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Femme porteur : les législations sur le port de poids

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Une question posée l’autre jour sur le fil de Funéraire info soulevait un point important : les différences de poids entre les homme et femme porteur. Plus précisément, le poids maximum soulevable fixé par la loi en fonction du sexe de l’individu. Une chose est certaine : à ce sujet, des progrès restent à faire.

Ce que dit la loi

Ce sont les articles R. 4541-1 à R. 4541-9 du code du travail, la norme AFNOR X35-109 et le décret n° 92-958 du 3 septembre 1992, qui définissent la limite acceptable de port de charge en fonction de l’âge, du sexe du salarié, de la distance à parcourir et des caractéristiques de la tâche.

Plus précisément, une femme n’est autorisée à ne soulever que 25 kg, contre 55 pour un homme. Mais le médecin du travail peut délivrer une autorisation de dépassement pouvant aller jusqu’à 105 kilos par individu… Uniquement pour les personnes déjà habilitées à en soulever 55. Ce qui exclut d’emblée les femmes de la liste des exceptions.

Cette loi interdit quasiment de facto à une femme de devenir porteuse, voire à une Maîtresse de Cérémonie de prêter main-forte à son équipe pour porter un cercueil si besoin, même si elle en a les capacités physiques.

Cette règle est superbement ignorée par les entreprises de pompes funèbres. Jusqu’au jour, sans doute, où elles tomberont sur un inspecteur du travail particulièrement zélé qui y verra un moyen facile d’accélérer son déroulement de carrière.

Une règle mal calibrée

Mettons-nous d’accord : le poids de l’objet a porter est divisé par le nombre de porteurs. Ainsi, un cercueil de 200 kilos (en bois d’acajou massif avec un défunt imposant) et quatre porteurs masculins donne : 200 / 4 = 50 kilos par porteur. On est dans la loi.

Le calcul inverse indique qu’une équipe de quatre porteuses est autorisée à soulever un cercueil pesant maximum 100 kilos.

Mais… Mais qu’en est-il pour une équipe mixte composée de trois hommes et de une femme ? Considère-t-on le poids total ou le poids moyen ? Parce que si l’on considère que chacun s’attribue une charge en fonction de ses capacités, alors l’équipe pourra soulever : 25 + (3 x 55) = 190 kilos.

Alors que si l’on fait le calcul en considérant que la charge est également répartie, soit le poids du cercueil divisé par quatre, on obtient 100 kilos, puisque la femme ne pouvant pas soulever plus de 25, les trois hommes ne sont théoriquement pas autorisés à compenser.

Pour aller jusqu’au bout…

Allons-y jusqu’au bout pour le raisonnement par l’absurde : quatre femmes portent un cercueil de 100 kilos. Un obstacle, escalier ou autre, survient sur le terrain, et, gravité aidant, le poids effectif se déplace de l’avant vers l’arrière. Les deux femmes à l’avant se retrouvent à porter 40 kilos, alors que celles à l’arrière en supportent 60, soit chacune 5 de plus que la législation ne l’autorise. On fait quoi ?

On va jusqu’au bout ? Parce que je ne sais pas vous, mais moi, je m’amuse.

Deux porteurs déplacent un cercueil de 110 kilos dans une allée, et l’un des deux porteurs est une femme. L’inspecteur du travail surgit de derrière une tombe et sort son carnet.

La femme explique alors qu’au titre de l’article 8 de la convention européenne sur le respect de la vie privée, de la loi « justice du XXIéme siècle », elle est biologiquement une femme mais se sent homme, et que donc, au titre de l’Article 3 de la convention européenne des droits de l’homme, l’empêcher de porter 55 kilos est constitutif d’un « Traitement inhumain et dégradant ».

La question alors posée est : va-t-on continuer à creuser le déficit de la Sécurité Sociale à cause des arrêts pour dépression nerveuse des inspecteurs du travail, ou va-t-on enfin modifier ce corpus de lois ?

D’autant que, et je pense que c’est votre cas, durant ma carrière, j’ai croisé des femmes qui portaient 55 kilos sans efforts et des hommes qui n’arrivaient pas à en soulever 25.

Pompes funèbres et élections, la neutralité avant tout

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L’appel d’un boulanger à voter pour un candidat à la présidentielle au nom de ses salariés, à la grande fureur de ceux-ci, est le prétexte idéal pour rappeler le principe de base des pompes funèbres : la neutralité. Ni d’accord, ni en opposition avec la famille que vous recevez, elle doit ressortir de votre bureau sans savoir ce que vous pensez.

Un appel malvenu

C’est l’appel d’un boulanger de renom, ou plutôt de reprénom, qui a fait sensation. Ce marchand de sandwichs bien connu de ceux qui fréquentent les gares SNCF et certains centre-ville a, en effet, dans une déclaration vidéo, appelé à voter pour un candidat à la présidentielle. En son nom, et au nom de ses 14 000 salariés. Pour faire bref, Paul a appelé à voter pour François (Fillon, précisons-le, parce que ce prénom est surreprésenté chez les candidats).

