Trois jours au Salon de Villepinte … de bière

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Le salon de l’art funéraire de Paris a donc pris fin au terme de trois jours qui constituent un des points d’orgue de la profession en France en 2015. Petit journal subjectif.
Veille, mercredi 18 novembre
« Mais il est mort, John Snow ? »

Que dire d’une veille de salon, sinon qu’on peine à s’imaginer que ce vaste désordre se métamorphosera en alignement impeccable de stands très professionnels ou les commerciaux en cravate ou tailleur feront l’article de leur société et ses produits. Qui imaginerait devant l’air calme et pondéré de tel commercial quadragénaire que le même transpirait la veille à grosses gouttes devant la notice de montage d’un meuble scandinave ?

Une chose était certaine, tout le monde se demandait de quoi aurait l’air ce salon eut égard aux circonstances. Serait-ce Waterloo morne plaine ? Le suspense était à son comble. Si vous avez lu Funéraire Info, vous connaissez déjà la réponse, alors que pour John Snow, toujours pas.

Jour un, jeudi 19 novembre
« Fraîche et blonde à la fois »

Dès l’ouverture du salon, les visiteurs se pressaient aux entrées. Certes, les fouilles systématiques et très professionnelles du service d’ordre ont accentué l’effet de masse, mais il y aurait des visiteurs, en nombre et pressés de rentrer.

L’ambiance, cela s’est vérifié tout au long de ces trois jours, était à la convivialité. Moins guindé, plus détendu, les participants étaient ravis de se voir au sein de ce salon qui a gagné son statut de fête du funéraire.

Les défections d’exposants ont été à la fois bien réelles, il y en a eu, et peu significatives : on pouvait parcourir le salon sans voir un stand vide. Seul l’œil exercé du journaliste de Funéraire info, par exemple, aurait pu les déceler. J’en ai trouvé deux.

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Les exposants rivalisent d’imagination pour attirer le visiteur sur leur stand, du pire au meilleur. Pour le meilleur, on retiendra le tee-shirt fracassant « Elle est fraîche, elle est blonde, mise en bière au stand C106 » très très drôle, puisque, bien que porté par de charmantes jeunes femmes elles aussi blondes, il parle bien de la tireuse à bière du stand. Pour le pire, sans dénoncer personne, l’hôtesse à la jupe très, très mini, au maquillage très, très outrancier et aux lèvres très, très refaite (bien qu’elle n’ait pas eu plus de vingt ans) était un poil trop.

Jour deux, vendredi 20 novembre
« Ou kilt est ? »

Journée traditionnelle ou se traitent le plus d’affaires, le vendredi est résumé le mieux par un exposant : « Excusez-moi, j’ai pas le temps, il faut que j’aille chercher des bons de commande dans la voiture, on n’en a plus sur le stand ».

Le vendredi, c’est la journée charnière, mais surtout parce qu’elle se trouve entre le première et la dernière. On est rassurés, le salon marche bien, on est soulagé, le mobilier ne s’est pas effondré malgré de gros doute sur la notice de montage rédigée en Suédois, et on se lâche un peu. Peut être un peu trop parfois : un journaliste par ailleurs très sérieux et très fiable de la rédaction de Funéraire Info a soutenu avoir aperçu sur un stand des highlanders en kilt. Enquête faite, les témoignages en ce sens se multiplient… L’étau se resserre autour du stand C 128, dont les exposants sont relâchés faute de preuves. Le mystère demeure : que portaient ils sous leur kilt ?

J’en ai, à titre professionnel, profité pour sympathiser avec un auteur de bandes dessinées et me fâcher avec un sénateur. Moi, j’appelle ça une bonne journée.

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Jour trois, samedi 21 novembre
« 1887 kilomètres à pied, ça use, ça use »

L’épuisement guette, les yeux se font cernés, les pieds sont endoloris, si les deux premiers jours permettent de se rappeler pourquoi on aime tant les salons, le troisième permet aussi de se rappeler pourquoi on aime bien quand ça s’arrête. Mais les mines semblent soulagées : les exposants étaient heureux de voir des visiteurs venus en nombre, les visiteurs heureux de voir qu’aucun exposant ne semblait manquer à l’appel.

Nous avons déjà souligné l’extrême qualité de l’organisation du salon, et, à titre plus personnel, je tiens à tirer un coup de chapeau aux organisateurs pour ne pas avoir interdit la cigarette électronique à l’intérieur du salon. Déjà, parce qu’aucune loi ne l’interdit, ensuite parce que les exposants ainsi équipés n’avaient pas à courir sous les averses pour fumer à l’extérieur, ensuite pour tout un tas d’autres bonnes raisons qu’il serait long et hors-sujet d’exposer ici.

J’en ai, à titre professionnel, profité pour sympathiser avec un acteur et ne pas me réconcilier avec un sénateur. Moi, j’appelle ça une bonne journée.

Enfin, le démontage se fait, avec une ouverture des portes exposants à 19 heures. Juste pour éviter que certains commencent à démonter à 17 heures. Cela s’appelle de la correction envers les visiteurs, et c’est bien, tant pis pour les râleurs.

Enfin, on s’en va. Épuisés, usés, endoloris et déjà impatients de remettre ça à la prochaine édition. Masochistes ? Oui, sans conteste. Mais de tous les exposants tout aussi épuisés que nous, nous n’en avons pas trouvé un seul qui n’ait pas été heureux d’être là.

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