Thanatopraxie, pas de pacemaker dans l’autre monde

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Pacemaker, source Wikipedia

Pour reposer en paix, chaque défunt doit voir son corps débarrassé de toute prothèse fonctionnant au moyen d’une pile et ce, peu importe la destination de ce dernier. Inhumation ou crémation, même combat. Voici quelques explications.

Pas de pacemaker dans l’autre monde.

Acte banalisé, l’implantation d’un pacemaker peut paraître chose anodine, de nos jours. Réalisée dans des conditions chirurgicales, elle a pour objectif de palier à une déficience du muscle cardiaque et/ou dans le cas d’une bradyarythmie par exemple. Le générateur est placé sous la peau, dans une loge située sous la clavicule et des électrodes, qui partent de ce dernier, acheminent des impulsions électriques jusqu’au cœur.

L’explantation post-mortem, quant à elle, tient plus du domaine de la législation que de la santé. En effet, depuis quelques années, le retrait d’une prothèse fonctionnant au moyen d’une pile (stimulateur cardiaque, défibrillateur, pompes implantables, pompe physiologique, etc) sur un patient décédé, est devenu obligatoire et systématique.

Dans le cas d’une crémation, les dégâts causés par la combustion de la pile, et l’explosion qui en découle, s’élèvent en moyenne à 25000 euros (réparation des dégâts, manque à gagner, …).

En cas d’inhumation l’obligation de retrait est justifiée par 2 raisons.
1- par souci écologique. Le lithium contenu dans le générateur est un désastre pour l’environnement.
2- pour prévenir un éventuel besoin d’exhumation aux fin de crémation.

Actuellement, seuls les médecins et les thanatopracteurs sont habilités à procéder au retrait de ces prothèses. Ces derniers devront attester de l’acte pour que les autorités compétentes puissent délivrer les autorisations nécessaires aux fins d’inhumation ou de crémation.

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Les prothèses, quant à elles, font l’objet d’une élimination spécifique. Ces appareils sont à considérer comme des DASRI (Déchets de Soins à Risque Infectieux), car ils sont au contact direct des muqueuses et des liquides biologiques (sang, etc.). Ils doivent donc en suivre la filière de traitement.

Ce que dit la loi:
L’article R. 2213-15 du code des collectivités territoriales précise que si la personne décédée était porteuse d’une prothèse fonctionnant au moyen d’une pile, un médecin ou un thanatopracteur atteste de la récupération de l’appareil avant la mise en bière.

Les problèmes auxquels sont confrontés actuellement les thanatopracteurs sont la diversité des prothèses, la perpétuelle miniaturisation des appareils et la multiplication des lieux d’implantation qui rendent de plus en plus difficiles voire impossibles la recherche par le praticien.
Les familles elles-même, parfois, ne connaissent même pas l’existence de ces prothèses.

Pourquoi ne pas réserver cette explantation au personnel médical qui ont en leur possession dossiers médicaux, radiologies etc.

Ce que dit la loi :
Conformément à l’article 8 du décret n° 99-374 du 12 mai 1999, l’établissement de santé doit veiller à la collecte et à l’élimination des piles ou accumulateurs usagés. En conséquence, il doit organiser cette collecte ainsi que le transfert des stimulateurs cardiaques auprès d’un centre de tri et de traitement autorisé.

Que souhaiter pour l’avenir? Quand on connaît les risques professionnels d’un tel oubli, on se dit qu’il serait appréciable que les thanatopracteurs soient tenus au courant de l’évolution de la médecine dans ce domaine. Les chercheurs réalisent des choses exceptionnelles qui ont pour effet de prolonger considérablement la vie des patients et ce, avec de plus en plus de confort. Le suivi post-opératoire de ces mêmes patients est remarquable. Mais paradoxalement, on a souvent la sensation qu’après la survenue du décès, l’intérêt pour ces mêmes patients est moindre. A l’heure où la thanatopraxie est bouleversée par des avancées législatives sans précédent, la profession de trouve handicapée dans son quotidien par des situations qui ne devraient pas se rencontrer ou du moins, être vite solutionnées. Le problème de la recherche des stimulateurs cardiaque en fait partie. Affaire à suivre.

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Mickael CURTI

Curti Thanatopraxie, pas de pacemaker dans l'autre monde
Mickaël CURTI

1 commentaire

  1. bonjour,
    suite à l’enlèvement du pacemaker sur une personne décédée : est-ce que l’acte du thanatopracteur peut être remboursé par la sécurité sociale et/ou la mutuelle ? merci

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