Toussaint 2017, communiqué de presse du funéraire

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Toussaint 2017

Toussaint 2017, avis à la presse !

Toussaint, une occasion trop rare, de parler de la mort et du funéraire ! Et le funéraire a bougé en cette année 2017 et bougera, pas plus tard qu’en 2018 !

  • Thanatopraxie : grand changement ! VIH et soins à domicile
  • Les produits et services plébiscités par les familles : modernité et design

Thanatopraxie : grand changement ! VIH et soins à domicile

Le débat a secoué thanatopracteurs et associations de lutte contre le SIDA durant cette année 2017. L’arrêté du 12 juillet 2017 est paru et a tranché : les soins de conservation sur les défunts porteurs du VIH ou d’hépatites seront désormais possibles dès le 1er janvier 2018.

Une mesure entamée par le précédent gouvernement et actée par Agnès Buzyn sous le quinquennat de François Hollande.

Si l’arrêté est le dénouement positif d’un long combat des associations contre le SIDA, les thanatopracteurs eux, lancent immédiatement une pétition pour la levée de celui-ci. Ceux-ci mettent en opposition un risque élevé de contamination, qu’on leur a souvent rétorqué comme étant une « discrimination » envers la communauté homosexuelle.

Quelle sera, concrètement la réalité du terrain au 1er janvier 2018 ?

Certains thanatopracteurs disent qu’ils opposeront leur droit de retrait, tandis que les associations n’excluent pas des « contrôles surprises » chez les sociétés de pompes funèbres (rappelons que la plupart travaillent en collaboration avec des thanatopracteurs indépendants qu’elles ne pourront pas obliger à effectuer les soins).

Si la mesure est majoritairement décriée par les professionnels, quelques-uns y étaient cependant favorables.

Faut-il s’attendre à deux poids deux mesures sur le marché ?

Quelles informations seront à disposition des professionnels pour connaître la séropositivité ou non d’un défunt ?

Constaterons-nous un recul notable des soins de conservation sur les corps (qui n’ont aucun caractère obligatoire sauf exceptions), alors qu’ils sont entrés dans les « mœurs » pour des raisons positives de présentation et d’hygiène du défunt ?

Focus : les conditions de travail des thanatopracteurs

Le débat aura eu un autre aspect, mettre le doigt sur les conditions de travail des thanatopracteurs, particulièrement difficiles. Notamment lorsque les soins de conservation étaient pratiqués au domicile du défunt. Manque de matériel adapté (lits trop bas), pièces ne répondant pas à des conditions de travail optimales, les témoignages ne manquent pas pour dénoncer un vrai risque sur la santé de ces travailleurs de l’ombre.

Au préalable donc, de l’arrêté du 12 juillet, l’arrêté du 10 mai 2017 fixait les conditions requises pour la réalisation des soins de conservation. Il revient notamment sur le port des équipements de protection individuelles obligatoires.

Mais surtout, fixe les conditions dans lesquelles les soins de conservation pourront être réalisés à domicile. Conditions qui sont pratiquement irréalisables sur le terrain, à savoir :

Article 5 

Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :
1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
4° Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur.

Article 6 


Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
2° Une housse imperméable, telle que prévue à l’
article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’
article R.1335-6 du code de la santé publique ;
5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.

Ces mesures « visent » à cantonner les soins de conservation aux seules salles techniques équipées pour leur réalisation : dans les hôpitaux notamment, et dans les chambres funéraires mises à disposition des sociétés de pompes funèbres.

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Quid des familles ?

Cet arrêté aura un impact non négligeable pour les familles. La conservation du corps au domicile, bien que n’étant pas la majorité des cas, reste, surtout dans les milieux ruraux, préférée. Les conditions fixées pour la réalisation des soins à domicile étant pratiquement inapplicables (comment vérifier les dimensions d’une pièce ? Comment le thanatopracteur transporte -il une table de soin ? Comment impacter le coût d’une telle installation sur les soins ? …), les familles se verront dans l’obligation de faire transférer les corps vers la chambre funéraire la plus proche, cette opération comportant un coût de transport supplémentaire, le coût du séjour dans ladite chambre ainsi que l’éventuel coût de location de la salle technique. Une mesure difficile à faire avaler alors que les obsèques, sont trop souvent montrées du doigt pour leur coût élevé.

