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Sabrina Lavolot, Nova formation et sa session de thanatopraxie

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Sabrina Lavolot Nova formation session de thanatopraxie

Sabrina Lavolot est responsable formation en thanatopraxie chez Nova formation. Depuis un an maintenant elle mène les futurs aspirants thanatopracteurs vers leur objectif. Une année riche d’enseignement où l’engouement ne faiblit pas. Et pour cause, la qualité des enseignements dispensés par Nova formation attire de plus en plus.

Sarah, Funéraire Info : Nova en est combien de formations de thanatopracteurs ?

Il s’agit maintenant de notre 3ème groupe en formation, et donc du dernier pour cette année.

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Sabrina LAVOLOT, responsable pédagogique thanatopraxie Nova Formaiton

Sarah, Funéraire Info : Un an après l’ouverture de cette session de thanatopraxie, quel bilan en tires tu ?

Sabrina Lavolot : Cette année de lancement a été satisfaisante. En effet grâce à la réputation de NOVA FORMATION sur les formations funéraires, la thanatopraxie est apparue comme une évidence et a entraîné de nombreuses sollicitations. De plus notre volonté de réduire les sessions à 15 élèves pour assurer un suivi personnalisé et faciliter les échanges entre intervenants et stagiaires a été bénéfique au niveau pédagogique. La qualité des intervenants et des supports de cours contribue grandement à former nos étudiants pour le concours mais aussi à les préparer à leur vie professionnelle future. Enfin, étant désormais certifié NF214 par l’AFNOR, cette année a été riche en évolution de nos outils pédagogiques, tout particulièrement pour l’évaluation des acquis de compétences. La réactivité et le conseil sur les dossiers de financement de chaque formation sont également un réel élément de satisfaction pour l’ensemble de l’équipe.

Sarah, Funéraire Info : Le métier suscite t il toujours le même engouement ?

Sabrina Lavolot : Encore méconnu, ce métier suscite de nombreuses interrogations de la part des candidats. L’engouement est toujours présent comme en atteste le nombre grandissant d’appels téléphoniques et d’entretiens individuels. Malgré cela, il me semble très important d’être transparent et précis quant à la réalité du métier afin que les personnes formées soient pleinement conscientes de leurs choix et objectifs de carrière, et que l’on puisse les aider à y parvenir.

Sarah, Funéraire Info : Quels sont les profils rencontrés ?

Sabrina Lavolot : Les profils sont très divers. Tout âge confondu, les parcours sont malgré tout souvent similaires. Nous constatons que beaucoup d’aides soignantes, d’infirmières ou d’étudiants en médecine se réorientent vers la thanatopraxie. Quelques conseillers funéraires viennent également suivre le cursus, motivés par ce métier après l’avoir côtoyé dans leur quotidien professionnel. Le dénominateur commun est bien souvent le fait de prendre soin des défunts tout en aidant dans l’ombre les proches en deuil.

Sarah, Funéraire Info : On parle depuis quelques années de la féminisation du métier, est-ce quelque chose que tu remarques également ?

Sabrina Lavolot : La féminisation avait commencé il y a plusieurs années mais effectivement elle s’intensifie aujourd’hui. Il y a encore du travail à faire sur l’accessibilité au métier des femmes pour des raisons de port de charges lourdes, ou de grossesse entre autres. On doit néanmoins avouer que la profession n’a eu d’autres choix que de se féminiser compte tenu du nombre de candidates reçues chaque année et aussi compétentes que nos confrères masculins.

Sarah, Funéraire Info : Décrets et arrêtés ont rythmé l’année, les polémiques ne s’amenuisent pas, entre le nouveau certificat de décès (sur la partie complémentaire suite à l’autopsie en cas d’obstacles médico légal, les soins sur les personnes porteurs du VIH, les soins à domicile, le droit de retrait, etc) , comment appliquer cela à la formation ?

Sabrina Lavolot : Au niveau de la formation, je pense qu’il faut continuer la prévention, encourager le port de l’EPI (Equipement de Protection Individuel) et bien faire comprendre les risques d’AES (Accident d’Exposition au Sang) ainsi que le comportement à adopter lors de ce genre de situations. Par ailleurs la loi doit être appliquée donc en terme de réglementation funéraire, il s’agit simplement de transmettre les informations. En ce qui concerne la polémique, nous sommes là pour former, informer, préparer à un métier, pas pour émettre un avis qui influencerait des personnes en voie d’être thanatopracteurs, et donc les priver d’une réflexion et d’une opinion propre. Les cours sur la microbiologie, la sécurité sanitaire et la réglementation leur permettront de se faire leur avis, que je laisse à leur discrétion.

Sarah, Funéraire Info : Comment ces nouvelles dispositions sont accueillies par les futurs aspirants ? Sont ils réellement conscients de cela ?

Sabrina Lavolot : Ces nouvelles dispositions déclenchent beaucoup d’interrogations chez les candidats. En effet beaucoup d’informations plus ou moins fondées circulent dans les médias et notamment sur les réseaux sociaux. J’essaie de les amener à prendre en considération uniquement le texte de loi tel qu’il est écrit et nos intervenants en médecine (spécialisés en biologie cellulaire) prennent également le temps de répondre à leurs questions et inquiétudes. La compréhension des risques, expliqués notamment dans les matières enseignées est obligatoire pour le concours, et aide grandement à une réelle prise de conscience sur ces questions.


Information complémentaire utile de Sabrina LAVOLOT : 

Après s’être renseignés auprès du ministère de la santé, nous venons d’apprendre que les inscriptions au concours de thanatopraxie débuteront en novembre 2017 pour un passage du concours théorique courant janvier 2018.


http://www.formations-funeraires.com/

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thanatopracteur enceinte: la profession est vulnérable

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thanatopracteur enceinte

Je suis thanatopracteur, je suis une femme et depuis un an et demi je suis aussi un mère. En France, la durée légale du congé maternité est de 16 semaines. Vivre ma grossesse à la morgue a été le moment le plus discriminant de toute ma vie. Si la loi sur le VIH était entrée en vigueur à ce moment là, en tant que thanatopracteur enceinte, je n’exercerais plus aujourd’hui.

