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Grippe, froid et surmortalité : Les chiffres de la discorde

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chiffres décès

Pic d’activité ! C’est ce qu’on entend beaucoup en ce moment. Mais les chiffres tombent dans tous les sens, la grippe ? Le froid ? ou surmortalité ? On fait le point ici à la mi-janvier.

Les chiffres de l’INSEE annonce qu’au 1er Janvier 2017, la France compte 66 991 000 personnes. Cela correspond à une hausse de la population de 0,4 %. Le nombre de naissances a chuté pour la second année consécutive. Quant au nombre de décès, il a été de 587 000 pour l’année 2016, soit une baisse de 7 000 décès, ce qui correspond à environ 1% par rapport à 2015. Année 2015 qui était considérée comme étant la plus élevée au niveau des décès depuis la seconde guerre mondiale.

La population vieillit, au 1er Janvier, l’INSEE recense 29,2 % des habitants ayant plus de 65 ans.

Les décès de cette année sont-ils liés à la grippe ?

Oui, il y a bien un pic d’activité et vous êtes nombreux à le remarquer avec des funérariums pleins et une liste d’attente au crématorium. Mais il y a un pic d’activité tous les ans en hiver, et tous les ans en été. La plupart des médias ont sorti le même chiffre : 18 300, qui correspondrait au nombre de morts en plus pour l’hiver 2014-2015. Alors même que l’Agence Nationale de Santé Publique estime à 9 000 le nombre de morts liés à la grippe entre 2000 et 2010.

Si les chiffres se bousculent c’est qu’on ne parle pas de la même chose. Les 18 300 personnes correspondent à l’excès de mortalité qui englobe bien sûr la grippe mais aussi les crise cardiaques et les virus, chiffre surestimé puisqu’il tend sur une moyenne. Tandis que les 9 000 personnes correspondent à une surmortalité liée à la grippe. Mais pour autant ce n’est pas non plus le nombre de personnes qui sont décédées de la grippe. C’est une moyenne basée sur les pics d’activités annuelles, il y a des années ou il n’y a aucun excès comme ce fut le cas en 2016.

Le Centre Épidémiologique des Causes Médicales de Décès compte très précisément en moyenne 431 morts par an liés cette fois directement à la grippe. Ce chiffre se base sur le certificat de décès rempli par le médecin. Dans les autres cas, même si la personne avait la grippe et que la maladie a causé une baisse des défenses immunitaires et donc propagée d’autres virus, le médecin n’en a pas connaissance au moment du décès et donc rempli le certificat en fonction de ce paramètre. En effet, nombreuses sont les personnes qui décèdent chaque année de cette façon. Elles entrent à l’hôpital pour une grippe mais décède d’une autre maladie, les statistiques ne prennent pas en compte cette donnée impossible à répertorier.

De même nous ne parlons pas du nombre de décès évités grâce au vaccin, l’Agence de Santé Publique estime à environ 2 500 personnes sauvées chaque année grâce au vaccin anti-grippe.

Epidémie : grippe et Zika, pour bien commencer l’année

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Un moustique tigre

Un des facteurs aggravants ayant entrainé le record de mortalité l’an dernier, la grippe saisonnière repart à l’assaut. Hier mercredi, l’Institut de veille sanitaire a déclaré la Bretagne en état d’épidémie. Onze autres régions n’en sont pas loin.

Le observateurs de l’IVS ont établi que ce seuil a été franchi dans l’Ouest du pays dans la semaine du 18 janvier. Les régions voisines, mais aussi le Nord, l’Ile-de-France, la Bourgogne et le Sud-est devraient suivre très rapidement. Evidemment, les personnes âgées ou fragiles sont en premières ligne.

L’épidémie version 2014-2015 avait duré neuf semaines, de la mi-janvier à la mi-mars. A peu près autant que l’année précédente, à cette différence près : les virus en circulations étaient différents de ceux contenus dans le vaccin. D’où la surmortalité enregistrée. Si l’on s’en tient aux moyennes, près de 2,5 millions de Français sont touchés par la grippe saisonnière chaque année.

En 2016, le pays risque de connaître une autre désagréable surprise, baptisée virus Zika. Ce jeudi matin, la ministre de la Santé Marisol Touraine a indiqué que le personnel soignant a été sensibilisé. Elle déconseille aux femmes enceintes de se rendre dans les DOM-TOM, où sévit déjà ce virus transmis par une piqûre du moustique tigre. Le risque : des malformations chez les nouveau-nés. Mais aussi des troubles neurologiques. Les symptômes sont des fièvres, des courbatures, des fatigues.

