Décès d’Hugo Chavez, 60 ans après Staline, ultime manipulation ?

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Ainsi, Hugo Chavez est mort, coïncidence, le jour anniversaire du 60 éme anniversaire de la mort de Staline. Les hasards bienheureux peuvent ils se fabriquer ?

Chávez-y-Bolivar.-300x201 Décès d'Hugo Chavez, 60 ans après Staline, ultime manipulation ? Les mauvaises langues diront que l’exposition du corps du président permettra de juger la qualité du travail de son thanatopracteur. Et au passage nous renseigner sur le fait que les soins de conservation peuvent tenir plusieurs semaines. Mais ce sont de mauvaises langues. N’empêche : cancer, rémission, guérison, rechute, coma, pas coma, retour au pouvoir, hospitalisations nocturnes et précipitées à la Havane, tout cela en deux ans, c’est beaucoup pour un seul homme.

Rappelons les derniers évènements en date : Hugo Chavez était annoncé dans le coma, et voilà qu’il y a quelques jours à peine, les autorités publiaient une photo de lui, souriant, entouré de jolies filles en maillot de bain, accompagné d’un message sur le thème « mais non, je vais bien ». Et c’est vrai qu’il avait l’air d’aller bien, la joue ronde et le teint rubicond, pour un malade en phase terminale, puisque le cancer le tuerait moins de deux semaines ensuite. Deux hypothèses s’affrontent, une crédible, la photo était quelque peu antidatée, et une un peu moins crédible, le thanatopracteur est un génie. Curieusement, l’hypothèse de l’authenticité de la photo n’est toujours pas retenue.

138101-286x300 Décès d'Hugo Chavez, 60 ans après Staline, ultime manipulation ? Mais que penser du fait qu’Hugo Chavez soit officiellement mort le jour du soixantième anniversaire de la mort de Staline, lui (Chavez) qui se présentait en « notre maître, notre père et notre chef suprême » dixit le vice-président ? A 21 H 50, temps universel, et Staline à 22 H 30 ? Jusqu’où aurait été l’admiration de Chavez pour Staline, si le soutien de son peuple, parce qu’il faut lui reconnaître que la confiance de la majorité des Vénézuéliens lui était acquise, avait failli ? Rappelons que si le bilan de Chavez avait été le même que celui de Staline, le Venezuela aurait vu 70 % de sa population exterminée.

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Au moins, le président Chavez aura rejoint le panthéon du communisme, déjà peuplé de noms prestigieux : Staline, Lénine, Mao, Pol Pot, Caucescu… Il retrouvera peut être aussi son ami, le colonel Khadafi, mais manquera à ceux qui sont restés, comme le président Iranien, avec qui, lors de son dernier grand discours public, il avait “plaisanté” durant quarante minutes sur la destruction des Etats- Unis et la “rééducation” des quelques américains qui auraient été épargnés. Aujourd’hui, Fidel Castro se sent un peu seul, et un peu triste, aussi. Il a l’impression de s’être fait griller la priorité.

Quelle que soit la date réelle de sa mort, elle pose un vrai problème, cette mort : le Vénézuéliens aimaient réellement Chavez, du moins la majorité d’entre eux, et l’élisaient démocratiquement. Il avait cette légitimité. L’on peut modérer ces résultats, bien sûr, par la désinformation ambiante, l’opposition muselée, ou la stratégie du bouc-émissaire, en l’occurrence des voisins américains bien pratiques pour focaliser l’attention du peuple sur un ennemi supposé. Et Chavez était élu. Mais, après lui, qu’en sera-t-il des autres, ses aides de camp, ceux que le peuple ne connait pas ? Qu’en sera-t-il après que le système Chavez, le voile de charisme de son créateur enlevé, sera appliqué strictement ? Quelle sera la réaction de ses héritiers politiques à l’inévitable montée en puissance des opposants, qui existent bien ?

Quelque part, on le sait. Un système politique « total » (qui présuppose une adhésion sans partage et ne tolère pas la contradiction) porté par un culte de la personnalité, cela a toujours très, très mal tourné.

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Pendant ce temps, les politiques s’essaient à l’exercice de la réaction, un bonheur pour l’étudiant en langue de bois, jonglant entre l’hommage respectueux dû à un mort, et la modération sous-entendue comme l’un des beaux-arts. Le meilleur exemple, François Hollande, qui, en tant que président de la République, ne pouvait se permettre aucun faux pas. Mission accomplie : le Président Hollande a déclaré “Le Venezuela perd un personnage marquant de son histoire”. Neuf mots pour absolument ne rien dire, le communiqué sera dès l’année prochaine au programme de l’ENA.

Le seul, là-dedans, à être vraiment triste et contrarié, c’est Jean-Luc Mélenchon : lui a perdu un ami.

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