Toussaint 2015 : juste la vie qui va

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Un doux soleil d’automne a marqué cette Toussaint 2015. Un redoux (doublé d’un week-end) propres à inciter à venir fleurir les tombes de proches et à lire en terrasse le coup de projecteur annuel des journaux grand public sur le secteur funéraire.  Et là, rien de bien nouveau sous le soleil.

En vedette, le chrysanthème et son pot. Il s’en vend 22 millions environ. Une veille star encore digne, mais qui sent pourtant arriver la concurrence d’autres plantes. Samedi, un parterre de pots ornait l’entrée de nombre de supermarchés. Bien en évidence, commerce oblige, histoire de raviver les mauvaises consciences de familles qui se rendent un peu moins sur les sépultures familiales.  Un marché en légère baisse. Le fleuriste du quartier a pourtant tout tenté, lettres clignotantes à l’appui : « gros arrivage de chrysanthèmes le 20 octobre », pouvait-on lire.  Samedi midi pourtant, le stock n’avait guère fondu.

Année après année, cette photographie instantanée du funéraire donnée dans la presse à l’occasion de la Toussaint sert en quelque sorte de baromètre. Comme l’occasion de se retourner sur l’année écoulée. Le marché est « bousculé par de nouveaux acteurs », peut-on lire. Le tire, emphatique, suggère un tsunami. Mais en vérité la mer est plus plate, et la marée montante plus régulière.

Dans ces coups de projecteurs, on sent le poids nouveau de l’internet, qui bouscule les vieux usages mais reste fragile. Le vent des concentrations, qui pèse sur un milieu éparpillé et vieillissant. L’arrivée inéluctable des financiers, force obscure qui grignote. L’émergence de nouveaux modèles, comme le financement participatif. L’émergence continue de la personnalisation des obsèques. Et la montée de la crémation, représentant désormais 35% des obsèques en France, mais demeurant en deçà de bien des pratiques européennes.

Lire aussi :  Vivante à la morgue, cimetière, Pompes funèbres… L’actualité du 3 juillet 2018

C’est aussi l’occasion de pointer ici et là le doigt sur quelques destins. Le quotidien musclé d’un marbrier. Celui un peu glauque mais combien humain d’un thanatopracteur. Les espoirs d’un ambitieux étudiant conseiller funéraire ayant pris de cours sa famille. L’ambigüité d’un homme d’Eglise prônant l’inhumation et les cérémonies religieuses mais regrettant que les prêtres se raréfient. Une Eglise condamnée aussi à suivre ses fidèles dans des crématoriums laïcs, faute de les perdre. Pas de thèmes véritablement émergeants cette année dans ces articles de journaux. Juste la vie qui va, et qui nous raconte, nous face à la mort.

1 commentaire

  1. Nul n’est obligé d’adhérer, alors pourquoi critiquer ?
    La Toussaint me permet depuis longtemps de tenir mes promesse, et il en sera toujours ainsi.
    Le cœur lourd, j’ai nettoyé et fleuri la tombe de mes parents avec des fleurs achetées chez le fleuriste de mon village. Et je leur ai demandé pardon de ne pas pouvoir venir plus souvent.
    Le culte des Morts ? Pas du tout, celui du souvenir, oui. Respect du lieu ou repose ce qui aura été leur enveloppe terrestre.
    Pour ce qui me concerne je passerai par la crémation.
    J’ai bien aimé vos écrit.

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