Le jour où j’ai annoncé à mon patron que j’étais enceinte, je savais que dans tous les cas, j’allais être perdante – de manière professionnelle -. Il n’est pas simple d’être enceinte dans le milieu du travail aujourd’hui, malgré toutes les avancées qu’il y a pu avoir sur le sujet et ça l’est encore moins lorsqu’on est une femme thanatopracteur enceinte. L’on pose même la question « voulez vous des enfants ? » lors des entretiens d’embauche. La plupart des femmes ne reprennent qu’à 80 % suite à leur congé maternité. Mais moi, j’ai essayé naïvement de faire fi de tout ça.

J’avais donc le droit d’arrêter de travailler au huitième mois de grossesse sauf que dès le 4ème mois, quand ça a commencé à se voir, tout à changé. D’un côté j’avais ceux qui ne m’aidaient pas du tout, ils me regardaient avec un petit dédain du style « tu l’as voulu maintenant tu te débrouilles « . Retourner un corps de 130 kilos seule, une table qui coince, enfin peu importe tout à coup tout devenait compliqué.

De l’autre j’avais ceux qui ne comprenaient pas pourquoi je n’arrêtais pas plus tôt, formol, risques de blessures, lourdes charges à porter, la liste était longue, et ils avaient raison. Mais dans ma fierté aveuglante et par peur de ne pas retrouver mon emploi après mon congé maternité, j’ai continué. J’ai eu de la chance, c’est vrai, mais à quel prix ?

Aujourd’hui avec la loi sur la levée des soins sur les défunts porteurs du VIH, si cette loi avait été mise en place à l’époque, je n’aurais pas continué. Un collègue a contracté l’hépatite C, tout le monde parle du VIH mais c’est l’hépatite C qui est le plus facilement transmissible aujourd’hui. On parle de discrimination envers les défunts, mais personne ne parle de notre santé et de notre vie. J’aurais pu mettre mon bébé en danger, et je peux toujours le faire, une simple blessure, une journée où je suis un peu fatiguée, un trocart retiré trop vite, un gant défectueux et c’est toute angoisse qui s’ouvre à nous.

Le rapport entre ma grossesse et la levée des soins ? Aucun sauf que c’est en étant thanatopracteur enceinte que j’ai pu remarquer à quel point, nous les thanatopracteurs nous pouvions être vulnérables et qu’aujourd’hui on nous mettait en danger en nous faisant en plus passer pour des personnes discriminantes. Mais lorsqu’on décide en haut lieux d’exposer toute une profession à ce genre de risque, qui discrimine qui ?


Il y a un vingtaine d’années  il n’y avait que 2% des femmes dans les effectifs des thanatopracteurs, il y a une dizaine d’année nous sommes passés à 31%.

À lire aussi : Le rapport de l’IGAS

Testing dans les pompes funèbres, ce qui nous pend au nez

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Enzo Poulterniez, de l’association AIDES, a prévenu : en 2018, il faudra s’attendre à des testings dans les pompes funèbres. Certes, le sujet essentiel en sera les soins de conservations sur les défunts touchés par le HIV ou les hépatites, mais les associations seront certainement vigilantes sur d’autres sujets. Le principe est simple : c’est le « client-mystère ».

Testing, grandeur nature

C’est une après-midi comme une autre, aux pompes funèbres, quand un homme, la quarantaine, entre dans l’agence. Jean, chemise, barbe de trois jours, rien de remarquable, hormis un air triste. Lorsque le conseiller vient vers lui, l’homme explique qu’il vient faire un devis pour un décès. Pour une raison X ou Y, il n’a pas encore de certificat.

Le conseiller funéraire l’installe dans son bureau, entame le questionnaire habituel, et l’homme explique qu’il s’agit du décès de son compagnon. Il choisit les prestations, demande conseil pour le cercueil ou l’urne, se fait expliquer les soins de conservation lorsque le conseiller lui pose la question, accepte, puis mentionne, presque machinalement, « Vous direz à votre collègue de faire attention, mon compagnon était séropositif ».

Le conseiller funéraire, qui sait que son thanato refuse de procéder aux soins sur des corps atteint du HIV, explique gentiment que, malheureusement, ce n’est pas possible. L’homme a l’air triste demande alors quelles autres alternatives il y a, prend son devis et part après avoir salué le conseiller funéraire. Ce dernier ne s’est rendu compte de rien, mais il vient de se faire tester, et, au passage, de se rendre coupable d’une discrimination.

Différents types de testings

Il existe différents types de testings, mais ils suivent toujours un même schéma : il s’agit de voir comment réagit la pompe funèbres en situation réelle.

Ce n’est pas un sondage : personne ne va téléphoner à la pompe funèbre, ou même passer en agence, et vous interpeller « Bonjour, je suis XXX de l’association XXX, est-ce que vous procédez à des soins de conservation sur des défunts séropositifs ou atteints d’hépatites ? »

De même, si vous répondez que les soins ne sont pas possibles, le testeur ne va pas jeter sa carte sur votre bureau en criant « Ah ! Ah ! Je t’ai bien eu ! ». L’entretien se conclura normalement, et vous ne saurez pas de suite que vous avez été testé. Ceci, pour éviter que vous ne décrochiez votre téléphone pour prévenir vos confrères.

De même, je parle dans cet exemple d’un homme seul qui parle de son compagnon, mais il peut s’agir d’un couple âgé venu faire un devis pour les obsèques de son fils, une femme pour les obsèques de sa sœur, et ainsi de suite ad libidum.

L’idée du testing

Le principe du testing n’est ni illégal, ni moralement répréhensible. On peut comprendre que celui qui a été testé, particulièrement s’il est en faut, désapprouve, mais on ne peut pas, légitimement, reprocher aux association de vérifier que la législation est bien appliquée. Surtout, dans un métier, les pompes funèbres, ou l’essentiel du travail consiste à vérifier que la législation est bien respectée.

