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Ennemi Public, une variation sur l’affaire Dutroux, sur TF1

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ennemi public tf1 Dutroux
La policière, le moine, le monstre

TF1 diffuse actuellement « Ennemi Public », une série Belge inspirée de l’affaire Dutroux, retentissante internationalement, mais qui est, bien au-delà, un véritable traumatisme en Belgique. Avec une question simple : que se passerait-il si Marc Dutroux était libéré et se retirait dans un monastère ?

L’ombre de Dutroux

Même si la sérié a été présentée comme une adaptation de l’affaire Dutroux, elle en est plutôt une extrapolation. La série pose une question : que se passerait-il si Marc Dutroux venait à obtenir la liberté conditionnelle, grâce à sa bonne conduite, après avoir demandé à se retirer dans un monastère et se faire moine. Ce genre d’homme est -il récupérable ?

Dans les faits, c’est Michelle Martin, complice et épouse de Dutroux, qui a effectivement été libérée en 2012 et s’est retirée dans un couvent près de Namur, où elle ne réside plus aujourd’hui.

Plus qu’à un scénario abracadabrantesque, la justice Belge n’en ayant pas encore fini avec Dutroux, et ce dernier, aux nouvelles, ne semblant pas faire montre d’un semblant de repentance, la série est prétexte à une interrogation sur le bien et le mal.

Synopsis

Assassin d’enfants, libéré en conditionnelle, Guy Béranger est accueilli par les moines de l’abbaye de Vielsart, un tranquille petit village de l’Ardenne. Il est placé sous la protection de Chloé Muller, une jeune inspectrice de la police fédérale, persuadée que, tôt ou tard, l’ancien criminel récidivera. Alors que la population s’indigne de la présence de l’ennemi public no 1 dans leur voisinage, la police apprend la disparition inquiétante d’une fillette du village…

Alors, c’est comment ?

Première constatation : le niveau de jeu des acteurs est plusieurs cran au dessus de la plupart des séries policières françaises. Des acteurs Belges et Français s’y donnent la réplique sans sur ou sous-jouer, hormis éventuellement Stéphanie Blanchoud qui en fait peut être un peu trop, desservie par un personnage caricatural.

Angelo Bison est glaçant dans le rôle de Béranger, et Clément manuel, découvert en adjoint de Falco, est juste parfait en moine partagé entre ses convictions profondes et la réalité qui s’acharne à lui donner tort.

S’y ajoute une réalisation impeccable, un paysage adéquat (les Ardennes Belges), et un scénario qui donne la part belle à des personnages profonds, plus complexes et humains, souvent, que la simple surface de leur rôle.

C’est pour qui ?

La série est parfaite pour quiconque aimerait pouvoir regarder une série francophone mais se désole devant les scenarii indigents et le jeu d’acteur pitoyable des « Le juge est une femme » et autres « Section de recherches » qui font pourtant les beaux jeudis de TF1.

L’œuvre n’est pas marquante ou inoubliable, mais suffit amplement à faire passer une bonne soirée les lundis soir, et surtout, pour les amateurs, offre un vaste panel de « et si ? » qui aboutit à s’interroger soi-même : « Qu’est-ce que je ferais à leur place ? ». Rien que pour ça, c’est une réussite.

« Ennemi public » tous les lundi soir sur TF1, 20 H 55 (et sur TF1.fr pour les épisodes que vous avez manqué).

Claire Chazal, le fauteuil du journal télévisé en deuil

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Page culture un peu différente aujourd’hui, pour dire au revoir. Au revoir à Claire Chazal, qui présentera demain dimanche son dernier journal.
La chute

Pendant plus de vingt ans, un journal présenté par Claire Chazal était synonyme de succès d’audimat. Jusqu’à la rentrée 2014, ses parts d’audience flirtaient avec les 30%, réunissant parfois plus de 7 millions de téléspectateurs. Mais ces scores se sont fortement érodés ces derniers mois : « La saison dernière, près de 300 000 téléspectateurs, en moyenne, ont délaissé les journaux de Claire Chazal », souligne Le Monde. A la fin août, son JT a chuté sous la barre des quatre millions de téléspectateurs.

Des mauvais scores qui interviennent dans un contexte délicat pour la première chaîne. TF1 a enregistré, en août son douzième mois consécutif de baisse et son plus mauvais score depuis sa naissance en 1987, avec 20,1% de part d’audience moyenne.

