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Revue de presse du 12 Janvier

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revue de presse pompes funèbres

Dans la presse et sur le web, la revue de presse du funéraire, des pompes funèbres, des crématoriums et des thanatopracteurs. Revivez l’actualité sur Funéraire-info.

Dans le Trégor – L’hôpital condamné

Jean Nédelec est décédé le 11 Octobre 2010 suite « à des manquements dans la prise en charge ». C’est ce que vient de déterminer le tribual administratif de Rennes qui condamne l’hôpital de Lannion trestel à verser à la somme de 16 666€, ainsi que 10 000€ supplémentaires à la veuve du défunt et 3 000€ à chacun de ses quatre enfants.

La dépêche – Le virus de la grippe et la hausse des décès

Pas un jour ne passe sans qu’un article traite du sujet. La grippe est particulièrement meurtrière cette année notamment chez les populations à risque comme les personnes âges. Si la ministre de la santé nous explique que nous n’avons pas encore atteint le seuil épidémiologique, Shirley Masse experte épidémiologiste nous en dit plus sur le virus H3N2 et nous donne des précisions sur le vaccin.

Radio VL – Les décès dûs au tabagisme en hausse

Le chiffre du jour nous vient de Radio VL qui nous explique que le nombre de décès lié au tabac devrait augmenter d’un tiers d’ici quinze ans.

Pourquoi docteur ? – Le suicide dans les prisons

Autre chiffre d’actualité révélé par le site d’informations Pourquoi docteur qui nous révèle qu’une étude entre 2000 et 2010 met en évidence que la moitié des décès en prison serait dûs à un suicide.

France TV info – Alois Bruner

Donné deux fois pour mort, le média nous apprend qu’Alois Bruner le criminel nazi serait bien mort en Syrie en 2001. Il avait été condamné à la peine de mort comme crimes contre l’humanité, sa peine de prison n’a jamais été faite.

La revue de presse vous est offerte par Les Granits Michel Maffre

Granitier funéraire dans le Tarn, au service des professionnels du funéraire, et des particuliers. Créateur fabricant de monuments funéraires, cinéraires, et columbariums. Notre usine est implantée dans le Sidobre, au cœur des carrières de granit du tarn, premier bassin granitique français. Chez nous, le savoir-faire autour du granit est présent depuis plus d’un siècle. Notre métier se concentre autour de la transformation de blocs de granit en une des plus larges gammes de monuments funéraires du marché.

 

Virée pour avoir refusé de s’occuper d’un défunt pédophile

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Sam, employée de pompes funèbres près de Liverpool, refuse de s'occuper d'un défunt pédophile (capture Youtube)

Une employée anglaise d’une société de pompes funèbres de la région de Liverpool a été licenciée pour avoir refusé de s’occuper d’un défunt, pédophile récidiviste de 88 ans mort en prison. Des voix s’élèvent pour réclamer sa réintégration.

Sam, 50 ans, est mère de onze enfants et grand-mère neuf fois. Elle s’est dite « horrifiée », rapporte le journal The Mirror, quand on l’a chargée de prendre soin du corps de Kenneth le mois dernier, tout juste rapatrié de la prison de Walton. Quand elle a vu qu’un détenu lui arrivait, elle dit avoir cru à un braqueur de banque. Puis, par curiosité, elle raconte avoir cherché sur internet. Et oui, il s’agissait bien du délinquant sexuel multiplement condamné pour des faits sur des fillettes couvrants trois décennies, ce qu’il a admis. Cet ancien soldat dont les journaux avaient largement parlé.

Elle est habituellement chargée d’organiser les funérailles, de placer le défunt dans la chapelle de la maison funéraire, d‘ajuster les vêtements, d’habiller le cercueil, de le polir. A son patron, elle a annoncé qu’elle acceptait de recevoir la famille, mais qu’elle refusait d’être en contact avec Kenneth. Alors terriblement angoissée, rapporte-t-elle dans la presse, elle a pris un congé dès le lendemain. Un courrier de l’entreprise lui est parvenu, qui la convoquait à une réunion disciplinaire.

