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Damien COMANDON, le président visionnaire pour un groupe historique

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Damien Comandon président HYGECO
Damien Comandon président HYGECO

Il y a quelques jours j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Damien COMANDON, nouveau président du groupe HYGECO. Je suis déjà venue vous parler d’HYGECO, et vous allez certainement vous demander ce que je pourrais bien vous présenter de nouveau sur ce groupe historique. Et pourtant il y a tout à dire. Depuis sa nouvelle investiture, Damien COMANDON a totalement refondé l’image du groupe qui allie ainsi la force de son histoire et la fraîcheur d’un vent nouveau.

Hygeco, Un nouvel état d’esprit

Avec Carmen De Olivera, directrice générale, l’objectif est simple : injecter leur état d’esprit à l’image du groupe. C’est quelque chose que vous verrez sans doute au salon, où Hygeco, fêtera ses 130 années d’existence. Encore une belle raison de vous déplacer en nombre à ce grand événement, au Bourget, du 23 au 25 novembre prochain.

Hygeco, la thanato ?

Très impliqué, Damien Comandon cherche à savoir ce que les thanatopracteurs vivent sur le terrain, car comme il l’explique, c’est aussi le cœur du métier. Pour lui, tous les ressentis, tous les retours des thanatopracteurs de terrain l’aident à définir l’avenir du métier, qui est, on le sait, un métier sans cesse en mutation d’ autant par sa législation que par ses représentants. Il s’interroge par exemple sur la légitimité supposée du numerus clausus qui existe actuellement sur la profession. Il le constate en tant que président du groupe : il y a un réel manque de ressource qui peut mettre la profession tout entière en péril. Ce manque de ressource cela signifie des acteurs qui, à terme, risquent de ne plus vendre de soin. La possibilité d’un retour en arrière ? Oui, s’il n’y a pas plus de rigueur, tant en terme d’utilisation des fluides, que de sérieux dans l’application de la discipline par rapport aux nouvelles lois. Son objectif est donc parfaitement identifié : redonner ses lettres de noblesse à la thanatopraxie.

La force du nouveau président, il la tire de ses diverses expériences. Parfois ne pas venir du milieu dans lequel on évolue actuellement est un atout considérable et c’est grâce à son regard aiguisé sur différents secteurs d’activités, qu’il sait allier rigueur, sérieux et à la fois une grande modernité et un renouveau.

La thanatopraxie oui, mais pas que

La thanatopraxie représente 50% de l’activité du groupe. Une part importante bien sûr, mais qui laisse la part belle à l’autre activité du groupe, l’équipement funéraire. C’est un groupe qui est à la frontière entre le funéraire et le médical. Un gros projet est en cours en Arabie Saoudite pour équiper pas moins de 30 hôpitaux. Dans cette nouvelle ère qui s’ouvre, HYGECO a donc des ambitions internationales très affichées.

OGF / HYGECO : un partenariat inégalable

De leur collaboration historique est né un partenariat il y a quelques années, qui se renforce chaque jour. Même manière de travailler dans la montée en puissance du respect des contraintes, mêmes valeurs véhiculées, font de ces deux géants du funéraire des acteurs incontournables. Pour autant, Damien Comandon, le sait, la concurrence est rude pour les thanatopracteurs. Loin de se positionner dans un climat conflictuel, la main est souvent tendue dans un sens comme dans l’autre, entre le groupe HYGECO, premier recruteur de thanatopracteurs en France et les indépendants. Modèle dont se réjouit le nouveau président, qui ne voit rien de louable et d’utile à la profession qu’un climat fratricide. Au contraire, il se plaît à rêver d’un maillage qui fonctionnerait.

HYGECO a l’international

Sa grande vision sur la profession, le président l’extrait de l’image globale qu’il peut avoir. HYGECO est un groupe international il ne faut pas l’oublier, et par exemple, si l’on prend le cas de l’Angleterre, Damien Comandon aimerait que l’on applique davantage la noblesse qu’il peut trouver dans ce pays au secteur du funéraire, pour l’appliquer en France. « C’est une institution ».

Noblesse, rigueur, et visionnaire sont les trois mots que je ressors de l’entretien d’avec Damien Comandon. Si ces trois mots s’appliquent à la vision qu’il a du groupe HYGECO et du funéraire dans un sens large c’est parce qu’il possède ces trois qualités en lui. Un groupe entre de bonnes mains, donc, à l’image d’un homme qui va de l’avant et qui nous entraîne, avec plaisir, avec lui.


http://www.hygeco.com/fr/ HYGECO-180-901 Damien COMANDON, le président visionnaire pour un groupe historique


Funéraire Info

Abénex accompagne Hygeco dans sa prise d’indépendance

Revue de presse du mardi 04 juillet

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revue de presse pompes funèbres

Dans la presse et sur le web, la revue de presse du funéraire, des pompes funèbres, des crématoriums et des thanatopracteurs. Revivez l’actualité sur Funéraire-info.

Midi Libre – Baclofène

Principalement prescrit pour soigner la dépendance à l’alcool, le baclofène utilisé à fortes doses est associé à un risque de décès de plus du double par rapport à celui observé avec les médicaments commercialisés pour cette maladie.

La Voix du Nord – Émoi

Julian Capelle, un enfant de 11 ans, est décédé vendredi d’une leucémie foudroyante, diagnostiquée il y a seulement quinze jours. Ses obsèques auront lieu ce mardi à Abbeville. Son père, qui l’élevait seul, se bat pour l’avenir de ses deux autres enfants et lance un appel au secours.