Bafouillage de fin de carrière

Ce ne sont pas uniquement des reproches sur l’audience qui sont adressés à la reine déchue du JT. Cafouillages à l’antenne, interviews au contenu famélique, « manque de motivation » selon ses collègues en interne, cités par plusieurs journaux, Claire n’était plus à son top. Loin de la pêche de ses débuts, en tout cas.

En 1980, Claire Chazal entame une carrière de journaliste en tant que reporter pigiste pour Europe 1 et pour les revues L’Usine nouvelle et l’Expansion, puis, en 1981, pour le journal Le Quotidien de Paris de Philippe Tesson qui lui apprend le métier. Elle contribue ensuite en 1985 à la rubrique économie dans le journal financier Les Échos d’Émile et Robert Servan-Schreiber.

Claire Chazal est nommée en 1988 grand reporter spécialisée en économie à Antenne 2 après avoir exercé sept ans dans la presse écrite. Elle apparaît quelquefois dans les éditions du journal d’Antenne 2, notamment pour donner les évolutions du cours de la Bourse depuis le palais Brongniart. En 1989, elle présente le journal de 7 h 30 sur Antenne 2 dans le magazine Télématin. De septembre 1990 au printemps 1991, sur la même chaîne, elle présente quotidiennement le journal de la nuit.

Au printemps 1991, le président de TF1 Patrick Le Lay et son vice-président Etienne Mougeotte souhaitent changer l’image de la chaîne et apporter plus de présence féminine à l’antenne. Ils recrutent ainsi Claire Chazal pour présenter les éditions de 13 heures et de 20 heures du week-end du journal de la chaîne à la place de Ladislas de Hoyos. Loin de la potiche, comme l’ont parfois présenté ses détracteurs, donc.

Adieu

Dimanche 13 septembre, Claire Chazal présentera son dernier journal, et aura la chance de faire ses adieux, contrairement à l’autre grand partant médiatique de la chaîne, PPDA, dont le départ avait été plus précipité. Comment rebondira elle, portera-t-elle longtemps le deuil de son fauteuil, à l’instar de PPDA qui ne s’en est jamais tout à fait remis ?

Et les spectateurs marqueront ils une période de deuil pour marquer le départ de la reine mère de l’information ? Autant de questions brûlantes.

Tournages pour la télé : la série noire continue

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Année meurtrière pour la télé française. En mars, le crash aérien sur le tournage de « Dropped » (TF1) en Argentine avait tué dix personnes, dont des vedettes du sport français. Hier jeudi  soir près d’Arcachon, une fillette a fait une chute mortelle sur le tournage du « Monument préféré des Français » (France 2).

Animée par Stéphane Bern, cette émission est produite pour la chaine publique par la société Morgane TV. L’équipe de tournage se trouvait au phare du Cap ferret, entre l’océan et le bassin d’Arcachon, et s’apprêtait à entrer en action. Il était 18h30. On filmait alors une prestation artistique de la Compagnie Adrénaline. Pourtant encordée, une fillette de 12 ans, qui devait danser dans les airs, a chuté de plusieurs mètres le long du phare, sous les yeux de son père impuissant.

Elle est tombée sur l’auvent en pierre, au dessus de la porte d’entrée du monument. Elle est décédée peu après l’arrivée des secours. Censé assurer la sécurité de sa fille, son père (également président de la Compagnie) a été évacué sur Bordeaux, et pris en charge par une cellule psychologique. Egalement présente, sa mère a suivi le même chemin. Le corps a ensuite été rendu aux parents. Il n’y aura pas d’autopsie.

Une enquête de gendarmerie doit maintenant expliquer ce qui a raté dans ce numéro de voltige aérienne pourtant déjà rôdé. La corde a-t-elle manqué de longueur, comme l’a supposé la sous-préfète d’Arcachon ? La corde a-t-elle lâché ? Du matériel d’accrochage s’est-il trouvé défaillant ? Ce matériel justement a été saisi pour l’enquête, ainsi que les rushes du tournage : la société de production utilisait en effet un drone pour mieux filmer.

Le tournage de cet épisode du « Monument préféré des Français », version 2015, a été stoppé, le temps de comprendre les circonstances de cet accident. Dans un communiqué, le groupe France Télévisions a présenté ce matin ses condoléances à la famille de la fillette.

