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Mémoire collective du 11 novembre : la peur d’oublier ?

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Aujourd’hui nous commémorons en ce 11 novembre, la fin de la guerre 14-18 et rendons hommage au près de 20 millions de victime tombés lors de ce conflit. Pourquoi ? Nous voilà plus d’un siècle après, un siècle d’hommage. Retour sur les dates marquantes de l’histoire.

Le 11 novembre 1918, est signé à Rethondes l’armistice. Deux ans après la dépouille d’un soldat inconnu est inhumé sous l’Arc de Triomphe à Paris. Deux ans encore après la loi du 24 octobre fait du 11 novembre un jour férié consacré à la commémoration des victimes.  Aujourd’hui auront lieu des cérémonies devant tous les monuments au mort dans toutes les villes et villages de France. Cette année est particulière puisqu’elle est aussi l’anniversaire du centenaire de la bataille de Verdun, qui reste encore aujourd’hui effroyable dans la mémoire collective.

En 2008, le dernier Poilu Lazare Ponticelli meurt. Depuis cette année les commémorations n’ont plus tout à fait le même sens. On glisse de la commémoration de la victoire de 1918, à la fin de la guerre. Depuis la loi du 28 février le 11 novembre et à la fois le jour de l’armistice mais aussi le symbole de la victoire et surtout de la paix.

Il y a quelques minutes-heures, le président de la République a rendu hommage aux victimes de cette guerre et ont été prononcé le nom de tous les morts pour la France de cette année.

Pourtant de moins en moins de monde vient assister à ces cérémonies, pourtant de moins en moins d’étrangers comprennent le sens de cet hommage. On peut décemment se poser la question depuis la mort du dernier poilu : Et si l’on arrêtait ces hommages ?

La mémoire collective gravée

Certainement pas…Les guerres sont enseignées à l’école, elles font parties de notre histoire, elles apparaissent dans l’ADN de l’histoire française. Célébrer c’est rendre hommage, mais célébrer c’est surtout ne pas oublier. C’est aussi une marque de respect à ceux qui se battent encore aujourd’hui et aux soldats morts pour la France, encore cette année au Mali. C’est se rappeler que des soldats sont morts, mais aussi des enfants, des générations entières, un vide béant dans l’histoire du peuple français.

C’est expliqué aux jeunes générations, mais aussi aux anciennes, qui aujourd’hui n’ont pas tous connus la guerre ce qu’il s’est passé. C’est apprendre des erreurs pour ne plus les commettre. C’est se rappeler que la France est tombée mais qu’en se relevant elle s’est fortifiée.

La peur de l’oubli

Mais derrière tout cela, n’y aurait-il pas simplement une politique traditionaliste et une peur de l’oubli qui nous empêche de regarder vers l’avant ? Regarder sans cesse le siècle dernier n’est-ce-pas un risque de banaliser nos morts aujourd’hui ? Et puis de manière très pragmatique c’est aussi beaucoup d’argent que l’on dépense dans ces commémorations. Et si l’État aidait mieux les victimes de ceux qui sont morts, plutôt que de dépenser de l’argent pour la mémoire de ces derniers ? Plus de 200 soldats français sont morts à l’étranger depuis 2000. C’est aussi oublier que d’autres sont morts ailleurs, Au Vietnam, en Afrique, etc. C’est oublier que la France n’est plus en guerre mais que la guerre existe encore bel et bien. C’est aussi s’arrêter sur cette date alors que d’autres bien avant elle ont forgée et façonnée l’histoire, l’Histoire. Comment choisir ce que l’on doit commémorer ? comment choisir ce que l’on ne doit pas oublier. Comment oublier ce qui doit l’être ?

Derrière les cérémonies aujourd’hui, c’est surtout des victimes que l’on voit, derrière la France, ce sont des hommes, derrière la gauche et la droite, c’est devant la mort que l’on se tait.

Centenaire, interdiction de courir dans l’ossuaire de Douaumont

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La polémique du jour, puisque pas une semaine ne semble passer sans qu’il y en ait une, ce sont les commémorations de la bataille de Verdun à l’ossuaire de Douaumont, et ces enfants courant dans les allées du cimetière ou il est interdit de courir d’après le réglement intérieur. Certains aiment, d’autres non, mais une chose est sûre : cet hommage censé sceller l’union divise…

Verdun, les forces en présence…

Le temps fort, c’étaient ses enfants courant parmi les tombes des soldats tombés à la bataille de Verdun, vêtus de tenues bariolées, course rythmée par les Tambours du Bronx.

Et comme toujours, il y a deux camps : les Pour selon qui les Contre sont « d’infâmes réactionnaires proche de l’extrême droite » et les Contre qui expliquent que les Pour sont des « dégénérés irrespectueux ». Les amateurs de nuances sont partis se faire un café.

Un observateur non averti pourrait être tenté de voir un troisième camp, celui des Neutres, qui expliquent que « les français sont des râleurs, de toute façon, ils ne sont jamais contents », mais la plupart du temps, ils se joignent aux Pour.