Évidemment, ses 14 000 salariés sont absolument furieux. Parce que si certains envisagent effectivement peut être de voter pour le candidat cité, il est vraisemblable que c’est loin d’être le cas de tous, l’ensemble des candidats à la Présidentielle étant, probablement et statistiquement, représenté dans ce panel. D’où la tension avec ses salariés.

Et les 82 % de français (d’après les derniers sondages) qui ne pensent pas voter pour lui, du moins au premier tour, n’en sont pas moins furieux. Parce que symboliquement, aller acheter un sandwich Paul reviendrait, pour eux, à soutenir implicitement ce candidat, dont les idées sont peut-être à l’opposé des leurs.

Cercueil jambon-beurre-cornichon

Mais, et le rapport avec le funéraire, hormis le fait que certains, souvent pris dans un emploi du temps serré, déjeunent parfois d’un sandwich de chez Paul ? En réalité, c’est une question d’échelle.

Les pompes funèbres sont un métier de représentation. Entre autres : les spécificités de nos métiers sont vastes, mais la représentation en fait partie. C’est, surtout, un service public. Qu’il soit délégué à une société publique ou privée, le funéraire est un métier qui touche à la santé et la salubrité publique, et les croque-morts sont réquisitionnables.

Dès lors, cela fait de l’employé en contact avec les familles et le public, conseiller funéraire, maître de cérémonie, porteur, thanatopracteur dans certains cas, un porte-drapeau de l’entreprise et lui confère un devoir de neutralité.

Une élection sous tensions

Cela s’impose d’autant plus dans le contexte : les périodes électorales sont généralement marquées par l’exacerbation des sentiments ou ressentiments politiques, et celle-ci est particulièrement tendue.

Et deuil ou pas deuil, certains membres très militants, ou en colère, de certaines familles, n’hésitent pas  à étaler leurs revendications ou leurs préférences. Du très général « tous pourris » au très ciblé « de toute façon, c’est Machin qui a raison ! », généralement, votre interlocuteur attendra ensuite votre approbation. Qu’il serait facile et confortable de lui donner pour passer à autre chose, n’est-ce pas ? Et bien, non.

Pour plusieurs raisons. La première, l’essentielle, c’est que vous devez être neutre, et si vous mettez, ne serait-ce qu’un coup de canif dans le contrat, c’est que vous êtes déjà sur la pente de la mauvaise habitude. Ensuite, parce que tous les membres ne sont pas forcément d’accord. Le repas de famille qui dégénère en dispute générale à cause de la politique n’est pas qu’un gag pour film comique : ça arrive tout le temps.

Et si le taiseux assis au fond, en retrait, est aussi convaincu que le bavard qui vous dresse le panégyrique de son candidat, mais du parti opposé, et donc fervent défenseur du silence-mais-je-n-en-pense-pas-moins, vous pouvez avoir deux certitudes : la première, vous n’aurez pas ce convoi. La seconde, le taiseux deviendra très bavard plus tard, et vous taillera un costard sur mesure (aucune référence politique dans cette phrase) auprès de toutes ses connaissances.

Rire niais et phrases creuses

Différentes réactions sont possibles. Parfois, un enchaînement petit sourire – changement de sujet suffit. Mais pas toujours. Il va falloir travailler deux choses : le rire niais et la phrase creuse. Parce que, mine de rien, ça ne vous engage à rien.

Prenons un exemple : la famille vous dit « Tous pourris, vaut mieux aller se promener ». « Ah ah ! Si il fait beau » est la réponse à la fois la plus stupide et la plus efficace que vous pourrez trouver. Parce qu’il est impossible de savoir si au final vous êtes d’accord avec lui et irez vous promener plutôt que de voter, ou si vous lui souhaitez simplement d’avoir beau temps.

Mais, plus sérieusement : en cette période particulièrement, tant que vous êtes dans l’uniforme de votre société, sur votre temps de travail, face à une famille, asseyez-vous sur vos convictions et votre amour-propre : on vous a confié une mission et vous l’avez acceptée, et cette mission implique que vous soyez neutre.

Dans tous les cas, soyez assurés : si la famille sait, en sortant de votre agence, ce que vous pensez, c’est que vous avez mal fait votre travail. Et ça, ça finira toujours par vous retomber dessus.

Poissons d’avril Funéraire Info : et de un, et de deux, et de trois

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squelette poisson

Comme chaque année, Funéraire Info s’est lâché sur le premier avril. Et, il faut le dire, on vous as bien eus. Si, si. Même quand vous avez cru qu’on ne vous avait pas eus, on vous a eus quand même. Explication… Et excuses (vous les méritez).

Le poisson volant

Alors, bien entendu, le poisson d’avril de Funéraire Info était cette histoire de corbillard volant. Évidemment, la société Flying Hearse International n’existe pas, et ne sera pas présente au salon de Paris cette année. Inutile de lever les yeux au ciel quand vous arriverez sur place (sauf pour admirer les fusées Ariane, mais c’est un autre sujet).

Comme chaque année, nous avons préparé soigneusement le poisson du premier avril, en nous y prenant deux mois à l’avance. Oui, chez Funéraire Info, nous prenons nos blagues très au sérieux.

