« Viscères » de Mo Hayder, marche funèbre et roman noir

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Un livre de Mo Hayder est toujours un événement pour ses fans, de plus en plus nombreux. Parce que, sous ses airs angéliques, la dame ne fait aucune concession.
Une vie mouvementée

Fille d’universitaires anglais, elle quitte brutalement sa famille à 15 ans pour enchaîner les petits boulots à Londres. À 25 ans, après un mariage éclair et dix années de vie mouvementée sur fond de « sexe, drogue et rock’n’roll », selon ses dires, elle part pour le Japon. Une fois arrivée à Tokyo, c’est la désillusion. Elle mène alors une existence des plus austères, vit dans une seule pièce et n’en sort que pour aller travailler. Elle y exerce les métiers de barmaid, éducatrice et professeur d’anglais.

Attirée par le cinéma d’animation, elle quitte à 28 ans le Japon pour les États-Unis afin d’y suivre des études de cinéma. Elle obtient finalement son diplôme, mais le caractère violent de ses réalisations lui interdisant tout espoir de large diffusion, Mo Hayder décide de retourner en Angleterre. Elle y occupe un poste dans la sécurité puis se consacre entièrement à l’écriture.

Marquée à vie par les expériences traumatisantes dont ont été victimes plusieurs de ses proches, elle reconnaît volontiers sa fascination pour le morbide et la cruauté qui hantent ses livres. Birdman (2000), son premier roman, est devenu en très peu de temps un best-seller. Avec Tokyo, Mo Hayder confirme son statut unanimement reconnu d’étoile montante du roman noir. Elle a reçu pour ce roman le Grand prix des lectrices de Elle 2006 catégorie Policier.

Plusieurs de ses romans (Birdman, L’Homme du soir, Rituel, Skin et Proies) mettent en scène l’inspecteur Jack Caffery, de la brigade criminelle du sud de Londres.

De quoi ça parle ?

« Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd’hui, alors que Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n’ont pas oublié cette découverte macabre, l’histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur. ».

Le roman conte alternativement deux histoires, celle de la famille d’un côté, et celle de Caffery de l’autre. Ce dernier, encore éprouvé par la résonance des évènements de Fétiche, déserte purement et simplement, bien décidé à obtenir enfin la vérité sur la disparition de son frère. Le vagabond, l’homme mystérieux dont la fille a été tuée par un pédophile, et qui mène une croisade mystique pour retrouver son corps, mène la danse : il finira par faire la jonction entre ces deux histoires.

C’est dans cet opus que Mo Hayder décide de délivrer enfin Caffery de ses vieilles obsessions, même si le lecteur fidèle connaît le fin mot de l’histoire depuis quelques temps. On se demande quel tournant prendra la série dans la suite, si même il aura une suite, tant Caffery est à ramasser à la petite cuiller à la fin.

Alors, c’est comment ?

Alors, c’est du Mo Hayder. Violent, cruel, sans concessions, même si le livre, comme le précédent, prend un style policier plus calme, l’auteure ne prends toutefois pas de pincettes avec son lecteur : tout semble sans espoir et se finit effectivement très mal.

A titre personnel, je l’ai lu d’une traite, en une seule journée : ce qui n’était pas forcément le cas avec les Hayder précédents. Les fans seront conquis, et attendrons le prochain avec impatience, les lecteurs en quête de polar violent et glauque seront conquis, même si on ne peut que conseiller de commencer la série dans l’ordre, par Birdman.

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