Accueil Tags Soins VIH

Tag: soins VIH

thanatopracteur enceinte: la profession est vulnérable

0
thanatopracteur enceinte

Je suis thanatopracteur, je suis une femme et depuis un an et demi je suis aussi un mère. En France, la durée légale du congé maternité est de 16 semaines. Vivre ma grossesse à la morgue a été le moment le plus discriminant de toute ma vie. Si la loi sur le VIH était entrée en vigueur à ce moment là, en tant que thanatopracteur enceinte, je n’exercerais plus aujourd’hui.

Le jour où j’ai annoncé à mon patron que j’étais enceinte, je savais que dans tous les cas, j’allais être perdante – de manière professionnelle -. Il n’est pas simple d’être enceinte dans le milieu du travail aujourd’hui, malgré toutes les avancées qu’il y a pu avoir sur le sujet et ça l’est encore moins lorsqu’on est une femme thanatopracteur enceinte. L’on pose même la question « voulez vous des enfants ? » lors des entretiens d’embauche. La plupart des femmes ne reprennent qu’à 80 % suite à leur congé maternité. Mais moi, j’ai essayé naïvement de faire fi de tout ça.

J’avais donc le droit d’arrêter de travailler au huitième mois de grossesse sauf que dès le 4ème mois, quand ça a commencé à se voir, tout à changé. D’un côté j’avais ceux qui ne m’aidaient pas du tout, ils me regardaient avec un petit dédain du style « tu l’as voulu maintenant tu te débrouilles « . Retourner un corps de 130 kilos seule, une table qui coince, enfin peu importe tout à coup tout devenait compliqué.

De l’autre j’avais ceux qui ne comprenaient pas pourquoi je n’arrêtais pas plus tôt, formol, risques de blessures, lourdes charges à porter, la liste était longue, et ils avaient raison. Mais dans ma fierté aveuglante et par peur de ne pas retrouver mon emploi après mon congé maternité, j’ai continué. J’ai eu de la chance, c’est vrai, mais à quel prix ?

Aujourd’hui avec la loi sur la levée des soins sur les défunts porteurs du VIH, si cette loi avait été mise en place à l’époque, je n’aurais pas continué. Un collègue a contracté l’hépatite C, tout le monde parle du VIH mais c’est l’hépatite C qui est le plus facilement transmissible aujourd’hui. On parle de discrimination envers les défunts, mais personne ne parle de notre santé et de notre vie. J’aurais pu mettre mon bébé en danger, et je peux toujours le faire, une simple blessure, une journée où je suis un peu fatiguée, un trocart retiré trop vite, un gant défectueux et c’est toute angoisse qui s’ouvre à nous.

Le rapport entre ma grossesse et la levée des soins ? Aucun sauf que c’est en étant thanatopracteur enceinte que j’ai pu remarquer à quel point, nous les thanatopracteurs nous pouvions être vulnérables et qu’aujourd’hui on nous mettait en danger en nous faisant en plus passer pour des personnes discriminantes. Mais lorsqu’on décide en haut lieux d’exposer toute une profession à ce genre de risque, qui discrimine qui ?


Il y a un vingtaine d’années  il n’y avait que 2% des femmes dans les effectifs des thanatopracteurs, il y a une dizaine d’année nous sommes passés à 31%.

À lire aussi : Le rapport de l’IGAS

Suite de la pétition contre la levée des soins pour les défunts porteurs du VIH

14
Hélène TIPREZ secrétaire générale du SPTIS

Chers confrères,

Je reviens vers vous concernant la pétition lancée la semaine dernière par le SPTIS. J’avoue être fortement étonnée du peu de réaction que cela a engendré jusqu’à présent.

Je tiens d’ailleurs à préciser suite aux nombreux amalgames faits, que cette pétition n’a rien à voir avec une quelconque prise de position contre la communauté gay.
Communauté qui à elle seule a porté la lutte contre le sida en France depuis le début des années 80 et durant de nombreuses années.

Le ministère a décidé de la levée des soins pour les défunts porteurs du VIH et d’hépatites mais que cela implique-t-il vraiment ?

