Violence routière et pompes funèbres

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La violence routière est un vrai problème, je le réalise de plus en plus chaque jour. Tenez, un exemple me vient en tête : l’autre jour, l’on me narrait l’anecdote suivante.

accident-route_scalewidth_630-300x200 Violence routière et pompes funèbresUn homme roulait sur une départementale presque à la même vitesse qu’il l’eût fait sur une voie rapide, soit une vingtaine de kilomètre-heure au dessus de la limite fixée par le code de la route. Il se le permettait parce qu’il maîtrisait son véhicule, qu’il faisait beau, et surtout, surtout, qu’il était absolument seul sur la route. Je sais, ce n’est pas une raison, mais j’ai la faiblesse d’avoir ce chauffard pour ami, et je ne veux pas lui faire de peine.

Il n’était pas tout à fait seul, néanmoins : tel le chasseur de fauves attend que le tigre mangeur d’homme se présentât devant la mire de sa carabine, quelques représentants des forces de l’ordre guettaient le criminel routier solvable derrière un radar.

Arriva ce qui devait arriver, le chauffeur, que nous baptiseront Hervé par commodité narrative, afin de préserver son anonymat, se trouva interpellé à grand renfort de signes frénétiques par un policier, que nous baptiserons le policier parce que nous ne connaissons pas son nom.

Hervé fut donc invité à présenter ses papiers, puis se vit signifier l’infraction, avant de se voir poser la question fatale, à savoir s’il reconnaissait ladite infraction. Spontanément, il passa aux aveux, oui, c’était lui, il l’avait fait, il battait sa coulpe, se fouetterait tous les jours avec des orties fraîches, oui, il avait roulé un peu trop vite, et il n’avait aucune circonstance atténuante : dressez un bûcher, convoquez le peloton d’exécution, il abjurerait son crime et paierait son amende.

Fort heureusement, le policier, et c’est à ce moment que vous comprenez que l’anecdote se déroule il y a fort longtemps, le policier rassura l’interpellé : non, il n’y aurait pas de sanction, juste un rappel à l’ordre, puisque les agents de la maréchaussée se trouvaient la pour faire de la prévention. Le policier invita alors Hervé à le suivre dans la camionnette, stationnée à proximité. La, il se détourna un instant, s’empara d’une pochette cartonnée qui se trouvait posée sur une étagère, et en sorti divers clichés, qu’il étala sur une petite table.

Ces clichés représentaient des accidents de la route. Tôle froissée, corps meurtris, visages défaits par l’étendue du drame qui s’était joué sous leurs yeux, flaques de sang encore frais, sacs à cadavres, rein ne manquait dans ce sinistre inventaire.

« Comme je vous l’ai dit » expliqua le policier, « nous faisons de la prévention. Ces photos représentent des accidents de la route causés par une vitesse excessive. » il scruta Hervé, attendant une réaction « Qu’est-ce que ça vous fait ? »

« Rien. » répondit l’interpellé

« Comment ça, rien ? » rétorqua le policier, glissant doucement sa main vers son arme. L’homme en face de lui était peut être un sérial killer.

« Bah non, rien » Déclara Hervé, avant de poursuivre, dans un grand sourire « Vous savez, je travaille aux pompes funèbres, j’ai vu bien pire en vrai. »

Alors, oui, la violence routière est un vrai problème, dans le sens ou on s’en fout, tant que c’est les autres.

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