VIH, soins à domicile, levée de l’interdiction : un décret complémentaire attendu ce printemps

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test VIH

Chaque année, le 1er Décembre a lieu la journée mondiale de la lutte contre le VIH, et le 24, 25 et 26 mars, c’est le SIDACTION qui lutte à son tour contre la maladie. À ces occasions, les associations démontent une à une toutes les discriminations qui sont faites à l’encontre des malades. Mais c’est aussi un moment où associations et thanatopracteurs s’affrontent sur l’épineuse question de la levée de l’interdiction des soins pour les défunts porteurs du VIH. Petit point sur l’état des avancées.

Le dernier article qui traite de ce sujet nous vient de LCI, il explique la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les défunts porteurs du VIH, promise par Marisol Touraine avant la fin de son mandat dans le cadre de la loi Santé.

« Discrimination », « sérophobie », les associations font vent debout contre les thanatopracteurs depuis des années maintenant afin de rendre les soins de conservations possibles, sur les porteurs du VIH. La grande avancée pour les associations a été le résultat du rapport par le Haut conseil à la santé publique qui déclarait que cette levée pouvait être possible.

Pourquoi ça n’est pas en place ? L’article 52 de la loi santé dont on parle sans cesse, cherchait à mettre en place tous les moyens pour que des lieux dédiés soit mis en place afin de réaliser ces soins. C’est ainsi que nous avons parlé de la fin des soins à domicile, qui, pour les thanatopracteurs ne concernaient pas seulement le problème du VIH, mais des conditions de travail insupportables pour certains, mais un dispositif essentiel pour d’autres.

Cette première proposition n’a pas été retenue, car elle a été rejeté par un amendement. Mais loin de s’avouer vaincue, Marisol Touraine détourne le problème par une première mesure adoptée :

La vaccination obligatoire contre l’hépatite B pour tous les thanatopracteurs. Ce qui concrètement veut dire « Vous pouvez être en danger malgré ce qu’on tend à vous dire alors vaccinez-vous, mais puisqu’on ne peut pas guérir du VIH, vaccinez-vous contre l’hépatite B ça ira ». Et il est là le fond du problème pour les thanatopracteurs, un « ça ira » inaudible qu’aujourd’hui personne ne peut garantir.

La deuxième mesure arrive ce mois-ci puisque le décret qui encadrera les conditions d’interventions des thanatopracteurs sera présenté au Conseil d’État. Des réponses sont donc attendues ce printemps afin de mettre en place cette levée dès janvier 2018. Ce que l’on peut déjà vous dire c’est que même s’il est peu probable que les soins à domicile soient interdits, les conditions dans lesquelles ils pourront être réalisés vont devenir drastiques, au point de décourager les plus téméraires des familles et des conseillers funéraires.

Aucun risque ? La maladie ne survit pas ? Ce sont les questions que se posent les thanatopracteurs sur la transmission du virus post-mortem. Mais quelles preuves y-a-t-il aujourd’hui ? Le fait est que des thanatopracteurs ont déjà eu, dans leur carrière, recours aux soins de trithérapie dans l’urgence suite à une blessure dont les gants en latex, même doublé, ne peut pas protéger.

Tous les thanatopracteurs ne sont pas non plus à la même enseigne, le nombre de thanatopracteurs indépendants sur le territoire ne cesse de croître. Les thanatopracteurs salariés bénéficient d’un suivi médical bien mieux encadré qu’un indépendant qui n’a pour suivi médical que sa seule conscience, qui bien souvent revient à un bilan sanguin par an.

Pour les associations de lutte contre les discriminations il s’agit simplement de « pédagogie » à faire pour les thanatopracteurs. Et si la pédagogie c’était surtout d’expliquer qu’un défunt porteur du VIH peut bénéficier d’une toilette tout à fait décente sans acte invasif qui risque la santé du thanatopracteur, sans pour autant faire preuve de discrimination ? Car après tout, aimer la vie, est-ce être sérophobe ?

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