Public – Venus Williams

La championne de tennis a en effet été reconnue responsable de la mort d’un homme de 78 ans, après un accident de voiture. Le 9 juin dernier, elle s’était engagée au volant de son 4×4 dans un croisement et n’avait pas respecté la priorité. Résultat : elle avait été percutée par un autre véhicule, à bord duquel se trouvait un couple. La conductrice, âgée de 68 ans, et son passager, son mari âgé de 78 ans, avaient été blessés et hospitalisés. Malheureusement, ce dernier est finalement décédé il y a quelques jours.

La Depêche – Diabète

A l’heure où le diabète est « à l’origine de 5 millions de décès par an dans le monde, soit 1 victime toutes les 6 secondes », une meilleure prise en compte de ce grave trouble métabolique relève de l’urgence dans les pays pauvres.

La Depêche – Cimetière abandonné

Est-ce un cimetière abandonné ? On se pose la question lorsque l’on voit l’état du cimetière de Saint-Juéry-le-Haut. Herbes hautes qui jonchent les allées, ronces et chiendents de presque 1 m de hauteur arrivant devant les tombes. Certains propriétaires de concession ont nettoyé eux-mêmes le devant de leur tombe. «C’est une honte de laisser le cimetière dans cet état. Il n’y a même plus le respect des morts.

Voa Afrique – Nigeria

Le désert du Ténéré nigérien est « un véritable cimetière à ciel ouvert » pour les migrants africains sur la route de l’Europe via la Libye, ont alerté lundi une trentaine d’élus de la région d’Agadez (nord).

Le Figaro – Fusillade

Une fusillade a éclaté ce lundi soir, peu après 21 heures, dans le quartier sensible de la Reynerie à Toulouse, faisant un mort et six blessés, dont deux graves, selon un bilan provisoire fourni par la préfecture.

Pure People – Suicide

C’est une triste nouvelle qui a été confirmée lundi 3 juillet par People. Citant le bureau du coroner du comté de Los Angeles, le magazine révèle que la Youtubeuse Stevie Ryan, qui avait été révélée en 2006 sur la célèbre plateforme, est morte samedi 1er juillet.

La Depêche – Foi

Comment dépasser le deuil d’un être cher ? Dans un livre autobiographique intitulé «Vanessa mon ange», la Carcassonnaise Justin Nadal tente d’apporter une réponse. Après la mort de sa fille, Vanessa, en 1996, elle réussit à faire son deuil en se tournant vers la foi. Son roman témoigne de cet éveil spirituel. «Il y a une vie après la mort

Funéraire Info – Thanatopraxie

Orage sur la thanatopraxie : suite à notre article de l’autre jour sur le spleen des thanatopracteurs, de nombreux témoignages ont continué à nous parvenir, attestant la crise profonde que traverse cette profession. Un témoignage fort et un condensé de l’histoire de la thanatopraxie qui explique, sans doute, beaucoup de choses.

La revue de presse vous est offerte par Hydrosystem
Hydrosystem se définit comme constructeur et surtout ingénieur en solutions hydrauliques et mécaniques, et rappelle que tout reste possible. Son engin de creusement Crocopelle et son chariot motorisé sont devenu les plus fidèles alliés des marbriers.

Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

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valise thanatopracteurs

L’arrêté du 10 mai fixait les conditions dans lesquelles les thanatopracteurs pourront effectuer les soins à domicile. Ces derniers devaient à l’origine être interdits, mais le projet de loi a été retoqué à l’assemblée nationale, et des petits alinéas sont apparus. Dans la famille thanato, il y a des divisions et ça n’est pas nouveau. Ceux qui sont outrés par le décret, ceux qui considèrent que ça ne changera rien, et ceux qui trouvent que c’est une avancée.

Le décret précise en autre :

Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :

1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
4° Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur.

 Et encore :

Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
2° Une housse imperméable, telle que prévue à l’article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’article R.1335-6 du code de la santé publique ;
5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.
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Cédric Ivanès, thanatopracteur et président du Syndicat Professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés

L’hygiène et la santé en ligne de mire pour les thanatopracteurs

Pour Cédric Ivanès, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés –SPTIS ce décret va dans le bon sens « c’est une très bonne chose, ce texte va permettre de réduire les interventions à domicile dans des conditions qui au XXIème siècle, sont inacceptables. » D’ailleurs on est « un des derniers européens à pratiquer les soins au domicile ». En tant que président, Cédric le constate tous les jours avec les retours que lui font les autres thanatopracteurs. Ces derniers souffrent de plus en plus de problèmes de dos.

Donc même si ce décret n’interdit pas les soins à domicile, il va conduire à en limiter la réalisation.

Car en réalité ce décret ne sort pas de nulle part, il s’inscrit dans la levée des soins sur les personnes porteurs du VIH dont le prochain arrêté devrait paraître cet été. Un sujet lourd de responsabilité qui divise la planète thanatopraxie.

Thanatopracteurs indépendants et salariés logés à la même enseigne ?

Un des reproches que j’ai pu lire sur ce décret c’est que les indépendants ne pourront pas refuser ces soins à domicile, car la concurrence fait rage, et qu’il sera toujours autant aisé pour une pompe funèbre d’appeler un autre thanato. « Pas nécessairement » me répond Cédric qui juge que les salariés eux devront respecter ces règles puisque les entreprises qui les embauchent ne se mettront pas hors la loi. Quant aux thanatopracteurs indépendants, le milieu est très petit et si un thanatopracteur commence à se mettre hors la loi, c’est sa réputation qui va vite être entachée. Il demande donc à « tous les thanatopracteurs, de respecter scrupuleusement ce décret, c’est dans leur intérêt ». Et ça n’est pas qu’une question de travail mais aussi de santé et d’hygiène : « si le thanatopracteur ne respecte pas ces directives, en cas de coupure, il ne sera pas couvert ».

« Le SPTIS ne dénoncera personne bien sûr, en revanche, si un de ses adhérents ne respecte pas la loi, il sera radié ».  Pour Cédric « impossible de défendre quelqu’un qui ne va pas respecter ces conditions ».

