Une fois pour toute, la Toussaint n’est pas la fête des morts !

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"La Toussaint" de Jules Bastien Lepage

En ce jour de la Toussaint, il est de bon ton pour les médias de parler funéraire. Parmi tous ceux là, nous avons choisi deux points sur lesquels nous avons souhaités revenir

Michel-Kawnik-Afif_articlephoto-300x174 Une fois pour toute, la Toussaint n'est pas la fête des morts !
Michel Kawnik (Crédits photos : http://funeref.blogspot.fr/2012_11_01_archive.html)

Michel Kawnik sur Europe 1

Michel Kawnik était, de 13 H 15 à 13 H 30, l’invité de la tranche info de la station Europe 1. Si vous avez manqué l’émission, vous pourrez l’écouter en replay sur le site de la radio.

Michel Kawnik est bien connu de la profession : pour ou contre, il ne laisse pas indifférent. A Funéraire Info, nous considérons qu’il est un acteur incontournable du secteur, qui mérite d’être attentivement écouté, et parfois contredit.

Cette contradiction se portera sur deux points de l’intervention de Monsieur Kawnik, par ailleurs efficace et pertinente par bien des aspects, et mise en valeur par les questions de son interviewer, Pierre de Vilno, qui sont que le business de la mort est lucratif, et que le prix moyen des obsèques est une invention.

Pour illustrer son propos sur le business de la mort, Michel Kawnik, après s’en être pris à OGF, assène comme une sentence définitive et lapidaire : « Avez-vous déjà vu une entreprise de pompes funèbres déposer son bilan ? » et, dans le studio, manifestement, chacun reconnaître que non, effectivement. La morale de cette histoire serait donc que les entreprises de pompes funèbres ne font pas faillite tellement ça rapporte d’argent.

Or, et nous nous adressons autant à Monsieur Kawnik qu’à Europe 1, il se trouve que nous en connaissons, nous, des entreprises funéraires en difficulté, voire en faillite, voire qui ont mis la clef sous la porte. Nous tenons, bien entendu, une liste à disposition. Souvent, d’ailleurs, elles ont buté sur des problèmes de concurrence déloyale, dont Monsieur Kawnik reconnaît indirectement l’existence, mais contre lesquels il ne s’est jamais véritablement dressé.

Vient ensuite la seconde assertion, sur le budget moyen des obsèques. Au journaliste qui annonce 3500 euros, sans préciser qu’il s’agit d’un chiffre valable sur les grandes métropoles, la moyenne nationale et provinciale tant plus proche de 2800 euros, Michel Kawnik répond que ce chiffre est faux, et qu’il est uniquement propagé par la profession pour faire grimper le prix des obsèques, qui sont trop chères.

Lire aussi :  Contrats obsèques, pompes funèbres : comment rivaliser face aux banques et assurances ?

Soit. Sans entrer plus avant dans le débat, nous ferons remarquer à Monsieur Kawnik que, parmi tous les professionnels à s’être penchés sur le site, du métier à ses observateurs, et parfois détracteurs, comme les associations de consommateur, personne ne conteste ce chiffre hormis lui.

Si un professionnel fait correctement son travail, et offre à une famille un choix entre une gamme de cercueils, mettons, de 500 euros à 5000 euros, et que la famille opte pour le plus cher, c’est son choix, et ce serai un jugement de valeurs que de dire qu’elle l’a payé trop cher. A moins de remettre en cause l’honnêteté de tous les professionnels.

Que Monsieur Kawnik, qui nous lit, ne s’offusque pas de cette réponse. D’autant plus que ces passages représentent une fraction de son intervention qui, sur les cercueils en carton, notamment, était passionnante et soulevait des questions loin d’être incongrues.

Simplement, qu’il y voie la lettre ouverte d’un professionnel du funéraire qui, comme lui, a à cœur que notre profession soit totalement honnête et transparente, et qui regrette parfois de voir Michel Kawnik se tromper de combat. Le chantier pur le funéraire est encore vaste, et nous préférerions, Monsieur Kawnik, le faire avec vous que sans vous, ou, pire, malgré vous.

Et, une fois pour toute, la Toussaint n’est pas la fête des morts !

La Toussaint, c’est l’occasion pour les familles vêtues de vêtements sombres de bon aloi, de se rendre sans désemparer dans les cimetières, afin d’y fleurir les tombes des défunts.

C’est l’occasion pour tout le monde de se tromper de vingt quatre heures.