Comme chaque année, j’avais dissimulé des indices dans l’article sur sa véritable nature, un évident et un très, très subtil sur ce coup. Tout le monde a trouvé l’évident, bien entendu, et ça fait plaisir de voir que Monsieur Isaac Asimov n’a pas sombré dans l’oubli et reste associé à la science-fiction dans l’esprit de beaucoup. Et bien au-delà, parce que Isaac Asimov est également celui qui a édicté les trois lois de la robotique, qui sont d’une actualité brûlante.

Par contre, personne n’a relevé le second indice. Je vous le concède : il est particulièrement tordu. Le premier qui le retrouve et qui l’écrit en commentaire sur notre page Facebook gagne un exemplaire dédicacé de « Mes Sincères Condoléances » qui lui sera remis en grande pompe au salon de Paris, sur le stand de Funéraire Info.

Trompe l’oeil

Mais ce poisson d’avril n’était qu’un trompe l’oeil. Parce qu’il dissimulait un second poisson d’avril. Et les lecteurs confiants se sont dit « Bon, la blague, je l’ai trouvée, passons aux choses sérieuses. »

Et, sérieux comme des papes, voilà nos lecteurs plongés dans les déboires de ce maire qui, soucieux d’économies, commande des caveaux en Chine pour équiper sa commune et se conformer ainsi à la législations. Bien entendu, rien ne va se dérouler comme prévu, les frais s’ajoutant aux frais, pour qu’au final on assiste à la livraison, au cimetière de la commune, de 100 fosses septiques.

Cette équipée picaresque, vous l’aurez compris, est entièrement sortie de l’esprit de Mélanie, bien que notre spécialiste incontestée de la marbrerie se soit très librement inspirée de faits réels.

Je confesse une pointe de jalousie : des idées, du rythme, du style, et une grande efficacité, font de cet article une réussite.

Vous prétendrez ne pas vous êtes fait avoir. C’est peut être vrai pour certains, mais d’autres sont tombés dedans des deux pieds. On a des commentaires qui le prouvent (smiley).

Et c’est presque tout

Voilà. Deux poissons d’avril, et une nouvelle majeure : François Hollande prépare la fin de son quinquennat en offrant, enfin, la parité aux hommes et aux femmes sur le portage de cercueil. Il est vrai qu’une loi différencie encore les deux.

Mais… Quoi ? Qu’entends-je ? Qu’ouïs-je ? Qu’accoustique-je ? Cet article aussi serait un poisson d’avril ?

Ce qui voudrait dire que nous ne vous avons pas fait un, nous ne vous avons pas fait deux, mais nous vous avons fait trois poissons d’avril ? Ben oui.

Et celui-ci a particulièrement bien marché, à tel point que certains lecteurs de Funéraire Info, qui nous ont contacté pour en savoir plus, ont refusé de croire que cet article était une blague. Si, si, on vous assure.

Navrés

Bon, encore une fois : navrés, vraiment, si vous êtes tombés dans le panneau. Mais cette contrition non feinte et ce rouge de la confusion qui empourpre nos fronts ne doivent pas faire oublier que Funéraire Info est le webjournal sérieux du funéraire sur le web… 364 jours par an (365 les années bissextiles). N’ayez crainte, nous seront certainement punis : un jour ou l’autre, nous auront un vrai scoop un premier avril, et personne ne nous croira. Tant pis, on assume.

Un catafalque automatisé pour les obsèques du futur

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corbillard automatique

Les robots vont ils nous remplacer ? Jusqu’à il y a très peu de temps, la question appartenait aux domaines de la science-fiction et du travail à la chaîne. Mais le progrès ne semble plus s’arrêter, comme le prouve ce catafalque entièrement automatisé, qui voudrait préfigurer les obsèques du futur.

« Chef, chef, y’a le catafalque qui vient de se faire la malle !
Mais non, c’est le nouveau corbillard automatique. Au fait, on n’a plus besoin de toi, passe à la compta prendre ton chèque. ».

L’Aeternal, catafalque de la société Lunatic Concept, basée à Bombay, en Inde, et de son patron/designer Abhishek Roy, n’est pour l’instant qu’un projet qui ne va pas plus loin qu’un plan et quelques photos sur un ordinateur.

L’idée est très simple : un véhicule moderne pour des obsèques luxueuses et un tantinet original. Abhishek Roy s’est posé la question de ce qui pouvait être à la fois suffisamment emblématique et susceptible d’être amélioré. Alors que ses confrères planchent sur des idées de cercueils révolutionnaires ou de tombes connectées, Abhishek Roy s’est, lui ; posé la question de ce que pourrait être un corbillard du futur.

Corbillard ? Un tantinet abusif. Son concept ressemble plus à un catafalque. Un chariot de la taille d’un corps, à peine plus, bas, muni de petites roues. Mais la comparaison s’arrête là. gardons néanmoins cette dénomination de catafalque, plus proche de ce que nous connaissons.

Le défunt est allongé dessus, protégé par une bulle de plastique renforcée parfaitement transparent. Bulle étanche, puisqu’un système d’air conditionné permet de conserver le corps à la température idéale afin qu’il ne subisse pas de dégradation importante.