« Un thanatopracteur qui ne va pas respecter la loi, portera une atteinte à sa propre profession ».

Quid de la responsabilité des pompes funèbres par rapport aux thanatopracteurs ?

Néanmoins cela fait beaucoup de matériel, beaucoup de conditions. Cédric me l’explique lui-même : « un soin à domicile, c’est deux soins en funé, niveau force ». Il a lu beaucoup d’avis suite à la publication de ce décret et déplore que certains thanatopracteurs déclarent « que si un thanato n’est pas capable de faire un soin à domicile c’est qu’il n’est pas fait pour ce travail ». « Certes », confirme Cédric « mais ceux qui disent cela sont en fonction depuis moins de 3 ans, lorsqu’ils auront 10 ans derrière eux et des dizaines, des centaines de soins à domicile derrière eux qui auront mis leur santé et leur physique à mal, on en reparlera ».

Comment faire alors pour ne pas surcharger davantage le thanatopracteur ?

« En responsabilisant les pompes funèbres ». Pour Cédric, il y a encore du travail à faire «  Les pompes funèbres se dégagent souvent, en envoyant d’abord le thanatopracteur sur place, prendre les mesures, sans se soucier des conditions d’hygiènes ni de la faisabilité du soin dudit domicile ». « Pour une mise en bière, les pompes funèbres sont aidées, en revanche nous, on est tous seul ».

En somme « ces installations énoncées dans ce décret sont du ressort de la pompe funèbre ». Si l’on prend le cas de la table sur laquelle le défunt devra être en cas d’absence de lit médicalisé, aucun thanatopracteur ne peut transporter ça dans sa voiture, sans compter le coût et le poids d’un tel support.

Pour Alexandre, thanatopracteur du Poitou-Charentes, même s’il compte en parler autour de lui jusqu’au premier janvier il reste sceptique en se demandant « ce que ça va vraiment donner ».

LA phrase qui change tout

C’était dans la partie du premier décret. La phrase la voici :

décret-thanatopraxie-soins-à-domicile Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

Donc voilà, il n’y aura plus de rapatriement de l’hôpital par exemple vers un domicile. Seuls les personnes décédées au domicile pourront bénéficier d’un soin de conservation à domicile. Ce qui met, mes thanatopracteurs d’accord. Pour Cédric, c’était une condition sine qua non. Pour Benjamin : « Le fait qu’il soit prévu d’interdire les soins à domicile d’une personne qui n’est pas décédée à domicile est dans une bonne logique. Cela dit, beaucoup de pompes funèbres sont déjà très arrangeant à ce sujet là, et il n’est pas rare qu’ils fassent transiter le corps par leur funérarium pour nous permettre de travailler dans de meilleures conditions. » Quant à Alexandre il va même plus loin, il pense que les soins à domicile devraient être interdits si une chambre funéraire est à moins de 15 km du domicile du défunt.

Et si on arrêtait les soins à domicile, tout simplement ?

Si la loi a été retoquée, en revanche les conditions plus dures, vont peut-être permettre d’arrêter cela. « La solution la plus simple c’est de transférer le corps au funérarium ». Un coût supplémentaire pour les familles clame le peuple. Pourtant, pour Cédric, la solution est évidente, « les pompes funèbres n’auront qu’à, dans ces cas, précis baisser leur marge sur les soins ».

Certains thanatopracteurs s’offusquent « on a toujours fait comme ça », « et dans les campagnes alors ? ». Pourtant aujourd’hui il y a « beaucoup plus de chambres funéraires qu’auparavant » constate Cédric. Ce sont les mêmes « thanatopracteurs qui ont râlé pour le liquide agréé, pourtant aujourd’hui tout le monde respecte cela, pourquoi ne pas respecter ça aussi ? ».

déclaration-préalable-de-soins Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsablesPour une meilleure traçabilité

Si Alexandre et Benjamin sont plus septiques en se demandant « qui va vraiment vérifier cela », Cédric s’appuie sur la loi, « le maire de la commune à un pouvoir de vérification, notamment avec la déclaration préalable au soin ». Si un thanatopracteur est mis en doute « son habilitation risque de sauter ».

Les thanatopracteurs inquiets : l’ombre du VIH derrière le décret

Comme je vous le précisais, ce décret vise plus particulièrement à se décharger sur les questions d’hygiène pour ensuite permettre les soins sur personnes décédées porteuses du VIH. S’il y a des thanatopracteurs avec lesquels je m’entends peu, en revanche leur position sur le sujet nous rassemble. Il est fort possible que cet article finisse encore sur un site au nom virulent et que je finisse définitivement cataloguée comme une « horrible personne discrimante » comme j’ai déjà pu le lire. Qu’à cela ne tienne. Pour Cédric aussi le combat est long « Encore aujourd’hui, aucune donnée scientifique ne permet de déterminer avec certitude si le risque est réel ou non ».

Le dialogue reste rompu entre les associations de défense de personnes atteintes du VIH et les thanatopracteurs qui ne parlent définitivement pas de la même chose. Pour les thanatopracteurs il n’y a pas de discrimination, il faut absolument que les « pompes funèbres expliquent correctement et qu’une toilette parfaitement réalisée permet aux familles de voir le défunt dans des conditions tout à fait décentes ». De l’autre côté on s’insurge « et les infirmières par exemple ? » Les infirmières ont un matériel à usage unique, impossible pour un thanatopracteur, qui, même s’il prend soin de son trocart, ne peut pas en changer à chaque soin. C’est également l’avis de Benjamin « les conditions exigées dans l’agencement de la pièce, les critères d’hygiène excessifs et inapplicables dans les faits, ne me semblent être qu’un moyen de nous imposer de faire des soins sur les corps contagieux. Sauf que ce texte montre la méconnaissance totale de notre métier, car ce n’est pas une pièce entièrement lessivable qui va nous protéger d’une piqûre d’aiguille ou d’un risque de projection de sang. » Pour les thanatopracteurs il est hors de question « de risquer sa vie pour une personne qui est décédée ».