Mais le HIV ou les hépatites ne seront pas le seul point de test. Ce sera l’essentiel, évidemment, mais refuser, par exemple, une salle de cérémonie, ou refuser sans raison un symbole, par exemple le drapeau arc-en-ciel, pour un militant gay, même si ils ne sont pas l’objet du testing, fera l’objet d’un signalement, n’en doutons pas.

Franchement, le jour ou des militants d’associations gays vont se rendre dans une pompe funèbres communautariste pour demander une cérémonie civile, et vont s’entendre répondre « Pas de ça chez nous ! » ça va être drôle. Vous voyez votre habilitation ? Profitez en bien, parce qu’elle va disparaître assez rapidement.

Et bien malin qui se croira immunisé. Certains pourront expliquer doctement « Moi, les clients-mystère, je les repère à dix kilomètres à la ronde », il suffira de leur repasser l’Aile ou La Cuisse pour les calmer. Particulièrement la scène « Moi, les Duchemin, je les repère à cent mètres ».

Le limites du testing

Les limites du testing sont au nombre de deux, dans le cas qui nous intéresse.

Le premier est que la pompe funèbre devra assumer le refus d’un thanatopracteur. Si, comme c’est la cas dans la majorité des sociétés, le thanato est un sous-traitant indépendant, qu’il refuse de procéder aux soins, et qu’aucun autre thanatopracteur n’est disponible, ce sera à la pompe funèbre de refuser les soins au nom du praticien, et donc, de rendre compte de sa position. L’association pourra, sans mentir, affirmer que, aux Pompes Funèbres Duschmol, on refuse les soins de conservation sur les patients atteints du HIV, alors que les Pompes Funèbres Duschmol y sont favorable, simplement, elle ne trouvent pas un thanatopracteur dans un rayon de cent kilomètres qui accepte.

Le second, c’est que, dans les antécédents de testing, s’il y a contestation, c’est à l’accusé, de prouver son innocence et sa bonne foi. C’est l’exact inverse de la philosophie judiciaire dans la plupart des pays civilisés, pour la simple et bonne raison qu’il est plus difficile de prouver son innocence que de prouver sa culpabilité. La plupart des avocats vous le diront : un innocent se défend toujours très mal, parce qu’il ne comprend même pas de quoi il doit se défendre.

En conclusion

Ca arrive. Les associations ont suffisamment milité, depuis très longtemps, pour cette levée d’interdiction, pour laisser passer quoi que ce soit. N’attendez aucune indulgence, et ne vous attendez pas non plus à être prévenus.

Les militants, particulièrement des associations qui luttent pour les droits des séropositifs sont organisés ,déterminés, très professionnels dans leurs actions. Un de leurs précédents testings a révélé des problèmes chez les dentistes et poussé l’Ordre de cette profession à revoir toutes ses procédures. Autant dire que si les dentistes se sont fait tancer sévèrement, les militants ne feront qu’une seule bouchée des pompes funèbres.

Toutes ? Non, parce qu’on en oublie l’essentiel : une pompe funèbres qui applique scrupuleusement la réglementation, ne discrimine personne et offre, c’est un corollaire, aux thanatopracteurs la possibilité de travailler en toute sécurité, en leur proposant des équipements adéquats, n’a absolument rien à craindre. Un testing qui se passe bien, c’est ce que vous voulez, c’est aussi ce que les associations veulent.

 

Soins de conservation, la thanatopraxie au cœur de la polémique

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Gantes de boxe soins de conservation thanatopracteurs séropositifs

La levée d’interdiction de soin funéraire sur les défunts séropositifs ou atteints d’hépatites se retrouve sur le devant de la scène. La levée de boucliers des associations contre la pétition du SPTIS a médiatisé cette querelle, donnant au funéraire un éclairage particulier. Revue de presse spéciale.

La pétition du SPTIS est ici : www.change.org/p/ministère-de-la-santé-contre-la-levee-de-l-interdiction-des-soins-pour-les-defunts-porteurs-du-vih-d-hepatites

La lettre ouverte de AIDES et des associations : www.aides.org/communique/lettre-ouverte-29-aout-2017

Dans Funéraire Info

AIDES envisage des testing dans les pompes funèbres, interview d’Enzo Poultreniez

Une lettre ouverte a été adressée à Cedric Ivanes, président du SPTIS, par 20 associations et collectifs de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales, contestant point par point les arguments avancés. Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyers et Revendications de l’association AIDES, répond à nos questions. C’est à lire ici

Levée de l’interdiction des soins, pétition… Jean-Luc Romero répond à nos questions

Jean-Luc Romero, président d’Elus Locaux Contre le SIDA, a répondu à nos questions, sur la levée de l’interdiction des soins, et sur la pétition du SPTIS s’y oppose, soulignant qu’il existe d’autres problèmes bien plus préoccupants… C’est à lire ici.

Dans Seronet.Info

Soins funéraires : Un syndicat entretient la polémique

La parution, cet été, d’un arrêté mettant fin à l’interdiction des soins pour les personnes défuntes porteuses du VIH et d’hépatites virales semblait mettre un point final à cette discrimination dénoncée depuis des années par les associations de lutte contre le sida et les hépatites virales et à la polémique entretenue par un syndicat de professionnels du soin funéraire. Il n’en est rien, celui-ci vient de lancer une pétition demandant au gouvernement d’annuler cet arrêté qui entrera en vigueur au 1er janvier 2018. Une vingtaine d’associations et de collectifs qui défendent la fin de cette interdiction viennent d’interpeller le président de ce syndicat dans une lettre ouverte qui dénonce une « série de mensonges, contre-vérités et de stigmatisations » dans le texte de la pétition. Un article à lire ici.

Dans Le Figaro

Querelle sur les soins des défunts séropositifs

Le syndicat des thanatopracteurs a lancé une pétition pour s’opposer à l’arrêté autorisant les soins de conservation pour les défunts porteurs du VIH. En cause, les risques de contamination. Un article à lire ici (payant).

