6 juin 1944, la liberté au bout du fusil

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Le D-day n’a pas commencé à l’aube du 6 juin. Il a commencé bien avant : à minuit cinq minutes, les premiers bombardements ont commencé, entre Le Havre et Cherbourg, et à minuit passé de quinze minutes, les parachutistes ont sauté. Mais l’image que l’on garde, c’est celle de ces milliers d’hommes, sur une plage, sous la mitraille…

Dubuque et Ansbach

280px-Seconde-guerre-mondiale-debarquement-LCVP-6juin1944 6 juin 1944, la liberté au bout du fusilIl y avait là Jim, diminutif de Jimmy, qui a sauté de sa barge, couru comme il pouvait dans l’eau teintée de rouge, puis, sur la plage, a avancé centimètre par centimètre. Il ne s’est pas servi de son fusil : dans la fumée et la poussière, il ne voyait rien sur quoi tirer. Jim Venait de Dubuque, Iowa, il avait prévu de travailler avec son paternel, dans l’exploitation céréalière de la famille, il aurait pris le flambeau quand ses parents seraient parti à la retraite, et tout aurait été bien.

On avait collé un fusil entre les mains de Jim, on lui avait demandé d’aller se battre pour la liberté. Pas contrariant, il avait dit oui. On l’avait envoyé en France, lui, premier depuis quatre générations dans sa famille à quitter l’Iowa. Il avait fait douze mètres sur le sol Français avant qu’une rafale Allemande le stoppe net.

Dans un bunker, en face, il y avait Hans, de Ansbach, en Bavière. Hans avait été envoyé d ‘office dans les jeunesses Hitlériennes, d’office dans l’armée, d’office dans ce Bunker d’où il avait vu l’horizon se remplir de bateaux. Hans servait une mitrailleuse : il allait continuer de tirer jusqu’à ce qu’une grenade Anglaise mette fin à sa vie. Mourir pour le Reich n’était pas ce qu’il voulait, mais personne ne lui avait demandé son avis.

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Ces deux là ne se connaissaient pas, n’étaient pas destinés à se rencontrer, et se battaient pour des idées qui les dépassaient.

La guerre des idées

Ce n’était pas la guerre de la Liberté contre le Nazisme : c’était une guerre mondiale, et si la théorie d’Hitler l’avait déclenchée, elle s’était généralisée, chaque belligérant ayant ses raisons pour y participer.

Mais le débarquement en Normandie a été fait par des monsieur tout-le-monde : pas d’histoire, ici, de contrôle du pacifique, d’idéologie ou de contrôle stratégique des ressources. Il n’y avait pas un homme, sur ces plages, ce matin là, qui n’aurait aimé être ailleurs. Mais ils étaient bien là, ce matin du 6 juin 1944. Quatre mille d’entre eux perdront la vie sur les plages du débarquement, six mille reviendront blessés. Avec, au bout de tout cela, la chute de l’Allemagne nazie et son découpage en plusieurs zones de contrôle, découpage auquel la France a échappé de peu. Le monde sera redéfini entre bloc de l’est et bloc de l’ouest, Hiroshima et Nagasaki subiront le feu nucléaire, et les empires coloniaux s’effondreront.

Tous ces changements au monde on-t-il été causés par l’arrivée d’Hitler au pouvoir, ou étaient ils inéluctables ? Impossible de réellement répondre à cela. Il reste la spéculation. A l’époque, le monde était en crise.

Aujourd’hui, le monde est toujours en crise. Ce n’est pas la même, la conjoncture a changé, mais le fait est la : la tentation totalitariste émerge à nouveau. Ce que nous a apporté le débarquement en Normandie, c’est la liberté de penser et de s’exprimer, et de lutter contre une idée par d’autres idées. Plus que cela, c’est un devoir.

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Parce que si un nouveau totalitarisme se levait, si le monde basculait à nouveau dans le chaos, parce que nous sommes restés inactifs, serez vous prêts à prendre un fusil et à vous aventurer, un matin, sur une plage, sous le feu ennemi, pour reconquérir la liberté ?

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