Responsabiliser le gouvernement et les médecins

Pour Benjamin, « Les médecins arrivent déjà bien souvent à oublier de faire figurer un pacemaker extrêmement visible sur le certificat de décès, je pense qu’ils « oublieront » de faire figurer la mention de la contagion. Ce n’est pas ce genre de textes de loi qu’il faut. Il en faut un qui responsabilise le médecin dans sa rédaction du certificat de décès. Combien de fois ai-je vu un médecin signer un décès sans même aller voir le corps ? Combien de fois ai-je vu les cases mal cochées voire même pas cochées ? »

De plus, Cédric le rappelle, contrairement à un salarié, « un indépendant n’est pas suivi par la médecine du travail ».

Pour ce faire, le SPTIS entreprend de grands chantiers, le premier est « d’interroger le nouveau gouvernement sur la manière dont pourra s’effectuer le droit de retrait », car si un salarié pourra légalement le faire dans le cadre de son travail, rien ne précise pour l’instant ce droit de retrait pour un indépendant.

De même, le syndicat compte bien demander une étude sur les risques réels de contamination.

Alors finalement ça va changer quoi tout ça ?

Benjamin s’interroge : « A quand un ministre qui s’intéressera réellement à nous, en consultant tout le monde ? »

 

La thanatopraxie recule quand Touraine est En Marche !

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Marisol Touraine, thanatopraxie

Hier, jeudi 11 mai, Marisol Touraine a cessé d’être ministre de la santé au moment ou le premier ministre présentait la démission du gouvernement. En catimini, sans vraiment de pot d’adieu, mais rassurez vous : la ministre a laissé une ultime bombe, un cadeau d’adieu pour les thanatopracteurs et le funéraire.

Une drôle d’histoire

Vous en avez tous au moins croisé un, un jour. Le sale gosse mal élevé qui, sournoisement, s’approche de sa cible par derrière, lui flanque un coup de pied puis s’enfuit en courant. C’est pénible. Mais ça l’est encore plus quand la sale gosse sournoise est ministre de la santé.

Parce que Marisol Touraine, la ministre de la santé, a lâché une ultime bombe au goût de revanche. Petite bombe qui va compliquer non seulement la vie des thanatopracteurs, mais aussi pourrir la vie des défunts, ce que les thanatopracteurs cherchent précisément à éviter.

Il s’agit, bien entendu, de l’interdiction des soins au domicile. Ah, non, pardon : il s’agit du nouveau cadre pour les soins à domicile. Notez, on n’a pas vraiment vu la différence.

Petite colère

On se rappellera la petite phrase de François Mitterrand à propos d’Edith Cresson « Je lui avais dit que son travail était de se rendre impopulaire. Je ne pensai simplement pas qu’elle y arriverait si bien ».

Cette phrase s’applique parfaitement à Madame Touraine, à la différence près qu’il n’y aura pas, contrairement à Madame Cresson, de relecture positive, dans le futur, de son action.

Après avoir mis dans la rue les médecins libéraux et établissements de santé privés, essoré jusqu’à la dernière goutte l’hôpital public, condamné à mort des millions de français en encourageant la lutte contre la cigarette électronique et en niant son efficacité contre le sevrage tabagique, humilié les infirmières de nuit avec une augmentation de la prime insultante et assortie de conditions ridicules et excluantes, on aurait pu croire Marisol Touraine satisfaite. Au contraire, la ministre retranchée dans son ministère trépignait comme une gamine capricieuse à qui on aurait refusé un bonbon.

Songez, elle avait réussi à faire verdir, de rage, tout le monde, sauf un petit groupe d’irréductibles dont le métier, précisément, consistait à lutter contre le verdissement. L’interdiction des soins de thanatopraxie au domicile avait, après deux navettes parlementaires, échouée. Retoquée, abandonnée, en un mot : enterrée.

Et grosse revanche

Mais alors, comment faire ? La solution, finalement, était simple : un arrêté. Non pas qui interdise les soins de conservation, il aurait été retoqué, mais, au titre de la santé publique, qui impose des normes si draconiennes que ces derniers en deviendraient, tout simplement, impossible.

Parce que, si on écoute l’ex-ministre Touraine, les thanatopracteurs devraient pratiquer plusieurs métiers.

Déménageurs : arrivant chez leurs clients avec une table réfrigérée sous le bras. Frigoristes, pour mesurer les caractéristiques thermiques de chaque pièce où ils auraient à intervenir. Géomètres, pour calculer le volume précis de chaque pièce, doublé d’ingénieur en mécanique des fluides, pour prévoir le renouvellement d’air. Décorateur d’intérieur, parce que la tapisserie, le lambris ou le crépi, c’est tellement has been, place au carrelage blanc du sol au plafond. Nettoyeurs, parce que, quand même, vous n’allez pas me laisser ça dans cet état. Contorsionnistes à l’occasion, parce que faire rentrer le matériel pour les soins et une table réfrigérée dans une pièce généralement déjà encombrée, ça va être drôle. Secrétaire, parce qu’il faut ensuite rédiger un rapport complet.

Et, enfin, mendiant, parce que facturer 200 balles par soin pour tout ça, j’en connais pas beaucoup qui pourront en vivre.

A malin, malin et demi

Et tout cela lancé comme une boule puante la veille de son départ, puisqu’il y a fort à parier que Monsieur Cazeneuve avait prévenu ses ministres un peu en amont de la date de démission du gouvernement. Le seul qualificatif qui s’applique au procédé est : sournois. On balance, on démissionne. Le coup de pied en traître. Le tout dans un texte de loi compliqué à l’envie, dans lequel on cherchera en vain la simplification promise par le candidat Hollande en 2012.