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La Toussaint n’est pas la fête des morts. La Toussaint, qu’est-ce donc ? Un peu d’étymologie, n’ayez pas peur, il suffit de prendre une paire de ciseaux et de découper ce mot : Toussaint entre les deux S.

Vous obtiendrez deux mots : TOUS et SAINT.

La fête de la Toussaint est donc une fête catholique durant laquelle les Chrétiens honorent leurs saints. Tous les Saints, y compris les inconnus, ceux qui auraient pu échapper à la vigilance du tribunal en béatification.

Ce n’est donc pas la fête des morts. Ce ne sont pas les mêmes. Certains dans les cimetières ont été de leur vivant tout, sauf des Saints.

Mais, et les morts, me demanderez-vous, angoissés ? C’est le lendemain, deux novembre, qu’est leur journée. C’est moins pratique : celle-ci n’est pas fériée.

Vous objecterez, sans doute croyant à juste titre, que la Fête d’Halloween se célèbre le 31 octobre, veille de la Toussaint, que les morts sont censés revenir y hanter les vivants, et vous arborerez peut être un petit air supérieur, l’air de dire « Qu’est-ce que tu réponds à cela ? ». Je répondrais ceci : Halloween est une fête dont le nom est une contraction de l’anglais All Hallows Eve, autrement dit the eve of All Saints’ Day en anglais moderne, ce qui signifie la « veillée de la Toussaint ». C’est la resucée de la Fête païenne de Samaïn, ou les démons revenaient sur terre.

Les démons opposés aux Saints, donc, et les morts n’y sont pour rien.

Voilà. Vous saurez désormais que la Toussaint n’est PAS la fête des morts, qui a lieu le lendemain, et vous pourrez, sinon éblouir votre auditoire lorsque vous l’expliquerez, du moins prouver que vous avez de la culture générale. Merci Funéraire Info.

5 COMMENTAIRES

  1. Un fort bel article bien documenté comme d’habitude j’ai envie de dire!
    Et des précisions de qualité pour étayer le tout, que demander de plus?

  2. La plupart des gens savent que la Toussaint n’est pas la fête des morts, mais l’habitude d’aller fleurir les tombes à la Toussaint est tellement ancrée qu’il serait compliqué de changer ça maintenant.
    Monsieur carboglace, toujours en forme, mais quel est son secret?

  3. Commentaire et droit de réponse.

    Bonjour,

    J’ai toujours souligné la qualité rédactionnelle de vos articles.
    Contrairement à la censure exercée par les autres magazines professionnels, Funéraire info a le courage de parler de l’AFIF. Association étant considérée comme « atypique » et « gênante » par une majorité de pompes funèbres, je tiens à vous remercier !

    Nul ne peut contester l’indépendance et l’impartialité de cet organisme créé il y a plus de 20 années. Au grand désespoir de certains, les médias apprécient notre existence et relaient nos conseils sans devoir organiser des campagnes dans but de retenir leur attention.

    Concernant votre parution, j’ai pris bonne note et je respecte vos critiques.
    Toutefois, je me permets de ne pas considérer comme négatif – le 2 novembre sur FR3 Lyon à 11h30 – la mise à la connaissance du public de la dernière acquisition du groupe OGF-PFG par un homme d’affaires russe…
    Je n’ai pas non plus été agressif contre le Directeur régional de ce même groupe, durant cette même émission, lorsqu’il a souligné que seule la conservation par le formol était proposée par les PFG , quelles que soient les croyances, et que la pose de carboglace, technique de conservation par le froid, nécessitait une présence toutes les 2 heures pour renouvellement … (soit 31 déplacements en 72 heures, durée moyenne communiquée par OG-PFG)

    Avec les nouveaux moyens de communication et d’aide, le respect d’une véritable éthique commerciale sera le meilleur allié pour une entreprise de pompes funèbres !
    Je me réjouis que Funéraire Info accepte de militer – à l’image de notre association – pour l’honnêteté et la transparence.

    Michel KAWNIK
    Président

    Note: Commentaire modifié le 4 novembre 2013 à la demande de Michel KAWNIK

  4. extrait du site de l’AFIF :
    « Avant de vous déplacer : téléphonez et posez les 3 questions suivantes à plusieurs entreprises de pompes funèbres (…)
    Un rapatriement du défunt à l’étranger (indiquer le pays) »
    Toutes les entreprises de PF sont évidemment capables d’ indiquer au téléphone, du tac au tac, le prix du rapatriement vers Bogota ou Oulan Bator ….
    Bien cordialement à tous

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