Sam a eu beau retourner travailler à temps pour les funérailles, la société a parlé d’insubordination. Licenciement. Il semble que l’employée et sa direction étaient par ailleurs déjà en conflit à propos de congés. Pour la quinquagénaire, il lui semblait impossible de pouvoir bien traiter cet homme qualifié « d’odieux », vu son passif. La société de pompes funèbres a rétorqué que le même respect doit être apporté à tous les défunts de toutes les familles.

Ces dernières semaines, d’anciennes victimes de Kenneth sont intervenues dans le débat en racontant leurs souffrances, et réclamant la réintégration de Sam. La propre famille du pédophile se déchire, une partie soutenant ouvertement l’employée et accablant son employeur. Sam le réclame aussi, assurant que jamais ses compétences n’avaient été mises en doute jusqu’ici, expliquant avoir reçu de nombreuses lettres de familles louant ses qualités.

L’affaire est remontée jusqu’à la Fédération nationale des pompes funèbres. Son directeur a regretté qu’il n’y ait pas eu davantage de concertation avant ce conflit. Il réaffirme la neutralité des entreprises de la profession quant à l’histoire personnelle des défunts qui passent entre leurs mains.

Texas : des détenus s’évadent pour sauver un gardien cardiaque

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(capture Youtube)

Ils auraient pu en profiter pour tenter une évasion. Mais manifestement ce n’était pas leur préoccupation, selon la chaine américaine WFAA. Attendant de passer en jugement devant un tribunal du Texas, huit détenus ont forcé leur cellule du palais de justice… pour sauver un gardien en plein malaise cardiaque.

Sur les images de télésurveillance diffusées à l’antenne ce week-end, on se replonge dans la journée du 23 juin au tribunal du comté de Parker. Un groupe de prisonniers, habillés pour beaucoup en tenue rayée, mains entravées, attend assis dans une cellule grillagée. Certains ont été arrêtés pour des crimes violents. Face à eux, on distingue un gardien assis sur une chaise près d’une table. Il porte une arme et les clés des lieux, précise le média.

Soudain, le garde est pris d’agitation. Les prisonniers se lèvent, appellent visiblement à l’aide et décident d’intervenir en enfonçant la porte. Ils s’agglutinent alors près de l’homme en grande difficulté pour évaluer son état de santé.

L’agitation alerte les collègues de la victime. Un fonctionnaire renvoie sans encombre les prisonniers dans la cellule. On voit un policier composer un numéro sur son téléphone. Un massage cardiaque est ensuite pratiqué sur le gardien à terre. Puis une équipe de secouristes arrive. Les prisonniers, eux, ne ratent rien de la scène.

Comme le racontent les médias américains, les surveillants intervenus ont d’abord cru à une bagarre, avant de convenir que l’intervention bruyante des captifs a sans doute sauvé la vie de leur collègue. Ce dernier a finalement pu être sauvé et hospitalisé. Il pourra prochainement reprendre son travail.

Interrogés par WFAA, des détenus ont assuré ne pas avoir hésité sur la conduite à tenir. Et qu’importe, selon eux, que la victime porte un badge et une arme. Les responsables de cette prison du Texas ont malgré tout renforcé les serrures de la cellule.

Du tapin au sapin, tontons flingueurs aux pompes funèbres

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La générosité, l’altruisme, les relations de bon voisinage, voilà des valeurs qui fleurent bon le temps d’antan, et qui ont pourtant encore cours de nos jours. Mais pas n’importe où et chez n’importe qui… Tranche de vie de valeurs reprises de justesse.

C’était un vendredi après-midi d’hiver, à quelques heures d’un week end de trois jours bien mérité. Les gens entrèrent dans l’agence, et restèrent, comme cela arrive parfois, à l’entrée, un peu intimidés, jetant des regards autour d’eux. Trois hommes et une femme. Le conseiller funéraire se leva de son bureau et alla les accueillir.

« C’est pour un décès » expliqua un homme, la quarantaine, assez grand, qui semblait avoir un peu plus d’assurance que les autres. « Mais la défunte n’avait pas de famille, on voulais savoir si on pouvait s’en occuper ».