Dans Le Point

Soins funéraires : les virus de la discorde

Un syndicat de thanatopracteurs s’oppose à la levée de l’interdiction des soins aux porteurs du VIH ou d’une hépatite virale. Riposte des associations. C’est à lire ici.

Sur France Info

Soins funéraires pour les séropositifs : des associations dénoncent les « stigmatisations » des thanatopracteurs

Pour les thanatopracteurs, réaliser des soins sur des séropositifs malades peut-être dangereux. Les associations de lutte contre le sida dénoncent une atteinte au droit des séropositifs. Un article à lire ici.

Sur RTL

Pourquoi les soins funéraires aux personnes séropositives font-ils polémique ?

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a levé l’interdiction des soins funéraires qui visait les personnes atteintes du VIH, une décision dénoncée par le principal syndicat des thanatopracteurs. Un article à lire ici.

Sur BFMTV

La colère d’Act Up contre des thanatopracteurs qui refusent de prendre en charge des séropositifs

Certains spécialistes de la conservation des corps – les thanatopracteurs – ne veulent plus s’occuper des cadavres de personnes séropositives, par crainte de contamination. Mikaël Zenouda, le président de l’association Act-Up Paris, dénonce une position archaïque qui n’a pas de sens, selon lui. Un article à lire ici.

Dans 20 Minutes

Virus du sida: Des thanatopracteurs s’opposent aux soins funéraires pour les défunts séropositifs

Les thanatopracteurs se mobilisent contre un arrêté du ministère de la Santé, publié au Journal Officiel le 20 juillet, qui lève l’interdiction des soins funéraires sur les personnes mortes porteuses du VIH. La mesure, qui doit prendre effet le 1er janvier 2018, vient annuler des textes de 1986 et 1988 qui défendaient de prodiguer des soins de conservation aux personnes décédées séropositives et atteintes d’hépatites, par crainte de contamination. Un article à lire ici.

Dans Top Santé

Des thanatopracteurs contre l’autorisation des soins funéraires sur les séropositifs

Une pétition réclamant le retrait de l’arrêté ministériel levant l’interdiction des soins funéraires sur les personnes mortes porteuses du VIH a été lancée par un syndicat de thanatopracteurs. Un article à lire ici.

Sur Pourquoi Docteur

VIH : les thanatopracteurs opposés à la levée de l’interdiction de soins funéraires

Le syndicat des thanatopracteurs conteste le bien-fondé de la levée des soins de conservation pour les personnes atteintes du sida. Un article à lire ici.

Dans La Charente Libre

COLÈRE D’ACT UP ET AIDES CONTRE DES THANATOPRACTEURS QUI REFUSENT DE PRENDRE EN CHARGE DES SÉROPOSITIFS

Certains spécialistes de la conservation des corps – les thanatopracteurs – ne veulent plus s’occuper des cadavres de personnes séropositives, par crainte de contamination. Un article à lire ici.

Dans France Soir

LES THANATOPRACTEURS S’OPPOSENT À LA LEVÉE D’INTERDICTION DE SOINS FUNÉRAIRES DES MORTS DU SIDA

Le ministère de la Santé a pris un arrêté en juillet dernier pour autoriser les malades du VIH à bénéficier de soins funéraires à leur mort. Arrêté accueilli avec joie par différentes associations, mais vigoureusement combattu par les thanatopracteurs, qui pratiquent ces soins funéraires. Une pétition a été mise en ligne. Un article à lire ici.

Sur Jim.fr

Soins funéraires et VIH: la polémique renaît de ses cendres

Le 20 juillet est paru au Journal officiel un arrêté attendu de longues date par les associations de lutte contre le Sida : il procède au retrait du VIH de la liste des affections empêchant l’accès à des soins funéraires de conservation. Cependant, dès la publication du décret, les syndicats de thanatopracteur avaient fait part de leur désapprobation. Le président du Syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés (SPTIS) ne cachait ainsi pas sa volonté d’étudier les voies de recours contre cet arrêté.  Un article à lire ici.

AIDES envisage des testing dans les pompes funèbres, interview d’Enzo Poultreniez

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Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyer et Revendications de l’association AIDES
Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyers et Revendications de l’association AIDES

Une lettre ouverte a été adressée à Cedric Ivanes, président du SPTIS, par 20 associations et collectifs de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales, contestant point par point les arguments avancés. Enzo Poultreniez, responsable Plaidoyers et Revendications de l’association AIDES, répond à nos questions.

Pour aller plus loin :
Notre interview de Jean-Luc Romero, à lire ici.
La lettre ouverte de AIDES, à lire ici.
La pétition est à voir ici.

Une lettre calme

Enzo Poultreniez s’avoue d’emblée surpris par la pétition qui circule en ligne « C’est Sidaction qui l’a repérée, et qui s’en est légitimement ému. Nous avons alors décidé de répondre, la rédaction provenant principalement de Sidaction et AIDES. Les 18 autres signataires ont ponctuellement amené des amendements, mais ont approuvé le ton et l’esprit de la lettre. »

C’est un document parfois comminatoire « Nous voulions un ton ferme pour rappeler quelques évidences et contrer des propos, dans cette pétition, qui nous ont fait bondir. » Enzo Poultreniez sourit au passage « Mais le ton de la lettre n’est pas provocateur, comme nous savons parfois le faire, ou insultant. Nous avons choisi d’exposer calmement des arguments légaux, scientifiques et rationnels».

Une pétition surprenante

Bon, la question qui fâche : le nombre de signatures sur la pétition a fortement augmenté depuis que la presse a repris votre lettre ouverte. Est-ce que votre initiative n’était pas contre-productive ? « C’est vrai qu’on s’est posé la question, et certains ont émis des doutes. Mais nous ne pouvions pas laisser passer cela. »

Enzo Poultreniez précise « Si la pétition avait été à l’initiative d’un particulier, nous n’aurions pas forcément réagi. Une certaine forme d’obscurantisme qu’elle dégage nous aurait certainement mis en colère, certes, mais on en a vu d’autres. En revanche, le fait qu’elle émane du président d’un syndicat professionnel, qui a assisté aux réunions, et qui émet autant de contre-vérités, nous ne pouvions pas faire comme si cela n’existe pas. »

Cédric Ivanes prétend qu’il n’y a pas eu de concertation « Pourtant, il y en a eu, il était présent, j’ai personnellement assisté à deux réunions avec lui ». Il précise « il y avait d’autres points abordés, comme les conditions d’exercice, les soins au domicile etc. Là dessus, nous ne sommes pas intervenus, parce que nous ne sommes pas compétents, mais sur les modes de transmission et la prévention du VIH et des hépatites, si. Et il nous semble étonnant de voir un président de syndicat s’opposer à la vaccination contre l’hépatite B alors que les thanatopracteurs peuvent y être exposés sans le savoir ».

