Dernier article avant la fin du monde…

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(…le prochain article sera donc le premier après la fin du monde)

La fin du monde est proche, pour aujourd’hui, exactement, mais pas d’inquiètude : nous devrions la traverser sans trop de gêne, comme toutes les précédentes…

Repentez-vous, ça ne mange pas de pain

tintin_fin-du-monde1-300x244 Dernier article avant la fin du monde... D’après les calculs savants des experts de la rédaction de Funéraire Info, la fin du monde devrait avoir lieu aujourd’hui, vendredi 21 décembre 2012, à l’heure de l’apéritif. Pourquoi cette heure là ? Tout simplement par déduction logique : ce serait dommage d’être privés de porter un dernier Toast, coutume pour les grandes occasions, et si ce n’est pas une grande occasion, ça… Un raisonnement scientifique imparable. Ceci dit, lorsque nous nous sommes avisés de demander à notre expert scientifique (il était abonné à l’Argonaute quand il était petit) de bien vouloir préciser l’heure de l’apéritif de quel fuseau horaire il s’agissait, il a argué qu’il avait fait ses trente cinq heures et nous a plantés là.

La fin du monde, la fin du monde !

14463 Dernier article avant la fin du monde... Reste à savoir à quelle sauce nous serons mangés. Plusieurs hypothèses s’affrontent.

La première, celle d’une éruption solaire importante qui provoquerait une inversion du champ magnétique de la Terre. Le nord deviendrait le sud, et vice-versa. Les nombreux investisseurs qui ont mis toutes leurs économies dans leur maison avec le salon-séjour orienté plein sud se trouveraient incontinents propriétaires d’un pavillon orienté plein nord, amputé de fait d’une immense partie de sa valeur. Devenus fous, ils se transformeraient en psychopathes meurtriers.

La seconde, celle d’une planète qui nous percuterait. Chaque nuit, dans tous les fuseaux horaires, c’est à dire en permanence, les astronomes professionnels et amateurs scrutent le ciel, répertoriant chaque objet, dont certains ne nous frôlerons, cosmiquement parlant, à savoir en centaines de milliers de kilomètres, dans plusieurs centaines d’années. Une planète, objet relativement massif, passerait difficilement inapercu. Sauf… Sauf s’il s’agit d’une planète commando-suicide, en tenue de camouflage cosmique, qui ne se dévoilerait qu’au dernier moment. C’est regrettable : un tel astre bouleverserait notre conception de l’univers et de l’astrophysique, et celui qui le découvrirait en premier n’aurait pas l’occasion de le faire enregistrer auprès d’une des instances de l’astronomie internationale, puisque celles-ci flotteraient dans l’espace sous la forme d’un fin nuage de particules calcinées.

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Enfin, le dernier scénario, celui d’un alignement fatal de toutes les planètes du système solaire. Nous n’avons pas encore compris comment cela pouvait fonctionner, bien que nous ayons mobilisé tout le département des sciences de la rédaction. Celui-ci a tenté une expérience en réquisitionnant un terrain de pétanque à Marseille. Nos fieffés savants ont placé un ballon de plage, très volumineux, pour figurer le soleil, quatre cochonnets, pour symboliser Mercure, Vénus, la Terre et Mars, un ballon de foot pour Jupiter, des boules de pétanques pour Saturne, Neptune et Uranus, et même deux petits cailloux pour Pluton et Charon. Le résultat ne s’est pas fat attendre : des joueurs de pétanque exaspérés les ont prié de bien vouloir déguerpir. Depuis, ils nous soutiennent que les joueurs de pétanque, rendus fous par l’alignement (qui, d’après les astronomes, ne se produira ni aujourd’hui, ni plus tard) détruiront le monde. Nous sommes sceptiques.

Bon, la fin du monde, ça, c’est fait…

fin-du-monde-2-254x300 Dernier article avant la fin du monde... Tel que vous me voyez, ou m’imaginez, j’ai déjà survécu à trois fins du monde avant celle-ci. D’où ce léger embonpoint qui me caractérise : ce n’est pas le signe extérieur d’abus gastronomiques, simplement le signe irréfutable d’une prudence de bon aloi. Je stocke en prévision de la disette.

Oui, j’ai survécu à trois fins du monde. Pas les plus intéressantes. La fin du monde de 1975, annoncée par la Watchover Society des Témoins de Jéhovah. C’était leur sixième et ultime prédiction, puisqu’ils se sont ensuite de l’annoncer comme imminente, en restant à distance prudente du calendrier. L’alignement planétaire de 1982, ensuite. Une blague de deux astronomes américains, devenus richissimes grâce à leur best-seller. Et le grand bug de l’an 2000, une bombe planétaire, mais sans mèche.

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Je regrette d’avoir loupé l’apocalypse de 1666, combinaison de l’an mil, censé finir les temps, et de 666, le chiffre du diable. Celle de l’an Mil, aussi. En tout, les chiffres varient, mais entre 57 et 84 fins du monde ont été médiatisées, à l’échelle de l’époque.

Attendez, un message arrive de nos envoyés spéciaux : on m’informe que, pour cause de crise mondiale, les états ont convenu que, budgétairement parlant, il n’était pas raisonnable de procéder maintenant à la fin du monde, et que celle-ci est reportée à une date ultérieure.

« Oh, la fin du monde ? C’est assez décevant, juste un Gnab Gib – Un Gnab Gib ? – Oui, un Big Bang à l’envers » Douglas Adams

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