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Expérience de Mort Imminente : quand on va en enfer…

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expérience de mort imminente enfer

Vous avez certainement déjà entendu parler des NDE et d’EMI, ou Near Death Expérience et Expérience de Mort Imminente. Ces phénomènes sont largement médiatisés, et présentés comme des expériences positives, mais un autre type d’EMI est passé sous silence, les expériences négatives. Une vision de l’enfer ?

EMI, NDE et mystère

Ce sont des visions et/ou des sensations vécues lors d’un coma profond ou d’une mort clinique. Une mort non définitive, puisque tout ceci repose sur des témoignages de personnes qui en sont revenu.

Les descriptions en sont connues : le grand tunnel de lumière, la sensation de bien-être, les êtres chers qui attendent parfois au bout pour rassurer et guider le défunt, le renvoyant, dans les cas qui nous intéressent, d’un « le moment n’est pas encore venu » bienveillant.

Certains y voient la preuve de la vie après la mort, d’autres une stimulation cérébrale intense au moment de la mort. La croyance contre la foi. Ceci a été tellement décortiqué, analysé, commenté, discuté qu’il semble ne plus rien avoir à y ajouter, si ce n’est « Nous verrons bien le moment venu ». Le plus tard possible, donc.

Le sujet qui fâche

Mais personne n’aborde jamais le sujet qui fâche : les EMI négatives. En effet, si certaines personnes ont l’impression d’arriver au Paradis, d’autres en revanche semblent avoir été dirigées tout droit en enfer.

Il existe en effet des EMI dites « Negatives ». On estime leur nombre, sur l’ensemble des EMI déclarées, compris entre cinq et quinze pour cent. Estimation, en effet, parce que si les personnes qui ont subi une EMI ont tendance à facilement en parler, celles qui ont vécu une EMI négative ont tendance à se taire sur le sujet.

Un silence qui peut s’expliquer de deux façons : le traumatisme et la honte. Traumatisme, parce qu’autant une EMI, tout le monde s’accorde là dessus, est une expérience agréable, autant l’EMI négative est violente et agressive. Et la honte est celle d’avoir été précipité vers ce qui ressemble à l’enfer, avec la certitude, quelque part, de l’avoir mérité.

Une vision de l’enfer ?

Mais à quoi ressemblent ces EMI négatives ? Il serait facile de dire : à la même chose, en inversé. Ici, le tunnel blanc est remplacé par un trou noir. Pour certains, le tunnel ne se pare de rien et reste inoccupé. Pour d’autres, le noir s’éclaircit un peu pour laisser entr’apercevoir des endroits lugubres et sales. Il y a ceux qui sentent un sentiment de solitude immense, et d’autres qui perçoivent des présences inquiétantes et menaçantes.

Petite lueur d’espoir, la plupart font état, à la fin, d’une présence bénéfique et salvatrice, qui vient les tirer de ce guêpier pour les renvoyer vers la vie.

Mystère insoluble

Tout ceci ne fait qu’épaissir le mystère. Si les EMI ne sont qu’une illusion provoquée par le système nerveux au moment de la mort, quelle signification alors donner aux expériences négatives, puisque l’explication voudrait que ces mirages soient un mécanisme d’auto-défense censé calmer le sujet au moment de son trépas ?

Et si… Si il existe un au-delà, alors, les EMI sont elles réellement une porte sur l’enfer ? Pourquoi, dans ce cas, certaines personnes qui n’ont été ni meilleures, ni pires que d’autre, y sont projetées tandis que la plupart des mourants accèdent au paradis ? Y a-t-il réellement autant de personnes méritantes sur terre ? Le doute, en la matière, est légitime.

L’étrange aventure du cerveau d’Albert Einstein

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Albert_Einstein_1947

Une petite biographie d’Albert Einstein vous apprendra que, loin d’être resté toute sa vie assis derrière un bureau à réfléchir, ce dernier a eu une vie animée. La plupart des biographe s’arrêtant au moment de sa mort, il est rarement ajouté que, loin d’un repos paisible, le trépas non plus n’a pas ménagé ce brillant cerveau.