« Vous êtes qui, par rapport à elle ? » s’enquit le conseiller.

« A la fois ses voisins, et ses plus proches amis » répondit l’homme. « Elle n’a plus aucune famille, juste nous ».

Le conseiller réfléchit un instant, puis conclut par « Allons dans le bureau. »

Une fois installés, l’homme reprit son explication « Elle vivait seule, sa sœur est morte il y a plusieurs années, je crois, elle a peut êtres des neveux et nièces, mais sa famille l’avait reniée il y a de cela… Houla, un paquet d’années. Une histoire compliquée. »

« Et donc, vous voulez vous occuper des obsèques ? » demanda le conseiller funéraire.

« Oui, on s’est cotisés. On a réunis quatre mille euros, vous pensez que ça ira ? »

« Oui, largement » dit le conseiller funéraire. « En tout cas, c’est généreux de votre part, entre voisins, c’est tellement rare ».

C’était au tour de l’homme de questionner « Ah bon ? »

« Oui, le plus souvent, chez les voisins, c’est l’indifférence qui prime ».

« Pas dans notre immeuble » expliqua l’homme « Chez nous, c’est un peu… particulier »

« Ah ? » la curiosité du conseiller funéraire était à son comble, mais il n’osait pas poser la question.

L’homme n’épilogua pas. L’entretien se poursuivit jusqu’à ce que vienne sur le tapis la question de l’avis dans la presse « Non, pas la peine, je pense » répondit un autre homme, qui s’était peu exprimé jusque là « Tous les gens qu’elle connaissait, on les connaissait aussi, et puis ses anciens clients ne se donneront certainement pas la peine de se déplacer. »

« Elle était dans le commerce ? » s’enquit, l’air innocent, le conseiller. Tout ce qu’il avait su jusqu’à présent, c’est que la défunte était retraitée, sans plus de précisions.

« Bon » commença l’homme qui avait débuté l’entretien, « autant que vous sachiez, puisque de toute façon, vous aurez besoin des informations pour le recueillement. Simone était une prostituée à la retraite ».

« Ah. D’accord. » se contenta de dire le conseiller funéraire, qui ne s’attendait vraiment pas à ça. « Notez, ça n’a strictement aucune importance. Vous m’indiquerez si j’en parle lors du recueillement ou pas, simplement ».

« Oh, ça, ça dérangera personne. » dit la femme, qui elle aussi était restée silencieuse « Dans l’immeuble, on a tous une histoire. Paulo » dit-elle en désignant le second homme « est le propriétaire de l’immeuble, et il loue à des repris de justice ».

« D’accord. Et bien… C’est très bien, j’imagine que louer un appartement, ce n’est pas très facile, dans cette situation » tremblota le conseiller funéraire, qui pesait chacun de ses mots, jusqu’aux virgules.

« Bah, ça, on peut le dire » soupira le dénommé Paulo. « J’ai hérité l’immeuble de mon infortunée maman. Je vois que vous vous demandez qui a fait quoi ? Moi, c’est Paulo, perceur de coffre, quinze ans à l’ombre ; Elle » désignant la femme, une aimable mamie qui devait avoir dans les 70 ans « C’est Judith, elle tenait une agence d’intérim du sexe, si vous voyez ce que je veux dire. Dédé ici présent » désignant le troisième homme, un petit vieux en veste et chemise, qui s’était contenté de faire quelques plaisanteries, l’œil rieur et le sourire aux lèvres « a pris en tout trente cinq ans de peines cumulées »

« Trente huit » interrompit le dénommé Dédé.