Il poursuit « J’ignore quel est le nombre d’adhérent et le poids exact du SPTIS dans la profession. Il revendique 300 adhérents, mais je n’ai pas retrouvé d’archives d’élections professionnelles. Mais il est dangereux de laisser ces contre-vérités s’exprimer et se répandre dans la profession, et courir le risque, au premier janvier 2018, d’avoir une loi théorique, mais pas appliquée. »

Vigilance constante

Donc l’application de cette loi ne vous apparaît pas comme une évidence ? « Non, et nous seront vigilants, parce que ne pas respecter cela, c’est bien une discrimination. Nous savons qu’inscrire quelque chose dans la loi n’est jamais la fin du combat. Il faut ensuite la faire appliquer. Nous avons par exemple fait un testing il y a deux ans, auprès de 440 chirurgiens-dentistes dans 20 villes françaises, et 33,6 % des professionnels testés refusent les soins sur les patients atteints du HIV ou d’hépatite. Depuis, une commission des refus de soins a été installée par l’Ordre national des chirurgiens- dentistes, AIDES y siège. »

Donc des testings pourront être effectués sur les pompes funèbres, ce sera plus compliqué que de faire croire qu’on a une rage de dents « Nous pourrions nous faire passer pour des proches. Bien évidemment, nous ne pouvons pas nous faire passer pour des défunts, on nous prête beaucoup de pouvoir, mais nous n’avons pas celui-là » sourit Enzo Poultreniez.

Réponse point par point

L’objet de cette lettre était surtout « de répondre point par point aux arguments non fondés qui ont été avancés. Surtout celui sur la transmission : il y a 25 000 personnes porteuses du VIH en France, qui ne se savent pas contaminées, donc ne sont pas traitées, et sont par conséquent, sans le savoir, les plus contaminantes. Lorsqu’elles décèdent, des soins leurs sont faits, et aucun cas de transmission n’a pourtant jamais été documenté. Cette loi ne va rien changer dans les faits, juste nous faire sortir d’une hypocrisie et d’un faux sentiment de sécurité. La secrétaire générale du SPTIS a écrit aujourd’hui sur votre site : « Qui contrôle son statut sérologique ? Et celui du patient ? La plupart du temps, nous pratiquons la technique de l’autruche et nous nous en remettons… à notre bonne étoile ! » Le choix est là : la politique de l’autruche en discriminant sans fondement scientifique une partie de la population, ou le respect de conditions sanitaires universelles pour tous afin réduire réellement au maximum les risques de contamination. ».

Il n’y a pas de risque « si les précautions universelles sont appliquées comme elles le devraient. C’est d’ailleurs étonnant de voir des signataires de cette pétition, qui prétendent être inquiets pour leur sécurité, s’opposer en même temps à la vaccination contre l’hépatite B rendue obligatoire par le ministère ».

Enzo Poultreniez conclut « C’est surtout attristant de voir qu’en 2017, alors que des traitements existent, alors qu’on peut même apercevoir la fin de l’épidémie de VIH, même sans vaccin, des arguments dignes des années 80 sur le mode de transmission peuvent encore être tenus. C’est pour ça qu’on réagit : mauvaise pioche, surtout la semaine où sort 120 battements par minute (un film retraçant l’action d’Act-Up dans les années 90, NDLR) au cinéma. »

Levée de l’interdiction des soins, pétition… Jean-Luc Romero répond à nos questions

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Jean Luc ROMERO MICHEL CP credit photo Simon Escalon (2)

C’est fait, et c’est un des combats de toute une vie : la levée de l’interdiction des soins sur les patients atteints du VIH sera effective à partir du premier janvier prochain. Jean-Luc Romero, président d’Elus Locaux Contre le SIDA, a répondu à nos questions, sur cette avancée, et sur la pétition d’un syndicat qui s’y oppose, soulignant qu’il existe d’autres problèmes bien plus préoccupants…

Une avancée longtemps attendue

Jean-Luc Romero, ça y est, la levée de l’interdiction des soins de conservation sur les défunts atteints de HIV et d’hépatite a été levée, on imagine que c’est une joie pour vous ? « C’est un soulagement, en effet, et la fin d’une injustice. Nous étions un des seuls pays au monde à imposer ces restrictions, sans raisons acceptables. C’est l’aboutissement d’une démarche entamée par le gouvernement précédent et menée au bout par l’actuel. »

Cette levée sera effective à partir du premier janvier 2018, pourquoi pas avant ? « Oui, c’est une date qu’avait fixée Marisol Touraine lorsqu’elle avait entamé le processus, et qu’a reprise Agnès Buzyn, qui lui a succédé. Il est vrai que cette levée aurait pu être effective immédiatement, mais on ne va pas faire la fine bouche : ça a été un tel travail, pour obtenir ce résultat, attendu par les malades et leurs familles depuis si longtemps, que ça reste une bonne nouvelle. »

Une pétition contre

Dans le même temps, une pétition circule pour demander le maintien de cette interdiction « Oui, cela m’attriste. Je note qu’elle a obtenu en quelques jours moins de 300 signatures, alors que nous, pour celles que nous avons proposées lorsque nous réclamions la levée de l’interdiction des soins, en obtenions des milliers en quelques heures. »