Le catafalque est placé sur un système de roues mécanisées. Chacune peut se mouvoir indépendamment des autres, permettant ainsi au véhicule de se déplacer dans toutes les directions, de toutes les façons. Tourner sur place, se déplacer latéralement, toutes les fantaisies sont permises. Et, comme dans tout véhicule high tech qui se respecte, en pilotage automatique. Un pilotage manuel, par le biais d’une télécommande, est également possible, même à longue distance, comme les drones.

Abhishek Roy précise que son véhicule peut ainsi, du lieu du repos du défunt jusqu’au cimetière, être utilisé dans toutes les situations.

Petit détail qui tue, si j’ose dire, le catafalque est, bien entendu, équipé d’une sonorisation surround, pour la cérémonie au cimetière, mais aussi d’un projecteur holographique, qui peut servir à projeter des images ou des films du défunt, à la demande de la famille. Pour les esprits particulièrement tordus, oui, son holographe peut être projeté parmi l’assistance, pour qu’il puisse assister à son propre enterrement.

Bon, certes, ce n’est qu’un projet, encore loin de voir une concrétisation. Certes, il y aura des adaptations : en Inde, le cercueil n’est pas obligatoire, le défunt repose à même la terre ou est crématisé dans un linceul, et clairement l’objet est conçu pour le marché local.

Mais, il n’empêche, amis professionnels de funéraire : à l’heure ou vous lisez ces lignes, quelque part dans le monde, quelqu’un travaille à la meilleure manière de se passer de vous. Hasta la vista, je reviendrais.

Digne et solennel : Maitre de Cérémonie téléphone maison

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peluche ET extraterrestre convoi digne cercueil pompes funèbres

La dignité : c’est l’élément essentiel dans le funéraire. La dignité de l’hommage rendu au défunt, bien entendu, et elle passe par la dignité de ceux qui rendent cet hommage. La dignité implique aussi qu’on respecte les dernières volontés. Et puis, fatalement, parce que dans le royaume de la mort, tout est possible, il y a parfois contradiction entre les deux, et devinez sur qui ça tombe ?

J’étais jeune, alors. En ce temps là, j’avais une silhouette svelte, un regard plein d’optimisme sur le genre humain, et l’envie de bien faire. J’ai perdu deux des trois – lesquels, ça ne vous regarde pas, et attention aux commentaires.

Tellement jeune que je n’avais pas dix convois au compteur. Le Maître de Cérémonie, en ce temps-là, était encore à mes yeux un demi-dieu, et pas juste un type terrifié par la loi universelle de la boulette en convoi1, et qui essayait de se donner bonne contenance. Ou plutôt, dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, une demi-déesse.

La dame dont c’était les obsèques avait une cinquantaine d’années. Elle avait vécu une existence simple, à l’image de son esprit, et était morte d’une maladie impitoyable, qui faucha cette âme innocente sans une once de pitié.

Toute l’équipe attendait dans le couloir technique, derrière la porte du salon, attendant le signal de la Maîtresse de Cérémonie pour procéder à la mise en bière. Muriel, c’était son nom, dispatcha les rôles. Puis elle toqua à la porte, parla un instant à la famille, et, quand celle-ci fut sortie, nous fit un signe.

Nous prîmes les fleurs pour aller les disposer dans le corbillard, procédâmes à la mise en bière, et ce fut tout. Je remarquai un petit sac plastique, sur le sol du couloir, que la famille avait donné à Muriel.

Enfin, nous sortîmes, pour laisser à la famille le temps de se recueillir, en attendant la fermeture du cercueil.

Muriel donna à nouveau ses consigne. « Bon, je serais avec la famille, Bruno et Michel, vous entrerez dans la pièce et vous prendrez le couvercle, mais avant de fermer, Guillaume, tu prendras le contenu de ce sac, et tu le déposeras dans les bras de la dame, dans le cercueil. N’oublie pas : digne et solennel, toujours. ».

Avant que nous ayons pu tergiverser, Muriel dit « On y va », et nous y allâmes. Muriel entre dans le salon, Parla à la famille, puis, au signe convenu, Bruno et Michel entrèrent à leur tour, avec le couvercle du cercueil, et tout le monde m’attendit.

Pendant ce temps, d’un pas, je m’étais dirigé vers le sac, en avait sorti le contenu, et m’étais demandé pourquoi ça arrive toujours à moi, ce genre de trucs.

« Avec dignité et solennité », c’étaient mes consignes.

Sous le regard de la famille, de la Maîtresse de Cérémonie et de mes deux collègues, j’entrais donc dans le salon, raide comme la justice, portant dans mes bras le précieux fardeau, une peluche d’E.T l’extraterrestre, et le déposai dans le cercueil. Le petit extraterrestre sembla me lancer un regard de reproche lorsqu’il vit dans quel pétrin je l’avais fourré, avant de disparaître, recouvert par le couvercle.