« Dropped » : le temps des inhumations

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(Capture d'écran Youtube)

La nageuse Camille Muffat et le boxeur Alexis Vastine seront inhumés mercredi prochain, la première à Nice, le second à Pont-Audemer (Eure). Les deux sportifs figurent parmi les dix victimes du crash d’hélicoptères du 9 mars, sur le tournage de l’émission de téléréalité de TF1 « Dropped », au pied de la Cordillère des Andes.

Huit des morts étaient français : cinq membres de l’équipe de production, la navigatrice Florence Arthaud et les deux autres sportifs. Leurs cercueils sont arrivés d’Argentine hier dimanche à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, transportés à bord d’un vol d’Air France. Outre des officiels des deux pays, les familles des victimes étaient présentes pour une cérémonie privée et très sécurisée dans une chapelle ardente improvisée. Les dépouilles doivent rejoindre les villes d’origine de chacun.

Les obsèques de Camille Muffat, 25 ans, se feront dans l’intimité de sa famille et du monde sportif, très ébranlé par la tragédie. De grands champions sont ainsi attendus le matin à l’église niçoise de Saint Jean-Baptiste-Le-Vœu. Le public pourra rendre un hommage sur un registre de condoléances.

Tout autre scénario pour Alexis Vastine, 28 ans. Son père espère voir à Pont-Audemer (église Saint-Ouen à 15h) « tous les gens qui l’ont soutenu ». Le ministre de la Défense est attendu (le boxeur olympique était militaire), ainsi que de nombreux membres des équipes de France. Très soutenue notamment en Normandie, la famille Vastine a déjà été frappée par la mort accidentelle de la jeune sœur d’Alexis en janvier dernier.

Pour l’emblématique Florence Arthaud, 57 ans, une cérémonie religieuse est prévue lundi 30 mars à Paris en l’église Saint-Séverin. Le 28 avril suivant, une deuxième commémoration est prévue en mer, avant l’inhumation sur une île de Méditerranée, au large de Cannes.

Au-delà du deuil, les familles ont vivement interpellé ces derniers jours la société de production ALP, aux manettes du jeu d’aventures « Dropped ». Manque d’informations, sentiment d’abandon, difficultés à se rendre en Argentine pour s’incliner sur les corps, les critiques ont été vives. Le frère de Florence Arthaud, lui-même pilote d’hélicoptère, a dénoncé une « chasse à l’image », qui faisait prendre tous les risques aux pilotes des appareils. »On a zappé les règles de sécurité. » Un responsable d’ALP a assuré avoir pourtant vu les deux pilotes aguerris « répéter ensemble » avant le vol. L’enquête officielle sur les causes de ce crash en vol n’a toujours pas abouti, mais s’orienterait vers une « mauvaise coordination » entre eux.

« Dropped » : identifiées, les victimes bientôt en France

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Un rapatriement possible en fin de semaine : une fois les procédures administratives terminées, les familles des huit Français morts le 9 mars en Argentine dans le crash du jeu de téléréalité de TF1 « Dropped » vont pouvoir récupérer les corps, désormais identifiés.

« Je vais signer l’autorisation pour qu’ils soient déjà transportés jusqu’à Buenos Aires», indiquait hier lundi soir le juge fédéral Daniel Herrera, chargé de l’enquête. Les dépouilles se trouvent depuis une semaine à la morgue de La Rioja, au pied de la Cordillère des Andes, à plus d’un millier de kilomètres de la capitale.

Après l’explosion des deux hélicoptères qui se sont heurtés et sont tombés au sol , il aura donc fallu une semaine pour confirmer l’identité des deux pilotes, mais aussi de la navigatrice Florence Arthaud, de la nageuse Camille Muffat, du boxeur Alexis Vastine et des cinq membres de l’équipe de tournage.

A la morgue, neuf experts ont travaillé ensemble : trois gendarmes français de l’Institut de recherche criminelle, spécialistes de l’identification des victimes de catastrophes, ont apporté des données médicales sur les victimes aux six légistes argentés mandatés par le juge. Ils ont pratiqué des radiographies, des comparaisons dentaires et d’autres analyses médicales. Une vérification ADN sera pratiquée en France.