Jean-Luc Romero précise « Il n’y a pas de risque de contamination si les procédures sont convenablement suivies, et les précautions universelles sont prises. Par contre, les produits utilisés pour les soins de conservation sont, eux, pour certaines très toxiques, et les cancers professionnels sont une réalité. Pourquoi les syndicats ne se saisissent pas plutôt de ce sujet ? »

Pas de cas recensés

Sur la transmission du VIH, on parle d’un manque d’informations sur les risques « Les risques ne sont jamais à négliger, quelle que soit la cause de décès d’une personne. Un corps humain recèle un danger pour ceux qui le manipulent, c’est pour cela qu’il faut systématiquement faire montre des précautions obligatoires, port des protections, des gants… Ce qui m’inquiète, ce n’est pas de voir un professionnel faire un soin de conservation sur un patient atteint du HIV dans les règles de l’art. Ce qui m’inquiète, c’est de voir des professionnels manipuler des corps sans gants. Ce n’est pas une pique contre les milieux du funéraire, c’est général. L’autre jour, une connaissance me disait qu’il avait vu une infirmière faire une prise de sans sans gants. Là il y a un risque. »

Jean-Luc Romero précise « Dans les années 90, en pleine période d’explosion de l’épidémie de SIDA, quand personne ne savait encore trop ce que c’était, les thanatopracteurs ont certainement procédé sans le savoir à des soins sur des personnes atteintes du Virus. Aujourd’hui encore, rien qu’en France, il y a 25 000 porteurs qui ne savent pas qu’ils sont atteints. Et malgré cela, il n’y a aucun cas documenté de transmission par cette voie. Il y a aussi des thanatopracteurs qui nous soutiennent, et qui me disent que, souvent, ils n’ont pas connaissance des causes de la mort. ».

Aucun cas documenté ? « Non. Il y a eu, il y a quelques années, le cas d’un thanatopracteur américain qui prétendait avoir été contaminé durant un soin, mais on a fini par savoir que la transmission s’était faite dans un autre contexte, par voie sexuelle. »

La main tendue

Avez-vous déjà assisté à un soin de conservation ? « Oui, bien entendu. Et je connais bien l’univers du funéraire, puisqu’en trente ans de militantisme, j’en ai vu partir, des amis. Je sais que c’est une opération invasive, mais je sais aussi que des règles dans le port de protections sont là pour maîtriser ces risques. En revanche, je sais aussi que les produits utilisés à base de formol causent des cancers, là il y a des cas documentés et avérés, et que les thanatopracteurs qui s’escriment contre la levée de l’interdiction perdent de vue les vrais problèmes. Peut-être que certains ont intérêt aussi à ce qu’on ne pose pas les bonnes questions… »

Viendriez-vous au salon funéraire en novembre prochain si vous y êtes invités ? « Avec plaisir, je n’ai jamais refusé le débat. Un échange courtois de points de vue et d’arguments est toujours constructif, c’est comme cela qu’on avance ». Une main tendue, donc, avis aux intéressés.

Ne jamais faire de soins de thanatopraxie pendant les travaux

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valise thanato

Les funérariums, vous savez ce que c’est : du passage, une utilisation intensive, ajoutez à cela un besoin d’être toujours à la pointe de l’accueil, et ce qui doit arriver arrive : il faut faire des travaux. Et bricoleurs comme vous l’êtes, mieux vaut appeler des ouvriers. Mais l’ouvrier du bâtiment, on l’oublie souvent, cache sous son bleu de travail un petit cœur qui bat…

Thanatopracteur 1, ouvriers 0

« Il n’y a pas le choix, il faut le faire comme ça ! » on voyait que ça ne plaisait pas au patron, mais son ton était péremptoire.

Le thanatopracteur se voulait apaisant « Mais ça ne peut pas attendre ? »

« Non » affirma le patron « La famille est déjà en route, ils vont mettre, maximum, deux heures à arriver ici, Madame Chombier est déjà en case, elle attends, tu as juste le temps de faire les soins, la présentation et tout »

Le thanatopracteur fit un signe en direction de la salle de soins « Et eux ? Ils peuvent pas faire une pause le temps que je fasse les soins ? »

« Non, non, non, ils ne peuvent pas, ils sont déjà à la bourre, et si ils s’en vont ce soir sans avoir fini, ils ne reviendront pas avant trois semaines, et l’autre équipe est censée commencer demain »

Le thanatopracteur finit par se résigner. Il se dirigea vers le laboratoire, ou du moins, la partie délimitée par des rails métalliques censée être le laboratoire.

« Bonjour. Désolé, vraiment, les gars, mais une urgence ».

Les quatre ouvriers occupés à poser le placoplâtre rendirent le bonjour, et indiquèrent que ça ne les dérangeait pas.

Le thanatopracteur se dirigea alors vers les cases réfrigérées, en sortit le corps de Madame Chombier, l’installa sur la table, ouvrit la housse, et commença à installer son matériel. Les ouvriers se concentrèrent sur leur travail, s’efforçant de ne pas regarder le corps dénudé sur la table.

Après la toilette, le soin proprement dit commença. Le thanatopracteur fit la première incision. Au moment ou le bistouri entamait la peu de la jambe, il lui sembla entendre un « GLOUP » distinct. Mais, relevant la tête, il ne vit que les quatre ouvriers qui travaillaient, peut être un peu plus pâles, peut être un peu plus lentement.

Il procéda ensuite à l’incision au niveau du cou. Encore une fois, un « GLOUP » sonore se fit entendre, puis plus rien que le bruit des ouvriers travaillant. Le thanatopracteur observa qu’ils s’efforçaient de faire moins de bruit, et que certains avaient la tête rentrée dans les épaules, comme s’ils voulaient se faire petits.

Lorsque le thanatopracteur prépara le tube de ponction cardiaque, à nouveau, il entendit un « GLOUP » distinct. Cette fois-ci, il était en alerte, et repéra sa source. Un des ouvriers, le plus jeune, jetait de temps en temps un œil curieux sur ce qu’il se passait derrière lui. Il était grand, épaules larges, avec un physique de pilier de rugby surplombé par un visage aimable et des yeux curieux.