Thomas Harvey était pétrifié. Devant lui gisait le corps d’un des plus grands génies de l’histoire de la science. Mort, à jamais silencieux. Pourtant, son corps avait tant de choses à nous apprendre, certainement, encore !

Harvey était pathologiste, et, ce 18 avril 1955, sept heures et demi après que le décès ait été constaté, avait pour mission de déterminer les causes de la mort, s’assurant, au passage, qu’aucune erreur médicale n’avait été commise par un médecin de l’Hôpital Princeton, dans le New Jersey.

L’homme désormais mort devant lui avait formulé une demande qui semblait tellement égoïste à Thomas Harvey : il avait tellement été effrayé et avait tant souffert, de son vivant, de l’adulation dont il était l’objet, qu’il avait souhaité être crématisé, et que ses cendres fussent dispersées dans un endroit tenu secret.

Crématisé, annihilé, à jamais perdu pour la science. Thomas Harvey avait pris sa décision : il ne pouvait pas laisser perdre une telle source de connaissances. Il saisit une scie et une paire de pinces, et, lentement, avec mille précautions, entrepris de récupérer le cerveau d’Albert Einstein.

Un conflit ne tarda pas à éclater. Thomas Harvey n’avait pas caché dans son rapport qu’il avait prélevé la matière grise du scientifique, et la famille en conçut un grand courroux. De son côté, Harvey prétendait que l’exécuteur testamentaire d’Einstein, Otto Nathan, était présent lors de l’autopsie et avait donné son accord.

La manœuvre n’était pas, non plus, inédite : fréquemment, en ce temps, des organes étaient prélevés durant les autopsies pour études scientifiques et analyses. Seule condition, que la famille donne son accord pour l’autopsie, ce que celle d’Einstein avait fait, sans se douter une seule seconde, néanmoins, que quiconque oserait prendre une initiative personnelle qui contreviendrait aux volontés du défunt.

Un accord finit néanmoins par être trouvé : Harvey pouvait conserver le cerveau, à seule condition que celui-ci soit utilisé exclusivement à des fins scientifiques, et non pas à un suage de vénération publique ou de publicité d’aucune sorte, ce qu’aujourd’hui on appellerait du « people ».

thomas-harvey-cerveau-einstein-300x225 L'étrange aventure du cerveau d'Albert Einstein
Thomas Harvey pose avec une photo du cerveau d’Einstein. Il utilisait ce procédé pour la presse « people », ne posant pas directement avec l’organe, il ne contrevenait pas à l’accord passé avec la famille d’un point de vue juridique..

Harvey s’y tint… à peu près. Mais il sombra dans une forme de paranoïa. Il découpa le cerveau en plusieurs centaines de tranches,240 segments et des lames de microscope, qu’il plongea dans une matière appelée celloïdine, destinée à conserver les cellules grises.

Le cerveau d’Albert Einstein en voyage

Puis, pour des raisons jamais vraiment élucidées, il fut renvoyé de son travail, et partit en voyage tout autour des Etats-Unis, transportant partout avec lui le cerveau d’Einstein, conservé dans… Un ancien tonnelet de cidre, lui-même enfermé dans un petit réfrigérateur de voyage, qu’il branchait dans les chambres d’hôtel ou il résidait.

La science finit par accéder au prestigieux organe seulement trente ans plus tard, en 1985, la neuroanatomiste Marian Diamond parvint, à force de patience, à convaincre Harvey de la laisser examiner le cerveau. Parce que l’ironie de l’histoire, c’est que Harvey n’était pas neurologue, ni n’avait même de connaissances en ce domaine. Pour faire simple : il savait comment prélever le cerveau, comment le préparer, comment le conserver, mais n’avait absolument aucune idée de quoi en faire ensuite.