« Pardon, trente huit, en tout, pour emprunt à sens unique à l’aide d’une arme à feu dans quelques établissements bancaires. Un braqueur, quoi. Quand à Jérôme ici présent » désignant l’homme plus jeune qui avait mené une grande partie de la préparation « Il n’a rien fait, à part de l’art. Comme c’est dur de trouver un logement quand on est artiste, il a fini chez nous. Il y a d’autres gusses qui sortent de tôle et qui auraient besoin d’un logement, peut être, mais… Bon, disons qu’on n’a pas la même mentalité, avec ceux de la nouvelle génération. »

la suite de l’entretien se passa sans encombres. Le conseiller funéraire se fit la réflexion qu’il y avait plus d’humanité chez ces anciens criminels que chez bien des familles au casier vierge qu’il recevait. Il se dit aussi que, lors des apéros que ces voisins organisaient régulièrement, les souvenirs des vétérans devaient être particulièrement gratinés.

Enfin, tout fut réglé, et ils prirent congé. « Donc elle arrivera ce soir ? » demanda Dédé, l’ancien braqueur.

« Oui, le transfert de son corps depuis l’hôpital est en cours, les soins seront faits immédiatement, elle sera en salon vers 19 H ».

« Je ne sort plus à la tombée de la nuit » soupira Dédé « Les rues ne sont pas sûres. Dites, ça vous ennuie si je dépose des fleurs pour elle ici maintenant ? »

« Bien sûr que non. Je serais encore là, j’irai les lui déposer au salon en partant. Il y a un fleuriste juste là, si vous voulez ».

« Ouaip. Je vais passer retirer du liquide à la banque, avant. » il tapota ses poches… « Mince, on dirait que j’ai oublié ma carte bleue… Il n’y aurait pas une armurerie, dans le coin, à tout hasard ? » et, dans un grand éclat de rire, l’ancien braquo sortit son portefeuille et partit acheter des fleurs.

Dérapages : des pompes funèbres aux faits divers

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Sale temps pour le funéraire, à feuilleter les pages « faits divers » de la presse régionale. Familles abusées en Bretagne, en Charente. Méli-mélo autour d’une entreprise de pompes funèbres dans l’Aube. Pas bon pour la confiance.

Direction d’abord les Côtes d’Armor. Révélée par Le Parisien, une affaire met en cause les pratiques d’une société désormais sous le coup d’investigations des gendarmes. En cause : la réutilisation de garnitures (capitons, crucifix, housses mortuaires) pour plusieurs défunts. On ignore encore combien de fois. Une exhumation à Etables-sur-Mer a semble t-il confirmé mercredi dernier les soupçons, faisant apparaître un cercueil vidé de ses ornements. C’est un marbrier qui a alerté, ayant lui-même recueilli des confidences d’employés. Le dirigeant attend d’être convoqué par les enquêteurs pour s’expliquer.

A Angoulême, autre cas. La justice correctionnelle a tranché voici dix jours, infligeant un an de prison ferme et une lourde amende à l’ancien gérant d’une société de pompes funèbres, franchisé d’un grand réseau. Selon le journal 20 Minutes, l’homme aurait détourné la somme de 450.000 euros au préjudice de 146 de ses clients. Il leur a  vendu pendant plusieurs années des contrats obsèques sans valeur, sans souscrire de contrats auprès des assurances.

Tout autre chose dans la région de Troyes, à en croire le quotidien L’est Eclair qui parle d’un étrange polar ». Là, l’ex-gérant d’une pompe funèbre se dit victime d’un « complot visant à le dépouiller » de son entreprise. Il désigne son associée. Une affaire démarrée en juin 2014, quand il a été arrêté par les gendarmes et incarcéré, soupçonné d’avoir « manqué de respect » à des corps dans l’exercice de sa profession. Des faits assez sordides, mais contestés. Dès lors, à la justice de trancher.

Affaire Jacqueline Sauvage : Hollande en juge de paix

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(capture Youtube)

Que décidera François Hollande face à la mobilisation croissante réclamant une grâce présidentielle pour Jacqueline Sauvage ? Le président de la République reçoit ce vendredi après-midi à l’Elysée les filles et les avocates de la sexagénaire.