Et puis, l’égalité promise sera, au passage, également shuntée : clairement, vu l’augmentation des tarifs quelle que soit la solution choisie par la famille, les « sans-dents » seront exclus de la thanatopraxie.

Le temps que la profession s’en rende compte, Madame Touraine serait loin. Alors, contester, protester, auprès de qui ? Manifester, contre qui ?

Sauf que… Madame Touraine a juste oublié un minuscule détail, dont tout le monde s’était rendu compte, sauf, manifestement, elle : sa totale incompétence. Relisez le texte. Prenez de l’aspirine. Relisez-le encore. Vous voyez ? Nulle part, il n’est précisé qui a l’autorité pour contrôler, donc personne, ni quelles sanctions sont prévues, donc aucune.

Il y a fort à parier que, le premier janvier 2018, rien ne changera. Il semblerait que, de son côté, Madame Touraine soit en marche vers un nouvel avenir. Attention à elle, un croche-pieds est si vite arrivé…

Le décret est ici

Fériés de mai et services essentiels, pas de pont pour les indispensables

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un-brin-de-muguet

Ca y est, le grand tunnel des ponts du mois de mai est officiellement lancé. Ce cauchemar de chargé de planning peut être aussi celui de celles et ceux chargés d’assurer la continuité des servies indispensables, parmi lesquels la santé et les pompes funèbres.

Le travail, un premier mai, n’est prévu que pour ceux dont la fonction est essentielle : transports publics, hôpitaux, police et gendarmerie, armée, et le service après-vente, les pompes funèbres. Sans oublier les journalistes : si il n’y a pas de journaux le premier mai, les rédactions sont déjà au travail pour fabriquer celui du deux, leur jour de congé se situant alors le trente avril, en décalé.

Tout travail mérite salaire

« L’indemnité spéciale du 1er mai. Lorsque le 1er mai n’a pu être chômé, du fait de la nature de l’activité de l’entreprise, le salarié a droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire« . Code du Travail, article L. 3133-6..

C’est ça, la bonne nouvelle : travailler le premier mai, ça paie double. Petite compensation pour celles et ceux qui n’ont pas le choix, et bonus pour les volontaires.

Il faut reconnaître que la tâche, pour les pompes funèbres, est singulièrement plus compliquée que pour les autres services. Les hôpitaux, par exemple, sont autonomes, et ont leur propre stock de matériel et fournitures, tous les services y sont ouverts, évitant les incidents type « On ne peut pas le transporter d’urgence au service des grands brûlés, c’est fermé, on est le premier mai ».

Les voyous, malandrins, bandits, braqueurs, combinateurs, casseurs, délinquantes et automobiles mal garées fourniront du travail en abondance aux policiers, l’ennemi ne prendra pas un jour de repos face à nos militaires en opération, et des millions de concitoyens qui n’ont rien d’autre à faire que de se promener fourniront en abondance des usagers aux transports en commun dont le service sera pourtant fort allégé.

Les pompes funèbres ne manqueront pas non plus de leur cohorte habituelle de défunts, là n’est pas la question.

… Mais c’est compliqué

Ce dont manqueront les pompes funèbres, c’est d’interlocuteurs. Services publics fermés, lieux de culte injoignables, le service des pompes funèbres ne sera toutefois pas minimal : une équipe de transport de corps, un conseiller funéraire et un thanatopracteur de permanence devront assurer le transfert du défunt vers une maison funéraire, la toilette où les soins de conservation, la présentation, l’accueil des familles à la maison funéraire et au bureau, afin de leur présenter les indispensables devis et bons de commande, et de leur faire signer les autorisations, déclarations et demandes pour tout cela.

Mais les questions que se posent la majorité des familles, « Est-ce que l’église sera disponible vendredi après-midi » « est-ce qu’il reste de la place dans le caveau de famille » ? seront hélas insolubles.

Comme un dimanche, en fait. Un dimanche en milieu de semaine, premier d’une série de fériés qui rendent le mois de mai particulièrement décontracté.

Demain, amis non travailleurs du premier mai, lorsque vous arriverez au boulot, que vous trouverez des dossiers impeccables, des familles bien reçues, des convois bien ordonnés ou il n’y a plus qu’un ou deux petits coups de fil à passer pour finaliser, penser que pendant que vous étiez occupés à folâtrer dans les vertes prairies de l’insouciance, vos collègues suaient sang et eau pour faire aussi bien que d’habitude avec moins, c’est à dire sans vous. Peut être que cette soudaine révélation du fait que vous n’êtes pas si indispensable que cela, vous aidera à être sympathique avec les équipes de permanence, leur offrir un petit café, un brin de muguet…

A celles et ceux qui nous lisent depuis leur lieu de travail, ou près de leur téléphone de permanence, bon courage !

Levée des soins pour les porteurs du VIH et soin à domicile, un décret très attendu

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levée des soins
Cédric Ivanes, président du SPTIS

Je reste toujours à l’affût des nouvelles concernant la levée des soins de thanatopraxie pour les porteurs du VIH ainsi que l’interdiction supposée des soins à domicile afin que vous en soyez avertis le plus rapidement possible. Le décret attendu courant avril, n’est pas encore publié. J’ai demandé à Cédric Ivanes, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés -SPTIS, sa réaction.

Je vous en ait parlé ici, même si le décret n’est pas encore publié il a été validé au Conseil d’État. Cédric Ivanes ne peut pas encore nous donner les détails de cette publication, en revanche nous savons que des discussions ont continué pendant ces trois derniers mois.  Le CNOF, le Conseil National des Opérations Funéraires a été interrogé le 1er mars ainsi que le Conseil d’Évaluation des Normes le 9 mars dernier. Le Conseil d’Orientation des Conditions de Travail s’est quant à lui réuni le 5 avril et le décret a été examiné le 18. Il est donc en passe d’être publié.

