Au revoir, Neil

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Neil-Armstrong.-Une-etoile-sur-la-lune-14_galleryphoto_paysage_std-300x174 Au revoir, NeilDemain, c’est samedi. Demain, ce sera le premier septembre. Demain déjà, les vacances d’été ne seront plus pour beaucoup qu’un souvenir qui laissera sa place à la promesse de l’automne.

Demain, Neil Armstrong reposera dans sa dernière demeure et le cérémonial de l’adieu aura pris fin.

Chaque génération a paraît il son souvenir marquant, celui dont on dit qu’on n’oubliera jamais ou on était et ce qu’on faisait quand on l’a appris. Ma génération, par exemple, c’était le 11 septembre. Lorsque j’ai appris le crash du premier avion dans la tour du World Trade Center, j’étais au volant de ma Renault 11, à l’arrêt au feu rouge fac eau cimetière de Lambezellec, je revenais de la déchetterie ou j’avais été déposer les haies taillées par mon père pour lui rendre service.

C’est un souvenir marquant du jour ou le monde a changé. C’est un souvenir assez moche d’une façon moche de changer le monde.

J’ai toujours été stupéfait, lorsque je posai la question mes parents sur leur souvenir de génération, de m’entendre répondre « Je me rappellerai toujours ou j’étais le jour de la mort de Claude François ». Pardon à ceux qui l’aimaient, mais Claude François n’a rien changé de son vivant, ni après. D’ailleurs, ils se rappellent plus précisément où ils étaient lorsque l’Amoco Cadiz s’est brisée à Portsall que le jour ou le chanteur à voix de chèvre a voulu économiser l’électricien.

Fort heureusement, leur visage s’illumine lorsqu’on leur parle du 20 juillet 1969. Tout le monde a son histoire à raconter de parents qui les réveillent au milieu de la nuit pour assister à cette chose extraordinaire : L’Homme marche sur la Lune.

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C’est cela, le véritable souvenir de leur génération, et celle de leurs parents, et c’est un magnifique souvenir d’une façon magnifique de changer le monde.

Il y a deux façons de changer le monde : se replier sur lui, le transformer en gigantesque prison et tout faire pour que tout le monde se conforme à une seule vision de ce monde. Pour cela, on jette des avions dans des immeubles.

Et il y a envisager, comme Constantin Tsiolkovski, que « la Terre est un berceau ».

Neil Armstrong n’a pas juste été un astronaute qui a réussi un exploit, il a été le premier Homme adulte, le premier à marcher en dehors de son berceau. C’est la meilleure façon de changer le monde.

Neil Armstrong est mort en entendant le monde parler de Mars, de la possibilité d’y aller, et de combien ça va coûter. Un peu comme un enfant, au moment d’apprendre à marcher, qui demanderait à ses parents « Attendez… Si j’apprends votre truc, là, après ça, un jour, je vais devoir me trouver un boulot et payer les factures ? Alors, non ».

Toute sa vie, il a milité pour qu’on retourne sur la Lune. Et qu’on aille plus loin.

Le premier homme a avoir marché en dehors du berceau est mort. Ce n’est pas parce qu’il n’est plus là qu’il faut abandonner la route qu’il avait ouverte.

Neil Armstrong sera inhumé aujourd’hui. Demain, c’est samedi. Demain, ce sera le premier septembre. Demain déjà, les vacances d’été ne seront plus pour beaucoup qu’un souvenir qui laissera sa place à la promesse de l’automne. Demain sera notre premier jour sans lui.

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neil-150x150 Au revoir, Neil

Passons la journée à lui dire adieu. Chacun et chacune d’entre vous pourra écrire un petit mot, un article, un dessin, une création pour lui dire « au revoir » et peut être, si vous le voulez, se demander comment poursuivre sa route.

Pour ce faire, vous pouvez faire parvenir vos créations à notre rédacteur : [email protected]. Qui les publiera sous votre nom toute la journée.

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