Début décembre dernier, la cour d’assises du Loir-et-Cher a confirmé en appel la condamnation de Jacqueline Sauvage (66 ans) à dix ans de réclusion. Motif : en 2012, après 47 ans d’enfer familial, elle a tué son mari Norbert de trois coups de fusil dans le dos. Selon son comité de soutien (400.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne), elle a été « victime ainsi que ses enfants de viols répétés et d’extrêmes violences conjugales ». Pour eux, la société n’a pas su protéger ces femmes et ses enfants. Les victimes, ce sont eux.

Et c’est cette défaillance qui rend inadaptée la condamnation. Samedi dernier, une manifestation de soutien a été organisée à Paris. Des Femen ont manifesté devant sa prison, dans le Loiret. Une partie de la classe politique s’en mêle aussi, désormais, tant à gauche qu’à droite. La maire de Paris Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Daniel Cohn-Bendit, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Jean-Christophe Lagarde…

Jusque même l’ancienne ministre de François Hollande Marie-Arlette Carlotti. Dans une lettre ouverte, parlant d’un « geste désespéré », cette dernière écrit : « Une femme qui lutte contre la violence subite jours après jours, dans le silence de son foyer, pourrait être considérée en légitime défense. En 2015, 600000 femmes sont battues quotidiennement, 134 d’entre elles sont mortes sous les coups de leur conjoint. Rouée de coups, Jacqueline Sauvage aurait pu mourir 100 fois. » Quant à la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, sans se prononcer, elle se déclare « bouleversée ».

Par principe, le chef de l’Etat n’est pas trop favorable au principe de la grâce présidentielle. Celle-ci ne signifierait en tous cas pas amnistie. Les « circonstances exceptionnelles » de ce dossier, dont il a lui-même convenu, pourraient peut-être changer les choses.

Obsèques : au père le ciel, au fils la belle

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L'entrée de la prison d'Argentan

Pas sûr que ce fils pensait intensément à son père décédé lors des obsèques. Autorisé à assister à la cérémonie, un détenu en a profité pour se faire la belle vendredi matin dernier à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Une escorte veillait pourtant sur lui.

D’après la presse normande qui rapporte l’évasion, le prisonnier (24 ans) purgeait une peine pour vol avec violences au centre pénitentiaire d’Argentan-Coulandon (Orne). Il était libérable dans deux ans. L’homme a manifestement trouvé le temps long. A la mort de son père, il a demandé à l’administration une permission de sortie. Les obsèques étaient prévues dans la région voisine de Bretagne.

Le détenu s’est vu adjoindre deux surveillants, non armés, pour l’encadrer et l’accompagner. Alors qu’à l’issue de la cérémonie le cercueil sortait sur le parvis de l’église peu avant midi, il a bousculé ses gardes, et a détalé à toute vitesse. Il n’était pas menotté. Ses surveillants, gênés par d’encombrants gilets pare-balles, n’ont pu le rattraper.

Immédiatement, des recherches ont été lancées. Elles n’ont abouti que ce mardi. Le fugitif a été retrouvé à Dol-de-Bretagne chez une de ses connaissances. Il passera en comparution immédiate demain mercredi pour juger sa brève escapade.

En novembre 2014 déjà, l’administration pénitentiaire avait déploré une précédente évasion similaire. Purgent une peine qui l’amenait jusqu’en 2020, un détenu de la maison d’arrêt de Poissy (Yvelines) avait profité des obsèques de sa mère, célébrées dans les Hauts-de-Seine, pour s’éclipser. Il avait faussé compagnie à ses gardiens, et avait sauté à bord d’une voiture qui l’attendait. Après deux jours, le prisonnier s’était rendu, se présentant à la porte de la prison.

Sortie de prison, obsèques sous surveillance

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Il arrive qu’un prisonnier soit extrait de sa cellule pour assister aux obsèques d’un proche. Cela donne lieu à un dispositif de sécurité qui, bien qu’efficace, n’en resta pas moins humain. Trop, peut être, parfois… Tranche de vie d’actualité.

« Je sais, je râlais beaucoup. Il n’empêche, c’était gentil de sa part, au juge, d’avoir accepté. Il n’était pas obligé. Bon, ça jetais un froid dans l’assistance, mais les obsèques, c’est rarement gai. Le type au micro, juste en face, il n’avait pas l’air de faire le malin. Moi qui pensai qu’aux pompes funèbres, ils en avaient vu d’autres.