Thomas Harvey décéda en 2007, et la famille d’Einstein put enfin récupérer la précieuse matière grise. Sa famille lègue ce qui reste des prélèvements au National Museum of Health and Medicine américain, et celui-ci prend alors des photographies de toutes les portions pour pouvoir les envoyer aux scientifiques soucieux de faire des recherches.

Ce que nous apprend le cerveau d’Albert Einstein ? Peu importe, finalement : des études très pointues sont parues, des observations aussi précises que contestées ont été faites, mais personne ne semble d’accord. Seul constat certain : le cerveau d’Einstein pèse cent grammes de moins que le cerveau moyen d’un individu lambda. Quand on vous dit que ce n’est pas la taille qui compte…

Une fin morale, après tout : Einstein non plus n’était pas d’accord pour qu’on lui prenne son cerveau. Le physicien a-t-il une dernière fois mis sa matière grise en route pour faire de la résistance ?

Monsanto et l’immortalité, dites-le avec des fleurs

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Monsanto en route vers l’immortalité ? En tout cas, la célèbre société de biotechnologie américaine, souvent décriée, vient de déposer le brevet pour une invention qui va permettre d’empêcher les fleurs de faner. Et lance un nouveau concept, la mutation génétique provisoire.

Dites le avec des fleurs

Il ne viendrait à personne l’idée de vendre, ou d’acheter, des fleurs fanées. Le coût de transport de ces végétaux s’en trouve substantiellement augmenté : entreposage frigorifique, camions hermétiques remplis de gazs anti-âge et autres procédés chimiques pour empêcher les fleurs de faner avant leur vente.

Il faut dire que le marché de la fleur s’est considérablement internationalisé. L’exportation et la vente des fleurs et des plants vivantes représentaient un marché de 20 milliards de dollars avec les Pays-Bas, l’Équateur et la Colombie qui sont les plus gros exportateurs. Ainsi, 80 % des fleurs vendues aux Etats-Unis proviennent de l’importation.

Monsanto entre en scène

Le principal facteur qui permet aux végétaux de mûrir, et de se faner, est l’éthylène. Un gaz produit par les plantes elle-même, et qui provoque des phénomènes aussi divers que la chute des pétales de rose ou le pourrissement des pommes de terre.

La création de l’entreprise américaine est un protocole, basé sur une molécule issue de l’ARN (acide ribonucléique ), qui permet de bloquer l’hormone qui fabrique l’éthylène. L’action du protocole Monsanto, baptisé BioDirect, est provisoire.

Concrètement, l’idée est de traiter les fleurs avant leur éclosion avec le protocole Monsanto. Celles-ci seraient ensuite livrées sur le lieu de vente, et prêtes à être commercialisées lorsque les effets du produit seront dissipés.

Un révolution fleurie

Hilary Rogers, une scientifique à l’université de Cardiff qui étudie le stress sur les plantes, expliquait à la presse Américaine que, si le processus fonctionne bien, et que Monsanto trouve une solution pour le commercialiser, alors le marché de la fleur sera bouleversé.

L’enjeu porte sur l’aspect périssable des fleurs. La quantité de déchets, fleurs fanées, perdues, surface de culture utilisées pour ces végétaux perdus, seraient considérablement réduites. L’impact écologique de ce produit serait donc positif.

Reste deux écueils majeurs : la mauvaise réputation grandissante de Monsanto, la firme étant devenue pour les écologistes un symbole à abattre, et la difficulté qui semble se présenter pour passer d’un traitement de laboratoire à un produit commercialisable en masse.

D’ici là, les fleurs qui composeront les couronnes mortuaires proviendront certainement encore longtemps d’un réfrigérateur, à l’ancienne. On ne peut toutefois que se poser la question : ce traitement sur les végétaux trouvera-t-il un jour son équivalent humain ?

Don du corps : inhumation, crémation ou donation ?