Le thanatopracteur prévient « Je serais vous, je ne regarderai pas, là » et entama la ponction cardiaque. Il y était depuis moins d’une minute qu’un Boum ! Sonore retentit. Sa première pensée fut « Je l’avais bien prévenu ».

L’ouvrier costaud gisait de tout son long sur le sol. Il avait vu, il avait tourné de l’oeil. Mais la catastrophe débuta à ce moment précis. Ses trois collègues, déjà sous tension, se retournèrent. Ils virent d’abord leur ami allongé au sol, puis leur regard glissa vers le thanatopracteur, comme attiré par un aimant. Ils le virent avec son masque et ses lunettes, le trocard enfoncé dans la poitrine de la défunte, et c’est fut trop. Un second s’assit par terre, pâle, le troisième couru vers les toilettes mais, à en croire les bruits de vomissements, n’eut pas le temps de les atteindre, et le quatrième s’xcusa rapidement « J’ai besoin de prendre l’air » avant de sortir.

Finalement, l’ouvrier fut réanimé, avec plus de peur que de mal. Le second retrouva ses couleurs, après avoir été faire un tour dehors, le quatrième aida le troisième à réparer ses dégâts. Tous quatre convinrent avec leur patron qu’ils prendraient une longue pause pendant la fin du soin et termineraient plus tard le soir.

Lorsque la famille de Madame Chombier arriva, à l’heure dite, ils s’extasièrent devant la présentation de la défunte. Son fils se tourna vers le thanatopracteur, qui finissait la mise en place quand ils étaient entrés dans le salon. « Elle est parfaite, c’est tout à fait elle. Vous n’avez pas eu de mal ? Il y a des choses auxquelles on doit faire attention ? »

Le thanatopracteur se remémora son après-midi « Non, non, rien de particulier à signaler. »

Une pétition contre la levée des soins pour les défunts porteurs du VIH

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pétition contre la levée des soins
pétition contre la levée des soins

Le décret est sorti il y a un mois tout juste. Nous vous l’avons retransmis ici,  le décret du 12 juillet 2017, fixe les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires mentionnées à l’article R. 2213-2-1 du code général des collectivités territoriales. Ce qui veut dire en d’autres termes que les soins sur les défunts porteurs du VIH seront désormais possibles. Face à cette levée, le SPTIS, syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés présidé par Cédric Ivanes, lance une pétition contre la levée des soins pour les personnes porteurs du VIH.

SPTIS, thanatopraxie et VIH

La pétition la voici. Que nous apprend-elle ? L’interdiction des soins était souvent vu pour les associations de défense comme étant discriminant, terme que refusent les thanatopracteurs.

« Les soins de conservation sont un procédé invasif, où le risque de piqûre ou coupure est réel, malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés.

Nous, thanatopracteurs, acceptons de pratiquer des toilettes mortuaires, un acte qui est identique au soin, à l’exception des actes invasifs de conservation (Sutures et incisions) et qui permet de se recueillir dans les mêmes circonstances auprès du défunt. »

Pour le président du syndicat, peu importe toutes les précautions qui pourraient être prises pour éviter une contamination, elles ne peuvent pas s’appliquer à la pratique des soins de conversation. Pour appuyer leur argumentation, le rapport de l’OMS :

« L’OMS souligne la recrudescence des taux d’infection associée aux soins sur les 20 dernières années, ce qui pose des « difficultés majeures pour la médecine moderne ».

« Les patients infectés résistent au traitement et certains ne guériront pas » précise l’OMS dans son compte-rendu.

Comme le stipule l’OMS dans son rapport[1], « l’exposition percutanée survient en cas d’utilisation d’objets piquants ou tranchants contaminés », ce qui nous concerne puisque nous utilisons ce type de d’instruments. »

Pour les thanatopracteurs, travailler sur des personnes décédées dont la prolifération des bactéries est déjà considérable, c’est refuser de mettre davantage leur vie ainsi que celle de leur proche en danger pour des défunts alors même que d’autres solutions existent pour permettre aux familles de faire leur travail de deuil sans faire preuve de discrimination.

Cette levée intervient après des années de luttes entre thanatopracteurs, et des associations de défense de défunts porteurs du VIH. Que l’on soit pour ou contre cette levée, ce décret, ainsi que celui des soins à domicile marquent tous deux un tournant pour la profession, sans cesse en évolution. Une année 2018, à suivre attentivement.

Revue de presse du funéraire du 1er Août

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revue de presse pompes funèbres

Dans la presse et sur le web, la revue de presse du funéraire, des pompes funèbres, des crématoriums et des thanatopracteurs du 31 juillet 2017. Revivez l’actualité du week-end sur Funéraire-info.

Funéraire Info – Noyade sèche

C’est un terme que vous entendez depuis quelques temps maintenant  » la noyade sèche « . Mais que veut-il dire exactement ? Existe-t-elle vraiment ? Peut-on en mourir et comment la prévenir ?

Funéraire Info – Thanatopracteurs et maladies infectieuses

Les soins sur les porteurs de maladies infectieuses sont autorisés et la polémique a repris… D’un côté des thanatopracteurs inquiets qui trouvent cette mesure injuste, parce que même s’ils travaillent dans le milieu de la mort, ils tiennent (allez comprendre pourquoi) à leur vie (même s’ils sont bien les seuls) et de l’autre… Tout le monde, ah oui, zut. Dommage. Point de vue de thanatopracteurs.

Funéraire Info – Convoi au cimetière ça se prépare

Avant l’arrivée du convoi au cimetière, organisation et souci des détails sont de mise.

Le Monde – Décès de Jeanne Moreau

La comédienne, chanteuse, actrice et réalisatrice Jeanne Moreau est morte lundi 31 juillet à l’âge de 89 ans, a annoncé son agent à l’Agence France-Presse lundi. L’actrice à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs au cours d’une carrière de soixante-cinq ans, a été retrouvée morte à son domicile parisien, a précisé Jeanne d’Hauteserre, maire du 8e arrondissement.