A partir de janvier 2018, les thanatopracteurs seront dans l’obligation de réaliser des soins de conservations et toilettes mortuaires sur des défunts potentiellement contaminés par le VHB VHC ou le VIH.

Pour ceux dont les chiffres parlent davantage que les mots en voici quelques-uns.1

150000 personnes en France sont atteintes aujourd’hui par le VIH 400000 personnes en France sont atteintes aujourd’hui par le VHC 300000 personnes sont atteintes aujourd’hui par le VHB

Le risque de contamination lors d’un accident d’exposition au sang d’une personne infectée est de 0,3% pour le VIH, 3% pour le VHC et 30% pour le VHB

Concernant la résistance du virus à l’air libre :
Le VIH ne résiste que quelques minutes
Le VHC peut survivre environ 72h
Le VHB peut survivre pendant au moins 7 jours

Actuellement la polémique tourne autour du VIH mais dans notre profession je pense que la dangerosité vient surtout du VHC car :

– Son mode principal de transmission est par le sang (seule une petite quantité est nécessaire) – Il s’agit d’un virus très contagieux (10 fois plus que le VIH)
– Il est extrêmement résistant
– Il n’existe pour le moment aucun vaccin pour s’en protéger.

1 Ces chiffres ont été trouvé sur les sites de l’OMS, sida info service et SOS hépatite.

Voici une citation tirée de la nouvelle campagne d’incitation au dépistage de « SOS hépatites » :

« Le VHC peut se transmettre à l’occasion de la réutilisation d’instruments qui ont pu être en contact avec le sang d’une personne infectée par le VHC et qui n’auraient pas été correctement stérilisés.
Pour éviter ces risques de transmission, l’application de nombreuses mesures a été imposée aux professionnels concernés parmi lesquelles : le respect des précautions d’hygiène, la désinfection et la stérilisation adaptées, l’utilisation de matériel à usage unique »
.

Un parallèle doit être fait avec notre profession.
En effet un des principaux arguments des personnes favorables à la levée de l’interdiction est que le personnel soignant traite les personnes infectées mais que nous refusons de le faire.

Sérieusement, travaillons-nous dans les mêmes conditions ?

  • –  Le matériel piquant /coupant/tranchant utilisé est il jetable ?
  • –  Est-il à usage unique ?
  • –  Est-il désinfecté entre chaque soin ?
  • –  Les locaux sont ils toujours adaptés ?
  • –  Portons-nous la totalité de nos EPI 2?

En cas d’AES 3, le protocole est-il respecté ?

  • –  Qui d’entre nous va consulter le médecin du centre hospitalier le plus proche pour bénéficier d’une trithérapie immédiate ?
  • –  Qui contrôle son statut sérologique ? Et celui du patient ? La plupart du temps, nous pratiquons la technique de l’autruche et nous nous en remettons…A notre bonne étoile ! Certains d’entre nous seront contaminés, c’est statistiquement inévitable, en espérant que cela ne concerne que l’hépatite C et donc avec une bonne chance de guérison !

    Il existe clairement un fossé entre ce qu’imaginent nos élus concernant nos conditions de travail et nos pratiques et la réalité de notre quotidien.

    La théorie ne s’accorde pas avec la pratique.

    2 Équipements de Protection Individuel 3 Accident d’Exposition au Sang

La demande des associations de lutte contre le sida est néanmoins compréhensible :
Concernant actuellement les défunts infectieux, la mise en bière est immédiate rendant donc impossible un dernier adieu. Mais
des alternatives existent :

