Témoignage deuil périnatal : mon bébé ne voulait pas de moi

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deuil périnatal

Mon bébé ne voulait pas de moi. En tout cas c’est ce que je me suis dit. Ma fille a quitté ce monde avant même de le rencontrer et ce …à 9 mois de grossesse. À ce moment où tout est déjà prêt pour l’accueillir et les félicitations arrivent de toute part. 

J’ai eu des contractions. Rien d’anormal le terme était dans deux jours, j’arrive à la maternité le sourire aux lèvres et mon mari me rejoint haletant. Je pleure de joie, à l’idée de la rencontrer j’ai tellement hâte. Les sages-femmes sont gentilles et souriantes. On m’installe et cherche à me faire un monitoring. Rien ne se passe. Au bout de 5mn le chef de service arrive. Dans ma tête je pense que c’est normal, le bébé bouge beaucoup, elle doit être à l’autre bout. Je ne percute même pas qu’aux autres échos, aussi petite soit-elle il suffisait de poser l’appareil pour entendre son coeur. Puis il me regarde l’air sérieux et m’annonce que mon bébé ne bouge plus. Je ne sais pas combien de temps il s’est écoulé à ce moment là jusqu’à ce que je comprenne ce qu’il se passe. 

Depuis quand ? depuis combien de temps ?? Leurs hurlais-je. « Probablement moins d’une dizaine d’heure car il y a encore du liquide amniotique » m’a-t-on répondu. Et là tout s’enchaine. Je dois accoucher. Accoucher d’un bébé mort. Accoucher de ma petite fille. Je passe de la chambre et de ses doudous prêts, au choix du cercueil. On me dit qu’il faut lui dire au revoir. On me la nettoie, me la présente, mais je n’y arrive pas. Je ne comprends pas. Ça n’est pas possible. 

J’en veux à la terre entière. A moi surtout. Comment n’ai-je pu rien voir ? Aurais-je été une si mauvaise mère que ça ? Comment une futur maman ne peut pas savoir quand son bébé ne va pas bien ? Si j’avais accouché hier…oU ce matin. A quelques heures je la tiendrais dans mes bras. Je m’en veux d’avoir râler contre les nausées et d’avoir voulu qu’elle sorte à la fin tellement j’avais mal au dos. En fait c’est ça : mon bébé ne voulait pas de moi. 

Et là c’est la descente aux enfers. Je rentre chez moi sans bébé. Je rentre dans la voiture où le siège auto vide n’accueillera jamais notre fille. Je recroise des gens dans les magasins, ou dans ma rue. On hésite à me féliciter devant ma mine déconfite. Et lorsqu’on le fait je réponds, « merci, mais elle est morte ». Je les choque, mais je m’en fiche, je crois que c’est ça que je cherche un peu. Je ne comprends toujours pas comment c’est possible. 

Personne ne sait, l’autopsie n’a rien révélé. Je vais voir ma fille au cimetière au lieu de la bercer dans sa chambre. Je remballe ses jouets, je me détourne de mon mari, de mes amis, de mon travail. 

Le chemin du deuil pour moi à commencer par la colère. Cela fait 4 ans aujourd’hui et je viens d’accoucher d’une petite fille. J’ai passé ces neufs derniers mois à me demander si elle aussi, elle allait me quitter. Mais elle est bien là, pleine de vie, d’amour et d’avenir. Elle ne la remplacera jamais, mais elle m’aide à traverser ce deuil que je ne terminerais probablement jamais.


Pour vous accompagner : http://www.lapetitegomme.fr/carnet/4-naissance-dun-ange

 

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