Dans le même temps toutes les personnes ayant entrepris d’organiser leurs obsèques à l’avance (contrat obsèques), devront, elles aussi, penser à rallonger le capital dédié à leurs obsèques et modifier leur contrat en prestation pour qu’il soit adapté à ces nouvelles mesures.

Les produits et services plébiscités par les familles : modernité et design

Le funéraire est entré depuis quelques années dans une nouvelle ère, celle de la personnalisation. Du cercueil à l’image du défunt, au monument funéraire moderne, les fournisseurs et fabricants se sont, pour la plupart, mis au pas, devançant un besoin sous-jacent qui ne cesse de se développer.

Fini le service tout compris, les obsèques sont désormais personnalisées. Au cœur d’un métier de service et non plus seulement de logistique, le dernier adieu doit ressembler au défunt : représenter ses passions, sa personnalité.

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Une gamme de cercueils colorés sur lesquels s’affichent harmonieusement des images de régions, de villes, de passions (pêche, moto…) s’est notamment développée. Les pierres tombales ont suivi avec des produits innovants comme ceux en fer ou au design novateur.

Les produits ont rencontré une véritable adhésion auprès des familles qui, semble-t-il, n’attendaient que cela : un funéraire modernisé.

Et les articles funéraires se sont notamment développés grâce à l’intégration, parfois tardive mais nécessaire, de l’outil qu’est internet.

Publicité, catalogue en ligne, pages Facebook, la plupart des fabricants de produits funéraires ont mis à disposition sur leur site des outils de personnalisation en ligne, permettant aux pompes funèbres de modeler en direct avec les familles, la plaque ou le monument funéraire de leur choix. Une véritable interaction au plus près de la réalité.

Plaques, bougies, cercueil, urnes, monuments funéraires : tout ou presque est personnalisable à l’infini, pour un hommage au plus près de la réalité.

Les pompes funèbres investissent également de plus en plus dans les limousines. Certaines sociétés sont spécialisées dans la vente de corbillards de luxe (Jaguar, Mercedes), et rencontrent un beau succès auprès des entreprises qui souhaitent s’offrir une nouvelle image, et offrir dans le même temps une prestation de qualité aux familles. Beaucoup d’entre elles ne facturent pas plus chère l’utilisation de ces véhicules luxueux par rapport aux fourgons.

Conséquences : un retour au cimetière ?

Cette nouvelle vision du funéraire a semble t-il (re)développé « l’attraction », avec le cimetière. Les générations, quelles qu’elles soient, ayant fait le choix d’un hommage plus personnalisé ont moins de mal à se rendre dans ce lieu autrefois considéré comme sinistre, d’autant plus si elles peuvent avoir une certaine « interaction » avec la sépulture.

On fait par exemple le constat de tombes « faites maison » laissant les concessionnaire faire parler leur imagination ou de tombes décorées autrement, notamment avec des objets qui n’ont pas pour première vocation de décorer une sépulture.

Une véritable aide au deuil qui se fait plus paisiblement.

Un gouffre entre les familles et les distributeurs ?

Bien qu’étant accueillie de manière positive par les familles, il semble pourtant qu’une grande partie des distributeurs (les pompes funèbres et marbreries) freinent des quatre fers à l’arrivée de ces nouveautés personnalisables ou modernes et soient réfractaires à leur vente dans leurs magasins. C’est en tout cas les témoignages de nombreux distributeurs qui veulent proposer leurs nouveautés, malgré un accueil favorable des familles.

Pourtant, constatant ce réel intérêt, ou cette découverte positive pour les produits modernes et design du funéraire, certaines régions ont entreprit le pilotage d’une opération visant à les mettre en valeur. C’est le cas du RIIF (Réseau Inter massif Innovation Funéraire), dans le massif central, qui a initié un programme de mise en valeur de ces produits du funéraire design, en collaboration avec une école de design et des professionnels du funéraire. A terme : la promotion de ces différents produits auprès du grand public pour donner une image nouvelle de ce qu’on pensait sinistre il n’y a pas si longtemps.

Télécharger le CP complet : Toussaint 2017 – CP Funéraire Info

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