Erotique du Cimetière d’André Chabot

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Un livre d’André Chabot ne réserve jamais de mauvaises surprises, tant l’on connaît la qualité et la passion de son travail. C’est un de ses plus beaux ouvrages qui nous est donné ici de chroniquer. Un livre à l’histoire singulière.

Un vrai livre a sa propre histoire

973_A.CHABOT-EROTIQUE-VISUEL Erotique du Cimetière d'André ChabotLorsque nous avions croisé André Chabot au salon de Lyon, en novembre dernier, il nous avait fait le plaisir de nous raconter l’histoire singulière de son livre. Ouvrage à l’origine par dans les années 80, il était depuis longtemps indisponible, jusqu’à ce que son auteur reçoive un coup de fil. Un éditeur avait mis la main sur un vieil exemplaire et souhaitait le rééditer. Rendez-vous fut donc fixé à la librairie de cet éditeur.

La suite, André Chabot s’en souvient avec amusement « Lorsque j’ai vu la librairie, je me suis demandé ce qu’ils me voulaient. » L’éditeur en question, La Musardine, est en effet spécialisé dans l’érotisme. On imagine le désarroi de l’auteur, attendant entre une variation d’Histoire d’O et Osez l’Echangisme de savoir ce qu’on veut à un spécialiste des cimetières comme lui.

L’Érotisme étant une forme de recherche esthétique, La Musardine et André Chabot ont décidé de rééditer une nouvelle version de l’ « Érotique du Cimetière », pour notre plus grand bonheur.

Beau livre pour un beau contenu

Les 250 pages de cet album se parcourent avec un mélange de délectation et de surprise, pour qui n’est pas coutumier de l’exploration assidue des nécropoles. Environ 300 photos en noir et blanc donnent un aperçu de l’interprétation funéraire de l’amour.

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Le texte est à l’avenant : plutôt que de sombrer dans un didactisme barbant, André Chabot préfère une forme de méditation, tantôt philosophique, tantôt poétique, parfois historique. Ce n’est pas un guide pour une quelconque visite : le livre lui-même EST la visite, et nous parle d’amur et de mort sans sombrer dans la grivoiserie ou le didactisme.

Mine de rien, l’on apprend énormément sur l’histoire des cimetières et leur rapport à la société, mais sans s’en rendre compte, par les chemins de traverse.

On en ressort avec l’envie furieuse d’y retourner, regrettant aussi un peu le temps ou la quête du beau, en un sens, l’Art, avait sa place dans le cimetière, et ou les morts s’en servaient pour parler aux vivants.

Définitivement définitif

L’ouvrage est soigné. La maquette donne à profusion tout en restant d’une lecture très agréable, les photos sont reproduites avec grand soin, et l’ensemble garnira richement votre bibliothèque. L’ouvrage à quelque chose de définitif : richement illustré, commenté avec érudition et pertinence, imprimé dans un livre soigné, il serait difficilement égalable ou surpassable.

Revu et augmenté par rapport à sa version de 1989, il rend la quête de celle-ci inutile, puisqu’en tout point il la surpasse, et ne déparera pas dans une bibliothèque de qualité.

Alors, oui, Noël est passé, pour les étrennes, il est sans doute déjà trop tard, mais je ne saurai trop vous conseiller de vous offrir ce livre. Au vu de l’année chargée qui s’annonce, faites-vous plaisir, vous le méritez bien.

Vous pouvez commander le livre directement sur le site de l’Editeur ou l’acquérir chez le petit libraire près de chez vous.

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