Alors, qui a tort, qui a raison ? Nous avons demandé à notre expert normand, qui a été formel « Ben, ça dépend ». En tout cas, une chose est sûre : cette cérémonie, destinée à célébrer la concorde et l’union, a été placée dès le début sous de mauvais auspices, après l’affaire Black M.

Nous avons décidé de laisser la parole aux pour, aux contres, puis de livrer notre vis appuyé sur le pragmatisme.

Les pour

Charlotte a été sensible au symbole : « Moi j’y vois un symbole. Ses soldats sont morts pour la liberté. Ils ont courus sur ses mêmes terres, pour que les générations futures soient libre. Je pense, sans parler en leurs noms, qu’ils auraient aimé, voir ses jeunes Français et ses jeunes Allemands, courir en toute liberté… » posée et pragmatique, c’est une des rares à garder son calme.

Nehra s’agace de ceux qui s’offusquent du fait que les enfants piétinent les tombes « J’en pense qu’ils sorts morts, et que pour certains, y’a rien dans les tombes. Les gens qui râlent n’ont évidemment pas compris le sens de cette commémoration : la vie continue. Moi, ça me gène pas. »

Line précise « Ce sont des Allées !!! Arrêtez de dire sur les tombes ce sont des allées » et Jules ajoute « Vous savez qu’il y a des gens qui entretiennent l’herbe qui pousse ?! Ben ils passent la tondeuse dessus et du désherbant, vous savez aussi que le mémorial à était agrandit ? Ils ont utilisé des tractopelle et ont remué la terre et trouver des restes humain là où il y avait un parking et ils en ont refait un par dessus… »

Les contre

Les contres sont beaucoup plus nombreux, du moins, à laisser des commentaires.

« Manque total de respect » « Indignée » « On ne court pas dans un cimetière » sont les réactions les plus fréquentes, dans un langage parfois très fleuri.

Tito vise les coureurs de Verdun : « je pense que heureusement qu’il n’y a plus de guerre parceque c’est pas avec eux qu’on l’aurait gagné » François trouve cela « Absurde et déplacé on ne respecte plus rien … » et Morticia ironise : « Estimons nous heureux, on a échappé à Black M … »

Mais le plus radical, c’est Corvus « Perso, on devrait arrêter les commémorations. C’est bon on va pas encore chialer et s’excuser les uns les autres pendants des siècles! C de l’histoire ancienne à un moment donner faut pas oublié certes, mais c’est bon quoi. Ceux de cette génération sont tous morts ou bientôt, et les derniers survivants ont peut-être envie aussi de penser à autre chose. Mais c’est bien humain ça de vivre dans le passé et de ce la jouer dramaturge et compagnie, avec mise en scène et…. Bah moi je trouve que dans le fond ça manque totalement de respect et ça se tourne en ridicule! »

Mais, finalement, on en pense quoi ?

A Funéraire Info, nous avons tout simplement décidé de lire le règlement intérieur du site de l’Ossuaire de Douaumont. Il y est entre autre précisé que « Une tenue correcte est exigée, pour les messieurs tête nue » et surtout « On ne crie pas, on ne court pas. »

On ne crie pas, sans doute non plus ne pilonne-t-on pas des tambours. Et on n’y court pas.

Nous nous posons une seule question. Si des enfants ont pu courir au milieu des tombes sous l’œil bienveillant du Président de la République lui-même, comment les gardiens du site, voire même les parents, vont ils ensuite pouvoir expliquer aux petits visiteurs qui joueront à loup ou à chat perché autour et sur les tombes, que c’est un lieu de recueillement ?

Comment expliquer la solennité que se doit d’avoir un lieu de mémoire ? Ce qui pose problème, ici, c’est que le Président de la République, qui est censé montrer l’exemple, approuve au prétexte d’une cérémonie officielle ce qui est interdit tout au long de l’année par le règlement. Les commémorations sont elles au dessus des règlements ? La volonté des politiques peut elle s’affranchir des obligations du commun ?

Pour théorique qu’elle soit, que direz-vous à un gamin mal élevé qui courra parmi les tombes, dérangeant les familles venues se recueillir, et qui vous répondra « C’est le président qui a dit qu’on pouvait » ?

Le site internet de l’Ossuaire de Douaumont : www.verdun-douaumont.com

Bataille de Verdun, Black M, de RIP à RAP par Hazard

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RIP RAP

Samuel Hazard, Maire socialiste de Verdun, avait déRAPé en projetant d’inviter Black M à ce produire à l’occasion du centenaire de la bataille de Verdun le 29 mai. Le 13 mai, suite à la polémique, le projet tombe à l’eau.

Le contexte de Verdun

La bataille de Verdun est un affrontement titanesque qui eut lieu du 21 février au 19 décembre 1916 dans la région de Verdun en Lorraine, durant la Première Guerre mondiale. Elle oppose les armées française et allemande, elle fait plus de 700 000 pertes (morts, disparus ou blessés).