  • –  Il est par exemple tout à fait possible de pratiquer une toilette mortuaire avec utilisation de la colle pour la fermeture de bouche.
  • –  Une conservation du corps par le froid. Ceci permettrait aux proches de se recueillir comme cela se pratique encore ou se pratiquait avant l’avènement des soins de conservation qui ne sont populaires et majoritairement pratiqués que depuis une dizaine d’années, tout au plus quinze sur l’ensemble du territoire. Nous devons réfléchir ensemble à des alternatives, il est de notre devoir de nous informer davantage, d’expliquer aux personnes à quel point cette décision est dangereuse pour nous, travailleurs du funéraire. De plus, il est nécessaire «d’éduquer» nos élus qui ne connaissent même pas le mot « thanatopraxie » pour la plupart et ce que ce néologisme revêt comme activité et surtout en quoi consiste l’opération post-mortem que nous pratiquons sur environ 50 % des décès, guère plus. Rappelons à cet effet que j’ai proposé à Monsieur Jean-Luc Romero de me suivre lors d’un soin de conservation afin qu’il se rende compte de la réalité du terrain et des différentes étapes du protocole de soin…Il a refusé !

    Il pousse des cris d’orfraie et crie à la discrimination sans savoir de quoi retourne véritablement l’acte qu’il prône sans réserve, un peu irresponsable et démagogique n’est-ce pas ?
    Là où ce Monsieur de la
    « discrimination » nous y voyons de la prudence et là où ce Monsieur voit de la « honte », nous y voyons un acte responsable et engagé pour les professionnels que nous représentons.

    Ensemble nous devons nous mobiliser aujourd’hui pour suspendre la levée de l’interdiction des soins pour les défunts porteurs du VIH et d’hépatites, tant que nos ministères de tutelle ne seront pas en mesure de nous apporter des données scientifiques probantes quant à l’innocuité d’une telle pratique.

    Dans l’attente de vos signatures et/ou réactions je vous laisse mes chers confrères avec cette citation :

« Together we stand, divided we fall 4»

4 Ensemble nous restons debout, divisés nous chutons.

Helène Tiprez Secrétaire Générale du SPTIS

Les soins sur les défunts atteints du VIH possibles dès janvier 2018

0
Levée des soins sur les défunts atteints du VIH

L’arrêté du 12 juillet 2017 fixant les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires mentionnées à l’article R. 2213-2-1 du code général des collectivités territoriales vient de paraître au Journal Officiel de la République Française ce 20 juillet 2017.

Soins sur les défunts atteints du VIH

Cet arrêté abroge son prédécesseur, qui fixait lui aussi les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires, à savoir les soins de conservation sur les corps atteints au moment du décès de l’une de ces infections.

La liste des infections avec obligation de mise en bière immédiate dans un cercueil hermétique équipé d’un système épurateur de gaz est la suivante :

1° Orthopoxviroses ;
2° Choléra ;
3° Peste ;
4° Charbon ;
5° Fièvres hémorragiques virales graves et contagieuses.

La liste des infections avec obligation de mise en bière immédiate dans un cercueil simple est la suivante :

1° Rage ;
2° Tuberculose active sensible aux antituberculeux, non traitée ou traitée pendant moins d’un mois et tuberculose active documentée ou fortement suspectée d’être à souche multi ou ultra-résistante (MDR ou XDR) quel que soit le traitement ;
3° Toute maladie émergente infectieuse transmissible (syndrome respiratoire aigu sévère…) après avis du Haut Conseil de la santé publique. Les avis du Haut Conseil de la santé publique sont disponibles sur le site du haut conseil (http://www.hcsp.fr).

1er janvier 2018

De fait, la levée des soins sur les défunts atteints du VIH et d’hépatites sera effective au 1er janvier 2018.

Les associations AIDES et ACT UP se sont réjouies de la nouvelle via des tweets, cette dernière soulignant qu’elle resterait vigilante à la bonne application de l’arrêté, car une partie des thanatopracteurs y était réticente.

Cet arrêté avait déjà été sujet à de nombreux articles dans nos colonnes. Il est à noter que sa version complète à paraître au 1er janvier limitera également la possibilité d’effectuer des soins de conservation au domicile du défunt.