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Donner son corps à la science : alternative utilitariste, très rare, aux obsèques traditionnelles. Comment cela se passe-t-il ?

Don de soi

dondecorps-300x187 Don du corps : inhumation, crémation ou donation ? Donner son corps à la science, l’acte n’est certes pas anodin. Ce sont 2400 de nos concitoyens qui l’effectuent chaque année, dans le but d’aider à la recherche médicale, et surtout à la formation des futurs médecins.

Donner son corps à la science est un acte définitif : il n’est pas récupérable ensuite par la famille pour procéder à des obsèques.

Les démarches pour le don du corps sont très précises. Il faut commencer par envoyer un courrier à la faculté de médecine dont vous dépendez, si celle-ci accepte le don du corps. Après avoir complété le dossier, et éventuellement acquitté les frais, vous recevez une carte de donneur. Il faut y faire attention : dans la plupart des cas, l’absence de cette carte déclenchera un refus du corps de la part de l’établissement, à titre de précautions.

Vous noterez l’emploi de la troisième personne : manière de souligner qu’un tiers ne peut faire la démarche. Le donateur doit en faire la demande de son vivant, lui et lui seul y est habilité. Une personne sous tutelle, ou mineure, ne peut entreprendre cette démarche, qui est, il est important de le rappeler, tout sauf anodine.

Il a été fait allusion plus haut à des frais. Certaines facultés proposent la gratuité, d’autres demandent des frais de dossier, et toutes ne prennent pas en charge certains frais inhérents, qui restent à la charge de la famille : transport de corps par une société de pompes funèbres, cercueil pour la crémation.

Réalisation

La première condition, pour que le corps soit effectivement donné après le décès, c’est la présence de l’original de la carte de donneur. D’un point de vue légal, pour renoncer au don du corps, il suffit de la déchirer : son absence rend l’opération impossible.

Le transfert à la faculté doit se faire dans les 24 heures (ou 48 à certains endroits) consécutives au décès, après avoir effectué les démarches auprès des services d’état civil de la commune. Si le délais imparti est dépassé, la faculté refusera le corps.

De même, il sera refusé en cas d’obstacle médico-légal, de maladie infectieuse, de transport en cercueil, dans le cas d’un décès à l’étranger par exemple, après une autopsie ou une opération récente, voire même, dans certains cas, parce qu’ils ne disposent pas du personnel nécessaire, les week-end, par exemple.

Dans tous les cas, au moment du décès, il faut prévenir immédiatement l’établissement, afin que celui-ci puisse prendre ses dispositions.

Et ensuite ?

La loi précise que les restes peuvent être inhumés ou crématisés anonymement, même si la crémation est l’option retenue par l’ensemble, à notre connaissance, des établissements.

Les cendres sont dispersées anonymement au jardin du souvenir.

Certains sites ont érigé une stèle, ou un monument, à l’endroit de la dispersion, pour que les familles aient un lieu de recueillement. Des facultés de médecine, rares encore, proposent sur le formulaire de préciser si un rite funéraire est souhaité. La famille, à ce moment là, se voit proposer un rendez-vous ultérieur, date à laquelle une cérémonie est effectuée, et une remise des cendres faite.

A noter toutefois que si, comme la loi l’oblige, un cercueil est crématisé par défunt, date à laquelle le corps est réputé détruit (ce qui peut donner lieu à l’établissement d’un certificat de crémation, le cas échéant) il n’y a aucune objection à considérer le cadavre, ou des parties, comme déchets anatomiques.

En effet, par défaut, la date à laquelle le corps est accepté par la faculté et remis à celle-ci est la date des obsèques, qui se substitue donc à l’alternative inhumation ou crémation, et qu’à compter de ce moment, il cesse d’être une dépouille mortelle pour devenir un objet d’études scientifiques.

500px-Don_du_corp_1-300x225 Don du corps : inhumation, crémation ou donation ? Ce qui implique que le corps n’est plus soumis à la réglementation sur le respect dû aux cadavres, mais aux prescriptions générales de l’éthique médicale. Au terme de l’étude, le subside est donc un déchet anatomique.