L’épidémie de Zika va-t-elle arriver en métropole ? Interrogée, Marisol Touraine n’a pas vraiment répondu, qualifiant toutefois ce phénomène de « sérieux ». Peut-être aura-t-elle lu le journal Le Monde d’hier. Le quotidien retrace le trajet du virus. « D’abord signalé au Brésil puis en Amérique latine, il est désormais présent en Europe. Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suisse et Danemark sont confrontés à des cas. » La France se trouve à peu près au milieu. Dans Libération d’hier, un chercheur de l’Institut Pasteur convient que l’on pourrait recenser des cas en métropole, mais que cependant le risque d’épidémie serait « faible ».

Virus Ebola : 300 candidats pour un test de vaccin « sans danger »

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Le virus Ebola

C’est une petite annonce que passe l’Inserm (Institut national de la recherche médicale) : contre rémunération, venir tester l’efficacité d’un vaccin contre le terrible virus Ebola. 300 volontaires « sains » sont attendus à partir de ce mercredi. Pas sûr que les foules ne se déplacent.

« Il n’y a aucun danger de contracter Ebola», jurent les scientifiques qui lancent ce programme, et une campagne de communication. Tout en ne pouvant écarter des effets secondaires. Les candidats entre 18 et 65 ans seront suivis pendant un an, effectuant entre six et douze visites de contrôle. Certains testeront réellement le vaccin préventif Ebovac2, d’autres n’auront reçu qu’un placebo. Montant de l’indemnité : entre 760 et 1240 euros selon la durée de l’essai clinique.

Une étude similaire a démarré en Grande-Bretagne l’été dernier. L’originalité de ce vaccin, c’est l’effet double-couche. Le « prime-boost », en langage médical, encore jamais testé contre Ebola mais efficace contre le VIH. Une première injection fait réagir (en théorie) l’organisme à une protéine du virus présent actuellement en Afrique de l’Ouest. Quelques semaines plus tard, une deuxième (avec un produit issue des recherches contre la variole cette fois) renforce les défenses immunitaires. Deux vecteurs dans le but de tromper l’organisme, au cas où il aurait développé des anticorps contre le premier produit donné. Le bénéfice de cette stratégie : une réponse plus forte et plus durable.

L’épidémie qui sévit en Afrique de l’Ouest depuis 2013, dont on situe le premier cas en Guinée, a connu 11.315 morts sur 28.637 cas recensés à la fin novembre 2015. Un bilan « sous-estimé », selon l’Organisation mondiale de la santé. Des cas ont également été détectés hors d’Afrique (Etats-Unis, Royaume-Unis, Espagne).Deux membres d’ONG ont été soignés en France à l’automne 2014. Cette fièvre ne connaît actuellement pas de traitement homologué. En octobre 2014, les dirigeants américain, français, allemand, anglais et italiens l’ont qualifié de « plus grande urgence sanitaire de ces dernières années ».

Renseignements au 0800 156 156.

Climat chaud : la Sibérie libère des virus géants

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Le Mollivirus sibericum (capture CNRS)

C’est un bon scénario de film hollywoodien. Sauf que c’est vrai. Le réchauffement climatique dégèle des terres nordiques qui enfermaient depuis des milliers d’années des virus géants, plus virulents. Sur le pied de guerre, les scientifiques s’inquiètent.

Une équipe franco-russe a publié lundi dernier dans une revue de l’Académie des sciences américaine une étude décrivant l’un de ces virus d’un autre genre. Un corps mou et vieux de 30.000 ans que les chercheurs du CNRS/université d’Aix-Marseille ont réussi à réveiller l’an dernier en laboratoire. Il dormait dans le permafrost, ce sol gelé de Sibérie. Son petit nom : « Mollivirus sibericum ».

C’est en tout cas la quatrième famille de virus géants que cette équipe met au jour depuis 2003. La deuxième en Sibérie, où les scientifiques pensent encore en trouver d’autres variétés.

Est-ce une bonne nouvelles pour les pompes funèbres ? Trop top encore pour se prononcer sur sa dangerosité. On sait qu’il est plus gros, plus vif, qu’il possède un génome plus riche. Difficile de dire ce qu’il adviendrait s’il contaminait humains ou animaux. Pourtant, les conséquences du réchauffement climatique sont propices à toutes les dérives.

Car en rendant désormais (ou à court terme) plus facile d’accès des terres jusque là protégées, celui-ci favorise l’exploitation notamment minière et pétrolière de ces étendues en dégel. A supposer que ce type de virus réveillé soit agressif, comment s’en protéger dès lors que l’on remuerait la terre arctique en profondeur, et que la transmission est dépendante d’un simple voyage aérien ?