Point culminant de cette saison mémorielle : Le 29 mai, avec la rencontre de 4 000 jeunes Français et Allemands en présence de François Hollande et d’Angela Merkel, à l’occasion d’une cérémonie officielle à Verdun. A partir du 26 mai, l’OFAJ proposera, avec ses partenaires et la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, un programme pédagogique comprenant des animations linguistiques et des ateliers consacrés entre autres à la pédagogie de la paix. Des concerts de jeunes talents français et allemands sont également prévus.

Black M, sa vie son œuvre

Black Mesrimes, de son vrai nom Alpha Diallo, rappeur de 31 ans, membre du groupe Sexion d’Assaut, son pseudonyme est un jeu de mots entre « rimes » et « Mesrine », l’ancien ennemi public numéro un. Tout un programme.

Dans le tube Désolé, une « chanson » de 2010 du groupe Sexion d’Assaut, Black M chante un couplet à propos de la France, s’adressant à ses parents, il dit: « J’me sens coupable – Quand j’vois tout ce que vous a fait ce pays kouffar », un terme péjoratif signifiant « mécréants », utilisé par des groupes djihadistes. Tout un programme.

Après une demande du président de la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA), Joël Rubinfeld, un titre du chanteur Black M, dans une reprise du rappeur français Doc Gynéco intitulée Dans ma rue, a été retiré des ondes de Fun Radio. En cause, l’emploi du mot youpin pour qualifier un juif dans le morceau. Tout un programme.

Black M est aussi accusé d’homophobie à travers la chanson On t’a humilié, ou Maître Gims chante « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent. Coupe-leur le pénis, laisse-les morts, retrouvés sur le périphérique ». « On est homophobes à 100% et on l’assume », affirme le groupe en 2010 à un magazine de rap pendant une interview. Tout un programme malgré un mea culpa.

Le nom même du groupe, Sexion d’Assaut, résonne sinistrement dans nos mémoires. On ne peut pas ne pas faire le parallèle avec la Sturmabteilung (section d’assaut), création de Röhm et d’Hitler, les « chemises brunes », une milice chargée de faire office de service d’ordre dans les meetings du NSDAP et d’agresser les adversaires des nazis dans la rue. Tout un programme.

Du casque Adrian M 1915 à la casquette du rappeur

La commémoration de la boucherie de Verdun, des centaines de milliers de morts, d’une jeunesse d’Europe fauchée sous les obus et la mitraille, ne se prêtent pas à ce type de musique et à l’amusement.

Le RAP, Rien A Péter, et pour le sacrifice ultime de nos soldats, RIP, Requiescat In Pace…

 

Il y a un siècle, un enfer de feu s’abat sur Verdun

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Une boucherie absurde. Une bataille sans conquête territoriale. Un enfer d’artillerie où la seule idée est d’y survivre. 300.000 morts français et allemands. 400.000 blessés. Verdun et ses dix mois de combats dans les collines avoisinantes : c’était il y a un siècle.

Quand l’armée allemande passe à l’attaque, par un déluge de feu le 21 février 1916 à l’aube, elle s’apprête à déverser sur les positions françaises de bord de Meuse deux millions d’obus en deux jours. En quelques heures, des massifs forestiers entiers sont réduits en un vaste bourbier lunaire. Mais contre toute attente, quand les fantassins allemands s’avancent sur un front de six kilomètres, ils vont rencontrer une résistance désespérée, bien qu’éparpillée. L’offensive n’atteint pas son but. Verdun ne tombe pas.

Ses esprits repris, l’état-major français envoie des renforts, renforce son artillerie et réplique, et surtout organise la logistique. Sur la seule route peu près carrossable vers l’arrière circule un camion toutes les 15 secondes. Il y est interdit de stationner. Matériels et hommes y transitent. Une voie ferrée sera aussi construite.

Dans la boue, depuis des tranchés, on se pilonne, on s’écharpe de bois, de colline en trou d’obus, de fort en village détruit. D’offensive en contre-offensive. Une énième, allemande en juillet, échoue à trois kilomètres de la ville de Verdun. C’est le tournant. Les combats âpres se poursuivent jusqu’en décembre 1916.

On ignore le nombre réel de victimes. Verdun est le symbole d’une victoire française défensive. Le champ de bataille, un siècle plus tard, conserve par endroit son paysage chaotique. La végétation a repris sa place. On déterre toujours des obus dans les champs.

Dès la fin du conflit, il a fallu se préoccuper de mémoire et du devenir des corps des morts. Un ossuaire a été construit sur place à Douaumont à partir de 1920, d’abord provisoire devenu définitif. Des mémoriaux juifs et musulmans s’y sont ajoutés depuis. Dans la nécropole reposent près de 130.000 soldats inconnus, français et allemands, jouxtant un cimetière militaire aux 16.142 tombes individuelles.