En pleine élection présidentielle nous obtiendrons ainsi les détails de cette publication dès début mai. Cédric, qui est resté très confidentiel, reviendra pour nous sur les détails de ce décret, qui, ne fera que renforcer ce qui a déjà été dit : entre l’obligation pour les thanatopracteurs de se faire vacciner contre l’hépatite B et le tout nouveau décret sur le volet complémentaire qui précisera les causes du décès, en tout état de cause cette levée devrait intervenir dès le 1er Janvier 2018. Le temps de vérifier l’efficacité du vaccin ainsi que de pouvoir mettre en place pour les thanatopracteurs toutes les conditions pour exercer leur travail.

Quelques questions restent en suspens : Les soins à domicile vont-ils être réglementés ? On parle déjà de table pour les thanatopracteurs et de lieux adaptés en terme de m2 par exemple. Et surtout, les thanatopracteurs auront-ils un droit de véto concernant les soins sur les défunts porteur du VIH ?

Des questions dont les réponses arrivent dès les prochains jours. Vous en serez les premiers informés, sur Funéraire Info.

NOVA Formation : fin de session théorique pour les élèves de Sabrina LAVOLOT

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nova thanato reconstruction

Et voilà, le dernier jour de formation théorique mené par Sabrina Lavolot au métier de thanatopracteur, s’est terminé le 31 mars, le lendemain de l’inauguration du nouveau siège social de Nova Formation, à Gallargues le Montueux.

C’est dans une nouvelle salle dédiée, que les dix étudiants s’affèrent à mémoriser le plus d’informations possibles. Sabrina LAVOLOT, responsable pédagogique de la session thanatopraxie de Nova ne laisse rien passer à ses étudiants. Pleine de bienveillance, elle sait à quel point cela peut être compliqué de retourner sur les bancs l’école surtout lorsque l’on est déjà dans la vie active.

Comme à chaque session, le panel est très varié. Âges différents, environnements différents, motivations différentes. Seuls deux hommes sont présents à cette session, Aurélien et Axel, ce qui confirme donc la tendance de ces dernières années à la féminisation du secteur.

Ce 31, c’est atelier pratique, maquillage le matin et reconstruction faciale sur mannequin l’après-midi. Un moyen de décompresser un peu dans le flot d’informations à apprendre et les QCM à remplir. Le maquillage se passe bien, la pratique est à parfaire, mais il y a encore le temps, pour l’instant nous n’en sommes qu’à la formation théorique donc, rien ne presse.

En tout début d’après-midi, Sabrina est rejointe par son ancien collègue de formation Romain RAIG, thanatopracteur indépendant sur Toulon et sa région. Loin du diplôme, il arrive le costume et les valises impeccables délivrer ses bons conseils à la jeune garde, attentive et admirative de celui qui a aujourd’hui toute la panoplie du thanatopracteur en exercice. La reconstruction faciale n’est pas un exercice facile, mais pourtant nécessaire car le but même de la thanatopraxie au-delà de la conservation c’est de pouvoir présenter le défunt à ses proches. Une maladie défigurante – cancer de la langue ou de la gorge – accident de voiture, suicide, etc., sont autant de situations dans lesquelles la maîtrise de la reconstruction est primordiale.

Pendant que Sabrina garde l’œil sur chaque tête de mannequin, elle en profite pour corriger les copies de ses élèves afin qu’ils puissent avoir le résultat de leurs tests avant la fin de leur formation.

Quant à Romain, loin de se sentir au-dessus de ce travail, il se plie également à l’exercice. Là encore, cela permet aux étudiants de mieux comprendre toutes les nuances d’un travail bien fait. L’exercice est minuté, car pour un thanatopracteur deux choses sont essentielles pour réussir efficacement un soin : sa gestion du temps, et sa logique organisationnelle.

17886910_10210996561343535_412162335_o NOVA Formation : fin de session théorique pour les élèves de Sabrina LAVOLOTPuis Sabrina et Romain montrent aux élèves tout le matériel de thanatopraxie du tube de ponction à la pompe électrique, de la crème hydratante à la gestion de la valise du thanatopracteur pour qu’elle soit bien pensée, utile et pas trop chargée. Romain ouvre comme une vraie malle aux trésors ses valises, devant les yeux pétillants des aspirants thanatos.

La journée est presque finie, le temps de filer se changer et d’arriver à l’heure pour l’inauguration de ce soir, où les étudiants retrouveront le docteur BENSILMA, – responsable de l’institut médico légale de Nîmes, qui les a accompagnés lors de leur journée à l’institut et de rencontrer les professionnels du secteur.

Une session qui se termine le lendemain non sans emprunt d’une certaine nostalgie, car en thanatopraxie, contrairement aux autres formations, le temps d’apprentissage est plus long, les contacts se nouent. Un temps de repos est annoncé … avant les révisions.

 

Vêtements du défunt : du cérémonial aux portes du deuil

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costume

J’avoue que la mode ça n’est pas trop mon truc, et je pense que le jour de mon décès, mes proches n’auront pas trop de mal à trouver une tenue pour ma dernière demeure. Habiller un défunt ça fait partie de tout un cérémonial, c’est une étape importante pour les professionnels, qu’ils soient thanatopracteurs, agents d’amphithéâtre, ou pompes funèbres, mais c’est également une étape importante pour les familles, qui, en donnant les vêtements, participent d’une manière ou d’une autre au déroulé des obsèques qui est, on le sait, la porte du deuil.

Cela paraît anodin comme ça, habiller un défunt et pourtant ça ne l’est pas du tout. Ça répond à des gestes précis de la part des professionnels, et cela demande aux familles un geste symbolique fort. Et c’est à ce geste que je m’intéresse aujourd’hui.

