Vols dans les cimetières : L’irrespect aux portes de la mémoire

0
500
vols

On entend souvent dire que les familles désertent les cimetières. Soit. Ce qui déserte surtout, c’est le respect. On ne compte plus le nombre d’articles ces dernières années sur les vols au cimetière. On est passé des inserts aux fleurs et même aux sculptures. Et même lorsqu’il n’y a pas de vol, il y a dégradation. Et si c’était surtout la mémoire que l’on volait ?

Depuis la loi de 1905 l’État et l’Église sont deux entités bien distinctes. Je ne vous refais pas ici l’histoire des cimetières mais à mesure des époques, nous savons que pour des raisons religieuses et d’hygiène les cimetières ont été construits en dehors des enceintes des villes – rattrapés aujourd’hui par l’agrandissement des villes mais c’est un autre sujet. En éloignant le lieu du repos éternel on a également éloigné l’image qu’on en avait. La religion s’est déliée des pratiques culturelles, des mariages, des naissances… et des décès.

Au fur et à mesure les rituels sont devenus des odes à la mémoire, des hommages et l’on a transformé la foi en souvenir. Mais le respect lui est toujours là. Le respect dû aux morts. La France particulièrement est très impliquée dans le devoir de mémoire qu’il soit historique ou particulier.

Et c’est précisément parce que la dimension sacrée est toujours présente qu’il est si facile de la piétiner. Certaines personnes sans scrupule n’hésitent pas à utiliser le cimetière comme lieu de tous les larcins. Loin d’être un simple vol c’est une intrusion intime dans une famille qui est pointée du doigt.

Ça passe par le vol des fleurs, des plaques, des sculptures, de cuivre ou de marbre. Le vol est facile, les plaintes peu déposées et le but est bien souvent la revente.

Outre le vol d’objet dans les cimetières. Certains profitent également des cérémonies pour ne pas hésiter à aller voler les familles des défunts à leur domicile. Un vol sur un abus de faiblesse. Les familles souvent fragilisées à ce moment là ont également du mal à porter plainte, sonnées par l’acte inqualifiable qui vient s’ajouter à leur peine. La colère se rajoute au deuil.

Vous vous souvenez tous également du phénomène Pokémon et de tous les joueurs qui ont piétiné la « mémoire de Verdun ». Pas pareil ! vous allez me dire. Mais peut-être que si. Peut-être que la mort et la mémoire sont liées. Et il est peut-être urgent de retracer la frontière invisible du sacré.

Alors qu’est-ce qu’on a loupé ? Qu’est ce qu’on a raté ? Doit-on éduquer la société à la mémoire et à la mort ? Un vol est toujours une douleur pour les victimes car cela correspond à une violation de la vie privée, on nous prend quelque chose qui nous appartenait. Et ici précisément on nous vole le lien invisible entre d’un côté le réel, le concret et de l’autre, l’indicible, le permanent.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.