Le frère de Florence Arthaud a déjà fait savoir que sa sœur serait inhumée sur une île méditerranéenne au large de Cannes. Le week-end dernier, ses amis marseillais se sont réunis et ont dispersé des roses à la mer.

Concernant l’accident, la thèse d’une erreur de pilotage semble pour l’instant privilégiée. Après la collecte de pièces sur les épaves, les experts français et argentins travaillent désormais à les analyser en laboratoire.

Navigatrice, Florence Arthaud reposera sur une île

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Décédée lundi soir dernier dans le crash des hélicoptères du jeu de téléréalité de TF1 « Dropped », la navigatrice Florence Arthaud sera enterrée sur une île au large de Cannes. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi son frère Hubert dans le journal Nice-Matin.

La « fiancée de l’Atlantique », comme l’avaient surnommé les médias, seule femme marin à avoir remporté l’exigeante Route du Rhum (1990), a choisi la Méditerranée comme dernier refuge. Là, sur l’île Sainte-Marguerite (archipel de Lérins) où repose déjà son autre frère Jean-Marie, mort il y a plusieurs années. Près d’une forêt d’eucalyptus, le petit cimetière ombragé en surplomb de la mer borde la citadelle, qui enferma sous Louis XIV le célèbre et mystérieux Masque de fer.

La fratrie venait également de perdre en novembre leur père Jacques Arthaud, ancien patron des éditions du même nom. Hubert Arthaud raconte à Nice-Matin qu’il a été prévenu du décès de la sportive par sa nièce Marie, fille de la navigatrice. Depuis, il a coupé la télévision. Trop dur de revoir les images de la championne. Il attend. Il s’est isolé en attendant le rapatriement du corps, qui se trouve toujours en Argentine. Une cérémonie religieuse sera organisée à Paris, avant l’inhumation. Une autre cérémonie, en mer cette fois, réunira ses amis.

Les admirateurs de la navigatrice, eux, pourront dès le 19 mars se plonger dans « Cette nuit, la mer est morte ». Un livre de mémoires désormais posthumes (éditées chez Arthaud) dont le texte était déjà prêt à être publié.

Florence Arthaud y raconte notamment, entre autres épisodes d’une vie aventureuse, comment elle avait pensé mourir le 30 octobre 2011, après être tombé à la mer au large du Cap Corse. Dans les bonnes feuilles publiées ce jeudi dans la presse, on peu y lire ces lignes : « Je suis dans l’eau. Il fait nuit noire. Je suis seule. Je tourne la tête en tous sens, instinctivement. Je vois mon bateau qui s’éloigne. » La skipper, qui se débat dans l’eau glaciale, poursuit : « Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau. Effacer toute trace de mon existence. M’engloutir. »

Elle est finalement repérée et repêchée par un hélicoptère, en état d’hypothermie. Dans ses mémoires, où elle clame son amour de l’océan et la liberté ressentie lorsqu’elle y navigue, elle écrit encore : «La crainte de mourir est pour moi la seule vraie terreur. »

« Dropped » : maintenant, identifier les victimes

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Elle s’appelle Virginia Illanes Bordon. La  juge d’instruction argentine, entre autre urgences, dira quand les huit Français morts du crash des hélicoptères du jeu de téléréalité de TF1 « Dropped » pourront être rapatriés. Les autopsies ont commencé ce mercredi.

Trois gloire du sport national, la navigatrice Florence Arthaud, la nageuse Camille Muffat et le boxeur Alexis Vastine, et cinq membres de l’équipe du tournage ont péri au pied de la Cordillère des Andes lundi soir.

Les services de secours argentins ont peiné à approcher des décombres, en terrain accidenté. Selon un responsable de la sécurité de la province de La Rioja, les dix corps (huit Français et les deux pilotes locaux) sont méconnaissables sous l’effet du feu ». Tous ont été péniblement dégagés des débris calcinés, sous une chaleur accablante, et transportés hier mardi en ambulance vers la morgue de la province, située dans la ville de La Rioja (147.000 habitants), à 37 kilomètres des lieux du drame. Et à plus de 1.100 kilomètres de Buenos-Aires.

C’est là que le Consul général de France Raphaël Trannoy les a visité hier soir. Il a également rendu visite au reste de l’équipe du jeu, techniciens de la société de production ALP et candidats, reclus dans leur hôtel en attendant d’être entendus par les enquêteurs.