Aucune disposition légale, donc, ne spécifie que tout le corps doit reposer dans un même cercueil, ni même que tous les restes qui s’y trouvent doivent appartenir au même défunt. C’est à l’université, si elle le souhaite, de prendre ses dispositions pour apporter ces garanties à la famille.

Une obligation lourde, peut être, mais qui pourra s’avérer nécessaire pour ceux qui voudraient aider la science tout en laissant à leurs proches la possibilité de créer et d’entretenir un lieu de mémoire.

Chimie, alchimie, pierre philosophale et immortalité

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L’alchimie est elle l’ancêtre de la chimie moderne ? Si certains historiens le pensent, tant sont nombreuses les propriétés découvertes par les alchimistes, les mystiques rejettent cette thèse. Le « magnus opus » ou « grand oeuvre » de l’alchimie était la réalisation de la pierre Philosophale, censée donner l’immortalité.

Chou, genou, fou, caillou…

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Alchimiste dans son laboratoire

La croyance en la pierre philosophale est en elle seule un résumé de la croyance alchimique. En effet, les praticiens croyaient que les métaux maturaient au centre de la terre, passant de l’état le plus vulgaire, le plomb, en état sublimé, l’or. Le principe de l’alchimie bien connu, transmuter le plomb en or, devait être en réalité compris par « accélérer la maturation du plomb en or », état qu’il était censé atteindre un jour ou l’autre de toute façon, mais trop tard pour assurer la fortune de son possesseur.

L’idée était donc de trouver le principe, le condensé de formule, qui permettait à son détenteur de combler la différence enter le corps impur et le corps pur selon l’idéal alchimique, l’or. Selon les alchimistes, tous les corps étaient composés d’un souffre alchimique et d’un mercure alchimique, la différence entre un être humain et le caillou dans sa chaussure n’étant qu’une question de dosage.

De pierre philosophale en caillou philosophique

586alchimie-300x216 Chimie, alchimie, pierre philosophale et immortalitéCe concentré idéal, donc, se présentait, selon la tradition, sous la forme d’une pierre, la pierre philosophale. Celle-ci avait les propriétés de faire atteindre à chaque corps sa perfection, en tant que principe universel. Utilisée sur un métal, elle pouvait donc le transmuter, et non le transformer, en or, mais utiliser sur un homme, elle lui donnait la « panacée », à savoir la résistance à toute maladie, et la vie « prolongée au delà de ses bornes ». Comprenez : tant que l’alchimiste avait la pierre philosophale en sa possession, il ne pouvait pas mourir.

Joung, disciple rebelle de Freud, s’amusa à transposer

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Page de manuscrit par Nicolas Flamel

l’alchimie à la psychanalyse. Il en conclut que « Le grand œuvre préfigurant le chemin de développement de l’âme humaine au sein des mondes de matière, l’œuvre alchimique est inséparable de la propre transmutation de l’opérant. Selon les principes de la table d’émeraude, ce que l’on modifie à l’extérieur modifie l’intérieur et ce qui change le microcosme modifie aussi le macrocosme (et inversement). L’alchimie devient, dans cette optique, une discipline de travail intérieur, d’extraction et de sublimation des mercure, soufre et sel pour les réunir et que l’opérant lui même devienne cette pierre philosophale (permettant aux autres âmes de devenir « de l’or », symbole de l’esprit accompli) et cet élixir de longue vie (analogiquement, on pourrait le comparer à la parole du Père, redonnant vie à ce qui était mort et promettant la vie éternelle dans l’optique chrétienne). »

En d’autres termes, l’alchimie serait une métaphore de l’évolution psychologique d’un individu en fonction des apports ou retraits de « souffre et de mercure » de sa personnalité, ici des événements et des croyances.