Pourtant, il n’avait rien à craindre. Un flic de chaque côté, gentil flic à ma droite, et méchant flic à ma gauche, tous les trois au premier rang, trois rangées de sièges vides derrière nous, et quatre autres poulets, armés jusqu’aux dents, prêts à bondir, qui essayaient de cacher leur uniforme, pare-balles et Manurhin compris, à l’assistance. Mais ils bloquaient toutes les issues.

Non, je n’avais pas l’intention de tenter quoi que ce soit. Mais on ne peut pas s’empêcher d’y penser, non ? De toutes façon, j’aurais été ou, et comment ? Sous le manteau que mes deux ombres m’avaient collé sur les mains, il y avait une paire de menottes. J’avais aussi mon beau costume, le même qu’au procès. J’avais juste demandé à mon avocat de m’acheter une autre cravate. C’est pas que la dernière me plaisait pas, mais j’avais pris vingt ans ferme, avec, quand même. Je ne suis pas superstitieux, mais on n’est jamais trop prudent.

N’empêche : les gens étaient nerveux. Et nombreux.

C’est tout ma maman, ça : un cœur d’or, tout le monde l’aimait. Et elle aimait tout le monde. Même quand j’ai pris ma première peine, pour coups et blessures, le deuxième, pour voie de faits, puis toutes les autres, elle m’a toujours aimé. Quand je me suis rangé, elle a dit « Je savais que tu y arriverais » quand j’ai surpris ma copine au pieux avec un mec, et que je les ai dessoudés tous les deux, elle est venue dire au tribunal, devant les jurés médusés « Il a un cœur d’artichaut ». Ça les a émus. Heureusement, sinon qu’est-ce que j’aurais pris.

Et maintenant, elle est dans son cercueil. La, juste devant moi. Joli cercueil, d’ailleurs.

Le gars des pompes funèbres commence son discours. Il se débrouille pas mal. L’assistance nous a presque oublié, les deux super-flics et moi, avec mes menottes qui serrent. Je me tourne vers gentil flic, à ma droite « C’est vraiment pas possible de m’enlever les pinces ? Je vais pas m’enfuir » refus, sec. Il faut dire, c’est juste la quatrième fois que je lui demande, il doit commencer à se lasser.

Et la cérémonie se passe. Le gars des pompes funèbres, un maître de cérémonies, qu’on dit, je crois, il se débrouille vraiment bien. Et ma sœur passe lire un texte, puis ma nièce. Moi, j’avais pas le droit. Ça l’aurait pas fait, il faut dire, moi en train de lire un poème, comme maman aimait, avec des petits oiseux et des petites fleurs, flanqué d’un robocop de chaque côté.

Maman, qui venait me voir tous les dimanches au parloir, maman qui m’apportait des petits gâteaux, maman qui me parlait de ma vie quand je sortirai, maman qui n’a jamais cessé d’aimer le gros con que j’étais devenu, maman… Il est fort, le type des pompes funèbres. Il arrive à me faire pleurer. Moi qui suis tombé, après une dizaine d’agression violentes, de bagarres costaud dans des bars, pour un double homicide. Moi le dur…

Je me tourne vers gentil flic « Est-ce que… »

« Non, il me coupe, agacé, je t’enlèverai pas les menottes, je t’ai dis »

« Non, c’est pas ça, t’aurais pas un mouchoir en papier ? »

A ce moment, méchant flic, deux mètres de haut, un mètre de large, une gueule de pilier de rugby, pas un gramme de graisse, la mâchoire carrée et l’œil dur, qui jusque la me regardait comme une espèce particulièrement inintéressante d’insecte, un tueur, un vrai, relève la tête, regarde son collègue, les yeux rougis, et demande « t’en a pas un pour moi, aussi ? ».

Gentil flic et moi, on le regarde, on se regarde, et sans une parole, on tombe d’accord en une même moue d’acquiescement :

Il est vraiment fort, le type des pompes funèbres. »