A la morgue, les légistes doivent donc procéder à l’identification des victimes et pratiquer des autopsies. Des tests sanguins doivent notamment dire si les pilotes avaient bu de l’alcool ou pris des stupéfiants. Seule certitude : on sait qui se trouvait précisément à bord de chacun des deux appareils qui se sont percutés en plein vol.

Parmi le groupe d’enquêteurs français attendu sur place ce mercredi, on compterait des gendarmes, des légistes, des dentistes et des experts en empreintes digitales.

Téléréalité : « Dropped », la mort au bout du jeu

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Le casting de l'émission Dropped (TF1)

C’était le jeu qui devait renouveler la téléréalité d’aventure sur TF1. Un « Koh-Lanta » dopé à la caféine. « Dropped » aura tourné au cauchemar hier lundi soir pour la société de production ALP, déjà aux prises en 2013 avec la mort d’un candidat et d’un médecin de « Koh-Lanta ». Pas de chance.

Dix morts, dont huit Français, dont trois gloires du sport hexagonal : la navigatrice Florence Arthaud, la nageuse Camille Muffat, le boxeur Alexis Vastin. Florence Arthaud, sortie par miracle de mille mésaventures, la dernière en 2011 en tombant à la mer au large de la Corse. Sauvée in-extremis en état d’hypothermie.

Ils devaient être lâchés en pleine nature argentine, au pied de la Cordillère des Andes, à charge pour chacun de survivre avec les moyens du bord le temps de rejoindre la civilisation. L’équipe de production faisait des repérages, avant la deuxième épreuve d’un jeu animé par Louis Bodin, « monsieur météo » à TF1. Le tournage avait d’abord débuté à Ushuaïa. Lors du vol d’hier, les deux hélicoptères ont décollé trop près, se percutant.

Adapté d’un concept suédois, « Dropped » première saison devait être diffusée sur la Une cet été. Un casting de rêve a été rassemblé : outre les trois sportifs décédés, le footballeur Sylvain Wiltord, le patineur Philippe Candeloro, la rideuse Anne-Flore Marwer, le nageur Alain Bernard et la cycliste Jeannie Longo. Parmi ceux-ci, tous saufs, certains ont été témoins du crash.

Selon ALP et TF1, qui ont communiqué leur « horreur » devant l’accident, le tournage est « suspendu ». Produisant déjà « Fort Boyard », « La chasse aux trésors » ou encore « L’étoffe des champions », la société ALP se relève à peine du traumatisme « Koh-Lanta ».

En mars 2013, un candidat de 25 ans avait succombé à une crise cardiaque lors du tournage, au Cambodge. Premier drame, alors, pour une téléréalité à grand public. Dans la polémique qui s’en était suivi sur les conditions de ce décès, le médecin de l’émission s’était suicidé. Le jeu a fini par revenir à l’antenne de TF1. Ce mardi, l’animateur de « Koh Lanta » Denis Brogniart a twitté à propos de « Dropped » : « Dévasté par ce drame. 10 morts dont Trois champions d’exception et 5 cameramen et journalistes que je connaissais très bien. Paix à leur âme ».

 

La fausse mort de Martin Bouygues

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Martin Bouygues (capture BFMTV)

Patron du groupe industriel du même nom, Martin Bouygues a du peu goûter la fausse annonce de sa mort, samedi après-midi. Une fausse mort émanant de la très sérieuse Agence France Presse (AFP), bible des médias, qui se trouve aujourd’hui à se dépêtrer d’une grosse bourde embarrassante.

Les faits, tout d’abord. A 14h27 samedi, une dépêche affirme que ce pilier de l’économie française, 62 ans, est décédé en Normandie. Une mairie du secteur en a même apporté la confirmation. Coup de tonnerre. La nouvelle file dans la médiasphère, bifurque par les réseaux sociaux, génère sur Twitter des commentaires émus. Emballement éphémère : à 14h55, coup de théâtre. TF1 (filiale de Bouygues) publie par communiqué un démenti. D’autres sources le confirment, Matignon en tête. Jusqu’à 15h24, où l’AFP reconnaît son erreur, et que son PDG présente des excuses officielles à Martin Bouygues, parlant de « faute inacceptable ».