Chimiste, alchimiste, physicien ?

serpent-ouroboros-symbole-de-lalchimie-300x245 Chimie, alchimie, pierre philosophale et immortalité
serpent ouroboros, symbole de l'alchimie

Chimie et alchimie sont ancêtres, point de doute à ce propos. Souvent confondues, ces deux disciplines ont partagé un destin commun, jusque la scission : d’un côté, les alchimistes restant persuadés que tout était fait de souffre et de mercure, et que quelqu’un finirait par trouver ce satané dosage, de l’autre les chimistes, qui avaient eu l’intuition que, non, finalement, souffre et mercure ne faisaient pas tout, et qu’il devait y avoir autre chose, mais quoi ?

Descartes lui-même était un fervent croyant en l’alchimie. C’est finalement Lavoisier, qui après avoir énoncé la première version de la loi de conservation de la matière, démis la théorie phlogistique, baptisé l’oxygène et participé à la réforme de la nomenclature chimique, posa sans la savoir les bases de la chimie moderne et renvoya l’alchimie aux livres d’histoires et réunions de sectes ésotériques.

Mais l’apport de l’alchimie à la science moderne n’est pas négligeable : le bain-marie, l’acide citrique, l’acide acétique, l’acide tartrique, le principe de l’alcool comme base de conservation des odeurs, qui a donné la parfumerie, la toxicologie, la balnéothérapie, les gaz, comme le gaz carbonique, le phosphore, l’élasticité des gaz, la cohésion des liquides et des solides… plus une longue liste de métaux qui figurent encore aujourd’hui sur le tableau des éléments chimiques.

Mais plus que tout, l’alchimie a apporté la ferme croyance que l’immortalité se trouverait dans un laboratoire. Aujourd’hui encore, des chercheurs travaillent à la cause de notre mortalité et aux moyens de l’éviter. Alors, alchimistes des temps modernes ?

Au rat inconnu

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390860_2568177934613_1739914577_n-300x188 Au rat inconnu
Horace, le rat domestique de l'auteur. Vous n'avez pas de rat dans votre vie ? Vous manquez quelque chose.

C’est une des affaires de la semaine, hélas reléguée au second plan parce qu’il ne sait pas dessiner : un chercheur et son équipe auraient démontré que les OGM sont en réalité des machines à tuer. Passons sur les faits en eux-même : entre pro et anti, les OGM suscitent des débats aussi passionnés que pointus, et, après consultation de la rédaction du Funéraire Info, personne chez nous ne se sent assez armé pour écrire un article précis et argumenté dans un sens comme dans l’autre.

Ces résultats, déjà contestés, ont été réalisés en nourrissant des rats avec des OGM. Les petites bêtes se sont vues mourir à cause de tumeurs qui faisaient jusqu’à la moitié de leur taille. Et toutes sont décédées.

D’un côté, il y a ceux qui expliquent que les expérimentations sur les animaux sont cruelles et inutiles. Ils oublient de préciser par quoi on pourrait les remplacer.

De l’autre, ceux qui expliquent que les expérimentations animales sont nécessaires. Pour tester un médicament qui sauvera des vies, soit, mais mutiler un animal pour du fond de teint, vraiment ?

Il n’y a pas de vérité absolue.

Dans cette affaire, des rats sont morts, sacrifiés au nom de la science afin, peut être, d’éviter une hécatombe. Pouvait on éviter cela ? Difficile. Était il nécessaire de les laisser vivre et donc souffrir après que la tumeur mortelle soit apparue, ceci afin d’obtenir des images spectaculaires ? Il sera plus difficile de m’en convaincre.

Mais nulle part je n’ai vu d’hommage ou de remerciements pour ces petites bestioles injustement impopulaires. Un rat, c’est intelligent, extrêmement propre, à la limite de la maniaquerie, et ceux là, en l’occurrence, ont peut être sauvé l’humanité.

Alors, aujourd’hui, peut être pourrions nous avoir une pensée pour le rat inconnu. Et merci.