Levée de l’interdiction des soins sur les défunts atteints du VIH aller plus loin :

Notre dernier article

Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

1
valise thanatopracteurs

L’arrêté du 10 mai fixait les conditions dans lesquelles les thanatopracteurs pourront effectuer les soins à domicile. Ces derniers devaient à l’origine être interdits, mais le projet de loi a été retoqué à l’assemblée nationale, et des petits alinéas sont apparus. Dans la famille thanato, il y a des divisions et ça n’est pas nouveau. Ceux qui sont outrés par le décret, ceux qui considèrent que ça ne changera rien, et ceux qui trouvent que c’est une avancée.

Le décret précise en autre :

Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :

1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
4° Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur.

 Et encore :

Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
2° Une housse imperméable, telle que prévue à l’article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’article R.1335-6 du code de la santé publique ;
5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.
18697463_10211809318180952_489765671_o Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables
Cédric Ivanès, thanatopracteur et président du Syndicat Professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés

L’hygiène et la santé en ligne de mire pour les thanatopracteurs

Pour Cédric Ivanès, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés –SPTIS ce décret va dans le bon sens « c’est une très bonne chose, ce texte va permettre de réduire les interventions à domicile dans des conditions qui au XXIème siècle, sont inacceptables. » D’ailleurs on est « un des derniers européens à pratiquer les soins au domicile ». En tant que président, Cédric le constate tous les jours avec les retours que lui font les autres thanatopracteurs. Ces derniers souffrent de plus en plus de problèmes de dos.

Donc même si ce décret n’interdit pas les soins à domicile, il va conduire à en limiter la réalisation.

Car en réalité ce décret ne sort pas de nulle part, il s’inscrit dans la levée des soins sur les personnes porteurs du VIH dont le prochain arrêté devrait paraître cet été. Un sujet lourd de responsabilité qui divise la planète thanatopraxie.

Thanatopracteurs indépendants et salariés logés à la même enseigne ?

Un des reproches que j’ai pu lire sur ce décret c’est que les indépendants ne pourront pas refuser ces soins à domicile, car la concurrence fait rage, et qu’il sera toujours autant aisé pour une pompe funèbre d’appeler un autre thanato. « Pas nécessairement » me répond Cédric qui juge que les salariés eux devront respecter ces règles puisque les entreprises qui les embauchent ne se mettront pas hors la loi. Quant aux thanatopracteurs indépendants, le milieu est très petit et si un thanatopracteur commence à se mettre hors la loi, c’est sa réputation qui va vite être entachée. Il demande donc à « tous les thanatopracteurs, de respecter scrupuleusement ce décret, c’est dans leur intérêt ». Et ça n’est pas qu’une question de travail mais aussi de santé et d’hygiène : « si le thanatopracteur ne respecte pas ces directives, en cas de coupure, il ne sera pas couvert ».

« Le SPTIS ne dénoncera personne bien sûr, en revanche, si un de ses adhérents ne respecte pas la loi, il sera radié ».  Pour Cédric « impossible de défendre quelqu’un qui ne va pas respecter ces conditions ».

« Un thanatopracteur qui ne va pas respecter la loi, portera une atteinte à sa propre profession ».

Quid de la responsabilité des pompes funèbres par rapport aux thanatopracteurs ?

Néanmoins cela fait beaucoup de matériel, beaucoup de conditions. Cédric me l’explique lui-même : « un soin à domicile, c’est deux soins en funé, niveau force ». Il a lu beaucoup d’avis suite à la publication de ce décret et déplore que certains thanatopracteurs déclarent « que si un thanato n’est pas capable de faire un soin à domicile c’est qu’il n’est pas fait pour ce travail ». « Certes », confirme Cédric « mais ceux qui disent cela sont en fonction depuis moins de 3 ans, lorsqu’ils auront 10 ans derrière eux et des dizaines, des centaines de soins à domicile derrière eux qui auront mis leur santé et leur physique à mal, on en reparlera ».

Comment faire alors pour ne pas surcharger davantage le thanatopracteur ?

« En responsabilisant les pompes funèbres ». Pour Cédric, il y a encore du travail à faire «  Les pompes funèbres se dégagent souvent, en envoyant d’abord le thanatopracteur sur place, prendre les mesures, sans se soucier des conditions d’hygiènes ni de la faisabilité du soin dudit domicile ». « Pour une mise en bière, les pompes funèbres sont aidées, en revanche nous, on est tous seul ».