La saisonnalité

Avez-vous déjà remarqué que les défunts sont habillés en mode hiver en hiver et en mode été en été ? Pourtant cela n’a aucune importance dans les faits, mais c’est « psychologique » l’on me dit. Moi qui cherche à comprendre, je vois dans ce comportement du positif et du négatif. Le positif c’est que le défunt fait partie intégrante d’un présent. Il est décédé, là, maintenant, à cette époque précise et on le revêt alors comme nous. Ça permet de marquer le départ, d’établir un temps de pause et d’inscrire le décès dans un moment précis.

Mais justement à l’inverse, le risque n’est-il pas de ne pas se détacher de ce moment, et de ne pas comprendre que le défunt est dans un temps différent du nôtre ? Est-ce vraiment aider le travail de deuil ? Des questions qui, à mon sens, n’ont de réponses que par les personnes concernées.

Pour les professionnels en revanche c’est une autre histoire « on voit ça tout le temps » rapportent les thanatopracteurs. « L’avantage c’est qu’en été ça va plus vite, l’inconvénient ce sont les marques ou cicatrices qui sont plus difficiles à camoufler avec une robe ou un t-shirt ». En hiver, c’est l’inverse, « habiller un défunt en hiver prend plus de temps, t-shirt, chemise, veste, parfois écharpe, mais ça fait partie du travail et c’est important pour la famille ».

L’absence de tenue

Il y a diverses raisons à cela, mais parfois il n’y a pas de vêtement, la famille n’en donne pas ou la famille… ne viendra pas. Dilemme. Certains sont parés à cette éventualité « J’ai toujours une blouse d’hôpital ou une robe de chambre au cas où, je ne veux pas laisser le défunt comme ça, je trouve ça trop triste » me confie un thanatopracteur. « Parfois aussi, j’ai des affaires de rechange, les familles nous amènent plusieurs habits, ils nous demandent de choisir, et ne veulent pas les récupérer, donc j’utilise ces rechanges pour d’autres défunts. »

Les accessoires

Alors là attention aux bijoux, en formation on vous expliquera qu’il faut ôter les bijoux, surtout les alliances, les mettre dans une petite pochette, signer une décharge, de préférence en présence d’un témoin et la donner à la pompe funèbre. Ne prenez surtout aucun risque. Par contre la famille peut vous demander d’ajouter des accessoires, une montre, un chapelet – cela se fait encore régulièrement– poser du vernis, maquiller avec le maquillage de la défunte, mettre des chaussettes et des chaussures, même si ça vous paraît anodin, un chapeau, etc. Là encore, la famille a besoin de ces petits objets particuliers qui font du défunt une représentation de ce qu’elle était et elle a besoin que celui-ci « parte, comme il a toujours été ».

La mise en scène

Aïe, je sais c’est compliqué, lorsque vous voyez dans le sac sur la table dépasser le tulle de la robe de mariée que vous allez devoir enfiler à cette défunte, mariée il y à près de trente ans. Les familles viennent parfois avec des photos et des vêtements exceptionnels, parce que pour eux, c’est un jour exceptionnel et elles veulent que leurs défunts soient inhumés ou crématisé dans leurs plus beaux vêtements. Là encore ça n’est pas toujours la panacée pour les professionnels, c’est même parfois impossible. Il faut user de pédagogie auprès de la famille en expliquant qu’un corset après un prélèvement multi organes c’est parfois compliqué avec les cicatrices ou qu’il faudra découper les vêtements même si ça en fait bondir certains.

La mise en scène des vêtements peut également être vue au travers des rites religieux, les tenues représentent alors un symbolisme fort qui va au delà de l’aspect esthétique des défunts mais qui s’inscrit dans un véritable cérémonial du rite de passage.

Tout comme de notre vivant, au fil des époques, les vêtements revêtent une véritable histoire de notre culture, de notre représentation du monde et de nos relations sociales. C’est exactement la même chose une fois décédé et cela s’inscrit en plus dans une démarche ou professionnels du funéraire et familles, main dans la main ouvrent ensemble les portes du deuil.

Le Nano pacemaker : autopsie d’un arrêté et encore des questions

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Medtronic Micra

 

C’était la galère pour les familles, le casse-tête des pompes funèbres et la hantise des thanatopracteurs. Ce tout petit stimulateur qui est si important pendant la vie, cause bien des soucis une fois qu’il ne joue plus son rôle.

Vous vous souvenez tous de la malheureuse affaire de la famille à …. , qui, à cause d’un petit objet de la taille d’une pièce d’un euro a vu des obsèques retardées de …. mois. Il y avait des refus de toute part concernant l’extraction de ce nano pacemaker et son risque pour le crématorium.

Comme souvent nous faisons preuve d’innovation, mais nous nous rendons compte après coup que nous nous retrouvons en situation compliquée lorsque nous devons enlever, recycler, extraire. C’est un peu le cas également avec les batteries de téléphone.

Il y a peu un thanatopracteur courageux a décidé de contacter directement Medtronic, le fabricant du nano pacemaker pour connaître son fonctionnement mais aussi son retrait. Il a suivi tout le protocole, et à même assisté à son implantation au CHU de Clermont Ferrand. Il est le premier thanatopracteur en France a avoir extrait ce nano pacemaker. Son but était de montrer que la profession pouvait faire preuve d’évolution. Malheureusement son retour à la réalité de la vie des réseaux sociaux n’a pas été accueilli à sa juste valeur, c’est-à-dire dans un but pédagogique. Je tairais ici son nom afin de le laisser poursuivre son travail en paix.