Le reste du convoi se déroula sans anicroche. Sur le chemin du retour, quelqu’un lança « Pauvre E.T. Ça va être plus dur, maintenant, pour téléphone maison ». Le fou-rire nous dura tout le trajet.

1La loi de la boulette en convoi : Tout problème sur un convoi entraînera l’arrivée d’autres problèmes sur le convoi de façon exponentielle. À apprendre par cœur.

Pompes funèbres de l’extrême, inhumation par grand froid

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Il paraît que le froid est là. Malgré, ou à cause de cela, la routine du funéraire continue : convois, inhumation, marbrerie, même exhumations doivent se poursuivre, parce que la mort s’est vêtue chaudement et continue sans discontinuer son œuvre funeste. Conseils donc pour travailler par grand froid.

Ou l’auteur raconte sa vie (passage facultatif)

Je m’en rappelle comme si c’était hier : tandis que je faisait mes classes, au service militaire, en plein mois d’août, alors que le soleil cognait dur, nous pratiquions ce que le sergent chef appelait une « marche d’infiltration ». Bon, en gros, en treillis, rangers, casque lourd, barda sur le dos, grenades en bretelles et FA-MAS en bandoulière, nous courions au petit trop, en plongeant à intervalle régulier dans le fossé pour se dissimuler de l’ennemi, à savoir quelques paisibles bovins qui faisaient office d’hostiles. La vache est sournoise, surtout quand elle travaille pour l’ennemi.

Et le chef, parce qu’un sergent-chef, on lui dit chef, de nous dire « pas de pot, les gars, de faire votre service l’été. C’est plus facile en hiver, on arrive mieux à se réchauffer quand on a froid qu’à se refroidir quand on a chaud ».

Plus tard, arrivé aux pompes funèbres, on m’a expliqué que c’était comme l’armée « Tu dois toujours faire attention à ta tenue, être bien rasé, marcher au pas, écouter le chef, etc. » La première fois qu’on m’a posé un cercueil sur l’épaule, j’ai failli partir au petit trot et sauter dans le fossé. D’autant plus que le corbillard du groupe de combat, pardon, de l’équipe de convoi à laquelle on m’avait assigné ressemblait à un char d’assaut. Bref. Je crois que j’ai digressé.

Vous avez de la chance

Tout cela pour dire : vous avez de la chance de faire des convois en hiver. Simplement, il convient de prendre quelques précautions élémentaires si vous voulez survivre.

Oui, survivre. Tenez, prenez un exemple : le patron de votre pompe funèbre vous fournit un manteau. Un beau matin, vous partez en convoi, arrivé au cimetière, le Maître de Cérémonies vous dit « Enfilez vos manteaux, les gars, ça caille, je viens de voir une colonie de manchots frissonner », et vous vous rendez compte que vous avez oublié le vôtre chez vous. Partant du principe que tous les porteurs doivent être habillés de façon identique, et que vous êtes dans l’impossibilité de revêtir le même vêtement chaud que vos collègues, alors, ceux-ci se verront logiquement ordonner de l’enlever. Croyez-moi : ils auront envie de vous tuer, et si l’un d’eux est suffisamment de mauvaise humeur, votre vie est réellement en danger.

Conseil numéro un : vérifiez que vous avez bien toutes vos affaires avant de partir.

Glace en tenue de camouflage

Autre danger, le camouflage de la glace. Parce que, le granit, dans les cimetières, ce n’est pas ça qui manque. Les semelles lisses de vos chaussures non adaptées n’y adhère pas du tout, c’est pour cela qu’on vous oblige à porter des chaussures de sécurité. Mais, par un mystère que je ne m’explique pas, la glace, elle, y colle très bien.

Le granit humide est glissant, n’importe quel porteur avec une broche en titane dans le bras ou la jambe vous le confirmera. Y a-t-il un physicien dans la salle ? Parce que le problème à mettre en équation est le suivant : plus la glace colle au granit, moins le porteur y adhère.

Bien entendu, on ne marche pas sur les monuments eux-même, mais il arrive souvent que, dans une allée étroite, on pose le pied sur une semelle. Il convient donc de savoir ou se trouvent les pièges.

Conseil numéro deux : avant de vous aventurer avec le cercueil, faites un repérage très précis de l’itinéraire.

Les joies de l’exhumation au petit matin

S’il est question dans l’intertitre ci-dessus d’exhumation, c’est bien de creusement en général dont il s’agit. Le problème, en réalité, est très, très simple : le froid durcit la terre. La terre durcie est plus dure à pelleter, il faut généralement la piocher avant.

Et lorsque le froid atteint des sommets, ce qui est souvent le cas dans des régions comme l’Antarctique, l’Alaska, la Sibérie et la Moselle, creuser le sol revient à s’attaquer avec une pelle et une pioche au monolithe de 2001, l’Odyssée de l’Espace.

Malheureusement, il n’y a pas de solution.

Conseil numéro trois : si vous avez une fosse à creuser, faites vous porter pâle.

Vacataires en pompes funèbres : quel statut, quels droits ?

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Les intermittents, appelés parfois à tort vacataires en pompes funèbres, sont des employés à temps partiel dans le funéraire bénéficiant d’un contrat particulier. Ce statut à part est autorisé du fait de l’imprévisibilité des nécessités du service. Il obéit à des règles strictes.

