« Une belle fin » : derrière les morts, il y a la vie

0
756

Avec « Une belle fin », c’est un film sensible et émouvant que livre Uberto Pasolini ce mercredi sur les écrans. Un travail sur l’isolement social. Son héros ? Un employé anglais aux pompes funèbres municipales chargé de retrouver les familles des personnes décédées seules. Une tache qui le renvoie à sa propre solitude.

Belle-fin-4-150x150 "Une belle fin" : derrière les morts, il y a la vieMéticuleux, de bonne volonté, fonctionnaire invisible, John May (joué par Eddie Marsan) cherche des indices au domicile des défunts. De vieilles photos, du courrier, de quoi enquêter. Avec son pardessus et son petit cartable, il se démène. Parfois, il trouve un ami, un fils, une relation. Mais, parce que nos vies solitaires sont chaotiques, parce que le temps défait les liens, il échoue et se retrouve seul aux enterrements. Il compose des oraisons funèbres, qu’il récite dans l’église vide, face au prêtre. Parce que tout le monde a le droit à être accompagné jusqu’au bout.

Alors qu’atterrit sur son bureau un nouveau dossier, son patron lui apprend qu’on va le licencier. Restrictions budgétaires. Et qui s’intéresse à ces morts-là ? John May découvre que le mort n’est autre que Billy Stoke son voisin d’en face, un vieil alcoolique qu’il ne connaissait pas. Une vie dans l’isolement, elle aussi. Il va se lancer comme jamais sur cette dernière mission. Elle va changer sa vie. Et le film va flirter avec une tonalité romantique à mesure que le héros s’approche de Kelly (Joanne Froggatt), la fille du mort. Jusqu’alors assez ternes, les couleurs du film changent. Jusqu’au rebondissement final, beau et émouvant.

Lire aussi :  L’Ankou : ma charrette tu entendras, de vie à trépas tu passeras
Belle-fin-2-150x150 "Une belle fin" : derrière les morts, il y a la vie
Uberto Pasolini

Neveu du cinéaste Luchino Visconti, producteur du célébrissime « The Full Monty », Uberto Pasolini a voulu faire un film non sur la mort mais sur la valeur de la vie des gens ordinaires. C’est son deuxième long métrage (après «Sri Lanka National Handball » en 2008). Une œuvre touchante, qui s’est déjà vu décerner onze prix en Europe, et qui est bien servie par ses deux acteurs principaux. Eddie Marsan (qui a travaillé avec Steven Spielberg, Woody Allen, Martin Scorsese, Terrence Malik) trouve ici son premier grand rôle. Il donne beaucoup en en faisant peu. Joanne Froggatt (une domestique dans la série « Dowton Abbey »), elle, confirme ici une carrière déjà largement récompensée.

Pour bâtir son scénario, Uberto Pasolini s’est inspiré du véritable travail d’employés municipaux de districts londoniens. Il en a rencontré une trentaine, a visité des maisons des défunts, a assisté à des enterrements et des crémations pendant six mois. Le héros de son film est un condensé de ces expériences vécues.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here