Ça c’est pour la partie thanato, de l’autre côté, l’État a voulu pallier à ce problème, vous noterez par ailleurs l’urgence de cet arrêté qui, pour une fois, fait figure d’exception dans la rapidité de l’exécution. Cet arrêté le voici, nous vous l’avons communiqué dès la semaine dernière. Il précise que les personnes décédées qui portent un nano pacemaker de la société Medtronic – et seulement Medtronic, nous y revenons après – peuvent être inhumées ou crématisées sans avoir besoin que  ledit stimulateur soit retiré, ni par un médecin, ni par un thanatopracteur.

Ouf, soulagement, tout va bien dans le meilleur des mondes ? Mmmhhh pas sûr, les thanatopracteurs s’interrogent. Comment savoir si le ou la défunt(e) possède un stimulateur de la marque Medtronic ? Là on touche à un point sensible puisque cette info se trouve dans son dossier médical et est donc par définition strictement confidentielle. Il faudrait ainsi, pour que ça se passe sans heurt, que le médecin lors de la signature du certificat de décès précise de quel type de stimulateur il s’agit.

Mais… Mais encore faut-il que le médecin le stipule, encore faut-il que les mairies soient confiantes sur les autorisations et encore faut-il que les crémas ne soient plus frileux à cette idée d’autant que cet arrêté est en phase test de six mois, qui lance un silence perplexe sur sa raison.

Et surtout ! Le dilemme reste entier, que faire pour les nano stimulateurs d’autres marques ? Pourtant cette question n’est pas nouvelle, elle se posait déjà avant même l’implantation, comme l’on peut le lire sur le site de l’actu des CHU, CHU réseau en 2014.

nano-stimulateurs-CHU-réseau Le Nano pacemaker : autopsie d'un arrêté et encore des questionsLe nano stimulateur reste cependant une formidable évolution, 50 ans après la pose des premiers pacemakers, il est désormais possible grâce à ce tout petit objet de le poser sans opération chirurgicale, une avancée majeure pour la médecine, mais qui, encore une fois, n’a pas délivrée toutes ses réponses quant à son devenir.

 

VIH, soins à domicile, levée de l’interdiction : un décret complémentaire attendu ce printemps

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test VIH

Chaque année, le 1er Décembre a lieu la journée mondiale de la lutte contre le VIH, et le 24, 25 et 26 mars, c’est le SIDACTION qui lutte à son tour contre la maladie. À ces occasions, les associations démontent une à une toutes les discriminations qui sont faites à l’encontre des malades. Mais c’est aussi un moment où associations et thanatopracteurs s’affrontent sur l’épineuse question de la levée de l’interdiction des soins pour les défunts porteurs du VIH. Petit point sur l’état des avancées.

Le dernier article qui traite de ce sujet nous vient de LCI, il explique la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les défunts porteurs du VIH, promise par Marisol Touraine avant la fin de son mandat dans le cadre de la loi Santé.

« Discrimination », « sérophobie », les associations font vent debout contre les thanatopracteurs depuis des années maintenant afin de rendre les soins de conservations possibles, sur les porteurs du VIH. La grande avancée pour les associations a été le résultat du rapport par le Haut conseil à la santé publique qui déclarait que cette levée pouvait être possible.

Pourquoi ça n’est pas en place ? L’article 52 de la loi santé dont on parle sans cesse, cherchait à mettre en place tous les moyens pour que des lieux dédiés soit mis en place afin de réaliser ces soins. C’est ainsi que nous avons parlé de la fin des soins à domicile, qui, pour les thanatopracteurs ne concernaient pas seulement le problème du VIH, mais des conditions de travail insupportables pour certains, mais un dispositif essentiel pour d’autres.

Cette première proposition n’a pas été retenue, car elle a été rejeté par un amendement. Mais loin de s’avouer vaincue, Marisol Touraine détourne le problème par une première mesure adoptée :

La vaccination obligatoire contre l’hépatite B pour tous les thanatopracteurs. Ce qui concrètement veut dire « Vous pouvez être en danger malgré ce qu’on tend à vous dire alors vaccinez-vous, mais puisqu’on ne peut pas guérir du VIH, vaccinez-vous contre l’hépatite B ça ira ». Et il est là le fond du problème pour les thanatopracteurs, un « ça ira » inaudible qu’aujourd’hui personne ne peut garantir.

La deuxième mesure arrive ce mois-ci puisque le décret qui encadrera les conditions d’interventions des thanatopracteurs sera présenté au Conseil d’État. Des réponses sont donc attendues ce printemps afin de mettre en place cette levée dès janvier 2018. Ce que l’on peut déjà vous dire c’est que même s’il est peu probable que les soins à domicile soient interdits, les conditions dans lesquelles ils pourront être réalisés vont devenir drastiques, au point de décourager les plus téméraires des familles et des conseillers funéraires.

Aucun risque ? La maladie ne survit pas ? Ce sont les questions que se posent les thanatopracteurs sur la transmission du virus post-mortem. Mais quelles preuves y-a-t-il aujourd’hui ? Le fait est que des thanatopracteurs ont déjà eu, dans leur carrière, recours aux soins de trithérapie dans l’urgence suite à une blessure dont les gants en latex, même doublé, ne peut pas protéger.

Tous les thanatopracteurs ne sont pas non plus à la même enseigne, le nombre de thanatopracteurs indépendants sur le territoire ne cesse de croître. Les thanatopracteurs salariés bénéficient d’un suivi médical bien mieux encadré qu’un indépendant qui n’a pour suivi médical que sa seule conscience, qui bien souvent revient à un bilan sanguin par an.

Pour les associations de lutte contre les discriminations il s’agit simplement de « pédagogie » à faire pour les thanatopracteurs. Et si la pédagogie c’était surtout d’expliquer qu’un défunt porteur du VIH peut bénéficier d’une toilette tout à fait décente sans acte invasif qui risque la santé du thanatopracteur, sans pour autant faire preuve de discrimination ? Car après tout, aimer la vie, est-ce être sérophobe ?