Le contrat d’intermittent répond à un besoin spécifique : celui de disposer d’une main d’œuvre compétente pour les besoins du service, convois notamment, avec l’imprévisibilité qu’implique le travail dans le milieu funéraire. Intermittent et vacataire, est-ce la même chose ? Dans la désignation de langage courant, oui. Les intermittents sont appelés vacataires par la force de l’habitude. En réalité, le statut de vacataire a disparu depuis 2001.

Les contrats des vacataires en pompes funèbres

Le contrat de travail vacataires en pompes funèbres peut être convenu entre une société de pompes funèbres et un employé, à la condition expresse que les heures travaillées mensuellement par ce dernier n’excèdent pas un quorum de 70 par mois. Entre l’intermittent et la société est convenu un nombre d’heures minimum travaillées par mois ou par an. Celles-ci seront payées, qu’elles aient effectivement été travaillées ou non. Ainsi, un intermittent avec un contrat annuel de 350 heures qui en aurait effectué 280 sera payé 350 heures.

Les heures peuvent être payées d’un mois sur l’autre, ou lissées annuellement. Si le quota d’heures minimum mensuel est dépassé, le paiement de celles-ci intervient sur le mois suivant.

Ainsi, un intermittent qui se verrait régler 30 heures par mois, effectuant en mars 20 heures et en avril 50 heures, se verra payer en mai, pour avril, 40 heures, les 10 autres ayant été payés par anticipation en avril pour mars. Il est aussi possible de régler les intermittents au mois, sans quota, la soulte se calculant à la clôture de l’exercice, prorata temporis.

Un contrat d’intermittent peut être cumulé avec une retraite, qu’elle soit civile, de la fonction publique, ou militaire.

Le contrat d’intermittent est toujours convenu sous la forme d’un CDI (contrat à durée indéterminée).

Et si on dépasse ?

Le quota d’heures travaillées d’un intermittent ne peut excéder 70 heures par mois, ou un tiers de plus que le contrat convenu annuellement. Par exemple, pour 300 heures par an, l’intermittent ne pourra pas travailler plus de 400 heures sur la période.

Il est toutefois possible d’excéder ce contrat, à condition que l’intermittent exprime son accord par écrit dans un avenant au contrat. Dans le cas contraire, si le quota annuel d’heure excède d’un tiers le quota d’heures convenu annuellement, ou si les heures effectives excèdent de manière répétitive 70 heures dans le mois (par répétitive, comprendre généralement trois fois) alors l’intermittent est en droit de demander la requalification de son contrat en CDI à temps partiel.

Quels droits pour les vacataires en pompes funèbres ?

En matière d’acquis de droits, le intermittent bénéficie au prorata des mêmes acquis que les salariés sous contrat. Il a droit aux congés payés, sur la base de 2,5 jours par mois, comme tout salarié.

Il a droit à un second emploi, à condition que l’employeur le plus ancien ait donné son accord.

15451163_10209907938808652_588487988_n-300x300 Vacataires en pompes funèbres : quel statut, quels droits ?Des vacataires partout ?

Il n’est pas possible d’employer des intermittents à tous les postes. Seuls les emplois de porteur, chauffeur/porteur et marbriers/fossoyeurs sont concernés, soit les contrats de niveau 1 et 2. Les postes de Maître de Cérémonie, Assistant ou conseiller funéraire doivent faire l’objet d’un CDD ou d’un CDI à temps partiel.

Et en pratique ?

Les vacataires en pompes funèbres ne sont pas soumis aux périodes de travail déterminées en avance des contrats à temps partiel classique. Toutefois, deux règles essentielles sont à respecter. La première, on leur fiche la paix pendant leurs périodes de congés : un intermittent a droit à des congés payés, durant lesquels il n’est pas convocable. La seconde, plus souvent négligée, est que les vacataires doivent être prévenus d’une période de travail la veille, avant midi. Si vous appelez votre intermittent pour un convoi le lendemain à 15 Heures et qu’il refuse de venir, il est dans son droit.

Un intermittent peut refuser de venir travailler une journée, dans la limite de trois fois par an.

Alors, vacataire ou non ?

La vacation présente de nombreux avantages : pour l’entreprise, une main d’œuvre flexible et compétente, puisque l’intermittent étant récurrent, il est possible d’investir dans sa formation en étant sûr d’avoir un retour, contrairement par exemple aux intérimaires qu’on n’est pas sûr de retrouver d’une mission sur l’autre.

L’intermittent lui aussi y trouve des avantages : un revenu, souvent complémentaire, une souplesse, et la possibilité de rompre si l’on trouve un emploi plus stable. Sans compter le fait que la vacation est souvent la porte d’entrée dans les métiers du funéraire. On connaît des intermittents qui ont réussi, décrochant un contrat, grimpant les échelons un par un, pour se retrouver rédacteur à Funéraire Info, écrivant des articles sur les intermittents.