Le Figaro – Canicule

Depuis 2003, la prévention est plutôt efficace pour les plus de 65 ans mais les plus jeunes ne se sentent pas concernés, à tort.

L’épisode caniculaire qui a eu lieu entre le 17 et le 25 juin dernier aurait fait 580 morts supplémentaires, selon une première estimation des autorités sanitaires. Un chiffre bien inférieur aux 15 000 décès imputables à la canicule d’août 2003. Depuis des mesures de protection ont été mises en place.

Courrier Picard – Dans l’espace

Olivier Baptiste, conseiller funéraire à Breteuil, propose à ses clients de disperser les cendres des défunts dans l’espace. Un service encore méconnu en France, où aucune loi ne l’interdit.

Voici – Rumeur

Non, Erik Per Sulli­van, l’in­ter­prète de Dewey dans la série Malcolm, n’est pas mort. Il a été victime d’une super­che­rie.

Tribune de Genève – Procès

Deux fermiers blancs poursuivis pour avoir tenté d’enfermer un jeune Noir dans un cercueil et menacé de le brûler vif ont plaidé non coupable lundi lors de l’ouverture de leur procès à Delmas, dans le nord-est de l’Afrique du Sud.

La revue de presse vous est offerte par Orthometals
Nous recyclons les implants orthopédiques et tous les résidus métalliques selon les lois en
vigueur. Nous les collectons périodiquement puis nous les transportons dans nos locaux pour les recycler. Nous fournissons gratuitement la logistique pour la collecte et le transport des résidus métalliques et des implants orthopédiques. Les métaux collectés par nos soins dans les crématoriums sont recyclés, et les bénéfices réutilisés pour soutenir des actions humanitaires choisies par nos partenaires.

Thanatopracteurs et maladies infectieuses : j’ai fait un rêve

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Les soins sur les porteurs de maladies infectieuses sont autorisés et la polémique a repris… D’un côté des thanatopracteurs inquiets qui trouvent cette mesure injuste, parce que même s’ils travaillent dans le milieu de la mort, ils tiennent (allez comprendre pourquoi) à leur vie (même s’ils sont bien les seuls) et de l’autre… Tout le monde, ah oui, zut. Dommage. Point de vue de thanatopracteurs.

Le présent article est la synthèse d’opinions d’un collectif de professionnels, thanatopracteurs et maladies infectieuses : un sujet qui ne passe décidément pas !

L’argument qui tue

« Toujours les mêmes arguments imparables : « vous en faites de toute façon, sans le savoir. » Gnagnagna. Oui, nous en faisons sans le savoir, tout comme peut-être, il vous est déjà arrivé après une folle soirée en boîte, de rentrer chez vous avec un ou une inconnu(e) et de ne pas utiliser de préservatif… Est-ce que pour autant, il est inutile de continuer à faire de la prévention ? »

« Bien-sûr, certains d’entre vous ne s’adonnent pas à la débauche (au hasard… Vous?), alors je vais utiliser une image plus gentillette : Est-ce que sous prétexte que certains piétons traversent n’importe où, il faut supprimer les passages cloutés ? »

Des défunts entre les gouttes

« Oui, il y a des corps qui passent entre les gouttes, on ne sait pas tout. Et alors ? C’est une raison suffisante pour nous exposer davantage ? Oui, parce qu’il est inadmissible de discriminer les porteurs de ces virus. D’ailleurs, non, de CE virus, parce que les hépatites, clairement, personne n’en parle. Il est inadmissible de discriminer les porteurs du VIH. Tous homosexuels bien-sûr ! Non ? Ah bon, pardon, j’avais cru comprendre… Parce qu’apparemment avoir peur du VIH revient à être homophobe. »

« Mais c’est vrai, après tout, c’est super homophobe de refuser de faire les soins sur les séropositifs, il est urgent de réparer cette injustice ! Les soins pour tous ! Ah mais attendez, non, il reste encore les maladies contagieuses… Et alors, qu’est-ce qu’on fait ? Et les victimes d’Ebola, pourquoi n’auraient-elles pas droit à des soins de conservation elles aussi ? Un virus africain, comme par hasard… Mais c’est une loi raciste ! Il faut les autoriser de toute urgence. »

Des endroits spécifiques

« Et puis après tout, nous travaillons dans des « lieux spécifiquement dédiés ». Euh… On continue à faire des soins à domicile finalement, mais bon, pas de panique, nous allons bâcher toute la pièce avant de commencer (si si). Allez, les Thanatos, arrêtez de pleurnicher. Mettez des gants, vous serez protégés (et fermez-là). »

« Non mais c’est vrai, on n’entend que nous ! Jamais contents, toujours à se plaindre… Et on aimerait des conditions de travail décentes, blablabla, et on aimerait toucher nous-mêmes l’argent de notre travail, blablabla… Et quoi encore ? Ah oui, le rattachement de la thanatopraxie aux services de santé. La bonne blague ! »

« Non, mais de toute façon, c’est mort. C’est un peu comme si… Au hasard tiens : comme si les prostituées demandaient à être rattachées aux services de santé. Les proxénètes risqueraient de faire la gueule. Et ça marche bien comme ça, alors pourquoi changer ? »

Une idée à creuser ?

« Non mais alors moi j’ai eu une idée. Elle m’est arrivée comme une illumination hier matin. Je faisais un soin dans un « lieu spécifiquement dédié », lequel n’était équipé d’aucune ventilation mais dont les murs et le plafond étaient tapissés de toiles et d’araignées de tailles et de formes diverses et variées (les labos des funés, dès lors qu’on s’intéresse un peu aux insectes, c’est passionnant) et dont le sol était jonché de crottes de souris. J’ai pensé tout à coup « Et si nous demandions à être rattachés aux animaux ? » Mais oui, à force d’être traités comme des chiens, nous y avons bien gagné notre place, après tout ! »

« Le gros avantage pour nous serait de pouvoir en appeler aux nombreuses associations de défense des animaux pour obtenir des conditions de travail un peu plus dignes. Surfons sur la vague vegan pour tenter de faire évoluer notre belle et noble profession ! »

A étudier…

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