En somme « ces installations énoncées dans ce décret sont du ressort de la pompe funèbre ». Si l’on prend le cas de la table sur laquelle le défunt devra être en cas d’absence de lit médicalisé, aucun thanatopracteur ne peut transporter ça dans sa voiture, sans compter le coût et le poids d’un tel support.

Pour Alexandre, thanatopracteur du Poitou-Charentes, même s’il compte en parler autour de lui jusqu’au premier janvier il reste sceptique en se demandant « ce que ça va vraiment donner ».

LA phrase qui change tout

C’était dans la partie du premier décret. La phrase la voici :

décret-thanatopraxie-soins-à-domicile Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

Donc voilà, il n’y aura plus de rapatriement de l’hôpital par exemple vers un domicile. Seuls les personnes décédées au domicile pourront bénéficier d’un soin de conservation à domicile. Ce qui met, mes thanatopracteurs d’accord. Pour Cédric, c’était une condition sine qua non. Pour Benjamin : « Le fait qu’il soit prévu d’interdire les soins à domicile d’une personne qui n’est pas décédée à domicile est dans une bonne logique. Cela dit, beaucoup de pompes funèbres sont déjà très arrangeant à ce sujet là, et il n’est pas rare qu’ils fassent transiter le corps par leur funérarium pour nous permettre de travailler dans de meilleures conditions. » Quant à Alexandre il va même plus loin, il pense que les soins à domicile devraient être interdits si une chambre funéraire est à moins de 15 km du domicile du défunt.

Et si on arrêtait les soins à domicile, tout simplement ?

Si la loi a été retoquée, en revanche les conditions plus dures, vont peut-être permettre d’arrêter cela. « La solution la plus simple c’est de transférer le corps au funérarium ». Un coût supplémentaire pour les familles clame le peuple. Pourtant, pour Cédric, la solution est évidente, « les pompes funèbres n’auront qu’à, dans ces cas, précis baisser leur marge sur les soins ».

Certains thanatopracteurs s’offusquent « on a toujours fait comme ça », « et dans les campagnes alors ? ». Pourtant aujourd’hui il y a « beaucoup plus de chambres funéraires qu’auparavant » constate Cédric. Ce sont les mêmes « thanatopracteurs qui ont râlé pour le liquide agréé, pourtant aujourd’hui tout le monde respecte cela, pourquoi ne pas respecter ça aussi ? ».

déclaration-préalable-de-soins Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsablesPour une meilleure traçabilité

Si Alexandre et Benjamin sont plus septiques en se demandant « qui va vraiment vérifier cela », Cédric s’appuie sur la loi, « le maire de la commune à un pouvoir de vérification, notamment avec la déclaration préalable au soin ». Si un thanatopracteur est mis en doute « son habilitation risque de sauter ».

Les thanatopracteurs inquiets : l’ombre du VIH derrière le décret

Comme je vous le précisais, ce décret vise plus particulièrement à se décharger sur les questions d’hygiène pour ensuite permettre les soins sur personnes décédées porteuses du VIH. S’il y a des thanatopracteurs avec lesquels je m’entends peu, en revanche leur position sur le sujet nous rassemble. Il est fort possible que cet article finisse encore sur un site au nom virulent et que je finisse définitivement cataloguée comme une « horrible personne discrimante » comme j’ai déjà pu le lire. Qu’à cela ne tienne. Pour Cédric aussi le combat est long « Encore aujourd’hui, aucune donnée scientifique ne permet de déterminer avec certitude si le risque est réel ou non ».