La boîte de cérémonie, nouvel accessoire indispensable de vos convois

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Un nouveau produit fait son apparition sur le marché du funéraire : la boîte de cérémonie. Développée par les Pompes Funèbres Salamone, cet accessoire astucieux est disponible sur Funémarket.

Les meilleurs idées sont souvent les plus simples. En l’occurrence, en convoi, les porteurs et le Maître de Cérémonie sont toujours confrontés au rangement du petit matériel qui déforme les poches. Partant de cet état de fait, les pompes funèbres Salamone ont développé une boîte destinée à contenir l’essentiel.

Cette boite aux dimensions très contenues (31 * 21 * 8,5 centimètres) contient des compartiments de rangement destinés à accueillir le tournevis pour la fermeture du cercueil, les vis et cache-vis, mais aussi les bâtons de cire pour scellés, le briquet et des paires de gants.

Élégante, elle peut être sortie devant la famille sans donner l’apparence d’une caisse à outils. Compacte, elle se range facilement dans un corbillard.

La boîte de cérémonie est disponible en bleu et gris pour s’accorder avec les couleurs de vos uniformes, et est disponible en exclusivité sur le Funémarket.

Élégance, professionnalisme, simplicité, la tenue impeccable sans déformation disgracieuse des poches, et l’assurance de ne plus jamais avoir besoin de chercher l’accessoire perdu tout en ayant l’air naturel devant la famille, les équipes de convoi peuvent pousser un soupir de soulagement aujourd’hui.

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Mettre l’équipe à contribution pour un convoi élégant

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Faire un beau convoi à moindre frais : voilà le souci de toute pompe funèbre soucieuse de son image, et, donc, de sa communication. Parfois, le diable se cache dans les détails, et faire d’un convoi lambda un convoi de première classe s’avère très simple. Un article que les porteurs ne vont pas aimer…

Que fait votre équipe ?

Durant la cérémonie, ou est votre équipe et que fait elle ? Il y a deux mauvaises réponses : « L’équipe est dehors, elle fume sa cigarette » ou bien « l’équipe est dans l’église, elle assiste à la cérémonie ». Dans un cas comme dans l’autre, vous avez trois ou quatre porteurs qui ne font rien, et un convoi qui n’est peut être pas élégant.

Il existe des endroits ou il est de coutume que les pompes funèbres assistent à la cérémonie. Pourquoi pas ? Le travail des pompes funèbres est de faire les choses en fonction des particularités locales, mais faut il que votre Maître de Cérémonie et vos trois (ou quatre) porteurs y assistent tous ? Si la coutume veut que les pompes funèbres assistent à la cérémonie, ça tombe bien : c’est le travail du Maître de Cérémonie d’être sur place pour s’assurer que tout se passe bien.

Restent trois porteurs. Dans beaucoup de sociétés, la cérémonie, c’est le moment ou les porteurs vont fumer leur cigarette, si ce sont des porteurs fumeurs, voir prendre un café.

Minute. Ne seraient ils pas plus utiles ailleurs ?

Disposer stratégiquement l’équipe

Il y a deux endroits ou la présence d’un membre de l’équipe peut avoir une utilité. Le premier est al table à signature, le second, la porte du lieu de cérémonie.

La table à signature, si vous n’en avez pas encore, c’est l’acquisition juste indispensable pour tout convoi qui se respecte. Une simple table, recouverte d’un drap, sur laquelle vous disposez un registre à signature, quelques stylos, et un petit panier pour les cartes. Une boîte à dons le cas échéant. A côté, un porteur, pour recueillir les cartes, les disposer dans le panier, et remercier les gens qui laissent un petit mot.

A la porte du lieu de cérémonie, un autre porteur pour accueillir les retardataires, leur ouvrir la porte, et leur désigner les places libres. Avec une moue désapprobatrice, être en retard à un enterrement, il ne faut pas exagérer.

Détails ? L’assistance percevra au contraire l’image d’une société active, qui prend soin au détail.

Et la pause cigarette de vos porteurs ? Expliquez-leur que c’est mauvais pour la santé.

S’incliner

L’autre détail qui donne immédiatement une allure folle à un convoi est, là encore, très simple : une fois le cercueil disposé, à l’autel par exemple si la cérémonie se déroule à l’église, ne partez pas comme des voleurs. Inclinez-vous.

Pas au hasard, évidemment. Lorsque le cercueil est disposé à sa place, les fleurs installées ou elles doivent l’être, les porteurs se disposent autour du cercueil, sans ostentation, et s’inclinent, avant de partir. Le Maître de Cérémonies, lui, attend que l’officiant soit en place pour saluer à son tour et rejoindre sa place.

Détails ? Corvées ? Pour vos équipes, certainement. Mais voir les personnels actifs et attentionnés à divers postes stratégiques, plutôt qu’occupés à se bitumer les poumons dans la contre-allée, ne pourra être que bénéfique, pour votre image et leur santé.

Le croque-morts qui était appelé araignée

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Les pompes funèbres sont un secteur encore épargné par la mécanisation. Il est vrai qu’on ne pourra jamais remplacer une équipe de porteurs humains par une machine. Quoique… Vous en êtes bien sûr ? Essai de science-fiction funéraire.