Depuis lors, une enquête interne a pisté l’erreur, a compris qu’une source « habituellement fiable » avait refilé un mauvais tuyau. Un « malentendu » s’était ajouté, le maire qui confirmait croyant qu’on parlait d’une autre personne. Et que par-dessus le tout, la dépêche avait été validée par un chef de l’agence, et envoyée telle quelle dans les tuyaux.

Fin de cette malheureuse histoire ? Pas tout à fait. Car ce « couac » est un symptôme. Celui d’une presse malade, en difficulté financière. Les rédactions ont fondu, moulinent à flux tendu, et la charge de la vérification est abandonnée à l’AFP. Plus les moyens. Celui aussi d’une époque de la vitesse, facteur essentiel pour être bien visible sur internet et les réseaux sociaux. Que vaut-il mieux, dès lors, pour damer le pion à la nombreuse concurrence ? Une information vraie, vérifiée ? Une nouvelle rapidement diffusée ? Au risque de « tuer » un bon vivant ?

Rappelons enfin une petite histoire survenue dans les années 90 à un quotidien parisien. Celui-ci avait publié une dépêche de l’AFP, puis s’était vu assigné pour diffamation par l’un des protagonistes cité dans la dépêche. Nous n’y sommes pour rien, c’était dans la dépêche, ont plaidé les avocats du quotidien. Le tribunal de Paris, à l’époque, avait alors expliqué que l’AFP n’avait qu’une diffusion interne aux médias. Celui qui rendait la dépêche publique, et endossait donc la responsabilité de l’éditeur, c’est le média qui la reprend, journal, radio, télévision.

 

Du 11-Septembre au 7-Janvier : quand la vie s’arrête

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Aujourd’hui  jeudi,  jour d’après. L’attentat perpétré mercredi contre « Charlie hebdo » a été le plus sanglant en France depuis cinquante ans. Un traumatisme. Une sidération. Comme un 11-septembre à la française, a-t-on même entendu. « Un acte de guerre », a glissé l’ancien directeur du journal  satirique Philippe Val.

Bien sûr, c’était le but recherché, à n’en point douter. Effrayer. Punir. « Venger » comme les deux ninjas l’ont clamé, fusil-mitrailleur en main. « Quand on n’a pas d’arguments, on tire », a écrit ce matin Laurent Joffrin dans « Libération ». Et, parce que cela dépasse l’entendement, on en demeure cloué net à entendre la nouvelle qui tombe, hier matin. Qui enfle et se précise dans l’horreur. La ronde des victimes qui s’allonge. Cabu ? Est-ce possible ? Et Wolinski aussi ? Et Charb, Tignous, Honoré ? Là, tous ces talents, ces symboles dont on commente en riant les dessins depuis si longtemps. Douze assassinats d’un coup en plein Paris ?

Alors, bien qu’informés (surinformés ?) en quelques instants, on reste hébété longtemps devant la télévision, zappant au fil des images, toujours les mêmes, mais qu’on peine à admettre. Des heures. Pour quoi faire ? On ne sait pas trop. Les radios n’en savent pas plus. Les sites des journaux ne sont même plus accessibles, saturés. Plus de dix millions de requêtes « Charlie Hebdo » hier sur Google. 16 millions de Français regarderont à vingt heures les journaux de TF1 et de France 2, leurs témoignages  et leurs récits déjà connus.  Après midi, Facebook, Twitter tournent à plein, en boucle. On s’envoie des SMS, on se téléphone. C’est toute une France qui s’arrête, qui partage la même stupeur, chez soi, au travail. Comment est-ce arrivé ? On se donne parfois rendez-vous  pour le soir, milliers de « Charlie » à dire « non » dans des rassemblements qui rassurent.

Sidération. On se souvient du 11-Septembre new-yorkais. De cet incroyable temps suspendu à l’avenir des tours jumelles en feu. Des images en boucle, et pas plus d’informations disponibles non plus. On se souvient des attentats parisiens de 1995-1996. Mêmes signes d’impuissance. Même attirance, un peu sonnée, devant la télévision. Mêmes reportages de gens errants, de sirènes de police, d’ambulanciers affairés.

Pourquoi rester là ? En vingt ans, les chaînes d’info sont nées, internet a poussé les murs, la téléphonie a ouvert les vannes. C’est le sens du progrès. Le terrorisme nous rend toujours aussi incrédule, mais devant plus d’écrans.

(Extrait d’un dessin du Néerlandais Ruben L. Oppenheimer)