Le dialogue reste rompu entre les associations de défense de personnes atteintes du VIH et les thanatopracteurs qui ne parlent définitivement pas de la même chose. Pour les thanatopracteurs il n’y a pas de discrimination, il faut absolument que les « pompes funèbres expliquent correctement et qu’une toilette parfaitement réalisée permet aux familles de voir le défunt dans des conditions tout à fait décentes ». De l’autre côté on s’insurge « et les infirmières par exemple ? » Les infirmières ont un matériel à usage unique, impossible pour un thanatopracteur, qui, même s’il prend soin de son trocart, ne peut pas en changer à chaque soin. C’est également l’avis de Benjamin « les conditions exigées dans l’agencement de la pièce, les critères d’hygiène excessifs et inapplicables dans les faits, ne me semblent être qu’un moyen de nous imposer de faire des soins sur les corps contagieux. Sauf que ce texte montre la méconnaissance totale de notre métier, car ce n’est pas une pièce entièrement lessivable qui va nous protéger d’une piqûre d’aiguille ou d’un risque de projection de sang. » Pour les thanatopracteurs il est hors de question « de risquer sa vie pour une personne qui est décédée ».

Responsabiliser le gouvernement et les médecins

Pour Benjamin, « Les médecins arrivent déjà bien souvent à oublier de faire figurer un pacemaker extrêmement visible sur le certificat de décès, je pense qu’ils « oublieront » de faire figurer la mention de la contagion. Ce n’est pas ce genre de textes de loi qu’il faut. Il en faut un qui responsabilise le médecin dans sa rédaction du certificat de décès. Combien de fois ai-je vu un médecin signer un décès sans même aller voir le corps ? Combien de fois ai-je vu les cases mal cochées voire même pas cochées ? »

De plus, Cédric le rappelle, contrairement à un salarié, « un indépendant n’est pas suivi par la médecine du travail ».

Pour ce faire, le SPTIS entreprend de grands chantiers, le premier est « d’interroger le nouveau gouvernement sur la manière dont pourra s’effectuer le droit de retrait », car si un salarié pourra légalement le faire dans le cadre de son travail, rien ne précise pour l’instant ce droit de retrait pour un indépendant.

De même, le syndicat compte bien demander une étude sur les risques réels de contamination.

Alors finalement ça va changer quoi tout ça ?

Benjamin s’interroge : « A quand un ministre qui s’intéressera réellement à nous, en consultant tout le monde ? »

 

Revue de presse des pompes funèbres du 22 décembre

0
revue de presse pompes funèbres

Dans la presse et sur le web, la revue de presse du funéraire, des pompes funèbres, des crématoriums et des thanatopracteurs du 22 décembre 2016. Revivez l’actualité sur Funéraire-info.

Thanatopraxie – LCI

Nouvelles sur la planète thanatopraxie; vers une levée de l’interdiction des soins funéraires pour les défunts porteurs du VIH.

Dans l’Express – voilier

Un sexagénaire propriétaire d’un voilier a été retrouvé mort. Des traces de sang ont été retrouvées mais pour l’instant les inspecteurs se gardent bien de tirer des conclusions hâtives.

Funéraire Info – Hydrosystem

Mélanie a fait sa liste de Noël, exit les jouets, et si cette année vous mettiez sur votre liste un chariot Hydrosystem ?

Le Monde – Hommage

Après le choc et la sidération des attentats de Berlin arrive le temps du recueillement. Le Monde nous révèle ce temps d’hommage devant l’Eglise du souvenir au coeur de Berlin-Ouest.

RFI – Nouvelles d’ailleurs

Les chiffres sur la peine de mort sont en train de reculer pour la première fois aux États-Unis.

France Bleu – Agriculteurs

France bleu révèlent une vidéo choc sur le drame qui sévit dans le monde des agriculteurs : Le suicide.

La revue de presse vous est offerte par Les Pompes Funèbres Hoffarth

Pompes Funèbres – Marbrerie – Crémation – Prévoyance
L’équipe Alain Hoffarth accorde une grande importance à l’écoute ; car pour bien vous servir, il faut connaitre vos attentes et vos besoins, tout en considérant votre intimité. Nous proposons une prise en charge totale, pour un service complet de qualité, basé sur la confiance et votre satisfaction. Nous sommes présents pour vous accompagner dans ces moments douloureux et vous conseiller dans vos choix. Et pour vous épauler, davantage, Alain Hoffarth vous propose des services variés, vous permettant une prestation complète.