« Vous êtes sûr? » le patron de l’entreprise de pompes funèbres était sceptique. Déjà, sa précédente expérience avec des porteurs d’Europe de l’Est payés un euro cinquante de l’heure avait tourné court, à cause de l’impossibilité pour les familles de se faire comprendre par les équipes. Il avait dû se résoudre à embaucher des porteurs français et à payer les amendes européennes pour « Atteinte à la rentabilité ». Mais un robot…

Le sourire du jeune commercial n’avait même pas faibli « Absolument. Grâce à notre robot Convoyor, vous pouvez vous passer de toute une équipe. Son intelligence artificielle lui permet de remplacer toute une équipe de convoi ».

« Sauf le Maître de Cérémonies » avança le directeur.

« Nous travaillons sur l’intelligence artificielle, la notion de tact est difficile à faire comprendre aux robots. Ils sont d’une grande franchise… » sourit le commercial. « Mais d’ici deux ans, nous parviendront à remplacer aussi le maître de cérémonie. » le commercial se pencha sur le bureau et murmura presque « En plus, notre robot Convoyor est agréé par les normes Attali. Vous n’aurez plus à payer d’amende pour dépenses nuisant à la rentabilité ».

Le chef d’entreprise soupira. Il rechignait à licencier son personnel, surtout en cette période ou le chômage atteignait les 70 % de la population. Mais l’Europe taxait durement toutes les entreprises qui privilégiaient l’humain à la croissance ; « Bon, comment il marche, votre truc ? »

« Et bien, vous savez que la technologie s’inspire de la nature, n’est-ce pas ? Notre Convoyor a pris le meilleur. » Il désigna l’écran de sa tablette et lança une vidéo.

Le Convoyor était un robot à huit pattes, très fines. Il se dressait sur ses quatre pattes arrières et utilisait les quatre avant pour procéder à la mise en bière. En convoi, le cercueil était posé sur son dos, maintenu par les quatre pattes plus au centre, les quatre autres pattes, deux à chaque extrémité, servant à la mobilité.

Pour l’inhumation, le Convoyor passait, dans un balais mécanique impressionnant d’agilité, le cercueil sous son corps central, et le maintenait, encore une fois, avec les quatre pattes centrales. Les quatre situées aux extrémités se plantaient solidement dans la terre, et les pattes centrales s’étiraient, par un ingénieux système de piston, pour déposer doucement la bière sur le sol.

« Les bras sont extensibles jusqu’à huit mètres ! » s’exclama le commercial, « avec une capacité de charge de 350 kilos. ».

Le directeur convint que c’était impressionnant technologiquement. Il semblait un peu sceptique.

« Vous savez quoi ? » dit le commercial, « je vous propose une chose : dites moi quand est votre prochain convoi, et je vous prête le Convoyor pour le faire. »

« Mais je ne saurais pas l’utiliser »

« Intelligence artificielle, capteurs et commande vocale. Vous dites au Convoyor ce qu’il doit faire, et il le fait ; aucune période d’apprentissage. J’ai vu que vous avez un convoi demain, si vous voulez, demain matin huit heure, vous avez un Convoyor chez vous pour le faire. »

« D’accord… » céda le directeur.

Le surlendemain, l’ambiance avait changé. Le directeur avait à peine marmonné un « Bonjour » glacial au commercial. Ce dernier était désarçonné.

« Vous n’avez pas aimé la surprise ? »

« la surprise… » murmura le directeur.

« Oui, vous avez vu, le Convoyor peut se déplacer dans votre funérarium sans occuper d’espace au sol. »

« Oui… Vous parlez de sa manie de se déplacer agrippé au plafond et de se laisser descendre au bout d’un câble ? »

« Oui » s’exclama la commercial, « et sans doute était il dissimulé derrière la tenture que vous aviez accroché au dessus du cercueil ! » son enthousiasme retomba vite devant le regard du directeur de pompes funèbres.

« Oui. » Dit ce dernier « Exactement. C’est ce qu’il a fait. »

« Qu’est-ce qui cloche, alors, avec notre robot de convoi ? » demanda le commercial.

« Oh, rien. C’est avec la famille que ça cloche. » dit le directeur.

« C’est à dire ? » demanda le commercial, intrigué.

« Et bien, curieusement, lorsque j’ai dit que nous allions faire la mise en bière, et qu’ils ont vu une araignée de trois mètres de circonférence descendre d’un fil pour s’emparer du corps de leur défunt, ils l’ont mal pris. » le directeur des pompes funèbres continua dans un sourire mauvais « Et ils ont fait ce qu’ils pensaient devoir faire. » son sourire s’agrandit « Les morceaux de votre robot sont à votre disposition, mes gars les ont emballés dans des housses de corps. Et je n’achète pas : il n’est pas très solide, votre truc. »

Alors que le commercial s’en allait, le directeur des pompes funèbres enfonça le clou « Vous savez quelle est la crainte la plus répandue ? »  Le commercial fit signe que non. Le directeur des pompes funèbres sourit de toutes ses dents « L’arachnophobie ».