Le Vatican, de la nécropole au centre du monde chrétien

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Le Vatican a été, ce week-end, à la point de l’actualité. Mais savez-vous que le plus petit état du monde est, à l’origine, une nécropole ?

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Tombeau de Saint Pierre

La tombe de Saint Pierre, qui, dans la liturgie chrétienne, est l’apôtre sur lequel le Christ devait bâtir son église, et qui a apporté la Bonne Nouvelle à l’Europe, se trouvait parmi d’autres dans un complexe funéraire à proximité du cirque Néron.

Constantin et la première basilique

Premier empereur romain à faire accéder le christianisme au rang de principale religion d’état, l’empereur Constantin choisit de bâtir une basilique, dont la construction dura de 326 à 333, à proximité du lieu considéré comme étant celui du martyre de Saint Pierre. Ce lieu était à proximité d’un obélisque, et d’un cirque, dit Cirque Néron et aussi appelé… Circus Vaticanus.

C’est ainsi que se dressa la première basilique du Vatican, aujourd’hui encore dénommée basilique antique vaticane, devant ce qui allait devenir la Place Saint Pierre, sur laquelle on peut toujours admirer l’obélisque (qui se trouve 250 mètres à l’ouest de son emplacement originel). Le visiteur peu coutumier de l’histoire du catholicisme ignore sans doute que si la célèbre place porte le nom du premier apôtre, c’est qu’il y est mort.

Les fouilles

Le Vatican traverse ensuite les siècles, pour devenir la cité des Papes que l’on connaît, et aurait continué son petit bonhomme de chemin si le Pape Pie XI n’avait pas demandé à être inhumé dans les grottes sous la basilique Saint Pierre, aussi près que possible de la tombe de l’apôtre.

Son successeur, Pie XII, ordonna alors, un a après la mort de son prédécesseur survenue en 1939, des fouilles. Le but était double : étudier la possibilité de procéder à des inhumations à cet endroit… et retrouver la tombe de Pierre, dont personne ne s’était avisé depuis la construction de la basilique.

Les fouilles font apparaître une double rangée de bâtiments funéraires, situés sur la pente de la colline du Vatican, placés côte à côte à partir de l’Ouest vers l’Est. Ils sont construits en maçonnerie de briques et l’intérieur est orné de stucs, de peintures et de mosaïques. D’autres fouilles révèlent une nécropole dont le noyau principal remonte au deuxième siècle, mais qui aurait été utilisée pendant une longue période entre le premier siècle et le début du quatrième siècle.

Au centre du cimetière, autour duquel les enfouissements ultérieurs se sont faits, est découvert un mausolée aux murs rouges, portant en graffiti, des lettres grecques qui font penser que Pierre y aurait été enterré. Ce mémorial, sans corps, serait le trophée de Gaïus du nom d’un prêtre, Gaïus, qui affirmait que l’Église de Rome avait été fondée par les apôtres Pierre et Paul. Il aurait placé une tombe sur la colline du Vatican. Une cachette aménagée sur un mur perpendiculaire, contient les ossements d’un individu de sexe masculin âgé de soixante à soixante-dix ans, de robuste constitution. En 1950, Pie XII annonce triomphalement, sur Radio Vatican, « On a découvert le tombeau du prince des Apôtres ». Le pape Paul VI annonce, en 1968, après avoir pris connaissance des études scientifiques réalisées, qu’il doit s’agir, selon toute probabilité, des restes du corps de saint Pierre.

Necropole-vaticane Le Vatican, de la nécropole au centre du monde chrétien
Necropole vaticane

Et depuis

En 1998, les travaux de restauration sont entrepris dans la nécropole du Vatican, sous la responsabilité de la Fabrique de Saint-Pierre et la contribution de Enel. Le but du travail était de préserver les murs, stucs et les fresques mais aussi d’installer un système d’éclairage qui permettrait d’améliorer les bâtiments et en particulier le tombeau de Pierre. Un soin particulier a été placé dans l’éclairage qui présente la situation originale de la nécropole.

La restauration est précédée d’une enquête approfondie, consacrée à l’étude du micro-climat, l’identification des micro-organismes présents, la détérioration biologique et l’analyse de salinisation trouvés sur les murs et les fresques. Afin de protéger l’équilibre thermique et hygrométrique entre l’intérieur des structures et le milieu environnant, certains mausolées ont été fermés par des portes en verre. D’autres obstacles similaires, à ouverture automatique, sont placés à l’entrée des fouilles du cimetière et le long du chemin. Le flux d’air est filtré et humidifié, les pressions à l’intérieur ainsi que les conditions micro-climatiques de l’excavation sont également améliorées par des trappes spéciales. Lors de la restauration, les meilleurs agents sont identifiés pour prévenir une agression microbienne (bactéries, champignons et algues) et chimique (sels, plus précisément, les sulfates, les nitrates et les chlorures). En outre, les fresques sont consolidées au plâtre et des pigments sont rajoutés à leur substrat.

Aujourd’hui, la tombe de Saint-Pierre se visite, du moins partiellement, et l’on peut apercevoir le lieu de repos de l’apôtre à travers une vitre dans la nécropole devenue centre du monde chrétien.

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