Travailler aux pompes funèbres, le bénéfice du doute

0
427
Caspar_David_Friedrich doute brouillard
« La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute »
Pierre Desproges

C’est une question anonyme qui nous est parvenue et que nous avons posé sur Facebook : « La remise en question, surtout au début, est-elle saine ? ». Le doute est-il sain ? En tout cas, une chose est certaine : celui qui ne doute pas est incapable de se rendre compte qu’il a échoué.

Le doute est utile (le passage désagréable de l’article)

Une chose est certaine : le doute, surtout au début, est inévitable. Lorsqu’on se rend compte de la pression qui pèse sur nos épaules, en recevant sa première famille, une question apparaît comme inévitable : « Suis-je à la hauteur ? ». Inévitable et nécessaire.

Tout d’abord il faut savoir si vous avez la première qualité indispensable au métier : la capacité de prendre du recul. Les pompes funèbres, et, plus largement, les métiers du funéraire, finalement, c’est quoi ? La rencontre entre des personnes (les familles) qui sont en train de vivre un des pires moments de leurs vies, et un professionnel sur qui elles comptent, pour que, dans cet océan de larmes, le nécessaire soit fait.

Si elles se retrouvent face à un pleurnichard en train de s’apitoyer sur son sort, et qui sera incapable de leur offrir ce qu’elles cherchent, à savoir l’incarnation d’un phare dans la tempête, si vous n’êtes pas capable de vous mettre de côté pour assurer votre mission, alors, vous aurez au moins une certitude : vous n’êtes pas fait pour ce métier.

Attendez, il faut relativiser une chose : on ne vous demande pas d’être Rambo ou Terminator. Savoir distinguer ses problèmes et son métier, ce n’est pas tout encaisser sans broncher, c’est aussi savoir dire « Aujourd’hui, je ne suis pas en état d’épauler une famille, il vaut mieux que je m’abstienne. ». Si ça vous arrive trop souvent, par contre…

Lire aussi :  Vikings et Asatru : au coeur de la mystérieuse mythologie nordique

Le doute est partagé

Apprenez quelque chose : le doute est partagé par tous. Le métier est difficile, sur beaucoup de plans, tant dans la nature du travail en lui-même que son environnement : ne rêvons pas, même si on dit qu’il ne faut pas pleurer avec les familles, il est impossible de rester en permanence imperméable à toute cette peine. Souvent, d’ailleurs, ça arrive par surprise, lorsqu’on se croit blindé, imperméable à tout. Lorsqu’on ne doute pas, en fait.

Simplement, certains n’expriment pas les doutes qu’ils ressentent. Tout simplement parce que certaines personnes aiment à donner d’elles-même l’image de la confiance en soi, et d’autres, tout simplement, n’arrivent pas à exprimer ce qu’elles ressentent.

Mais le doute peut aussi amener à un constat : tout le monde n’est pas fait pour ce métier, sans d’ailleurs que ce soit une question de courage ou de force de caractère. Et il est sain de douter, pour au final conclure que ce n’est pas pour vous, plutôt que, parfois, persister, parce que vous finirez par le payer chèrement : votre psychisme, voire votre santé, sont en jeu.

Notez que le doute n’est pas l’apanage du funéraire. Je vous mets au défi de trouver un métier, un seul métier, où l’on ne doute pas.

Le bénéfice du doute

Alors, voilà : douter de vous-même, c’est bien. Cela prouve que vous êtes capable de vous remettre en question, et donc de vous améliorer, et d’apprendre. Mais il ne faut pas oublier quelques petites choses. Au nombre de trois : choisi, formé, accompagné.

Lire aussi :  Autriche : croque-morts et corbillard perdent un cercueil dans la rue

Parce que vous avez été choisi par un employeur, par des formateurs, qui vous ont formé au métier, et vous êtes accompagné au quotidien par vos collègues. Comme vous, ils ont une conscience professionnelle, et ils ne vous laisseront pas vous enfermer dans l’erreur. Si vous faites mal votre travail, ils vous le diront et vous aideront à vous corriger. Personne n’a intérêt à laisser pourrir la situation.

Au final, donc, le doute est sain et nécessaire, mais il doit rester ponctuel. Si vous doutez en permanence, c’est un problème, mais sans doute d’un autre genre.

Alors, si vous doutez, sachez que c’est une bonne chose. Si le doute persiste, peut-être n’êtes vous pas effectivement fait pour le métier. Mais la seule personne qui puisse le savoir, c’est vous.

facebook-doute-pompes-funèbres Travailler aux pompes funèbres, le bénéfice du doute

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here