccable. Il voulait mourir dignement. Les hommes du groupe étaient émus. »

« Sur une autre intervention, il y avait deux suspects, un était visible et l’autre passait par intermittence devant une petite fenêtre. Le tireur qui était en position pour celui-là avait prévenu qu’au troisième passage, il ferait feu, pour coordonner les tirs. Et effectivement, au troisième passage, il a fait feu. Puis au signal de fin d’intervention, il s’est relevé, a remballé ses affaires, et il est parti, sans aller voir. Ce n’était pas un carton au stand de tir, il n’était pas soucieux de faire un score. »

Quitter le GIGN

Mais ce n’est pas trop dur de quitter le GIGN « Non. On se rend compte que, même si on est jeune dans sa tête, le corps ne suit plus, et qu’on ne peut plus être aussi efficace que les autres dans la colonne d’assaut. Ça devient une évidence. Mais j’ai eu une carrière passionnante, ensuite, à la Garde Républicaine. « J’ai rêvé ma vie et j’ai vécu mes rêves » tout simplement. »

Que pensez-vous du GIGN aujourd’hui ? « Je suis impressionné. Parce que Le GIGN a pris de l’ampleur, il y a des antennes régionales… Et puis, vous aurez beau avoir les meilleurs gars, si vous ne leur donnez pas le meilleur équipement, ça ne sert pas à grand-chose. Tout est très perfectionné aujourd’hui, et il y a des spécialistes qui sont vraiment à la pointe de leur domaine. Un des assauts les plus médiatiques du GIGN, c’est Marignane, contre cet avion pris en otage par des terroristes, Le GIGN s’entraîne dans des avions plusieurs fois par mois par arriver à un tel résultat de perfection »

« J’avais le numéro de certification 54 au GIGN, j’ai été à une remise de brevet récemment, on en était à plus de 1000 numéros. C’est impressionnant ». Vous n’avez pas de nostalgie ? « Non. J’ai fait ce dont je rêvais, j’ai fait mon devoir, j’ai écrit deux livres pour dire ce que j’avais à dire. Je reconnais mon bonheur tous les jours et je pense à mes camarades disparus. »

Assauts, Daniel Cerdan, éditions Ring, 18 euros : Acheter ici

Formation funéraire, le suicide par pendaison

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corde pendu pendaison suicide

Appel de la police, réquisition, classique. Vous arrivez sur place, et là, vous découvrez qu’il s’agit d’un suicide par suspension cervicale auto-infligée, autrement dit, une pendaison. C’est votre premier ? Ne vous inquiétez pas, il y en aura, hélas, beaucoup d’autres dans votre carrière et, en attendant, Funéraire Info vous explique.

Le médecin et le pendu

La première chose que vous devez savoir, c’est que pendaison rime avec réquisition. Cela vaut pour toutes les morts violentes et particulièrement les suicides. Si la famille, comme cela peut se faire parfois, appelle le médecin de famille, celui-ci doit prévenir la police ou la gendarmerie. Ce sont eux qui vous réquisitionnent pour l’enlèvement du corps.

Dans tous les cas de figure, ne partez jamais avec le défunt tant qu’un policier ou un gendarme ne vous a pas donné le feu vert. Le médecin vérifie que le corps ne porte pas de traces de décès suspectes qui demanderaient des investigations médico-légales complémentaires et coche, ou non, l’obstacle médico-légal sur le certificat de décès.

Mais seul un policier ou un gendarme est habilité et formé à faire l’enquête de contexte qui lèvera ou soulèvera les doutes. Si la famille vous attend avec le défunt et un certificat médical ne stipulant aucun obstacle médico-légal, sans avoir prévenu les autorités (certains jeunes médecins peuvent se faire avoir), souriez et appelez la gendarmerie. Il vaut mieux perdre un convoi que votre habilitation.

Décrochez l’intéressé

On y arrive, la question que tout le monde se pose : comment décroche-ton un pendu ? Il existe plusieurs méthodes selon les circonstances, mais la plus répandue, c’est un qui tient le corps et un qui coupe la corde. Soyez malins : le défunt est en position verticale, si vous avez assez d’espace, disposez la housse ouverte derrière lui, et accompagnez tranquillement sa descente pour le coucher directement dedans. Avec l’habitude, ça vient facilement.

Donc, oui, on coupe la corde. Vers le milieu. Pourquoi ? Parce qu’il y a deux types de personnes qui en savent beaucoup plus que vous sur les nœuds : les médecins légistes et les marins. Comme les marins n’ont rien à faire dans cette histoire, nous allons les libérer, merci messieurs, bon vent, et nous pencher sur le médecin légiste. Ce dernier sait reconnaître des nœuds faits par un droitier ou un gaucher. Si un gaucher se pend avec un nœud de droitier, vous voyez le problème.

Le défunt partira donc dans sa housse avec la corde autour du cou. Si vous l’emmenez vers l’IML, alors aucun souci, ils sauront quoi en faire. Si vous l’amenez dans une maison funéraire, la votre en l’occurrence, et que le défunt reste sous votre responsabilité, alors, retirez la corde sans défaire le nœud et conservez là dans un sac en plastique, au moins jusqu’aux obsèques. On ne sait jamais.

Libre concurrence

Il peut arriver, dans des cas EXCEPTIONNELS (je ne peux pas l’écrire plus gros) que le suicide soit avéré, que ni les forces de l’ordre ni le médecin n’aient le moindre doute et que tout ce monde soit rentré à la maison.

Dans ce cas, couvrez vous en expliquant à la famille qu’elle a le libre choix de son entreprise de pompes funèbres, qu’elle peut vous demander à vous ou à n’importe quel autre confrère. Si c’est la police qui vous a appelés, c’est une réquisition. Il arrive parfois que la police vous appelle à la demande de la famille trop choquée pour le faire elle-même. Bon… Demandez alors si la famille vous a spécifiquement demandés ou si c’est la police qui l’a fait parce qu’ils savent que vous travaillez bien. Dans cette hypothèse, facturez juste un transfert de corps et une admission en chambre funéraire, et attendez que les proches reviennent voir le conseiller funéraire avec les idées plus claires pour la suite. Il ne manquerait plus qu’un des enfants, étudiant en droit et militant altermondialiste vous colle un procès, à vous et à la police, pour entente illicite. Ne rigolez pas, ça arrive…

Est-il vrai que…

La pendaison est le mode de suicide le plus fréquent ?

Oui. Près de la moitie des cas.

La pendaison est le mode de suicide qui offre le plus de garantie de résultat ?

Non. L’asphyxie et l’interruption de l’afflux sanguin peuvent de surcroît causer des dommages irréversibles au cerveau, et des handicaps lourds.

la pendaison a un effet de stimulant sexuel ?

Oui. Mais ne vérifiez pas.

Les cordes de pendus sont achetées très chères par les adeptes de la magie noire ?

Il paraît. Mais ne vérifiez pas.